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31 août 2020 1 31 /08 /août /2020 20:02

«  LA CLE D’HIRAM »

par  Christophe Knight et Robert Lomas (1997) - Editions J’AI LU -      

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Arnaud d’Apremont

« 3 ème  partie des notes de lecture (en 4 parties)

de Tha.°. Coq.°.  et Elth.°. Bia.°. «  Ecossais de l'Hermione  »

 

3ème partie

 

X. Mille ans de luttes ……………………………………………………………….. 265

Les débuts de la nation juive - Israël et Juda -   …………………………………   265

L’exil à Babylone - 586 avJC destruction du temple de Jérusalem - ……………   268

Le prophète de la nouvelle Jérusalem - Ezéchiel, « que Dieu rende fort » - ….   274

Le temple de Zorobbabel - « fils de Babylone » - ……………………………..    283

Nouvelle menace pour Yahvé - La pensée grecque, Alexandre le Grand - …….    285

 

XI. Le pesher de Boaz et Jakin …………………………………………………..   294

Les manuscrits de la Mer Morte - La « vérité » face aux dogmes de l’Eglise romaine - ..   294

Les livres des Maccabées manquants - Une différence entre les Bibles romaine et protestante -  301

Les élus de Juda - La communauté de Qumran - ……………………………….   303

Midrash, pesher et parabole ……………………………………………………. 310

Les secrets de Qumran - L’« Assomption de Moïse etc. » - …………………….  313

Les piliers jumeaux ……………………………………………………………… 320

 

Planches photographiques (non produites)…………………………………     336-351

 

XII. L’homme qui changea l’eau en vin …………………………………………   352

La course contre le temps ... pour libérer la Terre Sainte de la « loi romaine » - .  352

La nouvelle voie vers le royaume de Dieu - « Faites attention aux mots... » - …  366

L’arrestation du pilier royal - « La prophétie de l’étoile » - ………………….     372

Le procès et la crucifixion - « deux mille ans d’antisémitisme » - ……………     380

Les symboles de Jésus et Jacques …………………………………………….     388

L’ascension du menteur - « Saül-Paul » - …………………………………….      394

Le trésor des juifs - La guerre de 66-70 - Les trésors sacrés cachés sous le Temple -  405

 

XIII. La résurrection ……………………………………………………………    414

Les survivances de l’Eglise de Jérusalem - L’Eglise celtique………………....   414

Le manuscrit de la « Jérusalem céleste » - Symboles maçonniques -   ………   430

L'impact des manuscrits nazôréens - Un siècle de construction de Cathédrales, d’abbayes  438

 

XIV. La Vérité éclate ……………………………………………………………   441

La prophétie devient réalité - Bereshit Rabbati - L’Inquisition -   ……………   441

La crucifixion de Jacques de Molay   ………………………………………..      453

La preuve physique - « Le Linceul de Turin » - La fin des « âges sombres » -.    458

Le message se répand - Le voyage vers La Merica -   …………………………  462

Le pays de l’étoile appelée La Merica ……………………………………….    466

 

XV. La redécouverte des manuscrits perdus……………………………………… 471

Le refuge écossais - William Wallace, Robert Ier Bruce - ………………………. 474

Retour à Rosslyn ………………………………………………………………… 483

Que la lumière soit - Rosslyn, un sanctuaire, pas une chapelle -………………..   489

Le secret perdu de la maçonnerie de Marque redécouvert - Les premiers et deuxième degrés - ….  498

Le protecteur qui épargna Rosslyn - Oliver Cromwell - ……………………….  507

Sous le sceau de Salomon - Si tatlia jungere possis sit tibi scire possis - ……….  510

Exhumer les manuscrits nazôréens     ………………………………………….. 513

Post-scriptum (Préliminaires à d’éventuelles fouilles)    …………………………. 517

 

3ème partie

 

X. Mille ans de luttes

 

Les débuts de la nation juive - Israël [31] et Juda [32] -

 

(p 265-266) La mort du roi Salomon intervient « presque… mille ans avant celle du dernier et plus célèbre prétendant au - titre de roi des juifs - ». Ces mille années se caractérisent par la recherche d’une identité et l’élaboration d’une théologie et d’une structure sociale qui seraient propres au peuple juif.

Après la mort de Salomon, le pays d’Israël au Nord et le pays de Juda au Sud sont séparés.

- Pendant des siècles Israël est en proie à « la guerre », au « meurtre » et à « la traîtrise » ; le général Jéhu « l’individu le plus infâme de cette époque » se livre à des massacres et assassinats, souvent dans un but politique, mais il est « dit que ces – nobles - actions réjouirent Dieu » (cf. extrait du 2ème livre des Rois 10, 30, p 266).

- Juda s’efforce de maintenir  une stabilité pendant 3 siècles et demi. « La lignée royale davidique » perdure plus de 400 ans, ce qui contraste avec les « huit changements dynastiques révolutionnaires » vécus par Israël, pendant les deux premiers siècles.

 

(p 266-268) Pourquoi Israël et Juda ont-ils évolué aussi différemment ? La géographie de Juda, pays d’accès plus difficile aux envahisseurs, ne serait pas une explication suffisante. Pour Chris et Rob, « la continuité de la lignée royale davidique sur une période aussi longue s’explique principalement par le fait » qu’on lui reconnaît un « droit divin de régner », … suivant la tradition égyptienne. Au royaume de Juda, diverses cérémonies annuelles suivraient les modèles égyptiens et babyloniens, montrant l’importance centrale du roi et réaffirmant le droit ancien et sacré du roi à gouverner.

 

L’exil [33] à Babylone [34] - 586 avJC  destruction du temple de Jérusalem -

 

(p 268-269) En 721 avJC les assyriens envahissent le royaume d’Israël, puis en 597 avJC, celui de Juda. Le grand roi babylonien Nabuchodonosor (Nebuchad-nezzar) s’empare de Jérusalem ; il emmène en exil le roi Joiakîn (Jehoiachin) avec sa cour et les intellectuels du pays ; il désigne un nouveau roi à sa solde, Sédécias (Zedekiah). 3.000 personnes auraient été emmenées à Babylone ; on a retrouvé des tablettes cunéiformes (dans les ruines de Babylone) qui concernent les captifs et nomment le roi Joiakîn et ses 5 fils.

Pour libérer Juda, en 589 avJC, une rébellion est provoquée par des éléments pro-égyptiens de la cour de Sédécias (l’Egypte est l’ennemi de Babylone). Nabuchodonosor réagit immédiatement, attaque les villes de Juda et reprend Jérusalem en 586 avJC ; Jérusalem et son temple sont détruits en grande partie. Sédécias est contraint  d’assister à l’exécution de ses fils et on lui crève les yeux. D’après Jérémie 52, 29, huit cent trente-deux nouveaux captifs sont envoyés en exil.

 

(p 269-270) Au Vème s. avJC, l’historien grec Hérodote  visite Babylone, ville cosmopolite qui s’étend sur les deux rives de l’Euphrate, en formant un carré qui ferait 25 km de côté ; il décrit la splendeur de cette ville gigantesque. « Dans Babylone, s’[élève] la haute ziggourat de Bel, pyramide à 7 niveaux – aux couleurs du soleil, de la lune et des 5 planètes – en forme de tour, et au sommet de laquelle se [trouve] un temple » ; cette magnifique structure aurait été la source d’inspiration  de l’histoire de la tour de Babel. Aujourd’hui, « l’archéologie vient appuyer le témoignage d’Hérodote et le confirme comme un témoin digne de foi ».

 

(p 270-272) A leur arrivée à Babylone, les exilés découvrent la monumentale et resplendissante porte d’Ishtar avec les dieux de la ville : Mardouk – divinité-dragon - , Adad - dieu du ciel sous forme de taureau - , et Ishtar - déesse de l’amour et de la guerre symbolisée par un lion -. Jérusalem et son temple sont vraisemblablement bien humbles à côté de Babylone.

- Cependant, les juifs découvriraient une théologie « étonnamment familière » car dérivée d’une ancienne source commune sumérienne, comblant même les vides dans leurs propres histoires tribales de la Création et du Déluge.

Yahvé reste le dieu particulier de la nation juive, mais les exilés adopteraient les dieux babyloniens dès leur arrivée, par respect du dieu ou des dieux du lieu « visité » ; à l’époque, chaque dieu est considéré comme ayant une zone d’influence sur un territoire donné.

- Il est généralement admis que les intellectuels juifs rédigent pendant leur captivité à Babylone, la plupart des cinq livres de la Bible. En se servant des informations sur le commencement des temps obtenues auprès de leurs ravisseurs, les juifs seraient en mesure de reconstruire la Création du monde par Dieu et d’enrichir l’histoire d’événements comme le Déluge. Ces écrits sont un « mélange... de faits historiques... de mémoires culturelles... de mythes tribaux… » et d’« inventions » pour combles les vides historiques ou pour transmettre « un message ».

 

(p 273-274) Voici un exemple qui concerne le choix des noms de personnes :

Les noms de la Bible ne sont pas « de simples désignations populaires » ; ils véhiculent « des significations importantes ». Le philologue allemand John Allegro, spécialiste des langues sémitiques a découvert que « le nom de Jacob [découle] directement du sumérien IA-A-GUB, signifiant « pilier », ou plus littéralement « pierre levée. Dans la Genèse 28, 18, … Jacob dresse une pierre comme une stèle pour relier le ciel et la terre à Béthel… Plus tard, dans... Genèse 31, 45, il en élève une autre, peut-être à Miçpa… Béthel signifie - maison de Dieu - un point de contact entre le ciel et la terre …  Miçpa signifie - tour de guet - lieu de protection contre l’invasion ». Les auteurs de la Genèse communiquent sans doute « quelque chose de très important en appelant ce personnage « Jacob  … quand le texte biblique [change] son nom en « Israël*, cela [signale] … que les piliers du nouveau royaume [sont] en place et que la nation [est] prête à recevoir son propre nom… antécédent… nécessaire à l’établissement d’une royauté ».

 

Le prophète [35] de la nouvelle Jérusalem - Ezéchiel [36] , « que Dieu rende fort » -

 

(p 274-275) Selon Chris et Rob, le prophète Ezéchiel serait « une des figures les plus étranges - mais des plus importantes » dans leur reconstitution de l’exil babylonien. « … les écrits qui lui sont attribués… ont nourri la théologie de Qumran » et les personnes qui formeront l’Eglise de Jérusalem. Ezéchiel est l’architecte du Temple imaginaire et idéalisé de Yahve;ce Temple serait le plus important de tous.

 

(p 275-276) Ezéchiel était un prêtre du Temple et membre de l’élite envoyée en exil en 597 avJC ; la chute de Jérusalem et la destruction du Temple ont une signification importante pour lui : « Les juifs avaient désobéi aux lois divines et profané les choses sacrées, y compris le Temple… La destruction de Jérusalem et celle du Temple  représentaient une mort, tandis que la nouvelle cité attendue et le Temple reconstruit seraient une résurrection... ».

 

(p 276-278) En nov. 591 avJC Ezéchiel est dans sa maison de Nippour en Mésopotamie. Les Anciens de Juda en visite sont assis en face de lui ; ils sont venus pour entendre des messages de Yahvé. Le prophète tombe en transe, et comme s’il était dans le Temple de Jérusalem « … il vit toutes sortes d’images murales représentant de - misérables abominations - et toutes sortes de scènes mythologiques, autant de motifs qui semblaient restituer des pratiques syncrétistes d’origine égyptienne. Soixante-dix anciens de la maison d’Israël participaient aux mystères secrets et tenaient des encensoirs » (Peake’s Commentary on the Bible, op. cit.). La vision montre que ce sont les Anciens eux-mêmes qui sont impliqués dans ces rites secrets ; le verset (Ezéchiel 8, 8) introduit cette vision et explique comment le prophète « espionne » ce qui se passe. Serait-ce en rapport avec la tentative infructueuse pour obtenir de Sekenenrê Taâ II les secrets du sacre ? … sachant qu’on n’est plus dans le Temple de Thèbes avec les secrets originels, mais dans le Temple de Jérusalem avec les secrets substitués.

 

(p 279-280) On imagine les propos du prophète : «  … vous avez exécuté vos mystères secrets, venant de l’Egypte païenne, fondés sur le culte du soleil et n’accordant aucune place au Dieu de nos pères. Vous êtes les plus grands pêcheurs de tous et il est juste que Yahvé vous ait punis ».

- La réponse des Anciens déjà brisés par l’exil serait : « Mais ce sont les secrets donnés à la Maison royale de David par Moïse lui-même ! … Que devons-nous faire ? »

- Les conseils du prophète seraient : « … d’abord reconstruire le Temple dans vos cœurs et le Temple de pierre suivra… garder vos secrets, … mais expurger l’histoire égyptienne et utiliser les grandes vérités qui y sont tout de même contenues pour votre œuvre de reconstruction du Temple. Ayez connaissance de vos secrets… mais ayez d’abord connaissance de votre Dieu. » 

- Telle serait l’explication de cette importante vision d’Ezéchiel. A ce moment de l’histoire du peuple juif, l’histoire de Sekenenrê deviendrait celle d’Hiram « qui fut perdu » parce que Ezéchiel voulait enlever les traces du rituel égyptien.

- Le livre d’Ezéchiel « prophétise » aussi la réunification des pays d’Israël et de Juda, et une Alliance renouvelée avec Yahvé qui a retrouvé son sanctuaire au milieu de son peuple.

 

(p 280-282) En 573 avJC Ezéchiel est en captivité depuis environ un quart de siècle ; il exprime sa vision la plus célèbre où apparaissent « ce qui ressemble à une ville », puis le Temple qu’il évoque avec de nombreux « échos » maçonniques (se reporter au livre pour les descriptions)…. Et…

« Finalement l’imagination d’Ezéchiel établit les règles du clergé qui deviendraient celles des esséniens de Qumran (R. Eisenman et M. Wise, The Dead Sea Scrolls Uncovered, op. cit) … Le modèle du nouvel ordre est né et l’image du – temple à venir – va devenir plus importante que le Temple perdu ».

 

Le temple de Zorobbabel, « fils de Babylone »

 

(p 283) En 539 avJC Cyrus roi des perses s’empare de Babylone sans effusion de sang ; il permet aux juifs de retourner à Jérusalem et  restitue les trésors que Nabuchodonosor avait pris dans le Temple. Juda devient une province perse. Les enfants qui avaient quitté Jérusalem y reviennent vieillards ; le retour d’exil est un choc pour les exilés comme pour ceux qui sont restés. Les exilés ramènent des idées qui ont « incubé en captivité » et bâtissent « une nouvelle et puissante alliance avec Yahvé ». Le roi Zorobbabel [37] (Zerubbabel), descendant de David, fait reconstruire le Temple (avant la fin du VIème s. avJC).

 

(p 284) Pendant la captivité à Babylone, le terme « juif » (c. à d. « membre de la tribu de Juda ») aurait été instauré, ce qui serait à l’origine d’un nouveau et puissant sentiment de nationalité qui se développe ; ce sentiment se fonde sur la reconstruction du Temple, l’application de règles religieuses strictes et d’obligations issues du livre de la Loi imposé par les exilés. Les bâtisseurs de la nouvelle Jérusalem (s’)imposent la vision spécifique de « peuple de Yahvé » ; ils protègent cette spécificité par « des mesures comme la proscription des mariages avec des non-juifs. De cette manière les tribus du Levant – autrefois distinctes - [deviennent] une race ».

 

Nouvelle menace pour Yahvé - La pensée grecque, Alexandre le Grand -

 

(p 285) L’influence des babyloniens et des perses est manifeste dans les écrits de l’A.T.. Mais, au milieu du IVème s. avJC, apparaît la culture grecque, « radicalement nouvelle », qui aura un impact beaucoup plus profond sur le judaïsme.

 

(p 285-286) « Pendant qu’à Jérusalem l’ordre social s’[organise] autour du clergé et de l’apaisement d’un Dieu exigeant, les penseurs grecs [produisent] une nouvelle classe de philosophes, de scientifiques et de poètes. Le monde  [prend] connaissance de cette nouvelle puissance majeure » par les exploits du roi macédonien Alexandre [38] le Grand, un des plus grands chefs militaires de l’histoire. Il constitue un empire qui regroupe l’Egypte, la Perse, l’Afghanistan et le sous-continent indien ; il instaure « un mode de vie... international » où les connaissances comme les marchandises sont échangées dans le monde entier, de sa nouvelle cité Alexandrie (en Egypte) jusque dans la vallée de l’Indus. La langue grecque est celle du commerce, de la diplomatie et du savoir ; « le mode de vie et de pensée hellénistique [est] adopté.. par tous les intellectuels. Ceux qui ne [peuvent] lire et écrire en grec [sont] exclus de la nouvelle élite internationale ». Agé de 24 ans, Alexandre débarrasse l’Egypte de l’envahisseur perse ; la société égyptienne le nomme « fils de dieu et pharaon incarné ».

Alexandre meurt de fièvre à Babylone à 33 ans en 323 avJC. L’influence hellénistique en Egypte perdurera grâce à la lignée des pharaons ptolémaïques, dont Cléopâtre…

 

(p 286-287) « … les dieux égyptiens se [fondent] aux dieux grecs… Les colonnes jumelles représentant les deux pays [deviennent] les colonnes d’Hermès [39] », dieu qui absorbe les attributs du dieu-lune égyptien Thot, incarnation de la sagesse et frère de Ma’at. « … ce dieu possédait toute la connaissance secrète sur 36.535 rouleaux cachés sous la voûte céleste… qui ne pouvaient être découverts que par des hommes dignes qui utiliseraient une telle connaissance pour le bien de l’humanité » (36.535 est environ le nombre de jours dans un siècle).

Thot et Hermès sont importants en F.M. et leurs noms désignent en fait la même personne.

 

(p 287-289) Les Anciens Devoirs (Old Charges) de la F.M. rapportent l’implication d’Hermès/Thot dans le développement initial de la science comme le montre la citation du texte daté de 1.607 d’Inigo (ou Nigo) Jones (pages 288-289). La F.M. rappelle dans cette citation « comment les grecs  [élaborent] leurs croyances à partir des légendes égyptiennes. La datation - Anno Mundi - signifie  depuis le commencement du monde », soit, « selon la F.M., 4.000 ans avJC, époque où la civilisation sumérienne serait sortie… de nulle part ! »

 

(p 289-291) Au IVème s. avJC, l’ordre règne dans la société juive. Mais bien des juifs oublient promptement les contraintes de leur Alliance avec Yahvé et se tournent vers le « nouvel ordre du monde cosmopolite » ; « la nouvelle race » juive se répand et établit « un quartier propre dans presque chaque ville hellénistique... Les juifs [deviennent] rapidement des agents respectés du nouveau commerce qui [anime] l’Empire grec » ; ils apportent « avec eux leur croyance en Yahvé et leurs livres sacrés [sont] traduits en koiné - version citadine commune du grec classique - ». Cette version est « la Septante » (déjà vue précédemment).

- « Les premières écritures [existent] maintenant en hébreu, en araméen de l’Empire perse et en koiné » qui seront les langues utilisées pour les nouvelles œuvres religieuses. Mais les juifs grécophones d’Alexandrie, d’Ephèse et d’autres villes qui traduisent leurs écritures ne peuvent manquer d’en modifier l’atmosphère et le sens car « la langue grecque s’est développée au sein d’un peuple cosmopolite, rationnel et libre penseur qui utilisait la rhétorique et la philosophie avec la plus grande efficacité. Par contraste, le peuple inspiré et irrationnel qui manifesta l’hébreu avait une conception différente du monde ».

 

(p 291-292) « On [appelle] Diaspora le monde juif hors de Judée ». Au grand effroi des juifs restés à Jérusalem, les juifs de la Diaspora « interprètent] la Loi à leur guise et, le pire de tout, ils [transgressent] l’Alliance avec l’invention de la synagogue », terme grec signifiant « rassembler » ; originellement la synagogue est un lieu où les juifs se rencontrent et organisent les besoins de leur communauté ; puis ce lieu d’assemblée se transforme en Temple alors que Yahvé ne pouvait être adoré que dans Sa  maison à Jérusalem. La synagogue est une idée scandaleuse et épouvantable pour « les fidèles de Dieu... dans la Cité sainte ».

 

(p 291-292) Cependant, la religion juive attire les occultistes qui lui conférent « une tout autre signification … le nom même de... Yahvé... écrit YHVH, [revêt] une signification particulière. Les grecs [appellent] ce nom divin le « Tetragrammaton » et ils [considèrent] les textes juifs comme la source d’une ancienne sagesse ésotérique supposée ». Des Gentils (des non-juifs) prennent ce qu’ils veulent dans le judaïsme et forment des groupes qui seront « le terreau d’un culte à mystères grec » : le christianisme.

 

(p 292-293) CONCLUSION

De ce chapitre retenons « comment Sekenenrê Taâ II [est] devenu Hiram Abif, le roi qui fut perdu. C’[est] l’œuvre d’Ezéchiel, ce personnage autoritaire, qui cherchait à expliquer pourquoi Dieu n’était pas parvenu à protéger son propre Temple face à ses ennemis ».

 

XI. Le pesher de Boaz et Jakin

 

Les manuscrits de la Mer Morte - La « vérité » face aux dogmes de l’Eglise romaine -

 

(p 294-295) A l'époque du Christ, la communauté d'Israël la plus importante - non pas en nombre mais spirituellement - serait celle de Qumran à l'origine des manuscrits de la Mer Morte… Qumran, les esséniens, les nazôréens et l’Eglise originelle de Jérusalem ne seraient qu'« une seule et même entité ».

- Il a bien été trouvé une filiation « entre cette communauté et les anciens égyptiens » qui conforterait l'hypothèse du développement de la F.M. à partir de ce groupe (cf. chap. IV et V). Néanmoins il manque encore « des preuves directes de comportements et de rites maçonniques ».

 

(p 295-296) Entre 1951 et 1956, le site de Qumran fait « l'objet de fouilles massives, orchestrées par le Jordan Department of Antiquities, l'Ecole archéologique française et le Palestine Archeological Museum (sous la direction de G.L. Harding et du père R. de Vaux) ». Les érudits responsables de ces recherches ne sont pas indépendants ; ils ont « une foi à protéger et une organisation à maintenir... De fait, après leur découverte, plus de la moitié des huit cent manuscrits exhumés ne [sera] pas publiée pendant plus de quarante ans. La communauté intellectuelle [sera] outragée par cette occultation sans précédent d'une connaissance qui aurait du être publique ».

 

(p 297-298) A la lumière de ces textes enfin disponibles, il semble qu'il existe « un grand nombre de variantes [de l'A.T.] et que le texte [de la] Septante n'est que l'une d'elles ».

« … le christianisme repose entièrement sur l'idée qu'un jour un dieu fait homme est mort (bien que temporairement) sous la torture pour la rémission des péchés des hommes qui Le vénéraient ». L'« unique témoignage relatif à cet événement charnière … [étaient] les trois Evangiles synoptiques du Nouveau Testament … On sait maintenant que l'histoire de Jésus racontée par ces Evangiles est dans une large mesure une fiction mise en scène pour habiller ses enseignements... L'analyse  des Evangiles de Matthieu et de Luc montre qu'ils sont un amalgame… fondé sur une combinaison de l 'Evangile de Marc et d'un Evangile perdu ancien auquel on fait référence »... l'Evangile « Q » ou « Quelle », en allemand « source ». On sait également aujourd'hui que le récit de la naissance de Jésus dans Marc et Luc est une totale invention... ».

- Des « spécialistes comme Morton Smith, ont détecté l'existence d'un Evangile secret… sous-jacent dans les quatre évangiles du N.T (Jean, Luc, Marc, Matthieu… ordre à vérifier) … qui serait antérieur à l'Evangile de Marc (M. Smith, The Secret Gospel, op. Cit.)… Cette hypothèse est corroborée par les manuscrits de Qumran qui démontrent qu'il existait une tradition secrète que les membres devaient jurer de ne jamais divulguer... (D.S. Russel, The Method and Message of Jewish Apocalyptic) ».

- En dehors de ces textes, on ne trouverait quasiment aucune référence à Jésus dans les documents connus, même pas par « des historiens comme Flavius Josèphe, Philon et Pline l'Ancien [qui] recensaient presque tout ce qu'il y avait à noter à l'époque… les premiers inventeurs du christianisme » auraient supprimé les preuves de l'existence mortelle de Jésus « qu'ils voulaient représenter comme un Dieu ».

 

(p 299-300) « … (p 297) le judaïsme et la plupart des autres religions se fondent sur un large corpus social et théologique ». « Le boudhisme n'a pas besoin de Gautama Boudha pour exister, et sans Mahomet, l'islam vit quand même. Mais sans la résurrection de Jésus, le christianisme (tel qu'il se présente actuellement) n'est rien. Le christianisme est aujourd'hui exposé à la lumière de la vérité … il ne peut être juste de dissimuler la vérité, parce que la vérité est certainement l'essence de Dieu. Il doit exister un moyen pour l'Eglise de survivre en repensant ce qu'elle sait être des idées fausses... la religion n'a rien à faire avec la vérité historique, mais avec la foi… [cependant] dans notre monde moderne, la foi aveugle n'est... plus tout à fait suffisante. Si la religion veut survivre, elle ne doit pas se détourner des informations nouvelles.

Mettre les dogmes au-dessus de la vérité n'est pas une bonne manière d'honorer Dieu ».

 

Les livres des Maccabées manquants - Une différence entre les Bibles romaine et protestante -

 

(p 301) L'accession de Jonathan Maccabée à la haute prêtrise serait, selon « l'histoire officielle », un évènement populaire et conforme au droit. Grâce aux écrits de Qumran, nous savons que les hassidims [40] (juifs de stricte observance) rejettent ce choix qui place « la politique devant Yahvé ». Après l'assassinat de Jonathan, son frère Simon lui succède et proclame un droit héréditaire  pour sa famille à occuper la charge de grand prêtre ; le Psaume 110 fait allusion à cette accession illégalel à la haute prêtrise. Qumran dénonce « La Cité de Jérusalem dans laquelle le prêtre maudit exécutait ses abominations et profanait le Temple de Dieu (1 QpHab 12, 7-9) ».

 

(p 302-303) Le fondateur de la lignée qui s'empare de la haute prêtrise s'appelle Mattathias et son fils Juda sera appelé « Maccabée [41] ». La lignée qu'ils engendrent est désignée par les hasmonéens (ou asmonéens), de Ashmon (Hasmon) arrière grand-père de Mattathias (selon Flavius Josèphe). Dans cette descendance, Aristobule [42] sera le premier à se dire « roi des juifs » autant que grand prêtre… (cf. p 302 pour plus de détails).

- Dans les 1er et 2ème livres des Maccabés, « La Bible catholique romaine de Douai fournit une histoire… de cette période... de « corruption généralisée et décrit les asmonéens comme des héros juifs... La Bible du roi James est muette sur cette question ».

