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28 mai 2019 2 28 /05 /mai /2019 22:07

Une  vision du TERNAIRE en architecture à travers la CITE RADIEUSE de l’architecte Le Corbusier

Nous présentons ce travail d'apprenti pour démontrer que la polysémie du symbole résulte d'une expérience vécue du réel en fonction du contexte. Ce qui compte est moins l'interprétation d'une simple l'apparence que celle qui conduit à l'essence d'une réalité d'un ordre supérieur.

Ma démarche est simple, elle est constituée de trois pas qui me font avancer vers cette cité que son Maître d’œuvre voulait d’elle qu’elle soit juste. Une poléogonie idéale, dans laquelle des hommes -modules interchangeables- doivent vivre comme des phalanstériens de Fourier (1).

 De ce cogito paradoxal (je suis là où je me vois), je vais appréhender d’une tout autre façon cette visite. Je vais voir autrement cette architecture qui se présente à moi. Car comme le disait Marcel Proust : « Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux ».

Me voici donc au pied de la structure:

vision en coupe de la citée radieuse

vision en coupe de la citée radieuse

Pour Le Corbusier l’architecture des années 50 doit retrouver son rôle symbolique, intégrant la notion d’espace et d’urbanisme à trois dimensions. On le comprend un peu plus en voyant cette structure en suspension entre ciel et terre. Formée à sa base de forts pilotis, sur lesquels s’appuie l’unité d’habitation -partie centrale composée de cellules- et tout en haut vers le ciel, son toit-terrasse. Je mesure de manière conceptuelle la distance entre le conçu et l’exécuté comme il nous est possible de concevoir de façon spirituelle la distance entre le plan, le maillet/ciseau et la matière.

Le parc de la Cité Radieuse dans lequel je suis a été vu comme un cheminement par Le Corbusier. Je fais un parallèle avec mon chemin initiatique : de mes pas d’apprentis alourdis par mon ego, je prends le temps de réfléchir sur mon année d’apprentissage, de cette initiation où mes 5 sens ont été réactivés, de mon pèlerinage vers une vision globale. Mais en cet instant, tournée vers l’intérieur de moi-même, je suis à l’instar des moines qui le pratiquent, dans « la conversion du regard ».

Je rentre dans l’unité d’habitation comme le nomme Le Corbusier. Au passage je découvre, sous la forme d’un vitrail, l’unité de mesure de l’architecte « Le Modulor » :  projection d’un homme, Le bras levé et découpé en trois intervalles : des pieds au nombril, du nombril au plexus solaire, du plexus solaire à la tête.

(Photo de l'auteure)

Ternaire et architecture

Alors il me vient en pensée que l’urbanisme en trois dimensions se retrouve dans la charpente tridimensionnelle de l’homme : le corps,  l’âme et l’esprit, dans la religion : le Père, le Fils et le St Esprit, ou, en géométrie par les 3 figures mères : le cercle, le triangle et le carré,

dans le monde : entrailles de la terre- le terrestre- le céleste.

Le chiffre trois semble s’expliquer par la cohérence structurale des formes et des êtres…

 

Au pied des ascenseurs, je transpose la verticalité de leurs mouvements ascendants/descendants à notre fil à plomb. Celui-là même figurant symboliquement, durant mon apprentissage, la descente en mon moi intérieur : mon introspection, ma construction. Ce fil à plomb qui indique également deux directions : le centre de la Terre et le ciel. Cette perpendiculaire si elle est parfaite pourrait répondre à la question : ces ouvrages, que son « mon moi intérieur » et cette cité radieuse sont-ils bien d’aplomb ?

Au 3ème étage, poursuivant mon chemin, je me retrouve dans l’artère principale de l’unité d’habitation, avec ses commerces, ses bureaux, son hôtel et son restaurant dont le nom est « Le Ventre de l’architecte ». C’est à ce moment précis que, lors de ma visite, j’ai été interpellée. Je suis au niveau du Hara (2), ce rayonnement de la force vitale, je suis au centre de la structure :

        en mon « temple intérieur » (spirituel)  dans mon «temple intérieur» (corporel)

 

Le cheminement se poursuit dans les couloirs volontairement sombres ; ils desservent les portes successives des cellules d’habitation. Volontairement, car LC avait composé ces cellules avec de vastes baies vitrées donnant une sensation d’éblouissement à leurs entrées. N’est ce pas sans nous rappeler à tous, ce que nous sommes venus chercher en loge ?

 En juillet 1965, peu avant sa disparition, L.C. donnera une ultime clef de lecture de son œuvre. Je cite :  « Une préoccupation m’a agité impérativement : introduire dans le foyer le sens du sacré, faire du foyer le temple de la famille ».

Cette architecture n’est pas sans nous rappeler l’allégorie de la grotte de Platon ou celle de la Lumière de Prométhée. Elles témoignent de la propension de l’homme à s’élever vers la lumière.

 L’unité de Marseille commence au feu, au foyer de chaque famille c’est-à-dire dans chaque cellule. Ce contenant / ces contenus forment l’unité d’habitation dont l’homme est le troisième terme.

Cette unité, comme toute autre, n’est qu’un fragment d’un projet plus vaste dont il reste difficile de situer le début de la fin : une architecture totalisante.

Mon parcours ascensionnel a débuté dans le parc au niveau de la terre d’où vient la force tellurique, il s’achève sur le toit-terrasse au niveau du ciel d’où vient la sagesse. Quant à l’harmonie- figurée par l’homme empreint du divin- il est l’intermédiaire entre la terre et le ciel.

Alain POZARNIK dans son livre « A la lumière de l’Acacia » dit je cite : « L’initiation, c’est ce voyage en soi qui permet de rejoindre le point ultime ».   

Ternaire et architecture

Sur ce toit-terrasse, justement le point ultime de ma visite, où je suis à nouveau ébloui par la lumière, je vois la projection de l’ensemble sur la terre selon la course du soleil. 

L’harmonie se sera glissée dans cette construction contemporaine en ajoutant à l’utilisation du Modulor, l’axonométrie : une technique de représentation graphique des objets à l’aide de projections effectuées sur des plans perpendiculaires aux trois directions principales dont l’une est verticale.

Cette visite ponctuée de passage entre ombre et lumière n’est pas sans me rappeler notre pavé mosaïque qui se construit sur ses lignes virtuelles pour qui sait le regarder et qui est positionné dans le Temple au centre de trois axes comme notre axonométrie.

Si l’architecture permet de rendre visible l’invisible pour Le Corbusier. elle retrouverait un rôle directement symbolique, tout en cherchant également à l’amélioration constante de l’organisation de la vie communautaire.  Le Corbusier se sera inspiré de ses nombreuses visites dont celle de l’abbaye du Thoronet aux innombrables évocations du ternaire dont il dira lors de sa visite en 1953: « à l’heure du béton brut, bénie soit, au cours de la route, une telle admirable rencontre ».

F.: R.:      RL Les Écossais de Saint-Jean .

croix tridimensionnelle

croix tridimensionnelle

(1)  POLEOGONIE : (naissance d’une forme d’organisation collective, une citée juste)

 (2) LE PHALANSTÈRE : (def Universalis) Conçu dans l’œuvre de Charles Fourier (philosophe du 18e 19e siècle) comme le dispositif expérimental central destiné à démontrer par la pratique la validité de sa théorie du monde social d’une certaine organisation communautaire.

 (3) HARA : Centre du corps humain dans les traditions chinoises et japonaises « siège des émotions et partie profonde de l’être sensible »

 

Cette planche a été inspirée par :

Mes visites de « La cité Radieuse » et de l’abbaye du Thoronet avec une recherche spécifique sur le ternaire en architecture.

Par les lectures suivantes :

  • Le Corbusier l’unité d’habitation de Marseille de Jacques SBRIGLIO aux éditions Parenthèses
  • À la lumière de l’Acacia Du profane à la maîtrise d’Alain POZARNIK aux éditions Dervy
  • Le Livre de l’Apprenti d’Eric Romand aux Éditions du Maçon
  • Le code secret de Priya Hemenway aux éditions Evergreen
  • L’émission radiophonique de France Culture : l’allégorie de la caverne

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30 mars 2019 6 30 /03 /mars /2019 08:49

La légende du St GRAAL est écrite au 12ème siècle, mais bien antérieure par ses origines puisqu’elle est en réalité une adaptation chrétienne de très anciennes traditions celtiques

Le mot GRAAL viendrait du latin médiéval cratella qui veut dire vase.

Il est désigné comme un plat large et assez profond. Les peuples ont représenté le GRAAL sous divers aspects : Lance, épée, pierre précieuse, calice et vase. Il désigne aussi le Saint Calice dans la littérature médiévale au début de la chrétienté en occident.

Dans cette littérature, le Graal est un objet symbolique : il représente le mystère du christianisme, où le fait de partir à sa recherche aboutit à une révélation personnelle de la lumière du Christ en remplacement du chaos initial. Depuis, le Graal a fait l’objet de nombreuses interprétations symboliques ou ésotériques.je ne vous les citerait pas tous, car il y a de multiples interprétations.

 

Étymologie :

À l’origine le mot « Graal » désigne un plat large et assez profond, un récipient creux. Une origine supposée est que le mot « Graal » viendrait du latin médiéval cratella, « vase » qui désigne, en ancien français, une coupe ou un plat creux. Pour d’autres, le mot « Graal » ou « grasal » désigne un plat creux destiné à servir les viandes riches en jus. Le Languedoc a conservé grasal ou grésal, qui par transposition est devenu de gradal au mot gardale dans le Sud-Ouest. Tous ces mots désignent un récipient creux aux usages divers. Le mot gradal était utilisé avec ce sens en 1150.Le mot Graal est aussi trouvé avec ce sens en 1204.

 

Pour d’autres le GRAAL aurait une origine celtique. La racine ‘’gar’’ signifiant pierre. Le gar-al ou gar-el pourrait être par assimilation, le vase qui contient la pierre. ’’El’’ signifiant Dieu. Cela nous donne : la pierre de dieu’’Gar-el’’.

Une autre interprétation voudrait que le saint GRAAL soit une déformation de lecture de San Greal ou sang Réal qui veut dire ‘’le sang royal’’ ; j’y reviendrai plus loin.

Selon une légende la coupe du GRAAL aurait été taillée par des anges dans une émeraude tombée du front de Lucifer lors de sa rébellion contre Dieu. Cette émeraude rappelle d’une façon très frappante l’urnâ, la perle frontale qui, dans le symbolisme hindou, tient souvent la place du 3ème œil de Shiva, représentant le ‘’sens de l’éternité’’.

Le GRAAL aurait été confié à Adam qui la perdit après avoir péché. Il aurait plus tard été retrouvé par Seth (troisième fils d’Adam et Ève).

La tradition raconte que cette précieuse coupe recueillie par Seth aurait servi lors du dernier repas du Christ. Cette fameuse coupe, le GRAAL aurait été recueilli par Jésus par miracle.

Cette histoire continue avec Joseph D’Arimathie, un marchand riche, qui serait l’oncle de Jésus. Le corps de Jésus fut confié à Joseph pour qu’il lui donna une sépulture. Le Saint GRAAL est la coupe qui servit à la Cène et Joseph D’Arimathie recueillit ensuite le sang et l’eau qui s’échappaient de la blessure au flanc de Jésus provoquée par la lance du centurion Longin.

 

Ensuite cette coupe aurait été amenée en Grande Bretagne par Joseph D’Arimathie et Nicodème, l’un des premiers disciples de Jésus. Lien entre la tradition celtique et le christianisme. La coupe joue un rôle important dans la plupart des traditions antiques et chez les Celtes…

Selon les légendes du Saint Sang, dont on trouve une supposée relique à l’Abbaye de la Trinité de Fécamp, en Normandie, le sang du Christ fut recueilli par Nicodème dans un gant qu’il confia à un proche.

 

Dans d’autres légendes encore, le sang du Christ fut recueilli à l’aide de la Sainte Éponge. Éponge qui servit à désaltérer Jésus lors de sa crucifixion.

Joseph d’Arimathie est ensuite capturé et mis au cachot (le soir même (Vendredi Saint), vers la dixième heure, l’évangile selon Nicodème révèle en effet cet épisode, cela dit certaines versions de la légende situent son arrestation trois jours après, lorsqu’on s’apercevra que le Christ a disparu du tombeau.

Il est raconté que Jésus est apparu à Joseph d’Arimathie (le Vendredi soir à minuit précise l’évangile selon Nicodème ainsi que certaines légendes).

Dans certaines légendes, Jésus lui remet le Saint Calice (soit il le lui rend à nouveau, soit il le lui donne pour la première fois).

Tandis que, dans l’évangile selon Nicodème, Jésus « téléporte » Joseph d’Arimathie chez lui en lui demandant de ne pas bouger de là pendant quarante jours. Dans la légende il reste enfermé dans son cachot, pendant trente à quarante ans (dans certaines légendes, une colombe vient déposer tous les jours une galette dans la coupe).

La légende vient généralement se rattacher à une autre légende, celle de la maladie de l’empereur romain Vespasien :

‘’Un pèlerin (dans certaines légendes, il s’agit de l’ange Gabriel déguisé ainsi), raconte à Vespasien qu’il a vu en Judée un prophète ayant accompli de nombreux miracles. Bien que ce prophète, Jésus, soit mort, Vespasien peut être guéri s’il touche quelque chose lui ayant appartenu de son vivant. Il envoie ses hommes à la recherche d’un tel objet à Jérusalem. Sainte Véronique l’apprend (ou est prévenue par Gabriel) et se rend chez Vespasien pour lui apporter son voile.’’

 

 

Une version du livre de Dan BROWN le Da Vinci Code fait allusion au GRAAL. Le GRAAL serait une métaphore pour désigner Marie-Madeleine, qui aurait été la femme de Jésus et mère de sa descendance. Elle aurait eu un fils et une fille. Jésus et Marie-Madelaine auraient fondé une lignée de rois dont les descendants seraient encore vivants de nos jours. Ces descendants auraient la protection des templiers anciens chevaliers du prieuré de Sion.

La légende du GRAAL s’est toutefois élaborée sur plusieurs décennies et n’a pas toujours été assimilée au Christ…

 

 

Le Graal est, dans la tradition médiévale chrétienne, une mystérieuse coupe aux pouvoirs magiques, et l’objet d’une quête menée par les Chevaliers de la Table Ronde.

Comment furent créés les chevaliers de la Table ronde ?

Quelques mots sur Merlin, dit "Merlin l’enchanteur", inspiré du Gallois Myrddin, barde, du héros Gwendollen devenu fou.

Au 6ème siècle le roi fut tué dans une bataille et Merlin partit se réfugier dans la foret et aurait découvert des dons pour la divination.

Merlin est né d’un viol par un démon d’une vierge destinée au couvent. À sa naissance Merlin parle déjà et il est doué de la connaissance du passé. C’est grâce au baptême qu’il échappe au diable. Il réussit à se sauver et à sauver sa mère qui risquait, comme fille mère, le bûcher ; sentence à l’époque.

Un jour, dans les bois, il fit la rencontre du roi Uther Pendragon, roi de Bretagne, qui lui sauve la vie. Merlin, par enchantement ,permit au Roi d’avoir un 1er fils illégitime, le futur roi Arthur.

Pourquoi par enchantement ?

Gorlois de Tintagel, duc de Cornouailles, est l'époux d'Ygerne, la mère du roi Arthur. Uther Pendragon prend l'apparence du duc sous l'effet d'un enchantement de Merlin pour s'unir à elle et concevoir le futur possesseur d'Excalibur. Gorlois aurait été tué au cours d'une sortie du château de Dimiloc où il s'était réfugié, assiégé par les troupes d'Uther.

 

 À l’âge adulte, Arthur créera, avec l’aide de Merlin, les chevaliers de la Table ronde.

Source WP
Apparition du graal. Enluminure du Lancelot en prose, Évrard d'Espinques, BNF FR.116, f.610v. (vers 1475)

Mais, pourquoi une table ronde ?

 

 

Au Moyen Âge, les tables plates étaient de formes rectangulaires ou carrées, mais dans la tradition germanique, elles pouvaient être rondes.

Le roi s’asseyait au milieu de la table, en hauteur, et les places d’honneur étaient situées à sa droite et à sa gauche. La forme ronde, symbolisant la fraternité, évite toute préséance entre ceux qui s’asseyent, leur rappelant que les chevaliers n‘héritent de leur place que grâce à leur courage. Ainsi les chevaliers d’Arthur forment un ordre chevaleresque, « Les chevaliers de la Table ronde », et représentent alors un idéal de la chevalerie. Elle symbolise l'égalité et la fraternité entre les chevaliers. Cette table était destinée à recevoir le Graal, quand il aurait été retrouvé.

Photo Christophe.Finot — Table de bois suspendue dans le Grand Hall depuis 1348. Datant du XIIIe ou bien du début du XIVe siècle, elle n'a été peinte qu'en 1522 sous les ordres du roi Henri VIII d'Angleterre. Les places à la table sont divisées avec une alternance de vert et de blanc, le nom de chacun des 24 chevaliers étant inscrit en lettres d'or. Le visage du roi n'est pas celui d'Arthur mais celui d'Henry VIII et la rose des Tudors est également présente.

Le symbole de la tablée se retrouve de nos jours et certaines communes pratiquent encore ce rite. Une reproduction de la Table ronde d'Arthur se trouve  suspendue   dans   le   Grand   Hall   du château   de   Winchester (Angleterre).

 
   

La Table ronde se trouve à Camelot, à la cour du Roi Arthur. Elle fut dressée après que Merlin l'Enchanteur eut révélé à Arthur la nécessité de créer une assemblée faite des chevaliers les plus preux afin de retrouver le Graal.

Tous les chevaliers appelés à s'asseoir à cette table ont été identifiés, sauf un. Quiconque s'asseyait dans le siège vacant sans avoir été élu était englouti par la terre ; c'est pourquoi cette place s'appelait le siège périlleux. Il semble que cet ajout où seul le plus pur d'entre eux peut s'asseoir est un ajout chrétien tardif ; en effet dans la légende celtique ce serait Lancelot du Lac qui découvre le Graal. D'un point de vue chrétien, sa relation adultère avec Guenièvre, l'épouse du roi Arthur, le rend impur. C'est donc Galaad, qui trouvera le Graal (Galaad en Hébreu signifie : ‘’Le découvreur de l’infini inconnu’’) ; il est un descendant direct de Joseph D’Arimathie. Galaad rapportera le GRAAL à la Table ronde et s'assiéra dans le siège périlleux. Galaad pourra grâce à sa pureté exceptionnelle regarder à l’intérieur de la coupe et observer son mystère, mais il n’y survivra pas et sera emporté par les anges dans un monde d’extase.

Le retour du Graal à la Table ronde marque la fin des Temps aventureux, la fin de la quête. Les chevaliers de la grande table légendaire devaient fidélité à leur roi et au Graal.

La quête du GRAAL n’était pas pour les chevaliers le moyen de réaliser une nouvelle prouesse personnelle. Ceux qui le croyaient seront rapidement disqualifiés. Au départ c’était une quête collective puis individuelle, car spirituelle. Retrouver le GRAAL permettrait aux chevaliers du roi Arthur de s’élever au-dessus du plan humain, de s’ouvrir à des valeurs spirituelles et morales, d’accéder à une dimension héroïque et sacrée...

 

 

Une histoire moins passionnante et douloureuse que je vais brièvement vous conter, car elle s'associe au nazisme.  Histoire  liée au  château de Montségur.

Le château a de tout temps cristallisé les passions. Tantôt détenteur du trésor de l'église cathare, ou bien cachant des souterrains secrets, le château a été l'objet de toutes les spéculations. Les nazis, quant à eux, pensaient que Montségur était le château du Graal.

Explications :

Dans les années 30, Otto Rhan, un ancien étudiant allemand qui se prétend historien et archéologue, est convoqué par le SS Heinrich Himmler ,2ème homme le plus puissant après Hitler. Il confie à Otto Rhan une mission capitale : retrouver le GRAAL. Himmler lui donnera une grosse somme d’argent pour cette recherche.

Otto Rhan identifie Montségur comme étant le château du Saint Graal. Et ce, sur la base de raccourcis étymologiques discutables : «Otto Rhan se base sur deux arguments :

Premièrement, l'Opéra de Wagner, Parsifal, dans lequel le château du Graal se nomme ‘’ Montsalvat ‘’.Pour lui Montsavalt qui veut dire ‘’ le mont sauvé ‘’ est le château de Montségur qui veut dire ‘’ le mont sûr’’.

 

 

Deuxième erreur de sa part, il fait un rapprochement, encore erroné, entre Perceval, qui est donc le chevalier gardien du Graal dans l'opéra de Wagner, et Raymond-Roger de Trencavel, vicomte de Carcassonne à l'époque de la croisade des Albigeois.

Cela sur le simple fait que Perce-val veut dire ‘’qui perce la vallée’’ et Tranca-val ‘’qui tranche la vallée’’. Comme quoi, quand on veut trouver du sens, on en trouve

Otto Rahn rédige son premier ouvrage : «Croisade contre le Graal», en 1933. Un ouvrage qui connaît un succès moyen, mais qui parvient tout même à tomber dans les mains d'Himmler.

Otto Rahn était persuadé qu'il se trouvait dans ce qu'il pensait être la chapelle, mais qui, en réalité, n'était qu'une cave. Il pensait que les Cathares veillaient sur le Saint Graal comme les chevaliers de la Table ronde. En plein délire il est allé jusqu'à dessiner lui-même des signes sur les parois de certaines grottes locales pour étayer ses thèses.

Alors qu'il écrit un deuxième ouvrage et qu'il voit peu à peu son rêve de Saint Graal s'éloigner, il est dénoncé aux nazis, car sa mère était juive et lui, homosexuel. On lui donne le choix entre se faire abattre ou se suicider. Il sera retrouvé mort, congelé, en 1939 sur un glacier en Autriche. Avec lui disparaîtra toute théorie sur la présence du Saint Graal à Montségur, obligeant les nazis à chercher ailleurs leur légitimité mystique…

 

 

 

Pour moi F.·.M.·., la quête du GRAAL représente un voyage intérieur, un voyage en soi pour tout chercheur parvenu à une certaine étape dans son cheminement intérieur à la découverte de soi-même. Le but est de découvrir le GRAAL et d’être enveloppé de sa lumière et de sa beauté, tout autant que d’en saisir certains mystères.

 

 

La Quête du GRAAL représente ce voyage symbolique à la découverte de l’être réel. Chacun peut y prétendre, mais pour cela il faudra progresser avec courage et persévérance.

Ce serait une transformation de soi ; la véritable alchimie, ce qui pour nous F.·.M.·. nous ramènent à V.I.T.R.I.O.L. : ‘’visite l’intérieur de la terre, en rectifiant tu découvriras la pierre cachée’’.

 

Tour à tour, plateau, vase, écuelle, coupe contenant le sang du Christ, pierre tombée du ciel, cet objet magique et divin demeure le mystère des mystères, la lumière inaccessible vers laquelle tendent toutes les énergies humaines.

 

 

Le GRAAL est-il un trésor enfoui dans la citadelle cathare de Montségur ? Dans la forêt de Brocéliande ou dans l’abbaye de Glastonbury en Grande Bretagne ? Est-il la grâce divine ?est-il la pierre philosophale ? Ou bien tout simplement un épisode de la légende des chevaliers de la Table ronde ?

 

 

À Rennes le château 5 statues de 5 saints constituent par leurs initiales et dans l’ordre le mot ‘’GRAAL ‘’

 

 

J’ai le sentiment que le GRAAL est un objet merveilleux dans lequel chacun de nous peut enfermer le but de sa propre quête spirituelle.

Mon travail de ce soir se veut sans parti pris. Toutes ces légendes donnent des histoires incroyables, mais comme toujours de l’ombre naît la lumière.

Quel symbole devrais-je choisir ? Je n’en sais rien.

 

 

Alors, le GRAAL……...Mythe ou réalité ?

 

Pas.·. BOU.·.

Suit un article sur le rapprochement qui peut être fait entre la quête du Graal et la recherche de la Parole perdue.

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31 mai 2017 3 31 /05 /mai /2017 22:57

Mon ressenti en Loge:

<<Ce n’est pas en contemplant la lumière que l’on devient lumineux, c’est en portant un regard sur sa propre obscurité. >>

JUNG

Je fus conduite ici, parmi vous mes chers frères et sœur par la recherche de la lumière, de la connaissance. Cela m’a permis d’avoir une ouverture d’esprit encore plus large ; et aussi de comprendre ce qu’est le symbolisme.

Le symbolisme de la sortie des ténèbres et de l’émergence dans la lumière se retrouve dans de nombreuses civilisations pour concrétiser les étapes complémentaires, cycliques, évolutives et néanmoins précaires, des ères sombres et des époques lumineuses.

Dans la Grèce antique et l’Égypte d’Akhenaton, le soleil, source de lumière, est considéré comme l’émanation et l’expression du divin. Les gnostiques comme les néo-platoniciens font du soleil l’incarnation de la lumière divine, de l’illumination spirituelle et de la chaleur des êtres et des choses créés.
Le Livre des morts des Anciens Égyptiens a pour véritable titre, à l'époque de l'Égypte antique, Livre pour Sortir au Jour. Le « jour » en question est celui des vivants, mais aussi de tous principes lumineux s'opposant aux ténèbres, à l'oubli, à l'anéantissement et à la mort. Dans cette perspective, le défunt égyptien cherche à voyager dans la barque du dieu soleil Rê ou Ra et à traverser le royaume d'Osiris (version nocturne du Soleil diurne en cours de régénération).

Pour les pythagoriciens, la lumière participe à l’harmonie de la connaissance. Aussi bien dans les civilisations extrême-orientales, où « l’illumination » est synonyme de la Connaissance, que dans l’Islam, où la lumière est identifiée à l’Esprit, que dans Saint-Jean, pour qui la lumière primordiale s’identifie au Verbe, ou encore chez Saint Paul, qui voit dans (le 5) la manifestation cosmique de la lumière succédant aux ténèbres « l’illumination intérieure de l’esprit et du corps », la lumière, sous ses diverses formes, est le point de départ d’expériences mystiques symbolisant la présence du Divin.

Dans son œuvre majeure, « La Divine Comédie » Dante évoque le mythe du labyrinthe, « la sombre caverne » lieu symbolique de l’initiation totale et représentation du cheminement de l’initié entre le Bien et le Mal, entre l’ombre et la lumière, métaphore de la destinée humaine, qui doit nous conduire, à travers les méandres et les impasses, de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste, de l’ombre à la lumière. Prisonnier des ténèbres nous errons dans ce labyrinthe à la recherche de la lumière. Nous sommes des "Thésée" qui doivent affronter le Minotaure de nos faiblesses cachées dans le labyrinthe de notre personnalité pour découvrir, au-delà des illusions, au-delà des apparences, après un long cheminement dans l’obscurité, l’homme nouveau émergeant en pleine clarté.

Ce thème de la lumière est omniprésent dans la mystique juive. En hébreu le mot lumière se dit « or » et la réception de la lumière « Qabbalat ha-or » ou, plus simplement, « qabbala » autrement dit « Kabbale ». Toute la structure de la Kabbale est construite selon un schéma simple qui illustre la tension permanente qui existe entre la « lumière d’en haut » ou « lumière de l’infini » et la réception de cette lumière dans « le monde d’en bas ».
Comme toutes les grandes œuvres mystiques juives, la Kabbale est une métaphysique de la lumière qui embrasse une immense vision, détaillée et cohérente de la relation de l’homme avec son univers ; elle est une aide pour dépasser un état d’esprit banal et découvrir au plus profond de soi une autre lumière. C’est par le rayonnement de la lumière à partir d’un point primordial de l’infini (En sof), d’une étincelle première, d’une « lumière supérieure infinie » qui s’est rétractée au centre de l’infini, qu’a été engendrée l’ordonnance du chaos à partir duquel la création a été rendue possible.

L’homme qui est une réduction du Cosmos est comme ce dernier infini ; c’est dans le cercle de l’éternel recommencement de la vie infinie que nous devons donc chercher la Lumière reflet de la Vérité.

Les deux principes opposés, ombre et lumière (un peu comme le pavé mosaïque), sont inséparables et donc complémentaires. Tout se joue sur la dualité permanente entre lumière et ombre ; cette opposition constitue un symbole universel matérialisé par trois aspects de la lumière opposés à trois formes de ténèbres :

1/Lumière/séparation face aux abîmes ténébreux symbolisant la création de l’Univers ; 2/Lumière/orientation contre l’obscurité structurant la symbolique de la connaissance universelle ; et 3/Lumière/transformation s’opposant à l’opacité symbole de la purification, de la catharsis libératrice. Toute notre culture repose sur ce conflit latent entre « l’effrayante obscurité de l’âme » et la lueur d’espoir, la lumière salvatrice symbolisée par l’étoile-guide. « Ordo Ab chao ». De cette opposition entre deux principes apparemment inconciliables va émerger l’ordre et engendrer l’unité du cosmos dans sa totalité.

L’une des étapes importantes sur le sentier menant à la réalisation (en taillant notre pierre brute) est la prise de conscience de l’Amour Universel. En faire l’expérience revient à naître une seconde fois, comme lors de notre initiation. Différentes cultures et religions en ont conservé la trace.

Un fort potentiel existe en chacun de nous, plus ou moins latent. L’éveiller est possible. L’idée que chacun se fait de l’amour universel peut varier en fonction de nos convictions propres. Suivant le cas, on pourra y voir une manifestation divine, une émanation de l’esprit universel ou encore celle de l’intelligence cosmique suprême.

Peu importent les termes utilisés afin de le désigner, l’essentiel est d’établir le contact avec cette part souvent insoupçonnée.

Lorsque la connexion a été établie, dans mon cas j’ai eu une sensation inhabituelle de certitude. Une conviction absolue que la connaissance, l’amour, la beauté et la sagesse contribueraient désormais à ma réussite pleine, entière, et donc à la perfection de ma pierre brute.

J’espère bien que ce sentiment sera ressenti par nos jeunes apprentis. Vous n’aurez plus envie de revenir à vos ténèbres antérieures.

Certaines lois semblent régirent le fonctionnement de l’univers et l’une d’entre elles a pour nom << Loi de trois >> parfois également désignée comme étant << Loi du triangle>> ou encore <<Loi trinitaire>>.

Le nombre << 3 >> qui est le chiffre de l’apprenti à donc une importance capitale pour nous, représentant ainsi :

  • Les 3 états de l’homme : Corps, Âme et Esprit :
  • Les 3 règnes : Minéral, Végétal, Animal ;
  • Les 3 degrés : Apprenti, Compagnon et Maître :
  • Les 3 niveaux d’existence : Etre, Accomplir, Avoir
  • Autres:    Être, Désir, Réflexion // AvoirAcceptation, Manifestation//  Accomplir,  Confiance, Visualisation

Lorsque, nous prenons conscience du nombre 3 dans notre vie, nous comprenons donc que l’infiniment petit est inclus dans l’ensemble infiniment grand et l’impact que peut avoir une toute petite pensée sur celles-ci (notre vie et le monde).

Gustav Meyrink dans son livre ‘’ Le Golem’’, fait dire à son personnage Hillel, l’archiviste : << Le monde n’existe que pour être détruit par la pensée ... Alors seulement commence la vraie vie. >>

En quelques mots Meyrink nous livre la clé qui ouvre la porte du monde réel et permettant ainsi l’accès à la réalité suprasensible. Toutes les traditions possèdent des secrets des origines de notre univers, et ceux-ci sont soigneusement dissimulés aux profanes.

Il suffit à chacun d’entre nous d’avoir un esprit critique et d’être ouvert pour essayer d’approfondir ses recherches, nous permettant d’accéder à la perfection. Chacun des maîtres ici présents ont participé à cette envie de savoir plus au fur et à mesure que le temps passait.

Pas facile de décoder et de comprendre certaines choses si nous restons que cartésiens, car nos anciens parlaient de deux voies, l’une sèche ou brève et l’autre humide et longue.

Certains anciens dans leurs ouvrages, nous parlent de la <<PRIMA MATERIA>> et de la <<MATERIA PRIMA >> ; Platon comme tous les initiés égyptiens du <<NOUS>> ou << PNEUMA>> ; les Hébreux de <<OB, AOUR (racine de lumière) >> ou << RUACH>>, indiquant par ses vocables sa qualité d’énergie lumineuse.

Quand Hugo, expose dans Notre-Dame de Paris l’Émeraude des sages, la pierre philosophale au travers d’Esméralda (laquelle est Égyptienne de peau mâte comme ISIS) et lorsque Marcel Proust n’ignora pas ses traditions et que dans son œuvre l’épisode de la célèbre et ô combien étrange Madeleine en référence à Marie- Madeleine de l’évangile qui avoue avoir reçu du maître le secret de <<NOUS>> ou << PNEUMA>> ... le secret de l’énergie, qu’elle propose de transmettre aux apôtres ; je me dis que j’ai encore du chemin à parcourir et de nombreuses choses à apprendre auprès de vous maîtres. Devenant ainsi une sorte d’homme universel, faisant l’union du haut vers le bas.

 

Je suis  un maillon de la chaîne, et lorsque je me tiens entre  les deux colonnes je fais la liaison de notre corde à nœuds me rappelant ainsi que j’ai des frères et  comme le courant électrique sans cette liaison au niveau du générateur l’énergie ne circule pas. Il nous faut donc bien intégrer ces principes et apprendre à lâcher prise afin que cette énergie ait un effet entier sur nous et notre entourage, a l'exemple donné par le PSAUME 133:

"Oh ! Quel plaisir, quel bonheur

De se retrouver entre frères ! ......

......là le seigneur a décidé de bénir :

C’est là la vie pour toujours."

"Ce psaume est utilisé chez les Coptes pour réconcilier des frères en discorde et leur rappeler ainsi leur lien de fraternité."   “La magie des 151 psaumes de David’" de Gérald Le Gwen

Le vide ne se trouve nulle part, le hasard n’existe pas. Notre existence ressemble fortement à la trame d’un canevas, laquelle montre un enchevêtrement de fils en tissant un dessin.

Nous ne pouvons en comprendre la profonde signification qu’en découvrant le résultat final,  l’œuvre finale.


J.°.K.°.     R.°.L.°. "Les Cherchants Ecossais"

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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 19:42

 

le centre et sa manifestation par le rayonL’Agarttha ou le centre du monde

Du Centre et des centres :

Si les mythes sont éternels, c’est qu’ils fondent une réalité « cachée ». Cette réalité cachée que nous cherchons dans le monde n’est nulle part ailleurs que dans les tréfonds de notre conscience, soit notre centre individuel. Il se fait que les centres subissent entre eux un phénomène d’attraction reliante, du plus récent au plus originaire. C’est pour cette raison que, par notre conscience « éclairée » de l’absolu individuel, nous sommes irrémédiablement fascinés et attirés par l’archétype du centre absolu et universel. Ce centre absolu est par définition invisible et ineffable surnaturel, il ne peut être perçu, ressenti ou évoqué que comme un centre spirituel qui s’interpose entre le visible et concret et l’invisible. Le centre spirituel va alors s’habiller de chair pour animer sa part réelle ou légendaire et entrer ainsi dans l’histoire et la mémoire des hommes. Le Centre est lié l’histoire de l’évolution de la conscience éclairée de l’homme, à sa période nomade et à sa fixation sédentaire.

Le réel pour l’homme est reflété par les miroirs des niveaux inférieurs et supérieurs de notre conscience qui pour des raisons liées à l’harmonie, à l’équilibre et à la paix doivent s’aligner dans un même axe. L’homme lui-même cherche à être relié et aligné avec un centre qui lui semble directeur, comme une autorité supérieure et surplombante, source des trois pouvoirs et de la manifestation du réel et de la vie. Ce désir de reliance sera une vérité précieuse qui devra être protégée de toute profanation : le sacré va naître avec l’idée d’un centre qui révèle, ou qui illumine la conscience. Le sacré fera que le centre tout en étant matérialisé sera inatteignable et protégé et c’est donc par la procession, la prière et les incantations, le sacrifice les offrandes puis l’encens que l’on tentera de se relier. Le temple deviendra le lieu de l’hébergement matériel du « Centre », de son animation psychique et spirituelle. L’image du temple sera donc le lieu de l’initiation au secret de la construction du Sacré en l’homme. Schématiquement le centre concret de spiritualité dans lequel ou vers lequel on se dirige ne serait qu’un centre secondaire relié a un centre principal (par exemple : la loge maçonnique est reliée au Temple de Salomon,  l’église est reliée au Saint-Siège et à Jérusalem,  la mosquée est reliée à la Mecque). Cette reliance se caractérise par l’Orientation du temple ou de l’église. L’Orientation indique la direction du centre principal auquel on se réfère qui lui-même est peut être relié a un autre centre principal plus primordial qui représente alors le principe de l’UNITÉ. Plus qu’une direction sur un plan donné, « l’orient » d’un lieu maçonnique ou le « zénith » indique le gisement géodésique du lieu sous la voûte étoilée et en regard du lever du soleil-lumière. L’Orient absolu ou primordial serait alors cette Agarttha point de rencontre initial entre un axe venu d’un plan supérieur « spirituel » et un plan « humain » et concret. C’est techniquement le lieu de communication entre la terre et le ciel, plus précisément entre le céleste le terrestre et le subterrestre. Cette mise en trois dimensions du centre par l’axe nous renvoie à la montagne sacrée, à l’arbre de la connaissance au centre du paradis, au lieu originel par excellence. Les montagnes sacrées sont tout autant réelles que mythiques, car nous sommes plutôt dans la représentation mentale d’un point de contact qui se matérialise en une réalité historique « réinventée » en tous lieux : nous pouvons citer le mont Scion, le mont Moriah, le mont Hérédon, le mont Meru, et le Golgotha, etc. C’est aussi le lieu d’événement majeur au plan de la reliance religieuse ou d’établissement de temples de nouveaux cultes qui eux-mêmes sont rebâtis sur d’anciens temples. Ces points de contact matérialisent une haute spiritualité qui ne peut prendre forme et signifiance que dans notre imaginaire. Ici c’est le travail du grand géomètre qui nous dit que ce désir de trouver le centre matériel est issu de la représentation mentale d’un plan spirituel situé à un niveau « supérieur » à partir d’un point original indéterminable innommable et non représentable concrètement. Autrement dit ce désir de centre concret n’est que la matérialisation de la transcendance et la détermination concrète d’une voie d’accès. En géométrie sacrée le point qui donne naissance au cercle est celui d’où la lumière surgit du milieu des ténèbres. Pour l’Ancienne Loi ce centre sera le Lieu du Temple qui une fois détruit se transportera dans le Livre, pour la Nouvelle loi ce sera l’homme comme ultime terre sainte réceptacle de la lumière. La cause sera entendue par les maçons lors que le temple spirituel sera démantelé et détruit plusieurs fois.

Ce plan dit supérieur du schéma général est donc surplombant et reste relié au plan humain par un axe. Le pied de cet axe est le centre du plan humain. C’est le sens de l’Agarttha.

 Ces plans sont donc multiples, superposés, mais tous alignés en regard d’un même axe. La représentation mentale étant le propre de l’homme, c’est pour cela que ces plans sont plus intérieurs que concrets. Le réel de l’homme comprend le concret et toute la représentation mentale conçue par l’homme depuis la nuit des temps. Le réel de l’homme est donc bien plus que le concret. C’est donc un ordonnancement intérieur qui se met en place par représentation symbolique autour d’un axe qui aligne parfaitement les mondes superposés. Trouver volontairement le centre de soi c’est trouver l’unité l’harmonie dans un rapport au tout, l’immobilité, le silence, l’alignement. Dans l’ordre humain, on regroupe ces qualités et états sous un seul vocable : la Sagesse elle-même issue d’une « Présence » en soi. C’est ici que la nouvelle Loi par l’incarnation de l’esprit va inaugurer la sacralité de toute personne humaine.

La représentation mentale en soi d’un centre absolu, c’est aussi l’origine de l’Ordre intérieur commune à toutes les voies initiatiques. Il  faut en rechercher l’explication dans le désir de reliance de l’homme en regard d’une autorité ou d’une causalité surplombante et primordiale. On trouve la clef de ce schéma archétypal dans la description biblique du jardin d’éden avec un arbre central qui est la « clef » qui permet d’avoir accès à tous les plans. Le jardin étant originel, il est donc circulaire autour de cet axe est manifesté la « présence » du divin qui relie Adam à Dieu. L’appropriation du secret de l’arbre-axe (ingestion du fruit) a fait chuter Adam dans la matière représentée par un carré inscrit dans le cercle premier. Le point de rencontre avec l’axe sur ce plan « carré » doit être recherché, car c’est par lui que l’homme espère remonter dans l’axe d’une réintégration au milieu du Paradis perdu.

Trouver ce point « central » dans le monde visible ou dans le monde intérieur, permet de se retrouver dans l’origine, le lieu de la sagesse ultime. Ce point serait le vrai centre, car il est dans l’axe de la chute originelle et oriente et commande la totalité du plan « humain ». C’est le point « O », l’Unité, le commencement. L’arbre de la connaissance est le point central du Paradis originel, il en est l’Orient absolu duquel partent les quatre fleuves du Paradis. Nous retrouverons les quatre fleuves irriguent et orienteront les quatre cotés du carré de la chute. L’homme reproduira l’arbre de la reliance et de la connaissance dans les arbres sacrés, mais aussi dans les « tracés de lumière », ces arbres de vie qui nous élèvent nous faisant passer de la matière à l’esprit.

La voie initiatique par une méthode graduelle permet d’entrevoir dans une vision intérieure la totalité des plans et architectures sacrées basées sur les lois de correspondance et la superposition des mondes.

Il ne faut pas voir dans l’Agarttha rêvée autre chose que l’essence d’une pensée archétypale qui réinvente le schéma des origines et de la création sur la base du désir secret de reliance. L’homme naît relié par un cordon ombilical, il veut vivre relié au sens de la vie, et mourir relié à l’essence de toutes créations. L’Agarttha est « La vision initiatique », le refuge de l’essence et du sens, l’origine de la Tradition et de la Sagesse.

L’apparent signifie toujours plus que le visible, or le centre a pour propriété d’être ressenti comme l’origine universelle de toutes choses. C’est ainsi que la plus haute montagne associe en son sein une caverne et une source dans un même axe, que la couronne de l’arbre sacré enserre dans ses racines la source de la vie. Le plus haut génère le plus bas, l’apparent le caché, l’exotérique l’ésotérique, etc. À partir d’un centre originaire se génère d’autres centres secondaires qui eux-mêmes se manifestent dans le même niveau de réalité ou sur des plans différents. La reliance est alors horizontale et verticale. Le centre-sommet ou la caverne-abîme s’associent naturellement au feu-conscience de l’homme, à l’eau - source de vie, à la terre - matricielle et à l’air qui porte le souffle des niveaux supérieurs. Le centre ordonne le monde comme la lumière chasse les ténèbres. C’est une lumière qui se répand partout dans l’humanité comme le feu prométhéen se répandit en chaque homme. Le centre illuminé de la conscience de l’homme est relié au centre du foyer tribal qui, lui-même, est relié à l’Olympe,  à la Terre Sainte à la Cité Sainte en général.

 On retrouve et réinvente ce grand schéma directeur du point de contact axial, dans la tradition des Rois Mages redéfinie par Bède la Vénérable. Trois Rois couronnés représentant les trois œuvres alchimiques et portant les trois signifiants de la relation de l’esprit et de la matière vont suivre une étoile indiquant un point de contact entre terre et ciel. Ils vont en ce nouveau centre apporter : l’or signifiant la relation royale matière-lumière,  l’encens sacerdotal signifiant l’animation de la médiation entre la terre et le ciel par l’homme-prêtre, la myrrhe sacerdotale signifiant l’onction qui réveille l’esprit en l’homme-prophète. Tous les trois vont contribuer à l’animation d’un centre spirituel fait « Homme ».

Venus de l’Orient ils convergent en suivant l’étoile vers le lieu souterrain d’où vient la lumière de l’esprit incarné. Ici un nouveau centre, un nouvel Orient se crée, duplication humaine d’un centre plus primordial. Ce centre primordial se dédouble sur le plan supérieur spirituel et sur le plan humain. Le Centre des centres se situe toujours dans un plan Supérieur inatteignable, quant au centre plus antérieur sur le plan humain et sa chronologie, ce sera en l’espèce celle du mont Ararat où échoua l’arche de Noé. La légende fit des trois Rois Mages les descendants des fils de Noé : Sam, Sem et Japhet. Il y a donc reliance des centres spirituels qui se dupliquent dans l’échelle du temps. Les Rois sont ici des médiateurs-archétypes entre la Terre et le Ciel, entre l’Orient d’où vient la lumière et l’Occident où réside la matière. Leurs présents attestent que la matière porte l’esprit en elle, comme le Fils du Père incarne l’Esprit. Les trois Rois en convergeant vers le centre de l’incarnation vont signifier les trois états constitutifs de l’Être. Il semble acquis que les centres spirituels inscrivent dans la conscience humaine l’alliance entre la terre et le ciel. Seul l’homme peut penser et rendre compte de cette médiation. Cette médiation mémorielle deviendra Tradition.