- Pourquoi la Bible romaine admet-elle la légitimité des asmonéens, légitimité ignorée par la Bible protestante ? Les conteurs, beaucoup plus tardifs de la Bible protestante auraient-ils rejeté les asmonéens ?

L'illégitimité des prêtres et rois asmonéens n'aurait été connue (et dénoncée) que par « les membres de la communauté de Qumran qui méprisaient  ces faux grands prêtres et leur soumission politique aux romains ». Les qumraniens disparaissent au cours de la guerre contre Rome en 66-70 apJC.  Néanmoins, « En enterrant la véritable histoire juive sous la forme de manuscrits, le message parvint finalement entre les mains des auteurs de la Bible protestante… grâce aux fouilles des chevaliers templiers au début du XIIème s. ».

 

Les élus de Juda - La communauté de Qumran -

 

(p 303-304) « Zorobbabel... et les membres de son groupe intérieur » reviennent de Babylone « avec la cérémonie secrète de la lignée royale de David », cérémonie modifiée par Ezéchiel mais « globalement... intacte ». Toujours suivant le plan d'Ezéchiel, un nouveau Temple est bâti, une nouvelle et « inébranlable » Alliance avec Yahvé est contractée… Mais il est très probable que les descendants de Zorobbabel et de son groupe intérieur,... les hassidims, quittent Jérusalem… entre 187 et 152 avJC. ; le manuscrit « Ecrit de Damas » livrerait le meilleur indice sur la fondation de la communauté de Qumran à cette époque [« Ceux de Damas (Damascus) » est un autre nom de la communauté de Qumran] ; on peut se reporter à un extrait du manuscrit page 304. 

 

(p 305) « Nous pouvons être certains que la communauté [est] en place en 152 avJC. quand les qumraniens s'[élèvent] contre l'accession  de Jonathan, le chef des Maccabées, à la haute prêtrise... Les manuscrits récupérés dans les grottes de Qumran… - Manuel de Discipline et les… deux premiers chapitres du livre d'Habacuc - évoquent  leur aversion… pour cette désignation ».

« Les qumraniens « Retirés dans le désert,… se [voient] comme le peuple de la nouvelle Alliance avec Yahvé, - les élus de Juda - » ; leur « règle » deviendra « le modèle des ordres  chrétiens » (monastiques).

 

(p 306-307) La communauté de Qumran est divisée en trois groupes : Israël, les Lévites et Aaron. Israël désigne l'appartenance ordinaire ; les lévites sont les prêtres de rang inférieur ; Aaron désigne les prêtres les plus élevés et les plus saints.

« Il existe un certain nombre de ressemblances spécifiques entre la F.M. et Qumran ». Pour devenir membre de la communauté, tout postulant passe un entretien ; sa candidature est examinée « pour établir sa rectitude » et on procède au vote. Une fois admis, le candidat reste « à un grade inférieur pour la durée d'un an, période au cours de laquelle il ne doit pas mêler sa richesse à celle de - la multitude - (les autres membres) » . Au bout d'un an, « le candidat [subit] un examen pour évaluer sa connaissance... de la Thorah… Comme en F.M. jadis, la majorité des membres de Qumran ne [peut] dépasser le second degré d'appartenance… au terme d'une année supplémentaire, quelques individus élus [peuvent] accéder à un troisième degré,... [approchant] le « Conseil secret de la Communauté »… Comme chez les chevaliers templiers, au terme de leur première année, les initiés [doivent] remettre toute leur richesse… » procédure que la F.M. ne peut adopter. « Les vertus positives enseignées dans la communauté de Qumran sont … : vérité, rectitude, bonté, justice, honnêteté et humilité associées à l'amour fraternel… ».

« Les trois degrés de la communauté de Qumran  ressemblent tant à ceux de la F.M. qu'il ne peut s'agir d'une pure coïncidence ».

(p 308-310) A Qumran comme en F.M., on exige des candidats d'être « sains de corps et d'esprit, et tout handicap physique est supposé empêcher l'admission » (la règle n'est plus rigoureusement appliquée - On se reportera à la note de bas de page 309 à propos de la justification de telles disqualifications).

- La communauté qui vit à Qumran pendant 250 ans est souvent qualifiée de « monastère essénien ». Cependant Qumran n'est pas un rassemblement de célibataires voués à la prière, bien que « le célibat [soit] tenu en haute estime » sans être obligatoire.

- « La communauté de Qumran... [changera] spectaculairement au cours de son quart de millénaire d'existence, particulièrement vers la fin sous l'influence de Jésus et Jacques ».

 

Midrash, pesher et parabole

 

(p 310-312) « Il est... incontestable que le christianisme était un culte juif et que tous ses - acteurs originels – (Jésus, Jacques, Simon-Pierre, André, Juda, Thomas, etc.) étaient des gens qui pensaient en terme de midrash, pesher et parabole » :

- « … midrash correspond pratiquement au mot - exégèse - , … - l'étude et l’interprétation des Ecritures hébraïques dans le but de découvrir les vérités et instructions théologiques à suivre - ».

- « … pesher [est] une méthode pour donner un sens à tout ce qui [survient] autour d'eux »… [suivant] des schémas types… déchiffrés grâce à l'étude des Ecritures ».

- « … parabole (du grec parabolê - comparaison - ) … Jésus Christ utilisait cette forme narrative… comme – une explication imagée pouvant contenir une allégorie,… une métaphore,… permettant de transmettre un enseignement plus profond… - . Ces histoires n'étaient pas seulement… de simples analogies... pour aider à comprendre la Loi… ».

« la seconde génération (Paul, Matthieu, Luc, etc.) était assez différente et utilisait des processus intellectuels plus héllénistiques... ». Les Evangiles du N.T. auraient été écrits par cette génération, « après la destruction de Jérusalem et de Qumran et la mort des acteurs originels ». C'est pourquoi, « Pour séparer le fait de la fiction dans le N.T., il faut enlever le littéralisme grec pour retrouver le courant de pensée juif et protochrétien... sous-jacent ».

 

(p 312-313) C'est à partir de 1956 que des parallèles sont faits au travers des textes entre les qumraniens et l’Eglise de Jérusalem. Deux extraits de textes sont cités dans le livre pour faire un comparatif. Ces citations s'accordent aussi avec la F.M. et la construction d'un temple spirituel (cf. vision d'Ezéchiel), surtout « … la pierre de fondation dans l'angle nord-est » ; l'angle Nord-Est est la place attribuée dans la loge au nouvel admis en F.M..

[43] Note n°2 de bas de page 312  [« … Nouveau Testament ou... Nouvelle Alliance » ]

 

Les secrets de Qumran - L’« Assomption de Moïse etc. » -

 

(p 313-315) Le « Maître de Justice ou de Rectitude » montre « la Voie » aux esséniens contraints de quitter Jérusalem. « La communauté s'établit alors sur des bases solides à Qumran … les manuscrits de Qumran… donnent rarement les noms des individus ». Le « Maître de Justice [est] très probablement… un descendant sacerdotal de Sadok. Il [révèle] à sa communauté qu'ils [vivent] à une époque qui [verra] - la fin des jours – comme l'avaient prédit les anciens prophètes ».

Les qumraniens se désignent eux-mêmes par : « la Communauté », « la Multitude », « la Congrégation d'Israël » et « les fils de la Lumière » ; l'homme qui les conduit « à la fin des temps », le Messie davidique, porte des titres comme « le Puissant », « l'Homme de Gloire » et « le « Prince de Lumière » qui vaincra le « Prince des Ténébres » et la « Congrégation de Bélial » (Satan)… Cependant Dieu [sauvera] Son peuple grâce à deux hommes qui se [léveront] à la fin des temps : l'un [sera] du - Rameau de David - et l'autre [sera] - l'Interprète de la Loi » (D.S. Russel, The Method and Message of Jewish Apocalyptic, op. cit.).

 

(p 315-320) Selon les manuscrits qumraniens, il existerait des livres secrets… sur ces événements futurs, ainsi que des références à certains rituels révélés par Dieu ; ils auraient été « transmis selon une longue ligne de tradition secrète ». Parmi ces documents, on a trouvé des rouleaux d'écritures cryptées,... des écrits secrets ?

- Le Dr Hugh Schonfield découvre un code hébreu destiné à crypter les noms d'individus, le « code Atbash » (H. Schonfield, The Essene Odyssey, op. Cit.). En 1988, il s’aperçoit que des mots clés, utilisés par les templiers et par la F.M., sont eux-mêmes des codes Atbash… à l'exemple de « Baphomet » que les templiers auraient adoré ; ce terme jusqu'ici incompris, a été transcrit en hébreu et, par le code Atbash, devient Sophia, « sagesse » en grec.

- Parmi ces mystérieux textes qumraniens, certains concernent Noé et Enoch, détenteurs de secrets divins transmis par « les ancêtres mythiques de la race humaine… On retrouve ces récits dans… la littérature apocalyptique,… [récits] aussi anciens que le livre de la Genèse, ils proviennent… de quelque autre source non identifiée… [et] il y eut… une tradition secrète inexpliquée attachée au nom d’Enoch »… … . En F.M. « de vieux rituels [évoquent] la tentative de Sem, Japhet et Ham (Sham ?) pour ressusciter Noé et,… le degré de Noachite (Ark Mariners), déjà mentionné… continue cette tradition des secrets de Noé ». Serait-ce « les secrets oraux de la cérémonie de résurrection » ?

- Il aurait existé « beaucoup plus d’écrits attribués à Moïse qu’il n’en subsiste aujourd’hui, [comme] l’Assomption de Moïse [44] - considérée comme une œuvre essénienne »… où Moïse donne à Josué une instruction pour qu’il cache des livres secrets « avant la fin des jours,… à l’endroit qu’Il fit dès le commencement de la création du monde » (cf. citation page 317). Pour les juifs, « l’endroit de la Première création » ne peut être que « le rocher sous le Saint des Saints... du Temple de Jérusalem ». Les qumraniens, « fervents étudiants de la Loi », auraient suivi cette instruction de Moïse « parce… qu’ils pensaient voir la fin des temps... ». Chris et Rob sont de plus en plus persuadés que les templiers qui ont fouillé le site du Temple durent trouver des rouleaux secrets.

- Dans le texte de l’Assomption de Moïse (qui aurait été écrit du vivant de Jésus), apparaît le personnage de Taxo, ou encore Tacho, que le code Atbash traduit « Asaph, … celui qui assista Salomon pour la construction du Temple ». En F.M. Tacho est aussi le nom du G.M. (en Espagne). Les qumraniens écrivent que Tacho et ses fils se retirent dans une grotte « pour mourir sans trahir leur foi. Leur mort doit être le déclencheur de l’intervention de Dieu... ».

Pour Chris et Rob, ce serait la confirmation que Tacho fait référence au Maître de Justice des dernières années d’existence de la communauté (Peake’s Commentary on th Bible, op. cit.). L’exhortation dans le texte « mourir plutôt que trahir sa foi » se retrouve au 3ème degré de la F.M. dans les paroles d’Hiram : « Je préfère mourir plutôt que trahir la vérité sacrée dont je suis le gardien ».

 

(p 320) « le chef de la communauté de Qumran était considéré comme le descendant spirituel de l’architecte originel du Temple de Salomon,  autrement dit l’homme que les f.m. appellent aujourd’hui Hiram ».

- Il faut maintenant revenir sur l’autre motif principal du symbolisme maçonnique, les deux piliers et leur histoire, si importants pour les deux premiers degrés de la F.M..

 

Les piliers jumeaux

 

(p 320-321) A partir d’une position qu’ils croient « élevée », les chrétiens modernes s’autoriseraient à étudier et à considérer les esséniens/qumraniens comme un simple groupe parmi beaucoup d’autres existant en Terre Sainte à l’époque du Christ. Ce jugement sur les qumraniens est inadéquat car ils seraient la « quintessence » des aspirations juives et « la judéité incarnée ».

 

(p 321-325) « … les plus anciens manuscrits parlent du premier Maître de Justice et les plus récents du chef spirituel ultérieur identifiable sous le nom de - Jacques le Juste - ... le frère du Christ et le chef de l’Eglise de Jérusalem... » qui serait la même communauté que Qumran (conclusions de R. Eisenman et M. Wise spécialistes indépendants). L’historien Hegésippe (Hegesippus au IIème s. apJC) appelle le frère du Christ « Jacques le Juste » ; il le décrit comme un « nazirite » qui intercède « dans... le Temple pour le salut des hommes » et le présente comme le « droit », respectueux de la règle de vie qumranienne.

- Selon le « Manuel de discipline », le Conseil de la communauté consiste en « douze parfaits saints hommes », « piliers » des qumraniens ; deux de ces piliers représenteraient les aspects royal et sacerdotal de la création et du maintien du « Royaume des cieux » qui désigne en fait une existence terrestre dans la paix et la prospérité sous le règne de Yahvé. On peut faire le lien avec Boaz et Jakin qui ornaient la porte orientale du Temple de Salomon, « piliers spirituels » hérités de la Haute et de la Basse Egypte unifiées.

- « Jakin fut le premier grand prêtre du Temple » ; Jakin est aussi la « colonne sacerdotale » à Qumran, personnification de la sainteté associée au « concept fondamental de tsedeq » (ou « zedek »), traduit par « vertu », « rectitude »... Ce concept est fondamentalement… celui de Ma’at en Egypte. Pour les cananéens, tsedeq était associé au dieu-soleil. « Quand les juifs fusionnèrent les croyances cananéennes avec leur concept de Yahvé, tsedeq devint une des caractéristiques de ce dernier… le mot conserva son association avec la lumière solaire et… l’opposition avec les ténèbres et le chaos » (Norman Cohen, Cosmos, Chaos, and the World to come, op. cit.)… Notons « … ici des ressemblances... entre... la… divinité égyptienne Amon-Rê et Yahvé : tous les deux utilisent leur pouvoir solaire… pour combattre les forces de ténèbres et de chaos ».

- « Boaz … était l’arrière-grand-père de David, roi d’Israël ». Pour les qumraniens c’est le pilier royal, symbole de la maison de David et du  « concept de mishpat » relié à l’autorité gouvernementale et à l’administration de la justice. « Ce fut à Miçpa (Mizpah, autre orthographe de mishpat) que Jacob érigea une colonne et … Saül fut proclamé premier roi d’Israël ».

(Suite p 321-325) « Quand ces deux piliers spirituels sont en place avec le Maître de  Justice (tsedeq) à gauche de Dieu et le roi davidique terrestre (mishpat) à sa droite, l’arche de l’autorité de Yahvé est en place avec la clé de voûte du « shalom » fermant le tout au centre. Pour les qumraniens, shalom signifie plus que la « paix »… il induit « le bien-être en général » obtenu en établissant la loi de Yahvé, « un ordre moral de gouvernement, supporté simplement par les piliers royal et sacerdotal ».

Les piliers frères et la clef

Les piliers frères et la clef

(p 325-326) L’essence et la mission de la communauté sont rendues compréhensibles par ce symbole transcrit et vraisemblablement enterré avec les autres textes sous le Temple d’Hérode.

- Selon le philologue John Allegro (traducteur du rouleau de cuivre), la racine du mot Qumran (« Qimrôn » à l’époque de Jacques et Jésus) signifierait « voûte, arche, porte... » ce qui rappelle le schéma évoqué précédemment. « Les deux seules bases de colonnes trouvées dans les ruines de l’établissement se trouvent de chaque côté de la porte Est menant à leur lieu de culte de remplacement ».

- A l’approche de la « fin des temps », il aurait été urgent pour Qumran de trouver les hommes incarnant ces piliers… « ces fonctions ne pouvant être immédiatement occupées en raison de l’occupation romaine,... les candidats étaient appelés messies,… autrement dit… des chefs à venir ».

 

(p 325-327) Pour Chris et Rob, bien des éléments permettent de dire que les qumraniens seraient les précurseurs de la F.M. moderne. De plus, en maçonnerie, « Jakin » a le sens d’« établir », ce qui est « la fonction du Messie sacerdotal » (tsedeq) qui doit « établir la justice sur la terre d’Israël, pour que le Temple puisse être reconstruit ». « Boaz... signifie la - force - pour les maçons… c’est le pilier du Messie royal ou mishpat, responsable de la force du royaume... en matière de défense... », d’exécutif… « Les f.m. disent que l’union des deux donne la - stabilité - … - shalom - . Les f.m. utilisent les deux piliers du Temple du roi Salomon exactement de la même manière que la communauté de Qumran ».

 

(p 327-328) L’Ecrit de Damas (et d’autres manuscrits de Qumran) fait référence aux « Messies d’Aaron (sacerdotal) et Israël (royal) » ; l’Evangile de Matthieu 3, 3, décrit Jean le Baptiste comme une « voix qui crie dans le désert », formule précise utilisée par la communauté de Qumran. A l’époque de la rédaction des Evangiles (Luc, etc.) Jean le Baptiste était considéré comme le Messie, mais « au cours des quarante dernières années, bon nombre de membres de la communauté théologique traditionnelle ont admis que Jean et Jésus avaient pu être des messies conjoints (K.G. Kuhn, Die Beiden Messias Aarons und Israël). Si le terme de Messie est pris dans son acception correcte  originelle, il est… naturel de voir Jean comme le Messie sacerdotal et Jésus comme le pilier mishpat, le Messie royal ».

 

(p 329) Jean est la personnification de la rectitude qumranienne ; il prêche des « sermons...cinglants » à l’encontre des autorités « corrompues » de Jérusalem. Dans le désert, Jean vit durement et purifie l’esprit des fidèles qui viennent l’écouter en les immergeant dans l’eau du Jourdain, ce qui est « le rite esséno-qumranien de purification par le baptême... technique favorite des qumraniens » (qui utilisent plutôt l’eau de leurs citernes). « Certains observateurs pensent que Jean était le Maître de Justice », mais il n’y aurait pas de preuves suffisantes.

 

(p 329-330) « L’histoire du baptême de Jésus décrit dans le N.T. est un récit délibérément mis en scène par les auteurs des Evangiles… On découvre... que l’idée d’un Jésus baptisé par Jean [est] une invention de Marc… il est probable que le prétendu baptême administré par Jean [serait] en réalité le premier degré d’initiation  au sein de la communauté ». L’image de la colombe qui descend sur Jésus est « une manière ordinaire pour les hébreux d’exprimer l’acquisition de sagesse ».

- D’après le N.T., après son baptême, Jésus part dans le « désert » où il jeûne quarante jours et quarante nuits ; il n’est pas dit qu’il quitte le désert après son jeûne. La Bible du roi James dit même qu’il demeure là pendant trois ans, plus précisément de 27 à 31. Tout au long des manuscrits de la Mer Morte, le terme « désert » [45] désigne la communauté de Qumran et non pas un véritable désert où Jésus resterait seul (selon les chrétiens de Rome). Jésus resterait donc à Qumran où il franchit vraisemblablement les trois degrés de l’initiation ; au plus haut de son initiation, il aurait appris le rituel de la cérémonie royale de résurrection, rituel transmis depuis Moïse.

 

(p 330-332) Jésus et son jeune frère Jacques seraient des élèves brillants et des qumraniens hautement qualifiés. Jésus étant de lignée davidique, Jean le Baptiste lui aurait demandé s’il pouvait être «  celui qui doit venir,... le Messie royal, l’autre pilier à côté de lui ». Jésus aurait répondu par un pesher : « Les aveugles voient, les boiteux marchent, ... »  selon lequel « l’expulsion du péché devait guérir le malade ». Ainsi Jésus aurait été « d’accord avec Jean sur le fait que la - fin des temps - était imminente et qu’il était l’homme qui aiderait à préparer la - Voie - », le pilier royal.

- Flavius Josèphe (« Antiquité judaïques »)  rapporte que Jean fut exécuté (en 32) par Hérode Antipas qui avait peur que les activités de Jean puisse conduire à une révolte. Le ministère messianique de Jean aurait duré six ans.

- Pour reprendre la fonction clé d’un de ses piliers, Qumran devait remplacer Jean à la tête de la communauté ; « Jacques le Juste » reprendra ces fonctions ; son frère plus âgé qui s’était présenté aussi, est « Jésus ».

 

(p 332-335) Après l’assassinat de Jean, tout est bouleversé. Pour Chris et Rob, il s’agit maintenant de découvrir ce qui se passe au cours de cette période clé et d’« examiner la vie du pilier royal, le Christ Jésus lui-même », ainsi que ses rapports avec Jacques.

XII. L’homme qui changea l’eau en vin

 

La course contre le temps pour libérer la Terre Sainte de la « loi romaine »

 

(p 352-353) Selon Chris et Rob, Jésus se révèle être « un personnage  immensément puissant et exceptionnellement impressionnant…  première chose… la durée totale de son ministère : un an seulement, de la mort de Jean le Baptiste à sa propre crucifixion... Ce [bref] laps de temps [sera] riche en violence et en lutte politique interne ».

 

(p 353-354) Les qumraniens sont sans doute heureux que Jésus soit le pilier gauche de mishpat, c. à d. le Messie royal, le roi des juifs à venir, mais ils ne peuvent l’accepter comme pilier droit. « La Bible dit que Jésus s’assoira à la droite de Dieu le Père. Cela signifie qu’il est le pilier de gauche : si l’on regarde à l’intérieur du Temple à travers la porte orientale, on voit Dieu faisant face à l’Est, le pilier mishpat étant à sa droite mais sur notre gauche ». Jésus ignorant l’appréciation des qumraniens, aurait proclamé être « les deux axes de connexion terrestre de la sainte trinité qui [a] Dieu à son apex ». Peut-être est-ce « l’origine de la Trinité catholique :Dieu le Père - Dieu le Fils - Dieu le Saint Esprit - » ?

- Le 22 mars 1993, dans le programme de la BBC « Horizon » le professeur Eisenman déclare : « Ce dont nous parlons dans notre nouvelle approche des manuscrits de la Mer Morte, c’est d’un mouvement messianique en Palestine beaucoup plus agressif, beaucoup plus apocalyptique, beaucoup plus militant et beaucoup plus orienté sur les choses de ce monde : une sorte d’armée de Dieu dans les camps sis au bord de la MerMorte, ou dans le désert, un groupe se préparant pour une guerre apocalyptique ultime contre tout mal sur terre ».

- « G.W. Buchanan fait observer… qu’il n’[est] pas possible pour un historien objectif d’écarter toutes les implications militaires liées aux enseignements de Jésus... C’[est] le rôle de Jésus de mener au combat et de devenir le nouveau roi ».

 

(p 355-361) Jésus sait qu’il doit agir vite. Il a de « puissants ennemis » qui ont déjà abattu un « pilier ». Il applique « une stratégie de déplacement permanent » avec de brefs arrêts en chaque lieu ; il constitue sa garde rapprochée dont les principaux « gardiens » sont Jacques et Jean qu’il appelle les « fils du tonnerre », Simon « le zélote » [46] et l’autre Simon « le terroriste » (barjona) et enfin Judas « l’homme au couteau » (sicarius, sicaire [46] ). Ce ne sont pas des hommes de paix...

Pour réussir, Jésus a besoin de plus de partisans et de plus d’argent :

- « Partout où il [va], il se [met] à élever les individus ordinaires qu’il [rencontre] au statut d’initié qumranien de premier degré… un coup de génie [47] » qui effraie  et scandalise beaucoup de membres de Qumran. « Le premier miracle de Jésus [est] sa transformation de l’eau en vin lors des noces de Cana. En fait [ce serait] la première tentative de Jésus pour recruter hors de la communauté, ... - changer l’eau en vin - est une expression commune équivalente à … - changer du plomb en or - … Dans le... contexte, cela signifie que Jésus utilise le baptême pour transformer des individus ordinaires en des personnes prêtes,… en vue… du - royaume des Cieux - ».

- « Dans la terminologie qumranienne, les profanes [sont] l’eau,… les initiés et… purifiés [sont] le - vin - , de même que les initiés sont les « vivants » alors que tous les autres humains sont les « morts ». « Religieusement parlant, la communauté  de Qumran [pense] qu’il ne peut y avoir de  - vie - qu’au sein de la communauté et, selon certains juifs, la - vie - ne [peut] même exister que sur la terre de Palestine une fois libérée de la loi romaine... Il [est] courant à cette époque qu’une secte juive considère que tous les juifs d’autres sectes [soient] religieusement morts ».

- Jésus utilise les mêmes techniques que Qumran. « Quand il fait de quelqu’un un membre dissident de la secte qumranienne, il change - l’eau en vin - et chaque fois qu’il initie un nouveau candidat dans le  cercle intérieur, celui-ci est - relevé ou ressuscité d’entre les morts - ». Jésus offrirait ainsi « un savoir simple à - la multitude – mais un savoir – secret - aux - élus - ». Clément d’Alexandrie et Valentin (Valentinus, maître chrétien du milieu du IIème s .) évoquent cette tradition secrète et ces mystères, ce que le N.T. (Marc 4 , 11) confirme : « Et il leur dit : - A vous le mystère du Royaume de Dieu a été donné ; mais à ceux-là qui sont dehors tout arrive en paraboles...- ».

- « L’initiation [est] réversible pour ceux qui [contreviennent] aux règles de la secte ; dans ce cas,... l’individu concerné [est] - enterré - ou - tombé - … [c’est] l’exclusion [d’un] - mort - ... [ou] le renvoi parmi les - morts - ». Certains sont exclus du cercle intérieur avant d’y être réadmis, c’est « une mort temporaire ». Lazare [48] serait un exemple ; vers la fin de la vie de Jésus, les évènements se durcissent ; Lazare expliquerait à ses sœurs Marie et Marthe (de Béthanie) qu’il a peur et qu’il quitte le cercle interne. Marie raconte ensuite que Lazare ne serait pas « mort » si Jésus lui avait parlé. Alors Jésus serait allé trouver Lazare pour le persuader de revenir parmi les « vivants ». Chez les chrétiens « orthodoxes », « La résurrection de Lazare a toujours été considérée comme le phénomène le plus stupéfiant de tous ceux que rapportent les évangiles ».

 

(p 361-363) « Jésus n’[est] pas un homme tendre, doux, dispensant l’amour et la bonté partout où il [va]. Selon la norme d’aujourd’hui, il [est] extrêmement dur et [demande] à ses principaux partisans, son cercle intérieur, de rompre tous liens avec leurs familles comme lui-même... Dans le N.T. jamais Jésus ne mentionne son propre père… Dans la Prière du Seigneur (le Notre Père), Jésus apprend à ses apôtres qu’ils doivent appeler Dieu notre - Père - , comme une sorte de complet remplacement de leur géniteur naturel ».

 

(p 364-365) Chris et Rob livrent une « traduction » du « Notre Père »… « A partir de là, on comprend qu’il est assez curieux que des non-juifs utilisent cette prière totalement israélite pour leurs propres objectifs… Jésus n’a jamais... d’intérêt pour qui que ce soit hors de son petit royaume, il ne [s’agit pas] d’autre chose que d’une requête à l’endroit d’un dieu juif pour qu’il crée les conditions de l’autodétermination en Israël. Les autres termes qu’il [utilise] comme - frères et prochains – [ne sont] censés s’appliquer qu’aux membres de sa communauté, et en aucune manière au monde au sens large ».

- Il serait aujourd’hui largement admis que « les paroles de Jésus n’[ont] qu’une signification politique juive strictement locale... » (même par des ouvrages chrétiens parfaitement dans la ligne comme le Peake’s Commentary on the Bible). « … Jésus n’a jamais parlé que de son combat politique de libération définitive des juifs de toute tutelle étrangère ».

 

La nouvelle voie vers le royaume de Dieu - « Faites attention aux mots... » -

 

(p 366-368) Pour Jésus, la tâche principale est d’amener une amélioration dans le peuple afin de mettre en place « shalom » pour toujours.

- Jésus réalise une « chose fantastique… afin de trouver des recrues » acquises à sa cause : il accepte « les impurs, comme les hommes mariés, les invalides et même… les femmes. Pour Jésus, ils [sont] tous également capables de pécher devant Dieu et [ont] donc autant que d’autres - si ce n’est d’avantage - besoin d’être sauvés. Cette idée d’égalité, révolutionnaire pour l’époque, [devient] la marque de ses enseignements ».

- Jésus a besoin d’argent et doit aller logiquement vers les riches. Jésus choque les « juifs dignes » et les qumraniens « en pénétrant dans les demeures d’individus tels que les... publicains » (Hommes riches chargés du recouvrement de l’impôt) ; Jésus [est] accusé de frayer avec les pêcheurs,  les ivrognes, les courtisans ou les prostituées ». Ces termes désignent en fait des « personnes... respectables et saines » mais qui ont des contacts avec les Gentils (des non juifs, donc des personnes impures), d’où ces termes méprisants… Un publicain devient un apôtre de Jésus (c’est Matthieu, identifié à Lévi le publicain, et à qui est attribué le 1er Evangile) ; Zachée (Zaccheus) était un chef des publicains avant d’être « ressuscité d’entre les morts » ; il donne « la moitié de ses biens en réparation de ses injustices passées et l’autre moitié… aux - pauvres - , un des termes utilisés pour désigner la communauté de Qumran ».

 - Dans les Evangiles gnostiques, les enseignements de Jésus ressemblent à une liste et, l’Evangile source « Q » n’est pas construit comme une histoire. Dans le N.T., une bonne partie de ces enseignements est assemblée comme une biographie ; ceux qui sont restés sous forme de liste se trouvent dans le « Sermon sur la Montagne » (Voir Matthieu 5 à 7 ou Luc 6, 17-49). Selon Chris et Rob, « la plupart de ces déclarations et instructions [seraient] rassemblées ici, sous la forme de cet - événement - unique... ».

 

(p 368-372) Sur les paroles de Jésus, Chris et Rob considèrent qu’« à la lumière de ce que nous savons maintenant, leurs significations sont devenues très claires ». Les Béatitudes (Mattieu 5, 3-12) seraient « simples à interpréter » :

- « Heureux les pauvres en esprit car le Royaume des cieux est à eux » : Luc se contenterait de parler ici des « pauvres », terme qui désignerait les « initiés du troisième degré » à Qumran.

- « Heureux les affligés, car ils seront consolés » : Chez Luc « les affligés »  seraient les qumraniens et les autres juifs pieux qui pleurent « le Temple de Jérusalem tombé aux mains des indignes ».

- « Heureux les doux (ou les humbles), car ils hériteront de la terre » : A la lumière  des manuscrits de la Mer Morte, les « doux » et « humbles » indiqueraient l’attitude des qumraniens pour que le « Royaume de Dieu arrive ». Les membres de la communauté se désigneraient ainsi.

- « Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés » : Les qumraniens sont ceux qui cherchent « tsedek » (justice ou rectitude). Ils ne seront pas comblés « avant l’avènement du royaume de Dieu ».

- « Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde » : Comme dans le Notre Père, Dieu pardonnera aux justes de Qumran leurs erreurs mineures, parce qu’eux mêmes pardonnent les plus petites fautes de leurs frères.

- « Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu » : Les qumraniens gardent « les mains propres et le cœur pur... condition pour pénétrer dans le Temple de Sion [afin d’être] les témoins de la venue du Royaume de Dieu ».

- « Heureux les artisans de la paix, car ils seront appelés fils de Dieu » : Il ne faut pas voir dans « les artisans de la paix » des « pacifistes de quelque sorte... ». Il s’agit de ceux qui œuvrent pour l’instauration du « shalom,... état de paix, de prospérité et de bien-être en général... » (cf. le chapitre précédent sur les piliers).

- « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux » : Allusion aux persécutions dont la communauté de Qumran a toujours souffert (Jean Baptiste avait été capturé,..).

- « Heureux êtes-vous lorsque l’on vous insulte ou que l’on vous persécute, ou lorsque l’on prononce faussement toute sorte d’infamie contre vous à cause de moi » : Luc utiliserait le mot « haïr » à la place d’« insulter », probablement une allusion à l’hostilité des partisans de Jacques au sein de la communauté de Qumran, quand la fracture entre les frères était la plus grande (quelques mois avant la crucifixion).

Les chrétiens « orthodoxes » utiliseront le texte littéral du discours de Jésus pour soutenir leurs propres croyances,  sans comprendre « le contexte juif complexe » qui est la toile de fond des paroles de Jésus pendant cette période.

 

(p 371-372) Dans les ouvrages contemporains qui sont exclus du N.T., on trouve certains des principes essentiels des enseignements de Jésus.

- « Dans le « logia 114 » de l’Evangile de Thomas (le frère jumeau de Jésus), « Jésus explique sa croyance selon laquelle les femmes sont égales aux hommes » ; un extrait du texte est donné pages 371-372 avec son interprétation. Dans le passage cité, Jésus entend « ressusciter [Marie] d’entre les morts afin de faire d’elle la première femme membre de l’élite, [ajoutant] que toutes les femmes pourraient faire de même… [Aujourd’hui] un certain nombre de prêtres continuent de s’opposer… à l’ordination des femmes » [de même qu’il existe des loges maçonniques exclusivement masculines ou … féminines (note du rédacteur)].

- Dans le « Livre secret de Jacques » qui serait écrit par le frère de Jésus après la crucifixion, Jésus explique comment ses partisans doivent suivre ses enseignements : « Faites attention aux mots. Comprenez ce que vous apprenez. Aimez la vie. Et personne d’autre que vous-même ne pourra vous persécuter ou vous opprimer ».          

Cette « sagesse » n’est -elle pas étonnante « au milieu d’un tel climat de guerre et de dissensions » ?

 

L’arrestation du pilier royal - « La prophétie de l’étoile » -

 

(p 372-375) « Jésus et ses partisans se [rencontrent] en secret et [prêchent] dans des lieux à l’écart » ; ils veulent « susciter une révolte de masse à Jérusalem contre les romains et les saducéens... Jésus [doit] montrer au peuple de Jérusalem qu’il [est] le roi annoncé par les prophètes, qui [doit] se dresser pour les sauver de la domination étrangère… Pour… obtenir le plus grand retentissement..., Jésus se [dirige] vers le Temple… [et provoque] une émeute en renversant les tables des marchands et des changeurs qui [font] injure au lieu saint ». Jésus dénonce le « comportement impie » de la foule qu’il terrorise vraisemblablement, puis s’éclipse rapidement...

- Pour éviter la propagation de l’émeute, les autorités juives et romaines agissent rapidement « pour mettre un terme aux troubles émanant de cette secte de Qumran... Jacques [est] arrêté et un avis de recherche concernant Jésus [est] placardé … [fournissant] une description visuelle de l’homme… En dépit de la censure chrétienne une copie (redécouverte au XIXème s.) de la description de Flavius Josèphe survécut dans les textes slavons [49]. Elle brosse [un] portrait… différent de l’image traditionnelle [de Jésus] » 

« Un homme de simple apparence, d’âge mûr, à la peau sombre, de petite taille, haut de trois coudées (1,50m), bossu avec un long visage, un long nez et des sourcils se rejoignant, à tel point que l’on peut être effrayé en le voyant, et enfin  une chevelure clairsemée avec une raie au milieu, à la mode des nazarites, et une barbe courte ».

D’autres témoignages sur « la très petite taille de Jésus » existeraient dans les Actes de Jean (exclus du N.T.) et dans Luc 19, 3 »… on peut se reporter aux textes cités pages 374-375.

 

(p 376-378) Jésus est rapidement arrêté dans « le jardin de Gethsémani » [50] . « Jésus [choisit] le moment et le lieuà trois cent cinquante mètres face à la porte orientale du Temple - la porte juste - (appelée aussi porte de justice [ou] porte de tsedek) entrée principale pour la célébration... du Nouvel An, c. à d. la Pâque [51]. Cette porte est importante dans la vision d’Ezechiel  qu’il débute  en disant qu’elle intervient au début de l’année… (chap. 40, puis 43, 44 et 46) ». Suivant cette « vision », … dans « la nuit de la nouvelle lune du début de l’année, [Jésus] vient se prosterner… près du seuil du porche oriental... Il se [voit] comme le prince d’Israël, attendant d’être couronné pour exécuter les instructions d’Ezéchiel, et donc - établir la justice et la rectitude - (mishpat et tsedeq)… Jésus [attend] que l’étoile du matin… se lève à l’orient [étoile] qui jadis, annonçait l’arrivée du nouveau roi d’Egypte… ». Jésus est arrêté par les gardes du Temple « avant l’aube ».

- On retrouve « la prophétie de l’étoile... tout au long des manuscrits et dans le livre des Nombres 24, 17… ». « ... les chrétiens… par confusion, en [feront] une caractéristique de [la] naissance [de Jésus] et non celle de son bref moment de royauté ».

 

(p 378-379) Le manuscrit trouvé dans la grotte 1 de Qumran et intitulé « Règlement de la Guerre des Fils de Lumière contre les Fils des Ténèbres », révélerait que, selon « la prophétie de l’étoile », Jésus aurait imaginé « qu’en respectant les étapes menant à la guerre,... il provoquerait un soulèvement populaire ; insurrection qui serait le coup d’envoi de la  - guerre pour la fin des temps - ».

- Dans l’Evangile de Thomas, « les dits secrets de Jésus » sont retranscrits par Judas Didyme [52] - qui serait « le frère jumeau de Jésus,... donc appelé Thomas, qui signifie - jumeau - ». Dans le « dit 16 », Thomas raconte :

« Les disciples dirent à Jésus : Nous savons que tu vas nous quitter. Qui doit devenir notre chef ? - Jésus leur répondit : Où que vous soyez, vous devez rejoindre Jacques le Juste, pour qui le ciel et la terre furent créés ».

- Jacques et Jésus auraient donc oublié leur division, mais Jésus a une vision sombre  pour son propre avenir. « Trois siècles plus tard, Constantin [exclura] l’Evangile de Thomas de sa Bible - officielle - dans la mesure où l’Eglise romaine [préférera] faire de Pierre, et non de Jacques, le successeur de Jésus… une erreur manifeste ».

 

Le procès et la crucifixion - « deux mille ans d’antisémitisme » -

 

(p 380-381) Ponce Pilate [53] (Pontius Pilatus), le procurateur romain, a fait arrêter Jacques et Jésus, ceux qui prétendent être  « les piliers de la secte subversive » à l’origine de « ce dangereux mouvement messianique ». Pilate  sait qu’il suffit  d’en exécuter un pour « saper le plan » ; il laisse le choix à la foule pour libérer l’un des deux. « Les deux hommes mis en balance [sont] appelés Jésus (référence à leur rôle de « Sauveur », en hébreu Yehoshua)… ». Jésus est « le roi des juifs » ; Jacques est « Barabbas - le fils de Dieu (le fils du Père) » - , le Messie sacerdotal. Le choix de Pilate est stratégique et n’a pas de rapport avec « La prétendue coutume de libérer un prisonnier pour la Pâque... totale invention de l’Eglise ultérieure ».

- « Pour l’essentiel, la foule [viendrait] de Qumran et [soutient]... Jésus Barabbas … peu de voix [s’élèveraient] en faveur de - Jésus, le roi des juifs - . Il [est] donc déclaré coupable… et crucifié sur une croix en forme de - T – avec les mots - Roi des Juifs - placés au dessus… ».

 

(p 382-385) Chris et Rob citent des passages du « Tosefta Shebuot… texte rabbinique des... premiers siècles de notre ère », vraisemblablement authentique car non issu d’une tradition chrétienne… Dans la dernière partie du passage 1, 4 ,  sont reportées les paroles de Jacques (le frère de Jésus), peut-être quelques minutes après la descente de croix. Quand Jacques « demande aux juifs de la communauté assemblés s’il faut à l’heure présente mesurer vers le sanctuaire ou vers le parvis (selon une instruction du Deutéronome 21, 1-9 pour attribuer la culpabilité d’un meurtre), il veut signifier qu’eux, les prétendus juifs dignes, [sont] aussi coupables que le Sanhédrin [54] qui avait réclamé la mort de Jésus dés lors qu’ils avaient désigné Jésus pour mourir ».

- Ces paroles de Jacques sont omises dans le N.T., sans doute dans une politique de disqualification de son rôle de leader  de l’Eglise après la mort de Jésus, au profit de Pierre qui passera sous l’influence de Paul.

 

(p 385-387) « L’histoire de Ponce Pilate apporte la preuve que le texte rabbinique contient bien les paroles prononcées par Jacques : en se lavant les mains, le procurateur montre que s’il [autorise] la crucifixion, il n’[ accepte] pas la responsabilité de cette mort. Or le fait de se laver les mains n’[est] pas une pratique romaine, mais une coutume qumrano-essénienne ». Ce n’est donc pas une description exacte des évènements. « Ce lavement de mains vient précisément du passage du Deutéronome qu’[évoque] Jacques, mais il est dit qu’il ne s’[applique], comme signe d’innocence, qu’après un meurtre et sûrement pas avant son exécution ».

- « Les auteurs des Evangiles synoptiques [ont] clairement à l’esprit cette manière vétéro-testamentaire de clamer son innocence… Matthieu place ces paroles dans la bouche de Pilate (27, 24-25) » :

« Voyant qu’il n’aboutissait à rien, mais qu’il s’en suivait plutôt du tumulte, Pilate prit de l’eau et se lava les mains en présence de la foule, en disant : - Je suis innocent du sang de cet homme juste ; voyez-le vous-mêmes ! -

Alors tout le peuple dit : - Que son sang soit sur nous et sur nos enfants ! - ».

- Pilate « était sûrement au courant des paroles que Jacques avait prononcées après la crucifixion et il restitua à sa manière cette accusation de responsabilité partielle de la foule assemblée » ; les paroles de Jacques auraient été déformées, et rendraient coupable de « théocide » toute la nation juive. « L’affirmation selon laquelle la foule se serait damnée en disant - Son sang est sur nous et sur nos enfants - est un affreux mensonge, responsable de deux mille ans d’antisémitisme ».

- « En étudiant plus avant l’œuvre rabbinique, [Chris et Rob découvrent] une référence dans Mishnar Sotah 6, 3 qui est... une allusion à la décision de la foule de voter pour Jacques, le pilier droit, de préférence à Jésus, le pilier gauche » ; le texte fait comprendre aussi que « Jacques [hérite] du droit de son frère défunt à être considéré comme le nouveau chef de la lignée royale de David, tout en étant le Maître de Justice ».

(p 387-388) « Un débat n’a jamais cessé sur le point de savoir si Jésus [est] mort sur la croix ou si un autre avait été crucifié à sa place… Comment se fait-il que certains soient convaincus que Jésus fut crucifié, alors que d’autres sont autant persuadés qu’il ne le fut pas ? La réponse est remarquablement simple. Ils pensent tous avoir raison parce qu’ils ont tous raison. Deux fils de Marie furent jugés ensemble. Tous deux avaient prétendu… être les Sauveur ou le Messie et portaient donc le nom de - Jésus - . L’un mourut sur la croix, l’autre pas. Le survivant fut Jacques, le moindre des deux, mais celui qui était le plus en vue. Il n’est pas étonnant que… [certains] aient pensé qu’il avait échappé à la croix ».

Les symboles de Jésus et Jacques

 

(p 388-394) L’« étoile de David »  ne serait pas d’origine juive. « Les pointes du sommet et de la base de cette étoile sont les apex [« sommet » en latin] de deux pyramides superposées. La pyramide pointée vers le haut est un ancien symbole du pouvoir royal (dont la base repose sur la terre et le sommet atteint le ciel). L’autre pyramide incarne le pouvoir du prêtre (établi dans le ciel et descendant sur terre)… on retrouve la marque du double messie » (royal ou mishpat, et sacerdotal ou tsedeq). Ce serait « le seul véritable signe de Jésus... [qui] représente [aussi] l’étoile lumineuse de la lignée de David qui se lève le matin ».- Cette étoile serait utilisée au départ comme « motif décoratif occasionnel  parmi d’autres images moyen-orientales... au Moyen Age elle apparaît sur un grand nombre d’églises chrétiennes,… les plus anciens exemples se [trouvent] sur des édifices [templiers]. Elle n’[apparaîtra] que beaucoup plus tard dans les synagogues ».

- Si l’on enlève les deux lignes horizontales de l’étoile pour ne laisser que les flèches pointant vers le le haut et vers le bas, on obtient le compas et l’équerre  des f.m.. [Ce passage de l’étoile aux compas+équerre est possible

nonobstant le fait que l’angle droit (90°) de l’équerre n’est pas celui de la pointe  du triangle équilatéral (60°) qui symbolise l’apex de la pyramide (Note du rédacteur)]... La pyramide sacerdotale ou céleste devient l’équerre du tailleur de pierre… pour vérifier l’exactitude et la rectitude des bâtiments, et, de manière figurée,… - la qualité [humaine] que les Egyptiens appelaient… Ma’at. La pyramide royale ou terrestre est représentée sous la forme du compas  qui [en F.M.] marque le centre du cercle autour duquel aucun Maître maçon peut matériellement s’égarer, c. à d., l’étendue du pouvoir du roi ou du chef ».

Superposition d'une triangulation matérielle et spirituelle.

Superposition d'une triangulation matérielle et spirituelle.

- Mais « quel devrait être le symbole du judaïsme ? Réponse : la Croix. Nous parlons du Tau (« T »),… forme de la croix sur laquelle Jésus fut crucifié et non la croix à quatre branches avec une branche plus courte au dessus [à la] verticale ».

- « Le Tau était la marque de Yahvé… les qénites le portaient sur leur front bien avant que Moïse ne les rencontre… (cf. Chap. IX)

C’est également le symbole magique qui fut peint sur les portes au moment de la Pâque de l’Exode ».                                                                                  

- Chris et Rob découvrent que la croix... « crucifix » de l’Eglise chrétienne est un hiéroglyphe égyptien qui véhicule « le sens très précis de … - Sauveur - » – (traduit en hébreu par « Josuah » et en grec par « Jésus »).

La forme du crucifix n’est pas un symbole,c’est le nom de Jésus lui-même !

 

- « Le symbole le plus important du degré de Royal Arch (Arche  royale ou Sainte Arche royale de Jérusalem) est le Triple Tau...

Ces trois Tau attachés représentent le pouvoir du roi, du prêtre et du prophète ».

 

- Le poisson est « perçu comme un symbole chrétien... c’est un très ancien insigne de la prêtrise et il fut indubitablement le symbole des - nazôréens - , … ce terme est une forme du mot Nazrani (ou nasrani) qui signifie à la fois - petits poissons - et - chrétiens - en arabe moderne, exactement comme il y a deux mille ans, en araméen... les chrétiens l’utilisèrent  pour identifier leurs lieux saints dans Jérusalem au 1er s. ».

 

- « Jacques le Juste devint le 1er évêque (en hébreu, le Mebakker) il se mit à porter une mitre comme insigne de sa charge,… coiffe … aujourd’hui portée... par les évêques… ». La mitre [55] aurait été rapportée d’Egypte par Moïse. « C’est exactement l’hiéroglyphe représentant « Amen » (ou Amon), le dieu créateur de Thèbes qui plus tard se [fondra] au dieu-soleil de Basse-Egypte, Rê, pour devenir Amen-Rê... ».

 

- Aujourd’hui « Amen » est vocalisé par les chrétiens à la fin de la prière. Serait-ce qu’à l’origine on faisait venir la bénédiction du dieu Amen pour qu’une requête se réalise ? « Thèbes [est] la ville de Sekenenrê Taâ… il [est] concevable qu’une telle prière [se soit] transmise aux israélites par l’intermédiaire de Moïse et de la cérémonie de résurrection. … ensuite la langue hébraïque [aurait utilisé]… ce terme – Amen – pour clore une prière avec le sens de - ainsi, soit-il - , et c’est aux hébreux que les chrétiens l’emprunteront ».

Symbolique du point de passage

Symbolique du point de passage

L’ascension du menteur - « Saül-Paul » -

 

 (p 394-397) « Après la mort de Jésus, Jacques le Juste… [assume]... simultanément la charge des... Messies royal et sacerdotal ». Retiré à Qumran, Jacques serait « un chef puissant et fanatique… [qui respecte] une vie parfaitement droite » ; les Actes des Apôtres 12, 17 confirment qu’il est « désormais important dans l’Eglise primitive » (cf. extrait page 395).

- « La mise à mort du - roi des juifs - par un procurateur romain [aurait eu] un retentissement, dans tout Israël et au-delà… les gens [commencent] à s’intéresser au mouvement messianique », notamment  Saül, un citoyen romain, originaire du sud de la Turquie actuelle, élevé en juif de la diaspora… très loin de la « pureté » de Qumran. « La tâche de Saül [est]... de réprimer pour le compte des romains tout mouvement d’indépendancePendant près de dix-sept ans Saül - alias Paul - [sera] le fléau du mouvement d’indépendance juif, jusqu’à ce qu’il [soit] frappé de cécité en 60 sur la route de Damas ». Mais l’autorité de Saül ne s’étendrait pas jusqu’à Damas ; « la destination de Saül [est]… Qumran », connu aussi sous le nom de Damas (Damascus)… ce qui « est  corroboré par les Actes des Apôtres 22, 14... (cf. citation page 396). Sa cécité puis son recouvrement de la vue [symboliserait] sa conversion à un groupe de la cause nazôréenne ».

- « Il est certain que Paul [n’est] pas admis à partager les secrets de Qumran, parce qu’il ne [fait] là qu’un bref séjour… Il ne se [convertira] jamais à la cause de Jean le Baptiste, Jésus et Jacques… il [invente] un nouveau culte auquel il [donne] un nom grec : - chrétiens - , qui se [veut] la traduction du mot hébreu - messie - . Il [appelle] Jésus un homme qu’il n’[a] jamais connu - Christ -  et il commence à réunir des disciples autour de lui… Paul n’[a] aucune compréhension de la terminologie nazôréenne… il [serait] le premier à prendre littéralement ce qui n’est qu’allégorie dans les enseignements de Jésus… un patriote juif [qui] serait devenu un dieu-homme faiseur de miracles. [Paul] prétend avoir le soutien de Simon-Pierre, … un mensonge… Simon-Pierre met en garde contre toute autorité, sauf celle du chef des nazôréens (cf. page 397 citation tirée des Reconnaissances dans l’ouvrage de Hugh Schonfield, Those Incredible Christians) ».

 

(p 397-400) Selon l’« interprétation des textes de Qumran de Robert Eisenman, [il n’y aurait] plus de doutes concernant l’identité de Paul avec le - verseur de mensonges - qui s’oppose à Jacques, le - Maître de Justice - … Le commentaire d’Habacuc (Habakkuk Pesher) dit clairement que cet individu - [verse] sur Israël les eaux du mensonge - ... ».

- « Dans la Première Epitre aux Corinthiens 9, 20-22.26, [Paul] n’a pas peur d’admettre son dédain pour l’Eglise de Jérusalem et montre ouvertement qu’il est un menteur sans scrupule » (cf. extrait page 399).

- « Dans l’Epitre aux Romains 10, 12 et ailleurs, Paul exprime son désir de fonder  une communauté qui ne - ferait aucune distinction entre juifs et grecs - … ambition qui [caractériserait] la famille hérodienne [56] et ses partisans … Paul se donne beaucoup de mal pour légitimer les forces d’occupation ... [il] mérite] bien sa citoyenneté romaine »... Son accès aisé au cercle du pouvoir hérodien est explicité dans les Actes des Apôtres, et identifie Paul comme un probable conspirateur contre Jacques. Paul... ne [veut] pas reconnaître Jacques le Juste comme le Messie incontesté et [raconte]… que Pierre [est] le chef de l’Eglise de Jérusalem ».

 

- (p 400-404) « Le chapitre 21 des Actes des Apôtres montre à quel point Paul [est] impopulaire [à] Jérusalem… la foule… [le reconnaît] comme l’homme qui avait prêché contre le peuple de l’Alliance et contre la Loi, quand il se trouvait à Epĥèse [57]. L’émeute éclate… la Bible nous dit que tout Jérusalem [est] en effervescence ».

- « Paul [échappe] à l’émeute de Jérusalem, mais en 62, [c’est] au tour de Jacques d’être attaqué dans le Temple de Jérusalem ; Jacques est assassiné par les « prêtres ». « Le N.T…. [exclut] les détails de cet assassinat. Mais un Evangile rejeté par l’Empereur… Constantin, La Seconde Apocalypse de Jacques, rapporte l’événement » (cf. extrait page 402).

- A cette date, la construction du Temple était en cours. Hégesippe, une autorité de l’Eglis du IIème s. relate le coup mortel porté par un gourdin sur la tête de Jacques, ce qui « n’est pas considéré comme un fait historique,.. [mais serait] une tradition ultérieure ajoutée par les qumraniens pour créer un parallèle… avec Hiram Abif... le martyre de Jacques, le Maître de Justice, aurait été perçu comme une répétition de la mort de l’architecte du premier Temple, celui de Salomon (et donc de la mort de Sekenenrê Taâ). Un coup au front tua Hiram qui se trouvait dans le premier Temple lui aussi presque achevé. Les parallèles sont trop évidents pour être de pures coïncidences ».

- « Flavius Josèphe raconte que les habitants de Jérusalem furent très choqués par l’exécution de Jacques » ; le grand prêtre Anan (Ananus) aurait été révoqué suite à une démarche secrète auprès du roi Agrippa II.

 

Le trésor des juifs - La guerre de 66-70 - Les trésors sacrés cachés sous le Temple -

 

(p 405-408) Il semble « que la guerre juive de 66-70 [résulte] des tensions engendrées par le meurtre de Jacques le Juste … Origène (un père de l’Eglise du IIème s.) [fait] référence aux observations de Josèphe ». On peut se reporter à ce qu’il écrit (cf. page 405), une confirmation de ce point de vue.