La mémoire de la reliance est une « tradition ». Le Centre des centres survit aux destructions et aux cycles. Il est donc la source de la Tradition, de la transmission, du rayonnement du fiat lux. Le schème du centre absolu représente la mémoire de ce qui fut, de ce qui est et sera, ce qui explique que tout mouvement initiatique entretient par le jeu des symboles et des mythes, un devoir de mémoire et les techniques ancestrales de représentation mentale. L’étude de l’Aggartha mythique ou réel sera un bon prétexte pour le démontrer.

Il n’est donc pas étonnant qu’au début du XXème siècle, l’espace blanc d’une carte pouvait être l’objet d’expéditions, d’explorations et de spéculations spirituelles : l’appel de l’Orient et de sa Tradition en fera une quête. On réveilla une contrée merveilleuse qui existait déjà en l’homme comme un souvenir, un refuge absolu pour les initiés, la source du Tout, le Centre des centres. Il ne faut pas voir dans l’affirmation d’auteurs remarquables une réalité substantielle, mais la verbalisation d’un ordonnancement du réel, une approche du réel qui repose sur l’expression sous-jacente, la représentation symbolique d’une structure absolue qui nous constitue et nous relie.

Trouver le Centre des centres tout comme reconstruire le Temple de Salomon détruit est plus cheminement en soi, une construction intérieure qu’une expédition dans la chaîne himalayenne ou une tentative de reconquête historique des lieux saints. Ce centre symbole de Sagesse et de Paix peut être partout et surtout en l’homme, car c’est l’homme qui le pense, le transporte et le vit dans un récit immémorial. Vivre cette « présence » en soi c’est être face au Principe.

Er.°. Rom.°.

L’étude de notre F.°. Christophe M.°. dessine le contexte et les contours de l’Agarttha.

« Aucun sujet n’est à écarter, et un mythe, tel que celui de l’Agarttha, doit retenir notre attention. Il faut se mettre à la place des explorateurs du début du 20e siècle, de ces éclaireurs occidentaux de la recherche spirituelle et ésotérique qui se trouvaient face à un désert inexploré, pour comprendre leurs maladresses. À nous, voyageurs éclairés par un siècle d’évolution de la pensée spirituelle, de faire la part des choses, tout en rendant hommage à nos prédécesseurs.

Le premier de ces « explorateurs » qui m’a éveillé à ce sujet est Jean-Pierre Bayard qui, dans son ouvrage « l’occultisme », reprend cette légende hindoue évoquant un centre du monde, nommé Agarttha [P. 37 — J.P Bayard — l’occultisme — éd. Du Borrego]. La notion de centre du monde avait été développée par René Guénon dans l’ouvrage « le roi du monde » [le roi du monde — René Guénon — éd. Gallimard] (un ouvrage critiqué pour le choix des ouvrages auxquels Guénon se réfère, mais il faut y voir là certainement une manière d’ouvrir le lecteur à la notion de centre du monde qu’il a développé tout au long de son œuvre). Ce mythe oublié est réapparu au 20e siècle sous la plume de Saint-Yves D’Alveydre dans « mission de l’Inde en Europe » [mission de l’Inde en Europe, éd. Hachette BNF], écrit en 1886, mais publié après sa mort en 1910. Il aurait eu connaissance de ce centre spirituel par un maître Hindou. L’histoire, d’un lieu central, où est née et s’est développée la spiritualité mondiale, peut paraître, au premier abord, romanesque, mais d’autres personnes, avec des sources différentes, évoquent elles aussi cette légende, créant ainsi le trouble. C’est le cas de Ferdinand Ossendowski, qui a cherché de manière concrète l’Agarttha en 1920 et 1921 et a édité ses aventures en 1924 dans « bêtes, hommes, Dieux » [bêtes, hommes, Dieux – éd. Loupe]. René Guénon se sert de ses deux ouvrages comme point de départ de son essai — non pas pour démontrer leur véracité —, mais pour exposer des considérations supérieures qui dépassent les individualités, voire l’humanité. Les deux livres comportent des similitudes troublantes, mais l’origine différente des sources — Mongole pour Ossendowski, hindou pour D’Alveydre — laisse à penser qu’il n’y a pas eu plagiat. La différence la plus marquante est le nom donné à ce centre spirituel, Agharti pour l’origine mongole, Agarttha pour l’origine hindoue. De même, seul Ossendowski nomme le chef de la hiérarchie initiatique « roi du monde », alors que la version hindoue fait référence à une hiérarchie dirigée par le Brahâtmâ, qui représente un souverain pontife (qui relie par un pont le monde terrestre et spirituel). Ce « roi » est donc un souverain, exerçant le double pouvoir : royal et sacerdotal. Ce « double pouvoir » n’a pas été privilégié en occident, pourtant sa représentation existe avec les « Rois mages ». Ce gouvernement spirituel ne représente pas un personnage historique, mais un principe qui s’impose aux humains. Ce principe, se retrouve dans la tradition hindoue sous le nom de « Manu » (celui qui fait tourner la roue, représenté par la croix swastika), dans la tradition égyptienne sous « Mina » ou « Menes », dans la tradition grecque sous « Minos », etc. Ce principe de gouverneur spirituel du monde s’étalonne par rapport à notre monde et à ses cycles de vie et représente « l’archétype de l’homme, considéré en tant qu’être pensant (Mânava) ». [le roi du monde — René Guénon]. Enfin, il se manifeste dans ce centre spirituel terrestre, mais nous y reviendrons plus loin.

Pour nous faire une idée, voici la présentation de l’Agarttha qu’en fait Saint-Yves D’Alveydre dans son livre [mission de l’Inde en Europe], avec quelques commentaires :

« Où est l’Agarttha ? Dans quel lieu précis et où réside-t-elle ? Par quelle route, à travers quels peuples faut-il marcher pour y pénétrer ? À cette question que ne manqueront pas de se poser les diplomates et les gens de guerre, il ne me convient pas de répondre plus que je vais le faire, tant que l’entente synarchique n’est pas faite ou tout au moins signée. Mais, comme je sais que, dans leur compétition mutuelle à travers toute l’Asie, certaines puissances frôlent, sans s’en douter, ce territoire sacré, comme je sais qu’au moment d’un conflit possible leur armée devrait forcément soit y passer, soit le côtoyer, c’est par humanité pour les peuples européens, comme pour l’Agarttha elle-même, que je ne crains pas de poursuivre la divulgation que j’ai commencée. »

L’Agarttha est décrit comme un lieu réel, qui se trouve quelque part en Asie. Il est évoqué ici la convoitise qu’un tel lieu sacré pourrait susciter. Cela s’est vérifié lors de la Seconde Guerre mondiale ; le IIIe Reich a effectué des recherches dans le désert de Gobi, sans succès, d’après ce récit. Pourquoi un tel intérêt ? Comme il en est le sujet dans « le Roi du monde », ce centre spirituel terrestre est associé à un pouvoir absolu, un gouvernement dont le modèle d’autorité a fondé nos sociétés occidentales, appelé synarchie. La conquête de centre spirituel pourrait donner un pouvoir supérieur. Nous sommes dans le même concept que la recherche de l’arche d’alliance, ou du Graal.

« Qu’il suffise à mes lecteurs de savoir que, dans certaines régions de l’Himalaya, parmi 22 temples représentant les 22 les arcanes d’Hermès et les 22 lettres de 22 lettres de certains alphabets sacrés, l’Agarttha forme le zéro mystique, l’introuvable. ».

Nous retrouvons là la description de l’alphabet hébraïque, que j’ai développé précédemment, et qui est à associer au tarot ou encore à la Kabbale. Il s’agit ni plus ni moins d’une description de l’organisation qui s’est imposée à la pensée humaine universelle et qui nous préserve du chaos. Il remonte en parlant du zéro mystique, à l’unité primordiale. Zéro donnant l’idée d’un lieu caché, invisible aux yeux des non-initiés.

 « Le zéro, c’est-à-dire tout ou rien, tout par l’unité harmonique, rien sans elle, tout par la synarchie, rien par l’anarchie. »

Agarttha signifie : insaisissable à la violence, inaccessible à l’anarchie.

« Le territoire sacré de l’Agarttha et indépendant, synarchiquement organisé et composé d’une population s’élevant à un chiffre de près de vingt millions d’âmes. La construction de la famille, avec égalité des sexes au foyer, l’organisation de la commune, du canton et des circonscriptions allant de la province au gouvernement central, conserve encore dans toute leur pureté l’empreinte du génie celtique de Ram greffées sur la divine sagesse des institutions de Manou. »

Ces dernières explications font penser à la vision de « La république » de Platon.

Brahâtmâ

Selon Saint-Yves D’Alveydre, le gouvernement spirituel de l’Agarttha est, en fait, composé de trois principes. Ce chiffre de trois est représenté par le Brahâtmâ (souverain pontife, support des âmes dans l’esprit de Dieu), « associé à ses assesseurs : le Maâtma (représentant l’Âme universelle) et le Mahânga (symbole de toute l’organisation matérielle du Cosmos » [le roi du monde — René Guénon — éd. Gallimard] Organisation que l’on retrouve dans la tradition occidentale avec âme, corps, esprit ou encore, père, fils, Saint-Esprit, force, sagesse et beauté, etc.

Selon Ossendowski, le premier, « le Brahâtmâ règne sur ces trois mondes et a pour mission de parler face à face à Dieu » ; le Maâtma « connaît les évènements de l’avenir » ; le Mahânga « dirige les causes de ces évènements » [bêtes, hommes, Dieux — éd. Loupe].

Nous pouvons parler donc de « trois rois du monde » dont l’action des deux premiers donne accès à Dieu au troisième. Cet aspect des choses peut-être représenté par le triangle initiatique. L’analogie avec ces trois rois et les trois rois mages est frappante. Rappelons-nous des cadeaux offerts au nouveau-né : l’or — symbole du pouvoir du roi dont la représentation alchimique est un point central entouré d’un cercle ; l’encens — lui conférant le pouvoir sacerdotal ; la myrrhe — symbole de la mort et de la fonction de Prophète.

 

                                                               Le symbole de l’or. 

 

Ce centre du monde existe-t-il toujours ?

Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il n’est pas connu du commun des mortels et, s’il existe, son emplacement est préservé par quelques initiés — un gouvernement spirituel. Il faut sortir de l’idée de la matérialisation de ce lieu, et comprendre ce qu’évoque la notion de centre du monde.

Certains centres spirituels nous sont connus. Le premier d’entre eux est Jérusalem. La ville est mentionnée par les Égyptiens au 20e siècle av. J.-C., soit depuis 4000 ans. Son premier nom « Urushalimu » provient de « uru » — ville, fondation — et du nom culte de Shalem qui y était alors pratiqué par le peuple cananéen. Shalem a donné le mot Shalom en Hébreux et Salaam en arabe, qui veut dire paix, mais aussi par extension, le « salut » fraternel. Son nom signifie donc « ville de paix », et il est à souligner que nous retombons exactement sur la définition de l’Agarttha. (Petit aparté : vous remarquerez l’antinomie de ce nom avec l’histoire de cette ville convoitée et disputée par les hommes depuis des siècles.) Cela met en reflet les mots de Saint-Yves D’Alveydre qui met en garde l’humanité de la découverte du centre du monde sans, au préalable, avoir obtenu une synarchie, une paix mondiale harmonieuse. Jérusalem, centre spirituel, mais plus précisément lieu du temple de Salomon érigé pour recueillir la présence réelle de la divinité, et don la manifestation est toujours associée à une « lumière ». Les autres centres spirituels sont Rome et Antioche pour les catholiques ; Lhassa (Tibet), Lumbini (Népal) pour les bouddhistes ; Memphis, Thèbes, Le Caire, pour les Égyptiens antiques ; Constantinople (Istanbul), Alexandrie, Aksoum en Éthiopie (lieu qui abriterait l’arche d’alliance) pour les Orthodoxes ; le mont Athos (en Grèce), Athènes et Olympie pour les Grecs antiques ; la Mecque, Médine et Jérusalem pour les musulmans ; Jérusalem, et Bethléem (ville d’origine du roi David) pour les Juifs, etc. Parmi tous ces centres, lequel pourrait être l’Agarttha ? Bien difficile d’y répondre... René Guénon cite Lhassa, Rome et Jérusalem, non pas pour leurs localisations, mais pour leurs organisations primitives qui ressemblent à la description de l’Agarttha. Il n’est pas inconcevable que ce centre du monde se soit déplacé et suive un cheminement terrestre selon les forces spirituelles du moment, et par cette observation, Memphis et Thèbes à l’époque égyptienne antique ont pu accueillir ce centre spirituel. Il est plus probable que ces centres connus ne soient que des superpositions de l’Agarttha, point zéro de ces centres du monde. Il faut ajouter, pour être complet, l’aspect souterrain de ce centre spirituel initial qui rejoint en cela le mythe de la caverne. Ce qui est intéressant d’observer dans ce détail est sa portée symbolique. Un centre spirituel souterrain est à relier avec l’idée d’une spiritualité intérieure, le symbole du cœur, du centre perdu que l’on doit aller chercher au fond de soi…

Conclusion

Il apparaît que dans toutes les traditions spirituelles, la notion de centre du monde est constante, de même que la tripartition du monde, ou encore d’une lumière divine originelle. Ces traditions/religions ne sont que des adaptations à la tradition primordiale dont la source hindoue est certainement très proche. Ce que développera René Guénon tout au long de son œuvre.

Et nous, que faisons-nous dans ce temple, tournant autour du tapis de loge et de son pavé mosaïque ? Que représente le fil à plomb au centre de la voûte étoilée ? Les trois degrés initiatiques ont-ils un rapport avec les trois gouverneurs spirituels du monde ? Je ne vous dévoile rien, tout juste, peut-être, je vous ouvre les yeux. Je reviens au fil à plomb qui n’est qu’une représentation de plus de l’Agarttha, de l’Axis Mundi (axe du monde), du centre spirituel, du point zéro, de l’unité primordiale. Nous ne savons plus où il se trouve, car nous avons perdu son origine. Nous sommes d’éternels exilés, à sa recherche, et je dirais « bien heureusement », car, sans recherche, point de questionnement, sans questionnement, point de dépassement de soi même, sans quête, point de Graal.

Oui, je vous l’assure, chercher est une chance. »

Chris.°. MAR.°. — RL « Les Cherchants écossais » — à l’O.°. d’Hyères

 

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 22:56

 

L'apport principal de René Guénon à la démarche maçonnique réside dans la description qu'il fait du symbolisme de la Croix. Chacun peut reconnaitre l'utilité de cette fameuse croix dans le schéma général de la représentation mentale des symboles. La contribution  Wikipedienne à la compréhension du symbolisme de la croix nous semble claire et complète et nous la reprenons ici:

"Le Symbolisme de la Croix est, avec L'Homme et son devenir selon le Vêdânta et Les États multiples de l'être, l'un des trois livres les plus importants de René Guénon

L'ouvrage reprend les notions doctrinales de L'Homme et son devenir selon le Vêdânta uni au langage symbolique, centré ici sur le symbolisme de la croix.

Après avoir longuement expliqué la différence entre synthèse et syncrétismeJ, Guénon explique que la métaphysique se réfère à l’inexprimable et s'exprime avant tout en mode symbolique. Alors que le langage ordinaire est essentiellement analytique, discursif et fait appel à la raison, le symbolisme est essentiellement synthétique et permet d'aborder ce qui est « supra-rationnel » et fait appel à l'intuition intellectuelle . Cette dernière n'est pas une « intuition inférieure » mais ouvre, au contraire, sur des modes de connaissance véritablement illimités.

Pour Guénon, le symbolisme a son fondement dans la nature des choses et une origine non humaine. La « science sacrée » des symboles se retrouve, d'après Guénon, dans toutes les traditions spirituelles, certains symboles, de par leur nature même, ont des significations similaires dans des traditions très différentes. C'est le cas du signe de la croix qui symbolise la réalisation de l'être délivré dont il était question à la fin de L'homme et son devenir selon le Vêdânta (jîvan-mukta). Cet être est désigné sous le nom de « l'Homme universel » dans le soufisme. Plus précisément, la croix symbolise la réalisation de cet être délivré en communion avec la totalité des états de l’être harmonieusement hiérarchisés dans le sens de « l'ampleur »(axe horizontal de la croix) et dans le sens de « l'exaltation » (axe vertical de la croix)J. C'est en raison de cette signification symbolique que le Christ est mort sur la croix sans que cela ne diminue en rien sa signification historique. Pour Guénon, tous les évènements de la vie du Christ ont une signification historique et sont, en même temps, des symboles renvoyant à une signification métaphysique.

Guénon fait alors appel à des traditions spirituelles très diverses (islam, hindouisme, taoïsme, Kabbale, christianisme, etc.) pour développer de nombreux aspects du symbolisme de la croix. Par exemple, le centre de la croix (et plus généralement la croix elle-même) symbolise l'état où se résolvent toutes les oppositions et les contradictions. La croix renvoie aux dimensions de l’espace et aux possibilités de développement de l’individu humain. Les six directions de l’espace se synthétisent dans la septième direction invisible contenue dans le centre qui est le principe du temps et de l’espace d’où est proférée la parole Divine.

Du point de vue humain (microcosmique), la ligne horizontale de la croix symbolise l'état humain (où l'état d'un être si on considère un autre être que l'homme), le centre, son cœur où il peut rentrer en contact avec le Transcendant, la partie supérieure de l'axe verticale, les états supérieurs à l'être humain, la partie inférieure, les états inférieurs à l'être humain (états infernaux par exemple). Le centre représente ce qui est désigné par l'« état édénique » dans l'Ancien Testament ou la « station divine » où l'on obtient la « grande paix  » dans l'islam. Le chemin spirituel correspond, dans un premier temps, au voyage sur l'axe horizontal vers le centre et par intégration de l'ensemble de l'état humain. Cette intégration correspond à l'« ampleur » dans le développement de l'Homme universel et est liée à l'extension intégrale de l'individualité. Cette étape est symbolisée par le « voyage nocturne » (Isra) du prophète Mahomet de La Mecque à Jérusalem dans l'islam. La seconde étape correspond à l’ascension sur l’axe vertical de La croix et à l'« exaltation » dans le développement de l'homme universel qui est liée à l'acquisition des états supérieurs de l'être. Cette seconde étape est symbolisée par l'ascension vers le ciel du prophète depuis Jérusalem (Miraj).

 

Du point de vue cosmologique (macrocosmique), l'axe horizontal représente le principe passif, substantiel, féminin: prakriti dans le Sāṃkhya, symbolisé par « les eaux primordiales » en particulier au début de la Genèse. L'axe vertical représente, au contraire, le principe actif, masculin, « l'activité non-agissante » de la « volonté du ciel », Purusha dans le Sāṃkhya: c'est « l'esprit divin porté sur la surface des eaux  » au début de la Genèse. L'axe vertical est l'« axe du monde » reliant le ciel et la terre, assurant la continuité, l'unité et la possibilité de passage entre tous les mondes et états d'êtres. L'axe vertical est lié au rayon céleste provenant du soleil divin qui relie tous les êtres et tous les mondes entre eux, c'est le principe désigné par Buddhi dans l'hindouisme et qui guide l'homme à travers son évolution spirituelle. La croix, dans son ensemble, symbolise l'ensemble de tous les contraires et en particulier l'union de ces principes cosmiques féminins et masculins symbolisée par le yin et le yang dans le taoïsme et par l'androgyne primordial dans toutes les traditions, d'après Guénon, représentés sous une forme sphérique car c'est la forme la moins différenciée de toute..

La croix est aussi symbolisée par l'arbre du Monde : la ligne verticale de la croix constitue le tronc et la ligne horizontale en forme les branches. L'arbre représente aussi l'axe du monde, c'est « l'arbre de la Vie » au milieu du paradis terrestre. Il symbolise le sens de l'unité et de l'éternité, au contraire de « l'arbre de la science du bien et du mal » source de la chute car symbole de la connaissance dualiste, fractionnée. L'arbre séphirotique combine les deux arbres car la dualité n'existe pas ultimement, indépendante de l'unité. La chute, liée au fait de manger la pomme de l'arbre de la science du bien et du mal, symbolise la perte de la connaissance supra-rationnelle qui permet de voir l'unité par delà la dualité et la perte du sens de l'éternité qui fait chuter l'homme dans la temporalité. C'est la perte de l'état édénique et l'éloignement du centre sur l'axe horizontal de la croix, symbolisée par le départ d'Adam du paradis. Cette connaissance supra-rationnelle est aussi symbolisée par le troisième œil de Shiva, qui est aussi l'émeraude sur le front de Lucifer, qu'il a justement perdue lors de sa chute et qui a servi à fabriquer le Graal qui a contenu le sang du Christ (ce sang comme le cœur du Christ symbolise par excellence la connaissance du Divin dans le Christianisme) et qu'il faut regagner pour retrouver la connaissance transcendante.

Guénon explique la signification de nombreux symboles associés à la croix: les directions de l'espace, la guerre et la paix, le swastika, le buisson ardent, le centre et la circonférence, etc. Il développe aussi toute une représentation géométrique de la continuité entre tous le états de l'être et de tous les mondes"

Article Wikipedia, 'Le Symbolisme de la Croix', Wikipédia, l'encyclopédie libre, 5 mars 2018, 15:43 UTC, <https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Le_Symbolisme_de_la_Croix&oldid=146115521>

 

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7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 21:24

La Voûte Étoilée

(...)

Ainsi, l’une de nos premières tâches au sein de notre Temple, fut de construire la Voûte et, avec le recul, le début de beaucoup d’interrogations fussent-elles conscientes ou inconscientes.

Plusieurs possibilités s’offraient à nous, nous avions la possibilité de tout faire en peinture ou de faire quelque chose de plus travaillé par le biais de lumières et de peinture.

Le premier dilemme se posait à nous et nous devions trancher entre une voie facile et une autre qui l’était moins.

La première solution apparaissait comme celle étant la plus simple en mise en œuvre, mais bien moins travaillée. Le but n’était évidemment pas de faire du tape-à-l’œil, mais bien une voûte sous laquelle nous serions tous fiers de travailler.

Le choix fut vite fait, nous mêlerions donc peinture et leds.

Nous avons donc parcouru Internet à la recherche d’un tutoriel et, une fois trouvé, nous nous sommes engouffrés dedans.

La partie électrique n’allait pas être aisée, mais nous étions confiants dans les écrits, nous avions un support, la personne qui avait rédigé le mode d'emploi avait déjà fait la chose, alors pourquoi pas nous ?

La remise en cause du résultat et de la démarche ne nous a alors pas effleuré l’esprit, nous n’avions qu’à reproduire ce qui avait déjà été fait…

Le support de la voûte ne fut pas trop sujet à questionnement : il serait en bois.

En effet, le bois est un matériau qui se prête assez bien au travail manuel ; il se coupe bien, se perce et peut se peindre.

La question aurait plutôt dû être de savoir si le substrat était prêt à recevoir…

Il en est de même avec nous et les Hommes au sens large. Pour recevoir la Lumière, il faut être prêt, si nous ne le sommes pas, elle ne percera pas le voile qui nous aveugle.

Ainsi, le bois choisi était une planche de mélaminé et, une chose est sûre, le mélaminé n’offre pas ou peu d’accroche sans une certaine préparation.

C’est un peu comme si, du fond de la caverne de Platon, nous prenions un prisonnier pour le sortir à la lumière sans qu’il s'y soit préparé ou qu’il se soit questionné ; elle lui ferait un tel mal, qu’il la refuserait.

Ainsi, la peinture ne tenait pas sur notre planche, elle glissait, au fur et à mesure que nous passions le rouleau ; la peinture se décollait, il a fallu insister, être patient et ne pas chercher la perfection sous peine d’avoir un résultat bien pire que celui que nous avons actuellement.

Le support était donc là, il fallait maintenant arriver à reproduire les étoiles et notamment les constellations sur celui-ci.

Là encore, nous avons cherché dans la documentation et trouvé un dessin qui nous semblait correspondre à notre besoin.

Le dessin reprenait les 12 constellations, voire même quelques-unes en plus, mais cela ne nous perturba pas plus que cela (ou du moins le pensait-on !).

Avec le recul, c’est un peu comme lire un ouvrage alchimique sans en connaître les clés de lecture. On trouve l’ouvrage intéressant, mais la finalité et la raison d’être nous échappent.

La reproduction nous inquiéta un peu, il fallait retranscrire le plus fidèlement possible et dans les proportions. Cette tâche nous semblait hasardeuse, mais la lumière nous vint en aide et ce n’est pas qu’une vue de l’esprit.

A l’aide d’un calque et d’un projecteur, nous avions la possibilité de projeter la voûte sur notre support.

En fait, là, tout est dit : la lumière sert à projeter les corps célestes sur notre support !

Ainsi, ce qui est en haut, dans la lumière, est comme ce qui est en bas, sur notre support.

L’image et le symbole sont bien là, éclairés par la lumière, notre tâche est plus facile à accomplir.

Une fois tracée, il fallait percer pour faire rayonner la lumière au travers la planche.

Le perçage fut une formalité.

Pour le rayonnement, il en était tout autre. Nous avions les 200 leds, autant de résistances pour faire varier l’intensité et le câble électrique.

Nous nous sommes réunis et nous avons pris peur face à l’ampleur de la tâche. Il nous fallait jouer avec le feu (pour les soudures), mais nos connaissances et savoirs étaient bien limités en la matière (électrique et électronique).

Face au doute, nous avons préféré reculer et réfléchir à autre chose tout en conservant l’idée de départ. Il a fallu penser par nous-même, nous écarter du tutoriel de départ, de la littérature existante que nous prenions pour argent comptant, prendre un angle de vision différent et penser à une autre voie…

Et là, ce fut un peu comme une évidence, la guirlande de leds, celle-là même que nous allions mettre sur nos sapins servirait à faire rayonner notre voûte en nous affranchissant de certaines difficultés qui nous semblaient quasi insurmontables.

Tout devint plus simple et le fardeau du départ, cette tâche qui nous avait fait douter, apparaissait subitement comme un jeu d’enfant.

Voilà, nous y étions, la voûte était quasiment terminée.

Il ne vous aura pas échappé que certaines étoiles sont phosphorescentes et en cela, elles se révèlent uniquement lorsque nous sommes dans le juste temps et que la lumière est idéale…

Ainsi se termine la première partie de ma Planche qui se veut être le fruit de ma réflexion sur le travail effectué.

La seconde partie sera plus orientée sur le symbolisme de la voûte étoilée.

De tout temps, le ciel et plus particulièrement les astres ont guidé les Hommes, que ce soit par le biais des mythes dans lesquelles le ciel est le domaine des Dieux, mais également pour s’orienter.

Quand nous parlons d’orientations, c’est au sens large que nous les évoquons.

Il y a l’orientation temporelle où la succession des événements a permis de quantifier des cycles et de permettre la vie. L’alternance nuit / jour est vitale dans le cycle de vie des Hommes et de toutes vies.

Notre calendrier n’est rien d’autre que la transposition des rythmes célestes.

L’étude des cycles a permis de planifier les différents temps, celui de planter, celui de couper, celui de récolter.

Il y a l’orientation géographique ou de nombreux navigateurs sont arrivés à bon port en se basant sur la position des étoiles.

Tous les astres sont en mouvement, mais forment un tout cohérent qui a permis de modéliser des concepts et des sciences.

Très tôt les astronomes se sont aperçus qu’en reliant les étoiles entres elles, elles matérialisaient des formes diverses, qui furent appelées constellations. Les plus connues sont celles des 12 maisons du zodiaque que nous parcourons parfois dans nos lectures quotidiennes.

L’année a donc été répartie sur ces 12 signes et c’est ainsi qu’a débuté le découpage en 12 mois.

Un élément fut attribué à chaque signe afin de l’orienter, ainsi nous avons :

  • Le Feu pour les Bélier, Lion et Sagittaire ;
  • La Terre pour les Taureaux, Vierge et Capricorne ;
  • L’Air pour les Gémeaux, Balance et Verseau ;
  • L’Eau pour les Scorpion, Cancer et Poissons.

Parallèlement à cela, nous avons vu dans l’antiquité, la naissance du calendrier lunaire qui permit de planter, traiter, récolter durant les périodes les plus propices.

Le Feu est donc rattaché au fruit, à la semence ; le feu et la chaleur sont le symbole de la régénérescence, le principe actif masculin.

La terre est rattachée aux racines, à l’écorce ; c’est le symbole de la féminité, de la fécondité.

L’air est rattaché aux fleurs ; c’est le symbole de l’élévation, de l’envol, le souffle de la vie.

L’eau est rattachée aux tiges, aux feuilles ; c’est le symbole de l’origine, de la source de la vie.

En se basant sur ce calendrier, nous sommes en capacité d’agir au mieux dans les champs.

Sur le plan plus humain, les constellations ont orientées les Hommes dans leurs actes. Ne dit-on pas qu’untel est né sous une bonne étoile, qu’un autre est dans la Lune, que notre journée sera plus ou moins bonne en fonction de notre horoscope ?

Tout ceci pour dire que les astres ont une place prépondérante dans notre quotidien.

Vous aurez certainement remarqué que la voûte sous laquelle je me trouve comporte plus que les 12 constellations que nous connaissons tous.

Cela est dû à une divergence d’opinions sur les zodiaques.

Un premier, dit sidéral, est composé des 13 constellations qui jalonnent l’écliptique (qui est la trajectoire du Soleil autour de la Terre).

Alors que le second, dit tropical, reprend l’écliptique, mais le divise en 12 secteurs égaux de 30 degrés chacun et ayant pour origine le point vernal qui se trouve à l’intersection de l’écliptique et de l’équateur céleste. C’est ce zodiaque dit tropical qui est le plus répandu.

Du fait que la Lune, le Soleil et la Terre n’ont pas la même orbite, et qu’entre autres la Lune n’étant pas sur l’écliptique, il en résulte une légère perturbation dans la précession.

À cause de la précession des équinoxes, la durée du cycle des saisons (année tropique) est d’environ 20 minutes plus courtes que le temps que met la Terre pour occuper la même position par rapport aux étoiles dans une année sidérale.

Ce mouvement relatif de toupie, en forme d’entonnoir, produit un décalage qui croît régulièrement, à raison d'une minute d’arc de cercle par an ou d’un degré tous les 72 ans, ou encore d’un tour complet en 25 800 ans, ou d’un signe zodiacal tous les 2 150 ans.

La précession des équinoxes induit donc un agrandissement du zodiaque tropical et laisse ainsi une place à la constellation du Serpentaire qui s’insère entre celle du Scorpion et celle du Sagittaire.

Ainsi nos actes seraient orientés et fonctions de notre signe zodiacal !

Cela aurait pour conséquence de nous lier indéfectiblement avec les astres, nous dépendrions tous d’un ordre divin et, de ce fait, nous aurions tous une place juste à occuper pour compléter le tableau stellaire.

Pour ce faire, il nous faudrait rassembler ce qui est épars, procéder au remembrement pour reconstruire l’Homme Zodiacal, qui sera en symbiose avec les astres.

A titre individuel, il nous faut nous dépasser, sortir de notre carcan zodiacal pour nous élever, pour aspirer à tendre vers les cieux pour nous rapprocher des étoiles et de la Lumière.

Suite à une remarque de notre V\ M\, je me suis interrogé sur notre place d’Apprenti en Loge, sous la Voûte. Cela ne fut pas aisé et je ne suis pas certain d’avoir tout saisis, mais dans ce que j’en ai retenu, l’apprenti siège au septentrion, sous les Septen Triones que sont les sept Bœufs qui composent la constellation de la Charrue ou plus connue sous le nom de la Grande Ourse.

Cette charrue, symbole du labeur et du travail de la terre, est accompagnée de la constellation du Bouvier et de celle des deux chiens.

Dans la mythologie grecque, le bouvier est le conducteur de la charrue qui, accompagné de ces deux chiens, guide les sept bœufs.

J’aime à croire qu’ainsi, les astres nous aident (les apprentis) dans notre quête, que nous avons un Gardien qui, tout comme notre F\ Sec\ Sur\ nous guide dans notre travail.

Son perpétuel mouvement, mais aussi son immuabilité nous ramène à notre rituel que nous répétons inlassablement et qui nous permet de nous mettre au travail.

Alors, nous sommes dans le temps Juste et dans l’Éternité.

L’échelle du temps est respectée, car nous travaillons en adéquation avec les astres, nous ouvrons nos travaux à midi, là où la lumière est la plus forte, jusqu’à minuit où Nout, déesse égyptienne du ciel et mère de tous les astres, avale le Soleil pour le faire renaître le lendemain. Nous inscrivons nos Travaux au mieux dans le parcours de la Lumière.

En langage des oiseaux, la voûte étoilée serait la voûte des étoiles, mais également un toit voûté.

Ainsi, depuis l’entrée du Temple, la voûte représente bien notre toit qui repose sur des murs représentés par nos colonnes.

Mais n'oublions pas que nous ne sommes qu'une partie du Tout et qu'à ce titre notre voûte étoilée n'est pas forcément l'unique.

Gardons à l'esprit que, tout comme nous avons su créer une voûte avec un projecteur et un calque, peut-être ne sommes-nous qu'une manifestation du même ordre dans un Plan qui nous échappe.

C’est notre porte des étoiles, celle qui nous permet de plonger le Temple dans l’immuabilité, mais également dans le mouvement perpétuel. Elle nous sépare des Puissances célestes, mais nous n’avons qu’à l’ouvrir pour recevoir les Puissances créatrices de l’Univers.

De cette voûte commune à tous, nous sommes reliés par le fil à plomb, cet axis mundi qui descend à la verticale, symbole de l’introspection, de la perpendicularité, de l’expression tangible de l’axe immuable autour duquel la création se cristallise. Il descend de la voûte pour venir se centrer sur le tableau de la Loge.

Comme pour Thésée, ce fil pourrait être celui qui nous montre le chemin à suivre pour sortir de nos individualités, de nos contraintes matérielles pour accéder à l’Unité.

Cette verticalité représente bien la finalité de notre Travail, il nous faut réfléchir, travailler notre matière afin de nous donner les moyens de faire remonter notre conscience le long de cette verticalité pour que nous puissions la sublimer au contact des Puissances célestes.

Le plomb qui s'y trouve à son extrémité nous rappelle que nous avons abandonné nos métaux, que notre tâche est de transformer ce plomb en or. Il nous rappelle que nous devons passer par le vitriol pour accéder à notre pierre cubique.

Cette voûte, souvent représentée en cercle (symbole de la spiritualité, de l’infini, de la puissance céleste) en opposition à notre pavé mosaïque (symbole entre autres du tellurique, de la matière, du physique ou encore du labyrinthe que nous sommes amenés à parcourir), n’est pas sans nous rappeler la complexité de la Quadrature du cercle, problème insoluble, mais qui tend à nous rapprocher vers l’harmonie, vers la perfection.

En comprenant cela et en nous inscrivant dans cette projection, alors tout ce qui est en Haut sera comme tout ce qui est en Bas et nous serons dans le Grand Œuvre.

(...)

Olivier CAI\

R.°.L.° "Roses et Croix d’Écosse"

O.°. de Saint Etienne

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23 septembre 2016 5 23 /09 /septembre /2016 21:14

Le décorum du Cabinet de Réflexion

Seule et immobile, l’ambiance est alors propice à l’introspection.

Ce cabinet, qui se trouve sous terre et dans une semi-obscurité, représente un caveau dans lequel va mourir le vieil homme et, de par la présence de la bougie qui scintille, va pouvoir renaître. Tous les symboles que nous allons rencontrer ont une double vision qu’il convient d’étudier. Ainsi donc, tout commence dans les rites les plus anciens par un isolement et une sorte de privation. En tout temps, les hommes en devenir devaient prouver leur capacité à devenir homme en s’écartant de la communauté, sans ressource matérielle avec pour seul outil leur esprit. Le retour en terre est donc synonyme de mort, mais également de vie ; sans support la vie ne peut germer.

L’obscurité qui peut faire peur peut être perçue comme un élément de tranquillité, la nuit où tout est calme, reposant. Certains disent que le sommeil a les vertus de la mort sans son léger inconvénient. La nuit est propice au sommeil, à la récupération, c’est là où nous nous ressourçons, ainsi que très tôt le matin lorsque la nature s’éveille. C’est un moment où nous pouvons laisser tous nos sens s’ouvrir.

Là, dans le Cabinet de Réflexion, nous nous trouvons dans le noir face à nous-mêmes, libre de partir ou de rester afin de réfléchir sur notre démarche. Pour éclairer ou tout du moins attiser notre réflexion, nos Sœurs et Frères passés nous ont laissé de quoi méditer.

LE BLÉ

Élément primordial, il est une des clefs des deux Saint-Jean. Il s’agit d’un produit de base servant à l’élaboration du pain qui fut l’un des premiers aliments cuits. Il est un composant central de l’alimentation humaine – tout du moins en Occident et au Moyen-Orient – et il a été mentionné dans de nombreuses écritures. Il symbolise aussi le cycle de la germination.

LE MIROIR

C’est celui qui reflète, qui réfléchit. Il nous invite à réfléchir sur les raisons qui nous ont menées ici, pourquoi nous sommes là ? Il nous apprend à nous regarder non pas d’une façon narcissique, mais à nous regarder pour mieux nous connaître. Le miroir reflète notre image, ce qui doit donc nous aider à réfléchir qu’il n’y a pas de vérité, car l’image renvoyée par le miroir n’est pas vraiment la nôtre puisqu’elle est inversée. Nous pouvons donc imaginer que notre introspection ne finira jamais.

C’est la confrontation à nous-mêmes, si bien que dans certain rituel (Français notamment) lors de l’initiation, il est demandé au profane d’être vigilant aux différents écueils qu’il pourra rencontrer et qu’à ce moment-là, il est retourné face à un miroir qui lui renvoie son image. L’homme doit faire face à son ego.

Tout cela est fort bien repris dans Blanche Neige où la reine a le besoin impérieux de s’en remettre à son miroir qui ne lui répond uniquement sur un élément superficiel et égotique qu’est l’apparence. Le Cabinet de réflexion est un miroir qui permet de voir en soi au-delà des apparences.

L’EAU

Élément purificateur que l’on reçoit lors du baptême. C’est la base de la vie. Ne sommes-nous pas baignés pendant neuf mois dans le liquide amniotique ? L’eau peut évoquer la transparence et varie inlassablement entre précipitation et condensation, entre le ciel et la terre. Sans elle, aucune vie n’aurait pu se développer. Mais l’eau peut aussi engloutir…

LE SEL

Saveur (vous êtes le sel de la terre évangile selon Saint-Mathieu), le sel à une vertu purificatrice et protectrice. C’est un agent de conservation. Il fut aussi une monnaie. Mais le sel peut aussi ronger, attaquer. Partager le sel est un lien de Fraternité. Il possède aussi des qualités alchimiques.

LE CRÂNE

Il nous rappelle à quel point notre existence n’est que temporelle. C’est ce qui reste de l’homme après sa mort. C’est l’homme dépouillé de tous ses artifices ; c’est un appel à nous dévoiler, à nous mettre à nu. Le crâne est le siège de la pensée, expression de l’esprit, de l’intelligence. Dans certaines légendes, le crâne humain est considéré comme homologue de la voûte céleste.

LA DAGUE

Elle sert à fixer et clouer la matière (c’est en quelque sorte le clou qui servi à crucifier le Christ sur la croix). Elle peut être l’arme pour se défendre, pour tuer, mais aussi l’ustensile de survie, et peut être aussi là pour trancher. Trancher dans le sens prendre une décision. Quoi de plus utile, car l’indécision est un malheur pour l’homme. La dague représente la part animale de l’homme. En alchimie, le couteau servira à ouvrir la matière et, particulièrement, lorsqu’elle est à travailler ou à purifier. Encore une fois nous n’avons eu de cesse de l’entendre lorsque nous étions enfant et que nous écoutions des histoires comme celle du Petit Chaperon Rouge où le chasseur éventre le loup pour en sortir le petit chaperon et le remplacer par… une pierre lourde.

V.I.T.R.I.O.L. / VISITA INTERIORA TERRAE RECTIFICANDOQUE INVENIES OCCULTUM LAPIDEM

… ou encore visite l’intérieur de la terre et en (te) rectifiant tu trouveras la pierre cachée, symbole de notre véritable identité qu’il faudra chercher à éclairer. Il convient donc de mener une profonde introspection. Le mot rectifiant prend à mon avis deux sens : celui de rectifier l’existant (notre pierre brute) ou alors de changer de comportement. Dans les deux cas, ce processus intervient après une première opération. Rectifier doit être étudié comme une première chance. Ce sera le prix de la pierre cachée qui se trouve déjà en nous. Il est donc inutile d’attendre que quelqu’un nous la donne. Charge à chacun de nous de la trouver en soi, ce qui revient à dire :

« Descends au plus profond de toi-même et trouve le noyau insécable, sur lequel tu pourras bâtir une autre personnalité, un homme nouveau ». Le vitriol, quant à lui, est un sulfate ferreux ou acide sulfurique qui attaque les métaux. C’est le début d’un processus d’oxydation, autrement dit la mort de la Materia Prima. C’est la synthèse exprimée des opérations alchimiques aux divers niveaux de transformation considérés, que ce soit celui des métaux ou celui de l’être humain. Dans ce dernier cas, le symbole va plus profond : il s’agit de se reconstruire soi-même, à partir de divers degrés d’inconscience, d’ignorance et de préjugés, par quoi l’homme peut découvrir la présence immanente et transformante du Grand Architecte de l’Univers.

VIGILANCE ET PERSÉVÉRANCE

La vigilance appelle à être attentif, à nous et à ce que nous allons vivre. La persévérance peut être abordée de deux façons : la première est de demeurer toujours dans la même façon d’être, de penser, de rester figer, entêter, obstiner ; la seconde serait de percer pour voir ce qu’il y a derrière le voile, sortir de sa caverne. Par vigilance, on peut aussi entendre l’ouverture de tous nos sens, ce qui a pour but d’avoir une autre vue, un autre ressenti sur ce que nous vivons. Mais, elle désigne pour moi la patience, la détermination : tout mettre en œuvre malgré des difficultés pour demeurer constant dans la fidélité de ce que l’on a entrepris et de ce que l’on croit juste, et la vigilance peut nous aider à élargir notre champ de conscience, pour justement changer de cap ou le garder. Dans les évangiles selon Saint-Mathieu il est dit « le secours d’en haut n’est jamais refusé à celui qui cherche avec confiance et persévérance ».

LE SOUFRE

Le soufre, placé à gauche, associé avec le sel placé à droite, symbolise le principe de l’alchimie spirituelle. Le soufre était connoté négativement dans les temps anciens. Il représentait les scories, les déchets. Il est souvent associé aux enfers et nous renvoie à Lucifer, qui n’est autre que le porteur de Lumière (lux = Lumière, feris = porteur). Il nous faut donc fouiller nos déchets pour y trouver notre pierre. Il me semble important de noter, comme je l’ai cité plus haut, que la gauche représente la direction de l’enfer ou le passé ; et la droite celle du paradis et de l’avenir. Le soufre est associé à l’air, à l’âme et à l’intellect.

LE MERCURE

Il est plus noble puisqu’il permet de purifier l’or et l’argent en les débarrassant de leurs impuretés. Avec le soufre, ce sont donc deux éléments que tout oppose. Nous pouvons dire qu’ils forment une noce alchimique souvent représentée par deux personnes qui se disputent. Il s’agit de l’opération alchimique de séparation du subtil et de l’épais. Ce qui permettra de réunir le mercure et soufre (les contraires) sera le sel qui fera émerger la quintessence. Le mercure est associé à l’air, à l’eau, à l’esprit et à la pensée.

LE SABLIER

Il représente le temps qui passe, ce qui est cyclique. Hermétiquement, il représente la maxime « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ». Une fois un cycle terminé, il faut nécessairement l’intervention de l’homme, une volonté agissante pour démarrer un autre cycle. Le vide et le plein doivent se succéder. Il y a donc passage du supérieur vers l’inférieur, c'est-à-dire du céleste dans le terrestre et ensuite par le renversement du terrestre vers le céleste. Telle est l’image du choix mystique et alchimique. Symbole du temps qui s’écoule de l’éphémère. Lamartine a écrit « le sablier symbolise la chute éternelle du temps. » Le crâne et la faux qui y sont associés sont la mort qui fauche les vies.

LA BOUGIE

Plongée dans cet environnement obscur, la flamme vacillante de la bougie peut nous suggérer que même dans les lieux ou les périodes les plus sombres, nous pouvons toujours nous orienter vers la lumière. Lumière toujours présente, elle représente également le feu agissant, la chaleur. La lumière a donc sa place au milieu de ce tableau. Il convient juste à l’impétrant de daigner d’ouvrir les yeux pour l’accueillir. Lumière qui nous aide à voir plus clair en nous. Tout cela signifie que pendant son ensevelissement dans la terre le profane se morfond, autrement dit, se fond dans la mort.

Mais dans le Cabinet de Réflexion, nous subissons notre première étape de transformation, notre œuvre noire. C’est l’endroit où nous laissons l’homme profane mourir, afin que ce dernier puisse démarrer un nouveau parcours.

Marie

R.°.L.°. « Roses et Croix d’Écosse »

O.°. Saint Étienne

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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 20:46

Approche symbolique des outils de l’Apprenti

« J’aime penser que le chemin parcouru compte plus que les buts à atteindre ».

C’est la raison pour laquelle j’ai décidé, pour commencer ce travail, de me replonger quelque peu en arrière dans le cheminement vécu jusqu’à présent au cours de mon parcours d’Apprenti.

Le processus qui conduit un profane à « frapper à la porte du Temple », débute toujours par la rédaction d’une lettre adressée au Vénérable de la Loge. Pour ma part, c’était il y a deux ans, presque jour pour jour, nous étions le 1er mai 2014. Je présentais alors mes motivations à rejoindre cette institution qu’est la franc-maçonnerie. Une décision qui faisait écho à une transformation personnelle entamée intérieurement et qui depuis un certain temps déjà avait fait germer dans mon esprit un grand nombre d’interrogations.

Cette démarche initiée, il s’en suivi une première rencontre « physique » avec ce nouvel environnement. Ce fût lors de la soirée du « passage sous le bandeau ». Une étape de « passage », comme son nom l’indique, qui permet à l’impétrant et aux maçons de la Loge de se découvrir.

Tout futur maçon vit donc ce moment en étant privé de la vue, comme pour activer tous ses autres sens et ainsi le placer dans une situation d’éveil maximum. Grâce à l’intériorisation provoquée par cette cécité temporaire, à l’odeur de l’encens qui sacralise l’évènement et au rythme des nombreuses questions qui nous sont adressées, nous découvrons, au travers de nos sens, l’atmosphère de ce lieu particulier.

Le processus était donc enclenché ...

Cependant, il sera nécessaire de patienter encore quelques mois avant de quitter définitivement l’environnement de la vie profane pour commencer le parcours de l’Apprenti proposé par la « méthode » maçonnique. Cette patience, s’avère être un élément indispensable à la réalisation du processus en cours. Elle va permettre la maturation nécessaire à l’obtention de résultats de qualité. Par opposition, l’impatience ou la précipitation n’amène généralement que des résultats illusoires, irréfléchis et inconsidérés.

L’intégration en maçonnerie passe ensuite par l’épreuve du cabinet de « réflexion » qui marque véritablement le début du parcours initiatique. Dès lors, tout ce que nous rencontrons devient des « clés » de compréhension : des « outils » pour nous aider à progresser dans cette quête que nous offre notre vie maçonnique. En effet, et comme il est courant de le dire, « ici, tout est symbole… ». Et ce sera par l’étude et l’analyse des symboles et sujets qui lui seront proposés que le l’Apprenti franchira les différentes étapes nécessaires à sa progression morale et spirituelle.

Présente dans le cabinet de réflexion, l’une des toutes premières « clés » qui est suggérée à l’Apprenti se trouve dans le lettrage alchimique V.I.T.R.I.O.L. Ce dernier, nous communique une direction, un sens « caché », comme il est coutume de le faire dans ce milieu, permettant de lui transmettre une trajectoire à emprunter. En effet, il sera tout d’abord nécessaire de se tourner vers soi et de mener ce que l’Alchimie nomme son « œuvre au noir », symbole d’une rencontre avec le premier élément, celui de la Terre.

Cela aboutira à une mort symbolique, conduisant l’Apprenti en devenir à réaliser sa propre introspection. En faisant « mourir le vieil homme », symbole de sa vie profane, l’Apprenti peut désormais renaitre à une vie d’Initié.

Ce premier travail sur lui-même incarné par cette recherche intérieure lui permettra de déceler ses vices pour mieux les combattre mais aussi d’élever ses vertus pour en faire ressortir une étincelle cachée en son for intérieur. En effet, comme le veut la tradition alchimique, tout individu constitue une « materia prima » que l’on nomme dans le symbolisme maçonnique une « Pierre [à l’état] brute ».

L’« Idée » de la matière à travailler nous est donc suggérée, mais il est nécessaire de poursuivre le cheminement pour réaliser notre parcours de maçon. Celui-ci passera tout d’abord par le besoin de se « purifier ». C’est ainsi, que conduit par la lame de l’épée du Frère Terrible, nous poursuivons l’Initiation au travers des trois voyages ; celui de l’Eau, de l’Air puis du Feu.

Ces voyages marquent notre rencontre avec les Éléments de la nature qui sont les principales sources de notre vie terrestre. Outre leur rôle purificateur, ils servent également à nous nourrir et nous aider dans notre développement.

Le symbolisme présent lors de cette étape importante de la vie du maçon se trouve alors représenté par le grain de blé qui après être allé mourir en terre pourra renaître et faire germer un nouvel épi.

Le rôle des Éléments étant indispensable pour assurer le bon développement dans un processus de germination, il est tout naturel que l’on retrouve ces mêmes Éléments aux côtés de l’Apprenti lors de son passage dans le cabinet de réflexion.

Pris dans l’émotion de cette soirée d’Initiation, il nous est difficile voire impossible de percevoir un sens à ces voyages mais ceux-ci laisseront une empreinte forte dans notre inconscient et un bouleversement important dans notre esprit faisant de nous dorénavant des Apprentis maçons.

Également et afin de nous rappeler cette rencontre avec les Éléments, nous pourrons lever les yeux à l’Orient pour y retrouver l’Hexagramme, synthèse de la représentation graphique de chacun des quatre Éléments réunis en un symbole unique.

Pour Initier et ainsi créer un nouvel Apprenti, la méthode maçonnique prévoit donc de le faire voyager. Or, la notion même de « voyage » est très souvent liée à une certaine forme d’« insatisfaction ». En effet, celui qui souhaite voyager, souhaite quitter un environnement initial pour en découvrir un nouveau. N’est-ce pas également en cela que figure l’objectif de la démarche du profane ? Par sa volonté de s’engager dans cette voie, le maçon en devenir souhaite quitter les ténèbres pour découvrir la Lumière [référence au rituel d’Initiation : « … Or, nous désirons que ce qui nous manque. »].

Cette introduction, rappel de mon parcours de la vie profane à la vie initiatique, ma permise de retracer quelques symboles « clés » qui me furent transmis avant même que l’on ne me confit mes « Outils d’Apprenti ».

J’ai ainsi pu y découvrir le point de départ, la matière première sur laquelle je devais travailler, incarnée par le symbolisme de la « Pierre brute », que chaque maçon représente. J’y ai aussi découvert le rôle des quatre Éléments qui nous ont accompagnés au cours de cette cérémonie de l’Initiation. Ces derniers, nous le verrons, pourront par analogie être associés aux symbolismes des Outils de l’Apprenti.

Reste qu’avant d’entamer son travail, il est nécessaire à l’Apprenti de se vêtir sous les formes accoutumées. C’est ainsi, que le Vénérable de Loge lui remet son tablier et ses gants blancs. Ces éléments symboliques feront dorénavant partie intégrante de sa tenue de maçon lorsqu’il devra réaliser ses travaux en Loge.

Le Tablier est en quelques sortes un outil « passif » pour le maçon. Il est une marque de l’héritage des maçonneries dites « opérative » et comme il est coutume de le dire, « point de tablier sans travail ». Le travail agira donc comme un « moteur » pour nous permettre de progresser sur notre cheminement initiatique.

A l’époque, le Tablier protégeait également de la saleté et des éclats les ouvriers qui travaillaient la taille de la pierre. Pour rappeler au jeune maçon qu’il est encore maladroit dans son geste, il lui sera demandé de toujours porter ce tablier avec la bavette relevée, formant ainsi cinq côtés, symbole de l’Esprit [le triangle de la bavette] qui doit dominer la Matière [le carré du tablier]. Ainsi porté, le Tablier représente également les « cinq sens » du corps humain, le toucher, le goût, l’odorat, la vue et l’ouïe.

Le Tablier est aussi le symbole de la Terre et se rapporte à la vertu cardinale de la prudence. Nous avons en effet démarré par visiter l’intérieur de la Terre au sein du cabinet de réflexion avant d’entamer nos travaux vêtus d’un tablier pour nous protéger. De plus, notre démarrage dans ce parcours passera tout d’abord par le respect de la règle du silence demandé à l’Apprenti.

Le principe de prudence permet donc une réflexion nécessaire préalablement à l’action et qui vise à conduire à des conséquences toujours mesurées. Une autre caractéristique de cette prudence réside dans le silence qui s’impose durant notre parcours au 1er degré. Ce silence enseigne l’apprentissage de l’écoute. Il permettra de mener un travail afin d’apprendre à mieux se connaître, à faire taire ses passions et développer sa capacité d’interprétation des symboles qui nous entoure.

Après son baptême par les quatre Éléments, l’Apprenti se retrouve à nouveau face à ses sens. Bien que ces facultés soit indispensables au bon fonctionnement de notre vie corporelle, elles devront à présent faire l’objet d’un contrôle permanent afin d’en maîtriser leurs aspects néfastes et ainsi éviter de sombrer vers une dégradation de notre vie spirituelle.

Pour compléter et renforcer cette idée, les gants, symboliseront par leur blancheur, la pureté qui doit régner dans l’esprit du maçon. Le magnétisme émis de sa main se voit ainsi purifier et devra lui permettre de rayonner dans son environnement au travers d’actions justes et vertueuses.

Ce n’est qu’une fois équipé de sa tenue que l’Apprenti se voit remettre ses Outils. D’abord, le « Maillet » et le « Ciseau », avec lesquels il pourra réaliser son tout premier travail de maçon, à savoir frapper de trois coups symboliques la « Pierre brute » pour marquer le commencement de son perfectionnement.

Le couple d’outils « Maillet » et « Ciseau » représente une complémentarité forte. En effet, seule, ils seraient bien peu efficaces mais associé l’un et l’autre, ils permettront à l’Apprenti de travailler la taille de sa Pierre en élimant les aspérités qui l’empêche de s’insérer correctement dans une construction d’ensemble.

Le « Maillet », impulsant l’action, représente la volonté agissante de l’Apprenti dans la démarche qu’il entame et la force qui lui sera nécessaire pour mener à bien cette réalisation.

Le « Ciseaux » quant à lui, définit par sa précision une trajectoire au mouvement amorcé et lui permettra l’élimination de la matière superflue caractéristique de ses propres vices.

Enfin, un troisième Outil, le « Levier », sera nécessaire à l’Apprenti pour déplacer sa Pierre et ainsi pouvoir en contrôler les différentes faces.

C’est donc par la volonté incarnée par le « Maillet » et le discernement nécessaire symbolisé par le « Ciseau », que l’Apprenti sera en mesure d’extraire les composantes néfastes de sa propre psychologie et de ses morales déréglées.

Comme nous l’avons évoqué, du point de vue Alchimique, l’Apprenti maçon réalise les premières étapes de son « œuvre au noir ». A l’aide d’un acide très puissant que les alchimistes gardaient secret sous le nom de « vitriol », il réalise son propre décrassage intellectuel et moral ayant pour but de débarrasser son esprit de tout ce qui empêche la « Lumière » de parvenir jusqu’à lui.

Psychologiquement, c'est la destruction de son égo et de son attachement aux choses matérielles. Le catéchisme de l’Apprenti nous indique d’ailleurs très clairement ce que nous venons faire en loge : « Vaincre nos passions, soumettre nos volontés, et faire de nouveaux progrès dans la maçonnerie » sans oublier bien sûr « de déposer nos métaux à la porte du Temple ».

Comme pour cette acide qui va attaquer la matière pour la rendre plus noble, la quête que nous menons sera difficile, parfois même douloureuse, car renoncer à ses passions et se délivrer des chaînes de nos volontés n’est pas chose aisée et demande une veille de chaque instant.

Cette « Pierre philosophale », objet de notre quête est nichée au plus profond de nous mais au fil de notre vie, nous l’avons enfoui de plus en plus se retrouvant enrobé de nos défauts les plus vils.

Grâce à ses outils, l’Apprenti cherchera donc à la retrouver notamment en développant en lui ses vertus. Tout ce travail d’Apprenti pourrait donc se résumer dans la célèbre phrase du chevalier de Ramsay sur le travail que réalisent les maçons :

« Nous cherchons à bâtir, et tous nos édifices sont ou des cachots pour les vices, ou des temples pour les vertus ».

En travaillant sur le symbolisme que lui suggèrent ces Outils et étudiant le Rituel de son grade, l’Apprenti sera en mesure de progresser sur son chemin. Cependant et afin que cela ne reste pas superficiel, il lui sera indispensable de demeurer prudent et de persévérer dans sa tâche car le route est longue et parfois difficile.

Au cours des Tenues auxquelles j’ai pu participer durant mon apprentissage, j’ai eu l’occasion de découvrir un environnement fraternel, riche de nombreux symboles formant un lieu véritablement propice au travail et au questionnement, permettant ainsi à chacun de se réaliser sur les plans moral, intellectuel et spirituel.

Intégré au sein d’une Loge, composée de S\ et de F\, tous différents les uns des autres, l’Apprenti prend donc pleinement la mesure de la quête qui l’attend. Celle-ci vise bien sûr à la progression personnelle de l’individu mais aussi plus et largement à sa participation à la construction d’une Œuvre collective ayant pour but l’amélioration de la société dans laquelle nous évoluons.

Les conditions dans lesquelles sont réalisés les travaux permettent donc aux francs-maçons de mener leurs vies initiatiques en quittant temporairement leurs réalités physiques vécues dans le monde profane pour pénétrer un lieu formant un « espace-temps » particulier.

Le « Temple » constitue un espace « sacré », rempli d’une multitude de symboles que le maçon devra étudier afin d’en tirer ses propres enseignements. En effet, la méthode maçonnique se veut avant tout « adogmatique ». La célèbre phrase : « on ne s’initie que par soi-même », prend alors tout son sens.

La mesure du « Temps », lors des Tenue, sera rythmée par le « Rituel » permettant là encore de conditionner le maçon dans un cadre stricte et ordonné afin qu’il puisse réaliser des travaux de qualité.

Pour conclure sur la symbolique que représentes les Outils de l’Apprenti, il est intéressant de situer le parcours maçonnique en lien avec d’autres méthodes proposées au « cherchant » en quête de « Vérité ».

La maçonnerie utilise principalement une « instrumenta des bâtisseurs » mais ce symbolisme trouve très souvent écho dans d’autres courants initiatiques tels que la Kabbale, l’Alchimie, le Martinisme ou bien d’autres. Le symbolisme de ses différents courants initiatiques représente bien souvent les mêmes archétypes, dans une sorte d’esprit universel. Ensemble, ils visent globalement à répondre à des objectifs communs tout en empruntant des chemins différents.

Ainsi chaque Apprenti, mais de manière plus globale, chaque personne engagée dans une vie initiatique se voit découvrir un cheminement qui lui est propre, au travers d’une méthode qui se veut traditionnelle et qui se perpétue par la transmission entre ses membres.

Les travaux que nous avons menés en Loge m’ont permis de découvrir certaines de ses Traditions et notamment celle du Tarot et de la Kabbale de l’Arbre des Sephiroth. Cela m’a donc amené à rechercher quelques correspondances entre les Outils de l’Apprenti et ces autres domaines de connaissances initiatiques.

Basé sur le célèbre ouvrage de Robert AMBELAIN : « La symbolique maçonnique des Outils » ou « Scala Philosophorum », j’ai essayé de représenter le plus simplement possible certaines associations pouvant être complémentaires à notre vision du sujet.

Nous retrouvons donc dans le tableau que je vous ai remis en annexe les liens entre les Outils du maçon et « les Éléments », « les Vices et les Vertus des Hommes », « les Arcanes du Tarot ».

J’ai également utilisé la schématique de la Tétractys pour représenter le parallèle entre l’ « instrumenta maçonnique » qui trouve écho dans l’ « échelle philosophique » propre à l’Alchimie.

On peut donc constater que les Outils de l’Apprenti font résonance avec les quatre Éléments (Air, Eau, Feu, Terre).

Les Outils du Compagnon [Perpendiculaire, Equerre, Niveau] puis du Maître [Compas, Règle et Truelle] s’apparentent quant à eux aux grands principes de la Matière et de l’Esprit [le Mercure, le Souffre et le Sel].

La « Lumière », l’aboutissement de ce que l’Apprenti vient chercher en maçonnerie, se retrouvant alors incarner au travers de l’Étoile à six branches.

Pour conclure sur cette planche, je rappellerai que la principale mission de l’Apprenti sera de dégrossir sa « Pierre brute », d’en éliminer les scories, la matière superflue représentant ses propres vices et qu’il devra également apprendre à mieux se connaître pour mieux se rectifier.

Une fois compagnon, il poursuivra le travail engagé afin de rendre sa « Pierre parfaitement cubique » et ainsi pouvoir prétendre à la maîtrise.

A partir de ce moment-là, il travaillera sur la planche à tracer en utilisant sa « Règle » et son « Compas » et pourra sceller l’harmonie de la Loge à l’aide de sa « Truelle ».

Cependant, n’allons pas trop vite, le chemin du Grand-Œuvre, incarné pour le maçon dans la construction de son Temple intérieur, est long et laborieux…

(...)

Mickaël CHA.°.

R.°.L.°. "Roses et Croix d’Écosse"

O.°. Saint Étienne

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24 mai 2016 2 24 /05 /mai /2016 22:49

LES MÉTAUX - L’ABANDON DES MÉTAUX



I.- C’est aujourd’hui la présentation de ma deuxième planche. Il m’a été demandé de travailler sur « LES MÉTAUX - L’ABANDON DES MÉTAUX ».
J’ai d’abord cru que cela allait être relativement… aisé, avant de me rendre rapidement compte, et de l’importance et de la complexité du sujet… et donc de sa difficulté. Aussi j’en appelle à votre indulgence, mais je sais par avance que vous en ferez preuve.

II.- Depuis toujours, les métaux représentent pour l’homme une forme de puissance, synonyme de pouvoir : les armes, l’or, l’argent. Dans les tombeaux des Pharaons, parmi les objets destinés à les accompagner dans l’au-delà, on trouvait des armes, des bijoux, des parures… les symboles de leur pouvoir.
Même si l’homme, qui n’est que de passage sur la Terre, n’a pas la propriété de ces "métaux", leur possession dénature les hommes, les conduit à tous les excès, à toutes les passions… ce qui est souvent à l’origine de simples problèmes de voisinage jusqu’à de grands bouleversements mondiaux…
Alors, que faire ? Faut-il supprimer les métaux ? Est-ce seulement possible ?

Je me souviens… lors de mon initiation… le Cabinet de Réflexion… Une pièce obscure, à la décoration insolite ; j’y suis entré et resté, dans le silence et la solitude, dépouillé… le mot est fort… dépouillé / dépouille… cela évoque la mort… Entre autre chose, j’ai senti (et j’ai compris depuis), que j’étais dépouillé de ma parure de profane pour renaître différemment, et surtout, pour passer de la condition de "l’avoir" à l’état "d’être"… de "devenir" plutôt que de continuer à "paraître"…

Et puis, sur le parvis du Temple, à chaque tenue, la formule « Mes Frères un instant de silence pour l’abandon des métaux ». Là aussi, nous quittons le monde profane, nous nous dépouillons de notre "paraître"… Chaque Frère ne se décore que des insignes de son grade, parce que nous allons entrer dans un autre espace, un espace sacré… hors du temps profane, dans un autre temps. Et que ce qui compte, au sein de la fraternité maçonnique, c’est que nous considérions nos Frères en tant qu’hommes, dans leur nature profonde, et non pas par rapport à la situation ou au rang qu’ils occupent dans la vie profane…

Pourtant, en loge, au sein du Temple nous trouvons de nombreux objets métalliques, épées, équerre, ciseaux, ou des ornements et outils, qui permettent la réalisation des rites. Le métal en tant que tel est bien présent et accepté dans la Loge, mieux, il en fait partie intégrante…

III.- Il faut donc comprendre ce terme de "métaux", dans son acceptation symbolique… Que recouvre-t-il ?

D’après mes lectures, les "métaux" semblent recouvrir deux acceptations.
1. Dérivé du grec "Métallon", le mot métal est associé à la racine "mé" qui est le nom le plus ancien donné à la lune (1) corps céleste dont la symbolique est présente au sein du Temple.
2. Dans d’autres cas, ce mot désigne le produit extrait de la mine (2), le minerai, qui semble se rapprocher de la pierre brute.

Donc, une interprétation céleste et une interprétation terrestre. Comme il est écrit dans le Dictionnaire des Symboles : « Les Métaux sont des éléments planétaires du monde souterrain ; les planètes, les métaux du ciel ; le symbolisme des uns et des autres est parallèle ».
De plus, cette dualité se trouve dans de nombreuses croyances et religions, où les êtres qui forgeaient le métal étaient considérés, soit comme des êtres relevant du divin, du sacré, de la création, soit comme des êtres maudits relevant de l’enfer, du feu et du mal.

Compte tenu du temps qui m’est imparti pour cet exposé, il ne m’est pas possible d’aller plus avant dans l’étude de cette symbolique, sauf d’en dégager quelques grandes lignes, à titre d’exemples.

Dans leur sens symbolique, au sein du Temple, tous les "métaux" sont purs et parfaits :
- l’Or-Soleil représente l’actif, le masculin, la perfection, la lumière (alors qu’il est l’orgueil et la richesse qui pervertissent l’homme dans le monde profane),
- l’Argent-Lune représente le passif, le féminin, la pureté, la transparence (alors qu’il est la paresse et la cupidité dans le monde profane),
- d’autres "métaux", le Mercure qui a le pouvoir de purifier (l’envie dans le monde profane), le Fer-Mars qui symbolise la puissance d’agir (la colère dans le monde profane), le Cuivre-Vénus symbole de la cohésion (la luxure dans le monde profane), d’autres encore, Etain-Jupiter la fermeté (gourmandise), Plomb-Saturne l’élévation (avarice)…

Ainsi, nous sommes toujours sous l’influence de ces "métaux". Encore faut-il que cette influence soit bénéfique. Encore faut-il que nous ne succombions pas aux sept péchés capitaux que je viens de citer. Et que ces métaux soient pour nous purs et parfaits pour nous permettre d’atteindre notre propre perfectionnement.

C’est cette quête, qui nous amène à travailler en maçonnerie pour faire vivre en nous pureté et fraternité, qui est en rapport direct avec l’abandon de nos vils et profanes "métaux", à la porte du Temple.

IV.- Pourquoi ce rite de l’abandon des "métaux" ? D’où vient-il ? Quelle est cette partie de nous-mêmes dont nous devons nous dépouiller ?

  1. Au seuil du Temple, l’abandon des "métaux" est précédé d’une minute de silence, pendant laquelle nous nous détachons de nos pensées et de notre vie profane, car selon l’Encyclopédie de La Franc Maçonnerie les "métaux" traduisent « la force des vices et la nocivité des passions humaines ».
    Mais au-delà ? Dans l’histoire…

Dans le premier Livre des Rois de la Bible qui relate la construction du Temple de Salomon (qui a duré 7 ans) il est écrit : « On n’entendit ni marteaux, ni pics, ni aucun outil de fer. » Le caractère impur des métaux, leur interdisait l’accès à un édifice consacré à Yahvé, le Temple, l’espace sacré. Dans sa tradition, le Temple Maçonnique est le Temple de Salomon. Les pierres de notre Temple, comme celles du Temple de Salomon, sont assemblées silencieusement, par l’esprit et l’intelligence, dans une démarche d’élévation. Pierre après pierre, chaque pierre prend sa place. Non pas avec des outils de fer bruyants, mais avec des instruments de mesure, fil à plomb, équerre, compas, niveau…

Au jeune homme qui lui demandait de devenir son disciple, le Grand Initié Jésus de Nazareth dit : « Si tu veux être parfait, va, prends ce que tu as, et donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel ; après cela, viens et suis-moi ». Il s’agit d’apprendre à n’attacher aucun prix aux choses futiles, aux richesses inférieures, et comprendre qu’on ne peut espérer recevoir sans donner. Comme le demande le premier des trois vœux monastiques : "la pauvreté" (les deux autres étant "l’obéissance" et "la chasteté").

Une autre origine de l’abandon des "métaux" à la porte du Temple, nous vient de l’ancien Régime, lorsque chacun des gentilshommes admis à l’initiation, était invité à confier son épée au Maître des Cérémonies, sur le parvis du Temple. On comprend le geste et son symbole : se désarmer équivalait à montrer à l’assemblée, tout à la fois, une intention pacifique, la pureté de ses sentiments et une totale confiance.

  1. Aujourd’hui notre Franc-maçonnerie nous réunit pour qu’ensemble (car un Frère seul n’est rien), par l’écoute et la parole, nous développions de hautes valeurs morales, de vertu et de dignité, de tolérance et de compréhension, d’union et de fraternité. C’est pour cela qu’à la porte du Temple chaque Frère dépose les titres dont l’a revêtu la vie profane…

Ce rite d’ouverture, loin d’être anodin, est probablement l’un des symboles les plus forts, mais aussi des plus riches comme je l’ai montré précédemment.
Il nous fait entrer dans l’espace sacré, en Loge, libres, égaux et fraternels.

Libres, car non seulement nous le sommes, et de bonnes mœurs, mais parce que nous nous libérons de toutes servitudes à l’égard du monde profane. Et que l’homme libre est celui qui, après la mort des vils préjugés ou autres, renaît à cette vie nouvelle que confère l’initiation. Libre aussi, car dans sa recherche de la Vérité le Franc-maçon doit s’efforcer de penser par lui-même, l’esprit libre et le cœur à découvert, libre de toute emprise extérieure néfaste au vrai et au bien.

Egaux, car nous le sommes tous dans le Temple. Le Temple n’est pas le lieu où nous accueillons… les marchands du Temple ! Certes, chaque Frère demeure médecin, professeur, commerçant, ou autre… Chaque Frère garde sa personnalité, mais il s’est débarrassé de ses appartenances professionnelles, comme de ses appartenances communautaires, religieuses, politiques, nationales ou ethniques. Tout excès est rejeté et même si aucune opinion n’est négligée, aucune ne prévaut plus qu’une autre.

Fraternels, car nous le sommes dans la Chaîne d’Union qui relie chaque Frère, celle de la fraternité des êtres humains. Notre édifice s’élève par un travail collectif, où tout étalage de "métaux" est porteur d’inégalité et nuit à la fraternité. Cette chaîne de fraternité qui est un lien indissoluble, comme celui qui unit chaque Frère par le serment prêté. Mais une fraternité qui nous unit aussi avec tous les êtres humains, comme un cercle d’alliance entre tous sur cette terre, une chaîne de vie. Nous devons être fraternels dans et hors du Temple.

Les "métaux" font obstacles à ces grands préceptes. Ils nous amènent à penser que le "toujours plus" est le bien, comme s’il n’y avait pas d’autre alternative. Que le quantitatif prévaut sur le qualitatif. Que les héros de nos fictions, à la télévision ou au cinéma, ces héros violents, sans foi ni loi, qui amassent trésors et trahisons, sont les modèles de nos sociétés contemporaines.

Alors qu’au contraire c’est dans les qualités de cœur et d’amour que se rencontrent, et se développent, nos vertus et nos préceptes. Et c’est dans l’humilité et la prière que tout Frère, quelque soit son grade ou sa qualité, sait qu’il restera toujours un éternel apprenti ; et se doit de se comporter comme tel, en vérité et sincérité, pour atteindre son but, tailler sa pierre, et progresser vers la lumière, ce lien qui nous amène vers l’Eternel, Dieu, le Grand Architecte de l’Univers.

Soyons donc attentifs, car ces "métaux" (si nous ne les abandonnions pas) pourraient nous faire faillir à notre promesse initiatique. Et briser notre Chaîne d’Union.

V.- C’est par ce rite fondamental de l’abandon des "métaux" que nous pourrons parvenir à être ce que nous sommes (et non pas ce que nous croyons être dans le monde profane), c'est-à-dire, devenir ce que nous sommes capable de devenir.

C’est le travail, sans relâche, de tout Franc-maçon. Il faut y revenir sans cesse, comme l’ouvrage sur le métier, comme un travail sans fin.
C’est pourquoi la Tenue se termine là où elle a commencé, sur le parvis du Temple, avec la reprise de nos "métaux", pour continuer à nous purifier, encore et encore, à nous remettre en cause, avec nos préjugés, nos passions, nos idées toutes faites, pour mieux accepter les autres et leurs différences.


Et se souvenir que nous sommes tous Frères, reconnus comme tels par nos autres Frères, dans notre quête spirituelle de réaliser en nous un Temple de Lumière, avec nos cœurs et notre amour qui s’élèvent vers Dieu.

(...)

R.°.P.°. RL " Tradition Écossaise" Nice

  1. "Alchimie et Mystique".
  2. "Les métaux dans ma science antique".
  3. "Dictionnaire des Symboles".

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23 avril 2016 6 23 /04 /avril /2016 19:41

Selon René Guénon, la FM est un réceptacle de diverses voies et influences spirituelles se rattachant à LA Tradition primordiale. En effet, Toutes les voies spirituelles conditionnées par le lieu et l’époque où elles interviennent se rattachent à Une tradition primordiale par son essence et dont toutes les autres découlent. Elles sont chacune un morceau brisé d’un même miroir.

La FM est tjrs selon René Guenon la dernière voie initiatique traditionnelle valable en occident.


La méthode maçonnique comme je me plais souvent à le rappeler dans mes planches au 1er degré, permet à travers la parabole de la construction du temple de construire sa propre spiritualité.

Après le réordonnancement des états constitutifs de son être, par sa mort symbolique et les 3 voyages qu’il a parcourus pendant son initiation, le FF apprenti va pouvoir commencer à œuvrer sur lui-même. Il est l’artisan de sa propre spiritualité et aidé par ses FF en loge, va pouvoir commencer non pas dans le vacarme assourdissant d’un chantier opératif, mais simplement dans le silence méditatif intérieur, à travailler sur sa pierre brute avec des outils symboliques.

Qui d’entre nous ne se souvient pas de sa première rencontre avec les symboles en loge, lorsque la Lumière lui a été donnée et de l’étonnement qui s’en est suivi? De l’apparition à ses yeux de tous ces symboles inexplicables, présents en loge et des questions posées à leur propos lors des premières tenues auxquelles il a assisté ?

Le REP (comme d’autres rites bien sûr) est riche dans le sens où les travaux qui s’y déroulent, dès le début de l’initiation, amènent chaque FF progressivement à des niveaux de conscience spirituelle de plus en plus élevés. La conscience s’éclaire et s’élargit au fur et à mesure de son avancement dans son parcours initiatique.

La voie maçonnique au REP est bien une voie qui ouvre la réalité à la dimension de l’esprit. Ceci nous amène à concevoir le divin, le GADLU, l’Unité primordiale (appelons cela comme bon nous semble), par un travail sur les symboles, de perfectionner sa vision de soi et du monde, de vaincre cet ego aveuglant, de se détacher de la matière afin de s’élever en esprit pour mieux intervenir dans le réel et dans la société. C’est bien le but de toute quête spirituelle: développer une vision de la réalité dans le domaine de l’esprit afin de favoriser l’humanisation de l’homme. Ainsi le développement spirituel de l’individu n’est pas sans intérêt pour l’humanité, il est la base de la liberté de conscience. Le spirituel et l’humaniste œuvrent dans le même sens. Donc, les FF et SS qui œuvrent sur des chantiers plus « sociétaux et humanistes» ont toute leur place parmi nous, ils viennent renforcer notre action. En effet rien ne sert de s’élever, si c’est pour ne pas garder les pieds sur terre et ne pas œuvrer pour le bien de l’humanité en toute fraternité. Car s’élever spirituellement en perdant de vue cet aspect peut amener à de graves dérives. Ces deux façons de travailler sont complémentaires et se rejoignent inévitablement en ce sens. Il ne peut y avoir de franc-maçonnerie spéculative définitivement « hors sol » !

Le symbole est pour moi la clé d’accès à l’éveil dans la Méthode maçonnique. Mais comment peut-on le définir ? Quel mode de lecture permettra de le comprendre, de le saisir ? Qu’est-ce que l’éveil, but ultime de la voie initiatique ?

Autant de questions passionnantes que je me pose à chaque tenue (et que vous vous posez certainement) et auxquelles je vais essayer d’apporter un éclairage.

1° Le symbole est une clé

Commençons par donner quelques définitions du symbole.

Définition selon Wikipédia :

Le mot « symbole » est issu du grec ancien sumbolon (σύμβολον), qui dérive du verbe sumbalein (symballein) (de syn-, avec, et -ballein, jeter) signifiant « mettre ensemble », « joindre », « comparer », « échanger », « se rencontrer », « expliquer ».

En Grèce, un symbole était au sens propre et originel un tesson de poterie cassé en deux morceaux et partagé entre deux contractants. Pour liquider le contrat, il fallait faire la preuve de sa qualité de contractant (ou d'ayant droit) en rapprochant les deux morceaux qui devaient s'emboîter parfaitement. Le sumbolon était constitué des deux morceaux d'un objet brisé, de sorte que leur réunion, par un assemblage parfait, constituait une preuve de leur origine commune et donc un signe de reconnaissance très sûr. Le symbole est aussi un mot de passe.

Toujours selon wikipédia, le symbole est un concept, une représentation pensée chez un individu en particulier ou un groupe en général; l'association faite par la pensée est déclenchée à partir des sens humains percevant quelque chose. Un signe faisant symbole est actif chez l'individu pour soit provoquer une pensée sur un thème (par exemple la sécurité, l'autorité, l'orientation bas/haut...) et un élément (par exemple mer, terre, ciel, visage humain...), soit une sensation (par exemple joie, peur, paix, créativité, respect, etc.)

Définition Larousse :

Signe figuratif, être animé ou chose, qui représente un concept, qui en est l'image, l'attribut, l'emblème : Le drapeau, symbole de la patrie.

Personne qui incarne de façon exemplaire une idée, un sentiment, etc. : Il est le symbole de la générosité.

Il existe pléthore de définitions du symbole dans les autres dictionnaires et autres ouvrages…

Si le symbole est défini selon tant de niveaux de lecture et qu’il y à tant de définitions possibles, c’est que justement sa définition est par essence très complexe.

Le symbole sur lequel je vais travailler est évidemment le symbole présent en loge.

Ce symbole ne doit pas être rapproché du symbole au sens profane qu’est le signe : le signe n’a qu’une seule signification par registre de lecture, alors que le symbole en loge a des significations multiples (polysémique) se rejoignant en un même archétype. Le signe se décode par analogie (définition en annexes) alors que le symbole maçonnique se vit par l’anagogie (définition en annexe).

Le symbole, entité vivante et flamboyante :

Le symbole est vivant et n’a pas besoin de l’esprit humain pour exister. Lors d’une récente visite dans une loge travaillant au Rite Ancien et Primitif de Memphis Misraïm, lors d’une initiation, le serment lu par le nouvel initié finissait par « et qu’en cela… le Sublime Architecte des Mondes…et les Vivants Symboles que je touche de ma main…me soient en aide ».

D’ailleurs chaque FF ou SS n’est il pas lui-même en temps que nouvel initié un symbole vivant ? En effet dès son initiation, on lui fait faire son premier travail en frappant trois fois avec le couple maillet ciseaux sur la pierre brute qui n’est d’autre que le symbole de lui-même dans son imperfection. Ensuite, chaque FF ou SS doit épeler le mot sacré, se faire connaître par les signes et attouchements auprès des surveillants; les deux FF ne seraient-ils pas dans ce cas signifiant et signifié comme un sumbolom ? Le premier signifié étant le signifiant du second et inversement. Le rappel des deux parties à conjoindre dans le symbole fait échos a l’idée de rassembler ce qui est épars et de retrouver l’unité mythique et originelle.

Rappelons-nous de ce qui a été évoqué précédemment : en Grèce antique au sens originel, un sumbolom était un tesson de poterie cassé en deux morceaux et partagé entre deux contractants qui permettait de prouver la qualité d’ayant droit au contrat: l’initié en serrant la main du surveillant est ainsi reconnu comme ayant la qualité pour accéder au plan symbolique et aux états supra humains associés au sens supérieur du symbole et à l’unité retrouvée. « Nous pouvons avancer l’hypothèse suivant laquelle la méthode maçonnique permet « l’incorporation du symbole a soi » et donne à celui qui incorpore le symbole en lui, la faculté d’être symbole lui-même permettant d’accéder aux réalités supérieures. » C’est la puissance de l’esprit qui fait le symbole , c’est donc l’homme qui augmente son champ de vision du réel dans un point de vue supérieur. C’est ce que les grades dits symboliques nous enseignent."Le symbole augmenterait le domaine de l’intelligible humain par des facultés cognitives à développer en chacun de nous, ou à redécouvrir, comme l’apprentissage d’une réalité augmentée" (selon E.°.R.°.), mais certains philosophes grecs ont voulu rendre le symbole autonome et vivant dans la puissance divine.

J’ai parcouru un travail du FF J.L BIASI qui m’a largement éclairé sur le symbole et son caractère vivant parfois indépendants de l’intellect humain. Il cite dans ce travail les visions du symbole par Platon et Jamblique.

Le symbole dans le monde des idées selon Platon :

Pour Platon, le monde contient des idées (les archétypes de la réalité) d’où la matière naît et dont les objets du monde visible sont issus. Dans cette vision platonicienne, les idées sont vivantes et existent par leur propre fait. Il est possible à tout un chacun d’accéder à ces idées en s’élevant de notre monde manifesté et sensible vers le monde intelligible. Le symbole est une clé de lecture du monde intelligible, car il est l’apparence visible de l’idée. Le symbole est comme un miroir à 2 faces distinctes mais reflétant une réalité supérieure Unique.

Cette perception du monde des idées et des symboles sera reprise par Le philosophe néoplatonicien Jamblique.

Pour lui également dans « les mystères d’Égypte II, 11», les symboles sont également vivants par eux même et indépendants de notre intellect. Il dit, je cite, « C’est pourquoi ce n’est pas notre pensée qui opère ces actes [le pouvoir des symboles muets] ; car alors leur efficacité serait intellectuelle et dépendrait de nous ; or ni l’un ni l’autre n’est vrai. Sans que nous y pensions, en effet, les signes eux-mêmes, par eux-mêmes, opèrent leur œuvre propre, et l’ineffable puissance des dieux, que ces signes concernent, reconnaît ses propres copies elle-même par elle-même sans avoir besoin d’être éveillée par l’activité de notre pensée. Nos pensées ne provoquent donc pas, en les prévenant, les causes divines à s’exercer ; mais elles doivent, avec toutes les dispositions excellentes de l’âme et avec notre pureté, préexister comme causes auxiliaires ».

Enfin dans la symbolique maçonnique de Jules Boucher, ce dernier cite Jean C.M Travers qui dans son ouvrage valeur sociale de la liturgie d’après St Thomas d’Aquin nous dit :

« le symbole se découvre comme un être sensible, ayant sa consistance propre, mais à travers lequel d’aperçoit une relation de signification. Avant de signifier, il déjà possède par-devers soi sa nature propre. Il se présente comme un être connu pour lui-même, ensuite seulement comme un être ayant une relation de signification à un autre terme ».

« Quoiqu’il en soi le symbole qu’il fut émanation du divin insaisissable ou émanation de l’esprit humain en devenir, constitue un territoire riche qui occupe la pensée et les déterminations et aspiration de l’homme depuis les périodes les plus reculées. Le symbole au-delà de la contingence fertilise l’esprit et la pensée de soi et du monde. Il fut le ferment de l’immanence chamanique et de la transcendance spirituelle, il est encore le moteur de la recherche conceptuelle en matière scientifique».

2°La lecture par le cœur

Les travaux se déroulent en loge, hors la loge en médecine est également la cavité où se trouve un organe.

Parmi ces organes se trouve évidemment le cœur dont la loge: est délimitée latéralement par les poumons, en bas par la coupole diaphragmatique, en avant par le sternum et le grill costal, en haut par la trachée et les gros vaisseaux et en arrière par le médiastin postérieur contenant l’œsophage.

Ainsi le symbole ne se décode pas avec l’intellect discursif. « Il s’agirait d’un surintelligible, d’une intuition supérieure ». Pour moi le monde des idées, le GADLU, le divin, etc… ne se perçoit dans la méthode maçonnique qu’en lecture des symboles par le cœur : d’ailleurs dès l’initiation, le FF au REP accomplit ses 3 voyages avec une épée contre le cœur et prête serment la pointe du compas dirigée vers le cœur également : l’épée reproduit ce rayon de lumière sacrée au REP (de conscience éclairée dans les voies humanistes) qui partant du centre initial de la création, perce l’enveloppe corporelle de chaque FF. Le compas par son écartement donne à l’initié le sens de la lumière spirituelle selon les plans du GADLU et le degré d’ouverture du cœur à opérer en soi.

La tenue en loge comme dans tout espace sacré permet que se rejoue la création de l’univers et la propagation de la lumière dans le temps présent. Cette expérience initiatique est autant extérieure à soi qu’intérieure à chacun. Je me plais souvent à dire également que je suis autant dans le temple que le temple est en moi. La compréhension d’un symbole par le cœur ne se révèle parfois intérieurement qu’au bout d’un certain temps variable d’un FF à l’autre. Cette appropriation intérieure du symbole est propre à chacun d’entre nous et ne reflète pas une vérité unique, bien au contraire. Cependant, toutes les expériences initiatiques induites par la perception d’un même symbole, même si elles peuvent être perçues différemment d’un FF à l’autre, relèvent d’un principe archétypal de même nature.

L’intuition par le cœur se révèle chez chacun des FF ou SS en loge par le centre de cette dernière où repose sur le pavé mosaïque le tableau de loge et où figurent tous les symboles.

En entrant en loge, en passant entre les 2 colonnes, chacun d’entre nous passe autant extérieurement qu’intérieurement du monde profane au monde sacré. La cérémonie débute et le Vénérable, passeur de lumière aidé des autres officiers, ordonne le chaos et fait jaillir la lumière en chacun de nous. Le voile obscur de l’ego et de la matérialité est levé par le FMC qui laisse apparaître au centre de la loge, donc au centre de nous même, le tableau de loge posé sur le pavé mosaïque. Le rituel guide notre conscience sur le chemin de lumière et imprime au plus profond de chacun tous les symboles qui y sont présents. Le tableau de loge concentre en lui tous les symboles et donc les idées accessibles à chacun des FF en fonction du niveau de conscience développé par chacun. Il contient donc au grade d’apprenti tous les possibles envisagés dans ce degré. Il est entouré par les 3 colonnettes c'est-à-dire la lumière trine, l’unité primordiale rendue intelligible au cœur de l’homme par le ternaire dans le monde sensible qu’est le pavé mosaïque, le tout en Sagesse, Beauté et Force, qualités par laquelle se manifeste l’œuvre sacrée à celui qui sait s’ouvrir à elle. Alors dans un temps symbolique de midi à minuit, nous allons tourner autour du centre où se trouve le tableau de loge: nous nous mettons donc à marcher autour de cet axe et les symboles prennent vie dans le cœur de la loge et dans le cœur de chacun qui lui-même est mis en relation avec celui des autres FF et SS ainsi qu’avec le centre ultime, celui de l’unité, donnant naissance notamment à l’égrégore en loge. Il y à une correspondance des centres d’après E.°. R.°.. La vie est mouvement et nous allons pouvoir rejouer le grand œuvre !

3°L’éveil

Si le symbole est une clé, c’est pour ouvrir une porte, celle qui mène à l’éveil.

Par cette originalité de la méthode maçonnique semblable parfois à un empilement de poupées russes, de stratifications d’idées et de symboles en analogie et en anagogie les uns envers les autres, dans un sens ou dans l’autre, chaque FF qui vit en lui-même et en loge le symbole, franchit à nouveau à chaque tenue la porte du temple (la porte des initiés) et vit l’éveil spirituel en pleine conscience. Dans un même endroit, par le truchement des symboles à divers grades, il arrive donc à vivre une expérience initiatique différente. Ayant visité un autre atelier pratiquant un autre rite et se réunissant au même endroit que notre loge mère à Ollioules, j’ai vécu quelque chose de très différent alors que j’étais pourtant au même endroit et au même degré!

Les symboles associés aux rites sont donc agissants en chacun de nous.

L’initiation et les trois premiers degrés relèvent des petits mystères. Les petits mystères antiques sont les différentes élévations spirituelles vécues sur le strict plan humain dans sa totalité. Je suis d’accord avec René Guenon lorsqu’il explique « qu’il n’y a pas là des genres d’initiation différents, mais des stades ou des degrés d’une même initiation, si l’on envisage celle-ci comme devant constituer un ensemble complet et être poursuivie jusqu’à son terme ultime ; en principe, les petits mystères ne sont donc qu’une préparation aux grands mystères ». Les grands mystères ne seront pas abordés ce soir.