- « Le ministère de Jésus [n’aura duré] qu’un an et celui de Jacques vingt ans. Il paraît évident que ce dernier devait être la personnalité la plus populaire à l’époque. Les anciens textes évoquent… la position et l’influence de Jacob, le frère de Jésus, mais l’enseignement catholique [fait] l’impasse sur celles-ci ».

- « La guerre qui [éclate] en 66 [est] le théâtre de quatre années de férocité et de sauvagerie… Les nazôréens qui [croient] dans le pouvoir du glaive pour restaurer la loi de Dieu sont appelés zélotes  … ils s’[emparent] de Jérusalem et du Temple en novembre 67. Sous la conduite de Jean de Gishala, les zélotes… mettent à mort tous ceux qui… [veulent] pactiser avec les romains… Deux ans plus tard, Titus s’[empare] de Jérusalem… et finalement les derniers juifs qui connaissaient les secrets des nazôréens [meurent] quand toute la population réfugiée dans la forteresse de Massada se [suicide] au lieu de se rendre aux romains ».

- « Au printemps 68, la décision [avait été] prise de dissimuler les trésors du Temple (y compris les manuscrits). Les secrets venus de Moïse et transmis aux nazôréens furent donc déposés comme l’avait prescrit le prophète, dans une cache sous les fondations du Temple, aussi près du Saint des Saints que possible. D’autres ouvrages furent dissimulés dans au moins cinq autres lieux…, dont les grottes [de] Qumran. L’un des manuscrits [re]trouvé [est] gravé sur une feuille de cuivre de huit pieds de long sur un pied de large… roulée depuis ses bords vers le centre pour former des colonnes jumelles ». Ce manuscrit a été restauré et reconstruit.

- John Allegro interprète le Rouleau de Cuivre ; celui-ci donne un inventaire des trésors sacrés et indique qu’il y a « au moins un autre exemplaire de cette liste, déposée dans le Temple lui-même... Le - Rouleau de Cuivre - dresse la liste de quantité d’or, d’argent, d’objets précieux et d’au moins vingt quatre rouleaux manuscrits à l’intérieur du Temple. Des directives sont fournies pour trouver soixante et une caches différentes ».

- « Nous savions que les chevaliers templiers avaient découvert des manuscrits avant 1119. Maintenant nous [comprenons] pourquoi ils avaient passé encore huit années à fouiller sous les ruines du Temple… la soudaine notoriété de l’Ordre et son enrichissement subit [ne sont] plus un mystère ! ».

 

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 *     *  

(p 409-410) « Jésus avait été un révolutionnaire et un pionnier de la pensée démocratique. A cause de Paul et du culte hiérarchique non juif qu’il développa, les vrais enseignements de Jésus furent enterrés et oubliés… Nous savions qu’ils étaient destinés à ressusciter… nous [avons] pu distinguer un fil ininterrompu, partant du meurtre de Sekenenrê Taâ... jusqu’à la destruction des esséniens et du Temple.

- Il… [reste] encore un gouffre de plus de mille ans  à combler » (jusqu’à l’apparition des templiers). Chris et Rob décident de poursuivre les recherches « en étudiant … ce qui [est] arrivé aux survivants de l’Eglise de Jérusalem après la destruction du Temple par les romains : il s’agit de voir comment celle-ci pourrait être reliée à l’Eglise Celtique ». Cette Eglise « avait exercé une très forte influence sur le développement de la société écossaise à cette époque ancienne… elle pouvait fort bien avoir eu quelque influence sur Robert Bruce et sa renaissance celtique qui coïncida avec la chute des templiers ».

 

(p 410-413) Voici quelques éléments de la conclusion de ce chapitre :

- « … l’hypothèse selon laquelle il y avait  eu deux Jésus-Christ [est] maintenant avérée… nous savons que celui qui mourut était Yahoshua ben Joseph - le roi des juifs - et son frère Jacques ou Yacov ben Joseph, était Jésus Barabbas - que l’on a qualifié de - fils de Dieu - ...». « ... le discours - longtemps perdu - que Jacques prononça sur le parvis des Gentils après la crucifixion de son frère... fut ultérieurement déformé par les chrétiens pour fonder près de deux mille ans d’antisémitisme ».

- « … la naissance de l’Eglise chrétienne n’[a] rien à voir avec Jésus. [Elle est] l’invention d’un étranger appelé Saül, et plus tard Paul… Ce [sont] Paul et ses partisans qui, incapables de comprendre le paradigme du pilier, [inventent] cette idée singulière et éminemment non juive de sainte Trinité, en voulant trouver une explication à ces concepts juifs qui leur [échappent] ».

- « L’utilisation des piliers et certaines descriptions présentant par exemple Jésus-Christ comme la - pierre angulaire -  fournissent des connexions puissantes avec la F.M.. ».

 

XIII. La résurrection

 

Les survivances de l’Eglise de Jérusalem - L’Eglise celtique...

 

(p 414-416) Quelques survivants auraient échappé à la guerre juive de 66-70 ; ils auraient transmis le message de Jésus à des régions étrangères, dont les îles britanniques, à partir d'Alexandrie (Egypte). Les qumraniens s'identifiaient aussi aux « ébionites » (ou « ébionim »), « les Pauvres » ; c'est également le nom d'une secte qui descend directement de l’Eglise de Jacques, dont les enseignements sont tenus « en haute estime » par les membres… les ébionites considèrent Jésus comme un grand maître et … un mortel (et non pas un dieu) ; des écrits montrent qu'ils détestent Paul, l'« ennemi de la vérité ». L’Eglise romaine ne différencie pas les nazôréens et les ébionites qu'ils accusent d'hérésie. « … tous les descendants de Jérusalem [pensent] que Jésus [est] un homme et non un dieu [exceptée] la branche paulinienne ».

- Selon Rob (auteur de cet ouvrage avec Chris) et les enseignements gallois reçus dans sa jeunesse, « le christianisme [serait] arrivé d'Alexandrie en Irlande via l'Espagne - peut-être dès l'an 200 - ... l'isolement de l'île par rapport à l'Europe romanisée [aurait permis] les développements d'un type distinct de christianisme ».

- Patrick [58] serait arrivé en Irlande en 432, puis aurait fait naufrage sur la côte nord d'Angleterre ; selon la légende, le saint arrive « sain et sauf au pays de Galles » où il construit l'église de Llanbadrig « pour remercier dieu de l'avoir sauvé… une autre église, plus récente, [est] dédiée à Patrick (Sant Patrig en gallois) dans la ville elle-même… Les écrits de Patrick ont survécu et le présentent comme un disciple de l' - hérésie arienne - » [Selon Arius (cf. Concile de Nicée page 106) : pas de croyance en l'Immaculée Conception,... Jésus est un mortel, pas un dieu,…]. La version catholique fait venir Patrick de Rome, ce qui n'est pas crédible et serait « une tentative typique de l’Eglise romaine pour récupérer un saint local… » et normaliser son histoire.

 

(p 416-417) Aux « … Vème et VIème s., les monastères irlandais [deviennent] de grands centres d'enseignement sous les auspices de l’Eglise celtique - et non de Rome - , et [envoient] des missionnaires comme les saints Columba, Iltut et Dubricius vers les quatre coins de l'Europe celtique ». L'« Irlande [vit] une époque dorée... [et], l'essentiel de l'Europe… un - âge des ténèbres - ... L’Eglise celtique se [répand] de l'Irlande au pays de Galles, à l'Ecosse et au Nord de l'Angleterre. Ses ermites et ses prêtres [construisent] de nombreuses petites églises dans les parties les plus sauvages de la Grande Bretagne occidentale… Comme Qumran, elles [sont] des avant-postes isolés dans des zones sauvages où les religieux [peuvent] affiner leurs vertus ».

 

(p 417-419) L'influence théologique des sumériens a déjà été évoquée ; il existerait « un noyau de la pensée celtique qui possède des affinités avec le judaïsme - et donc le christianisme de Jacques - , qui s'était développé à partir du pays de Sumer ; or dans la tradition celtique, il y [aurait] de fortes ressemblances avec la religion sumérienne... En s'entendant raconter l'histoire de Jésus, un roi celtique l'accepta d'emblée, parce qu'il dit que - cela faisait mille ans qu'ils connaissaient le christianisme ! - » (C. Matthews, The Elements of the Celtic Tradition.).

- Cependant, les considérations sur l'ADN de certaines communautés celtiques isolées actuelles (page 143) devraient être réexaminées à la lumière de l'ethno-anthropologie moderne (cf. note 1 de bas de page 417)

- « … se fondant avec… des croyances druidiques, la nouvelle religion finit par recouvrir l'Irlande, l'Ecosse, le pays de Galles et le Nord et le Sud-Ouest de l'Angleterre. L’Eglise celtique [diffère] du christianisme romain qui a balayé le reste de l'Europe. Elle ne [croit] pas : en l'Immaculée Conception, en la divinité de Jésus, que le N.T. [remplace] l'A.T., que le péché originel était inévitable, mais qu'il [peut] être racheté par la volonté individuelle et de bonnes actions ».

- « Au terme d'une controverse de  cinquante ans, l’Eglise romaine [absorbe] officiellement l’Eglise celtique au synode de Whitby, en 664. Mais le courant spirituel nazôréen sous-jacent [aurait continué] de couver sous la surface catholique... ». Cependant, la connexion très probable de l’Eglise celtique avec le mouvement nazôréen, ne peut « expliquer la pureté et le niveau de détail  que l'on retrouve dans les rituels de la F.M.. ».

 

(p 419) Rendant visite à une autre loge, Chris et Rob trouvent « un petit livre... vert »… relatif à la maçonnerie de Royal Arch, « une édition privée imprimée en 1915,... antérieure aux modifications du rituel de Holy Royal Arch (Sainte Arche Royale), sous la pression de la Grande Loge, à partir de sources extérieures à la maçonnerie ». Cet opuscule donne « le rituel originel... avant tous les changements et innovations récents, réalisés par des hommes qui n'avaient pas compris l'importance de la tradition qu'ils [retouchaient]… ce petit ouvrage ne [présente] rien moins que l'histoire complète et inaltérée de l'exhumation des manuscrits du Temple ».

 

(p 419-429 auxquelles on se reportera) Chris et Rob déroulent « l'histoire... » relatée dans le « petit livre vert ». On apprend que « la Première Loge ou Sainte Loge aurait été ouverte par Moïse, Aholiab et Bezaleel au pied du mont Horeb dans le désert du Sinaï ; la Seconde Loge ou Loge Sacrée... aurait été tenue par Salomon, roi d'Israël, Hiram roi de Tyr et Hiram Abif, dans les entrailles du mont Moriah… Apparemment, l'instant de la découverte [du] manuscrit contenant le texte de la Très Sainte Loi... était l'heure du grand midi, c. à d.  le moment précis où Sekenenrê Taâ achevait ses dévotions à Amon-Rê et où le soleil était sur son méridien… » C'est aussi la découverte d'« un petit autel de marbre pur... recouvert d'un voile dans sa partie supérieure… » où est gravé le Mot Sacré … celui que « nul n'était autorisé… à prononcer... sauf le Grand Prêtre,… une fois par an lorsqu'il pénétrait seul dans le Saint des Saints... ». Le mot explicité « Jah-Bul-On » [59] est traduit dans ce rituel par « Je suis et serai, Seigneur dans le Ciel, Père de tout » ; pour Chris et Rob, cette interprétation semble « totalement inepte »… - Jah-Bul-On - … [serait] simplement la suite des noms des trois grands dieux : celui des juifs, celui des Cananéens et celui des Egyptiens » (les interprétations de  Jah-Bul-On par le rituel Royal Arch et par les auteurs sont en note annexe [59]).

L'idée d'un dieu unique sous différents noms n'est pas exceptionnelle : elle est centrale dans la F.M..

 

- (p 428-429) Selon Chris et Rob, les f.m. ne seraient pas à l'origine de l'histoire confuse et complexe relatée dans ce rituel du Royal Arch. L'histoire serait parvenue sans que sa signification originelle ait été clairement expliquée. « Telle que l'histoire est présentée, on a l'impression d'avoir affaire à des juifs de Babylone fouillant les ruines du premier Temple… Mais il ne peut s'agir que du Temple d'Hérode… [car] le type d'arche décrit  au cours de la cérémonie - un assemblage de pierres… pour former une structure courbe supportant toute la  charge - était inconnu à l'époque de Zorobbabel… il est absolument certain que le cadre de l'histoire  reconstituée dans le rituel est le Temple d'Hérode, construit selon les principes de construction romains… Il faut bien remarquer la partie la plus importante de ce récit : pour avoir accès à la salle cachée, les maçons de passage mais - hautement qualifiés en architecture - , ôtent les clés de voûte d'un arc et passent en dessous sans étayer d'une quelconque manière le reste de l'arche… ce qui n'est pas l'attitude de maçons supposés - hautement qualifiés en architecture - », mais plutôt l'entreprise « d'une bande de chevaliers chercheurs de trésor, fouillant dans les salles souterraines sous les ruines du Temple d'Hérode ». La légende maçonnique du Royal Arch a-t-elle voulu préserver le récit de la découverte des manuscrits par les neuf chevaliers templiers ?

 

(p 429-430) En 1894, le lieutenant Charles Wilson dirige un groupe du Royal Enginers (Génie) ; ces militaires effectuent un excellent travail sous les ruines du Temple d'Hérode. Les chambres et passages qu'ils trouvent disposent souvent d'arcs à clé de voûte. Ils constatent également qu'ils ne sont pas les premiers visiteurs en trouvant des objets templiers abandonnés sept cent quarante ans plus tôt (cf. également page 53).

- Pour Chris et Rob, l'hypothèse templière est maintenant une quasi-certitude. Néanmoins, il manque « la preuve formelle que c'étaient bien les neuf chevaliers templiers conduits pat Hugues de Payns qui avaient découvert les manuscrits ».

 

Le manuscrit de la « Jérusalem céleste » - Symboles maçonniques -                                     

 (p 430-433) « Vers 1119, Hugues de Payns et son petit groupe d'archéologues primitifs [ouvrent] une voûte sous les décombres du Temple d'Hérode et [trouvent] les manuscrits secrets de la communauté de Qumran... ces chevaliers [sont] totalement illettrés… Mais… Ils [savent] qu'ils [ont] trouvé quelque chose de très important… Ils [décident] de les faire traduire » par un homme de confiance, le chanoine Lambert, un érudit du chapitre de Notre Dame de Saint-Omer. C'est Geoffroy de Saint-Omer (Godefridus de Sancto Andemardo), le second de l'Ordre, qui serait parti avec « quelques manuscrits... pour le long voyage de retour vers sa ville d'origine ».

- Lambert serait « l'homme le plus sage et le plus érudit… Il [a] passé de nombreuses années à compiler une encyclopédie de la connaissance humaine... Aujourd'hui, l'un des travaux les plus célèbres de Lambert de Saint-Omer est sa copie réalisée à la hâte d'un dessin représentant la Jérusaleme céleste (La copie de Lambert serait aujourd'hui   à la Bibliothèque universitaire de Gand). Cette illustration montre que les deux piliers de la cité céleste sont tous les deux appelés - Jacob - , et qu'apparemment le fondateur fut Jean le Baptiste. On ne voit pas la moindre mention de Jésus dans ce document prétendument chrétien. Ce n'est donc pas une image ordinaire »  … Chris et Rob pensent « qu'elle n'a pu venir que d'un seul endroit : les caveaux du Temple d'Hérode.

 

(p 433-435) « Le symbolisme que l'on retrouve sur cette gravure est maçonnique à l'extrême et confirme que Jacques était simultanément les deux piliers des nazôréens… Le document précède de plus de cinq cent ans la première utilisation officielle du symbole maçonnique de l'équerre et du compas ».

- (Se reporter aux illustrations pages 346-347) « L'illustration montre les trois énormes équerres plantées de manière incongrue dans les balcons. Les compas corrélatifs sont directement au-dessus dans le sommet de chaque tour. Ces trois tours se trouvent sous les piliers jumeaux de Jacques, indiquant leur situation subordonnée… celle de droite est identifiée à André (Andreas) et celle du centre à Pierre (Petrus) » ; celle de gauche n'est pas identifiée. « … ce manuscrit confirme… que Jacques fut le chef de l’Eglise de Jérusalem et que Pierre fut une personnalité… subalterne », en contradiction de « l’Eglise catholique qui prétend être la descendant directe de l'autorité de Jésus par l'intermédiaire de Pierre ».

- « L'agencement des trois tours, avec leurs équerres et compas, est en totale harmonie avec la F.M. moderne, en ce sens qu'elles représentent trois figures clés d'une loge maçonnique : le Vénérable et ses deux Surveillants qui symbolisent le soleil (Rê), la lune (Thot) et le Maître de la loge ». Chris et Rob font un autre rapprochement avec le rituel maçonnique auquel on peut se reporter page 435 « … qu'est-ce que le centre ? » Etc.

Ces symboles maçonniques avaient du être utilisé par l’Eglise de Jérusalem. Le document original daterait de la période « des dix-neuf années séparant la crucifixion de Jésus de la lapidation de son frère » (cf. page 434).

 

(p 436-437) « … le concept de Jérusalem céleste ou de nouvelle Jérusalem [apparaît] dans les manuscrits exhumés de cinq grottes différentes de Qumran. Tous se [fondent] sur les visions d'Ezéchiel qui décrivent la nouvelle cité en détail, avec ses mille cinq cent tours, toutes de cent pieds de haut ».

- « En maçonnerie, une « planche à tracer... est une compilation visuelle des thèmes de l'Ordre ». La planche à tracer du degré de Royal Arch tourne totalement autour de la fouille des ruines du Temple… (cf. illustration page 437 et descriptif complet de la planche à tracer page 436).

- Selon Chris et Rob, le manuscrit de la Jérusalemen céleste et l'histoire corrélative dans le degré de Royal Arch confirment « que les templiers avaient trouvé les secrets de leur Ordre, inscrits sur les rouleaux dissimulés par les nazôréens et qu'ils exécutaient des cérémonies d'initiation fondées sur une résurrection - vivante - , à l'instar de Jésus jadis ».

 

L'impact des manuscrits nazôréens - Un siècle de construction de Cathédrales, d’abbayes...

 

(p 438-439) « … l’Ordre fondé en 1118 par Hugues de Payns… [devient en quelques décennies] l’une des forces les plus puissantes de la chrétienté...  A partir de  1170,… quelque chose de tout à fait extraordinaire [survient] en France… ». « ... en un seul siècle, pas moins de quatre-vingts cathédrales et presque cinq cents abbayes [sont] construites dans la seule France[engageant] plus de travaux de maçonnerie et de matières premières qu’il n’y en eut jamais dans toute l’histoire de l’ancienne Egypte ! » (C. Frayling, Strange Landscape).

- « Sur les chantiers de ces édifices et sur d’autres dans tout le pays, les maçons étaient dirigés par les chevaliers templiers[qui présentent] leur mission comme la volonté de - reconstruire Jérusalem - selon un nouveau et glorieux style architectural, mariant piliers, tours et flèches s’élançant vers le ciel... La cathédrale de Chartres est un exemple classique de ces superbâtiments... ».

- Ainsi, les templiers seraient devenus « les maîtres architectes d’une  Jérusalem céleste dans leur pays d’origine ». Dans « … les caveaux du Temple de Jérusalem, les neuf chevaliers avaient retrouvé les instructions cachées là par les nazoréens juste avant d’échouer dans leur propre entreprise d’édification du Paradis sur terre.... Les templiers auraient repris pour leurs propres buts initiatiques les anciens secrets maçonniques spéculatifs inspirés par le Ma’at de Jésus et Jacques, et se seraient efforcés d’offrir au monde un suprême degré de maçonnerie opérative. La résurrection battait son plein !… Grâce à la découverte [des manuscrits], les templiers étaient devenus des maîtres tant en maçonnerie spéculative qu’en maçonnerie opérative  » [60] .

- Chris et Rob veulent « comprendre maintenant comment une survivance de [l’Ordre du Temple s’est] transformée pour finalement donner la F.M. moderne ».

 

(p 439-440) Dans la conclusion de ce chapitre nous retenons que :

- L’Eglise celtique rejette notamment les dogmes  de « l’Immaculée Conception et la divinité de Jésus » ; elle a été absorbée par l’Eglise romaine au milieu du VIIème s., mais il semble « qu’une bonne partie de la vieille pensée avait survécu sous une forme souterraine. Celle-ci devait rendre l’Ecosse particulièrement réceptive à la pensée nazôtéenne que les templiers apportèrent avec eux ultérieurement ».

- La légende maçonnique avait conservé l’histoire de la découverte des manuscrits par les premiers templiers. La Jérusalem Céleste de Lambert - du chapitre de Notre Dame de Saint Omer - serait une copie de l’un de ces manuscrits ; elle révèle l’utilisation flagrante de l’équerre et du compas ; elle confirme que Jacques constitue les deux piliers centraux de la nouvelle Jérusalem.

XIV. La  Vérité éclate

 

La prophétie devient réalité - Bereshit Rabbati - L’Inquisition -

 

(p 441-443) Dans la littérature post-guerre juive de 66-70, - Bereshit Rabbati – est une croyance selon laquelle « la puissance de la prophétie reviendrait en Israël en 1210, et, peu après, le Messie réapparaîtrait de sa cachette dans la Grande Mer de Rome » (lettre de Malmonide aux juifs du Yémen). C’est ce qui semble se produire...

- En 1244, trente quatre ans après ce retour théorique, c’est la naissance de Jacques de Molay… qui rejoint les Chevaliers du Temple à vingt et un ans (c’est le plus jeune âge possible). Il devient le Maître du Temple en Angleterre avant d’être fait Grand Maréchal (responsable du commandement militaire de l’Ordre). Quand Thibaut (ou Tibald) Gaudin, le Grand Maître des templiers meurt en 1292, Jacques de Molay est élu à ce poste - le plus haut de l’Ordre - .

- A cette époque, les mamelouks musulmans se sont emparés d’Acre et le royaume chrétien de Jérusalem est vers sa fin. Cent soixante quatorze ans après la la création de l’Ordre, Molay dirige encore « la force la plus puissante de la chrétienté, rivalisant avec le Vatican ». L’Ordre possède des propriétés dans toute l’Europe, une excellente armée  avec une flotte de combat, une compagnie commerciale et bancaire internationale... « L’Ordre avait accru sa richesse et son influence à une vitesse trop remarquable apparemment pour être le simple résultat d’une croissance organique... Les premiers templiers durent trouver l’or, l’argent et les autres trésors enterrés par les juifs pendant la guerre de 66-70... et ne le révélèrent pas… ».

- Molay réimpose « la pleine observance de toutes les règles et [réclame] une discipline absolue au sein de l’Ordre. Totalement illettré lui-même, il interdit aux autres chevaliers de perdre leur temps à lire, préférant laisser de telles tâches aux clercs ». L’Ordre est francophone et fait directement ses rapports au pape.

 

(p 443-446) Le roi Philippe IV, dit le Bel, est orgueilleux et ambitieux ; il cherche à manipuler à son profit, mais en vain, le pape Boniface VIII (Le roi veut prélever des taxes sur l’Eglise française). Une épreuve de force s’engage ; elle se termine par la mort de Boniface VIII, quelques semaines après que Guillaume de Nogaret et son équipe l’aient molesté (le 8 septembre 1303). Le nouveau pape, Benoit XI, ne cède pas plus aux pressions du roi ; il meurt empoisonné sur l’ordre de Philippe le Bel. Le roi « choisit » alors Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux, un homme ambitieux qui devient le pape Clément V. En 1305, « A peine solvable, Philippe [lève] immédiatement un impôt, la décime, sur les importants revenus du clergé français. Quatre ans plus tard, le pape marionnette [transfère] le siège du pouvoir du Vatican à Avignon, situation qui perdurera pendant les trois quarts de siècle suivants ». Philippe le Bel dispose désormais du pouvoir qu’il désire.

- Philippe le Bel a besoin d’argent. Guillaume de Nogaret, « l’éternelle âme damnée du roi » planifie soigneusement et avec habileté l’arrestation de tous les juifs (22 juillet 1306) qui sont « envoyés en exil - naturellement sans leurs propriétés qui [sont] immédiatement transférées à la Couronne ».

- Philippe le Bel, roi cupide, tourne son attention vers les richesses des templiers… Il ne peut cependant « espérer s’en tirer par un acte de piraterie… contre un ordre aussi élevé… Les chevaliers templiers ne [répondent] à personne en dehors du pape et ils se [trouvent] au-dessus des lois des différents pays… Malheureusement, le caractère très secret de leurs pratiques [permet] de donner efficacement une apparence de crédibilité aux fausses accusations... De faux témoins [dénoncent] des histoires d’actes vils et le roi… [se sent] – obligé – d’informer le pape de cette situation grave ».

 

(p 446-450) D’autre part, le pape aurait « dans l’idée de fusionner les chevaliers du Temple de Salomon et les chevaliers de l’Hôpital de Saint Jean de Jérusalem en un ordre unique qui serait appelé les - Chevaliers de Jérusalem - »… alors qu’il existe une rivalité entre ces deux ordres et que le pape avait déclaré sa préférence en faveur des hospitaliers qu’il voulait voir prendre le rôle majeur.

- Molay invité à une rencontre, prend « la précaution d’amener un document… en faveur de l’indépendance de son Ordre » et se rend à Paris où il est « accueilli avec tous le honneurs  par le roi… Mais… il [commence]  à entendre toutes les rumeurs qui se [répandent] sur les - méfaits - des templiers ».

« … l’année précédente, Nogaret avait eu  une excellent expérience d’arrestations de masse simultanées, en capturant l’intégralité de la communauté juive ». Suivant ce principe, « quelque quinze mille templiers » sont arrêtés le vendredi 13 octobre 1307. « Le principal faux témoin [est] Esquin (ou Esquieu) de Floyran (ou de Floixan, ou encore Squin de Flexian… cette dernière dénomination est donnée par le chroniqueur florentin Giovanni Villani) ; il avait été expulsé de l’Ordre et incarcéré pour hérésie et autres délits… il fournit des - preuves - contre l’Ordre en échange de sa grâce et de sa libération de prison. L’inquisition [reçoit] l’ordre d’extraire toutes les confessions [61] et de n’épargner aucune torture pour atteindre cet objectif ». Le public « fut horrifié quand il entendit que les templiers… admettaient avoir renié Dieu, le Christ et la Vierge Marie… A la lumière des connaissances actuelles, il est aisé d’écarter ces accusations inventées… et sorties tout droit de l’imagination des accusateurs ».