« L’éveil » au grade d’apprenti serait plus tôt pour moi un « réveil » de l’initié du moins au tout début du parcours maçonnique. « Ce réveil est celui de la récupération de la totale vision du monde et de soi, de la conscience éclairée et rayonnante d’un centre retrouvé ».

En effet le but de la quête initiatique de l’apprenti est un réordonnancement de lui même comme déjà évoqué, ayant pour but de partir à la recherche de son « être » véritable, de sa pierre philosophale - son centre intérieur où brille sa lumière le reliant au TOUT. D’où le sens évidemment du fameux V.I.T.R.I.O.L.

La lumière naissant d’elle-même, chacun d’entre nous l’a en soi, mais l’a simplement oubliée; dans le prologue de l’évangile selon St Jean où sont posés le compas et l’équerre sur l’autel du VM il est dit : « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu ». Donc, partir à la recherche de cette pierre philosophale, c’est à travers la gangue des métaux et le voile obscur de l’ego, et grâce aux symboles, pérégriner dans le labyrinthe représenté par le pavé mosaïque comme Thésée parti tuer le Minotaure. C’est partir à la redécouverte de cette parcelle de lumière divine qui luit en chacun de nous. Atteindre ce centre, essence de l’être, c’est se retrouver ni nu ni vêtu et dépourvu de tous métaux comme lors de l’initiation et comme cela est décrit dans le rituel.

L’éveil spirituel de l’APP ou plus tôt le « réveil » de la lumière en chacun de nous vise donc au 1er degré à se remettre dans l’état d’origine tel l’homme primordial, l’Adam avant la chute afin, comme il est dit dans l’invocation pendant la chaîne d’union, que puisse se faire « le retour de nos Âmes en Ta Lumière ».

D.°.D.°. R.°.L.°. « Les Écossais de saint Jean »

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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 14:23

En entrant en loge, l’occasion nous est donnée de vivre et de faire vivre les symboles qui nous entourent.

Ce soir c’est à l’un des symboles ou plutôt à un couple de symboles que nous allons nous intéresser : Les deux colonnes maçonniques et en particulier la colonne du septentrion.

Puisque le terme Colonne revêt plusieurs acceptions en Franc-maçonnerie, il nous semble dés à présent important d’en rappeler les principales définitions en vue de préciser l’orientation de cette planche.

La colonne peut désigner l’ensemble des Sœurs et des Frères présents à la tenue se répartissant de part et d’autre du temple en fonction de leurs grades.

Ainsi la colonne du Nord (ou du Septentrion) est réservée aux apprentis alors que les Sœurs et Frères compagnons se placeront sur la colonne du Sud (ou du Midi).

Quant aux Sœurs et Frères Maîtres au Rite Ecossais Primitif, ils se positionneront préférentiellement sur la colonne du Midi bien qu’ils puissent se placer au nord afin d’équilibrer les colonnes.

Les colonnes désignent également les deux éléments architecturaux cylindriques placés de chaque côté de la porte d’occident, elles sont nommées Jakin et B.

C’est de ces derniers éléments dont nous allons traiter.

Nous verrons dans un premier temps les origines de ces colonnes.

Puis nous étudierons la portée symbolique du couple Jakin et B. tant ils sont complémentaires et indissociables l’un de l’autre.

Pour finir nous traiterons plus spécifiquement de la Colonne du Septentrion, la colonne Jakin.

  • LES ORIGINES DE LA PRESENCE DES COLONNES AU SEIN DU TEMPLE MACONNIQUE

Afin de mesurer la portée symbolique des deux colonnes il nous a semblé intéressant de remonter aux origines de la présence des colonnes au sein du temple.

La première mention des colonnes nommées Jakin et B. dans un texte maçonnique apparait dans un ouvrage de 1723 « L’Examen d’un maçon ».

On en retrouve la trace quelques années plus tard dans l’ouvrage la « Maçonnerie disséquée » éditée en 1730.

Puis le « Recueil de maçonnerie adonhiramite » y fait à nouveau référence en apportant une précision intéressante « Jakin était le nom de la colonne du septentrion, située prés de la porte du temple où s’assemblaient les apprentis qui participaient à la construction du temple de Salomon ». (cf. « Les deux colonnes et la porte du temple » de François FIGEAC, édition Les Symboles Maçonniques, 2011).

Tous ces textes ont une origine commune, L’ancien testament et plus précisément un passage du 1er Livre des Rois chapitre 7, versets 13 à 22 (cf. « La Bible Ancien Testament », trad. E Dhorme, Gallimard 1956).

Dans ces versets, il est question du Roi Salomon qui pour la construction de son Temple requiert le concours d’un homme (dont nous tairons le nom) fort intelligent et fort habile.

Ce dernier avait une parfaite connaissance et une parfaite maîtrise de l’airain.

Raison pour laquelle Le Roi Salomon lui confia la fabrication de 2 colonnes de son Temple.

Le verset 15 et suivants nous donne les caractéristiques et des détails quant à ces fameuses colonnes. «Il fondit les deux colonnes en airain. L’une des colonnes avait dix huit coudées de hauteur et un fil de douze coudées en mesurait le tour. Elle était creuse et son épaisseur était de quatre doigts. Ainsi en était il aussi pour la deuxième colonne. Puis il fit deux chapiteaux en fonte d’airain pour les placer sur les sommets des colonnes.

L’un des chapiteaux avait cinq coudées de hauteur et le second chapiteau avait aussi cinq coudées de hauteurs (…). Puis il fit des grenades deux rangées tout autour de l’un des filets, pour cacher les chapiteaux qui étaient au sommet des colonnes. Il dressa ensuite les colonnes devant le vestibule du temple. Il dressa la colonne de droite qu’il appela du nom de Jakin, puis il dressa la colonne de gauche qu’il appela du nom de B. Ainsi fut terminé le travail des colonnes ».

Nous reviendrons point par point sur ces éléments ultérieurement.

Si les colonnes Jakin et B. de nos rituels, renvoient directement aux textes sacrés, les plus anciens documents maçonniques, tel le manuscrit Cooke, font déjà mention de deux colonnes sans qu’il s’agisse pour autant des colonnes du temple de Salomon.

Cet ouvrage prend pour source une légende contée à l’origine dans « Les Antiquités Judaïques » de Flavius Joséphe (Livre I).

Dans cette légende, Dieu avait pour dessein de punir les hommes de leurs péchés par le feu ou par l’eau. « Les enfants de Lamech, Jabel, inventeur de la géométrie, Jubal, inventeur de la musique, Tubalcaïn, pére des forgerons et leur sœur Neema qui créa l’art du tissage, furent instruits du dessein dans lequel Dieu était de détruire toute l’humanité pour punir ses crimes » (René Désaguliers dans « Les deux grandes colonnes de la-franc-maçonnerie », éditon Dervy 2012, page 24). Ils eurent l’idée de sauver leurs sciences en utilisant deux types de pierre. L’une, le marbre, pourrait résister au feu, l’autre appelée Lacerus pourrait flotter sur l’eau.

Ces deux pierres servirent à l’édification de deux colonnes sur lesquelles furent gravées toutes les sciences et techniques inventées. Lorsque le déluge survint les colonnes permirent de sauver les sciences et les arts.

Pour René Désaguliers (Ibid., page 27), « cette ancienne légende est d’autant plus remarquable qu’elle figure dans les versions les plus anciennes des Anciens Devoirs, où le Temple de Salomon ne reçoit qu’une simple mention et que ses colonnes n’y sont pas citées… »

Enfin il nous paraît intéressant pour la suite de notre développement d’évoquer les colonnes d’Hercule auxquelles on peut apparenter les colonnes du temple.

La mythologie grecque rapporte que l’un des 12 travaux d’hercule lui imposer de chercher le troupeau de Géryon, le géant à trois têtes, et de le ramener à Eurysthée (commanditaire des douze travaux)

Le périple d’Hercule le mena si loin vers l’ouest, qu’il en érigea deux stèles pour marquer les limites les plus éloignées à jamais atteintes. Ces colonnes d’Hercule symbolisent donc la frontière entre le monde connu, civilisé et l’inconnu. Mais nous verrons plus en avant toute la symbolique que l’on peut y rattacher.

Nous le constatons donc bien les origines et parentés de nos colonnes sont nombreuses, ce qui en multiplie la richesse symbolique.

Il est d’ailleurs maintenant temps de se consacrer à l’étude de leur symbolique.

  • LA SYMBOLIQUE DES DEUX COLONNES DU TEMPLE MACONNIQUE

Plusieurs éléments abordés précédemment donnent matière à des considérations d’ordre symbolique.

Nous allons les aborder un à un en commençant par celui qui pose sans doute le plus question : La place des colonnes dans le temple maçonnique

-La délicate question de la place des colonnes au sein du Temple maçonnique et sa portée symbolique.

Rappelons ce que nous avons vu précédemment au sujet du temple de Salomon :

« Il dressa la colonne de droite qu’il appela du nom de Jakin, puis il dressa la colonne de gauche qu’il appela du nom de B. » (cf. « L’ancien testament », 1er Livre des Rois chapitre 7, verset 21).

Encore faut-il avoir le bon référentiel pour déterminer avec certitude ou situe la droite et la gauche.

Le « Dictionnaire de la Bible » (Paris, 1926) de F Vigouroux nous en dit plus sur ce point.

L’occurrence « Orient » précise ainsi « Pour s’orienter les Israélites avaient coutume de se tourner du côté du soleil levant. Par suite l’Orient est désigné par des termes qui signifient : “ce qui est devant soi”, “en face” (…) pour le Nord celui de “à gauche” ».

Des éléments qui précédent nous pouvons conclure que Jakin est positionné au sud du temple de Salomon et B au nord de celui-ci.

Qu’en est-il maintenant pour le temple maçonnique ?

Précisons d’emblée que le temple maçonnique n’est pas une réplique à l’identique du temple de Salomon.

Comme le souligne E.°. R.°. (cf. site internet Les Ecossais de Saint Jean : www.ecossaisdesaintjean.org), il semble « logique que l’on considère un changement de plan entre la maison de Dieu qui fut le temple de Salomon et la maison des hommes marchant vers la lumière qui est le temple maçonnique ».

Ainsi une inversion au niveau de l’orientation de l’entrée de la porte va s’opérer.

Le maçon entre à l’occident, Porte des Hommes, pour se diriger vers ce qu’il est venu chercher, la Lumière, à l’Orient.

Ce changement de plan ouvre le champ à interprétation quant à la place de Jakin et B au sein du temple maçonnique.

Le positionnement des colonnes fut d’ailleurs prétexte à de profondes dissensions entre Grandes Loges.

La première, constituée en 1717, connut un essor rapide. Elle adopta au fil des années un système dans lequel le mot Jakin était attribué aux apprentis et la lettre B aux compagnons.

En réaction à certains écarts avec les usages anciens, un ensemble de loges se constituèrent, en 1753, en une nouvelle Grande Loge et se qualifièrent d’ « Anciens ».

Prônant un retour et un respect aux usages anciens, ils attribuèrent à la colonne des Apprentis la lettre B et aux compagnons le mot Jakin.

La polémique entre « Modernes » et « Anciens » s’est aujourd’hui éteinte.

Mais certains marqueurs tels que la différence de position des colonnes perdurent, chaque rite ayant au final adopté un système avec une cohérence qui lui est propre.

Au Rite Ecossais Primitif (R.E.P), la colonne Jakin est placée au Sud alors que le Nord accueille la colonne B. Les apprentis prennent place au Nord, tandis que le Second Surveillant tient son plateau au sud-ouest, à l’aune de la colonne Jakin.

Les Compagnons quant à eux se tiennent sur la colonne du Sud, sous l’autorité du 1er Surveillant (au nord-ouest) et les hospices de la colonne B.

Cette configuration en croisement permet de protéger l’apprenti à la fois d’une lumière trop intense et trop longue :

-Sa position au septentrion lui permet d’être préservé d’une lumière trop vive qu’il ne pourrait soutenir.

-Le vis-à-vis avec le second surveillant lui permet de voir le solstice d’Hiver qui représente le jour le plus court de l’année.

Et notre Vénérable Grand Maître de résumer : « En étant placés au Nord moins lumineux au plan stellaire, [les apprentis] sont affectés au paiement de leur salaire, par le second surveillant, à la colonne Jakin positionnée au jour le plus court au plan solaire.

Le R.E.P combine ainsi parfaitement la théorie de la lumière à l’intérieur de la loge par le croisement horizontal du monde stellaire et du monde solaire » (ibid.).

Il s’agit donc d’un rite « solsticial avec croisement « intérieur » des colonnes » (ibid.).

(Voir dans ce sens le Livre de l'Apprenti, Éditions du Maçon p 205-230.)

-Approche symbolique des deux colonnes

Commençons tout d’abord par quelques considérations nées de la simple observation.

Ces colonnes marquent avec la porte, l’entrée du Temple. Elles soulignent notre passage du monde profane au monde sacré. Elles agissent autant comme des remparts, susceptibles de nous protéger des agressions extérieures, que comme des bornes délimitant un espace consacré.

En cela elles se rapprochent de la Légende d’Hercule que nous avons vu plus haut.

Autre observation, ces colonnes sont les premiers éléments verticaux auxquels nous sommes confrontés quand nous pénétrons dans le temple.

Le fait qu’elles ne soutiennent aucun éléments nous donne une impression d’élévation, un élancement vers la voute étoilée.

Elles annoncent et renforcent l’ensemble des axes allant du nadir au zénith.

De plus les colonnes se situent de part et d’autre de la Porte à l’entrée du Temple. Elles semblent délimitées, encadrées la voie qui nous conduit vers la lumière. On peut dés lors projeter un axe horizontal entre ces colonnes qui va de l’occident vers l’orient.

A chaque fois que nous nous situons entre les colonnes nous sommes donc au point d’intersection entre le plan vertical et le plan horizontal.

Intéressons nous maintenant à la description des colonnes faites par les Ecritures Saintes.

Il est dit que les colonnes sont creuses…mais elles n’en sont pas pour autant vides.

A la question de savoir pourquoi ces colonnes sont creuses, Le catéchisme de l’apprenti du R.E.P nous apprend : « Pour enfermer les outils des Compagnons et des Apprentis ; ainsi que le trésor destiné à payer leurs salaires ».

Le trésor en question n'a, bien entendu, rien de matériel, puisqu’il s’agit de la connaissance des mystères.

Guy-Pierre Genueil dans son ouvrage (« La Symbolique Gitane », Dervy, Paris, 1993, page 46) précise que les colonnes du temple de Salomon étaient creuses pour abriter à tout jamais le Livre Sacré, le tracé du temple et ses symboles.

De la légende antédiluvienne retranscrite dans le manuscrit Cooke, évoqué plus haut, on retiendra l’importance de la transmission par l’écrit, fixé dans la pierre, des sciences et des arts.

Charge à nous de rechercher ces plans et symboles pour ériger notre temple intérieur.

-Rapide aperçu du symbolisme des grenades surmontant les colonnes

L’étude de la symbolique des grenades pourrait faire l’objet d’une planche à elle seule.

Aussi, nous n’envisagerons son étude qu’au regard de sa présence au sommet des colonnes du temple.

Nous l’avons vu précédemment les colonnes ne soutiennent aucun élément architectural massif ou structurel. Elles ne sont ornées que de ces fruits rouges et ronds aux multiples graines.

Peut être est-ce un indice pour nous indiquer que, malgré les apparences, les grenades font preuve d’une grande charge…tout du moins sur le plan symbolique.

De nombreux mythes confèrent à la grenade un pouvoir de régénération et de fécondité. Pour François Figeac, ce fruit « a la faculté de faire descendre les âmes dans la chair, autrement dit d’animer la création » (cf. « Les deux colonnes et la porte du temple » de François FIGEAC, édition Les Symboles Maçonniques, 2011, page 69)

La multitude des graines que ce fruit renferme évoque la profusion, la richesse notamment spirituelle. Mais ces richesses sont latentes, potentielles, cachées, protégées derrière une écorce qui n’attend que le bon moment pour murir et enfin les libérer et les répandre.

Il en est de même pour les colonnes qui contiennent les arts et techniques sacrés.

Complétant et accentuant la symbolique des colonnes, les grenades évoquent les connaissances enfermées qui ne demandent qu’à être transmises à ceux qui le souhaitent.

-La place de l’initié entre les colonnes

Ce n’est pas un hasard si le profane sur le chemin de l’initiation est placé entre les colonnes.

Il va ainsi expérimenter l’apparente dualité de certains symboles, notamment la « fausse » opposition entre colonne du nord, colonne du sud…

Plus tard il tentera de dépasser cette vaine dualité.

Cette dualisation ou dédoublement de l’Unité pourra devenir constructrice avec le troisième terme unificateur incarné par l’initié. Ainsi de binaire les colonnes vont devenir ternaire grâce à la présence du Frére ou de la sœur, au milieu des colonnes.

  • LE SYMBOLISME DE LA COLONNE JAKIN

Il est maintenant temps de s’intéresser spécifiquement à la Colonne Jakin.

Rappelons tout d’abord que c’est la colonne J dite Jakin que le Maître ouvrier érigea en premier. Ce n’est qu’après qu’il dressa la colonne B.

Cet ordre n’est pas sans rapport avec l’étymologie même de Jakin qui signifie en Hébreu « il établira » ou « il affermira ».

Il faut sans doute y voir pour l’apprenti une méthode. Ce dernier devant, avant d’élever son temple intérieur, s’assurer de la solidité et de l’équilibre de ses bases.

Les qualificatifs de stable, ferme, d’aplomb que l’on attribue également à Jakin vont dans le même sens : pour que l’édifice soit pérenne et se développe harmonieusement il faut au préalable le doter d’une structure résistante.

On trouve un autre élément important lié à la colonne J dans le Catéchisme de l’Apprenti.

A la question : « Donnez-moi la parole »

L’apprenti répond : « Je ne dois ni lire, ni écrire; je ne puis qu’épeler, dites-moi la première lettre, je vous dirai la seconde…..J…A…. »

C’est auprès de cette colonne que l’apprenti va ainsi acquérir la connaissance de la « science du verbe » qui va lui permettre de progresser sur son chemin initiatique.

(...)

Pour conclure, nous nous sommes attachés dans cette étude à relever les différentes références auxquelles on peut relier les colonnes maçonniques. Cela nous a permis de dégager la symbolique de ces deux colonnes intimement liées. Pour finir nous avons axé notre étude sur le symbolisme de la Colonne Jakin.

J’espère de tout cœur maintenant que les colonnes ne seront pas muettes.

Chr.°. Ch.°. R.°.L.°. "Les Écossais de saint Jean" à l'O.°. de Hyères- GLSREP

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24 janvier 2016 7 24 /01 /janvier /2016 14:08

Pourquoi les lumières sont dites « d’ordre » et pourquoi sont-elles nommées Sagesse, Beauté, Force ?

Peut-on suggérer que ces trois lumières ne font qu'une et qu'elles ordonnent un chaos ou les ténèbres?

Peut-on suggérer que ce chaos constitue le fond primitif de la création et de l’évolution sur lequel vient se « manifester » de manière intelligible à l’Homme cette fameuse lumière, ce fiat lux des origines?

Rendre intelligible à l’homme l’univers manifesté se traduirait au plan « maçonnique » en « éclairant » le carré long de la manifestation et le tableau de loge. Éclairer le tableau de loge c’est rendre lisibles et intelligibles les « éléments de langage symboliques » de l’apprenti, du compagnon ou du maître. Cette "intelligence" est graduelle suivant leur progression dans la lecture du monde et d'eux mêmes.

Éclairer le carré long du Hekal, c’est aussi faire apparaître le monde des formes. L’arrivée de la lumière dans le Hekal venant du Debhir, doit être « nommée » en substance et en essence pour exister dans le langage des hommes. Cette double nomination, ou plutôt cette qualification profonde, ne pouvait être qu’une sub-description ternaire de la lumière des origines, rendue accessible par le truchement de l'analogie comportementale. Les vertus applicables au comportement font le lien entre la substance et l’essence, entre une praxie vertueuse et doxa lumineuse.

Qualifier les lumières d’ordre en la forme vertueuse, permet de les rendre exemplaires et accessibles dans le processus d’humanisation. On voit bien se dessiner le glissement analogique d’une lumière cosmogonique vers une lumière à dimension éthique. Le franc-maçon fait du « fiat lux » un des nombreux ternaires symboliques accessibles au cherchant par l’analogie.

Pour se raccorder à la tradition des bâtisseurs antiques, il fallait faire de ces lumières qui "ordonnent" le monde des apparences, un modèle de bon comportement inspiré des sagesses antiques. Au nom de la tradition et de notre culture greco-latine nos prédécesseurs ont associé les lumières aux ordres d’architecture des temples grecs.

La grandeur et la beauté « divinisée » du temple grec s’associaient ainsi à la grandeur, à l’élan spirituel d’un homme bâtisseur de son propre Temple intérieur. Ce travail d’intériorisation et d’architecturation de la lumière est capital. Ce travail, cette orthopraxie permettent la compréhension de la double dimension matérielle et spirituelle des vertus. C’est ce procédé associatif et analogique qui permettra l’éclosion de la lumière-conscience en soi.

Les significations hautes des trois vertus, leurs essences, convergent vers un point d’intersection intérieur qui est la conscience de l’homme agissant dans un réel. Cette conscience agissante prend en compte trois notions fondamentales : 1/ soi, les autres le monde, 2/ l’origine du monde et de l’homme, 3/ le tout et l’unité.

Ce ternaire vertueux que notre F.°. va détailler à la suite, est une technique parmi d’autres, de remontée vers une source ontologique, propre à la méthode maçonnique. Il permet en outre un aller-retour constant entre l’homo sapiens et l’idée d’une unité totalisante, l’homme disposant des facultés pour agir en vue d’établir le bien, le beau et la paix… (Er.°.Rom.°.)

Le sujet de ma planche traite des trois piliers symbolisant les trois vertus : Sagesse, Force et Beauté ou, plus précisément, Sagesse, Beauté et Force au Rite Ecossais Primitif.

LES PILIERS

Les premiers piliers ont été bâtis au VIIème siècle avant J.C. selon les ordres architecturaux grecs. Les bâtisseurs ont cherché un moyen de faire des piliers à la fois forts pour soutenir le poids d'un édifice, mais surtout harmonieux, agréables à la vue.

Ils ont des proportions et dispositions données, s’intégrant ainsi parfaitement aux parties d'un monument, de manière à former un ensemble régulier.

Les trois piliers que l'on trouve en Loge du REP sont triangulaires mais se dédoublent sur le tableau de loge en trois ordres architecturaux Grecs. On notera qu’au Rite Ecossais Primitif, les Colonnettes, de formes triangulaires, sont parfaitement identiques. Ce sera leur représentation sur le tapis De Loge qui nous indiquera l’ordre architectural de chacune de ces trois « Lumières d’Ordre ».

On les nomme ; IONIQUE considéré comme le symbole de la grâce illustrée par les deux courbures qui constitue sa volute ; DORIQUE le plus ancien et l'expression la plus parfaite de l'harmonie des proportions. Il est d'une austère simplicité, puissant et robuste; et CORINTHIEN , c'est le plus beau des ordres avec un chapiteau orné de feuillage et volute.

Quand nous passons entre les colonnes J et B annonçant l'entrée du temple nous passons du monde profane au monde sacré, nous découvrons au centre de la loge les 3 piliers, disposés en équerre aux angles sur le pavé mosaïque. Ces piliers sont aussi appelés flambeaux, colonnettes ou « Lumières d’Ordre »en fonction des Rites. L’on parlera au Rite Ecossais Primitif de « Lumières d’Ordre ».

Ces trois lumières correspondent à chacun des trois principaux Officiers de la Loge. Le pilier de "la Sagesse" pour inventer, est ionique, il représente le Vénérable Maître .Celui de "la Force" pour diriger est dorique, il représente le 1er Surveillant, celui de "la Beauté" pour orner, est corinthien, il représente le second Surveillant.

Chaque pilier supporte un flambeau allumé lors de l'ouverture des travaux et éteint pour la fermeture des travaux, On pourrait parler d'un quatrième pilier, il pourrait représenter chaque frère composant l'assemblée. Personnellement ce pilier virtuel me représente dans un style encore mal dégrossi à l’exemple de la pierre que je taille. Ainsi je participe par mes propres moyens à consolider un peu plus le temple, pour le rendre plus harmonieux.

À l’Ouverture de chaque Tenue, le Vénérable Maître étant le seul Officier à détenir la Lumière, pour guider et éclairer le cœur et l'esprit des Frères en loge, il la communique aux deux Surveillants. Comment ? Par le Maître de Cérémonie qui a son tour, par ses déplacements et son action, va allumer les trois Luminaires. Suivi du Frère Terrible, il frappera le sol de sa canne à chaque invocation.

Pour allumer la première « Lumière d’Ordre », « La Sagesse », le Vénérable Maître qui gouverne et dirige, dit « que la sagesse préside à nos travaux ».

À l’allumage de la deuxième « Lumière d’Ordre », « La Beauté » il dira « Que la Beauté les orne ». Le Second Surveillant viendra alors allumer son flambeau directement auprès du luminaire « Beauté ».

Enfin, le Maître de Cérémonie allumera la troisième « Lumière d’Ordre », « la Force ». Le Vénérable Maître dira alors « que la Force les achève ». Ce sera alors au tour du 1er surveillant de venir allumer son flambeau auprès du luminaire « Force ».

Notons que, simultanément, le Vénérable Maître aura également allumé les deux flambeaux du chandelier posé sur l’autel.

Ces trois lumières brillent maintenant du haut des colonnettes, elles deviennent plus solides pour soutenir la voûte étoilée, en l'occurrence dans le temps de l'ouverture à la fermeture des travaux, et dans l'espace 'l'univers". Les trois lumières d’ordre animent littéralement le carré long, le tableau de loge et l’espace du Hékal. Cette animation fait écho à l’animation du Debhir surélevé de trois marches par le Vénérable, créant une relation de cause à effet entre le haut et le bas.

À la fin des travaux, le Vénérable Maître fait éteindre les trois étoiles. Il utilise les anciennes formules du XVIIIème Siècle que notre rituel a conservé. À la sagesse, il dit « Que ta Sagesse, Dieu Tout Puissant soit toujours en nos esprits », à la Beauté, il dit « Que la Beauté les inspire en toutes nos actions » et à la Force « Que la Force appuie nos efforts vers le bien ».

Sans le triple concours de la Sagesse, de la Beauté et de la Force, rien de parfait ne peut être créé. Ces vertus sont donc indissociables, une fois réunies, elles ne peuvent en aucun cas être déformées, si l'une d'elles manque nous serions dans le chaos, et tout le temple s'écroulerait, le ciel nous tomberait sur la tête.

Pour cela il faut que l'homme commence par se connaître lui-même s’il veut percer les mystères de notre univers faute de quoi il ne peut espérer une quelconque chance de succès. C’est en ce sens que la puissance créatrice a donné à l'homme la faculté de réflexion, de logique, et de raisonnement qui ont permis son évolution, jusqu'à l’émergence d’une conscience globale en lui.

Pour qu'il puisse acquérir LA SAGESSE l'homme doit savoir qu'elle est la base de la recherche de la vérité en utilisant la connaissance acquise :

- Apprendre la connaissance essentielle : se connaître, savoir observer, écouter, toucher, sentir, se passionner, pour être en harmonie avec soi-même.

- D'utiliser cette connaissance pour le bien de lui-même et le bien des autres : cette connaissance, il doit la partager, aider les hommes pour le bien et le progrès, d'avoir toujours un comportement irréprochable pour ses semblables.

- De transmettre cette connaissance aux autres: le savoir ne doit pas être caché, il faut le diffuser. Chacun doit pouvoir bénéficier de la connaissance pour être utile à sa vie de tous les jours.

Mais la Sagesse et la Beauté ne suffisent pas pour cela il faut LA FORCE qui nous aide a persévérer. Il nous faut construire ensemble l'édifice dans l'union fraternelle et travailler sans relâche pour une amélioration matérielle et morale des hommes, continuer à l'extérieur le travail commencé à l'intérieur du temple.

Se remettre en question tous les jours pour effacer le mal et faire le bien, Il ne suffit pas de connaître ses défauts et ses faiblesses, il faut les vaincre et de les éliminer, car des erreurs on en fait, il faut les rectifier immédiatement, ne pas les ignorer, pour retrouver cette force morale qui renforce la volonté de rechercher à faire le bien aux autres.

L'homme doit fuir le vice qui est un défaut, dire non à la tentation, aux plaisirs inutiles, aux caprices ce qui est contraire au bonheur et pratiquer la vertu qui est une qualité, la force d'une chose, c'est ce qui lui permet de bien agir, à pratiquer les vraies valeurs de sa vie.

C'est cette Force qui balaiera les obstacles et vaincra des difficultés que l'on rencontre tous les jours. On la trouvera en notre possession, dans une parfaite maîtrise. La Force, n'exécute que les œuvres conformes à la loi morale; et c'est la Sagesse, marchant de pair avec la Force, qui nous garantit qu'il en soit ainsi.

L'homme primitif, après des efforts sans relâche, n'a-t-il pas réussi à allumer un feu ? Pour moi c'est un exemple d'être persévérant, on arrive toujours au bout de nos difficultés, qui nous semblent insurmontables et cela je le ferai tant que ma force morale me tiendra debout.

Ainsi LA BEAUTE permet une esthétique associant la Sagesse et la Force. Elle couronnera l'œuvre commune de la Sagesse et de la Force en apportant à l'édifice ce qui lui manque encore; l'harmonie, l'unité, la paix, le contentement. La Beauté orne et illustre le bel ordonnancement du monde.

La connaissance de soi, œuvre de la sagesse, la maîtrise de soi, œuvre de la force, trouvent leur achèvement dans le perfectionnement de soi, œuvre de la beauté. Car la beauté réside dans la perfection et dans les efforts qui tendent à celle-ci. La tolérance, la patience, la clémence, la bienveillance, l'amour du Frère et du prochain sont à nos yeux des expressions manifestes de la beauté et de l’harmonie.

Faisons parler notre cœur pour y lire la beauté, elle est personnelle et intime chaque homme ne voit pas le concept du beau de la même manière, nos regards et nos critiques ne sont pas les mêmes, qu'elle soit physique, morale ou matériel, le regard est différent.

En conclusion, je me suis dit que l'on a 2 vies, la première, où est-elle passée?

Je cherche une réponse, je pensais avoir jusqu'à présent eu la connaissance nécessaire et suffisante pour être sur le bon chemin, en fait ce n'est que la surface de moi qui est à la lumière, à la l'intérieur de moi je suis encore dans les ténèbres -

La deuxième vie commence véritablement le jour où l'on se rend compte qu'on en a qu'une, en ayant les vertus, par la Sagesse qui guide nos pas, nos pensées, nos vraies connaissances, avec pour soutien la Force afin d’être en Beauté pour orner avec toutes les personnes qui nous entourent dans ce monde ou malheureusement la violence est présente tous les jours.

Pour cela, ces trois vertus sont avec nous de tout temps comme une lumière intérieure. Elles ne demandent qu’à rayonner, à animer notre vie, à éclairer nos pensées et nos actes. Elles sont puissances en devenir, comme des clefs qu’un Grand Architecte nous aurait confiées. Ces lumières-vertus sont des clefs qui ouvrent à la vraie vie, faut les utiliser pour apporter à l'extérieur la joie qui est dans nos cœurs, l’amour parmi les hommes et la paix sur la terre.

C.°.P.°. R L « Lune et Soleil d’Écosse » à l’O.°. d’Aix en Provence, GLSREP.

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 18:24

Comment définir la Kabbale ? En tant que tradition orale (enseignement transmis de génération à génération sous forme de récits, de légendes, ...), la kabbale est probablement aussi lointaine que la date de rédaction du Pentateuque (recueil des cinq premiers livres de la Bible). Si l'on considère que les textes ayant inspiré les volumes les plus anciens du Pentateuque (la Genèse en particulier) ont été rédigés au IXème ou Xème siècle avant Jésus-Christ, la kabbale orale aurait donc 3000 ans. En tant que tradition écrite, la kabbale voit le jour en plein Moyen-âge. Le Bahir (sefer ha bahir - "Livre de la Clarté") est considéré comme le tout premier écrit appartenant à la littérature de la kabbale. Cet ouvrage apparaît en France au XIIème siècle après Jésus-Christ, la date précise de parution ainsi que son auteur sont inconnus. Le fleuron de la kabbale écrite reste le Zohar (sefer ha zohar, "Livre de la Splendeur") attribué à l'espagnol Moïse de Leon (XIIIème siècle)

Si l’on s’en tient à WP, Le mot « kabbale » (Qabalah en hébreu) signifie « réception » au sens le plus général, le terme est parfois interprété comme « tradition ». Le Kabbaliste est donc celui qui a reçu (de l'hébreu קיבל Qibel) la tradition (l’initiation).

Le mot Kabbale ne désigne pas un dogme, mais un courant à l'intérieur du judaïsme et un état d'esprit. Plus qu'une simple origine étymologique, "recevoir" est une clé de compréhension du processus de restauration.

C’est aussi un ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l'homme et l'univers, qui prend racine dans les traditions ésotériques juives.

Cette définition très académique ne rend pas bien compte de l'universalité de la Kabbale et de la richesse de l’ensemble des thèmes qu'elle aborde.

La kabbale est un outil d'aide à la compréhension du monde dans le sens qu'elle nous incite à en modifier notre perception que nous appelons "la réalité" malgré la subjectivité de notre perception. Pour ce faire, la Kabbale met à notre disposition un diagramme synthétique : l'Arbre des Sephiroth, des clés de lecture pour de multiples ouvrages et un foisonnement de concepts (degrés de significations, contractions, etc...).

La kabbale est un véritable traité ésotérique sur l’origine, la nature et les destinées du monde, qui suit mais aussi prolonge et interprète à sa façon la Bible.

La kabbale propose en outre des réponses aux questions essentielles concernant l'origine de l'univers, le devenir de l'homme et son rôle. C'est à la fois un extraordinaire outil de travail sur soi et un moyen puissant d'appréhender les autres systèmes de pensée. Cela peut rappeler certaines réflexions que nous avons eues dans le cabinet du même nom lors de notre initiation maçonnique.

Dans Morals And Dogma, Albert Pike(Américain, Elu Grand Commandeur en 1859 du rite Ecossais ancien et accepté et qui le resta pendant trente-deux ans, jusqu'à la fin de sa vie) déclare que la franc-maçonnerie est un produit de la kabbale de par ses origines ésotériques. Notamment le 32eme degré du rite écossais. Jusqu’en 1964, aux Etats- Unis la kabbale était remise au maçon qui arrivait au 14eme degré.

Morals and Dogma ou la Morale et le dogme a été décrit comme "une collection de trente-deux essais qui fournissent une justification philosophique pour les degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Il fournit une toile de fond pour les différents degrés du rite en donnant des leçons de religion comparée à l'histoire et la philosophie"

Le thème du kabbalisme a été en outre repris par nombre de nouveaux mouvements religieux, dont le « Centre de la Kabbale » qui connaît depuis les années 1980 une certaine notoriété auprès des personnalités du show-business, dont la très emblématique chanteuse Madonna. Toutefois ce mouvement est dénoncé comme imposture par les rabbins traditionalistes.

La Kabbale propose des réponses aux problèmes fondamentaux sans les éluder. Ainsi elle considère que le Néant et le Mal font partie intégrante de la création. Aucun sujet n'est vil à ses yeux : le doute, la souffrance, l'égoïsme, le sexe, le plaisir, nourrissent ses débats. La Kabbale contribue à briser les carcans de la pensée et de la morale (bien sûr pour cela elle construit d'autres carcans qu'elle incitera à détruire : la certitude est vue comme une erreur consentie- on parle alors de vérité relative - qu'il faudra piétiner comme on piétine les marches d'un escalier afin de s'élever).

La Kabbale accorde les contraires apparents en dévoilant les paradoxes et en proposant de les résoudre. Des notions aussi éloignées que celles de forme et de force, de raison et de foi, d'inertie et de mouvement s'interpénètrent et prennent leur sens dans leur complémentarité, dans leur interchangeabilité, et non dans leur stricte opposition.

Cette notion s'illustre parfaitement dans l'Arbre des Sephiroth (l’arbre de vie) où des ensembles de symboles très divers sont reliés entre eux. La kabbale ne montre pas seulement l'aspect illusoire de la dualité mais lui accorde un rôle crucial : la dualité est le moteur de l'expansion de notre conscience, un puissant facteur de progrès. L'homme ne marche que parce que les forces de frottement s'opposent à sa marche, sans ces obstacles sous les semelles, il glisserait sur place.

Après ces généralités nous allons rentrer dans le vif du sujet par l’approche de l’arbre séphirotique ou l’arbre des Sephiroth (sans s car c’est un nom pluriel)

La Kabbale (aperçu)

Les Sephiroth (en hébreu ספירות) sont les 10 puissances créatrices listées par la Kabbale dans son approche mystique du mystère de la Création. Chaque Sephira est l'émanation d'une énergie du Dieu Créateur. Ces puissances divines manifestent dans la création du monde fini le Pouvoir Suprême de l'Infini. Les traités de Kabbale présentent souvent les Sephiroth sous la forme d'un Arbre de Vie.

Les sephiroth, littéralement "émanations", "numérations" ou encore "nombres", sont les étapes, les épreuves, les champs de conscience, les forces en action dans la réalité perçue.

L'Arbre en comporte 10, schématisées par des cercles. La figure ci-dessus montre la disposition usuelle des sephiroth ce sont les nœuds d’intersection des ‘sentiers’.

Il faut noter que l'apparente verticalité de l'Arbre ne préjuge pas de la supériorité de telle ou telle séphire. (En hébreu, "sephiroth" est un pluriel du genre féminin. Au singulier, on emploiera le mot "sephirah" ou "séphire").

Après les sephiroth nous voyons les ‘sentiers’ qui relient les sephitroth entre eux et qui représentent leurs différentes interactions.

Ils peuvent être perçus soit comme des combinaisons de forces, soit comme des zones de transition ou encore des canaux ou des chemins.

Voici quelque chose qui va nous rappeler quelque chose : nous avons 3 piliers sur notre arbre de vie :

  • La colonne de droite (en hébreu, kav yamin) est dominée par Chokhmah. C'est Yakhin ou Jakin la blanche, le pilier de la force, des tendances masculines. Les Sephiroth de ce pilier (Chokhmah, Chesed, Netzach) correspondent à des états actifs. Ce pilier est dominé par les principes actifs, de construction, de kinétique.
  • La colonne de gauche (en hébreu, kav smol) est dominée par Binah. C'est Boaz la noire, le pilier de la forme, des aspects féminins. Les Sephiroth de ce pilier (Binah, Geburah, Hod) correspondent à des états de structure passifs. Ce pilier est dominé par les symboliques passives de statique, de destruction.
  • La colonne centrale est dominée par Kether, et est appelée le pilier de l'équilibre, ou de la conscience. Les Sephiroth de ce pilier (Kether, Tipheret, Yesod et Malkuth) traduisent un équilibre entre force et forme, mâle et femelle, action et structure : ils correspondent à des états de conscience équilibrée.

Il n'y a aucune discontinuité entre les chemins qui sillonnent l'Arbre. Ainsi les Sephiroth elles-mêmes font partie du parcours initiatique de l'Arbre. En ce sens, la Kabbale considère qu'il existe 32 sentiers : les 10 Sephiroth plus les 22 voies qui les relient.

Il est préférable de représenter les sentiers par des canaux et non pas par de simples lignes ténues. Cela permet d'introduire dans l'Arbre la notion d'écoulement, de flux alimentant notre réalité.

La numérotation des éléments de l'Arbre n'est pas arbitraire. Elle correspond à une succession de forces qui s'équilibrent jusqu'à la 10ème et ultime séphirah. L'ordre des sephiroth montre que l'Arbre est en fait inversé : la première sephirah, associée à la racine de l'Arbre, est située en haut tandis que la dixième sephirah, liée au sommet, se trouve en bas. La numération des sentiers correspond aux étapes de construction de l'Arbre. Elle schématise les ajustements et les équilibrages nécessaires au déploiement complet de l'Arbre.

Nous voyons sur les images précédentes la numérotation non arbitraire des sephiroth ainsi que des sentiers. Sur la représentation à droite nous avons les noms sephiroth

Sans même connaître les attributs des sephiroth, il est déjà possible de les relier entre elles, en suivant l'ordre des chiffres qui leur sont associés.

Cette opération fait apparaître une figure connue sous le nom d'éclair fulgurant. Elle symbolise l'étincelle divine engendrant l'univers. Une analogie intéressante peut être celle du précipité : dans une solution chimique, l'adjonction d'une certaine substance ou l'effet d'un influx électrique fait apparaître une matière dense (la dixième séphire).

Il y a trois lignes qui apparaissent derrière la première séphirah et qui représentent les trois voiles du non-manifesté. Cet éclair pourrait nous faire penser à l’épée flamboyante présente sur le plateau du vénérable. En effet dans « flamboyante » le nom indique un rapport avec la foudre ou l’éclair. Le rôle dévolu au Vénérable Maître est de créer un espace sacré où pourra se vivre l’initiation, ainsi que de pouvoir préserver cet espace. À cet effet, le Vénérable Maître dispose de l’Épée Flamboyante pour transmettre l’énergie créatrice de l’Orient éternel. Le mot qui, traduit de l’Hébreu, qualifie la lame de « l’épée flamboyante » est le verbe « se tourner, changer ». Il s’agit donc d’une épée qui tourne, qui s’agite, d’où son caractère dit flamboyant. En effet, cette racine hébraïque montre que l’épée flamboie parce qu’elle est le feu elle-même et parce qu’elle réfléchit la lumière solaire d’où elle se charge. Le double tranchant de la lame a entre autre cette fonction : celle de porter le feu de la création pour donner vie à l’initié. Il y a bien entendu d’autres fonctions de cette épée mais nous ne traiterons pas de cela aujourd’hui : ce n’est pas notre propos.

Revenons donc à notre arbre dont j’ai reporté plus haut les différents noms des séphiroth. Je vais vous donner la signification synthétique de chaque sephirah. Toutefois la multiplicité des significations des sephiroth, suivant le plan sur lequel on se situe (macrocosmique ou microcosmique), se reflète dans la diversité des noms et des symboles associés à chaque sephirah. C’est donc une signification vraiment synthétique que je vous livre :

  • Kether qui signifie Couronne, symbolise le point primordial, la vaste contenance, la tête blanche, l'existence des existences, l’homme primordial.
  • Chokmah qui signifie Sagesse, symbolise le père suprême, le yod, le tétragramme, le débordement.
  • Binah : qui signifie Compréhension, la mère sombre, la mère stérile, la mère lumineuse, la mère féconde, le trône, la grande mer
  • Chesed : la Miséricorde bienveillance, amour, majesté
  • Geburah : la Sévérité La justice, la force, la rigueur
  • Tiphereth : la Beauté l'équilibre, la moindre contenance, le roi, le fils, l'homme
  • Netza'h : la Victoire fermeté, puissance, synthèse
  • Hod : la Gloire
  • Yesod : le Fondement,la fondation, le trésor des images
  • Malkuth : le Royaume, Kallah [la fiancée] , le seuil, le seuil de la mort, le seuil des larmes, le seuil du jardin d'Eden, la Shekinah, la mère inférieure, la reine, la vierge…

Voici dans ces vraiment très grandes lignes la base théorique de la Kabbale. Je voudrais juste préciser un point :

pour différencier le MACROCOSME (l'univers) du MICROCOSME (l'homme), l'Arbre pivote sur son axe : ainsi Chokmah échange sa place avec Binah, Chesed avec Geburah, Netza'h avec Hod, les quatre autres sephiroth eux ne bougent pas. Ce basculement de l'arbre sur son axe est une illustration du principe d'inversion. C’est un effet miroir puisque la bascule n’est pas horizontale mais verticale.

Vous aurez également noté que dans l’arbre sephirotique nous retrouvons les noms de nos 3 colonnettes : Sagesse, Beauté et Force

Robert Ambelain dans son ouvrage la Kabbale Pratique, avait découpé son étude en 2 parties : Les éléments doctrinaux et les éléments opératifs. Dans les 1ers il décrivait l’origine, la genèse, les éléments métaphysiques et les « existences » divines notamment les séphirots dans les cinq mondes.

Dans la 2eme partie il rentrait dans la partie pratique de la mise en œuvre de la Kabbale. Il indiquait tout ce qui devait être fait et su pour œuvrer opérativement.

Bien que Robert Ambelain fut passionné d’ésotérisme, pour autant peut on dire que la kabbale a une influence directe sur la Franc-Maçonnerie ? Si l’on s’en tient à certains auteurs, rien n’est moins sûr. Tout d’abord pour la bonne et simple raison que les juifs ne furent admis dans les loges que bien tardivement. Le corps spirituel de la Franc Maçonnerie était déjà établi et qu’en plus on ne peut pénétrer la kabbale sans un bagage religieux adéquat ce qui était loin d’être le cas pour la plupart des frères au 18eme.

Quels peuvent être alors les similitudes entre la Kabbale ou le judaisme et la FM ?

Certains auteurs ont trouvé au contraire bien des points communs :

Tout d’abord la valeur du travail, on sait que le maçon est invité à travailler sur lui-même, à polir continuellement sa pierre, à se perfectionner lui-même avant de chercher à améliorer le monde. La symbolique maçonnique, avec les outils du constructeur et le tablier, témoigne de cette orientation primordiale. Le judaïsme connaît lui aussi cette valorisation du travail, qui prend évidemment sa source dans la Torah. Avant même d’être chassé du jardin d’Eden et de devoir travailler à la sueur de son front, Adam devait déjà entretenir le jardin.

Il en découle une foi commune en la perfectibilité de l’homme. La franc-maçonnerie constitue de ce fait une utopie de la modernité, elle pense ou espère que l’homme peut s’améliorer et améliorer le monde. Elle y tend mais l’Homme (j’ai mis une majuscule pour l’homme en général) peut-il vraiment aller uniquement vers le bien ? Il doit y avoir beaucoup de facteurs convergents pour que l’Homme tende vers le bien et s’y tienne.

Un point à rapprocher entre la FM et le judaisme serait l’absence de Dogme. La franc- maçonnerie ne propose ni n’impose aucun dogme. Elle a même érigé en dogme cette aversion pour le dogme !! On est dans le cas « il est interdit d’interdire ». N’ayant pas de doctrine la FM est donc une méthode d’appréhension de soi et du monde.

Par contre quelque chose de plus intéressant permet de faire un lien entre les deux disciplines : La kabbale associe à chaque lettre une valeur numérique donc chaque mot à sa propre valeur numérique qui correspond à la somme des valeurs numériques de chaque lettre. Cette vraie valeur des mots est à l’origine de l’importance de l’épellation dans le rite maçonnique. Cela ne nous rappelle t-il pas quelque chose ?

Pour conclure j’avoue que le parallèle qu’il peut y avoir entre la Kabbale et la Franc Maçonnerie est difficile à cerner pour plusieurs raisons, si l’on s’en tient à certains auteurs que je cite plus haut, la kabbale ne peut être à l’origine ou avoir participé à la création de la FM. Pourtant après avoir lu ce j’ai lu sur le sujet, rien n’est moins sûr ! Il y a vraiment beaucoup de similitudes, d’autant que certains prétendent que la Kabbale serait d’origine Egyptienne et serait même à l’origine des templiers et des Rosi-Cruciens. Donc est-ce au 18eme et 19eme que la FM a puisé dans la Kabbale ou est-ce bien antérieurement que le rapprochement a été fait ? Peut être nous pouvons y voir un cheminement commun aux traditions authentiques. Pour se faire la meilleure idée, il est bon de lire ou relire la kabbale en ayant en arrière pensée notre rituel et là, la lumière jaillit. En ce qui me concerne j’ai l’intime conviction que la Kabbale et la Franc-maçonnerie sont intiment liées du fait de leur caractère authentiquement traditionnel.

Au terme de cette approche, nous avons plus de questions posées que de réponses. apportées.

Nous voyons sur les images précédentes la numérotation non arbitraire des sephiroth ainsi que des sentiers. Sur la représentation à droite nous avons les noms sephiroth

Sans même connaître les attributs des sephiroth, il est déjà possible de les relier entre elles, en suivant l'ordre des chiffres qui leur sont associés.

Cette opération fait apparaître une figure connue sous le nom d'éclair fulgurant. Elle symbolise l'étincelle divine engendrant l'univers. Une analogie intéressante peut être celle du précipité : dans une solution chimique, l'adjonction d'une certaine substance ou l'effet d'un influx électrique fait apparaître une matière dense (la dixième séphire).

Il y a trois lignes qui apparaissent derrière la première séphirah et qui représentent les trois voiles du non-manifesté. Cet éclair pourrait nous faire penser à l’épée flamboyante présente sur le plateau du vénérable. En effet dans « flamboyante » le nom indique un rapport avec la foudre ou l’éclair. Le rôle dévolu au Vénérable Maître est de créer un espace sacré où pourra se vivre l’initiation, ainsi que de pouvoir préserver cet espace. À cet effet, le Vénérable Maître dispose de l’Épée Flamboyante pour transmettre l’énergie créatrice de l’Orient éternel. Le mot qui, traduit de l’Hébreu, qualifie la lame de « l’épée flamboyante » est le verbe « se tourner, changer ». Il s’agit donc d’une épée qui tourne, qui s’agite, d’où son caractère dit flamboyant. En effet, cette racine hébraïque montre que l’épée flamboie parce qu’elle est le feu elle-même et parce qu’elle réfléchit la lumière solaire d’où elle se charge. Le double tranchant de la lame a entre autre cette fonction : celle de porter le feu de la création pour donner vie à l’initié. Il y a bien entendu d’autres fonctions de cette épée mais nous ne traiterons pas de cela aujourd’hui : ce n’est pas notre propos.

Revenons donc à notre arbre dont j’ai reporté plus haut les différents noms des séphiroth. Je vais vous donner la signification synthétique de chaque sephirah. Toutefois la multiplicité des significations des sephiroth, suivant le plan sur lequel on se situe (macrocosmique ou microcosmique), se reflète dans la diversité des noms et des symboles associés à chaque sephirah. C’est donc une signification vraiment synthétique que je vous livre :

  • Kether qui signifie Couronne, symbolise le point primordial, la vaste contenance, la tête blanche, l'existence des existences, l’homme primordial.
  • Chokmah qui signifie Sagesse, symbolise le père suprême, le yod, le tétragramme, le débordement.
  • Binah : qui signifie Compréhension, la mère sombre, la mère stérile, la mère lumineuse, la mère féconde, le trône, la grande mer
  • Chesed : la Miséricorde bienveillance, amour, majesté
  • Geburah : la Sévérité La justice, la force, la rigueur
  • Tiphereth : la Beauté l'équilibre, la moindre contenance, le roi, le fils, l'homme
  • Netza'h : la Victoire fermeté, puissance, synthèse
  • Hod : la Gloire
  • Yesod : le Fondement,la fondation, le trésor des images
  • Malkuth : le Royaume, Kallah [la fiancée] , le seuil, le seuil de la mort, le seuil des larmes, le seuil du jardin d'Eden, la Shekinah, la mère inférieure, la reine, la vierge…

Voici dans ces vraiment très grandes lignes la base théorique de la Kabbale. Je voudrais juste préciser un point :

pour différencier le MACROCOSME (l'univers) du MICROCOSME (l'homme), l'Arbre pivote sur son axe : ainsi Chokmah échange sa place avec Binah, Chesed avec Geburah, Netza'h avec Hod, les quatre autres sephiroth eux ne bougent pas. Ce basculement de l'arbre sur son axe est une illustration du principe d'inversion. C’est un effet miroir puisque la bascule n’est pas horizontale mais verticale.

Vous aurez également noté que dans l’arbre sephirotique nous retrouvons les noms de nos 3 colonnettes : Sagesse, Beauté et Force

Robert Ambelain dans son ouvrage la Kabbale Pratique, avait découpé son étude en 2 parties : Les éléments doctrinaux et les éléments opératifs. Dans les 1ers il décrivait l’origine, la genèse, les éléments métaphysiques et les « existences » divines notamment les séphirots dans les cinq mondes.

Dans la 2eme partie il rentrait dans la partie pratique de la mise en œuvre de la Kabbale. Il indiquait tout ce qui devait être fait et su pour œuvrer opérativement.

Bien que Robert Ambelain fut passionné d’ésotérisme, pour autant peut on dire que la kabbale a une influence directe sur la Franc-Maçonnerie ? Si l’on s’en tient à certains auteurs, rien n’est moins sûr. Tout d’abord pour la bonne et simple raison que les juifs ne furent admis dans les loges que bien tardivement. Le corps spirituel de la Franc Maçonnerie était déjà établi et qu’en plus on ne peut pénétrer la kabbale sans un bagage religieux adéquat ce qui était loin d’être le cas pour la plupart des frères au 18eme.

Quels peuvent être alors les similitudes entre la Kabbale ou le judaisme et la FM ?

Certains auteurs ont trouvé au contraire bien des points communs :

Tout d’abord la valeur du travail, on sait que le maçon est invité à travailler sur lui-même, à polir continuellement sa pierre, à se perfectionner lui-même avant de chercher à améliorer le monde. La symbolique maçonnique, avec les outils du constructeur et le tablier, témoigne de cette orientation primordiale. Le judaïsme connaît lui aussi cette valorisation du travail, qui prend évidemment sa source dans la Torah. Avant même d’être chassé du jardin d’Eden et de devoir travailler à la sueur de son front, Adam devait déjà entretenir le jardin.

Il en découle une foi commune en la perfectibilité de l’homme. La franc-maçonnerie constitue de ce fait une utopie de la modernité, elle pense ou espère que l’homme peut s’améliorer et améliorer le monde. Elle y tend mais l’Homme (j’ai mis une majuscule pour l’homme en général) peut-il vraiment aller uniquement vers le bien ? Il doit y avoir beaucoup de facteurs convergents pour que l’Homme tende vers le bien et s’y tienne.

Un point à rapprocher entre la FM et le judaisme est l’absence de Dogme. La franc- maçonnerie ne propose ni n’impose aucun dogme. Elle a même érigé en dogme cette aversion pour le dogme !! On est dans le cas « il est interdit d’interdire ». N’ayant pas de doctrine la FM est donc une méthode d’appréhension de soi et du monde.

Par contre quelque chose de plus intéressant permet de faire un lien entre les deux discipline : La kabbale associe à chaque lettre une valeur numérique donc chaque mot à sa propre valeur numérique qui correspond à la somme des valeurs numériques de chaque lettre. Cette vraie valeur des mots est à l’origine de l’importance de l’épellation dans le rite maçonnique. Cela ne nous rappelle t-il pas quelque chose ?

Pour conclure j’avoue que le parallèle qu’il peut y avoir entre la Kabbale et la Franc Maçonnerie est difficile à cerner pour plusieurs raisons, si l’on s’en tient à certains auteurs que je cite plus haut, la kabbale ne peut être à l’origine ou avoir participé à la création de la FM. Pourtant après avoir lu ce j’ai lu sur le sujet, rien n’est moins sûr ! Il y a vraiment beaucoup de similitudes, d’autant que certains prétendent que la Kabbale serait d’origine Egyptienne et serait même à l’origine des templiers et des Rosi-Cruciens. Donc est-ce au 18eme et 19eme que la FM a puisé dans la Kabbale ou est-ce bien antérieurement que le rapprochement a été fait ? Peut être nous pouvons y voir un cheminement commun. Pour se faire la meilleure idée, il est bon de comprendre la kabbale en ayant en arrière pensée notre rituel et là, la lumière jaillit. En ce qui me concerne j’ai l’intime conviction que la Kabbale et la Franc-maçonnerie sont intiment liées. (...)

 

Chris.°. Mart.°.  RL "Les Ecossais de Saint Jean" à l'O.°. de HYERES.

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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 08:23

Si nous avons choisi aujourd’hui de vous proposer une approche plus philosophique du « silence », c’est tout simplement pour que ce travail nous donne à réfléchir, à nous interroger, qu’il nous incite à questionner ce silence, non pas pour le démasquer mais pour écouter ce qu’il a, à nous dire, ce que nous avons à nous dire.

Mais comment, tout d’abord, pouvons-nous donner un sens au silence ?

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, pour donner un sens au silence, il nous faudra le faire parler, l’habiller de mots, lui donner un sens que l’on soupçonne, transformer l’interrogation qu’il présente en tentatives rhétoriques.

Mais qu’est-ce donc que le silence ?

Dans son sens originel, le silence est l'état de la personne qui s'abstient de parler ; dans son sens le plus courant, c'est l’absence de bruits, de sons indésirables, de tout ce qui est audible.

Il peut être également valorisé (comme étant parfois la meilleure réponse). « la parole est d'argent mais le silence est d'or » « parce que c’est aussi une forme de discrétion » ; il existe beaucoup d'expressions ou citations sur le silence.

Dans la vie profane, la société valorise la communication : le silence y est alors considéré par opposition comme nocif ( « on doit briser la loi du silence » .. une attitude silencieuse inquiète, intrigue ses interlocuteurs).

Mais encore !

Soulignons en premier lieu, le caractère décalé presque inaccessible du silence dans notre quotidien à travers nos comportements sociaux. Dans nos villes où nous sommes assaillis par la prolifération des bruits de toutes sortes, médias, sonneries de téléphones portables, klaxons, musique d’ambiance, le silence en devient presque inquiétant, étrange ou plutôt étranger à l’homme. Il fait figure d’exception dans notre quotidien et il est de plus en plus rare dans nos vies actives, il occupe de moins en moins de place.

Dans toutes les activités de l’homme, ne cherche-t-il pas justement à se projeter en dehors de lui-même, de façon à fuir ce silence intérieur qu’il sait présent mais oh combien inquiétant ? Quel est donc ce silence que l’homme cherche à fuir ?

Le silence semble être vécu comme un vide angoissant, un non être, comme si en faisant silence, on perdait la véritable notion des choses et l’on s’aventurait dans un monde inconnu, qui nous est fondamentalement étranger.

Il n’est effectivement pas facile d’appréhender le véritable silence, ce silence intérieur dont Pascal disait : « c’est dans le divertissement que l’homme se perd et dans le silence qu’il se trouve ». Au silence reviendrait donc, une épaisseur d’être, une valeur ontologique, une réalité qui serait constitutive de l’être spirituel que nous sommes.

Pourquoi devons-nous rechercher le silence ?

La première leçon du Boudha est « fais silence en toi et écoute ».

Comme il vient d’être dit, dans la vie profane, tout bouillonne : nos vies quotidiennes, les rythmes de travail (chronophages) , les idées , les ressentis , les projets , les déceptions…...aussi il est nécessaire de temps en temps de faire silence …..afin de percevoir ce qui se passe vraiment en nous , au delà de tout ce brouhaha ambiant …..faire silence pour se dégager de ces choses futiles et bien souvent superficielles qui nous envahissent au quotidien.

Aussi, lorsque reçue A. : il m'a été imposé le silence , je ne l'ai pas vécu comme une brimade , bien au contraire !!

Médusée par tout ce que je voyais et entendais lors des premières tenues, le silence m’est rapidement apparu comme un refuge salvateur, une manière de me mettre en capacité d'appréhender peu à peu mes premiers pas d'A.°. En toute sérénité, au calme... il me permettrait de m’imprégner de mon rite et de m'isoler mais pas dans la solitude.

Peu à peu, je comprenais que le silence allait me permettre d'accéder à une plus grande conscience, qu'il était une invitation à prendre le temps , non seulement d'écouter mais surtout d'entendre ce que mes F. : et S. : , l'Autre , avait à nous dire .

Puis le silence s’imposât comme un outil supplémentaire dans mon chemin maçonnique, outil qui allait m’être fort utile par la suite et encore aujourd’hui ..tel une mise en pratique du célèbre « connais-toi toi-même de Socrate ».

Mais quelle réalité exprime-t-il ? Peut-on seulement la nommer ?

Revenons un instant dans les couloirs du temps.

Le silence est immatériel, il est le temps du recueillement, de la réalisation morale de l’action, du constat de l’instant.

Dans la Genèse, Dieu crée le monde en six jours en le nommant « Aux premiers temps était le Verbe et le Verbe était Dieu ». Le Silence du 7ème jour correspond donc à une période de repos, un temps consacré à la contemplation de la réalisation.

Tout instant de silence semble donc bien donner au Temps sa pleine densité ainsi que son envergure temporelle. La minute de silence lors d’une cérémonie de commémoration ne semble-t-elle pas longue, ne perçoit-on pas comme une espèce de soulagement dans l’assemblée lorsqu’elle se termine ?

Le Silence nous fait il peur ?

Assurément oui je pense, car chacun redoute qu'avec lui, l'armure puisse se fendre, face au miroir , face à nous même ...

On le redoute car on craint qu'il ne nous renvoie à notre propre solitude et c'est une erreur car selon moi, le silence est un véritable compagnon de route maçonnique :

En faisant l'effort de chercher pourquoi il est imposé aux A. : on en comprend mieux la valeur et les enseignements.

Que nous apporte-t-il en réalité ?

Savoir se taire, ce sont les premiers pas vers la sagesse ; on apprend le silence et notre esprit se transforme petit à petit.

Parler pour parler demande peu d'efforts mais écouter l'autre demande une grande attention (voire de gros efforts pour certains ou certaines); aussi le silence devient un nouvel outil permettant de se construire et pour apprendre à écouter.

Au grade d'A.°., il est donc primordial car l'apprentissage se fait essentiellement par l'observation et l'écoute .

Il y a donc bien un temps pour se taire et un autre temps pour parler.

A l’intérieur du Temple, le silence du Rituel permet l’extension de la temporalité, il ne tient aucunement compte de l’écoulement du temps profane car le maçon travaille de midi à minuit. Le silence prend ainsi toute sa signification, toute sa place dans cet espace où règne l’intemporalité.

Pour le Maçon, le Silence revêt plusieurs niveaux de sens.

Il constitue, en premier lieu, le creuset du rapport à lui-même à travers la symbolique qui lui est proposée lors de son séjour dans le cabinet de réflexion. Le silence qui y règne est propice à l’interprétation des symboles présents. Le silence prend ici, ses racines dans une tradition initiatique qui remonte à une époque où les livres étaient rares, voire inexistants. Qui voulait s’instruire devait, avant tout, observer, méditer et se taire. L’usage de la parole se voulait révérencieuse. La seule attitude de l’apprenti, du néophyte ou de l’apprenant, était la pratique du silence, pour pouvoir entendre l’enseignement du Maître.

« S’interdire de parler pour s’astreindre à écouter est une excellent discipline intellectuelle lorsque l’on veut apprendre à penser ».

Le Silence pourrait donc se définir comme outil de maîtrise de l’impulsivité verbale.

Il n’est pas nécessaire d’user de la parole pour travailler et mériter salaire : voilà un des enseignements ce que j’ai retiré après deux ans passés sur la Colonne du Nord.

Pour l’A. : (comme pour encore le C.°. ) le silence doit lui permettre de freiner ses impulsions , sa bouillonnante et première envie d’intervenir et de prendre la parole en Loge .

Il bride son égo.

Loin de nous priver de nos autres sens, le silence bien au contraire les renforce, pour une meilleure réflexion .

le Silence est une véritable discipline spirituelle : « se taire et écouter « puis « écouter et se taire « :

Voilà deux étapes successives que j’ai appréhendé au cours de mon apprentissage : dans un 1er temps, on se tait pour pouvoir écouter au mieux ; dans un 2nd temps, on a bien entendu mais on se tait, on n’intervient pas, car ce n’est pas encore le moment.

Le silence réduit l’impulsivité verbale parce qu’au-delà de la tranquillité et de la concentration nécessaire à la compréhension de ce qui se passe en tenue, il permet de se contrôler, de faire preuve d’humilité et de tempérance.

Il permet, comme le professait SENEQUE, d’imposer le silence à ses passions……et pas seulement lorsque l’on est apprenti.

Pendant tout le cheminement initiatique du franc-Maçon, ce rapport au silence sera la condition de sa maturation de sa pensée. Toute parole qui prend son sens au sein du rituel porte en elle ce souffle du silence que l’on perçoit à travers le temps que l’on prend pour le dire.

Pour le Franc-Maçon, faire silence n’est pas une invitation mais son devoir, cela devient le silence de l’écoute et de l’humilité. Le silence est également celui du Frère ou de la Sœur qui n’interrompt pas celui qui après l’avoir demandé, a obtenu la parole. Dans le Temple, l’on demande la parole alors que l’on garde le silence. Le silence reste donc la règle, le recours à la parole, l’exception.

Le Silence est donc l’outil de maîtrise de l’impulsivité verbale avant de devenir celui qui permettra l’éveil de l’Initié.

le Silence de l’Eveil :

Le Silence crée les conditions propices à une transformation intérieure et ce, dès le Cabinet de Réflexion ..

Le Rituel et ses silences ouvrent la voie au calme intérieur :

Ainsi, avant d’entrer dans le Temple ,le Maitre des Cérémonies nous appelle au silence sur les parvis. puis le VM. Le silence nous aide à faire le vide et à chasser de nos esprits les 1000 et une choses qui bouillonnaient quelques minutes encore avant que nous n’entrions …

De même, le silence prend une forme physique en ce que nos gestes sont mesurés, la déambulation rythmée , la parole contrôlée .. tout y contribue.

Puis arrive le silence que je qualifierai de mental : le corps au repos à l’écoute de ses F et S.°. , les capacités d’analyse se mettent en éveil .

Accéder au silence, c’est aller au plus profond de soi, un long travail d’alchimiste ; il permet d’atteindre des profondeurs insoupçonnées de l’être et nous conditionne pour devenir partie de l’Egrégore de la Loge.

Mais de quelle façon ?

Le principe même de l’égrégore maçonnique se manifeste par ce silence durant la chaîne d’union, chaîne qui rassemble les esprits et les cœurs. Il unit, bien plus que tout discours, l’intime adhésion de chacun et fait vivre intensément les préceptes de Solidarité et de Fraternité. C’est dans ce silence qui magnifie la symbolique des mains jointes que se révèle la communion des cœurs et des esprits.

En pénétrant dans le temple, c’est bien dans un espace-temps différent que nous entrons, un espace dans lequel le silence, la renonciation au langage donnent au rituel et à la symbolique toute sa force.

Il existe, nous l’avons compris des « temps de silence » comme il existe des « lieux de silence.

Les lieux de culte, quels qu’ils soient, imposent le silence. Dans ces enceintes sacrées, le silence exprime à la fois le rapport au Divin ainsi que « ce qui ne peut pas se dire » devant ce qui nous dépasse. En s’imposant ce silence, nous reconnaissons notre petitesse, face à ce qui nous dépasse, que nous soyons croyants ou non.

Dans un musée, le silence est celui du rapport esthétique à l’œuvre. En faisant silence, nous nous laissons envahir par sa présence, nous en comprenons le sens, le message. Il n’y a que le silence qui nous permet de ressentir l’intégralité du message. La parole est alors hors de propos, incongrue, seul le silence révèle la subjugation des sens devant la beauté.

C’est le lieu, la situation, qui donne pour une grande part le sens à ce que les paroles ne peuvent exprimer. Le silence dévoilé recouvre alors et tait aux yeux du monde, ce que l’âme crie en secret.

Outre le rapport au temps et à l’espace, le silence établit également un rapport à autrui. Il devient alors ce miroir que l’on tend à l’autre afin qu’il contemple lui-même sa colère ou son injustice.

Le silence bénéficie de cette force, de cette particularité qui lui permet, comme une onde, d’absorber et d’annihiler le coup porté. Il n’y a, dans le langage, aucune force brute qui ne se dilue dans le silence de l’interlocuteur.

Mais garder le silence, rester sans voix devant la personne aimée, révèle l’intensité des sentiments portés à la personne. C’est lorsque l’on est éperdument amoureux que l’on perd ses moyens, que l’on ne trouve plus ses mots.

Enfin, par-delà le rapport au temps, à l’espace et à autrui, le silence est ce qui permet la rencontre avec soi-même.

L’absence de mots ébranle notre forteresse intérieure, bouscule nos certitudes et montre la voie pour poursuivre cette quête de ce silence qui nous apaise.

C’est d’ailleurs dans cette « rencontre intérieure » qu’est le silence du méditant qu’apparaît pleinement notre condition d’éternel cherchant. La difficulté « à rester dans le silence » est toujours renouvelée et les enseignements que cela nous apporte toujours différents.

Dans ce silence intérieur, nous écoutons non ce que nous disons, mais ce qui SE dit.

Le silence fait donc partie intégrante du parcours du FM. :

Le silence maçonnique n’est pas seulement imposé à l’intérieur du temple mais aussi à l’extérieur ;

Il y a le silence intérieur auquel nous appelle le VM. : mais aussi le silence qui règne sur les colonnes lors de la fermeture des travaux ; on le retrouve encore pendant la chaine d’union lorsque nos pensées s’unissent pour un F.°. ou une S.°. ou encore un proche qui sont dans la douleur, confrontés à la maladie ( c’est un peu la « minute de silence citoyenne « )

La position à l’ordre est un rappel de l’interdiction de trahir les secrets qui nous été révélés : le silence est donc bien en étroite relation avec le secret, nous ne devons rien révéler de nos travaux, une fois à l’extérieur.

Enfin tout maçon a un devoir de silence et de discrétion concernant la qualité maçonnique d’une S. : ou d’un F. :

Je ne résiste pas à l’envie de vous citer cette phrase de LAO TSEU ( issue du Tao te King ) , qui donne une haute valeur au silence et à sa portée :

« ceux qui connaissent ne parlent pas, ceux qui parlent ne connaissent pas » .

Terminons si vous le voulez bien mes TTCCFF, mes TTCCSS, par une leçon d’humilité. Le paradoxe que nous avions posé au début de ces travaux, nous le retrouvons à la fin de cette planche : pour dire le Silence, il faut l’habiller de mots. Nous sommes donc condamnés à préjuger plus qu’à exposer ce que le silence nous invite à découvrir.

Car il est lieu d’expérience, expérience personnelle s’il en est et indicible par principe, tel est notre secret.

Ainsi, « si le langage est le propre de l’homme », c’est le silence qui figure le lieu de sa plus grande humanité, puisque c’est celui de sa spiritualité.

Le Silence ne se dit pas.

Il est un lieu de découverte et de rencontre de nul autre que soi-même.

Ne plus dire : « Je Pense donc je Suis », mais,

« Je ne suis vraiment ce que je suis que lorsque le « JE » se tait enfin ».

R.°.L.°. Lune et Soleil d’Écosse

O.°. d’Aix En Provence

LS&ML

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 17:00

LE CENTRE

Je me souviens avoir eu beaucoup de mal en tant qu’apprenti à assimiler cette notion abstraite qu’est le centre. Puis par mes observations opérées dans le silence lors des tenues auxquelles j’ai assistées et grâce également aux diverses interventions, j’ai pu peu à peu comprendre enfin pourquoi je tournais de façon dextrocentrique autour du tableau de loge lors de chaque tenue.

La recherche du centre est l’essence même de toute quête initiatique: elle vise la réintégration de l’individu au centre de son être véritable et par là même sa réintégration au sein de l’unité primordiale.

J’envisagerai donc LE CENTRE comme symbole de reliance du point de vue traditionnel au sens large pour ensuite aborder son interprétation et sa place particulière dans la méthode maçonnique.

1° Le centre dans la tradition

Le centre est associé à pratiquement tous les récits et mythes cosmogoniques(1) de la plupart des traditions et religions. René Guenon nous propose l’approche métaphysique du centre suivante : « le point central, c’est le principe, c’est l’être pur ». Il ajoute: « le centre est à la fois le principe et la fin de toutes choses, il est suivant un symbolisme bien connu de l’Alpha et de l’Oméga ».

Pour E :.R :. Le centre est « indéfini » dans le sens où il « n’est pas » mais se retrouve dans « tout ». Il rejoint en ce sens Oswald Wirth qui qualifie le CENTRE étant « sans dimension ».

Plus la science avance et plus les mythes cosmogoniques(1) et la cosmologie(1) semblent concorder: l’univers en perpétuelle expansion est né pour certains scientifiques de l’explosion (la théorie du big bang) d’un point « zéro », centre indéfini, sans dimension, qui n’a ni masse, ni unité gravitationnelle et ni champ magnétique. Ainsi l’univers étant en mouvement constant (certains scientifiques disent qu’au contraire l’univers se contracte désormais), cosmologie, cosmogonie et science de l’être se retrouvent dans le symbolisme axial du centre : l’ordre de l’univers semble s’organiser et se régenter par le mouvement autour d’un axe: chaque planète tourne autour de son propre axe, tournant elle même autour d’un axe dessiné par le soleil qui lui-même est un centre, dispensateur d’une énergie sans laquelle nous ne pourrions pas vivre. Enfin le soleil lui-même tourne t il autour d’un axe en communion avec les autres galaxies. Dans la même idée de centre axial, pour les anciens, le centre est l’unité primordiale qui, bien que semblant immobile, irradie l’univers de son énergie et lui insuffle le mouvement. Ainsi doivent être compris les symboles de la roue sumérienne, de la croix chrétienne, du chrisme constantinien, de la svastika hindoue ou encore de la rosace des cathédrales.

Dans les trois religions du livre, le centre spirituel majeur est Jérusalem; alors que l’on s’entretue pour la suprématie de telle ou telle de ces trois religions selon les époques, ce centre géographique et spirituel nous rappelle que tout émane de lui et que tout revient vers lui. Ainsi chaque croyant part d’un même point et y retourne; chaque religion est une voie propre qui ramène pourtant au même point(les pèlerinages, le vrai jihad)…il en va de même pour chaque initié.

Comme je l’ai dit en préambule, la recherche du centre et sa réintégration préfigure le sens de toute quête initiatique. Tel est le sens du retour de l’homme primordial, l’Adam primordial chez les chrétiens, qui a chuté du monde de l’esprit (paradis/l’Eden) dans le monde de la matière et de l’égo. L’Eden est donc le symbole de l’unité retrouvée, de la sagesse accomplie, l’éveil de l’initié : l’Eden est la terre sainte chez les musulmans, ou encore le Nirvana chez les bouddhistes.

La démarche initiatique consiste donc à faire ce voyage retour vers son centre, voyage dont le trajet n’est pas inconnu mais simplement oublié. Le chemin vers la sagesse ne peut s’opérer que par la transmission de celui qui « sait » envers celui qui a « oublié ». Voici tout l’intérêt de la voie et du chainage initiatique; seul, rien n’est possible.

Nous l’avons vu, en partant de récits et mythes cosmogoniques traditionnels en passant par la cosmologie, de l’échelle la plus grande à la plus petite, tout tourne autour d’un axe, d’un centre. Mais si l’initié ou le croyant doit réintégrer son propre centre, où peut on situer ce dernier au sein de l’homme lui-même ?

On situe généralement ce centre spirituel au niveau du cœur, siège de l’âme. Il contient en son sein la porte d’accès à l’essence de la vie, la vérité ontologique, à l’unité spirituelle primordiale : ne parle-t-on pas de voie du milieu ?

La tripartition chrétienne évalue l’unité d’un individu en son esprit, son âme et son corps. Le cœur étant le siège de l’âme, il occupe une place centrale entre les deux autres. S’il y persiste des déséquilibres, passions pour les chrétiens, vices et métaux pour le maçon, l’ensemble s’en trouve aussi déséquilibré et la voie vers le centre reste occultée par un indicible voile. Ainsi s’explique la démarche de l’initié ou du croyant qui devra lutter contre les maladies de l’âme que sont l’égo, la cupidité, l’instabilité psychique et les passions déréglées. Le cœur est donc la cavité où doit régner l’harmonie et l’équilibre.

Sans rentrer en détail dans le symbolisme lié au christ et à sa croix qui relève de degrés supérieurs, le cœur est le siège de « l’amour » : non pas l’amour vu sous l’aspect humain (rapprochement homme -femme, sexualité etc..) mais l’amour, état véritable de sagesse, d’équilibre et d’harmonie symbole de réintégration accomplie du sage en son centre baigné de lumière. Notons que René Guénon différencie religion et voie initiatique dans le sens où la première attribue le salut à l’âme des défunts tel St Michel pesant le cœur et l’âme du mort (psychostasie que l’on retrouve dans d’autres traditions, égyptienne notamment), alors que la seconde amène à l’éveil des vivants.

Après avoir appréhendé la notion de centre et de reliance à travers la tradition primordiale d’où qu’elle vienne et peu importe la voie choisie, voyons dès à présent comment la méthode maçonnique permet à l’initié d’aller à la recherche de son propre centre.

2° mise en place de la reliance par la recherche du centre dans la méthode maçonnique

La méthode maçonnique enseigne une spiritualité construite sans dogmatisme; selon les rites, elle puise ses sources mythiques dans l’ancien et le nouveau testament, la mythologie égyptienne, l’hermétisme etc…Au cours de son existence et selon les époques, elle s’est également nourrie de très nombreux courants philosophiques ; ainsi la richesse des décors peut en témoigner ce soir. Sans tomber dans un syncrétisme forcené, chaque FF :. Ou SS :. est libre de construire sa propre spiritualité en s’abreuvant de toutes les traditions. D’ailleurs, pour René Guénon dans « La crise du monde moderne », toutes les voies sont valables dans le sens où elles rejoignent « la tradition primordiale ».

Cosmogonie du centre au REP:

La loge est un espace sacré dont la référence mythique est le temple de Salomon où comme dans tous les édifices sacrés se rejoue à chaque ouverture des travaux le grand œuvre, la création de l’univers et l’apparition du miracle de la vie. Le livre sacré choisi est la bible (le REP a été « importé » par les Stuart exilés en France en 1688) ouverte sur le prologue de l’évangile selon St Jean, prologue ayant une portée ésotérique et symbolique des plus abouties et un sens très particulier en regard des autres évangiles. A chaque tenue donc, du chaos primordial nait l’univers par la dispersion et le « rayonnement » de la lumière originelle. Du centre primordial indéfini et sans dimension, la lumière est !

Comme dans toutes les traditions solaires, le soleil qui se lève à l’orient et se couche à l’occident rythme la vie spirituelle de l’initié en loge. En dehors de l’espace et du temps profanes, chaque initié est amené de midi à minuit à travailler sur ce chantier à la fois gigantesque qu’est le temple Salomon (et de l’humanité) et minuscule qu’est son temple intérieur. Avant de rentrer en loge donc à l’intérieur de soi même, le FF :. TER :. demande à ce que chaque FF :., avant de passer par la porte des initiés, abandonne ses métaux et soit en état d’équilibre et d’harmonie afin de cheminer vers son propre centre. Chaque FF :. rentre alors en loge et se met à tourner autour du centre universel qu’est le tableau de loge (recouvert d’un voile noir) et dont l’axe est figuré par le fil à plomb qui part de la polaire. Cette circumambulation dextrocentrée permet de recréer le mouvement universel « solaire » et d’être en harmonie avec tous les centres, tel le pendule qui se charge d’énergie ! Ainsi permet-elle enfin au maçon de s’imprégner de la sagesse, de la beauté et de la force du centre.

Alors débutent les travaux, et le vénérable par son épée flamboyante chargée d’énergie par le soleil/centre irradie la loge de lumière aidé par les FF :. 2nd SUR :. Et 1ER SUR :. : il est en cela le passeur de lumière. Le MAI :. De CER :. Ordonne alors le hékal et allume les trois piliers sagesse, beauté et force, vision trine de l’unité dans le monde manifesté. Tout ceci se passe simultanément en loge et dans le temple intérieur de chaque FF :. Une fois le voile levé par le MAI :. de CER :., le centre lui apparait sous la forme de la représentation mentale qui devra s’imprimer en lui grâce aux symboles présents sur le tableau de loge. Encore faudra t-il maîtriser les symboles pour accéder au centre. Le symbole et sa lecture sont la clé d’accès au centre.

L’initiation au REP et le centre :

La cérémonie d’initiation a pour fonction de réordonner le profane et de le mettre en condition pour recevoir la lumière. Mais cette lumière est déjà en lui mais il l’a oubliée, c’est ce que nous explique Maitre Eckart et sa doctrine d’archétype(2) que je cite: « l’âme se rattache à l’essence divine par son point (le centre) le plus intime, où est situé son archétype éternel, désigné par le dominicain comme point central de l’âme, la « lumière » ou « étincelle ». Dès lors, notre postulant potentiel, responsable de la construction de son propre temple intérieur, est de facto un cherchant. Il cherche la lumière, prêt à une quête de son archétype, prêt à remplir le vide de son âme et mettre « tout Dieu dedans » et non « tout Dieu dehors ». Nous avons ici l’explication du bandeau que porte le profane.

Le cabinet de réflexion et la loge constituent sa matrice initiatique: tel le nouveau né, (le vieil homme est mort), le nouveau FF :. se voit raccorder au cordon ombilical traditionnel qui le ramène au centre.

Dans le cabinet de réflexion, il va entamer son premier voyage vers le centre de lui-même, c’est le fameux VITRIOL. Oswald Wirth nous dit à propos de l’initié : « l’initié pénètre dans ce qui est fermé à la masse incapable de penser par elle-même ; il ne s’en tient pas à l’endoctrinement général et veut savoir par lui-même, en redécouvrant la vérité, telle qu’elle s’est révélée aux sages, qui sont descendus eux-mêmes pour l’apercevoir au fonds du puits symbolique où elle se cache pudiquement. »

Lors des trois autres voyages visant à réordonner les éléments constitutifs de son être, l’impétrant circule en loge les yeux bandés un poignard sur le cœur; le poignard est le symbole du rayon qui va percer la cuirasse formée par l’égo et les déséquilibres de l’âme afin d’atteindre son cœur, donc son centre. Notons que c’est le frère terrible qui de sa main sur le manche du poignard guide l’impétrant dans ses voyages.

Le tableau de loge, miroir symbolique du centre

Je pense que le puits symbolique auquel fait allusion Oswald Wirth dans le paragraphe précédent est le tableau de loge qui peut être vu comme un symbole en profondeur du miroir. Tel celui qui se voit dans le reflet de l’eau, l’initié cherche à voir son « être », son soi profond dans le reflet du tableau de loge. L’image qui lui est renvoyée ne sera pas vue avec les yeux mais avec le cœur en décodant les symboles qui y sont présents. Attention donc à la «cordonnite aigue » et à l’égo: tel narcisse, il pourra se noyer dans ses propres illusions et végéter dans les ténèbres.

Le maitre de cérémonie lève le voile et le tapis de loge apparait à chacun: ayant reçu (re-su) la lumière lors de son initiation, le nouvel initié qui s’est senti aveuglé lorsque le bandeau lui a été ôté, a besoin d’une réadaptation progressive à la lumière (il va siéger sur la colonne du nord). Ainsi la FM propose-t-elle une progression graduelle. Chaque tableau de loge distille donc une représentation mentale et symbolique du centre de soi en fonction des perspectives de son grade! La clé de lecture à chaque degré se situe évidemment dans les symboles agissants qui s’y trouvent. D’où que l’on regarde et médite sur le tableau de loge (traversé par l’axe de la polaire), ce dernier se trouve au centre; il est intérieurement le centre de soi. Plus l’initié progresse dans la voie initiatique et atteint un nouveau grade, plus les perspectives de son centre deviennent précises. Le tableau de loge est donc d’après notre GM une «imago mundi». En résumé, la recherche de son propre centre coïncide et se superpose à la découverte et à la lecture du centre de la loge, lui-même diminutif du centre qui à crée le monde et la vie ».

Taille de la pierre brute et recherche du centre :

Le premier travail de l’apprenti consiste au dégrossissage de sa pierre brute dans le but d’en extirper le centre et d’arriver à la pierre cubique à pointe. Sous l’égide du FF :. 2nd :. SUR :. et de sa perpendiculaire, il va sonder les tréfonds de son être et devenir l’artisan de sa propre spiritualité. Tel un démiurge, il va chercher à dévoiler son propre centre.

Pensée-Volonté-Action ou Esprit-Maillet-Ciseau: l’intention de se perfectionner, de se rectifier va l’amener à donner avec le maillet, symbole de sa volonté agissante, un coup à la juste dose sur le ciseau symbole de l’action précise dans le discernement. Un coup trop fort et la pierre se casse, un coup trop faible et aucune transformation ne sera possible.

Le centre est donc un symbole de reliance universel commun à toutes les traditions: la quête de l’initié nous l’avons vu est de partir de son point d’arrivée manifesté sur la circonférence du cercle tracé par le compas du G.A.D.L.U pour retourner au point de départ où y été posée la pointe de ce même compas, empruntant le difficile chemin retour semé d’embûches, voilé par l’égo, le matérialisme forcené et toutes les maladies de l’âme. A l’image des poupées russes, la méthode maçonnique permet à l’initié d’empiler progressivement ses perceptions évolutives du centre mais toujours en concordance avec le centre des autres FF :. Et SS :. et bien sûr avec le centre universel: ainsi le centre de soi entre en résonance avec le centre de l’humanité et le centre de la création. Pour arriver à l’éveil, tel Thésée qui a été aidé par Ariane et son fil, il devra compter sur ses FF :. Et SS :., sur son travail et sur sa conscience à nouveau éclairée par son initiation et qui saura baliser son chemin. Ainsi, comme tous les chemins mènent à Rome, toutes les traditions d’éveil mènent au centre! Il est presque minuit, mon travail se termine ; rien n’étant figé et tout étant en mouvement perpétuel, comme vous avez avec moi tourné autour du pavé mosaïque et de son axe, vos interventions autour de mon travail vont permettre de m’enrichir et de faire en sorte que nos centres vibrent à l’unisson !

Dav.°.Dub.°.

Définitions :

(1)Cosmogonie et cosmologie : « La cosmogonie (du grec cosmo- « monde » et gon- « en­gendrer ») est définie comme un système de la formation de l'Univers. Elle se distingue de la cosmologie, qui est la « science des lois générales par lesquelles le monde physique est gouverné ».

(2)Archétype : « modèle primitif ou idéal »

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 23:25

Selon le Larousse le mot chemin renvoie à plusieurs notions : outre la voie établie pour mener d’un lieu à l’autre, le chemin est aussi la piste que l’on trace, la direction que l’on prend, la distance à parcourir mais aussi la voie suivie pour atteindre un but, la progression d’un état à l’autre et l’ensemble des étapes qui mènent à ce résultat.

Toujours selon le Larousse, le cheminement, action de cheminer, se définit par une progression ou une évolution longue et régulière mais aussi comme l’ensemble des étapes d’une réaction séparant l’état initial de l’état final.

Ces définitions nous amènent à envisager le chemin et le cheminement non pas du seul point de vue physique ou géographique mais aussi et surtout spirituel puisque les mots chemin et cheminement, dans la majorité de leur acception, font référence à un processus mental étroitement corrélé aux notions d’évolution et de progrès pris dans le sens le plus large du terme.

En choisissant de frapper à la porte du Temple le jour de son initiation, l’impétrant s’est déjà mis en marche sur le chemin entamé lors de son passage sous le bandeau pendant lequel il a du mettre à nu ses motivations. Il montre son désir de redonner une direction à sa vie et d’aller vers un progrès individuel dans un cadre collectif et fraternel. Il suit le long chainage de transmission initiatique qu’est la franc-maçonnerie et y mènera son propre chemin étape par étape.

Pour évoquer le chemin et le cheminement initiatique que nous propose la franc- maçonnerie je chercherai, dans un premier temps, à comprendre quelle est la symbolique archétypale et fondatrice du chemin. Dans un second temps j’aborderai le cheminement initiatique par le biais des outils donnés à l’initié et les voyages symboliques qui lui sont proposés. Enfin j’exposerai en quoi le grade de compagnon est une étape sur le chemin initié par l’apprenti et comment le cheminement accompli à ce grade, symbolisé par l’entrelacement entre équerre et compas sur le V.°. L.°. S.°., nous permet de cerner un peu mieux le but de notre périple.

I – La nature archétypale et symbolique du chemin.

La plupart des historiens s’accordent pour reconnaitre qu’un des foyers de néolithisation ou sédentarisation de l’homme se situe dans le « croissant fertile » qui va de la Mésopotamie à l’Egypte dans une période qui va du XIème au VIIème millénaire avant J.C. Cette date relativement récente dans l’histoire de l’humanité explique sans doute que l’homme ait gardé dans son imaginaire collectif le souvenir de sa très longue période de pérégrinations en tant que chasseur-cueilleur nomade ainsi que des très longues marches des peuples de cette zone au cours des siècles en raison des variations climatiques.

De ce fait il n’est pas étonnant que les textes Bibliques rédigés vers le VIème siècle avant J.C. reprennent de façon allégorique dans les chapitres 12 à 26 de la Genèse le chemin parcouru par Abraham et son peuple, sur la parole de Dieu, à travers cette immense zone géographique. L’appel de Dieu que nous raconte la Genèse commence par la formule « lekh lekha » en hébreu qui signifie littéralement « va pour toi » ou « va vers toi » et que l’on pourrait exprimer sous la forme « va, sur ton propre chemin » nous montre ainsi que « l’image du chemin est le symbole de la quête de l’Etre » (Encyclopédie Universalis) et le chemin, l’image archétypale que l’être humain se fait de lui-même en tant qu’être en recherche…

Le chemin évoque donc pour l’homme une traversée des ténèbres, de l’ignorance et de ses doutes pour aller vers la lumière de la connaissance.

Dans cette acception le chemin est donc un chemin initiatique si l’on donne à initiation le sens « d’orientation ».