(p 451-453)  De nombreux pays mettent peu de zèle à appliquer les ordonnances papales contre l’Ordre. Le Portugal, l’Irlande, l’Ecosse et l’Angleterre n’exécuteront pas cette instruction avec joie. « En juin 1311, l’Inquisition installée en Angleterre [obtient] quelques informations très intéressantes... » ; des templiers importants témoignent de propos tels que : « Jésus n’était pas un dieu, mais un simple mortel » et qu’ils devaient croire au « grand Dieu tout-puissant, qui fut l’architecte du ciel et de la terre, et non en la crucifixion » (on trouvera plus de précisions page 451). Selon les spécialistes, « ces affirmations... ne correspondent à aucune croyance théologique de l’époque, même pas à celles de sectes hérétiques comme les cathares ». Les propos rapportés expriment une conception provenant « des vrais enseignements de Jésus,... conception antérieure au culte paulinien de la - crucifixion - ... Dans l’Eglise de Jacques,... la crucifixion était considérée comme un puissant symbole de - loyauté jusque dans la mort - à l’image de Hiram Abif et rien de plus ».

- Les templiers détenaient « leur connaissance spéciale qu’ils ne délivraient qu’au sein de leur Ordre et [exécutaient] leurs propres cérémonies secrètes qu’ils considéraient, à l’instar des f.m. modernes, comme complémentaires de leur foi chrétienne. Les chevaliers templiers furent trahis par une Eglise et un pape qu’ils avaient bien servis ».

 

La crucifixion de Jacques de Molay

 

(p 453-458) « Le Grand Inquisiteur de France, Guillaume Imbert  s’investit personnellement dans l’extraction de la confession du - plus grand hérétique de tous - : Jacques de Molay » qui est vraisemblablement « horriblement torturé » ; ce puissant guerrier s’effondre et confesse des crimes qu’il n’a pas commis. Ainsi, c’est « un prêtre [qui torture] une autre prêtre... ».

- Selon Chris et Rob, Imbert aurait infligé au Grand Maître une crucifixion en suivant le « scénario » des Evangiles et de la Passion du Christ. « Endurant cette même agonie abominable qui fit momentanément perdre sa foi à Jésus quelque mille deux cent quatre-vingts ans plus tôt, Jacques de Molay se confesse immédiatement sur la croix. Il est descendu de son supplice ». Imbert aurait fait « mettre Jacques de Molays sur le linceul même que le Grand Maître utilisait pour parodier le Messie… Les tortionnaires... rabattent [la toile] sur le corps de Molay pour le recouvrir totalement ». On peut imaginer que « Imbert suggère [à Jacques de Molay] à peine conscient d’essayer de se relever tout seul, s’il se croit aussi important que le vrai Christ ! ».

 

*

*    *

(p 458) L’Inquisition aurait reçu l’ordre strict de ne pas tuer le Grand maître des templiers. Jacques de Molay sera soigné par la famille de Charnay, ainsi que le précepteur Geoffroy de Charnay (de Charney ou de Cernay) qui a subi lui aussi la question. Ils rétracteront publiquement leurs aveux et mourront ensemble sept ans plus tard, « lentement brûlés sur des charbons ardents... ».  

 

La preuve physique - « Le Linceul de Turin » - La fin des « âges sombres » -

 

(p 458-461) « Le linceul… utilisé pour envelopper le corps blessé du grand Maître  recouvrait encore Molay lorsque celui-ci voyagea jusqu’à la demeure de Geoffroy de Charnay. Là le tissu fut lavé, plié et rangé…. En 1357, cette pièce de lin de  quatorze pieds de long fut sortie… et exposée publiquement à Livey ». Pourquoi ce tissu pouvait-il intéresser le public ?

- « A cause du traumatisme de la crucifixion, le corps de Jacques de Molay avait  - peint - l’image de sa souffrance sur son propre linceul - maçonnique - ». « … de la sueur mêlée à du sang riche en acide lactique… s’étaient répandus librement autour de son corps en tachant le tissu qui l’enveloppait… Les traits du corps de Molay s’étaient imprimés sur le tissu en raison d’une réaction chimique : l’acide lactique s’étant échappé … du corps pour imprégner le linceul avait réagi au contact de l’encens utilisé comme agent blanchissant et qui était, lui, riche en carbonate de calcium... l’image sur le linceul était remarquablement claire… » et s’accordait « parfaitement avec l’image connue du dernier Grand Maître... ».

- « Les premières personnes qui virent le linceul ainsi marqué… pensèrent qu’elles contemplaient Jésus. Aujourd’hui, cette pièce de tissu s’appelle … le Linceul de Turin ». Alors que bien des personnes recherchent les origines du Linceul, celui-ci n’est « qu’une pièce de puzzle comme une autre qui aide à compléter le tableau » réalisé par Chris et Rob « dans leur enquête pour retrouver Hiram ».

- En 1994, le Vatican autorise des expertises du linceul (carbone 14) ; « ces analyses [montrent] que la matière du Linceul ne peut être antérieure à 1260… Très étrangement, les résultats des analyses… furent publiés un 13 octobre, la date même de l’arrestation de Molay… !... Le Vatican a toujours nié que le Linceul de Turin soit une sainte relique parce que lEglise connaît sa véritable  origine... ».

 

(p 461-462) Pendant les trois premiers siècles apJC, l’Empire romain ne cesse de perdre son pouvoir politique, jusqu’à ce que l’empereur Constantin mette en place une nouvelle organisation : « … le peuple… [est] utilisé  comme producteur de biens et de richesse en temps de paix et fournit la soldatesque en temps de guerre. En récompense de leurs petites vies tristes et ignorantes, on leur [promet] la résurrection et une après-vie merveilleuse ».

- Sous l’influence de Paul (60 apJC), « le verseur de mensonges », et, après le Concile de Nicée (organisé par Constantin en 325 apJC), « L’Eglise de Rome [fait] de la foi aveugle une vertu… elle étiquette - gnostique - … la littérature chrétienne qui... [permet à]... l’individu d’accéder à la connaissance… et elle [fait] de - gnostique - un synonyme de - mal - . Or - gnostique - vient... du grec signifiant - connaissance - . Ce n’est pas une coïncidence si la période à laquelle on fait traditionnellement référence sous le nom d’- âges sombres - correspond au laps de temps séparant la naissance de l’Eglise romaine de la crucifixion de Jacques de Molay ! ».

Le message se répand - Le voyage vers La Merica -

 

(p 462-466) Le vendredi 13 octobre 1307, de nombreux templiers échapperaient « aux mailles du filet ». Les gardes venus arrêter  la flotte templière amarrée à La Rochelle, trouvent les quais vides. « … on ne [reverra] plus jamais les navires de l’Ordre, il n’en [ira] pas de même de leur pavillon de combat, le crâne et les os croisés ».

- « … il existe... maintes histoires de navires templiers se rendant en Ecosse et au Portugal,… - deux refuges - ». Il est probable que des templiers repartent du Portugal après s’être approvisionnés, mettent « le cap plein ouest, suivant ce que l’on appelle aujourd’hui le quarante-deuxième parallèle… [pour] atteindre cette terre marquée par l’étoile qu’ils connaissent grâce aux manuscrits nazôréens et qui [est] appelée Merica ».- « Il est pratiquement certain qu’ils [débarquent]... dans le   Nouveau Monde,... [en fait] dans le secteur de la presqu’île  du cap Cod ou  de Rhode Island dans la future Nouvelle Angleterre dans les premières semaines de 1308,... presque un siècle et demi avant… la naissance de Christophe Colomb...

-  A Westford, petite ville du Massachusetts, un chevalier  aujourd’hui célèbre est gravé « par une série de trous percés sur une paroi rocheuse… Il est coiffé d’un heaume et porte l’habit d’un ordre militaire,… le pommeau de l’épée reproduit le style de celui d’un chevalier européen du XIVème s….le plus fascinant est l’écu du personnage... [qui]... représente un unique vaisseau médiéval faisant voile vers l’ouest… vers une étoile ».

- « A Newport (Rhode island) , on rencontre… une… tour construite dans le style des églises rondes templières… Sa datation [la] situe… en plein dans le siècle qui vit disparaître la flotte templière, [et]… sur une carte européenne de 1524,… le navigateur... Giovanni da Verzano marque l’emplacement de la tour... et la mentionne comme une - villa romaine - existante ».

- « La chapelle de Rosslyn (évoquée à la fin du chapitre V)[est] un lieu où les templiers se réunirent après l’attaque du roi Philippe le Bel et du pape ». Comme Chris et Rob l’ont montré,… « les épis de maïs (maïs indien) et d’aloès sont gravés dans la pierre en guise de motifs décoratifs… deux plantes dont les écossais  ne pouvaient avoir connaissance… [sauf] si les hommes qui dirigèrent les maçons de la chapelle de Rosslyn avaient visité l’Amérique au moins un quart de siècle avant Colomb ».

- Le chevalier de Westford, et la tour de Newport sont bien « d’authentiques vestiges templiers sur le territoire des Etats Unis d’Amérique ».

 

Le pays de l’étoile appelée La Merica

 

(p 466-467) On pourra se référer au livre afin de voir pourquoi le continent américain a bien emprunté son nom à l’étoile de l’Est appelée Merica (« l’étoile qui selon les nazôréens, marquait l’emplacement d’une terre parfaite de l’autre côté de l’océan du  soleil couchant ») et, non pas à « l’explorateur - amateur - » Amerigo Vespucci… L’erreur vient d’un certain Waldseemüller, erreur propagée rapidement et largement car « il dirigeait une petite équipe qui avait accès à une presse d’imprimerie ». Waldseemüller rétractera « publiquement son affirmation selon laquelle Amerigo Vespucci [aurait] découvert le Nouveau Monde… le mythe accidentel de Vespucci [ferait] partie du folklore culturel dans le système éducatif américain ». Ce serait « un exemple classique d’Histoire (pour paraphraser Henri Ford) qui - ment - … ceux qui désirent réellement comprendre l’Amérique et les forces qui créèrent les Etats Unis modernes ont besoin de suivre la chaîne de l’évolution de la pensée nazôréenne ».

(p 469-470) Retenons dans la conclusion de ce chapitre que :

- « L’attaque contre l’Ordre templier par un roi cupide et sans grande envergure se [révèle] être le premier pas vital dans un long processus d’émancipation : en se libérant du principe en vigueur de castration intellectuelle, exercée par le Vatican, le monde chrétien allait pouvoir construire une civilisation fondée sur le désir de connaissance et la reconnaissance de la valeur de l’individu. Cette évolution de l’autocratie vers la démocratie en matière de gouvernement et de l’aristocratie vers la méritocratie en matière de structure sociale, dans un contexte de tolérance théologique,  n’a nulle part été aussi ostensiblement recherchée - et en partie réalisées - qu’aux Etats Unis d’Amérique (America) ».

 

XV. La  redécouverte des manuscrits perdus

 

 (p 471-472) « Pourquoi les Etats-Unis d’Amérique existent-ils ? ». Comment les USA ont-ils pu « devenir en moins de deux siècles [62] le cœur de la culture mondiale et la nation la plus puissante du monde » ?

 

- Voici un extrait du discours d’adieu de George Washington, premier président des USA élu en 1789 et f.m. de longue date : «  Etre juste et de bonne foi vis-à-vis de toutes les nations ; cultiver la paix et l’harmonie à l’égard de tous. La religion et la morale nous enjoignent d’adopter cette conduite, et la bonne politique n’en fait-elle pas autant ? Il sera digne d’une nation libre, instruite et, à brève échéance, grande, de donner à l’humanité l’exemple magnanime mais aussi inédit d’un peuple toujours guidé par un haut sentiment de justice et de générosité » (W.M. Thayer, George Washington).

- Ces parole « rappellent étrangement les enseignement… de Jésus, évoquant - la liberté,… l’instruction,… la paix,… la bonne foi,… la justice,… la générosité -  … construire une - grande nation - et relier religion et morale ». Mais évoquer la présence templière sur la côte Est des USA « n’explique pas comment cet ordre français… pourrait avoir influencé les principes fondateurs de cette nation ».

 

(p 472-474) « .. de nombreux templiers s’établirent en Ecosse après la chute de leur Ordre… quantité de preuves sont encore visibles aujourd’hui. L’église de Kilmartin, près du Loch Awe (comté d’Argyll) abrite de nombreuses sépultures templières… également dans le cimetière nombre de tombes maçonniques ». Chris et Rob trouvent  d’autres sépultures templières ou maçonniques [63] dans les environs : « … un contingent assez important de templiers [se serait] réfugié dans le comté d’Argyll… au début du XIVème s. ».

- « Au début du XIVéme s. les templiers possédaient de nombreux domaines en Ecosses et le peuple écossais leur manifestait beaucoup d’affection et de respect ». Dans « ce secteur de l’Ecosse », cette présence sera renforcée par le mariage de Hugues de Payns avec Catherine de Saint Clair . « En fait, la première commanderie templière hors de terre sainte [sera] construite sur les terres de Saint Clair en un lieu au sud d’Edimbourg appelé aujourd’hui Temple  » [64] .

 

Le refuge écossais - William Wallace, Robert Ier Bruce -

 

(p 474-475) « En 1286, la mort du roi Alexandre III [marque] la fin de la lignée des rois celtiques (d'Ecosse)… Les luttes internes [affaiblissent] le pays et le roi Edouard Ier d'Angleterre [profite] de la situation : il [accorde] son soutien à John Balliol, l'un des prétendants au trône… pour… prendre la Couronne écossaise [mais demande] que Balliol devienne un vassal du roi d'Angleterre… Balliol [est] un roi impopulaire... » ; il sera destitué et partira en exil en France. «... le roi d'Angleterre [prend]… directement le contrôle de l'Ecosse... il emporte le symbole de l'indépendance écossaise : l'ancienne - Pierre de la Destinée - , également connue sous le nom de - Pierre de Scone  - [65] , … petit bloc rectangulaire… sur lequel les rois d'Ecosse ont longtemps été couronnés... ». Les écossais seront « lourdement opprimés » par l' « autorité dictatoriale » du roi d'Angleterre.

 

(p 476-478) Le nationalisme écossais ressurgit rapidement. Le noble William Wallace venge le meurtre de sa femme en mai 1297 en assassinant le shérif de Lanark ; Wallace reçoit le soutien du peuple ; « le soulèvement populaire [prend] une telle ampleur qu'il aboutit à une véritable bataille face aux troupes anglaise »… qui sont défaites à Stirling Bridge le 11 sept. 1297.

- Après avoir fait la paix avec les français, l'année suivante, Edouard Ier bat Wallace à Linlithgow ; Wallace s'échappe et obtiendrait les soutiens de Philippe le Bel, du pape Clément V, et surtout, de la famille Moray, continuellement liée aux templiers et à la F.M.. « une bataille  entre les écossais et les anglais à Roslin, en 1303, [est] remportée [par Wallace] avec le concours des chevaliers templiers, emmenés par un St Clair ». Wallace demeure un hors-la-loi pendant sept ans. Il est finalement trahi, emmené à Londres, torturé et exécuté… en 1305.

- « Pendant cette période de troubles, deux écossais [ont] une prétention… au trône : Robert Bruce, huitième comte de Carrick, et John Comyn ». Robert est un homme ambitieux qui doit manœuvrer contre Comyn, favori du pape et apprécié du roi Edouard Ier. « Il sait qu'il [existe] une résurgence celtique balbutiante ». Bruce insulte publiquement le pape et le roi, tout en « levant l'étendard de guerre de la renaissance celtique » et, assassine Comyn « le collabo »… « Le 10 févr. 1305, le pape répond en annonçant l'excommunication de Robert Bruce ». Néanmoins, « treize mois plus tard, Bruce, fort du soutien total des seigneurs celtiques, était couronné roi d'Ecosse par la comtesse Buchan à Scone... ».

 

(p 478-480) « Telle [est]… la situation en Ecosse quand une partie de la flotte templière prend la direction d'Argyl et de Firth of Forth... » (Estuaire de la Forth, au fond duquel se trouve Edimbourg). «… l'excommunication de Robert Bruce et les liens anciens de la famille St Clair avec Rosslyn… »… font que l'Ecosse est un des rares lieux où le pape ne peut  atteindre les templiers.

- Edouard Ier décède ; Edouard II sont fils se retire en Angleterre, laissant Robert Ier Bruce s'occuper de ses ennemis en Ecosse. Après bien des revers, Bruce reconquiert son royaume sur l'Angleterre ; son plus grand triomphe est la bataille de Bannochburn, le 24 juin 1314. L'année même où Jacques de Molay et Geoffroy de Charnay sont brûlés vifs à Paris, sir William St Clair, Grand Maître des templiers, aurait emmené la force templière à la bataille de Bannochburn [66] où il assure la victoire des écossais  et instaure l'indépendance du royaume de Bruce. Les combats cessent en 1328 quand l'Angleterre reconnaît l'Ecosse comme une nation libre.

 

(p 480-482) Les templiers ont « une relation symbiotique avec le roi d'Ecosse » ; ils sont en sécurité et offrent leur talents de stratèges et de guerriers à la couronne écossaise. Mais l'excommunication est un danger, car tout souverain chrétien est libre d'entreprendre une croisade contre l'Ecosse considérée comme une terre païenne.

- En 1317, le pape Jean XXII tente d'imposer une trêve aux anglais et aux écossais, mais les écossais continuent à guerroyer… En 1320, le pape rend une nouvelle sentence d'excommunication contre Bruce, James (le Noir) Douglas et le comte de Moray. En réponse, « le 6 avril 1320,... les barons écossais publient la déclaration d'Arbroath... » (les signataires de cette lettre extraordinaire sont huit comtes et trente et un autres nobles écossais). On peut se reporter aux extraits cités dans le livre ; cette déclaration concerne Robert Bruce, roi d'Ecosse et donne en même temps la définition de la royauté. « Les principaux lords d'Ecosse [sont] templiers ou des parents de templiers. Il n'est donc pas surprenant que le mode de pensée - nazôréen - soit présent dans ce document inhabituellement démocratique, qui donne une image du roi plus présidentielle que royale ».

- « En Angleterre, cent ans avant la déclaration d'Arbroath, la Magna Carta (Grande Charte) fut signée par le roi Jean sous la pression d'un groupe de seigneurs parmi lesquels on comptait des templiers ». C'est un « document de la Constitution anglaise qui peut être vaguement comparé à la déclaration des Droits (Bill of Rights) des USA - document … totalement d'inspiration maçonnique » (voir plus loin).

- Quand « le sujet du pouvoir populaire ou  de la volonté du peuple » apparaît dans l'histoire occidentale, « il est… symptomatique que la pensée nazôréo-templaro-maçonnique soit présente en de nombreuses occasions… ».

 

(p 482-483) « En octobre 1328,... le pape Jean XXII [lève] la sentence d'excommunication qui [frappe] Robert Ier ». Le 3 juin 1329, Robert Ier décède. Son fils David II lui succède ; il n'a que cinq ans. Lord Randolph, oncle du comte de Moray est désigné comme régent.

- Robert Ier aurait fait vœu « de voir, après sa mort, son cœur placé dans une cassette, emporté à Jérusalem et enterré dans l'église du Saint-Sépulcre ». Ce serait en accomplissant ce vœu que sir William de St Clair et sir James Douglas sont tués en route lors d'un combat… Le cœur de Bruce sera finalement  enterré dans l'abbaye de Melrose ; sir William sera inhumé  à Rosslyn.

- « … l'Ecosse fait de nouveau... partie de la chrétienté … ». « … dans la mesure où le Vatican [peut] poursuivre ses ennemis dans toute l'Europe... les templiers se [dissimulent]… en devenant une société secrète ». Lord Randolph, le régent, est un membre de la famille templière Moray, ce qui permet de « planifier l'avenir de l'organisation qui a déjà remplacé l'Ordre condamné. [Les templier peuvent ainsi] conserver les grands secrets dont ils ont la garde ».

 

Retour à Rosslyn

 

(p 483-486) La chapelle de Rosslyn (vue au chapitre IV) a été construite par William St Clair (1440-1490). Cette construction a été d'une grande importance pour les recherches de Chris et Rob qui reviennent sur ces lieux, quatre ans après leur première visite. La chapelle de Rosslyn  fournirait l'interface entre les templiers et la F.M..

- « La chapelle de Rosslyn [exsude] une sensation de spiritualité vivante, l'impression d'être là ici et maintenant tout en étant plongé dans un passé infini… une chaude sensation qui s'empare de vous... ».

- Chris et Rob rencontrent dans la chapelle, une femme pasteur, la révérende Janet Dyer ; elle évoque les cactus aloès et maïs  sculptés dans la pierre… et fait « allusion à un élément attesté par des documents : le prince Henry de Sinclair (autre orthographe ultérieure de Saint Clair), le premier Jarl (comte, en anglais earl) Saint Clair des Orcades (Orkneys) avait, grâce à l'argent des templiers, armé une flotte de douze navires pour un voyage vers le - Nouveau Monde - . Sous le commandement d'Antonio Zeno, la flotte avait débarqué en Nova Scotia (Nouvelle Ecosse) et exploré avant 1400, la côte orientale de ce qui est devenu les USA. La date est certaine car Henry Sinclair [est] assassiné à son retour cette année là … La famille Sinclair raconte que [le] chevalier James Gun était mort dans les Amériques… L'image du chevalier médiéval que l'on voit à Westford (Massachusetts) est, prétend-elle, sa pierre tombale ». Chris et Rob trouveront « des éléments soutenant cette affirmation dans la crypte sous la chapelle... ».

 

(p 487-489) Dans la chapelle, Chris et Rob découvrent des « colonnes non encastrées ; il y en a quatorze au total. Douze ont la même forme et deux - les plus à l'Est - … assez splendides. Le pilier de gauche (en regardant l'orient) est connu sous le nom de - pilier du Maçon - … ouvrage d'une grande élégance. Le pilier droit est… différent. Appelé - pilier de l'Apprenti - , il est somptueusement décoré... ». La reconstitution du passé permet de comprendre : « Le pilier dit - du Maçon - est en fait une restitution du pilier sacerdotal appelé Jakin chez les f.m. et Tsedeq chez les nazôréens, quant au pilier dit - de l'Apprenti - , c'est le pilier Boaz des maçons, représentant le pouvoir de Mishpat ».

- « En haut de l'angle où les murs Sud et Ouest se rencontrent, au niveau de l'orgue Hamilton, on aperçoit une tête [avec] un sévère coup à la tempe droite et dans l'angle opposé du mur occidental, on a la tête de l'homme qui l'assassina… L'histoire... admise raconte qu'il s'agit  de la tête d'un apprenti assassiné et que la tête dans l'angle opposé est celle de son maître qui l'a tué »… par jalousie, car cet apprenti aurait conçu et réalisé tout seul le pilier royal qu'on peut admirer aujourd'hui. « Cette histoire ressemble à une version déformée de la légende maçonnique d'Hiram ». «... c'est William St Clair qui dirigea… la construction… [et] supervisa… les moindres détails de l'ouvrage… [il] fit venir d'Europe les plus habiles maçons… » qu'il logea et paya « une très belle somme ». Il est très improbable qu'« un simple apprenti  ait été en mesure de produire la pièce maîtresse de tout l'édifice... Les gardiens actuels de la chapelle de Rosslyn… ignorent [que] la tête faisant face au Nord-Est est une représentation de Sekennenrê Taâ, le dernier vrai roi d'Egypte » [67] .

 

Que la lumière soit - Rosslyn, un sanctuaire, pas une chapelle -

 

(p 489-491) Force est de constater que la « chapelle de Rosslyn [n'est] pas construite comme un lieu de culte chrétien ». « Plus [on regarde] le décor, plus ce fait [devient] évident. Le symbolisme est égyptien, celte, juif, templier et maçonnique à profusion… Les seuls véritables motifs chrétiens viennent des modifications victoriennes ultérieures : les vitraux, le baptistère… et une statue de Madone à l'enfant ». Pourtant, une frise montre une crucifixion, mais bien des détails prouvent qu'il s'agirait du « martyre du dernier Grand Maître des chevaliers templiers, Jacques de Molay. »… On remarque « ici une gravure où des personnages tiennent le - linceul de Turin - avec le visage de Molay… clairement visible dessus ». L'histoire de la souffrance et de l'image du Grand Maître « miraculeusement apparue sur son propre linceul rituel » était vraisemblablement connue des templiers écossais.

- « Même après son achèvement, [Rosslyn] ne fut jamais utilisée comme une chapelle, car il y avait une chapelle familiale dans le château... à… peu de distance de là ».

 

(p 491-493) Chris et Rob prennent conscience que Rosslyn ne serait pas une simple chapelle, mais un sanctuaire post-templier ; de fortes présomptions leur font penser qu'il aurait été construit pour abriter les manuscrits trouvés par Hugues de Payns et les siens sous le Saint des Saints du dernier temple de Jérusalem. « Les nazôréo-qumraniens reçurent l'instruction (par l'intermédiaire de l'Assomption de Moïse) de déposer leurs manuscrits les plus précieux sous le Saint des Saints vers 69… ». Ces manuscrits relateraient « l'histoire de la lutte nazôréenne : la véritable histoire de Jésus-Christ,... ce texte doit, en tant que tel, être l'Evangile perdu - Q - , l'Evangile qui fut la matière source de Matthieu, Marc, Luc et Jean ».

- Une curieuse histoire d'incendie dans le château de William St Clair (en 1447) raconte la fuite des occupants et l'action du chapelain qui risque sa vie pour sauver du feu « les quatre coffres » où se trouvent tous les écrits de son maître. Du point de vue de Chris et Rob, l'inquiétude que manifeste William St Clair pour ces quatre coffres médiévaux et massifs, dépasse le cadre de la perte de papiers personnels et divers titres de propriétés ou autres, qui en aucun cas ne peuvent tenir un tel volume… Si ces coffres contenaient les manuscrits de Jérusalem, on comprend la « désolation » de William lorsqu'il voit l'incendie. Sauvés, les manuscrits auraient pu être détruits avant l'achèvement du sanctuaire auquel William avait consacré sa vie, pour les abriter.

 

(p 494-498) Lors de la construction du sanctuaire, on considère généralement « que les fondations prirent un temps étrangement long ». Par ailleurs, « Vue de l'extérieur, Rosslyn est une représentation en pierre de la Jérusalem céleste, telle que la présente la copie de Lambert... A l'intérieur, la disposition [reproduit] les ruines du Temple d'Hérode, avec des décorations reprenant le symbolisme nazôréen et templier... ».

- Chris et Rob constatent que le plan du bâtiment est conforme à la description qu'en donne le rituel de Royal Arch. On retrouve notamment les quatorze piliers… « disposés de telle manière que les huit colonnes les plus à l'Est - incluant Jakin et Boaz - forment un triple Tau » (cf. texte du rituel cité page 496 et plan du sanctuaire page 514). « Tous les piliers de Rosslyn sont disposés en fonction d'un plan précis fondé sur un ancien savoir et restitué dans le rituel du Royal Arch ! ». « William St Clair n'[a] rien fait au hasard. Chaque partie de son fascinant édifice [existe] pour raconter une histoire ».