L’homme sédentaire n’a pas renoncé à se mettre sur le chemin. Le pèlerinage, qui remonte selon les historiens à 2400 ans avant J.C. sur le site de Stonehenge en Angleterre, s’est développé dans la quasi totalité des cultures. Il réunit des croyants qui se déplacent, le plus souvent à pieds, vers des lieux qu’ils considèrent comme sacrés.

Dans le monde chrétien les pèlerinages « au long court » -vers Jérusalem ou vers Rome- se développent jusqu’au XVème siècle. Ils régressèrent ensuite, accusés de favoriser l’idolâtrerie, le commerce de reliques et le trafic d’indulgences au moment où renaissait le message des pères fondateurs de l’église. C’est ce qu’exprima le moine Thomas a Kempis dont la maxime «qui multum peregrinantur, raro sanctificantur » littéralement, ceux qui voyagent beaucoup se sanctifient rarement, affichant ainsi la volonté de privilégier à ces pérégrinations, le pèlerinage spirituel et intérieur. Il faut néanmoins préciser que les pèlerinages de proximité subsisteront pendant toute cette période.

Aujourd’hui encore les pèlerinages se perpétuent un peu partout dans le monde. Sans doute parce que, des rives du Ganges à la Mecque, en passant par Lourdes ou Compostelle, trois éléments se conjuguent pour fonder le caractère particulier du pèlerinage : il faut un lieu, un chemin et un but sacré. Leur conjonction permet de dépasser l’horizontalité terrestre sur laquelle se déplace le pèlerin pour accéder à une autre dimension qui se traduit par un chemin spirituel qui dépasse l’élément fondateur du sanctuaire visité.

En effet le pèlerinage se vit comme une épreuve de détachement et d'arrachement à ses repères afin de trouver un nouvel équilibre voire un nouvel art de vivre. Cet abandon des repères oblige à se départir des schémas de pensée routiniers et sclérosants. Le pèlerin sur le chemin vit en ce sens une sorte de rite de purification de la conscience qui se dépouille de ses métaux, pour reprendre une expression chère au Maçon, et qui aspire à la conquête d’un état nouveau.

C’est pour cela sans doute que le pèlerin de retour de Compostelle est souvent représenté avec un livre ouvert, symbole de la connaissance révélée…

De tout ce qui précède nous pouvons retenir que le chemin et le cheminement sont des symboles d’espérance et de quête d’absolu.

Héritière des archétypes fondateurs de l’humanité il est normal que la franc maçonnerie ait inclus dans son corpus initiatique la notion de chemin et de cheminement à travers les « voyages » qui permettent à l’impétrant de se mettre sur le chemin de la lumière ou de la connaissance sans se voir imposer de façon dogmatique le but ou la destination ou l’itinéraire même de son voyage intérieur.

Guidé par des symboles et par un rituel immuable dont le principe est la recréation du monde à chaque tenue, le cheminement initiatique que nous propose la Franc Maçonnerie se parcourt sur le chemin de l’esprit…

Enfin il n’est pas inutile de se rappeler les associations de métiers en Occident, organisées en guildes et confréries depuis le Xème siècle qui permettaient la transmission du savoir-faire professionnel par cooptation et initiation. Les maçons, bâtisseurs d’églises et de cathédrales formèrent très vite un métier à part protégeant les secrets professionnels de l’art de bâtir et devinrent, dès le XIIIe siècle, des francs-maçons, « franc » ayant le sens de libre et traduisant la possession d’un statut personnel et professionnel indépendant des juridictions seigneuriales et féodales.

La franc-maçonnerie dans sa forme spéculative s’appropria le symbolisme de la construction et de ses outils mais aussi la philosophie des compagnons constructeurs de cathédrales qui était « ce que tu fais te fait » ainsi que leur tradition initiatique d’apprentissage et de solidarités afin que ses membres puissent construire, en eux, le Temple idéal de Salomon en harmonie avec eux-mêmes, le monde et ce qui les dépasse.

II- Le cheminement initiatique proposé par la Franc-maçonnerie.

La maçonnerie moderne ne donne pas à l’initié le parcours à suivre ni le but précis de son cheminement. Cependant elle lui propose par une méthode basée sur la transmission de symboles, dans le cadre d’un rituel strict, de construire sa propre réflexion. L’interprétation de ces symboles par un processus de pensée analogique ou métaphorique permet des interprétations à différents niveaux de la conscience ouvrant la voie à la pensée complexe.

Ainsi les outils confiés à l’initié, communs à tous les bâtisseurs, sont porteurs de signifiants et peuvent être considérés comme des vecteurs communs de valeurs, valeurs sur lesquelles doit être érigé notre temple intérieur et qui président aussi aux règles de la construction du temple de l’humanité.

L’apprenti a appris l’usage du ciseau, du maillet et du levier. Le compagnon découvre, dans le temple et non plus dans la loge, l’usage du niveau, de la perpendiculaire et de la règle à 24 pouces.

Cet usage opératif sur la pierre, transposé au travail que le F.°. M.°. opère sur sa conscience, l’amène à se perfectionner, à s’interroger sincèrement sur des questions morales comme la droiture, la justice, et l’égalité et de la nécessaire élévation spirituelle auquel le cheminement initiatique doit conduire.

C’est par son approche symbolique et graduelle accompagnée d’un rituel immuable que la F.°. M.°. nous met sur la voie du cheminement initiatique

D’abord par l’initiation, commune à tous les frères, qui permet un changement d’état et ouvre le chemin de la transformation de l’individu.

La cérémonie d’initiation permet de passer des « ténèbres à la lumière » c'est-à-dire de modifier tant notre manière de penser que de vivre en se débarrassant de tous les préjugés accumulés dans la vie profane ce que Mircéa Eliade traduit par « la modification ontologique du régime existentiel ». Cependant la contemplation de la lumière n’est pas un but en soit. Cette lumière retrouvée doit nous conduire à agir avec morale, éthique et justice en retrouvant en nous ce qui est sagesse, beauté et force.

Mais tout cela ne peut se produire par la seule magie de l’initiation, il faut du temps, de la patience et du travail pour progresser dans ce chemin et passer du virtuel au réel. C’est ce que je comprends de René Guénon pour qui « entrer dans la voie, c'est l'initiation virtuelle », « et suivre la voie, c'est l'initiation réelle ».

Mais le cheminement initiatique passe aussi par des voyages symboliques aux grades d’apprenti et de compagnon car, selon Daniel Ligou, dans son Dictionnaire de la franc-maçonnerie : « le voyage est l’épreuve de l’homme, c’est à la fois une nécessité de sa condition, le moyen de son émancipation, l’occasion de faire ses preuves, de découvrir d’autres aspects du monde et de soi-même ».

L’apprenti, par ses voyages, va être mis en contact avec les quatre éléments, la terre, l’eau, l’air et le feu, sources de tout ce qui est, qui évolue et se transforme. Ces épreuves sont largement inspirées par les quatre opérations du Grand Œuvre alchimique : putréfaction, purification, dissolution et transmutation-régénération.

Ces voyages lui enseignent que « c’est en descendant au plus profond de lui-même que le franc-maçon peut trouver cette base solide qui lui permet de se réaliser pleinement ». (Viviane Starck)

La mise en scène du rituel est forte, il s’agit de frapper l’esprit : ensuite l’apprenti prendra place sur la colonne du Nord et, dans la pénombre et le silence, mais à l’écoute de ses frères et dans l’observation de ses ainés, il entamera son cheminement spirituel.

Le compagnon effectue 5 voyages de probation au cours de la cérémonie d’élévation.

Le 1er voyage, celui de la reconnaissance, marque la reconnaissance de l’appartenance de l’impétrant à la communauté formée par les maçons par un langage et une gestuelle symboliques communs acquis pendant l’apprentissage. Il est renforcé par le second voyage, dit de l’intégration, qui met en exergue l’harmonie du demandeur avec ses frères par la maitrise commune de la marche et sur la connaissance partagée du mot dont le sens n’apparait que par une épellation partagée, en miroir, qui symbolise « l’intégration des deux frères dans l’unité » (Eric Rom.°.).

Les 3ème et 4ème voyages, respectivement de la révélation et de l’appropriation, sont une étape importante :

D’une part parce que l’impétrant découvre la Pierre Cubique ce qui « formalise un changement d’état avec l’apparition de la forme normée » (Eric Rom.°.) et l’invite à réfléchir à la place de cette pierre et donc de lui-même dans ce temple en cours d’édification, cette œuvre collective dont le ciment est constitué par la fraternité.

D’autre part, parce que le travail sur la pierre brute, réitéré lors de ces voyages, est à la fois extérieur et intérieur, physique et psychique, sur soi bien sûr mais aussi « dans la destination de soi » au regard de l’œuvre collective.

Enfin parce que ce travail sur le cube, forme parfaite, « expression ternaire de l’unité sur un plan manifesté » nous invite à nous interroger sur les lois qui régissent cette perfection et leur essence divine.

Le 5ème voyage, dit de l’incorporation permet de passer de la masse des apprentis à la classe des compagnons dont le signe est divulgué et partagé. Son regard s’est métamorphosé et lui permet d’appréhender le monde avec le cœur, siège spirituel de la part de divin en lui qu’il va tenter de faire rayonner par ses actes mais aussi par les mots puisque la parole lui est redonnée.

Il est important de préciser qu’au R.°. E.°. P.°. l’impétrant accomplit les 5 voyages les mains libres car il est considéré « comme suffisamment instruit dans la pratique de l’art » privilégiant ainsi le voyage purement spirituel. Ainsi le futur compagnon qui « transforme » la pierre brute en pierre cubique par son travail réitéré vit symboliquement une « métamorphose » qui marque son adéquation entre son état intérieur et la lecture harmonique du monde.

Il faut noter le rapprochement, dans une spirale montante, des 5 voyages qui se font du Nord au Midi, autour du centre, dans le sens des aiguilles d’une montre, de l’ascension des 5 marches qui leur succède et de l’apprentissage de la marche du compagnon qui permet de passer de la ligne au plan. Cette spirale, à l’image des outils confiés au compagnon, permettent d’associer horizontalité et verticalité. Par cette déambulation circulaire autour du pavé mosaïque l’impétrant explore le chemin de la Connaissance symbolisée par le cercle. Par l’ascension des marches il prend de la hauteur et accède à un nouveau point de vue qui lui permet de construire un lien entre l’humain et le divin, rejoignant le principe hermétique de « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, pour réaliser le mystère de l’Unique. »

III- Le grade de compagnon : une étape sur le chemin.

Si le grade de compagnon est une étape sur le chemin initié par l’apprenti il me semble important de comprendre si le cheminement accompli à ce grade et si les outils et symboles qui lui sont dévoilés lui permettent de cerner un peu mieux le but de son périple.

L’apprenti commence son chemin initiatique par la découverte du trois qui lui permet de dépasser l’opposition binaire par la conception d’un troisième terme unificateur. Le compagnon poursuit son cheminement par l’appropriation du cinq, élément qui englobe et réunit les 4 éléments (terre, air, eau et feu) et leurs propriétés respectives (froid, sec, humide et chaud). Ce conciliateur, c’est la quinte essence, le 5ème élément ou l’Ether qu’Aristote considérait comme le plus supérieur des éléments, l'assimilant au ciel et au mouvement circulaire éternel et parfait des astres. Cette vision symbolique se retrouve dans bien des civilisations notamment indiennes et bouddhistes.

Pour nous F.°. M.°. cette notion d’Ether nous ramène au centre et donc à l’unicité du tout, si nous le considérons comme l’émanation du centre de la croix, le point central unificateur des quatre éléments. Dans le chemin spirituel que nous avons entrepris nous pouvons donc appréhender la recherche du centre comme un but à atteindre

Nous retrouvons cette volonté de découvrir le centre dans la symbolique du Sceau de Salomon, mais aussi dans l’Etoile à cinq branches et dans la Pierre Cubique à Pointe qui nous sont révélées au grade compagnon lors de la transmission orale à l’orient du « compagnon entrant ».

Cette transmission insiste sur la nécessaire maitrise de la Géométrie – littéralement la science de la mesure de la terre- en 5ème position sur l’échelle des arts libéraux et qui permet l’édification de chefs d’œuvres architecturaux à la gloire de Dieu en même temps que s’élève l’âme de « l’œuvrier » qui travaille à la réalisation harmonique de l’ouvrage.

La géométrie nous enseigne que nous pouvons tracer dans un cercle un pentagone régulier, c'est-à-dire dont tous les cotés et tous les angles ont la même mesure.

C’est une figure d’or car la proportion entre une diagonale et un coté est le nombre d’or, cette proportion que les sculpteurs grecs ont considérée comme la plus harmonieuse. De ce pentagone nait le pentagramme –l’étoile flamboyante- par le tracé des diagonales du pentagone.

Dans ce pentagramme d’or où se tient « l’homme de Vitruve » dessiné par Leonard de Vinci le corps de l’homme a pris une signification divine. En ce sens on peut considérer cette étoile comme semblable à l’homme ou la penser comme le miroir de l’Homme puisque tous deux régis par les mêmes lois de la géométrie sacrée.

L’étoile flamboyante nous amène vers le centre puisque que l’on peut tracer en son centre une nouvelle étoile et dupliquer cela comme des poupées russes jusqu’à atteindre le centre. A l’inverse le tracé du cercle qui permettra de dessiner l’étoile flamboyante est une des expressions de la manifestation créatrice du centre. A cet égard le centre peut s’envisager comme de nature divine.

L’Etoile Flamboyante est elle un guide sur le chemin de l’initié en lui faisant prendre conscience de la part de divin cachée en lui et l’amenant à privilégier les valeurs qui conduisent à l’harmonie et la sagesse et de lui redonner foi en lui et en l’homme ?

La recherche du centre ne passe-t-elle pas par un changement de hauteur de vue ou de double vue ? Par un autre regard ? N’est pas ce qu’Edgar Morin qualifiait de pensée complexe ? Le chemin que nous parcourons avec nos FF.°. n’est il pas d’appréhender le monde d’une façon plus juste parce que non déformée par le prisme du dogme ?

C’est à ce stade de mon cheminement que je me trouve aujourd’hui ; un cheminement fait de questionnements, de réflexions sur les symboles qui ornent le temple et que je tente de m’approprier pour avancer…

Ce chemin sera d’autant plus long que j’ai saisi qu’on ne maitrise jamais un grade. Que le passage d’une rive à l’autre ne signifie pas que l’on a arpenté chaque parcelle de la rive d’où l’on vient et qu’il faudra y retourner inlassablement. Il faudra, comme le pèlerin, suivre les pas des FF.°. qui nous ont précédés dans le chemin des « cherchants » et tenter d’ouvrir la route à ceux qui nous suivront.

L’apport le plus concret de ce cheminement personnel maçonnique c’est l’enrichissement de ma pensée par le travail sur la Tradition, prise dans le sens de conscience collective, et qui puise sa source dans des archétypes communs, universels et a dogmatiques. C’est cette Tradition que mes FF.°. me transmettent à chaque tenue en présentant leurs travaux, m’ouvrant ainsi des portes vers le savoir-être, étape indispensable pour pouvoir un jour peut être approcher la Connaissance.

Je conclurai par la définition qu’Edgar Morin donne de la pensée complexe à laquelle à mon sens nous amène la Franc Maçonnerie dans le cheminement de l’esprit : « la pensée complexe est tout d’abord une pensée qui relie. C’est le sens le plus proche du terme complexus (ce qui est tissé ensemble). Cela veut dire que par opposition au mode de penser traditionnel, qui découpe les champs de connaissances en disciplines et les compartimente, la pensée complexe est un mode de reliance. Elle est donc contre l’isolement des objets de connaissance; elle les restitue dans leur contexte et, si possible, dans la globalité dont ils font partie »

N.°.B.°. R.°.L.°. "La Lumière Écossaise"

Sources

  • Thomas a Kempis, Imitatio Christi, livre I, chapitre 23, § 4 : "qui multum peregrinantur, raro sanctificantur".
  • Viviane Starck, L’Allégorie alchimique dans la loge symbolique du R.E.A.A., Editions de la Hutte (2013), page 122
  • René Guénon, Aperçus sur l’initiation, Editions Traditionnelles (2004) Chapitre XXX - Initiation effective et initiation virtuelle- p 198 à 201
  • La Revue du Maçon N° 8, Traditions et symboles, Editions du Maçon (2015)
  • La Revue du Maçon N° 4, Traditions et symboles, Editions du Maçon (2012)
  • Daniel Ligou, Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Editions PUF (2006)
  • Eric Romand, Le livre de l’apprenti, Editions du Maçon (2013)
  • Eric Romand, Le livre du compagnon, Editions du Maçon (2014)
  • La pensée complexe : Antidote pour les pensées uniques - Entretien avec Edgar Morin. (Nelson Vallejo-Gomez, Diplômé de Philosophie, Conseiller Culturel adjoint près l’Ambassade de France à Lima Pérou) dans Synergies Monde N°4 année 2008 pages 249 à 262.

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 17:28

En exergue à cette planche, et afin de ne pas créer d’ambiguïté, je suppose que le rite de la chaîne d’union n’est rien d'autre que la matérialisation et la dynamisation humaine du principe de la houppe dentelée, cette corde à douze espaces qui court sur trois côtés de la Loge et qui rejoint les deux colonnes sans les unir ; tandis que le rite de la chaîne d’union consiste en la "formation" d’une boucle complète, elle remonte à l' antiquité. Tacite l’évoque dans Germanica 39 – où il cite que les assistants aux fêtes annuelles n’y avaient participé que liés. Ce qui pourrait être comparé aux cérémonies Mitryaques d'Initiation. Nous constatons qu’il y a liage, celui de la fraternité. Sous cet aspect la F..M.. relie les nouveaux initiés avec le même idéal d'unité sans doute.

Toutefois le but final de l’homme est de se libérer de certains liens profanes (son ego...) afin de vivre d’autres liens tissés dans la Fraternité, la Sagesse, la Force, la Beauté et l' Amour.

PROVENANCE du MOT.

La Langue française a puisé, comme souvente fois, chez les voisins, les Latins. Le mot « chaene », cadenas, fût utilisé en France vers 1080 pour signifier une chaîne, un cadenas, un outil qui sert à fermer, à délimiter un lieu clos. Le Provençal en fit « cadenat ». Le mot UNION nous apporte une juste continuité. Quant à lui, il vient du Latin ecclésiastique UNIO (unité de Dieu en 3 personnes) connus en FRANCE VERS 1225.

Comme rien ne viens jamais seul, le trait d’union vient du Latin Trans Saeptum : Enclos, Transept. Chaîne et Union se rapprochent dans leur définition.

Ces mots laissant poindre à l’horizon littéraire une Universalité Philosophique, spirituelle, matérielle.

Le trait d’union, la Chaîne d'Union, sont, en quelque sorte, « le pontife » le pont qui relie (d'où religion, religiare) liaison entre le ciel et la terre. Tout ce qui est en haut et comme ce qui est en bas. Bref....

Il ressort de ces constatations que cette chaîne est un début nécessaire et profitable.

SIGNIFICATION POPULAIRE :

  • Elle entrave et relie.
  • Lien d’amitié et d'amour, d'affection.
  • Mur de briques à chaîne d’angle en pierres.
  • Suite de personnes qui se passe un objet de main en main.
  • Chaque être humain est un maillon de la société.

La progressivité et l’intensité du sens dans cette progression ci-dessus nous amènent à la chaîne d’union.

Le mot Union gonfle le cœur du Maçon à divers degrés. Il le transporte vers des sommets, vers l’extériorisation de son moi, vers la spiritualité qui lui demande de se transcender.

Le point d’orgue de cette « échelle » est l’union hypostatique, c’est à dire de la nature divine et de la nature humaine dans la personne de Jésus-Christ.

LA CHAÎNE D’UNION SUR LE PLAN MAÇONNIQUE.

Il semblerait que la Maçonnerie se soit inspirée des Rites et Métiers pratiqués par le Compagnonnage. Elle matérialise la Fraternité et la Solidarité qui lie les Maçons entre eux, sans distinction de classe. « La particularité de cette chaîne est de relier autour d’un centre commun à la fois les FF et SS présents sur le plan de la loge, mais aussi ceux qui sont passés à l’orient éternel. Donc en regard du centre commun nous avons une reliance temporelle (ici et maintenant) et une reliance intemporelle (hier et demain). Sont donc présents en loge les FF du présent et du passé dans un chaînage immémorial ».

  • Je cite en exemple : « Raoul VERGEZ, dit le Béarnais, l'Ami du tour de France » rapporte qu'en 1861 à la suite d'un accident mortel, survenu à Notre Dame de Paris, sur un chantier, plus de 500 Compagnons, s'unirent pour former la Chaîne d'Union au tour de

l' édifice.

Maintenant venons en aux propos du Vénérable Maître avant la clôture de la Loge : « Mes Frères, avant de nous séparer formons la Chaîne d'Union fraternelle et tous ensemble rendons hommage au Grand Architecte de l' Univers qui préside à nos travaux » ….

Est-ce une chaîne sans fin ?

Une prière est faite. Une méditation commune née. Un silence prolongé et profond se constate. Une régénération doit s’accomplir.

À partir de cet instant que se passe-t-il ?

Nous ôtons nos gants (le fluide cosmique se propagerait – il plus facilement ?) Comme le prévoit notre Rituel, nous allons en silence former la chaîne d’union en nous tenant par la main. Avant bras droit par dessus l' avant bras gauche (une main qui donne, une main qui reçoit), en prenant soin d'y intégrer (dans la chaîne) le dernier apprenti entré, entre le 2° et le 1° Surveillant, ceci marquant sa présence parmi les frères et cela à la hauteur et entre les 2 colonnes si possible, précise R. GUENON.

Il y a, à ce moment-là, la fraternisation qui lie les Maçons entre eux. On doit ressentir quelque chose si tous les frères sont dans les dispositions favorables, s'ils ouvrent leur cœur. On reçoit et on donne, on donne et l’on reçoit. L’amour fraternel, spirituel est au centre de la chaîne ; nos rayonnements convergent vers le centre du Tapis de Loge.

Mais il y a, à mon sens, bien autre chose : Nous délimitons un lieu, le Temple, notre Temple. Nous sacralisons ce lieu, cet enclos. Nous formons la Loge, notre Loge. Alors je me pose maintenant une question. Si nous formons La Loge, ou un maillon de la Grande Loge Universelle, il est donc nécessaire qu’elle soit faite avant la clôture des travaux, au début de la tenue ou a la fin suivant les rites. Notons simplement que les rites qui ne font pas de chaîne d’union font une ode qui remplit par l’union des cœurs la même fonction.

Que la chaîne se forme au début de la tenue ou tous les esprits sont attentifs ou à la fin avant de se séparer il est certain que cette chaîne a une fonction unifiante.

Cette chaîne délimite un lieu sacré – le lieu du monde divin – Un et infaillible pour citer T. de CHARDIN, son extérieur est le monde profane après la chute primordiale.

CONCLUSION -

Lorsqu'on serre la main de quelqu'un, on forme une unité. Notre chaîne d'Union doit être une unité, avec ses ondes positives et négatives. Au cours de celle-ci nos 5 sens sont en communication avec notre esprit et celui de nos frères présents et passés.

Nous formons un cercle, nos mains créent une polarité par le croisement des bras et notre main joue le rôle actif. Notre main ne l’oublions pas est le premier outil donné à l'homme, outil merveilleux, multiple, universel, comme la maçonnerie.

« La chaîne a donc une fonction d’union et d’équilibre entre les polarités développées par ceux qui « forment » la loge. Cette fonction équilibrante est productrice d’harmonie et d’unité. Le cercle formé est "concentrique" autour d’un centre représenté par le tableau de loge relié au centre du ciel. Ce lieu de « concentration » et de représentation commune par le tableau qui s’y trouve, est le lieu où l’on se ressource dans l’unité avant de fermer la loge et de répandre la lumière dans le monde profane ».

J.°.R.°.

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 18:30

LE SECRET

"Secret". C’est sans doute l’un des premiers mots cité dans le monde profane pour qualifier la Franc-Maçonnerie.

A contrario de nombreux auteurs maçonniques et Dignitaires répètent à loisir qu’il n’y a pas de secret en Franc-Maçonnerie.

Alors existe t-il vraiment un secret maçonnique ? Si c’est le cas peut-on l’évoquer sans le dévoiler ? Quelle est la place et la nature de ce secret ?

C’est pour tenter de répondre à ces questions que nous définirons dans un premier temps les contours du mot secret.

Puis nous retracerons brièvement la naissance de la Franc-Maçonnerie moderne et sa nécessité de recourir à la confidentialité, au secret.

Enfin nous verrons que l’on peut évoquer l’existence de différentes natures de secrets en Franc-Maçonnerie.

  • Etymologie et définition du mot « Secret »

Avant d’aborder le ou les Secrets en Franc-Maçonnerie, il nous a paru intéressant d’en relever l’étymologie, la définition …

L’étymologie du mot Secret nous semble particulièrement éclairante.

Ce terme nous vient du latin « secretum » c'est-à-dire « séparé » et dérive de « Secernere » qui signifie « mettre à part » ou « cacher ». Il partage ce lien étymologique avec le mot « sacré » (sacratum).

Il existe donc une étroite parenté entre le mot « secret » et le mot « sacré ».

Le philosophe Pierre BOUTANG[1] abonde en ce sens et décrit le secretum (secret) comme une série de choses se produisant sur terre, mais qui dans leur événement étaient considérées comme un signe des dieux. Ces choses du quotidien qui passent brusquement d’un caractère profane à un caractère sacré, contenaient un message interprété par les prêtres et livré à certains profanes.

On le voit donc bien dés son origine, le secret renferme une vérité supérieure difficilement accessible aux communs des mortels.

En hébreu le secret est désigné par le mot « Sod ». Chose intéressante ce terme désigne également le nom d’une méthode de construction.

Si l’on fait référence à la Kabbale, le « Sod » est le quatrième et dernier niveau d’étude de la Torah et de l’œuvre du divin.

C’est le niveau ésotérique traitant de “la métaphysique et de la révélation des réalités surnaturelles, secrètes et mystérieuses[2] des Ecritures.

Selon la Kabbale, parvenir à la découverte de Sod correspond à la découverte de son soi le plus intime mais aussi à un état de rectification, de création.

La définition moderne du Secret qui nous est donnée par le dictionnaire Le Robert est plus prosaïque : “ensemble de connaissances qui doivent être réservées à quelques-uns et que le détenteur ne doit pas révéler”. L’accent est ici mis sur l’interdiction de dévoiler des connaissances particulières, ce qui se révélera essentiel dans les premiers âges de la Franc-Maçonnerie.

  • La tradition du secret en Franc Maçonnerie

Au temps ancien de la Maçonnerie opérative, pour être admis au sein de la corporation des maçons, le nouveau membre devait se soumettre au Rite des Anciens Devoirs : Lors d’une cérémonie d’admission, il prêtait serment de ne rien dévoiler des secrets du métier (comme les tours de mains et pratiques se substituant à des calculs complexes) et de se conformer à certaines obligations professionnelles et comportementales.

Plus tard, vers 1637 en Ecosse ce rite fut suivi du Rite du Mot du Maçon. Il comportait la transmission d’un secret à l’origine composé uniquement d’une poignée de main et de deux mots de passe.

Ces mots, signes et attouchements, toujours en usage, leur permettaient de se faire reconnaître comme maçon de métier.

A la fin XVIIème siècle certaines loges s’ouvrirent à des non-maçons.

Alors commencèrent à s’y côtoyer des individus de tous horizons.

Ainsi des hommes issus de l’aristocratie, de la bourgeoisie ou de la sphère intellectuelle, attirés par la renommée de ces cercles, intéressés par un système où des maçons de différents niveaux de compétence œuvraient ensemble à la construction d’édifice toujours plus hauts, devinrent membres de ces loges. Des idées nouvelles, plus seulement liées au métier de maçon, commencèrent à émerger et circuler.

C’est ainsi que vont naître en Ecosse puis en Angleterre les premières loges dites spéculatives.

Mais dans des sociétés marquées par la séparation franche des classes sociales, cette ouverture et ces échanges étaient très mal accueillies par les pouvoirs étatiques et religieux.

En témoigne la condamnation formulée par le pape Clément XII dans sa bulle In Eminenti du 4 mai 1738 frappant d’excommunication les catholiques romains devenant francs-maçons.

D’où l’impérieuse nécessité pour les Francs-maçons de se réunir dans le secret pour poursuivre les travaux.

Le secret a ainsi eu pour fonction au cours des siècles de protéger l’ordre des menaces extérieures.

Bien évidemment ce n’est que l’une des facettes du secret en Franc-Maçonnerie.

  • Quid des secrets de la Franc-Maçonnerie…

Pour répondre de façon certaine à la question de l’existence de secrets en Franc-Maçonnerie, il nous faut dans un premier temps nous référer au Rituel.

C’est en particulier dans le serment que prête le nouvel apprenti lors de la Cérémonie d’Initiation que l’on fait référence au secret :

Moi, X ici présent, en présence du Dieu Tout-puissant, Grand Architecte de l’Univers, et de cette Respectable Assemblée, je promets de ne jamais divulguer à aucun profane les secrets de la Franc-Maçonnerie qui peuvent m’être dévoilés actuellement ou dans la suite, sous peine d’avoir la gorge tranchée, le cœur arraché, les entrailles déchirées, moins cadavre brulé et mes cendres jetées aux vents afin qu’il ne soit plus fait mention de moi parmi les hommes et parmi les Francs-Maçons. Ainsi soit-il, et que le Dieu Tout puissant me soit en aide”[3].

Par ce serment le nouvel apprenti s’engage à garder secret ce qui se déroule au sein du temple car “l’efficacité des méthodes de travail maçonnique résulte des liens particuliers qui se créent et n’existent qu’en Loge” [4](G M E.°.R.°.).

Toutes divulgations pourraient ainsi nuire à la qualité des travaux.

De là découle trois types de secrets qu’il nous faut garder :

Le secret d’appartenance : Un Maçon de peut révéler l’appartenance d’un Frère ou d’une Sœur à la Franc-Maçonnerie. Il peut en revanche, sans ostentation, faire état de sa propre appartenance à l’ordre. Mais la prudence reste en la matière conseillée.

Le secret du grade : Un Maçon d’un grade supérieur ne peut révéler les signes, mots et attouchement à un Maçon n’ayant pas le grade requis. De même il ne peut communiquer sur la teneur d’une tenue à son grade à un Maçon de grade inférieur.

Le secret de délibération : Un Maçon ne peut communiquer à un Maçon absent ou d’une autre loge le contenu d’une tenue, notamment en ce qui concerne les votes pour le passage sous le bandeau, l’initiation d’un profane ou l’augmentation de salaire d’un Frère.

Mais tous ces secrets ne sont que des secrets comportementaux auxquels se rajoutent les 7 secrets conventionnels pour chaque grade (voir "Livre de l'Apprenti" éd du Maçon, p 123).

Il existe un Secret bien plus grand : Le Secret Initiatique.

  • Quid du Secret Initiatique du Maçon…

Comme bon nombre de sociétés initiatiques, la Franc-Maçonnerie vise l’union de l’Humain à un principe transcendant, une conscience divine.

La Franc Maçonnerie nous enseigne entre autre que l’Homme a chuté des hauteurs d’un Centre primordial (aussi appelé l’Un ou Lumière absolue) pour se retrouver à la lisière, en périphérie de ce centre, à la circonférence du cercle.

C’est dans cet état que le profane évolue désormais. L’essence de son être ayant perdu la conscience du cosmos qui l’entoure, elle se retrouve enfermée dans une conscience terrestre étriquée.

En cela le profane peut s’apparenter aux hommes enchainés de la célèbre allégorie de la caverne de Platon, considérant comme réel les ombres projetées sur le mur de cette caverne.

Mais la Franc-Maçonnerie nous indique qu’il est possible pour ceux qui en éprouvent le ferme désir, de réintégrer ce Centre initial et cela en découvrant au cœur d’eux même leur propre Centre.

Car le Grand Architecte est comme un “une sphère dont le centre est partout, la circonférence nulle part [5]. Par conséquent chacun de nous possède un Centre, un élément principiel immortel, une étincelle divine.

On peut sur ce point faire référence au « Sod » de la Kabbale (vu plus haut) et évoquer cette ancienne légende hindoue qui conclue qu’une part de divin est cachée au cœur de chacun de nous.

La découverte de ce Centre permet donc à l’être matériel (le profane), par essence limitée, de devenir un être spirituel et libre (l’initié Franc Maçon).

Pour accompagner et guider le cherchant dans cette quête la Franc Maçonnerie propose une méthode, un processus d’apprentissage et d’instruction graduel qui débute par une cérémonie d’initiation.

Ce sont les effets produits par cette méthode sur l’initié que l’on considère souvent comme relevant du Secret des Maçons :

Il ne peut en effet être appréhendé qu’en tant qu’expérience éminemment personnelle.

Les mots sont incapables de retranscrire ce ressenti si intime et “aucune mentalité ne parvient à le saisir, sans subir, de ce fait, une modification profonde[6].

Ce sentiment d’incommunicabilité on le ressent dés notre initiation. La rédaction des Impression d’Initiation qui nous est demandée se révèle alors être une terrible épreuve. Comment trouver le mot juste, la phrase qui pourra rendre compte fidèlement de ce que l’on a vécu. Cela s’avère impossible.

Le silence de l’apprenti est d’ailleurs un bon moyen pour que ce dernier puisse prendre la mesure de ce qui se joue en lui.

Cette expérience intériorisante, personnelle et ineffable transforme notre conscience à chaque tenue.

Car comme l’écrit Robert LOMAS “ il y a enraciné dans nos rites quelque chose de voilé et de latent qui s’adresse à quelque chose de tout aussi latent –mais bien réceptif-en nous, les participants. Cette chose qui dépasse le simple caractère solennel et impressionnant du rite s’installe dans notre conscience sous une forme non réalisée et non formulée. Alors nous prenons part au rituel maçonnique, une sensation se développe en nous, l’impression de se trouver en présence d’un mystère qui plonge aux racines de notre être[7].

Tel est le véritable Secret des Maçons.

Pour conclure nous pouvons avancer qu’aussi intime soit ce secret, nous en partageons tous la nature et même mieux nous avons le désir de le transmettre.

C’est la raison pour laquelle tous les Maçons sont unis.

Christ.°. Chiar.°. R.°.L.°. "Les Écossais de Saint Jean"

(A suivre: Le secret initiatique : de la divulgation à la révélation, Notion de reliance, par E.°.R.°.).

[1] Pierre BOUTANG Ontologie du secret, Paris, P.U.F, 1973

[2] Pardès-Wikipédia®

[3]Rituel du Rite Ecossais Primitif page 15

[4] Rite Ecossais Primitif - Communications aux Apprentis page 17

[5] Citation repris par PASCAL, Pensées, Edition Brunschwig Section II, 72

[6] OSWALD WIRTH La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses adeptes « Le Compagnon » page 81 Editions Dervy, 1999

[7] ROBERT LOMAS Le Secret de l’initiation maçonnique page 32, Editions Dervy, 2010

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 23:06
L’Esprit Français face à l’obscurantisme

L’esprit français face à l’obscurantisme : Relisons Voltaire !

Nous avons décidé de réveiller Voltaire, reçu franc-maçon à la loge "les Neuf Sœurs" à l'O.°. de Paris en 1771. Il inaugure et incarne pour certains, l'engagement maçonnique dans la cité et on associe son buste à la phase célèbre : "écrasons l’infâme"

De notre actualité, que pourrait nous dire le représentant de l'esprit français et de l'esprit des Lumières? Sans doute que la satire et l'humour repoussent l'obscurantisme, sans doute que la satire peut déranger mais il vaut mieux être dérangé que muselé...

C'est par la lecture du texte De l’horrible danger de la lecture, et Des suites de l’esprit de parti et du fanatisme parus chez GF, préfacé par Edouard Launet et présenté par David Vincent pour la libraire Mollat, que nous trouverons un début de réponse.

"Comme le rappelle Edouard Launet dans sa judicieuse préface « c’est l’œuvre tardive qui a fait de Voltaire un phare célébré sur toute la planète. C’est le satiriste qui survit ». Fut-il mort avant ses soixante ans qu’on aurait oublié l’auteur de drames un peu ennuyeux. Mais avec le temps sa plume s’est affinée, son bras s’est durci, sa langue a sifflé plus fort et sa voix s’est mis à porter, laissant libre cours à une ironie dévastatrice qu’on tente encore aujourd’hui de faire goûter aux plus jeunes.

Alors comme souvent dans les périodes sombres où le doute le plus terrible revient s’installer dans les consciences, on est soulagé d’aller rechercher le grand homme et l’écouter parler des nécessités de la tolérance, des ravages de l’obscurantisme, de toute forme de censure et des misères provoquées par l’ignorance. Il y aura donc nécessité à plonger dans les textes satiriques que réédite GF, tel celui intitulé Des suites de l’esprit de parti et du fanatisme où il nous invite à craindre « toujours les excès où conduit le fanatisme. Qu’on laisse ce monstre en liberté, qu’on cesse de couper ses griffes et de briser ses dents, que la raison si souvent persécutée se taise, on verra les mêmes horreurs qu’aux siècles passés ; le germe subsiste : si vous ne l’étouffez pas, il couvrira la terre ».

Sinistre prophétie.

Nul n’ignore que le fanatisme croît grâce à la misère et que l’éducation, l’échange, la culture en sont les meilleurs quoique fragiles remparts. En ces jours où soudain le réel s’obscurcit, où le mal, assorti de son corollaire la bêtise, explosent spectaculairement dans l’horreur et frappent ceux qui pratiquent l’ironie, la satire et la férocité par leurs plumes, qu’elles dessinent ou qu’elles tracent des lettres, il est primordial de nous tourner aussi vers les livres, ceux qu’une parole partisane et haineuse n’a pas dévoyés, et le retour à Voltaire, vivifiant quoique inquiétant tant il nous montre que l’âme humaine ne change pas, peut constituer un viatique pour supporter les temps difficiles.

La lecture, quoiqu’en dise le sot monarque mis en scène par l’homme de Ferney, n’est pas un danger, c’est un ferment de liberté, celle qu’hier on a voulu abattre."

Nous reprenons ici un texte paru sur le blog de la librairie Mollat

http://blogs.mollat.com/litterature/2015/01/08/relisons-voltaire/

de David (David Vincent)

E.°.R.°.

.Nous apprenons la présence de deux F.°. du GODF et du DH, parmi les 12 victimes du massacre de Charlie Hebdo.

Chaque loge de la GLSREP abordera ce drame qui nous rappelle que notre liberté et bien fragile et que la patrie des Droits de l'Homme est toujours en première ligne, avec ses franc-maçons...

Pour info vous pouvez consulter le lien suivant: http://www.jlturbet.net/2015/01/des-francs-macons-parmi-les-victimes-de-la-tuerie-de-charlie-hebdo.html

L’Esprit Français face à l’obscurantisme
L’Esprit Français face à l’obscurantisme

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 11:31

En cet été troublé par de nombreux conflits armés et la triste accumulation de catastrophes sur notre planète je n’ai pu que me réjouir de la mise en orbite réussie de la sonde Rosetta autour d’une comète à 400 millions de km de la terre… Au moment où je travaillais sur la pierre brute comment ne pas rester ébahi par cette prouesse technologique qui permet pour la première fois à l’homme de s’approcher au plus près d’une « pierre brute », venue des confins de notre système solaire permettant sans doute de percer un peu plus encore le secret de nos origines ?

Si la F\M\ moderne ne prétend pas apporter de réponse à la question de nos origines sur terre, elle permet, dans sa méthode, par une approche ésotérique héritée de la Tradition Initiatique d’apporter des réponses aux questions existentielles de l’homme en lui permettant de se relier à ses origines par une étude symbolique des mythes fondateurs de l’humanité. Par le symbolisme elle réconcilie la rationalité scientifique et la puissance évocatrice du monde mythique inspiré des archétypes fondateurs.

Ainsi, l’Art Royal, par le travail symbolique de la Pierre Brute, travail pour lequel l’apprenti s’est vu remettre ses premiers outils le jour de son initiation, ouvre la voie à l’impétrant à une amélioration personnelle et à une élévation spirituelle.

Ce soir, en tournant symboliquement autour de La Pierre Brute, qui nous unit dans le souvenir personnel et collectif de l’initiation –unique moment où nous avons chacun reproduit physiquement le geste du tailleur de pierre- je vais évoquer comment l’apprenti que je suis devenu il y a un an, entrevoit aujourd’hui la richesse de ce symbole.

Dans une première partie je tenterai d’appréhender la nature archétypale et symbolique de la Pierre Brute, dans la seconde, par l’étude des outils confiés à l’apprenti et du rituel de la loge, je vous dirai en quoi le travail sur la Pierre Brute est un chemin initiatique qui, à mon sens, peut aider l’apprenti-œuvrant à changer son regard et à progresser moralement et spirituellement. Enfin je m’interrogerai sur l’essence même de la Pierre Brute dont je pressens qu’elle nous ouvre une porte sur le Divin.

  1. La nature archétypale et symbolique de la pierre brute

La pierre brute en tant qu’image primordiale ou archétypale est particulièrement prégnante dans l’Egypte ancienne car elle était considérée selon Olivier DOIGNON « comme la pierre d’avant la genèse, celle qui, disparue du traîneau originel, Atoum, est tombée dans l’océan primordial pour former la première émergence, le tertre primordial ».

Cette explication de la genèse tient sans doute à la transposition d’une réalité physique, la lente modification du cadre de vie par les crues successives du Nil, au cours desquelles seules émergeaient les iles limoneuses et après lesquelles, au milieu de marais, explosaient végétation luxuriante et vie animale.

A Héliopolis les prêtes appellent cette pierre primordiale, le Ben, la butte initiale, « habitat de Ogdoade primordiale, cet ensemble de huit divinités engendrées par le Principe pour mettre en œuvre la dynamique de la création ». Ces prêtres pensaient que les eaux du Noun avaient été repoussées dans l’univers formant ainsi le firmament. Cette représentation de la genèse comporte bien des analogies avec les textes bibliques…

La tradition juive, dans le Talmud, rependra cet archétype de la pierre primordiale, la pierre Shetiyyah, arrachée par Dieu de son trône et jetée dans l’abîme afin d’en faire une fondation pour le monde, à l’emplacement du temple de Jérusalem. A ce titre on peut la considérer comme le témoignage de l’alliance entre Dieu et les hommes.

Dans la religion chrétienne, l’évangile de Mathieu dans le chapitre 16 indique que Jésus donna à Simon le nom de Pierre en lui disant : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église ». Pierre est la traduction du grec de Petros, s’agissant du prénom, Petra désignant la pierre. Même si cette analyse est sujette à polémiques on peut considérer que si Jésus a changé le nom de Simon en Pierre c’est parce qu’il est appelé à être l’élément de stabilité et de solidité sur lequel va se construire l’Église.

Simon-Pierre reprendra cette image de la pierre à propos du Christ dans sa 1ere lettre : « Approchez-vous de lui, la pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie, précieuse auprès de Dieu. Vous-mêmes, comme pierres vivantes, prêtez-vous à l'édification d'un édifice spirituel, pour un sacerdoce saint, en vue d'offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ. Car il y a dans l'Ecriture: Voici que je pose en Sion une pierre angulaire, choisie, précieuse, et celui qui se confie en elle ne sera pas confondu. » On peut comprendre ce texte comme la possibilité pour les chrétiens en s'approchant du Christ, assimilé à la pierre, d’entrer dans la construction du temple messianique en cours d’édification et dont Dieu est lui-même l'architecte.

Son origine, réelle ou supposée, peut aussi expliquer la charge symbolique de la pierre :

Ainsi, pour les grecs, l’Omphalos que ZEUS aurait laissé tomber sur terre marquant ainsi le centre, le « nombril du monde » serait une météorite. Cette pierre, d’essence divine, représentait donc essentiellement le « centre du monde », car, dans le symbolisme ancien la circonférence, représente le Monde en un sens universel, c'est-à-dire tout ce qui existe, ce que le mot « manifestation » illustre particulièrement bien pour les F\M\.

Selon René Guénon, elle prenait cette signification lorsqu’il était placé « dans un lieu qui était simplement le centre d’une région déterminée, centre spirituel, d’ailleurs, bien plutôt que centre géographique ».

En terre d’Islam, la Pierre Noire, dont l’origine est toujours sujette à bien des spéculations, est placée dans la Kabaa au centre de la mosquée de la Mecque et fait l’objet d’un rituel pour perpétuer la tradition de Mahomet. Selon la tradition islamique elle serait descendue du Paradis pour indiquer à Adam et Eve où édifier un autel qui deviendrait le premier temple.

Le monde minéral est aussi, à l’échelle temporelle de l’homme, symbole d’éternité et donc objet de fascination. Il constitue la mémoire de l’homme restituée tant par les études géologiques que par les vestiges des civilisations passées. En ce sens on peut considérer que la pierre nous parle…

La composition et les caractéristiques de la pierre brute rendent ainsi possible toutes les actions créatrices, allant du support des premières écritures à l’édification de monuments en passant par la sculpture qui sont autant de moyens pour l’œuvrant ou son commanditaire de délivrer un message qui s’inscrira dans le long terme.

La Tradition maçonnique demande à l’apprenti de tailler sa pierre brute. Ce faisant elle symbolise l’Apprenti maçon par une pierre brute ce qui confirme son identification rituelle à l’archétype humain des origines.

En le reliant à ses origines elle permet au F\M\ de se construire en tant qu’individu et de participer à la construction du monde. A ce sujet, Oswald WIRTH dans l’Introduction de l’ouvrage d’Armand BEDARRIDE, Le travail sur la Pierre Brute, écrit : « Le monde n’est pas achevé : il se construit, et nous sommes ses constructeurs dans le domaine humain. Chaque être se construit lui-même, physiologiquement d’abord, intellectuellement et moralement ensuite. Nous sommes chacun notre propre œuvre en petit, tout comme la société humaine est notre œuvre en grand, l’œuvre commune des Compagnons qui ont appris à travailler ».

Voyons maintenant comment les outils donnés à l’apprenti lui permettent de contribuer efficacement à ce travail en dégrossissant la pierre brute…

  1. Les outils et le rituel permettent une progression morale et spirituelle par le travail symbolique de la Pierre Brute

Le rituel de l’initiation permet à l’apprenti d’appréhender le travail symbolique qu’il devra réaliser.

Après avoir prêté serment et qu’il ait été reçu maçon, l’apprenti, les mains gantées et ceint de son tablier se met immédiatement à l’œuvre : le genou droit posé sur le sol, il frappe trois coups sur la Pierre Brute à l’aide du ciseau et du maillet qui lui ont été remis par le maître de cérémonie. Il entreprend de dégrossir, de polir, de tailler la pierre brute dont il peut voir à l’orient, dans le prolongement de la colonne du midi, le but à atteindre, la Pierre Cubique, accomplissement du travail de l’apprenti.

René Guénon écrit dans, Pierre Brute et Pierre Taillée que, « pour les tailleurs de pierre et pour ses constructeurs qui employaient les produits de leur travail, la pierre brute pouvait-elle représenter autre chose que la «matière première» indifférenciée, ou le « chaos » avec toutes les correspondances tant microcosmiques que macrocosmiques, tandis que la pierre complètement taillée sur toutes ses faces représente au contraire l’achèvement ou la perfection de l’«œuvre».

Pour accomplir «l’œuvre» l’apprenti doit apprendre le bon usage des outils pour travailler la pierre à laquelle il s’identifie.

Au grade d’apprenti les instruments sont regroupés au sein d’une triade : maillet – ciseau – levier.

Le maillet est le symbole de la volonté ou de la force agissante, le ciseau symbolise le discernement dans l’action et l’efficacité puisqu’il permet de placer avec précision la force du maillet, le levier enfin manifeste l’effort dans la réalisation et la puissance, ce qu’Archimède formulait en son temps par « donnez-moi un point d'appui, et un levier, je soulèverai le monde »

Le maniement de ces outils permet à l’apprenti de faire l’inventaire de ses défauts, de ses préjugés et de les gommer comme le tailleur de pierre en gomme les aspérités. Cette démarche s’accompagne d’humilité –que l’impétrant symbolise physiquement en mettant le genou droit à terre pour frapper les trois coups sur la Pierre Brute, mais aussi de patience et de silence. Ce silence lui permet d’être plus attentif à sa voix intérieure et de profiter de la parole de ses FF\ pour organiser un travail d’introspection… En ce sens le silence est aussi un outil donné à l’apprenti pour commencer à tailler sa pierre.

Il me parait important de préciser que le travail sur la Pierre Brute se réalise dans le temple, dont les éléments symboliques sont autant d’indications que l’apprenti doit suivre pour accomplir son œuvre.

Ainsi c’est guidé par les principes symbolisés par les trois grands Piliers qui soutiennent la loge, surmontés par les trois étoiles, dites au R\E\P\ les Lumières d’Ordre, symboles de la Sagesse, de la Beauté et la Force qu’il dégrossit sa pierre.

Pour reprendre Er\ Ro\ « le maçon reçoit la force et la sagesse et doit les conjuguer harmonieusement ». C’est donc avec la sagesse, fruit de son observation et de son introspection, mais aussi avec la force qui peut se comprendre comme une forme de courage et d’honnêteté intellectuelle indispensable à cette introspection, que l’apprenti doit appréhender le dégrossissage de la Pierre Brute et de la transformer en Pierre Cubique première étape vers l’Harmonie. A cet égard, on peut considérer que l’initié qui travaille sur lui-même va réaliser une construction d’un individu harmonieux en conjuguant son tout avec son unité dans une démarche semblable à celle de l’individuation au sens ou l’entendait Jung qui disait dans son ouvrage, « Ma vie » : « J'emploie l'expression d'individuation pour désigner le processus par lequel un être devient un in-dividu psychologique, c'est-à-dire une unité autonome et indivisible, une totalité »

Par ailleurs l’œuvre s’accomplit dans le temple éclairé par les trois lumières spirituelles au R\E\P\ : Le Volume de la Loi Sacrée, l’Equerre et le Compas disposés sur l’autel des serments.

Le V\L\S\ est le symbole de la loi morale et de la Tradition, l’équerre celui de la matière et le compas symbolise l’esprit. Au grade d’apprenti, posée sur la bible, l’équerre est positionnée sur le compas. Ainsi l’apprenti qui ne dispose que du maillet et du ciseau peut d’ores et déjà concevoir que si la matière domine encore sur l’esprit à ce stade, le progrès personnel symbolisé par le passage de la pierre brute à la pierre taillée lui permettra de faire progressivement émerger l’esprit sur la matière, en un mot de se transcender.

Armand Bédarride fait référence à l’obligation de « se débarrasser des défectuosités morales » mais aussi intellectuelles par « le travail de rectification » afin de devenir un homme nouveau de qualité supérieure. Cette rectification évoquée dans l’acronyme V.I.T.R.I.O.L dans le cabinet de réflexion fait référence au Grand Œuvre des alchimistes pour lesquels la transmutation, au plan philosophique, était un acte accompli par la conscience sur elle-même pour se purifier et se sublimer.

C’est ce travail de perfectionnement moral que nous propose la F\M\ par l’utilisation précise du ciseau sur nous-mêmes, employé avec la force maitrisée du maillet, qui nous permettra de suivre le principe hermétique appliqué au plan du perfectionnement spirituel et moral : « Tu sépareras la terre du feu, le subtil de l'épais, doucement avec grande industrie. (…) Tu auras par ce moyen la gloire du monde, et toute obscurité s'enfuira de toi.» (Extrait de la Table d’Emeraude traduite par Fulcanelli).

Enfin, les trois coups portés par l’initié lui ouvrent une porte vers la pensée ternaire. Le binaire représenté par le couple maillet/ciseau ne peut s’opérer sans l’action de l’esprit qui permet, par l’analyse, d’atteindre l’objectif fixé. L’intellect au service de l’action des deux outils nous fait passer du binaire au ternaire qui se révèle dans la réalisation.

Ainsi la méthode maçonnique permet de changer le regard de l’impétrant : il perçoit que la réalisation de l’œuvre est un travail personnel de progrès individuel au service d’un progrès universel de l’Humanité. En effet si nous en restions uniquement au « connais-toi toi-même » socratique auquel nous invite le travail sur la pierre brute notre démarche n’aurait qu’une dimension égocentrée et narcissique à l’opposé de la démarche initiatique, qui signifie introduire aux mystères, dont je perçois à ce jour qu’elle permet en premier lieu de découvrir et révéler la part de Divin qui existe en chacun d’entre nous

  1. La Pierre brute nous relie à nos origines et nous ouvre une porte vers le divin.

La référence au mythe cosmogonique selon lequel une pierre issue du tertre primordial se serait dédoublée en pierre brute et en pierre cubique permet d’orienter notre regard sur la manifestation du Principe à travers une « pierre de connaissance ».

C’est sur cette pierre que l’apprenti doit travailler en appliquant les trois grands principes que sont la sagesse, la force et la beauté qui doivent présider à l’édification de l’œuvre. Par ce travail de transformation de la pierre brute à la pierre cubique dernière étape avant la P\C\A\P\, il comprend que l’Art est le moyen de se recréer lui-même, par une imitation de la nature dans son mode opératoire, pour reprendre la définition de Saint-Thomas-d’Aquin, l’Œuvre devenant ainsi une imitation de l’action divine.

Par ailleurs, nous avons pu voir que l’apprenti représente à la fois l’œuvre à accomplir et l’ouvrier qui travaille à sa réalisation. Il est à la fois matière première et outil. Il réalise ainsi un travail de sa conscience sur elle-même qui doit aboutir à une transformation, une amélioration de l’être et une élévation spirituelle au service d’une ambition métaphysique supérieure, à savoir, associer son destin personnel à celui de l’humanité en dépassant le « connais-toi-même » pour accéder au « découvres à quoi tu sers » : En ce sens la démarche initiatique, tout en permettant au F\M\ de chercher un sens à sa vie lui permet d’appréhender l’idée que de notre esprit peut rejoindre le Principe qui régit toutes choses et que lui seul peut conduire l'homme à l'accomplissement de sa destinée.

Notre catéchisme au R\E\P\ nous dit qu’il faut concevoir la pierre brute, non pas parce qu’elle n’a pas été taillée mais plutôt parce que sa destination reste encore à découvrir, qu’il ne faut pas l’opposer à la pierre taillée puis qu’elles sont complémentaires l’une de l’autre.

Cette idée sous-tend que pierre brute et pierre taillée sont les deux facettes d’une même réalité que le chemin initiatique permet d’appréhender. Olivier DOIGNON évoque pour sa part deux expressions de la pierre, deux approches indissociables, sans lesquelles la perception de l’origine ne serait pas possible. Ces deux expressions de la pierre permettent de comprendre les lois de la création, la pierre brute représente la matière de l’œuvre et recèle le germe de la création, la pierre cubique représente la forme de l’œuvre et contient l’ensemble des lois de la création.

Au sein du temple, « imago mundi », dans l’intemporalité que seul un lieu sacré peut restituer, la pierre brute, située à l’orient, à l’endroit où apparait la lumière comme au premier matin du monde, symbolise le potentiel de création qu’elle porte en elle. Matéria prima indifférenciée et monde organisé coexistent aux yeux de l’apprenti par la présence complémentaire de la pierre brute et de la pierre cubique. Le nouvel initié peut concevoir l’idée de la genèse du monde par différentiation dont la F\M\ est l’héritière et que par la volonté de manifestation du principe, le Un est devenu Deux et que la pierre qu’il s’apprête à travailler constitue le support symbolique et intemporel de toutes les actions créatrices, éléments transcendants qui génèrent le Trois.

C’est par les trois coups portés sur la pierre brute que l’apprenti renoue avec le mythe de la création : après le chaos primordial, par l’action de l’impulsion créatrice, les éléments s’organisent, l’Esprit se sépare de la matière et anime l’Œuvre.

Le nouvel initié par le premier exercice de son art « se sera fait l’instrument de l’activité ordonnée et progressive de l’Univers » pour reprendre l’expression de Ferdinand ALQUIE. Ainsi par effet miroir et de transposition, le macrocosme et le microcosme se rejoignent et tendent vers l’unité du tout. N’est-ce pas pour cela, qu’à chaque nouvelle initiation, les FF\ sont toujours très émus par les trois coups de maillets qui résonnent dans le temple car portés de façon personnelle par leur nouveau frère ils résonnent en leur cœur comme le souvenir commun de la création du monde ?

Pour conclure je citerai un de nos FF\ de la loge Conscience et Fraternité à l’Orient de Paris : « Par Trois Coups de maillet portés, l’initié enclenche un processus sonore, ouvrant ainsi la voie initiatique par la formulation du Verbe et il comprend que son travail consiste à reconnaître la cause divine de la manifestation, à extraire de la pierre toutes les formulations dont elle est grosse ; il comprend que la « pierre brute », c’est l’homme « charnel » qui porte en lui l’image latente, potentielle, de Dieu et que la « pierre cubique à pointe », lui donne le modèle de l’homme « déifié », qui a accédé à la « ressemblance ».

N.°.B.°. R.°.L.°. "La Lumière Ecossaise"

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 10:06

Petits et Grands mystères : Perception métaphysique de l’être et pratique maçonnique (aperçu préparatoire).

"On dit de l’impétrant qui frappe à la porte du temple qu’il veut être "participant de nos mystères". Cette notion maçonnique recoupe les trois perceptions initiatiques du non apparent.

La première est rattachée au silence et au caché, il s’agit du « sacré » qui est non visible au profane, on rejoint la notion ésotérique.

La deuxième se rattache à l’idée de vérité évidente et indiscutable qui entraîne une adhésion sans faille et qui est du domaine de la révélation et assure le transfert à l’homme de ce qui est de nature divine (voir dogmatique).

La troisième perception reconnaît l’inexprimable dans le mystère ce qui pose le problème du rituel et de l’initiation qui alors ne dit rien, mais offre les conditions propres à percevoir l’inexprimable en soi.

Les Mystères de la franc-maçonnerie recoupent ces trois perceptions en mettant en œuvre de manière traditionnelle les rites adaptées aux trois perceptions.

L'auteur va mettre en perspective la notion de mystère d'un point de vue éthique et métaphysique. Les petits et grands mystères sont une réponse à l'angoisse existentielle et émerveillée du mystère de la vie et au mystère de la création. Ces deux mystères ont trouvé des réponses moins scientifiques que symboliques et sont présents depuis la nuit des temps dans tous les mythes fondateurs dits universels". (ER)

La Voie initiatique peut se diviser en deux grandes étapes qui peuvent être considérées comme deux types d’initiation différentes.

L’Initiation royale et l’Initiation sacerdotale appelées ainsi en référence aux doctrines anciennes, les Petits Mystères et les Grands Mystères.

Ces deux voies sont complémentaires, la première étant subordonnée à la seconde.

Les Petits Mystères auxquels appartiennent les sciences traditionnelles (l’alchimie, l’astrologie) ont pour but de rétablir l’individu dans l’état primordial, état qui était celui de l’humanité aux origines.

Celui qui a atteint ce stade, atteint ainsi la plénitude de l’état humain qui est en même temps le « centre » de cet état.

Ce n’est qu’une fois parvenu à ce centre, qu’il peut communiquer directement avec les états supérieurs de l’être et accéder ainsi aux états supra-individuels qui, seuls, ont pour domaine la connaissance métaphysique pure et peuvent être véritablement qualifiés de « spirituels ».

A la fin de son cheminement, l’initié, libéré de toutes les contingences, réalise ce que l’ésotérisme islamique nomme « l’Identité Suprême » et qu’il devient ainsi « l’Homme Universel ».

En fait, les Petits Mystères aboutissent à la perfection des états humains, c'est-à-dire à la restauration de l’état primordial appelé Etat Edénique dans la Tradition judéo-chrétienne tandis que les Grands Mystères concernent la réalisation des états supra-humains c'est-à-dire la réalisation de l’homme universel, mais qui n’existe que virtuellement et en quelque sorte négativement, à la façon d’un archétype idéal tant que la réalisation effective de l’être total ne lui a pas donné l’existence actuelle et positive.

Sont Petits Mystères, les mystères de l’Homme et les mythes relatifs aux cycles de la Mort-Renaissance.

Pour la Franc-Maçonnerie, il s’agit du thésaurus (lexique de philologie, d’archéologie ou répertoire de thermes normalisés) des trois premiers grades et d’une grande partie des hauts grades écossais, en fait tout ce qui touche à la légende d’Hiram.

Ces mystères concernent tout ce qui correspond au monde visible, identifiable et mythifiable.

Le solstice d’été est en relation avec les Petits Mystères parce que la chaleur, la Lumière et la Vie sont identifiables.

Je ne sais plus qui a dit : « Le monde est ce qu’il est et je cherche à le comprendre ».

Les Petits Mystères sont le passé et le futur.

Sont Grands Mystères, ceux relatifs à la Connaissance du Sacré. C'est-à-dire ce qui se passe entre la Mort et la Renaissance.

Pour la Franc-Maçonnerie on peut retrouver ces préoccupations dans ce qui relève des Ordres de Sagesse.

Tout ce qui détermine d’une quête de la nature profonde du Sacré, ce qui permet d’approcher la nuance contenue dans le Principe de l’Evangile de Saint Jean.

La Saint Jean d’hiver correspond aux Grands Mystères.

Le Solstice d’hiver est en relation avec eux pour ce que la Nature cache en son sein de mystères.

Les Grands Mystères définissent la nature improbable du Présent.

La question fondamentale posée par les Grands Mystères est la suivante :

La Lumière brillait dans les Ténèbres et les Ténèbres ne l’ont elle point reçue ou point gardée ?

Les Petits Mystères comprennent tout ce qui se rapporte au développement des possibilités de l’état humain envisagé dans son intégralité.

Et les Grands Mystères concernent, comme nous l’avons déjà vu, la réalisation des états supra-humains.

En appliquant à ces deux phases le symbolisme de la croix, on parlera de la réalisation horizontale et de la réalisation verticale, la première servant de base à la seconde.

Et si la seconde précède la première, c’est que le point central de l’état humain, est le seul où soit possible, la communication directe avec les états supérieurs suivant l’axe vertical qui rencontre en ce point le domaine humain. « C’est ce que nous enseigne le croisement du fil à plomb avec le plan, courant de la loge, soit symboliquement le Pavé Mosaïque. Le centre est ici le point d’intersection ».

C’est ainsi, comme dit Dante que le Paradis terrestre est une étape sur la voie qui mène au Paradis céleste. « Ceci constitue l’image d’un miroir où ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, avec une superposition de mondes ».

C’est aussi la différence entre l’homme primordial et l’homme universel.

Celle de l’homme véritable et de l’homme transcendant, «qui en Franc-Maçonnerie remonte graduellement un axe. »

Dante met le Paradis terrestre en rapport avec ce qui doit être au point de vue traditionnel, le rôle du pouvoir temporel « que l’on représente symboliquement par un maillet ou une épée droite » et le Paradis céleste avec celui de l’autorité spirituelle « que l’on représente par une épée flamboyante ou une clef d’or ».

Ce sont les fonctions royales et sacerdotales d’où il résulte que les Grands Mystères sont reliés à l’Initiation sacerdotale et les Petits Mystères à l’Initiation royale.

Puisque les Grands Mystères ont pour domaine la connaissance métaphysique pure, qui est essentiellement une et immuable, en raison même de son caractère principiel, c’est seulement dans le domaine des Petits Mystères que les déviations peuvent se produire.

Cela se passe quand le lien normal avec les Grands Mystères a été rompu et que les Petits Mystères en sont arrivés à être pris pour une fin en eux mêmes.

C’est aussi dans ce domaine des Petits Mystères que la contre-indication est susceptible de s’opposer à l’Initiation véritable et d’entrer en lutte avec elle.

Par contre le domaine des Grands Mystères, qui se rapportent aux états supra- humains et à l’ordre purement spirituel, est par sa nature même au-delà d’une telle opposition et entièrement fermé à tout ce qui n’est pas la vraie initiation, selon l’orthodoxie traditionnelle.

De tout cela, il résulte que la possibilité d’égarement subsiste tant que l’être n’est pas encore réintégré dans l’état primordial mais qu’elle cesse d’exister dès qu’il a atteint le centre de l’individualité humaine.

On peut donc dire que celui qui est parvenu à ce point, c'est-à-dire à l’achèvement des Petits Mystères « par la découverte de ce fameux centre en lui » est déjà virtuellement délivré, bien qu’il ne puisse l’être définitivement, que lorsqu’il aura parcouru la voie des Grands Mystères et réalisé finalement l’Identité Suprême. « Pour l’atteindre il devra persister dans un parcours de concentration et d’ascension, sans s’égarer en s’arrêtant dans les voie latérales, qui ne sont que des moyens d’action sur le vivant, mais qui ne contribuent pas à l’exaltation de l’être et au dépassement de la contingence » (...)

M.°.L.°. « Les Écossais de Saint Jean »

Sources : René Guénon , Oswald Wirth et E :. R :. pour les phrases entre « » qui apportent une adaptation plus précise de ce Travail à l’esprit même du rite de l'écossais primitif.

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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 19:27

Les lumières d'ordres Sagesse, Beauté, Force ou Sagesse, Force et Beauté.

L’éveil, c’est aussi ouvrir les yeux et faire des analogies, des corrélations « symboliques » qui donnent la vision d’un ordonnancement global.

« Nous l’avons appris en loge dans la pratique du REP qu’il existait un rapport entre les trois lumières des rites dits « modernes », et les trois grandes lumières des rites dits "Anciens". Ce distinguo visant à créer une distinction dans la pratique rituelique à l’époque de la querelle entre les « anciens » et les « modernes », fut résorbée par la complémentarité des interprétations.

Le REP a su conserver le sens premier de ce distinguo pour élaborer des correspondances qui dépassent les querelles, rendant producteurs de sens les clivages entre grandes lumières, petites lumières, lumières d'ordres, etc.

Il faut comprendre que l’allumage des flambeaux ou colonnettes ou piliers suivant les rites, parfois appelés lumières d'ordres (REP), relate ni plus ni moins une symbolisation de la manifestation dans le monde terrestre. C’est un rituel du « Commencement ». Pour le symbolisme constructif c’est à proprement parler, « la projection en la cité terrestre des perfections de la Cité d’En Haut ». Donc une loge juste est parfaite ne l'est pas seulement en vertu du nombre symbolique de maçons (3, 5, 7.), mais aussi en vertu d’une correspondance entre le terrestre et le céleste.

Ainsi, on trouve une correspondance entre deux triades symboliques. Le Maître de la Loge, Le Soleil et la Lune est la triade lumineuse des "modernes", décrivant l’ontologie cosmogonique cyclique et métaphysique propre aux Grands Mystères antiques. La duplication de cet ordonnancement dans l’ordre éthique et donc humain, celui des Petits Mystères antiques, se fait à l’aide de la Bible ouverte au prologue de la lumière et par la superposition de l’équerre au compas. Mais en lisant le Prologue, on s’aperçoit qu’il est possible, par l’interprétation polysémique de la Lumière, de relier les Petits Mystères aux Grands Mystères et donc de rendre perméables et miscible les deux triades par leurs points communs. C'est à partir de ces deux triades que l'on va "dupliquer" ou "décliner" dans le Hekal et dans l'Homme la notion de lumière.

On utilise des synonymes symboliques de la lumière pour diffuser la dimension sacrée et divine dans des niveaux de manifestation et de perception différents. Ainsi la Lumière ontologique devient synonyme du Logos, du Verbe créateur, de la Parole, de la Vérité, du Centre, de l’axe, etc. Ces synonymes symboliques s’appliquent à des situations et des ordres de compréhension visibles et invisibles qui recoupent et subdivisent les deux Mystères universels : celui de la Création-Manifestation et celui de la Vie. Autrement dit, il s’agit de décrire la Lumière qui ne fut pas arrêtée par les Ténèbres par des termes adaptés aux différents états de l’être et de la nature. Les différentes appellations de la lumière semblent suggérer un état évolutif de l’homme lié à son niveau d’éveil.

La Lumière dont il est question dans le prologue selon Saint-Jean est donc l’axe universel qui traverse le mystère de la Création et le mystère de la Vie. Dans l’ordre accessible à notre compréhension et en fonction de la tradition initiatique de l’art royal qui est fondé sur le symbolisme constructif, les notions de Sagesse de Beauté et de Force sont des déclinaisons « éthiques » d’une lumière ontologique, symbole de perfection absolue.

On admet généralement que la lumière se décline dans le sens traditionnel du plus haut vers le plus bas, mais il reste entendu que la lecture de la Bible comme le ressenti de l’éveil reste du domaine des potentialités humaines et que rien n’interdit à l’homme de générer en lui cette fameuse dimension sacrée. Le franc-maçon s’attachera à faire le lien de causalité entre ce qui est « transmis » par l’initiation et ce qui sommeillait déjà en lui…

La notion de déclinaison-duplication lumineuse se démontre lors de la transmission de la lumière venant du Debhir et descendant dans le Hékal suivant un processus rigoureusement symétrique. Au Rite Écossais Primitif ce processus se fait l’aide du Maître de la loge, authentique médiateur céleste, et de son représentant situé trois marches plus bas, le Maître de Cérémonie, authentique ordonnateur du monde terrestre. Techniquement la lumière « pensée ontologique » est perçue par le Maître de Loge, et transmise dans une démarche volontaire au Maître de Cérémonie acteur terrestre de l’action. (Dans certains rites c’est le maître de loge lui-même qui va animer les 3 chandeliers ou flambeaux ce qui revient au même puisse qu’il descend les trois marches et symboliquement change de niveau de perception ou de point de vue).

Le franc-maçon comprendra que :

- la Sagesse est associée à l’Orient, lieu de provenance de la lumière naissante, analysée dans l’ordre humain en Pensée divine originelle. Dans le symbolisme constructif, on lui affectera le Plan qui est synonyme de Loi Universelle à laquelle participe l’Œuvrier. C’est le Roi Salomon détenteur des plans du Temple qui incarne la Sagesse antique.

- la Beauté qui naît de l’harmonie implique la morale du Beau et du Bien (éthique), mais aussi la proportion idéale qui accompagne et dessine la Volonté née de la pensée. Cette Beauté est la représentation mentale d’une forme parfaite inspirée d’une pensée idéale ou divine. Pour le constructeur c’est la divine proportion symbole de perfection qu’il peut trouver au centre de lui-même. La Beauté est née de la Sagesse, elle est selon le roi Salomon « une couronne pour la tête du Sage ».

- et enfin la Force se traduit en Action, soit la réalisation matérielle et concrète d’une Pensée proportionnée et contenue par l’Harmonie-Beauté. La Force est ici la réalisation et le maintien d’une potentialité lumineuse contenue dans le Verbe. Pour le constructeur c’est l’usage « éclairé » de l’outil et de l’instrument contenu dans les limites du compas et de l’équerre. La persistance à bâtir et rebâtir le Temple sera vue comme la détermination à faire apparaître l’esprit dans la matière et ceci par des actes positifs, ce qui au plan humain revient à admettre la présence de la Lumière en soi. Autrement dit, et selon le roi Salomon, « la Force accompagne la Sagesse chez le Sage ».

La correspondance entre le Debhir et le Hékal nous renvoie clairement à notre temple intérieur dans une tripartition, Esprit / Âme / Corps ou Chair. On conclura à la présence du Debhir en soi.

On situe dans la bougie sommitale du chandelier du Maître de Loge la Sagesse-pensée initiale qui « préside aux travaux » et surplombe la manifestation et la réalisation.

La Beauté harmonisante considérée sur le plan de volonté contenue et proportionnée sera située dans la bougie située à la droite du Maître de la Loge, elle peut être vue comme l’intellect agrégateur de la pensée idéale à la proportion idéale : véritable essence de la notion de « Chef d’œuvre » . C’est avant tout une représentation mentale préalable à l’action qui va irriguer la volonté et la vision.

La Force réalisatrice est située dans la bougie à la gauche du chandelier vu par le Maître de loge. C’est le côté du cœur associé à l’intelligence du cœur, l’intuition inspirée dans l’action, véritable sens de l’expression « avoir du cœur à l’ouvrage » .

On établit ainsi entre le Debhir avec l’épée flamboyante et le Hékal avec la canne du Maître de Cérémonie une parfaite symétrie correspondant à deux points de vue, dans deux niveaux différents, en fonction d’un axe traversier relatant une source surplombante insaisissable dans son origine. La convergence s’exprimera dans l’axis Mundi qui traverse les différents mondes, ici Debhir et Hékal et lorsque les travaux sont suspendus, la lumière se diffuse sur le Ulam et se répand dans le monde profane. C’est la mission du franc-maçon : répandre la lumière à partir de son centre intime revivifié en Loge.

Cette mise en œuvre de la lumière sacrée suit ici le Principe initiatique de symétrie inversée selon l’axe, appelé aussi « miroir des sages » qui situe la sagesse d’inspiration divine ou sacrée, en sommet dans l’ordre éthique. On retrouve ce principe de symétrie inversée suivant l’axe dans la circumambulation solaire dextrogyre ou polaire sinistrogyre suivant le mode des Petits ou Grands Mystères dans lequel on évolue symboliquement.

« Si l’homme est un être de lumière issu du Verbe, alors il peut par l’initiation réentendre, comprendre et redécouvrir les déclinaisons de la lumière perceptibles dans l’ordre humain qui sont la Sagesse, la Beauté et la Force ». (Le fait que certains rites inversent le sens au premier degré en « Sagesse Force et Beauté » est sans grande influence sur le sens général. Cela est dû à la méconnaissance de l’acte sacré d’allumage des lumières d’ordre d’une nouvelle loge qui se fait effectivement dans le sens Sagesse Force et Beauté, mais dans le sens polaire sinistrogyre. Ce qui, en rituel du premier degré qui se joue en sens dextrogyre, donnera Sagesse Beauté Force !!!)

« Le prologue selon Saint-Jean et le rituel d’allumage des feux suggèrent que seule notre Sagesse nous permet d’entendre le Verbe. L’Équerre est symbole de la ordonnancement moral (comportement d’équerre), soit l’éthique déclinée dans l’ordre constructif et humain à partir de la grande loi de la création. Elle nous inspire la droiture dans nos pensées et nos actions. Le Compas quant à lui est un instrument de mesure de proportion divine et de comparaison permettant d’apprécier dans l’ordre humain la portée et les conséquences éthiques de nos actes. C’est ainsi que l’acte réalisateur de l’homme sera inspiré par le principe d’harmonie découlant de la loi sacrée. La conclusion logique serait que la lumière est en tout maçon »…

Les lumières d’ordres du REP sont associées au styles architecturaux et à certains outils et instruments figurés sur le tableau de Loge, et de plus, on peut corréler Beauté et Force aux colonnes Boaz (persévérance dans le bien [et donc le beau]) et Jakin (ma force est en Dieu) … la logique de la disposition générale est donc respectée suivant les principes de déclinaison lumineuse et d'analogie.

Enfin et pour finir ce rapide survol de la lumière et de sa dévolution dans un Hekal recrée, il faut-il rappeler que la Lumière entre dans la loge avec un chandelier à trois branches allumé au cierge qui veille sur les parvis, à ce que certains appellent "la lumière éternelle". Ceci implique que tout ce qui se passe en loge est une scène recomposée dans l'ordre humain de l'instant initial comme une image inversée vue dans un miroir, le véritable temple de la lumière se situant sur les parvis...Doit-on en conclure que dans l'ordre humain, la sagesse ne puisse se percevoir que dans un miroir?

E.°.R.°.

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:20

Nous avons, dans notre précédente publication, souligné que la jonction entre terre et ciel ne pouvait se concevoir sans dimension spirituelle. La tour de Babel fut un échec, car son modèle était plus matériel et égotique que spirituel et universel. Le modèle à suivre semble être celui du songe, de la vision d’un lien entre le haut et le bas. Le songe et le rêve nous détachent de la matière pour mieux révéler un lien « essentiel ». Intuitivement, ce lien rêvé est le chemin de l’esprit qui nous relie au Tout. Ce chemin « essentiel » se matérialise dans l’édifice architectural comme dans la construction psychique de soi ou la construction spirituelle du temple intérieur. Dans les trois cas, représentants la Grande Nature, l’individu- groupe, le Tout métaphysique, le lien se caractérise par un élan tout à la fois vital, lumineux et spirituel.

Pour en comprendre le schéma, il faut traduire l’apparition de Jacob en une vision d’un ordonnancement sensé et graduel de l’aspiration vers un plus haut qui n’est pas sans rappeler cet appel ancestral de l’infini propre à l’homo erectus, vague souvenir d’un paradis perdu. Le sens profond, à la fois symbolique et théophanique de cet élan vital, sera signifié par la pierre dressée (ou redressée). La pierre redressée témoigne de la descente de l’esprit dans la matière et montre le chemin de l’élévation et du retour. Ici le maçon transformera la pierre en symbole, l’âge de pierre de l’humanité crée une présence dans la pierre que le franc-maçon va sublimer. ER

Dans une première partie nous aborderons l’outil-instrument de l’homme devenu passerelle symbolique par J.°.P.°.C.°., puis nous apporterons quelques commentaires sous l’angle du relèvement par l’esprit et la présence d’un chemin sublime par E.°.R.°.

1ere partie : de l’outil instrument à la passerelle symbolique par J.°.P.°.C.°.

L’échelle outil et instrument.

Le franc-maçon pratique aussi bien les outils que les instruments. Tous les deux servent à sa construction intérieure, ils contribuent à l’art et à l’opération !

L’échelle est un outil d’élévation composé de deux longs bois verticaux et des plus petits horizontaux.

L'échelle est très souvent employée dans l’idée de monter, mais implique sans le dire une descente ou plutôt un retour au point de départ. Grâce à elle, les pompiers peuvent atteindre une fenêtre et ainsi sauver une personne prisonnière des flammes par exemple. Elle est donc très utilisée par les organismes de secours et de sauvetage et on peut aussi l’utiliser à des fins psychiques et symboliques. Elle était également très prisée lors de sièges de châteaux, car elle permettait aux assaillants de pénétrer à l'intérieur en franchissant l’enceinte. L’échelle est donc une porte qui surmonte l’obstacle matériel ou la distance entre deux mondes. Certains soldats utilisaient des échelles mobiles appelées « échelle à corde » qui étaient plus facilement transportables et donc discrètes pour ne pas dire secrètes.

L'échelle doit être en parfait état pour être employée convenablement. Elle doit être positionnée avec une certaine inclinaison et elle doit disposer de toutes ses marches, car dans le cas contraire le résultat de son utilisation pourrait se révéler catastrophique. L’échelle nous rappelle les limites de l’exercice dans la verticalité. Sans inclinaison entre la terre et le ciel la chute est proche. L’inclinaison de l’échelle relate le point de vue humain est ses limites confrontées à la réalité. Même rêvée, l’établissement de l’échelle entre la terre et le ciel implique un rapport symboliquement triangulaire et graduel. L’échelle est donc l’instrumentum gradué d’un rapport triangulaire. Or nous savons que le nombre TROIS ouvre le chemin de l’esprit.

L’échelle est également une unité de mesure « physique ». Elle permet de mesurer l’intensité d'un séisme, la distance d'un point à un autre sur une carte. On peut aussi parler d’échelle humaine, mondiale, politique……... Même la sexualité a aussi son échelle ; celle de « Kinsey ».

L’échelle et l'homme.

L’échelle par son symbolisme extraordinaire avec un principe très simple, apporte un état de condition humaine d'une grande importance pour chacun d‘entre nous dans son parcours d’évolution spirituelle.

Selon la tradition mystique et la croyance antique, en passant par la renaissance qui n'est pas sans similitude avec notre époque, l' homme qui vit sur terre, le terrien qui rêve d'extraterrestres ou d'ange gardien , d’une entité quelconque, ce terrien-là ne fait que passer.

Si l'homme rêve de créature venue d’un autre monde ou vivant dans une autre dimension, peut-être qu’il se sent à l’étroit dans ce monde, peut-être qu’il cherche une espérance au travers d’une autre issue quelque part au milieu de cet univers qui est le sien.

Nos lointains ancêtres ressentaient les mêmes angoisses : celles de la naissance de l’univers et celles de l’après-vie. C'est pourquoi nous trouvons dans les mythes et les symboles de l’antiquité, plusieurs interrogations qui sont aussi les nôtres. Le père de la psychanalyse Sigmund Freud et d'autres ne n’y sont pas trompés : c’est dans la richesse des mythes et des symboles de l’humanité qu’ils ont trouvé les plus belles représentations archétypales de ce qu’ils ont nommé les complexes. L’échelle cristallise l’idée d’un divin sis dans un plus haut qu’il faut rejoindre et donc suppose pour certains un plus bas où l’homme a chuté. L’échelle semble liée symboliquement à un Paradis perdu comme le mythique Âge d’Or de l’humanité.

L’échelle de Jacob !

Quand nous entendons échelle, certains font le rapprochement avec le « songe de Jacob ».

Jacob quitta Bersabée et s'en alla vers Haran. Il atteignit un certain lieu et s’y arrêta pour la nuit, car le soleil était couché.

Prenant une pierre, pour en faire son chevet il se coucha en ce lieu. Il eut un songe, voilà qu'une échelle se dressait depuis la terre et son sommet touchait le ciel. Les anges y montaient et descendaient (Genèse, paragraphe 28 texte 10 à 12).

Selon l’explication du Midrach (ensemble d'analyse des textes en Hébreux) cette échelle comporte quatre paliers.

Maïmonide (Rabin) y reconnaît une ascension en quatre étapes. Les termes du récit biblique font allusion aux quatre stades que la pensée doit franchir pour parvenir jusqu’à Dieu. «Et voici, une échelle était dressée sur la terre». Ici, l’échelle désigne le lien et les rapports des différents êtres de l’Univers.

«Elle (l’échelle) était debout, dressée sur la terre». Elle désigne le monde terrestre, le monde des perceptions et de l’expérience d’où émane toute connaissance.

«Et son sommet atteignait le ciel». Cela nous enseigne que la connaissance progresse à partir du monde sensible vers le monde des êtres saints et des sphères supérieures.

«Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient». Allusion au monde suprasensible des anges, où la connaissance pénètre plus avant.

Le quatrième et dernier échelon de l’évolution (spirituelle) représente le but de la connaissance et de la prière en même temps. « Et voici, Dieu se tenait au-dessus »

Sans en tirer aucune conclusion, les anges montant et descendant le long de l'échelle dans la vision de Jacob nous font penser à certains témoignages contemporains sur la vision d’extraterrestres montant et descendant d'une soucoupe. Ce récit dont la rédaction date d'environ 800 ans avant notre ère, s’inspire bien de mythes et légendes pour certains et vérités pour d'autres. Quoiqu’il en soit ces anges sont sur un plan psychique la figuration de pensées typifiées.

Essayons maintenant de comprendre ce que signifie cette vision de l’échelle de Jacob sachant que dans la bible, tout récit a valeur de symboles, pour certains et de vérités pour d'autres.

Les personnages sont mythiques puis historiques. Ils nous apportent une expérience philosophique ou psychologique.

Étymologiquement, le mot « échelle » provient d'une racine indo-européenne, « skander », qui signifiait tout simplement « monter ».

On retrouve cette même racine d abord dans « scander », bien sûr, verbe dont le sens est de marquer un vers ou une syllabe pour donner un rythme de chant.

Mais on la trouve également dans scandale qui a été utilisé primitivement pour traduire l'hébreu « miksol », obstacle ou « ce qui fait trébucher ». D’où l’idée de chute associée dans la verbalisation de « dégradation » de l’échelle. Ici l’échelle se justifie pour échapper a la destinée et pour conjoindre la providence.

On la retrouve encore dans « escalier » et « escalade ». Ainsi, ce qu’illustre symboliquement le songe de Jacob, c'est que l'évolution ou la montée et la descente des anges ne sont possibles pour l’homme que si l'échelle ou le squelette d'après son étymologie (c'est-à-dire la colonne vertébrale dont on relève aisément l'analogie avec l'échelle), est posée sur la terre ferme en bas et reliée au ciel en haut. (Malkout-Kether)

En d’autres termes, il faut que les énergies d'en haut et celles d'en bas circulent sans cesse le long de la colonne vertébrale sans qu'aucun « miksol » ou obstacle ne s’y dressent, au risque de faire trébucher l'homme sur le chemin de son évolution. Le terme évolution lui-même s’oppose à l’involution grâce à « l’élan vital » qui donne la force d’âme pour gravir l’échelle.

Nous sommes ici dans une représentation symbolique totalement similaire à celle véhiculée par la « kundalini » des hindous, ou force du serpent, dont le siège se trouve en bas de la colonne vertébrale.

Rêver d'une échelle, c'est faire un songe d'une grande portée symbolique qu'il faut interpréter comme un avertissement nous indiquant qu’il faut que les énergies vitales et primordiales, montantes et descendantes, puissent circuler librement en soi.

Il nous faut garder à l’esprit qu’en elles, se trouvent notre pouvoir de régénération et notre perspective d'élévation spirituelle (notion d’élan vital). Ceci s’oppose à la perspective de dégradation dans la matière (notion de chute).

L'échelle, symbole maçonnique.

Atteindre le monde divin par une échelle qui sert de passerelle entre le ciel et la terre.

L'homme de chair peut se fondre en un être spirituel par sa progression. C’est cette progression que l’apprenti va vivre en accédant aux différents degrés grâce à son travail de construction de son temple intérieur. Cette progression peut se faire en montant comme en descendant.

Le pavé mosaïque par sa composition graphique de ligne entre les axes verticaux et horizontaux nous fait penser à des échelles portées sur le plan qui ne demande qu'a être élevé.

Le chemin de la pierre brute à la pierre polie nous mène dans une ascension progressive en montant chaque palier "en essence". À chaque degré d’avancement, nous progressons sur le chemin de l’initié. (J.°.P.°.C.°.)

Commentaires sous l’angle du relèvement par l’esprit. Par E.°.R.°.

2eme Partie : L’échelle ou le chemin sublime – Le songe de Jacob – l’ouverture au ciel.

Suivant les représentations graphiques, l’échelle est établie de la terre au ciel en qualité de voie graduelle d’accès au ciel. On la voit aussi partir du ventre de Jacob jusqu’au ciel, représentant les états inférieurs de l’être et les états supérieurs détachés de la matière.

Il s’agit par l’image de l’échelle de souligner un « état d’être »graduel. Cet accès à un état est aussi un accès à un lieu d’essence détaché de la substance. La relation entre le haut et le bas en forme de rêve ou de songe, revient à reconnaître le chemin qui sépare le Je du Soi, soit la nature spirituelle d’une présence en soi. Ainsi la relation de haut en bas devient celle de l’intérieur à l’extérieur. Cette « présence » au cœur de soi est la Shekinah. Cette Shekinah loge le lieu sacré en soi, on l’appelle souvent « étincelle divine ». Elle sera le lien entre le haut et le bas et prendra la forme archétypale et rêvée d’une échelle, d’un arbre d’un axe, d’un fil, d’un rayon, etc.

Au plan psychique on analyse l’échelle comme un rapport graduel en le plus bas « accidentel » (la chute) et le plus haut « essentiel » (l’Âge d’Or ou le Paradis). Le rapport graduel recouvre alors l’idée de réintégration ou d’ascension.

On remarque le dédoublement des lisses qui laissent entendre une partie montante et une partie descendante comme les deux colonnes de la loge en regard de la lumière solsticiale ; c’est pour cette raison qu’il est inutile, dans le symbolisme de l’échelle de Jacob, d’établir une échelle montante et une contre-échelle descendante. Il semble évident que l’échelle monte vers une lumière de nature spirituelle. Nous constatons la présence de degrés qui, analogiquement avec l’état de songe de Jacob, indiquent que celui-ci n’est pas dans un rêve, mais dans une demi-réalité, comme l’échelle qui est appuyée sur la réalité de la terre et en appui rêvé dans le ciel. Le songe est un état de « l'entre-deux », comme l’échelle se situe dans l'entre-deux séparant le principe et la manifestation !

Si le corps de matière s’endort, l’esprit s’éveille « libéré » de son emprise.

C’est un état de conscience intermédiaire qui tend vers l’éveil de l’esprit, en correspondance avec l’endormissement du corps, qui mûrit au fur et à mesure de degrés montants. L’échelle est donc une mesure d’exaltation de l’esprit et non pas du corps. Le corps s’abandonne au repos de la pierre bientôt « dressée », alors que l’esprit prend son envol, ce qui explique les ailes des anges…

L’objet, le trait d’union de l’échelle, fait la part de ce qui est terrestre et céleste. C’est un pont entre deux rives, celle d’en bas et celle d’en haut. Mais ici ce n’est pas un fleuve synonyme de matière qui est traversé, c’est l’air, la nuée symbole d’esprit. Cette intermédiation par l’esprit ne peut s’effectuer qu’avec une chair docile. La chair endormie, l’homme en quête d’éveil lumineux est en présence d’anges montants et descendants. Nous démontrerions que le symbolisme de l’échelle de Jacob de la Genèse répond aux critères de la lumière incarnée qui sous-tend la totalité du Nouveau Testament, et fait écho au prologue de Saint Jean.

Nous sommes en présence des messagers célestes propres aux religions du livre. L’ange est à la fois un messager du divin (et donc de l’Esprit) et l’expression du dédoublement de l’être (l’ange gardien) ; mais c’est aussi sur un plan psychique une pensée sublime. Ainsi en voyant les anges monter et descendre, transparaît l’expression sublimée d’une supraconscience qui, dans l’état de songe de Jacob, donne l’image du « directeur » de conscience. Ces pensées sublimes appartiennent à Jacob comme à tout un chacun, mais elles s’originent dans un plus haut. Ce plus haut peut s’analyser comme l’endroit du Divin ou plus simplement comme une supraconscience surplombante et totalisante. C’est un réservoir d’images archétypales commun à toute l’humanité. Le mouvement alternatif des messagers ailés sont une « formalisation psychique » des lois de correspondances entre « ce qui est en haut et ce qui est en bas ».