 

 

Le secret perdu de la maçonnerie de Marque redécouvert - Les premier et deuxième degrés -

 

(p 498-500) Chris et Rob évoquent le rituel (développé pages 499-500) utilisé pour le grade maçonnique appelé « maçonnerie de Marque (Mark Masonry - cf. Robert Brydon, Rosslyn : A History of the Guildes, the Masons and the Rosy Cross.) ». A la fin de la cérémonie, le candidat « devient… maçon de Marque (Mark Mason). On lui donne une marque (un petit symbole) qui devient son emblème personnel de métier... Dans le sanctuaire de Rosslyn, on voit gravées des centaines de semblables marques de tailleurs de pierre ».

 

(p 500-502) Lors de la construction du sanctuaire, « William St Clair [est] confronté à un… problème de sécurité. Les maçons… [doivent] connaître le plan et l'agencement du caveau souterrain… » ; ils vont comprendre que cet étrange édifice doit abriter quelque chose de grande valeur… William sait qu'il doit « s'assurer de la loyauté et de la fidélité de ses tailleurs de pierre, afin qu'ils gardent ses - secrets légitimes aussi sûrement que s'ils étaient leurs - 

Il est attesté qu'il [dispose] de deux grades de maçon sur le site : les maçons ordinaires (ou apprentis)… et les - maçons de Marque - (qui [ont] l'honneur de posséder une marque personnelle…) ».

- Chris et Rob soupçonnent William St Clair de concevoir « le premier degré de la maçonnerie de métier et le degré de maçonnerie de Marque pour donner à ses maçons opératifs un code de conduite et les faire ainsi participer à un secret sans leur révéler le… grand secret de la résurrection - vivante - qui [est] réservé aux maçons spéculatifs ». Ces deux grades dévoileraient « le secret du pilier royal ou Boaz et… [seraient] appelés - comme ils le sont encore aujourd'hui, Apprenti entré - , et, à ceux qui [ont] le rang le plus élevé, on [expliquerait] en outre l'importance de la clé de voûte des arcs parce qu'ils [sont] les - maçons de Marque - . Jamais ces catégories de maçons n'auraient été autorisées à découvrir le secret du pilier sacerdotal ou la signification des piliers jumeaux associés à la clé de voûte… La plus grande formule qui garantissait la stabilité dans l'ancienne Egypte devait être préservée et réservée aux philosophes : les maçons spéculatifs, comme William St Clair lui-même ».

 

(p 502-503) « Le point de départ de la F.M. aurait été la construction de la chapelle de Rosslyn, au milieu du XVème s.. Des développements historiques ultérieurs viennent confirmer cette vision des choses, parce que les membres de la famille St Clair de Rosslyn devinrent les grands Maîtres héréditaires des Métiers, Guildes et Ordres d'Ecosse ; plus tard ils occupèrent la fonction de Maître des maçons d'Ecosse jusqu' à la fin des années 1700 ».

- Contrairement à une croyance répandue parmi les f.m. modernes, « ce furent les maçons spéculatifs (templiers)  qui adoptèrent les maçons opératifs (tailleurs de pierre) et les initièrent à certains secrets de moindre importance relatifs au Temple de Salomon ».

 

(p 503-506) « D'après tout ce que les historiens ont pu rassembler, … il n'y eu jamais de chambre du milieu dans le Temple originel. Cependant, le sanctuaire de Rosslyn en possède une… ». Dans la crypte, c'est un petit personnage insolite, gravé sur le mur à côté de la cheminée, qui intrigue Chris et Rob ; ce personnage rappelle St Pierre mais il ne tient qu'une seule grande clé dont la poignée est un carré parfait (« un signe vrai et sûr pour reconnaître un f.m. »). Selon Chris et Rob, « Cette petite gravure murale ne [tiendrait] rien d'autre que - la Clé d'Hiram - [et]... La pièce que l'on appelle à présent la crypte, était la chambre du milieu du Temple reconstruit, parce qu'elle reliait la partie supérieure de l'édifice aux souterrains qui accueillaient les manuscrits sacrés… Avant que les caveaux n'aient été scellés lors de l'achèvement de l'édifice, plusieurs de ces derniers templiers se virent accorder le droit d'être inhumés à côté des manuscrits sacrés… dans leur armure complète,... privilège réservé aux rois seuls.

Sir Walter Scott [68] [immortalise] cette pratique dans son poème - Le Lai du dernier Ménestrel - :

 

Elle semblait en feu cette fière chapelle,

Où les chefs de Roslin reposent hors de leur cercueil :

Chaque baron, comme dans un linceul de sable [69],

Revêtu de sa panoplie de fer…

Il y a vingt de ces hardis barons de Roslin

Gisant là enterrés dans cette majestueuse chapelle ».

 

Le protecteur [70] qui épargna Rosslyn - Oliver Cromwell -

 

(p 507-509) « Pendant la guerre civile anglaise (1643-1646), Cromwell et ses forces parlementaristes [écument] l'Irlande, le pays de Galles… l'Ecosse [et] l'Angleterre. Ils dégradent les propriétés royalistes et catholiques… Cromwell… [visite] Rosslyn. Mais alors qu'il détruit toute église papiste…, il n'égratigne même pas cet édifice ». « Les St Clair... se [trouvent] naturellement du côté royaliste et le château de Roslin [est] totalement détruit par le général Monk en 1650… une fois de plus, le sanctuaire de Rosslyn n'est pas touché ».

- « Les éléments circonstanciels » dont disposent Chris et Rob suggèrent que le « Lord Protector » (Cromwell) est un f.m. de haut niveau, ne serait-ce que parce qu'il épargne Rosslyn ; ce serait aussi l'avis des gardiens actuels du sanctuaire.

- Aujourd'hui, à proximité de Rosslyn, le site appelé Temple, ancien quartier général des templiers en Ecosse, existe toujours, mais pas le bâtiment. « Dans le cimetière [on trouve] de nombreuses tombes maçonniques... arborant le symbolisme du degré de Royal Arch [71], et beaucoup montrant l'ancien motif des deux colonnes et du linteau ».

- Le guide vendu sur place, révèle que William St Clair était (aussi) Chevalier de la Toison d'Or… « la F.M. dit d'elle-même qu'elle est - plus ancienne que la Toison d'Or ou l'Aigle romaine - »… ce qui signifierait « que le rituel n'[est] pas une invention des St Clair… pas seulement antérieur à leur famille, mais aussi au grand Empire romain ». Ce guide évoque aussi les caveaux de Rosslyn qui « peuvent être beaucoup plus que de simples tombes », et la possibilité d'« y découvrir des indices guidant vers certains trésors d'un grand intérêt historique ». D'autres commentaires [72] montrent qu'on a toujours su que l'édifice a une valeur dépassant ce que l’œil voit.

- Pour Chris et Rob, le fait de « Refuser de fouiller les salles souterraines pourrait continuer de priver le monde d'une grande et ancienne sagesse... ». Sur les murs de Rosslyn, ils trouvent une inscription latine qui viendrait des manuscrits nazôréens : « Le vin est fort, le roi est plus fort, les femmes sont encore plus fortes, mais la vérité conquiert tout ».

 

Sous le sceau de Salomon -  Si tatlia jungere possis sit tibi scire possis -

 

(p 510-511) Nous avons vu que « les piliers principaux les plus à l'Est de la chapelle [forment] un triple Tau… l'emblème de la F.M. de Royal Arch, mais aussi un… signe antérieur à Moïse ». Voici maintenant « la définition ... telle que le rituel originel de ce degré la donne : Le triple Tau, signifie, entre autres choses occultes

{Templum Hierosolyma, - Le Temple de Jérusalem -}

{Clavis ad Thesaurum, - Une clé vers un trésor -}

{Theca ubi res pretiosa depositur, - Un endroit où une chose précieuse est dissimulée -}

{Res ipsa pretiosa, - La chose précieuse elle-même -}

La configuration centrale du sanctuaire [serait] une façon symbolique de dire que l'édifice représente le Temple de Jérusalem et que [ce serait] un lieu où un trésor… est dissimulé ».

- Toujours selon le rituel : « Le bijou du grade de Royal Arch est un double triangle parfois appelé sceau de Salomon, à l'intérieur d'un cercle… Au bas de l'étoile se trouve un parchemin portant les mots : Nil nisi clavis deest - Rien n'est désiré sauf la clé - , et sur le cercle apparaît la légende Si tatlia jungere possis sit tibi scire possis – Si tu peux comprendre ces choses, tu en sais assez - ». Ces références auraient-elles été « créées pour servir d'indices à ceux qui un jour, élucideraient le mystère de Rosslyn » ?

 

(p 512-513) Sur le plan du sanctuaire, Chris exécute quelques tracés au compas et fait apparaître deux triangles équilatéraux qui forment un sceau de Salomon (La page 512 détaille le tracé et le schéma final est sur le plan page 514). « Au centre… de ce sceau, sur le plafond voûté, il y a une… excroissance suspendue, en forme de tête de flèche…, qui pointe vers le bas en direction d'une clé de voûte encastrée dans le sol… [c’est probablement] cette pierre qui doit être enlevée pour pénétrer dans le caveau reconstitué du Temple de Salomon et retrouver les manuscrits nazôréens ». Selon Chris et Rob, « l'explication des symboles [aurait été] ajoutée au degré de Royal Arch, par William St Clair… » pour la future génération qui devait découvrir la « clé ».

 

Exhumer les manuscrits nazôréens

 

(p 513-516) Rosslyn serait donc bien le sanctuaire des manuscrits nazôréens. Mais ces manuscrits sont-ils toujours dans les sous-sols du sanctuaire ? Il n'existerait aucune preuve historique ou physique d'une intervention dans les fondations du bâtiment. La véritable histoire du christianisme attend sans doute d'être exhumée...

- En localisant l'ultime lieu de repos des manuscrits, Chris et Rob auraient « retrouvé le dernier maillon d'une chaîne reliant tout f.m. aux rites mystérieux  de l'ancien sacre égyptien. » 

« … l'histoire s'arrête ici en attendant qu'une  fouille soit entreprise et que le contenu des manuscrits  soit enfin disponible pour l'humanité ».

Chapelle Rosslyn et ses points de passages

Chapelle Rosslyn et ses points de passages

Post-scriptum

(Préliminaires à d’éventuelles fouilles)

 

(p 517-520) Depuis le début de leurs recherches, Chris et Rob considèrent être trop impliqués dans leur sujet ; c’est pourquoi ils partagent leurs découvertes avec un Maître maçon passé (Past Master) et un ecclésiastique de l’Eglise d’Angleterre qui commentent leurs travaux ; le Maître et l’ecclésiastique considèrent finalement que Chris et Rob ont trouvé quelque chose qui aurait « beaucoup de sens ».

- Avant de présenter le manuscrit de « La Clé d’Hiram » à leur éditeur originel Century, Chris et Rob révèlent aux personnes concernées par Rosslyn, ce qu’il y a dans leur livre. Après plusieurs rendez-vous et réunions, ils sont informés que le droit est « - accordé par le comte actuel - de fouiller les caveaux ».

- Une rencontre est aussi organisée pour présenter leurs découvertes avec le groupe des « Amis de Rosslyn »… environ trente personnes viennent… historiens, membres de la Grande Loge d’Ecosse, deux ecclésiastiques, les plus importants Chevaliers templiers d’Ecosse et le baron St Clair  Bonde, un descendant direct de William St Clair. Après la présentation, plusieurs auditeurs viendront leur dire qu’ils ont des informations importantes qui peuvent appuyer leur thèse…

- En préparant les supports des présentations pour cette rencontre, Chris et Rob découvrent que le plan des fondations de Rosslyn « est une copie très fidèlement exécutée » des fondations du Temple d’Hérode (Cf. page 520 Comparaison des fondations du Temple d’Hérode et du plan de la chapelle de Rosslyn). 

« Et les parallèles continuent à l’extérieur du bâtiment,… le lieu même [a] été choisi parce qu’il [reflète] l’exacte topologie de Jérusalem. A l’Est on a l’équivalent écossais de la vallée du Cédron et au Sud court la vallée de Hinnom ».

- « Forts de cette nouvelle compréhension… [Chris et Rob pensent] avoir... résolu l’énigme du message codé laissé  par le comte, pour moitié gravé dans la pierre et pour moitié intégré dans le rituel maçonnique ». Maintenant, Chris et Rob sauraient « exactement où est caché le Rouleau de cuivre, la carte au trésor des esséniens et des templiers ».

Renvois aux notes complémentaires (histoire, étymologies,…) numérotés  de [31] à [72]

 

[31] (p 265-266) [Israël en hébreu, « Dieu s’est montré fort ». C’est le nouveau nom donné à Jacob après sa nuit de lutte à Péniel (Le Grand Dictionnaire de la Bible). On retrouve la même étymologie dans Le Petit Robert des Noms Propres].

 

[32] (p 265-266) [Juda est le nom du 4ème fils de Jacob et Léa. Selon Genèse 29.35 son nom signifie « il loue » ou « loué » (Le Grand Dictionnaire de la Bible).

- Selon Le Petit Robert des Noms Propres, l’étymologie est à rapprocher de l’araméen « terrain encaissé, ravin »]

 

[33] (p 268-269) [Origines et étymologies du terme « exil »

- L’exil est une expatriation volontaire ou forcée. Pour certains mystiques, il désigne la Terre ou la vie mortelle par opposition au Ciel (Déf. du Larrousse en 2 tomes. Edition de 1922).

- Le terme exil viendrait du latin exsilium et du verbe exsilio - sauter hors, s’élancer hors, bondir. Mais cette étymologie est douteuse (Dict. Littré) à cause de la forme parallèle exsul ou exsulare. On peut aussi proposer la forme latine exsolo - hors du sol -  dont le sens s’apparente à celui de l’exil.

- Cependant, la racine sul de exsul se retrouve dans, insulasul est proche de solium - siège - …. (même racine pour consul…). Voyons maintenant le sens de ces derniers termes  :

> exsul ou  ex solum, se traduit du latin par  - exilé, banni…

> insula se traduit par  - île - ou - maison isolée - , mais aussi par - temple - (Lat. Ecclés.).

- L’hypothèse étymologique de la forme « parallèle exsul » ne paraît pas pouvoir éviter celle de  ex-sol, hors (du) soleil  (ce n’est que l’hypothèse du rédacteur de ces notes)car si on n’est pas éclairé par le Soleil, on se trouve dans les « ténèbres » ; l’exil serait ainsi associé à un manque de « lumière », voire aux « ténèbres » ...

- Insula - le temple - auquel accède l’initié, se distinguerait de exsul(a) qui serait un domaine hors (ex-) du temple, … le monde profane. Le profane par sa définition étymologique reste devant (pro) le temple (fanum), sur les parvis, donc hors du Temple.

(Termes latins ré-examinés par le rédacteur avec le Gaffio, dictionnaire de référence latin-français)]

 

[34] (p 268-269) [Babylone vient du sumérien « porte de Dieu ». L’hébreu « babel » est traduit par « Babylone » - Le Grand Dictionnaire de la Bible. On retrouve la même étymologie dans Le Petit Robert des Noms Propres]

 

[35] (p 274-275) [Prophète vient du grec - prophêtês – prophète…

« Qu’est-ce qu’un prophète ? Dans la conception populaire, un prophète est quelqu’un qui prédit l’avenir. Il n’en  est pas ainsi dans la Bible : un prophète est d’abord un porte-parole de Dieu… Dans l’A.T., l’appellation « homme de Dieu » sert encore à désigner des prophètes… » - Le Grand Dictionnaire de la Bible - Ed. Excelsis]

 

[36] (p 274-275) [Ezéchiel en hébreu « que Dieu rende fort » - Le Petit Robert des Noms Propres. Pas d’étymologie évoquée dans Le Grand Dictionnaire de la Bible]

 

[37] (p 283) [Le roi Zorobbabel (Zerubbabel), descendant de David, fait reconstruire le Temple…

Zorobbabel  - « fils de Babylone » est une étymologie donnée par Chris et Rob. Le Grand Dictionnaire de la Bible l’écrit Zorobabel et indique que l’étymologie est incertaine. Le Petit Robert des Noms Propres ne donne pas d’étymologie.]

 

[38] (p 285-286) [... Alexandre le Grand, un des plus grands chefs militaires de l’histoire.

Alexandre « qui protège les hommes », du gr. alexô « repousser (le danger) » et anêr, andros « mâle » - Le Petit Robert des Noms Propres. Le Grand Dictionnaire de la Bible ne donne pas d’étymologie.]

 

[39] (p 286-287) [« ... Les colonnes jumelles représentant les deux pays devinrent les colonnes d’Hermès. »

- Hermès probablement issu du gr.  herma « tas de pierres » - Le Petit Robert des Noms Propres.

- Selon Le Grand Dictionnaire de la Bibl,  à l’origine, Hermès est l’esprit qui habitait l’herma ou tumulus de pierres érigé pour servir de point de repère ou pour marquer une limite. D’où les hermès des portes d’Athènes, pierres phalliques grossièrement sculptées, et la fonction du dieu guide des vivants et des morts…]

 

[40] (p 301) [… les hassidims (juifs de stricte observance)…  

Hassidim vient « de l'Araméen,…  - pieux . On utilise également le nom d'assidéens, hassidéens, voire chassidim. Il s'agit des juifs  qui, à partir  du IIIème s. avJC, se sont opposés aux innovations grecques dans le sein du Judaïsme. Au XVIIIème s. une secte juive a repris ce nom en Pologne et reste vivace, bien que minoritaire.]

 

[41] (p 302-303) [« Maccabée »  vient de l’hébreu « maqqèbeth », « marteau », allusion aux qualités guerrières ... C’est le surnom de Judas, fils du prêtre Mattathias… Il fut chef de guerre jusqu’à sa mort... Par extension, le surnom de Maccabées fut donné aux cinq fils de Mattathias, puis à une autre famille de sept frères dont le martyre... est rapporté dans le Deuxième Livre des Maccabées (ce serait l’origine des mots français macchabée et macabre) - Le Petit Robert des Noms Propres]

 

[42] (p 302-303)  [Aristobule ou Aristobule 1er, surnommé Philhellène. Aristobule vient du grec « aristoboulos », « d’excellent conseil »...  - Le Petit Robert des Noms Propres]

 

[43] Note n°2 de bas de page 312  [« … Nouveau Testament ou... Nouvelle Alliance » :

- « Le terme « testament » dans les expressions « Ancien et Nouveau Testament » est la traduction des mots hébreu et grec correspondant au latin - testamentum - qui serait mieux rendu par Ancienne et Nouvelle Alliance.

- Le terme grec« diatéké » peut avoir le sens de « convention » et de « testament ». C’est celui qu’ont choisi les traducteurs de la Septante pour rendre l’hébreu berith « alliance ». La Bible étant le livre de l’Alliance… il arrive de la qualifier d’Ancienne et de Nouvelle Alliance…  (d’après Le Petit Robert de Noms Propres)]

 

[44] (p 315-320) [… l’Assomption de Moïse… :

-  Assomption vient du lat. adsumptio, action de prendre, choisir, emprunter (Dictionnaire de latin Gaffiot).

- Dans le cas de Moïse,  G. Bastide (Grands thèmes moraux, 8) dirait : « Qui dit mission dit (…) assomption désintéressée de responsabilité personnelle en vue d’une fin transcendante à l’individu. » (Dictionnaire de la langue philosophique  de Foulquié et Saint Jean).

- Dans le dogme catholique, c’est l’élévation au ciel de la mère de Jésus.]

 

[45] (p 329-330) [Tout au long des manuscrits de la Mer Morte, le terme « désert » désigne la communauté de Qumran... :  Pages 50-51, les Templiers s’appellent aussi « Les Pauvres Soldats du Christ et du Temple de Jérusalem » et s’autoproclament « gardiens des routes du désert de Judée menant à Jérusalem ». Outre le terme « désert », « les pauvres » désignent toujours la communauté de Qumran comme on le voit en page 367. Serait-ce une forme de codage, sachant ce que les templiers doivent à Qumran ? (note du rédacteur)]

 

[46] (p 355-361) [« zélotes » (et sicaires) :

- Zélote vient du grec zêlôtês « passionné, rempli de zèle pour le Seigneur »… juifs partisans intransigeants de la théocratie. Flavius Josèphe y voit parfois le quatrième des « partis » juifs (→ esséniens, pharisiens, sadducéens), en précisant qu’ils n’ont rien de commun avec les autres… la seule chose qui les différencie des pharisiens est leur refus de reconnaître aucun autre seigneur que Dieu. Il en fait des - brigands - fanatiques… le fondateur serait un Judas de Gamala… Certains zélotes sont nommés « sicaires », du latin sica « poignard », qui leur permettait d’assassiner des impies ; ils semblent avoir activement participé à la révolte de 66, instauré un régime de terreur dans Jérusalem assiégée et fait partie des défenseurs de Massada - Le Petit Robert des Noms Propres.

- Zélote ou zélé, en grec zèlotès. Un des douze  apôtres est appelé Simon le Zélote ou le Zélé (Lc 6.15 ; Ac 1.13) ; à cause de son tempérament actif, ou bien en raison d’une association avec le parti des zélotes. Paul se décrit lui-même commes zélé, comme ayant été un partisan farouche de la cause de Dieu (Ac 22.3 ; Ga 1.14)…

Le parti des zélotes, présenté par Flavius Josèphe comme étant la « quatrième philosophie » parmi les juifs..., a été fondé par Judas les Galiléen, qui dirigea une révolte contre Rome en 6 apJC… - Le grand Dictionnaire de la Bible]

 

[47] (p 355-361)  [Parlant de Jésus, « Partout où il allait, il se mit à élever les individus ordinaires qu’il rencontrait au statut d’initié qumranien de premier degré… un coup de génie  » :

Nous avons vu page 307 que « Comme chez les chevaliers templiers, au terme de leur première année, les initiés (de Qumran) devaient remettre toute leur richesse… ». On peut supposer que ceux qui sont initiés par Jésus ont aussi cette obligation… accélérée. (Note du rédacteur)]

 

[48] (p 355-361) [Lazare, de l’hébreu Elâzâr « Dieu a aidé ». Voir aussi Eléazar dont Lazare serait le diminutif - Le Petit Robert des Noms Propres]

 

[49] (p 372-375) [« … textes slavons » :

Le slavon est un dialecte slave archaïque d’où dérive le bulgare moderne - Larousse Universel de 1923]

 

[50] (p 376-378) [« ... le jardin de Gethsémani » : Gethsémani - Etymologie araméenne « le pressoir à huile ». Domaine ou jardin au pied du Mont des Oliviers, à Jérusalem, où selon les Evangiles, Jésus trahi par Judas l’Iscariote, pria parmi ses disciples endormis, avant son arrestation… - Le Petit Robert des Noms Propres]

 

[51] (p 376-378) [« la célébration... du Nouvel An, c. à d. la Pâque  » dont la date était fixée d’après la nouvelle lune suivant l’équinoxe de printemps et qui tombait donc entre la fin mars et début avril]

 

[52] (p 378-379) [… Judas Didyme - qui serait « le frère jumeau de Jésus,... donc appelé Thomas, qui signifie - jumeau - » :

« Judas Didyme » ou « Thomas Didyme » : Didyme est le surnom de Thomas. Thomas de l’araméen t’ômâ « jumeau » et Didyme, du grec didumos « jumeau » - Le Petit Robert des Noms Propres]

 

[53] (p 380-381) [Ponce Pilate :

- En latin Pontius Pilatus, viendrait du grec pontios « marin » et du latin pilatus « armé d’un javelot (pilum) » - le Petit Robert des Noms Propres.

- Ponce Pilate était un romain de l’ordre équestre (classe moyenne supérieure) ; son praenomen (« prénom ») est inconnu, mais son nomen (« nom »), Ponce (Pontius) suggère une origine samnite ; son cognomen (« surnom »), Pilate (Pilatus), pourrait lui avoir été transmis par des ancêtres militaires… - Grand Dictionnaire de la Bible]

 

[54] (p 382-385) [Sanhédrin :

- Mot araméen, du grec synedrion « assemblée, conseil ». Haute cour de justice pour toute la Palestine antique. Institué au IIIème s. avJC, le Sanhédrin comprenait 70 membres et un président (nasi « prince ») choisis parmi les chefs de la noblesse sacerdotale et civile (→ sadducéens) comme parmi les docteurs pharisiens. Sa puissance fut considérable sous les romains face auxquels il représentait les affaires juives ; seule parmi les sentences prononcées par ce tribunal, la peine de mort devait être ratifiée par le procurateur romain… Il siégea dans l’enceinte du Temple, jusqu’à l’incendie de dernier en 70 – Le Petit Robert des Noms Propres.

- Selon le Grand Dictionnaire de la Bible, le mot « sanhédrin » résulte de la transcription dans le Talmud du grec sunedrion… Le mot désignait, avant et pendant l’époque de Jésus, le tribunal suprême des juifs qui se réunissait à Jérusalem…]

 

[55] (p 388-394) [La mitre : Le mot « mitre » lui-même vient de l’égyptien mythra, « bandeau »]

 

[56] (p 397-400) [« la famille hérodienne … » : Une secte hérodienne, recrutée parmi les partisans de la famille de Hérode, est citée dans les Evangiles (notamment Matthieu 22, 16). On les disait juifs de naissance et païens de coeur.]

 

[57] (p 400-404) [Paul… l’homme qui avait prêché contre... la Loi... à Epĥèse  :

- « A cette époque Ephèse (Turquie du Sud actuelle) avait une population cosmopolite incluant l’une des plus grandes communautés juives hors d’Israël.  Comme les juifs d’Alexandrie, beaucoup étaient des thérapeutes, une secte de guérisseurs étroitement liés aux esséniens de Qumran » (Dans les ruines de Ephèse, on a trouvé une grande pierre sur laquelle est gravé le signe des  - Therapeutai - un bâton et un serpent, le caducée devenu le symbole universel de la médecine). Dans l’amphithéâtre, Paul se serait adressé aux foules… mais les juifs d’Ephèse étaient « bien informés » et n’auraient eu « aucun temps à accorder à Paul et à sa stupidité ». Paul « le prêcheur auto-désigné fut incarcéré… ». Chris et Rob se demandent à quel point le monde serait meilleur s’ils avaient gardé l’homme enfermé...(cf. ouvrage p 401)]

 

[58] (p 414-416) [Patrick (ou Patrice) serait arrivé en Irlande en 432 :  Son origine est imprécise...

- Apôtre de l’Irlande. Enlevé par des pirates d’Irlande, il passa là six ans en esclavage, acheva sa formation en Gaule, sans doute à Auxerre auprès de saint Amatre, puis de saint Germain, et repartit évangéliser l’Irlande (en 432) sans qu’on puisse préciser le détail de son action. Patron de l’Irlande, où la saint Patrick (17 mars) est fête nationale.

- Etymologie : Patrice vient du latin Patricius « le patricien, celui qui appartient à la noblesse » (de pater « père ») - Le Petit Robert des Noms propres]

 

[59] (p 419-429) [- Jah-Bul-On - (pages 426-427)  que l'on peut aussi écrire : Jabulon, Jabulum, Zabulon, Zébulon.