Cette direction de conscience provenant d’en haut est au plan psychique, ce qu’on appelle dans l’ordre humain le surconscient exigeant, celui qui dirige l’homme vers la lumière. Pour s’extraire à notre tour des limites étriquées de la psychologie, nous utiliserons le terme métaphysique de « supraconscience » qui a l’avantage de s’appliquer à l’Homme et au Tout.

À l’opposé de la supraconscience nous avons « l’infraconscience », que l’on appelle dans l’ordre humain, le subconscient. Ce dernier dans sa dictature du besoin enferme l’être dans la matérialité de l’avoir, du besoin insatisfait devenu désir qui est ici figurée par la pierre. Cette pierre plutôt que d’être laissée en « l’état brut » sera « dressée » par Jacob, symbolisant que l’éveil passe par le redressement. Ainsi on l’appellera pierre dressée « Bethel ».

Ointe, elle sera lieu de culte, mixant le désir vital et le désir d’un ailleurs. Elle devient borne, séparant le monde pétrifié et brut, rendu à un état de régression animale, du monde vitalisé par une lumière propre à la conscience de l’homme. Cette pierre sera pierre d’envol.

La pierre par l’action volontaire et inspirée de l’homme est changeante : elle peut être brute, dressée (bethel-menhir) ou taillée en perfection (pierre cubique) et gravée en glyphes (tables de la loi, cathédrale). Sa transformation marque un changement d’état qui recouvre les trois états, le naturel, l’humain et le divin. La pierre est un mercure principiel qui parcourt les trois mondes, elle est comme le mercure des alchimistes un lien unificateur. On la retrouve au cœur de soi dans la pierre philosophale. Nous sommes la carrière du cherchant et c’est en nous que la pierre doit être relevé(VITRIOL), c’est ce que signifie le relèvement du maître intérieur au REP. C’est l’œuvre d’une vie maçonnique.

La résurrection est littéralement un « redressement » en grec, comme le « relèvement » d’Hiram au 3ème degré ou la sortie du tombeau de Lazare. Ce relèvement n’est pas celui de l’âme animatrice du corps, ni du corps de matière, mais celui de l’esprit. C’est donc littéralement le redressement de l’esprit de Jacob qui s’est produit, comme celui du maître maçon dans l’épisode Hiramique, ou celui de Lazare. Ceci veut dire que l’on est capable de quitter les états inférieurs de l’être, ceux qui nous tiennent par la vanité et par l’ego. Il faut considérer que de « l’enfer » du l’infra conscience, nous passons à l’illumination de la supra conscience. C’est tout simplement le fait de se rendre compte que l’on peut quitter graduellement un état de matérialité pour accéder à un état de spiritualité.

Le franc-maçon pratique cette discipline du redressement par le « relèvement »par la griffe du maître qui est ni plus ni moins l’application du Shin à la parole perdue. Au tableau de loge, ce phénomène est représenté « matériellement » par la pierre cubique à pointe souvent surmontée d’une hache. Celle-ci vient briser la matière pour en faire apparaître l’essence représentée par la pointe sommitale elle-même image d’un centre en soi qui s’élève ou de redresse. La pointe de cette pierre cubique, est une hypostasie de l’élévation du cœur de la matière, à son tour le centre est une hypostasie de l’exaltation de l’esprit. C’est aussi le double sens du pseudo relèvement du corps.

Donc cette pierre est dressée vers le ciel comme « Bethel », elle devient maison de Dieu comme le temple et comme sa première lettre qui est Beth est signifie maison. Cette pierre reçoit la tête de Jacob et par analogie « reçoit » la lumière devenue l’essence « ointe » au milieu de la substance.

La pierre dressée est donc potentiellement immanente, mais aussi transcendante dans son inversion en qualité de clef de voûte ou pierre du dôme. Cette pierre devient, dans sa mise en place, du haut vers le bas la « pierre du ciel », celle qui sera la pierre noire de la Kaaba ou l’Émeraude du porteur de lumière.

Le pendant de la « pierre dressée » est la « pierre tombée ».

C’est la pierre tombée du ciel en référence à la chute de l’homme dans la matière depuis la faute adamique. Le pendant se traduit dans l’échelle par la deuxième lisse, le premier état serait la descente de l’esprit dans la matière en regard du prologue de Saint Jean, le second serait la remontée de l’esprit.

Dans cette relation entre la pierre et le sommet de l’échelle, c’est la terre et le ciel, la matière et l’esprit qui apparaissent et par analogie le chemin possible de la réintégration de l’homme dans la lumière divine. Pour Jacob, il semble a priori que cette lumière divine est celle de l’esprit en soi. Pour l’atteindre, il faut graduellement expier, purifier sa matière première, c'est-à-dire sa vanité égotique. C’est à partir de cet aperçu psychique (la lumière en soi) que par analogie nous pouvons établir un point de vue immanent (première lisse) auquel répond un point de vue transcendant (deuxième lisse). Ces deux points de vue sont réunis (barreau) une seule en même projection imaginative à double sens. Ainsi par l’échelle « imaginée ou songée et dessinée » nous pratiquons une union hypostasiée de la matière et de l’esprit. Traduite en l’homme, l’image d’une échelle de l’entre-deux révèle l’idée de sa double nature humaine et divine.

Le franc-maçon doit par la pratique rituelique des grades de son rite, pouvoir établir une mise en contact entre le haut et le bas en lui. Outre l’intention, et la pensée réalisatrice, il lui faut de la force pour harmoniser son haut et son bas, de la sagesse pour maîtriser son ego.

L’échelle ouvre le ciel, elle est donc le chemin de la réalisation de l’être. Elle symbolise la possibilité d’un élan de l’esprit, d’une joie intérieure à considérer la vie comme potentiellement lumineuse et céleste par le sublime en soi. Elle offre à l’esprit un rôle directeur dans le désir d’être vivant dans un monde qui n’oublie pas le ciel de l’esprit.

Pour le franc-maçon, la progression sur le chemin du plan s’accompagne d’une élévation graduelle dans l’axe, soit l’accès, vécu à l’intérieur de soi, aux mondes supérieurs. Sa progression se fera en essence. On passera ainsi dans une succession de plans correspondants à différents états de l’être.

C’est ainsi que l’ouverture du ciel par l’échelle, révèle l’essence qui donne un sens à l'éthique et une métaphysique à la vie.

E.°.R.°.

l'Echelle de Jacob

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 22:48
YGGDRASIL

Yggdrasil, l’arbre-monde. (suivi par l'élan vital de l'arbre du monde)

Il n’existe pas de définition propre à Yggdrasil mais elle pourrait être celle-ci :

Nous imaginons tous Yggdrasil comme un frêne ou un if d’une taille défiant l’imagination. Il est le premier arbre au monde si l’on en croit les textes de la mythologie scandinave datant de 2500 ans avant J-C. Il est immortel, symbole de sagesse et de vie. Yggdrasil est présent dans différentes cultures et religions égyptiennes, chinoises, orthodoxe, etc....

Yggdrasil signifie « destrier du Terrible »

Le Terrible étant Odin.

(Odin, dieu principal de la mythologie nordique, est le dieu des morts, de la victoire et du savoir).

Selon sa signification faut-il voir cet arbre légendaire à la manière d’un destrier?

Faut-il voir cet arbre comme un cheval, symbole de motricité, de liberté et de mouvement ? Yggdrasil permet l’accès à plusieurs mondes. Odin aurait réussi à dompter la nature ? Selon moi, Le Terrible est le premier et le seul, grâce à son pouvoir supérieur à avoir maîtrisé Yggdrasil (la nature) jamais dominé jusqu’ alors.

D’où nous vient Yggdrasil et cette nature?

Yggdrasil, l’arbre-monde vient de la mort d’ Ymir, le géant primordial né du chaos. Tué par ses fils, il se métamorphosa. Le sang du géant se changea en mer, son crâne se transforma en arc en ciel (le Bifrost), ses poumons en nuages, ses os en montagnes et ses cheveux en arbre-pilier du monde et de toutes natures. Les bouleversements d’Ymir ont créé un Nouveau Monde c’est sa renaissance dans la mort. Il vit dans le monde dont il est la seul source.

Ces légendes et mythes nous viennent pour la plupart de la Scandinavie. Comme dans leurs traditions l’arbre leur a servi dans la fabrication d’armes, d’outils, de médicaments, etc…

Je voudrais ce soir tout en restant concis faire le lien entre Yggdrasil et vous mes frères et sœurs dans notre Loge.

Même si nous ne voyons pas l’arbre, il est omniprésent, autour de nous dans l’univers. Il est comme le cosmos. Il se régénère seul et tout le temps. Il défie donc les lois du temps et de l’espace.

Yggdrasil est le support des neuf mondes (ou royaumes selon les croyances):

Asgard monde des dieux symbole de mort guerrière

Vanaheim autre monde des dieux symbole de création

Alfaheim monde des elfes de lumière symbole de lumière

Midgard monde des humains symbole de vie

Jötunheim monde des géants de glace symbole de destruction

Svartalfheim monde des elfes noirs symbole d’obscurité

Muspellheim monde des géants de feu symbole du feu

Helheim monde des morts symbole de mort profane

Nilflheim monde de la brume symbole de glace

Dans aucun des neuf, il n’y a de notion de bien ou de mal. Toutes les étapes d’un parcours de vie sont présentes, de la naissance à la mort choisie, guerrière pour les initiés ou alors profane.

Le chaos vient à la base des neuf. Ils sont organisés de manière à créer un équilibre élémentaire des forces. Nous pourrions, là, très bien faire le rapprochement entre le soleil et la lune, le pavé mosaïque et d’autres symboles de complémentarité.

C’est certainement pour nous rappeler que même les choses les plus complexes façonnées ou créées par le chaos sont ordonnées et ont un équilibre naturel.

Yggdrasil lui peut être comparé à un ou des axes du monde (axis mundi). Sans lui, rien n’est possible, il est symbole d’ascension et de verticalité. Il relie ce qui est en haut à ce qui est en bas dans un parfait équilibre des trois niveaux cosmiques : le ciel (le céleste), la terre et le monde inférieur.

Il insuffle un vecteur positif du bas vers le haut, en partant des racines jusqu’aux branches. Certainement comme nous franc-maçon qui sans cesse cherchons à nous élever (le haut) dans nos propres parcours de vie maçonnique, mais en n’oubliant pas de revenir aux fondamentaux (le bas).

Cet arbre est peut être comparable à nous, être humain : la peau pour écorce, la sève pour le sang, … . Nous sommes peut être sans le savoir l’axe ou le vecteur de satellite (famille, amis, franc- maçons, etc…) à la manière de cet arbre qui représente notre intérieur spirituel. Et nous rayonnons de notre sagesse sur ces mondes.

Dans l'étude je n’aborde pas Les Gardiens de l’arbre ce sera l’occasion d’une suite.

En restant au premier degré, on constate également que la symbolique du nombre « 3 »revient très souvent dans les éléments implantés à cet arbre légendaire

Il est composé en trois étages des racines, d’un tronc et de feuillages.

L’arbre possède trois racines comme nos trois colonnes (sagesse, beauté et force) et trois niveaux comme nos degrés (apprenti, compagnon et maître) ou bien encore trois niveaux cosmiques évoqués précédemment.

Je pense qu’il faut y voir la notion de création de la vie. 1 étant le singulier, le 2 étant le pluriel et le 3 la somme des deux. Cet arbre est peut-être le départ de toutes choses. Et cette réflexion me dirige vers la suite de Fibonacci que je ne développerais pas.

Je conclurais par la prédiction de la prophétesse (Völuspa) datant du 10ème siècle du codex reguis traduit par Régis Boyer :

Je sais que se dresse un frêne,

S’appelle Yggdrasill,

L’arbre élève, aspergé

De blancs remous ;

De là vient la rosée

Qui dans le vallon tombe,

Éternellement vert il se dresse

Au-dessus du puits d’Urdr

Trois racines

Partent dans trois aires

Du frêne Yggdrasill ;

Hel demeure sous l’une, Niflheim

Sous l’autre, les thurs géants du givre,

Sous la troisième, l’espèce humaine.

J.°.P.°.C.°.

commentaires (E.R.)

L'élan vital de l'arbre du Monde

Le REP fait une place de choix au symbolisme axial, par la matérialisation d’un centre céleste en relation avec un centre terrestre. C’est conformément au symbolisme des instruments du maçon, le fil à plomb qui remplit cet office. Celui-ci est « suspendu » à la polaire et descend au milieu du pave mosaïque traversant le tableau de loge. Le pavé mosaïque est notre plan terrestre et le tableau de loge au premier degré l’image du monde accessible aux yeux d’un apprenti.

Autrement dit le pavé mosaïque dans son apparente opposition, réalise l’unité d’un monde fait de complémentarité et alimente la grandeur et l’attractivité de l’axe.

Qui dit axe dit centre, or en loge nous avons un centre dans le Hekal et un centre au Debhir.

Le premier est un centre ordonnateur du chaos (ordo ab chaos), il est typiquement matériel et touche à la substance même de la manifestation, mais son impulsion est sa source sont d’origine lumineuse, exprimée dans une volonté "logotique" , cette volonté serait ni plus ni moins le rayon d’action du centre originel.

Cette source, ce centre d’éclosion du Verbe est au Debhir, au-dessus du VM.

Ainsi l’ouverture des travaux mime symboliquement la recréation du monde en modélisant le processus par le VM qui transmet la lumière du Debhir au Hékal où le Maître de cérémonie exécute le Verbe de lumière. Nous retrouvons dans l’Ygrassil cette dichotomie d’un centre haut spirituel et d’un centre médian de réalisation matérielle.

Ce que nous apporte en plus cette légende c’est la confirmation que création légendaire du monde et la présence de l’homme sur terre résulte d’un événement grave et brutal : un crime, une chute, un non-respect de l’ordre divin, etc, et que l’homme vit contraint par son passé et cherche, en se rapprochant d’un centre mythique, à gravir une échelle symbolique qui le mettra en connexion avec cette lumière des origines.

Au REP nous avons notre arbre qui est l’arbre de vie. Par la sève qui le parcourt et par son héliotropisme il représente l’élan vital. C’est lui qui recèle les secrets de la vie et nous rapproche de notre nature primordiale en pensée. C’est à la fois celui de la connaissance et celui d’un bien et du mal. L’arbre de la connaissance semble inatteignable et ce n’est pas faute d’efforts que nous tentons de l’approcher. Le connaître, c’est comprendre la vie et peut être accéder à l’immortalité qui semblait l’état naturel des origines dans le jardin d’Éden .

Par contre celui du bien et du mal nous est bien connu, c’est celui qui à provoqué, suivant la Genèse, la chute dans la préoccupation matérielle, et l'abandon de l'élan essentiel. Adam et Ève. Ils n’ont connu le bien et le mal que par l’arbre de la science et par la chute qui en découle. C’est alors qu’Adam s’est retrouvé éloigné du Centre et que sa descendance tente symboliquement de retrouver l’état primordial pour enfin goûter aux fruits de l’arbre de vie qui symbolise l’unité des origines.

C’est ici que pour l’homme le symbole de l’arbre prend tout son sens "essentiel". Ce serait une échelle, qui viserait la réintégration dans l’origine , soit en fait le rejointement de deux pièces séparées depuis les temps immémoriaux, autrement dit la définition du Symbolum!!! Mais aussi de l'Andros-gyne!!!

Par définition un arbre est l’union du haut et du bas, du subterrestre, du terrestre au céleste à l’image de l’hexagramme que vous avez au-dessus du VM a l’Orient au REP dès le premier grade. Cet arbre hexagrammique se retrouve dans le schéma général de la loge suivant l'axe de la lumière Ouest-Est. C'est l'axe de progression de l'Homme sur l'horizon d'un terrestre "accidentel". Celui-ci préfigure, aux deux premiers degrés, l'axis mundi du troisième degré, que l'hypostase propre à toute représentation mentale de l'arbre du Monde, dissimule son image inversée. Il en est de même avec l’échelle à deux lices ou à deux pans.

Ce lien va donc unir trois notions en un seul élan ascensionnel : le bien, le mal, et la connaissance.

Donc tout axe d’élévation résoudra en son centre toutes les oppositions (bien et mal) préalablement à l’accès à la connaissance (de la vie, soit l’immortalité). C'est donc dans cet ordre que toute "opération" post-initiatique ordonne la réintégration.

Ce mécanisme Unitaire alliant analyse de rejointement et synthèse de superposition est un des secrets de la méthode maçonnique.

L’image archétypale la plus appropriée pour fixer ce principe initiatique est le caducée d’Hermès. Ici l’expression qui prévaut et qui est utilisée au REP est « Tout bois n’est pas bon à faire un mercure » ce qui veut dire que tout axe ne résous pas pour autant les oppositions ni ne s’élance dans l’exaucement de l’âme et de l’esprit:" L’arbre se juge à ses fruits", mais "les fruits pendent par la racine". Donc l’arbre est un tout liant le passé, le présent et le futur, le subterrestre, le terrestre et le céleste.

Il faut souligner la causalité suivante : l’arbre se nourrit des nutriments du mundus et le mundus est généré irrigué par le centre comme les quatre fleuves du jardin d’Éden qui courent dans les quatre directions du plan céleste.

L’arbre est donc au milieu, c'est un centre réunificateur des oppositions (et de la différenciation) et générateur de la manifestation, il a un effet naturellement centripète pour qui observe son élancement vers le ciel et l’appropriation de l’espace par la Couronne et centrifuge pour qui s’en nourrit.

Il y a un arbre du milieu et deux lianes latérales qui s’enroulent autour de l’axe comme deux serpents. C’est ce que nous avons en loge avec l’axe de la lumière Est-Ouest qui vient équilibre la colonne du Septentrion "adombrée" et celle du Midi "illuminée". En effet ces deux colonnes sont dans deux directions opposées dans l’axe Nord-Sud. Tout axe a deux directions opposées, potentiellement antagonistes.

C’est le centre de l’axe qui crée l’union des contraires or le centre ne peut se définir en fonction d’un seul axe. Il en faut deux!

C’est donc sur le pavé mosaïque et au milieu du tableau de loge que les deux axes vont se rencontrer et définir ainsi le croisement. C’est entre les colonnes et regardant le centre du Hékal et le centre à l’orient que le maçon se tient pour faire l’équilibrage de la Lune et du Soleil, du Nord et du Sud. Il synthétise harmonise et équilibre les forces opposées en son monde pour rejoindre l’axe de lumière et trouver le centre de son plan terrestre et en soi. Au RER le maçon appelé au travail entre les colonnes, harmonise la colonne de la rigueur suscitée par la justice et la colonne de la miséricorde clémence découlant de la clémence.

De ce croisement de deux axes, naît un centre sur le plan et de ce centre grandi l’arbre de la remontée "reintégratrice" ou "régénératrice" vers cet ailleurs originel : c’est l’axis mundi.

Cet axe va traverser différents Mundus qui sont autant de grades d’une échelle initiatique et autant de tableaux de loges. Il y a autant de monde que de tableaux les représentant, ici en fonction des outils et instruments pour les manifester les peser les mesurer et les bâtir, puis à d’autres grades, l’initié sur le chemin utilisera d’autres moyens pour se rapprocher et vivre la lumière (chevaleresques et sacerdotaux).

Il n’est donc pas anormal que dans un mundus donné, l’homme cherche à rejoindre le mundus plus élevé après avoir connu le mundus le plus inférieur. Sur ce point les mythes illustrent largement cette tendance au retour.

Le franc-maçon s’aide de différents outils et instruments pour y arriver, gravissant les montagnes sacrées, les arbres sacrés, les ziggourats et autres Pyramides et Tour de Babel. Nous sommes alors dans une spiritualité construite, mais viendra un jour à force de rapprochement et d’idéalisation d’un centre en nous, nous passerons dans une spiritualité révélée où tous les points de vue seront sans forces ni incidences, nous aurons alors dépassé la contingence et baignerons dans « l’évidence… », C’est-à-dire que nous aurons « évidé » notre centre de tous les poids mesures et quantités, nous y retirerons tous nos métaux et angles opposés pour y faire place à un vide bientôt rempli d’une lumière révélatrice, plus flamboyante que rayonnante.

Ce schéma universel de progression et de superposition se retrouve dans les arbres séphirotiques qui vont dans leurs enchaînements, correspondances et superpositions, établir des liens et signifier des mondes toujours plus subtils. Ces arbres ne sont dessinés et opérants qu'en notre supra-conscience (pendant transcendant du sur-conscient immanent).

L’arbre de vie reste donc l’axe du milieu, celui de la synthèse dynamique qui ouvre de nouvelles voies intérieures au cherchant.

ER

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29 mars 2014 6 29 /03 /mars /2014 17:37
Le Trois  et l'Unité

Première approche du Trois

Comme tout apprenti j’ai été immédiatement confronté à la symbolique du TROIS : les trois voyages lors de l’initiation, les acclamations, la découverte de la circulation dans le temple, les colonnes qui entourent le Pavé mosaïque.

Cette prégnance du trois n’est pas le seul apanage de la F\M\, elle apparaît dans les religions, la pensée philosophique, l’architecture et pas une civilisation humaine ne semble y échapper…

Mon propos ne sera donc pas de faire une liste exhaustive des situations où le ternaire est utilisé, car aussi édifiant que cet exercice pourrait être, il ne répond pas à la question fondamentale qui se pose : quels sont les ressorts inconscients et universels qui expliquent que le TROIS fascine l’humanité depuis qu’elle a conceptualisé les nombres ?

J’ai donc choisi d’évoquer ce sujet en trois étapes : la première nous permettra de comprendre pourquoi le Trois est un archétype au sens d’un invariant fondateur de la tradition, c'est-à-dire un symbole ; la seconde remettra en perspective l’utilisation de cet archétype à travers l’histoire ; enfin j’aborderai comment la Maçonnerie s’est réapproprié ce symbole et dans quelle finalité.

  1. Pourquoi le Trois est-il un archétype ?

Pour appréhender le monde, l’homme a dû acquérir le concept de nombre. Ce concept, apparemment intuitif pour l’homme moderne éduqué, est d’une incroyable complexité. Il se traduit dans une langue, la numérotation, qui assigne à chaque nombre un symbole oral et un signe pour l’écriture et les opérations de calcul. Trois est l’un des « entiers premiers ». Différents du zéro et du un, les nombres entiers premiers n’admettent comme seuls diviseurs eux-mêmes et l’unité comme 2, 3, 5, 7, 11, 13, 19, 23…

Le Trois fascine, mais il n’est pas suffisant de lister ses utilisations pour en comprendre la raison. Dans son ouvrage « le nombre trois et ses mystères » Pierre AUDUREAU fait référence à la pensée de JUNG qui définit l’archétype comme « une image primordiale, renfermant un thème universel, commun de tout temps à toutes les sociétés humaines » Il dit aussi que l’archétype « désigne un symbole universel qui sert de modèle de référence inconscient pour l‘homme »

Plusieurs éléments permettent d’expliquer la nature archétypale du nombre Trois :

- La structuration du comportement humain en trois phases « analyse, décision, action ».

- La procréation sexuée, acte fondamental de la pérennité de l’espèce, symbolisée par l’ensemble ternaire « père, mère, enfant ».

- Le triptyque « naissance, vie, mort » qui interroge l’homme depuis la préhistoire.

- L’homme primitif a vénéré l’arbre qui abrite, nourrit et dont le bois permet de fabriquer des outils et la maîtrise du feu. « Racine, tronc, feuillage » constitue aussi un ternaire…

- Lorsque l’homme néolithique s’est sédentarisé, il a organisé sa société autour du triptyque « prêtres-guerriers-producteurs », décliné ensuite en « clergé-noblesse-tiers état » qui marque encore notre inconscient collectif.

- Le ternaire existe aussi au plan de notre environnement : terre, ciel et air.

- Le temps est en trois dimensions : passé, présent et futur.

- Le monde est en trois dimensions : longueur, largeur et hauteur

- Les trois états de la matière : solide, liquide et gazeux..

- Les trois règnes dans la nature : minéral, végétal et animal.

Il est probable que ces éléments aient fondamentalement influencé la structuration de l’esprit humain donnant naissance à la force symbolique du Trois.

La très longue évolution de l’homme au fil des millénaires restera donc influencée par ce ternaire fondamental, image primordiale qui le conduira à envisager le Trois comme un élément incontournable de sa sensibilité ou de sa pensée…

  1. L’influence du Trois dans l’histoire
  1. Un peu de mathématiques et de géométrie :

L’arithmétique nous enseigne que tous les nombres entiers naissent du UN par itération. De fait 1+1=2, 2+1 =3, 3+1=4 etc… Le un représente l’unité, mais aussi la puissance puisqu’il engendre tous les autres nombres.

Par ailleurs, dans un triangle, la base représente le un, le deux les cotés qui convergent vers le sommet pour matérialiser le triangle. Or les segments sont de dimension « un », le triangle de dimension « deux ».

Cela nous montre au plan mathématique et géométrique, que deux êtres d’une catégorie engendrent un être d’une autre catégorie, c’est la notion d’espace quotient. Ce passage d’un objet à un « méta-objet » de nature et de puissance supérieure est fondamental puisqu’il nous nous ouvre à la pensée ternaire ce que j’évoquerai plus loin.

Cette allégorie du triangle se retrouve particulièrement dans l’architecture. En effet le triangle isocèle est présent sur de nombreux frontons dont le plus célèbre est celui du Parthénon. Le plus souvent placés sur des colonnes, ces frontons sont le symbole de l’élévation : partant de l’horizontale pour s’élever à la verticale vers le ciel ils invitent à la transcendance.

Notons aussi que deux colonnes symétriques, symbole binaire a priori, nous ouvrent vers le ternaire si nous prenons conscience d’un troisième élément, constitué soit par leur axe de symétrie, soit la poutre qui les relie ou leur support horizontal. Cela nous incite à réfléchir sur la nécessité de changer notre regard, de dépasser les apparences pour accéder à l’évidence.

Enfin, les propriétés géométriques du triangle utilisées par les Égyptiens et les Babyloniens leur permettaient de calculer l’aire de toute surface dont le contour était à peu près polygonal.

La théorie d’Euclide nous enseigne que par trois points non alignés passe un plan et un seul, garantissant la stabilité de toutes les masses soutenues si elles sont également réparties autour d’un triangle de sustentation. Ces propriétés ont permis des applications éminemment pratiques, comme celle de la brouette par les Sumériens et peuvent expliquer la fascination de l’homme pour le triangle confortant la puissance pratique et symbolique du triangle et donc du Trois.

  1. Le ternaire dans les grands courants de pensée et dans les religions :
  • L’alchimie

L’alchimie est inspirée par Hermès le Trismégiste, le « trois fois grand », décrit sur la Pierre de Rosette (196 av JC) comme issu de la fusion de Thot, dieu égyptien de la connaissance, scribe des dieux et sachant lire dans les âmes et d’Hermès, le dieu grec. Beaucoup d’écrits lui sont attribués dont cet extrait de l’Ogdoade et l’Ennéade qui résonne en moi : « je ferai monter l’action de grâces du fond de mon cœur, pour prier le terme du Tout et le Principe du Principe, l’immortelle découverte de la quête des hommes, celui qui fait naître la Lumière et la Vérité, celui qui sème le Verbe, l’amour de la vie éternelle ».

L’objectif de l’alchimie est le Grand Œuvre, la réalisation de la pierre philosophale, capable de transmuter les métaux, de guérir et d’apporter l’immortalité.

Les alchimistes ont certes fait des découvertes importantes, mais c’est d’un point de vue symbolique qu’il convient d’appréhender leur démarche, à savoir la transformation spirituelle de l’alchimiste lui-même.

L’alchimie repose sur plusieurs triades fondamentales qui doivent opérer sur la matéria prima :

- Les opérations de dissolution, de coagulation et de cristallisation

- Les trois phases du travail alchimique, l’œuvre au noir (la calcination), l’œuvre au blanc (lessivage et réduction), l’œuvre au rouge (l’incandescence)

- le soufre, le mercure et le sel respectivement associés à l’âme, l’esprit et le corps.

Symboliquement, à l’image du maçon qui polit sa pierre brute, l’alchimiste agit sur la materia prima, l’âme humaine, comparable aux métaux ordinaires, et la transforme pour atteindre la dimension divine représentée par l’or.

  • Les religions

En Egypte, à partir du Nouvel Empire, chaque ville possédait ses dieux, regroupés en triades selon le principe de la famille (le dieu, la déesse, son épouse et leur enfant divin). Si la plus connue est la triade d’Abydos (Osiris-Isis-Horus) on peut citer aussi celles de Thébaine, de Memphis, d’Edfou…

A ces triades familiales ont succédé, comme à Eléphantine, des triades au sein desquels les dieux, sans lien de parenté, remplissaient des fonctions complémentaires, comme la régulation du Nil, source de vie.

Les triades indo-européennes reposent sur la fonction religieuse (le sacré), la fonction militaire (la force) et la fonction reproductrice (la fécondité). Chez les romains on retrouve donc la triade Capitoline avec Jupiter, le dieu roi, Minerve, déesse de la guerre et Junon déesse de la fécondité. Ces mêmes fonctions se retrouvent en Scandinavie dans la triade « Odin-Tyr-Freyr ».

En Inde succédant à la religion védique et sa triade éponyme est apparu l’hindouisme avec la triade Trimûrti composée du dieu créateur Brahmâ, de Vishnu responsable de la protection et de la conservation et de Shiva le destructeur-régénérateur.

Les chrétiens font référence à trois principaux mystères : la Rédemption, l’Incarnation et la Sainte Trinité.

Il est important de souligner que si le concept trinitaire « Père-Fils-Saint Esprit » apparaît avec le christianisme, l'expression ne figure pas dans le Nouveau Testament bien que les trois personnes y soient clairement nommées, y agissent et s’y manifestent, à la fois dans leur distinction et dans leur unité.

Les premiers siècles de la chrétienté seront marqués par des conflits relatifs à la symbolique de la Trinité, conflits réglés lors des conciles de Nicée, en 325 et de Constantinople, en 381 qui affirmeront que le Fils est consubstantiel au Père, c’est-à-dire de même nature que lui. Grégoire de Nazianze, Evêque de Constantinople écrira « Je vous donne une seule Divinité et Puissance, existant Une dans les Trois, et contenant les Trois d’une manière distincte. » (Discours, 40, 41).

On peut voir dans ce dogme une sorte d’arrangement avec les triades plus anciennes des peuples polythéistes afin de favoriser le développement du christianisme. En fait cela n’a pas une importance majeure à mon sens. Le fait que le Trois se soit imposé comme symbole majeur dans le christianisme permet de considérer la Sainte Trinité comme la fille de l’archétype et non comme un fondement de l’importance de ce nombre. Cela démontre qu’aux débuts de l’ère chrétienne le Trois était déjà profondément ancré dans la structure psychique de l’humanité…

Le bouddhisme n’est pas non plus avare de ternaire avec ses trois grands principes : Connaissance, Droiture et Compassion et ses trois joyaux que sont le Bouddha, le Dharma et la Sangha.

Enfin en Chine, la grande triade taoïste est constituée par le Ciel, la Terre et l’Homme, engendré par les deux premiers dont il est devenu médiateur. Les divinités suprêmes sont regroupées dans une triade, « les Trois Purs »

  1. La symbolique du Trois dans la Franc-maçonnerie

L’impétrant est immédiatement confronté au nombre Trois. Il est l’objet de trois enquêtes. Dans le cabinet de réflexion, en présence de trois symboles de vie (l’eau, le pain et le sel) et de trois symboles alchimiques (le sel, le soufre et le mercure), il répond à trois questions relatives à la manifestation d’une intelligence universelle. Introduit en loge par trois grands coups qui signifient «

Dès qu’il est reçu maçon, pour progresser vers la lumière l’apprenti dispose dans le temple de multiples outils réunis sous forme de triades symboliques. Libéré de ses métaux et de la tentation du dogmatisme chaque Frère est libre de se les approprier pour s’améliorer moralement et spirituellement en développant l’intelligence du cœur, l’expression de l’âme.

Les trois grands Piliers qui soutiennent la loge, surmontés par les trois étoiles dites au REP les Lumières d’Ordre ou Petites Lumières symbolisent la Sagesse, la Beauté et la Force mises en correspondance avec les trois officiers qui gouvernent la loge. Notre G\M\ Er\ Ro\ nous dit « De la terre vient la force, du ciel la sagesse, la beauté est l’empreinte du divin sur la terre (…) Le maçon reçoit la force et la sagesse et doit les conjuguer harmonieusement ». Je comprends la nécessité de cette Harmonie et qu’elle se situe au-delà de la simple beauté profane, qu’elle est consubstantielle au travail de la loge, qu’elle est une passerelle vers le divin. En ce sens, la triade Sagesse, Force et Beauté est un fondement de la vie de la loge.

Autre triade fondamentale, les trois lumières spirituelles au REP : Le Volume de la Loi Sacrée, l’Équerre et le Compas disposés sur l’autel des serments.

Bible à notre rite, le V\L\S\ varie selon les rites ou les loges et peut être la Torah, le Coran ou les Constitutions d’Anderson. Il est important de noter que nous sommes dans le domaine du sacré et non dans le divin ;

Le sacré étant un concept transcendant, ce livre nous invite à respecter tout ce que l’autre peut considérer comme sacré indépendamment de nos propres croyances. Le V\L\S\ est le symbole des valeurs de l’humanité, de la loi morale, le fruit de la Tradition et l’héritage spirituel laissé par ceux qui nous ont précédés. Il constitue donc la matière amassée par les hommes depuis leur origine, l’équerre et le compas étant les outils pour la travailler.

L’Équerre symbole du F\M\, permet de conjuguer la stabilité entre l’horizontalité et la verticalité au plan opératif et donc de conjuguer matérialité terrestre et spiritualité céleste au plan spéculatif. Le compas permet de tracer des cercles dont le maçon est symboliquement au centre. Il est donc l’outil de la recherche sur soi, mais il permet aussi de « relier notre actualité à l’unité des origines » Il permet donc une recherche vers deux infinis, l’un extérieur et transcendant, l’autre intérieur et immanent. La triade « V\L\S\, Équerre et compas » représente donc pour le maçon le fondement de sa progression personnelle basée sur des valeurs morales, philosophiques, symboliques et spirituelles universelles.

Les Trois grandes lumières physiques : La triade « V\M\, Soleil et Lune » reprend le symbolisme des anciennes civilisations qui vouaient un culte particulier au soleil et à la lune, les luminaires du jour et de la nuit. Dans le temple elles forment un triangle avec le V\M\ qui « préside à la loge pour l’éclairer » selon le rituel d’instruction. Situé à l’Orient, ce symbole ternaire nous rappelle que le rôle du V\M\ est de transmettre la lumière que chacun des FF\ s’efforcera de répandre dans le monde profane à l’issue des travaux.

Bien d’autres symboles du Trois sont présents en maçonnerie : l’âge de l’apprenti, en référence au nombre de marches et aux différents paliers pour accéder au HEKHAL pour recevoir son salaire lors de la construction du Temple de Salomon, mais aussi les trois maillets symboles de l’autorité agissante, les trois nœuds dessinés sur le tableau de loge, les trois fenêtres…

Il me paraît intéressant de tenter de comprendre pourquoi que la F\M \moderne a repris, au grade d’apprenti, avec autant de force, dans son rituel et dans ses représentations, le nombre Trois.

Le trois s’est imposé comme un symbole fondateur et pérenne dans l’histoire de l’humanité, depuis la révolution néolithique, 12.000 av. JC, marquée par la sédentarisation de la population et l’organisation de vie en société sur tous les continents.

Héritière, dans sa méthode, de toutes ces traditions ancestrales, au plan moral comme au plan religieux, il est logique que la Franc-maçonnerie utilise la symbolique des nombres et en particulier celle du Trois.

Sans doute aussi parce que la F\M\ moderne libérée de tout dogmatisme n’a retenu que le symbole, l’archétype fondateur du nombre Trois qui selon Pierre Audureau « étaye la pensée et pérennise les concepts »

Enfin parce que notre tradition judéo-chrétienne nous a profondément ancrés dans les trois dimensions de l’être que sont le corps, l’âme et l’esprit

La F\M\, notamment grâce aux travaux de René Guenon, nous invite à nous réapproprier ce ternaire dans son intégralité. Il nous dit en effet dans la Grande Triade que « la division ternaire est la plus générale et en même temps la plus simple qu’on puisse établir pour définir la constitution d’un être vivant, et en particulier celle de l’homme ». Cependant il déplore « la dualité cartésienne de l’esprit et du corps et « qu’on en soit arrivé à ne voir dans les termes « d’esprit » et « d’âme » que des sortes de synonymes (…) alors que la distinction de l’esprit de l’âme et du corps est celle qui a été unanimement admise par toutes les doctrines traditionnelles de l’Occident, que ce soit dans l’Antiquité ou au Moyen Âge ».

Cette triple dimension originelle engendre deux naissances : la première, physique, qui fera naître corps et âme, puis ensuite une seconde naissance qui permettra à l’être de s’évader dans la spiritualité et de concevoir l’esprit (Pierre Audureau)

Ainsi La F\M\ permet peut être de réunir Saint Paul et certains d’entre nous quand il axe sa prédication autour de la naissance nouvelle évoquée sous les termes de « renouvellement », de « transformation », de « métamorphose ». De même quand il décrit, dans ses lettres aux corinthiens, cette métamorphose comme le passage de « l’homme ancien » à « l’homme nouveau », de « l’homme vieux » à « l’homme neuf », de « l’homme extérieur » à « l’homme intérieur » de « l’homme charnel et psychique » à « l’homme libre et spirituel ».

Conclusion

Il m’apparaît depuis mon initiation que la pensée ternaire à laquelle m’invite la F\M\ me permet d’accéder à une interprétation des concepts, mais aussi du réel à un niveau supérieur en dépassant des oppositions artificielles. Cette méthode, appliquée à la triade « Corps-Ame-Esprit » me fait pressentir que la re-naissance que me propose la F\M\ m’ouvre le champ des possibles au plan spirituel.

Ainsi, par l’action agissante de l’esprit je pourrai, dans un premier temps découvrir, pour ensuite faire rayonner, tant dans le temple que dans le monde profane, la part de lumière divine qui est en moi et participer de fait à l’unité du tout.

N.°.B.°.

Le trois et la lumière,

ou la triplication de l’être par le centre. (E.°.R.°.)

Nous allons tenter de démontrer que le trois n’existe dans sa puissance que relativement à la notion de « Présence »de l’homme sur Terre et plus précisément à la « Présence » de l’esprit en l’homme ou s’il on veut, à l’incarnation de la lumière.

Le Trois définit l’association de l’homme au mystère de la vie.

La régence de l’homme vient personnaliser et vitaliser le ternaire. Sa défaite résoudrait le ternaire à une donnée purement physicochimique et nous pourrions dire seulement que chaque atome de la création a connu la lumière originelle du non-temps ou temps zéro. Mais il n’y aurait personne pour voir, ou concevoir la naissance de la lumière…

C’est cette même lumière originelle que l’homme tente d’expliquer en lui par le ternaire quel que soit sa dénomination. La dénomination d’un système quelconque, bien que cohérent, n’est qu’une des nombreuses modalités exprimées par l’intelligence analytique de l’homme. Ces nombreux systèmes ternaires ne font qu’éveiller l’apprenti créant une ouverture de l’esprit au plus haut en soi, donnant accès à une surconscience. C’est la base de la méthode maçonnique.

Sans homme ni pensée, il n’y a point d’esprit. Sans esprit et donc sans homme, le divin n’a qu’un sens physicochimique, il serait équation sans Dieu pour la poser, ni raison humaine pour la résoudre.

Sans Conscience supérieure, point de spiritualisation de l’homme et pas de sublimation de l’esprit.

La franc-maçonnerie n’a rien trouvé de mieux que de mettre immédiatement l’apprenti face au mystère de l’essence qui découle de la logique ternaire. Ce mystère de l’essence (complément indispensable à la substance) repose sur la lumière, sa source, sa naissance, sa duplication dans une forme materiae et manifestée et va s’exprimer dans la relation permanente et cyclique. L’aboutissement de toute initiation passe par la découverte au sein de la vie d’une voie d’accès vers l’esprit conçu comme quelque état extérieur et intérieur. Cette découverte dépend d’un élan vital, d’un désir de connaître. Mais connaître le vrai sens de la vie repose sur l’acceptation d’un mystère qui se dérobe au regard.

Dans le nombre trois le plus difficile à connaître est le Un. Le trois est le chemin de la réintégration dans l’Unité, cette réintégration passe donc par l’esprit.

Ce mystère de l’essence est le mystère de la vie. Il trouve sa source dans la naissance de la lumière qui au-delà de son aspect métaphysique ou philosophique et physique, est une source née au cœur de la ténèbre, un « non lieu » où l’esprit humain ne conçoit ni ne perçoit, mais où l’esprit détaché de la contingence du paraître et de la nécessité peut se sublimer.

Si l’homme par la compréhension du trois se spiritualise (vérité et harmonie), l’esprit se confondant à sa source lumineuse se sublime.

Cette lumière des origines illumine notre pensée et éclaire notre représentation mentale. C’est donc une vision liée a une faculté supraconsciente. Cette faculté représentative se fait bien entendu à l’aune interprétative d’un homme corporel qui découvre dans sa constitution propre une présence animatrice liée à sa vie réelle faite de sens, d’émotions et d’émerveillement. Cette présence est l’âme logée dans le véhicule du corps. Plus avant est découvert un lointain inatteignable, dépassant l’intellect, c’est l’esprit. Le trois implique trois visions : celle avec les yeux du corps, avec les yeux de l’âme et les yeux de l’esprit.

Ainsi nous retrouvons par la triple métamorphose du regard une triple perception sur soi même : une perception corporelle qui nous associe à la matière, une perception intime qui manifeste notre humanité c’est l’âme et une certitude reposant sur l’incommensurable idée du mystère de la vie associée à l’esprit. Ce sont les trois grades de la FM.

Il me semble que le « Saint-Esprit » dont on parle parfois, n’est une troisième personne que si on la considère comme une trace historique et prolifique du passage du Verbe. Le Verbe est effectivement la réalisation de la pensée « divine » représentée par le Père. Cette réalisation semble bien édulcorée ou délaissée, ce qui nous fait penser au mythe de la parole perdue.

Le Père conçoit, le verbe agit, le fils met en œuvre (Nouveau Testament).

La mise en œuvre se fait par trois voies: l'artisanale, la chevaleresque, la sacerdotale.

Restons dans la filière maçonnique d'une spiritualité construite:

De la mise en œuvre on passe au chef d’œuvre. Le chef d’œuvre atteste de "la présence" d'un supplément d'âme mais surtout d'une œuvre de l'esprit. Le chef d’œuvre est toujours l’heureuse conjonction des trois pointes du triangle au centre de la figure ; ce centre est une intériorisation qui devient pour l’observateur une incarnation. C’est donc l’homme fils de la lumière qui l’incarne. Le ternaire est ontologique et reste d’actualité par l’idée d’une « présence » de l’Esprit Saint ou pour être plus précis par la lecture reverbalisée par l’homme initié au Logos des origines. C'est ainsi qu'une spiritualité construite débouche sur une spiritualité "révélée". l'Esprit est présent dans la matière pour un observateur qui pratique l'art ou le rite. L'art (pictural, musical, sacerdotal, royal, martial) ou le rite de tradition ne sont que des mises en forme permettant d'extraire l'esprit, ou de mettre en évidence une présence chez l'observant.

C'est la définition même de l'incarnation de la lumière que d'affirmer "la présence" en soi. Du soi elle se projette tant à l'objet (pierre cubique à pointe, ou cathédrale) qu'à l'autre (le frère), à l'autre soi-même( le miroir, l'ange).

Ce système divin et triunitiare devient humain est se traduit en Pensée (Père) Volonté (Saint-Esprit ou verbe) Action (Fils). Au plan lumineux c’est l’incarnation (Saint-Esprit) de la lumière (du Père) en l’homme(le fils).

Ce logos originel ou Verbe, est l’organisateur de la manifestation (ou de la création) et fait le lien entre la source de toutes créations et son image dupliquée. Cette image n’est perceptible par l’homme que s’il chausse les lunettes du ternaire qui lui permettront de voir à l’intérieur de lui (yeux de l’âme), c'est-à-dire en son centre intime, comme au centre du tout (yeux de l’esprit). Le ternaire relie les centres au Centre. Le trois nous donne l’image d’une serrure située au Centre qui actionne un rayon produisant le cercle du monde. C’est l’image géométrique de l’expression « Un le Tout ».

Ainsi ce Centre, source ontologique du ternaire, sera confondu en un axe lumineux partant d'un ciel d’esprit, traversant l’homme comme une perpendiculaire passant par le cœur (réalisation) et allant jusqu’au centre de la matière terrestre. (E.°.R.°.)

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