>>> Voici l'interprètation de Jah-Bul-On par le rituel du Royal Arch (page 426) <<<  

« … le mot  Jah-Bul-On...

- Jah, … le premier membre est le nom chaldéen (sumérien) de Dieu et représente son essence et sa majesté incompréhensibles. C'est aussi un mot hébreu signifiant - Je suis - et - Je serai - , et exprimant de ce fait l'existence présente, future et éternelle du Très Haut.

- Bul est un mot assyrien signifiant Seigneur ou Puissant ; c'est lui-même un mot composé signifiant dans ou sur ; et Bul incarnant le Ciel en haut, ce mot signifie donc Seigneur dans le Ciel ou en Haut.

- On est un mot égyptien signifiant Père de Tout, et c'est aussi un nom hébreu impliquant force ou pouvoir et exprimant l'omnipotence du Père du Tout.

Toutes les significations de ces mots peuvent donc être ainsi rassemblées :

Je suis et serai, Seigneur dans le Ciel, Père de tout - ».

>>> Chris et Rob révisent cette interprétation (page 427) <<<

-  Jah... « est le mot hébreu pour leur dieu, et il a très probablement une connexion sumérienne. On peut le retrouver sous cette forme dans le nom du prophète Elijah (le prophète Elisée, disciple d'Elie),... en fait Elie-Jah, signifiant - Jahvé est mon Dieu - (El étant l'ancien mot pour dieu) ».

Bul... « est presque phonétiquement [correct], mais ordinairement… s'épellerait plutôt - Baal - , c. à d. le nom du grand dieu cananéen qui signifie en réalité - Seigneur dans le ciel - ».

On : « l'ancien mot égyptien pour - père - était It et pas On, comme on le prétend ici. Mais On était le nom originel d'Héliopolis, la cité du dieu-soleil Rê, là où il naquit du vide avant de créer la terre elle-même ». De ce point de vue, il serait possible d'accepter la définition donnée. Notons « que les grecs identifiaient Baal avec leur dieu-soleil Hélios et sa cité Héliopolis ».

« Jah-Bul-On - … [serait] simplement la suite des noms des trois grands dieux... juifs,... cananéens et... égyptiens ».]

 

[60] (p 438-439) [« … les templiers étaient devenus des maîtres tant en maçonnerie spéculative qu’en maçonnerie opérative » : On se demande comment des chevaliers templiers « totalement illettrés » (cf. paragraphe précédent « Le manuscrit de la Jérusalem céleste ») peuvent devenir  des «  maîtres tant en maçonnerie spéculative qu’en maçonnerie opérative », voire des « maîtres architectes ». L’« Organisation de l’Ordre » décrite en pages 59-60 ne semble pas faire appel à ce type de compétence, sauf peut-être parmi les ecclésiastiques qui sont les seuls érudits (Note du rédacteur).]

 

[61] (p 446-450) [« L’inquisition reçut l’ordre d’extraire toutes les confessions... », ce qui aurait-été le « travail » des dominicains et, dans une moindre mesure, des franciscains (Note du rédacteur).]

[62] (p 471-472) [Comment les USA ont-ils pu « devenir en moins de deux siècles le cœur de la culture mondiale et la nation la plus puissante du monde » ? :

« … en moins de deux siècles... », soit de 1789 à 1989 ?... année de la chute du mur de Berlin (note du rédacteur).]

 

[63] (p 472-474) [sépultures templières ou maçonniques : « … un livre évoque ces tombes écossaises templières et maçonniques et présente un certain nombre de photos de celles-ci : Michael Baigent et Richard Leigh, Des templiers  aux francs-maçons, la transmission du mystère. Ed. Du Rocher, Paris, 1991)]

 

[64](p 471-472) [« un lieu au sud d’Edimbourg appelé aujourd’hui Temple » :

Le lieu - non loin de la chapelle de Rosslyn - s’appelait auparavant Balantrodoch (le « secours des guerriers » en gaélique). Ce fut le quartier général de l’Ordre templier en Ecosse.]

 

[65] (p 474-475) [La Pierre de Scone a été enfin rendue en 1997, à l'occasion du sept centième anniversaire de la bataille de Stirling remportée par William - Braveheart - Wallace et du référendum sur l'autonomie de l'Ecosse qui a vu les partisans de celle-ci l'emporter.]

 

[66] (p 478-480) [sir William St Clair, Grand Maître des templiers, aurait emmené la force templière à la bataille de Bannochburn, … le 24 juin 1314 : Les chroniqueurs rapportent que de « mystérieux chevaliers arborant le baucent (l'étendard de combat des templiers) » auraient assuré la victoire aux écossais.]

 

[67] (p 487-489) [« la tête faisant face au Nord-Est est une représentation de Sekennenrê Taâ, le dernier vrai roi d'Egypte... » comme les deux colonnes reconnues sous les noms de Jakin et Boaz sont issues des colonnes représentant la Haute et la Basse Egypte depuis les origines (Note du rédacteur)]

 

[68] (p 503-506)   [« Sir Walter Scott... L'immortel auteur d'Ivanhoé et de Rob Roy, lui-même maçon écossais qui aurait décliné en 1823 la Grande Maîtrise des Chevaliers Templiers d'Ecosse qui lui avait été proposée… »]

 

[69] (p 503-506) [« un linceul de sable... » : En héraldique, le terme « de sable » signifie - de couleur noire -]

 

[70] (p 507) [« Le protecteur... , Lord Protector, titre que s'attribua Oliver Cromwel, protecteur de l'Angleterre. »]

 

[71] (p 507-509) [« … le symbolisme du degré de Royal Arch ... , la pelle et la pioche… commémorant la fouille pour retrouver les manuscrits. »]

 

[72] (p 507-509) [D'autres commentaires montrent qu'on a toujours su que l'édifice a une valeur dépassant ce que l’œil voit : D'autres commentaires… cf. « Tim Wallace-Murphy, An Illustrated Guide to Rosslyn Chapel, op. cit. »]

 

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31 juillet 2020 5 31 /07 /juillet /2020 18:13

2ème partie

Nous abordons ici la 2ème partie des notes de lectures sur  « La Clé d’Hiram » par C. Knight et R. Lomas – J’AI LU. Nous devons ce travail de synthèse à Tha.°. Coq.°. et Elth.°. Bia.°. « Écossais de l'Hermione » (Mai 2020). Nous conseillons au préalable, la lecture de la première partie des notes parue fin Juin 2020 sur notre blog, mais aussi la lecture en parallèle de l’ouvrage cité plus haut.

 

VI. Au commencement l’homme créa Dieu   131

Le jardin d’Eden - Sumer - ……………………… 131

Les villes de Sumer ………………………………  134

Ur, la cité d’Abraham …………………………     141

Dieu, le roi, le prêtre et les bâtisseurs ………….   144

La figure d’Abraham, le premier juif ………….  148

 

VII. L'héritage des égyptiens ………………… 156

Les débuts de l'Egypte - « Genèse égyptienne » - Osiris - ……...  156

La stabilité des Deux-Pays - Les deux colonnes - Ma'at - ………  161

Le sacre d'un roi - La cérémonie secrète - ………………………  168

Prouver l’improuvable ………………………………………….   176

La preuve silencieuse - Un rituel silencieux…  .…………………  177

L’étoile du matin resplendit de nouveau  - Vénus - .……………  183

 

VIII. Le premier franc-maçon .……………………………..    188

Hiram Abif retrouvé - « Le roi qui fut perdu » - .……………….   189

L’effondrement de l’État égyptien - Nomades sémites et hyksos - 191

Les rois hyksos .…………………………………………………..   194

La perte des secrets originels - Apophis le serpent des ténèbres - ..197

La preuve biblique - Chronologie reconstituée - Joseph contemporain d’Apophis -  203

Le meurtre d’Hiram Abif - La momie de Sekenenrê Taâ II - …..  208

Les assassins d’Hiram Abif et leurs complices - ............………..  213

La preuve physique - Une « momie » hors norme - …………….   221

La preuve maçonnique - L’incantation de Ma’at..., les « observances » ésseniennes - 224

Sekenenrê Taâ le Sans Peur ……………………………………   228

 

IX. La naissance du judaïsme ……………………………….   237

Moïse le législateur ………………………………………………  237

Le dieu de la guerre des montagnes du Sinaï - Moïse rencontre le dieu des madiânites - 245

Et les murs tombèrent - La « Terre Promise » - ………………… 249

La datation de l'Exode.…………………………………………..  251

David et Salomon - Josué, Gédéon, Samuel et les autres…  ……   252

 

2ème partie (notes de lectures)

 

VI. Au commencement l’homme créa Dieu

 

Le jardin d’Eden - Sumer -

 

(p 131-132) Les philologues (qui étudient l’évolution des langues) ont trouvé des points communs à des centaines de  langues. Ils ont établi l’existence d’une source ancienne commune au sous-continent indien, à l’Asie occidentale, à l’Europe et à certaines parties de l’Afrique du Nord. Quand les peuples s’étendent ou se déplacent, ils emportent leur langue, leurs légendes et leurs dieux. Pour Chris et Rob, ce qui s’applique au langage serait valable pour des « connexions entre religions apparemment différentes ».

Presque toutes les langues de l’histoire de l’Ancien Monde (Cf. liste des langues p 132) proviennent du « proto-indo-européen », mais à quelle époque était-il une langue vivante ? La connaissance détaillée du passé repose sur le stade d’évolution ultérieur : l’écrit. Le livre de la Genèse aurait été « transcrit la 1ère fois il y a environ 2700 ans, bien avant l’époque du roi Salomon »[ ?… le roi Salomon serait décédé en  931 avJC (Note du rédacteur)].

Nous savons que l’écriture est née au moins 2 fois plus tôt dans le pays baptisé du nom de Sumer, lieu de naissance « officiel » de la civilisation.

 

(p 132-134) Toutes les cultures moyen-orientales et européennes seraient issues de la civilisation sumérienne dont l’origine est incertaine. Les sumériens pensent venir de Dilmun, aujourd’hui Bahreïn (côte ouest du Golfe Persique). 4000 ans avant notre ère, Sumer a une existence florissante entre le Tigre et l’Euphrate (Irak du Sud), regorge de ressources agricoles et industrielles, et bénéficie d’une structure sociale sophistiquée. Les sumériens inventent de nouvelles matières comme le verre et sont d’admirables artisans qui travaillent l’or, l’argent, le cuivre et le bronze. « Ce peuple fantastiquement doué » aurait inventé la roue. Les bâtiments sont en briques de boue séchée et tombent en ruine en quelques générations. Dans leurs nombreuses innovations, on trouve la colonne inspirée du tronc du dattier, le seul bois qui pousse localement (trop flexible).

Les merveilleux produits de la civilisation avancée de Sumer permettent des échanges avec « tous les coins du monde connu ». La plus grande partie des matières premières arrive par voie fluviale sur des bateaux qu’on démantèle « pour récupérer leur bois précieux ». Hors des voies fluviales, les ânes assurent les transports (le cheval est inconnu). Pour les constructions en pierre, en l’absence de carrières, les blocs taillés arrivent aussi par voie fluviale et par un système élaboré de canaux jusqu’au site requis.

 

Les villes de Sumer

 

(p 134-135) Les principales villes de Sumer sont Ur, Kish, Eridou, Lagash et Nippour (sans oublier Larsa, Haram,...). Chacune a son roi et son clergé. Au centre de la ville se trouve le temple ou maison de Dieu. Le roi est un dieu inférieur responsable de la prospérité de la communauté. Les prêtres contrôlent tous les aspects de la communauté : administration, justice, enseignements scientifiques et théologiques, rituel religieux. Les écoles (« edduba ») dispensent un enseignement général et professionnel ; elles forment des « chefs cultivés ».

 

(p 135-136) La langue sumérienne(et quelques langues)est totalement indépendante du proto-indo-européen ; quelques éléments du sumérien sont toujours en usage aujourd’hui. On est tenté de rechercher aussi des éléments de théologie qui pourraient être la source de croyances religieuses, tout en gardant un noyau identifiable.

Des ruines de Nippour, on exhume des milliers de tablettes d’argile qui racontent l’histoire de ce peuple. Les premiers écrits dateraient de 3500 avJC et utilisent des pictogrammes représentant des objets, des figures … ; l’écriture devient peu à peu alphabétique. Notre alphabet doit beaucoup à Sumer, par exemple le « A » tourné à 180° représente une tête de taureau en triangle avec des cornes ; cette figure transitera par les phéniciens et les grecs. « Aujourd’hui notre langue contient encore quelques mots de sumérien quasi purs, comme alcool, canne (la plante), gypse, myrrhe et safran. »

 

(p 136-138) Les sumériens nous auraient transmis la roue, le verre, notre alphabet, les divisions temporelles du jour, les mathématiques, l’architecture,… Ils nous auraient donné aussi… Dieu. « Les étymologistes ont démontré que l’histoire du Jardin d’Eden dans le livre de la Genèse est celle de Sumer ». Les villes de Ur, Larsa  et Haram sont mentionnées dans la Genèse qui nous livre l’histoire de la création. Un extrait est donné p 137.

Chris et Rob donnent en comparaison un récit babylonien de la Création ou « Enuma », écrit en babylonien et en sumérien, environ 1000 ans avant la Genèse. Ce récit a été trouvé presque intégralement sur 7 tablettes cunéiformes.  « cette épopée mésopotamienne de la Création est sans aucun doute la source de la légende de la Création de la Genèse ». Les références aux édifices... construits pas Dieu (en fait par les sumériens) ne passent pas chez les juifs qui sont des nomades.

(p 138-139) « Yahvé… Dieu de la Genèse », n’apparaîtra que « plusieurs centaines d’années après la rédaction de ces tablettes cunéiformes » et, « d’après de nombreux spécialistes, les dieux des civilisations ultérieures sont des développements des dieux sumériens de la fertilité et de la tempête ». « Le responsable du Grand Déluge » à l’origine de la « légende de Noé » serait un dieu de la tempête qui a un pouvoir sur les eaux. L’intérêt est maçonnique « dès lors que l’Art Royal consacre tout un grade – le degré de Noachite (Ark Mariners)  - avec un rituel complet et détaillé,  à la préservation de l’histoire du capitaine Noé et de la légende du déluge ». « Il est impossible de savoir si un constructeur de bateaux appelé Noé a ou non réellement existé, mais nous pouvons être certains que le grand Déluge eut bel et bien lieu » , vraisemblablement dû à une crue « particulièrement cataclysmique » du Tigre et de l’Euphrate. Cette crue serait entrée « pour toujours dans le folklore ».

 

(p 139-140) Des analyses de la Genèse (en particulier la généalogie  de Seth et de Caïn) feraient remonter le récit de la Création à Sumer. Selon des listes trouvées à Larsa, 10 rois auraient régné  à Sumer, chacun sur une durée de 10.000 à 60.000 ans... ; la liste s’achève par ces mots : « Après le Déluge, la royauté vint des cieux ». Est-ce un nouveau début pour les rois de la 2nde liste dont le dernier est Ziusundra ou Utanapishtim, héros de l’histoire babylonienne du Déluge(Cf. 11ème tablette de l’épopée de Gilgamesh). Enoch, 7ème roi de la liste sumérienne, posséderait une sagesse spéciale ; « les Écritures disent qu’il marchait avec Dieu » et, selon la tradition ultérieure juive, il serait « monté au ciel sans mourir »… Chris et Rob n’ont plus le moindre doute que la Genèse « utilise » l’histoire sumérienne … passée dans la tradition juive primitive.

 

On peut se demander aussi pourquoi les descendants antédiluviens de Seth ont de telles longévités ? Etait-ce pour signifier « le changement de conditions de vie avant et après le jugement divin du Déluge » ? Il a été suggéré que « les nombres astronomiques des listes royales sumériennes » viendraient de « spéculations astrologiques » sur des règnes mythiques. Les auteurs juifs auraient revu les nombres de la liste pour les adapter à la chronologie entre la Création et la construction du Temple de Salomon ; cette période est divisée en époques dont la première, de la Création au Déluge, dure 1656 années (Peake’s Commentary on the Bible).

 

Ur, la cité d’Abraham

 

(p 141-142) Au IIIème millénaire avJC, Ur est une des grandes cités-états du monde. Elle atteint « son zénith sous Ur-Namma » vers 2100 avJC où une grande partie de la ville est reconstruite et développée (au moins 50.000 habitants). La grande ziggourat est agrandie ; au sommet de la tour, se trouve le temple de la divinité de la ville, Nanna, dieu de la lune.

En 2.000 avJC, Ur et 16 autres cités sumériennes sont mises à sac par les élamites. Cette défaite est imputée à la divinité qui abandonne son peuple, car celui-ci la négligerait. Ur survit, mais a perdu sa gloire. Au XVIIIème s. avJC, Ur n’est plus qu’une ville relativement mineure.

Le concept de « dieux personnels », reliés à chaque individu, prend de l’importance. Ce sont des dieux que nous pourrions appeler des « anges gardiens »… Le dieu personnel accompagne chaque individu, veille sur lui et le défend, même contre les dieux supérieurs ; le dieu personnel est aussi la conscience de chacun.

 

(p 142-143) Dans la période de déclin entre 2.000 et 1.800 avJC, un certain Abram décide de quitter Ur, à l’opposé de la direction de Dilmun, terre sacrée de ses ancêtres. Abram se dirige vers le Nord ; il devient Abraham, le père du peuple juif. Il devrait apporter les concepts les plus importants dans ce que Chris et Rob ont besoin d’apprendre… En vérité, il a fallu attendre les découvertes majeures en Mésopotamie de l’archéologue français  Paul Emile Botta,  car jusqu’au milieu du XIXème s., on savait peu de choses de Sumer.

 

(p 143) La culture sumérienne commence à se diffuser il y a plus de 5.000 ans. Les Celtes sont un des exemples les mieux connus de développement culturel à partir d’un foyer nord-africain/sud-ouest asiatique. Le déplacement se fait à travers toute l’Europe centrale, et l’installation, dans les zones côtières de l’Espagne occidentale, du pays de Galles, de l’Irlande et de l’Écosse. Aujourd’hui, l’analyse de l’ADN de communautés celtiques isolées montre qu’il  y a équivalence avec l’ADN de groupes ethniques d’Afrique du Nord.

Personne ne peut dire avec certitude  combien a duré Sumer, mais tout ce qu’on sait serait postérieur au Déluge.

Dieu, le roi, le prêtre et les bâtisseurs

 

(p 144) D’autres mythes diluviens que celui de Noé existent. Le roi mésopotamien Utanapishtim sauve des graines et des animaux  du déluge envoyé par Enlil pour terroriser d’autres dieux. Dans la mythologie grecque, Deucalion et sa femme Pyrrha construisent une arche pour échapper à la colère dévastatrice de Zeus.

La preuve d’une inondation gigantesque, vieille de 6.000 ans a été trouvée : une couche de sédiment de 2,50m occupe la largeur de la vallée entre le Tigre et l’Euphrate, du Nord de la Bagdad moderne au Golfe Persique.

 

(p 145) Les traces de la période la plus ancienne et la plus longue de l’histoire de Sumer auraient disparu dans le cataclysme [15] , ce qui expliquerait l’« apparition » (« en termes archéologiques ») des sumériens 4000 ans avJC.]

- Pour les sumériens, le besoin soudain et urgent de reconstruire, « recréer », « le monde entier » aurait engendré « une nouvelle conception basée sur la construction de fondations à l’équerre, nivelées et droites d’un nouvel ordre », ce qui aurait donné naissance à « une connexion entre la science de la maçonnerie et le concept de  résurrection : le monde lui-même avait fait l’expérience d’une - mort – et il ressuscitait des eaux de la Création ».

- Après ce cataclysme, beaucoup de sumériens auraient quitté leur pays, en quête d’un nouveau havre. Ils auraient  emmené avec eux leur langage (aussi sophistiqué que bien des langues actuelles), leurs connaissances avancées, leurs dieux et leurs mythes… Pour des peuples moins évolués d’Europe et d’Asie, ils ont pu apparaître comme des dieux.

 

(p 146-147) Chris et Rob cherchent des éléments prouvant l’influence de Sumer sur d’autres cultures, et ils en trouvent de plus en plus. On peut se reporter aux pages 146-147 et voir à quel point le rôle de cette culture est extraordinaire ; parmi les exemples, est citée la construction d’une ziggourat à Babylone,... la tour de Babel. Les histoires du Déluge et de la tour de Babel sont introduites dans la Genèse en combinant diverses légendes et en donnant une « conception du monde »

(p 148) Comme les Écritures le racontent, « le monde était une immensité désertique avant que Dieu ne décide de le repeupler grâce à la lignée de Noé. De ce fait, il pouvait parfaitement promettre le pays de Canaan aux fils de Sem sans avoir une pensée pour les peuples qui se trouvaient là avant eux ».

« Depuis ses débuts à Sumer, - Dieu - a emprunté différentes voies pour atteindre les vallées du Nil, de l’Indus et peut-être même du Fleuve Jaune, en donnant naissance aux grandes religions du monde. Cette évolution intervint il y a très longtemps et l’une des toutes dernières variantes de la théologie sumérienne fut le dieu des juifs ».

 

La figure d’Abraham [16] , le premier juif

 

(p 148-150) Abraham aurait quitté Ur en raison des nomades « impies » qui venaient du Nord et envahissaient la vie quotidienne. « La Bible dit qu’Abraham s’éloigna de l’ordre créé par l’homme alors que la loi de Dieu avait été rejetée. C’est une allusion au renversement des représentants de Dieu sur Terre : le roi d’Ur et ses prêtres ».

Il est vraisemblable qu’Abraham voyage vers le pays de Canaan en se faisant passer pour un nomade, ce qui a un sens pour les 1ers rédacteurs de la Bible qui sont aussi nomades.

- Chris et Rob découvrent que, le terme « hébreu » dérive du terme « habiru » (ou Apiru) apparemment péjoratif,  utilisé par les Égyptiens pour décrire les tribus sémitiques qui errent comme les Bédouins. Les juifs descendraient de Sem, fils de Noé, personnage de légende sumérienne et plus tard d’Abraham qui quitte Sumer pour trouver la « Terre Promise »… bien d’autres sumériens doivent également faire la route vers le Nord et l’Ouest (vers l’Égypte). Ils seraient devenus une partie des peuples errants qui forment la nation juive.

« Tout prouve que les juifs ne forment pas une nation historique comme ils en sont venus à le croire. Ils sont un amalgame de groupes sémites qui, apatrides, finirent par former et adopter une histoire théologique fondée sur un sous-groupe sumérien ».

 

(p 151) On pourrait penser que le pays de Canaan est « un juste don de Dieu à Son peuple élu ». Mais l’ « acquisition... de cette Terre promise » serait une spoliation, car les Hébreux se seraient emparés du pays des Cananéens. Ce peuple, selon de récentes études archéologiques, était une civilisation avancée avec des villes fortifiées, d’innombrables bourgades et villages, des systèmes sophistiqués de production alimentaire, de manufacture et de commerce international. Le dieu hébreu est alors synonyme de dévastation.

 

(p 152) On admet généralement que les voyages d'Abraham ne sont pas antérieurs à 1900 avJC ni postérieurs à 1600 avJC. Dans l'hypothèse tardive de ce laps de temps, il aurait vécu au milieu de l'occupation de l'Égypte par les « hyksos » [17]ou « rois pasteurs » qui envahissent et oppriment les égyptiens de 1786 à 1567 avJC environ. Il y a peut-être une « connexion » entre Abraham et les Sémites qui viennent de la région de Jérusalem et envahissent l'Égypte.

 

(p 153-154) Mille trois cents à mille ans s'écoulent avant que l'histoire d'Abraham ne soit écrite. Durant cette période, ce récit n'est qu'une légende tribale. Quand elle est transcrite, les rédacteurs trouvent naturel que le dieu d'Abraham soit Yahvé, en dépit du fait que celui-ci n'apparaît pas avant l'époque de Moïse. Quand Moïse « guide les israélites hors d'Égypte, il leur dit que son message vient du - dieu de leurs pères - ... une manière strictement sumérienne de faire référence à un dieu personnel qui appartient à la descendance d'Abraham »(John Sassoon, From Sumer to Jérusalem). A cette époque, une infime partie de ces asiatiques déplacés (proto-juifs) descendaient d'Abraham ; devant ces esclaves en Égypte, il n'était pas possible d'évoquer Yahvé ou un quelconque dieu qui supplante toutes les autres divinités, mais tous acceptent le « message dû - dieu de leurs pères - ». Abraham n'est pas à l'origine d'une tribu qui prend son nom, mais son dieu personnel, le « dieu d'Abraham », devient la caractéristique de son futur peuple.« L'âme d'un sumérien [aurait donné] la base des trois religions monothéistes du monde ».

 

(p 154-155) Pendant la période de formation de la nation juive, Abraham passe quelque temps en Égypte. A-t-il des connexions directes ou indirectes avec les rois hyksos d'Égypte qui règnent de 1786 à 1567 avJC ? Ultérieurement des juifs occuperont des situations relativement prééminentes dans ce pays. Chris et Rob auraient toutes les raisons de s’orienter vers un héritage égyptien.

VII. L'héritage des Égyptiens

 

Les débuts de l'Égypte - « Genèse égyptienne » - Osiris -

 

(p 156-158) Les premiers Égyptiens seraient influencés ou même guidés par les bâtisseurs de villes sumériens qui ont quitté leur pays suite au Grand Déluge, amenant les secrets et mystères de l'architecture. Ces « migrants » trouvent une vie réglée par le fleuve Nil dont la crue de fin août à septembre se répand depuis le Sud jusqu'à la Méditerranée et assure la vie de la nation égyptienne.

Le Nil subvient aux besoins de petits groupes de chasseurs nomades pendant des dizaines de milliers d'années. Au cours du 4ème millénaire, des « centres agricoles » apparaissent et se développent en « proto-royaumes avec des frontières territoriales ... ». Après une période d'affrontements vient le moment de la coopération, plus efficace que l'agression. Des communautés harmonieuses émergent et, en 3.100 avJC, un royaume unique est établi par l'unification des pays de la Haute et de la Basse-Égypte.

 

(p 158) Dans les premiers temps du royaume unifié, chaque cité conserve ses dieux originels issus d'« une époque antérieure à la mémoire » où ils avaient vécu de la même manière que les hommes, .... « Les dieux n'étaient ni immortels ni omnipotents », ce qui ne correspond pas aux « définitions classiques d'un dieu ». Alors « pourquoi ces habitants primitifs étaient-ils décrits comme des dieux ? …  une seule hypothèse : les hommes qui contrôlaient la région du Nil, il y a plus de cinq millénaires et demi, étaient des étrangers possédant une connaissance ou une technologie si avancées en comparaison de celles de la population indigène qu'ils semblaient capables de magie. « … magie et religion étaient inséparables et toute personne puissante pouvait être prise aisément pour un dieu ». Ces « dieux vivants » auraient-ils transmis les secrets de l'architecture aux bâtisseurs de pyramides ?

 

(p 158-159) Voici maintenant la représentation égyptienne de la Création :

- « Les Égyptiens croyaient que la matière avait toujours existé… il était illogique d'imaginer un dieu créant quoi que ce soit à partir de rien,… ex nihilo. … le monde avait commencé quand l'ordre avait surgi du chaos. Et depuis, il y avait toujours eu un affrontement entre les forces d'ordre et les forces de désordre. Cet ordre originel  fut amené par  un dieu qui avait toujours été : il n'était pas seulement là avant les hommes, le ciel et la terre, il existait avant le temps des dieux ».

- L'état chaotique primordial était appelé Nun. Alors – comme dans les descriptions sumériennes et bibliques de la pré-création - , tout était ténèbres, abîme aquatique sans soleil avec une puissance, une force créatrice en son sein, qui commanda à l'ordre de se manifester. Ce pouvoir latent qui se trouvait dans la substance du chaos ignorait qu'il existait ; c'était une probabilité, un potentiel qui était emmêlé dans ce chaos de désordre ».Cette représentation de la Création est proche de la science moderne et de la théorie du chaos.

 

(p 159-160) D'une cité à l'autre, les croyances relatives à ce temps primordial varient un peu. Les cités les plus influentes sont (noms grecs ultérieurs), Menphis, Hermopolis, Crocodilopolis, Dendérah, Esna, Edfou et Héliopolis(ou la cité du soleil qui s'appelait avant « On ») ; au centre de leur théologie, on trouve un « premier moment » dans l'Histoire : « à cet instant, une petite île ou une colline avait surgi du chaos aquatique, une terre fertile prête à servir aux besoins de la vie ». Dans Héliopolis et Hermopolis, l'esprit qui a donné l'étincelle de vie apportant l'ordre est le dieu-soleil Rê (ou Râ) ; à Menphis il est identifié comme le dieu de la terre Ptah. Rê/Ptah devient la source des bienfaits matériels, l'inspirateur de tous les arts, la source de tous les talents essentiels… et de l'architecture.

 

(p 160-161) Les souverains de l'Égypte - d'abord les rois et plus tard les pharaons - sont à la fois des dieux et des hommes. Chaque roi est le « fils de Dieu », et au moment de sa mort, il est réuni à son père pour ne faire plus qu'un dans le (ciel) cosmique. L'histoire du dieu Osiris raconte comment ce cycle des dieux et de leurs fils commence.

- La déesse du ciel, Nut, avait cinq enfants. L'aîné, Osiris [18] , homme et dieu, épouse sa sœur, Isis [19]. Aidé par le dieu Thot, son bras droit, Osiris gouverne sagement l'Égypte. Son frère Seth, jaloux du succès d'Osiris, l'assassine et met son corps en pièces qu'il jette en différents endroits du Nil. En l'absence d'héritier, Seth va pouvoir régner… Mais Isis, pleine de ressources, rassemble les morceaux du corps d'Osiris, lui insuffle un ultime instant de vie et engendre un enfant qu'elle porte… Osiris peut rejoindre les étoiles où il gouverne le royaume des morts. Son fils Horus** [ (**) page suivante) devient prince d'Égypte ; il combat Seth auquel il coupe les testicules, mais il perd un œil. Horus est déclaré vainqueur et devient le premier roi. À partir de ce moment, le roi est considéré comme le dieu Horus lui-même. Au moment de sa mort il devient Osiris et son fils le nouvel Horus.

 

La stabilité des Deux-Pays - Les deux colonnes - Ma'at -

 

(p 161-162) Les pyramides sont probablement inspirées des ziggourats à étages de Sumer. Avant l'apparition des pyramides, la colonne remplit la même fonction de relation entre le monde des hommes et celui des dieux. La Basse et la Haute-Égypte avaient chacune leur colonne principale pour relier le roi et ses prêtres aux dieux ; l'une serait dans l'ancienne cité d'Annu (appelée plus tard On dans la Bible, puis Heliopolis par les Grecs) et l'autre dans la cité de Nekheb (aujourd'hui El-Kab - Haute-Égypte) au moment de l'unification ; plus tard Waset qui devient Thèbes portera le titre de « Iwnu Shema » - colonne du sud - On considère que ces deux colonnes sont réunies par le linteau céleste incarné par Nut, déesse du ciel ; elles seraient la manifestation de l'union des deux pays et témoigneraient de la stabilité comme de la prospérité du « royaume des Deux-Pays ».

 

(p 162-163) Les deux colonnes se trouvant sur un axe nord-sud, l'ouverture se fait « naturellement face à l'Est, pour saluer le soleil levant »… comme une porte spirituelle qui, vue d'orient situe la colonne de droite en Basse Egypte ; elle correspondrait à Jakin(dans un temple maçonnique), et signifie l'« établissement »… Selon le mythe égyptien, ce serait en Basse-Égypte que le monde aurait surgi du chaos primordial ; Jakin représenterait l'« établissement du monde ». La colonne de gauche marquerait le lien de la Haute-Égypte avec le ciel ; elle est identifiée à Boaz(dans un temple maçonnique), et signifie la « force » ou « en lui est la force », ce dont la Haute-Égypte fait preuve alors que la Basse-Égypte était occupée par un ennemi puissant.

Le thème de la force naissant de l'unité de deux colonnes serait l'origine d'un concept adopté ultérieurement par les juifs et les f.m..

 

(p 163-165) Chris et Rob découvrent l'idéal de la civilisation égyptienne, le concept de Ma'at :

- « L'Égypte se caractérise par le besoin d'ordre. Les croyances religieuses égyptiennes n'avaient pas de grand contenu éthique. Mais en pratique, on considérait que la justice était un bien si fondamental qu'elle était une partie de l'ordre naturel des choses. L'adjuration du pharaon au vizir lors de sa désignation rendait cela très clair. Le mot utilisé, Ma'at, désignait un concept plus vaste que la justice. Originellement le mot était un terme physique ; il signifiait nivelé, ordonné, et symétrique comme le plan de fondation d'un temple. Plus tard, il en vint à signifier rectitude, vérité et justice »(P.H. Newby, Warrior Pharaohs).

- N'est-ce pas une définition succincte, mais très claire de la F.M. ? La F.M. n'est pas une religion ; de même le concept de Ma'at ne fait « pas partie d'une... structure théologique ou légende » ; ce sont « des prises de conscience pragmatiques sur la pérennité de la civilisation et du progrès social… ».« Les deux utilisent le motif et l'érection d'un temple comme modèle et considèrent que le comportement humain doit être égal et droit... » ; « il est rare de trouver un code moral hors d'un système religieux » ... « … le Ma'at et la maçonnerie, pierre par pierre, niveau par niveau, pourraient enseigner beaucoup au monde moderne. ». « Si les ingénieurs modernes s'émerveillent du talent difficilement égalable des constructeurs de pyramides, que peuvent penser nos spécialistes en sciences sociales de concepts comme celui-ci ? »

 

(p 165-166) La F.M. se serait-elle inspirée du concept de Ma'at ? C'est apparemment impossible en raison du décryptage  des hiéroglyphes égyptiens (pierre de Rosette) un siècle après la fondation de la Grande Loge d'Angleterre.

 

(p 166-168) Évolution du concept de Ma'at

- Ma'at devient « la base du système légal » et incarne « toute - rectitude - toute voie - droite - , de l'équilibre de l'univers et de tous les corps célestes jusqu'à l'attitude juste dans la vie quotidienne ». Tout ce qui est régulier ou harmonieux dans la pensée et la nature est « considéré comme une manifestation de Ma'at… l'appréciation de tout ce qui est - régulier - et - harmonieux - est central dans toute la F.M. ».

- Par l'histoire de Seth et d'Osiris, le peuple égyptien sait que le règne divin des rois légitimes ne peut être interrompu. Les textes anciens décrivent le roi ou pharaon comme « celui qui fait Ma'at »,... gage d'équilibre politique et social… et de maintien de la monarchie. Si le peuple vit en accord avec Ma'at, sa prospérité est assurée, avec la juste crue du Nil.

Vivre par Ma'at, c'est affronter les forces du chaos et vaincre ses ennemis avec l'aide des dieux.

- Ma'at devient une déesse, fille du dieu soleil Ré et vogue avec lui dans le ciel. Elle est à la proue du bateau auquel elle assure une course parfaite ; elle porte une plume d'autruche et un « ankh » (ou croix ansée, symbole de vie) pendant à chaque bras. Le frère de Ma'at, est le dieu-lune Thot… figure de légende importante dans la maçonnerie primitive. Thot enseigne aux Égyptiens l'architecture et la religion ; il « aurait établi ce qui est vrai ». Le roi qui combat le mal est un « Bon Dieu - un héritier de Thot ».

 

 

Le sacre d'un roi - La cérémonie secrète -

 

- (p 168) Les deux colonnes, la pyramide, l’œil d’Amon-Rê, le concept de Ma’at … « les traditions orales de la F.M. datent de 4.000 ans la fondation du rituel ». Est-ce surprenant ? Pour Chris et Rob « la certitude d’une relation » commence à s’imposer. Pour trouver plus de « preuves de ressemblances » ils considèrent les actions du roi et de sa cour. Ils étudient la cérémonie de sacre, … dont la liturgie n’a pas été conservée. Néanmoins cette cérémonie implique un rituel de résurrection qui identifie le roi défunt à Osiris.

- (p 169) au cours de la cérémonie, le dieu Amon est transporté dans une châsse en forme de bateau, porté à hauteur d’épaules… comme le sera Yahvé, transporté dans l’Arche, sa châsse également en forme de bateau. L’Exode, l’histoire de Moïse et des Hébreux seraient-ils d’abord égyptiens ?

- (p 170) « On sait que le rituel de sacre était  exécuté dans la pyramide d’Ounas. Comme dans le temple maçonnique, le plafond de la chambre principale représente le ciel étoilé »...

- (p 169-170) La cérémonie de résurrection ne se limiterait pas au sacre  du roi ; elle impliquerait une société secrète dont la preuve est apportée par  des inscriptions qui figurent sur  des objets du musée du Caire.

- (p 172-173) Les égyptologues n’auraient pas trouvé la signification de « - j’ai trouvé ma voie - en référence aux matières secrètes ». Une interprétation serait « le fait d’accéder à une connaissance secrète devant devenir ensuite un mode de vie…. les esséniens et l’Église de Jérusalem utilisaient le même terme pour l’observance de leur Loi. »

- (p 173) La « société secrète » évoquée serait « le cercle intérieur du roi » (p 172), groupe  détenteur de secrets du roi… Cette élite bénéficierait d’« une instruction à des pratiques secrètes » conférées au cours d’une cérémonie. Cependant, pour un homme qui est aussi un dieu, l’Horus, le processus de sacre est une cérémonie d’une importance capitale pour la pérennité et la prospérité de l’union des Deux Pays.

- (p 174-175) Le couronnement se ferait au cours d’une 1ère cérémonie « ouverte », suivie d’une 2nde étape (secrète) où le roi devient  dieu… Selon Chris et Rob, « le cercle intérieur de détenteurs de secrets royaux se serait réuni » …  Après avoir absorbé une « potion » administrée par les prêtres, le nouveau roi « aurait fait l’expérience d’une - mort - … les effets de la potion se seraient dissipés » au cours de la nuit et, « le tout nouvel Horus serait revenu de son séjour  parmi les dieux et les rois passés d’Égypte »… retour calculé « pour que le réveil du nouveau roi coïncide avec le lever de l’étoile du matin (Vénus). À partir de cet instant, plus aucun mortel n’aurait envisagé d’usurper son pouvoir, délivré par les dieux au sein de leur conseil dans les cieux ».

 

Prouver l’improuvable

 

(p 176) « Aucun témoignage hiéroglyphique » ne peut attester que le candidat à la royauté subissait « une mort temporaire » pour voyager vers les étoiles… mais le principal évènement ne peut être que la création de l’Osiris et celle implicite de l’Horus lors de cet évènement. Ce dernier point est conforté par « un certain nombre de preuves circonstancielles ».

Chris  et Rob rappellent qu’ils n’ignorent « jamais le moindre fait attesté » et signalent clairement les moments de spéculation. Mais, si aucune preuve ne confirme le processus de sacre, l’hypothèse émise précédemment vient combler un vide sur la connaissance des procédures de sacre égyptien.

 

La preuve silencieuse - Un rituel silencieux...

 

(p 177) L’époque de la construction des pyramides est très courte. Le véritable objet des pyramides serait toujours débattu ; il est peu certain qu’elles aient été seulement un lieu funéraire pour les rois défunts.

La principale source d’informations sur le rituel d’Osiris/Horus viendrait des « Textes des pyramides », inscrits à l’intérieur des 5 pyramides de Saqqarah près du Caire ; la plus importante est celle du roi Ounas, de la fin de la Vème dynastie, il y a 4.300 ans ; c’est « une pyramide très tardive ».

 

(p 177-178) Ces textes permettent la reconstitution  de certains éléments du rituel, « mais c’est ce qui manque qui est le plus instructif » (J. Spiegel, Das Aufstehungsritual Unaspyramide, op. cit.). L’interprétation du Texte de la pyramide d’Ounas ferait apparaître un autre rituel, silencieux, exécuté conjointement au rituel principal, et mettant en scène une sorte de résurrection ; ce rituel serait antérieur à la plus ancienne période de l’Histoire égyptienne qui daterait de 3.200 avJC.

 

(p 180-181) Concernant l’hypothétique prise d’une drogue narcotique par le candidat pour son voyage vers les étoiles, puis son retour, Chris et Rob font remarquer que « les drogues narcotiques ont été utilisées pour les cérémonies religieuses de presque toutes les anciennes cultures humaines ». Il serait surprenant que les Égyptiens dont la civilisation est avancée ignorent l’usage de telles drogues. Il est fait aussi allusion à des « principes relatifs au chamanisme » qui « s’accordent en tout point avec ce que nous savons des croyances égyptiennes »… en particulier « le pont funéraire, un lien entre la Terre et le Ciel que les être humains utilisent pour communiquer avec les dieux, est un symbole des anciennes pratiques religieuses…. »(Micea Eliade, Le Chamanisme : techniques archaïques de l’extase, op. cit.). La traversée du pont se fait généralement … à l’aide de drogues.

 

(p 182) Chris et Rob découvrent que l’égyptologue Henri Frankfort (1897-1954)« avait repéré que les rituels de renaissance pour le roi mort étaient exécutés parallèlement aux rituels de couronnement de son héritier».

Enfin, Chris et Rob pensent que les Égyptiens auraient également emprunté une bonne partie de leur théologie aux bâtisseurs de cités sumériens.

 

Etoile du matin tiré de l'ouvrage « La Clé d’Hiram » par C. Knight et R. Lomas – J’AI LU.

Etoile du matin tiré de l'ouvrage « La Clé d’Hiram » par C. Knight et R. Lomas – J’AI LU.

L’étoile du matin - Vénus -

(p 183) Nous avons vu que la communauté  essénienne/Église de Jérusalem

comme la F.M. « utilisaient l’étoile du matin comme symbole de renaissance ».

Les Textes des Pyramides 357, 929, 935 et 1707 font référence à Horus, fils du

roi défunt, comme étant l’étoile du matin. Le sens littéral de l’hiéroglyphe

égyptien qui désigne l’étoile du matin [20] est la « connaissance divine » ;

c’est cette connaissance des « grands mystères » que le nouveau roi

partageait avec les dieux dans le pays des morts, « avant de revenir

en dieu/roi Horus sur terre sous la forme de l’étoile du matin qui surgit de l’horizon, juste avant l’aube ».

 

(p 184) Au cours des recherches de Chris et Rob, « The Orion Mystery » (livre écrit par Robert BAUVAL et Adrian GILBERT) est publié, décrivant la fonction des pyramides, leurs plans et ordonnancements « astrologiquement inspirés » ; les auteurs montrent comment les pyramides de Gizeh imiteraient dans leur disposition les étoiles de la ceinture d’Orion ; ils feraient aussi référence aux rituels exécutés dans les grandes ziggourats à étages de l’ancienne Mésopotamie intégrant « l’étoile du matin, vue comme la grande déesse cosmique Ishtar »… ce que Robert et Chris auraient trouvé par un chemin très différent (en remontant le cours du temps à partir des rituels de la F.M.)… ainsi l’étoile du matin, « Vénus » [21] se révèle comme un lien très important dans la chaîne de cette recherche.

Reste à savoir s’il existe une voie faisant passer les idéaux de Ma’at, les secrets des rois égyptiens et un rituel de résurrection détaillé, de l’Égypte à la F.M. via les esséniens.

 

(p 184-185) « Le destin... d’Osiris, son meurtre… suivi de sa résurrection et de son élévation vers les étoiles, .. fut l’un des exemples les plus anciens de justification et de récompense pour une souffrance innocente… il donnait un sens et un but à la souffrance » ; « il rendait espoir aux classes inférieures de la société. Quand d’autres dieux demeuraient distants dans leurs temples, Osiris pouvait être vénéré n’importe où et par n’importe qui à côté du dieu local »(N. COHEN, Cosmos, Chaos, and the Xorld to Come, op. cit.).

« Changez le mot - destin - par - crucifixion - et cette description pourrait bien correspondre au Christ Jésus. »

 

(p 185) Chris et Rob sont maintenant persuadés d’être sur une bonne voie dans leurs recherches.

 

 

VIII. Le  premier franc-maçon

 

(p 188-189) Chris et Rob examinent la 2ème période intermédiaire de 1782 à 1570 avJC, soit « six générations » entre le Moyen et le Nouvel Empire, époque de la domination des « rois pasteurs » ou hyksos…[(cf. p 192) et notes complémentaires en dernières pages - « hyksos » ne signifie par « roi pasteur », mais « princes du désert » (hikau-khoswet en égyptien)]. L’Égypte se remettra de cette domination, atteignant même « de nouveaux sommets d’accomplissement... ». « Cette ère de changements - des rois égyptiens  aux gouvernants hyksos, avant le retour à la monarchie thébaine »  pourrait fournir des indices...

 

Hiram Abif retrouvé - « Le roi qui fut perdu » -

 

(p 189-190) Passé le grade de Maître maçon, Chris et Rob sont déconcertés par les références à Hiram Abif et à l’A.T., car aucune des versions de la Bible ne mentionnerait un architecte du Temple de Salomon. Le seul lien entre Hiram roi de Tyr et Hiram Abif serait une homonymie. Il se pourrait que Hiram Abif représente une autre personne. Pour Chris et Rob, l’explication serait le sens hébraïque de Hiram qui signifierait « noble » ou « royal », tandis que Abif (ou Abi) serait identifié au vieux français « perdu » ; Hiram Abif serait « le roi qui fut perdu »

 

(p 191) Dans le processus de sacre royal de l’Égypte ancienne, nous sommes convaincus qu’« il existait une cérémonie secrète fondée sur une mort temporaire et une résurrection … Comment les Hébreux avaient-ils pu entrer en possession de ces mystères... ? Des personnages aussi importants qu’Abraham, Jacob, Isaac, Joseph et Moïse sont tous... fortement impliqués dans les événements égyptiens ». Joseph et Moïse seraient même « des membres majeurs de la cour royale » (à des époques différentes). « Les derniers chapitres du livre de la Genèse brossent un tableau de tolérance et de coopération entre les Égyptiens et les proto-israélites ». Mais l’Exode décrit un changement rapide dans ces relations. Pourquoi ?

 

L’effondrement de l’État égyptien - Nomades sémites et hyksos -

 

(p 191-192) Vers la fin du 3ème millénaire avJC (fin de l’âge du bronze moyen), des étrangers arrivent du désert et se répandent dans toute l’Égypte qu’ils déstabilisent par l’insécurité qu’ils génèrent. Un peuple connu sous le nom d’« hyksos » infiltre peu à peu la société égyptienne, « attendant de se trouver dans une position assez forte pour imposer leur contrôle sur les Deux Pays ». L’époque de cet affaiblissement national de l’Égypte  est appelée aujourd’hui la  « deuxième période intermédiaire », à la fin du Moyen Empire.

 

(p 192-193) Vers 1720 avJC les hyksos s’emparent du pouvoir lors du saccage de Menphis, la capitale ; ils constitueraient  « un ensemble de peuples asiatiques distincts, principalement sémites... de Syrie et de Palestine »  et « parlaient tous la même langue sémitique de l’Ouest que le peuple qui serait plus tard connu sous le nom d’israélites ». Les Égyptiens  appellent « habiru » (hébreux) un ensemble d’asiatiques sémites qui parlent la même langue, mais ne représentent pas une race identifiable. Ultérieurement les hyksos/habiru auraient constitué une alliance tribale à l’origine des tribus d’Israël et du « peuple juif ... la première mention dans la Bible du peuple juif coïncide précisément avec l’époque où les égyptiens chassèrent les hyksos d’Égypte… »

 

(p 193-194) Pendant le 2ème millénaire avJC, il est prouvé qu’un changement climatique provoque une sécheresse dans tout le Proche-Orient. Fidèles au principe de Ma’at, les égyptiens auraient donné aux habiru errants l’eau et la terre quand les conditions à l’extérieur du delta du Nil devinrent insupportables. « La Genèse 12, 10 … offre un témoignage évident : Il y eut une famine dans le pays et Abraham descendit en Égypte pour y séjourner, car la famine pesait lourdement sur le pays ».L’Égypte aurait été submergée par ces peuples nomades et, les égyptiens pacifiques et confiants, n’auraient pu résister aux hyksos belliqueux.

 

Les rois hyksos

 

(p 194-195) Les rois hyksos adoptent la culture égyptienne et leur peuple s’intégrerait à la vie citadine. Les nouveaux rois écrivent leurs noms en hiéroglyphes, prennent les titres traditionnels des rois et se baptisent de noms égyptiens.

- Les hyksos étendent d’abord leur influence sur la Basse-Egypte à partir de leur cité d’Avaris nouvellement bâtie. Ils adoptent Seth(ou Set) comme dieu d’État, divinité qu’ils « importent »  de leur région initiale (Il y aurait des ressemblances avec Baal, leur dieu cananéen antérieur). Ils acceptent Rê comme dieu majeur qu’ils honorent sous les titres royaux qu’ils se confèrent. Plus tard, ils contrôleront les Deux-Pays depuis la vieille capitale de Menphis.

(p 196) Il y aurait une « symbiose » grâce à laquelle les envahisseurs acquièrent « un raffinement culturel et théologique », tandis que les Égyptiens apprennent de nouvelles technologies (chariots, armes…) et, beaucoup plus important, les Égyptiens tirent les leçons de l’expérience hyksos(les Égyptiens reverraient  la défense de leurs pays,...).

 

(p 196-197) Les rois hyksos, malgré leur puissance et leur volonté d’« intégration », n’avaient pas accès à l’ultime consécration par le processus initiatique de sacre qui reste secret. Autoproclamés « Horus », ils n’ont « pas d’autre choix que d’assumer un titre vide ». Ils revendiquent bientôt « le pouvoir spirituel ».

 

La perte des secrets originels - Apophis le serpent des ténèbres -

 

(p 198) A la 3ème ou 4ème génération, les rois hyksos embrassent totalement la théologie égyptienne. Ils estiment probablement « avoir le droit de posséder les secrets des Horus » et, de « devenir Osiris dans la mort,... être une étoile… pour l’éternité ».

 

(p 198-199) Vers la fin du règne hyksos,  Chris et Rob découvrent que le roi légitime Sekenenrê Taâ II(cantonné à Thèbes) s’affronte avec l’un des rois hyksos, Apepi, connu également sous le nom d’Apophis, qui prend « le titre de - Roi de Haute – et de Basse-Egypte – Fils de Rê ».

(p 199) « Les hyksos,... comme dieu principal… adoptèrent Seth, le meurtrier de son frère Osiris (le dieu que tout roi égyptien entendait devenir). En s’identifiant à Seth, les hyksos affichaient leur mépris pour le peuple égyptien et leur allégeance aux forces du mal… L’opposé de Ma’at était appelé - Isfet - … le mensonge, l’injustice… et d’après la mythologie égyptienne, le chef de ces personnifications d’ - Isfet – était un dieu serpent monstrueux… semblable à un dragon appelé… Apophis (ou Apopis). » Cette puissance du mal, personnification du chaos primordial, portait le nom du roi hyksos !  Sekenerê Taâ II serait donc au cœur d’une bataille spirituelle, rien moins qu’une répétition de la fondation de la nation par Osiris, Isis et le premier Horus.

 

(p 200-202) A 600 km au sud d’Avaris, Thèbes paye des impôts à Apophis et s’appauvrit ; mais Thèbes maintient la lignée des rois égyptiens. Vers la trente-quatrième année de son règne, on suppose qu’Apophis aurait exigé du roi de Thèbes de lui fournir les secrets pour devenir Osiris. Il y aurait des exemples significatifs d’un conflit entre Apophis et Sekennenrê (cf. page 201, une lettre de Apophis). Sekenerê Taâ II est un jeune homme tenace ; il est le véritable Horus, face à Apophis, homonyme du « serpent des ténèbres » ; sa résistance aurait abouti à son assassinat puis … à l’expulsion des hyksos et au retour du pouvoir des rois égyptiens sur les Deux-Pays.

Sekenenrê Taâ II pourrait bien être « l’Hiram Abif originel - Le Roi qui fut perdu - ».

 

La preuve biblique - Chronologie reconstituée - Joseph  contemporain d’Apophis -

 

(p 203-205) On connaît l’histoire de Joseph, de sa venue comme esclave jusqu’à son accession à la plus haute fonction en Égypte comme vizir du roi. On admet que cette histoire est fondée sur une personne réelle. Les versets 8 et 9 du chap. 1 de l’Exode donnent une datation pour Joseph et le pharaon non identifié : « Un nouveau roi vint au pouvoir en Égypte, qui n’avait pas connu Joseph. Il dit à son peuple : regardez, le peuple des enfants d’Israël est devenu plus nombreux et plus fort que nous. » ; ce sont les paroles du monarche qui succède à Apophis après que les hyksos aient été vaincus. Joseph serait donc contemporain d’Apophis.

 

(p 206-208) « … dans les grandes lignes, les textes bibliques sont probablement un bon indicateur de ce qui se passa réellement dans ce lointain passé. » Mais si on considère les âges « invraisemblables » (p 204)des acteurs bibliques, il serait possible de dater approximativement les évènements en proposant des âges plausibles au regard des informations fournies par la Bible. Voici la chronologie revue de Joseph à Abraham (dates avJC) :

- 1570  Joseph Vizir (estimation autour de 50 ans...)

- 1620  Naissance de Joseph (On sait que son père Jacob est vieux, disons 60 ans)

- 1680  Naissance de Jacob (disons que son père Isaac avait 60 ans)

- 1740  Naissance d’Isaac (son père Abraham est réputé très vieux, disons 70 ans)

- 1780  Abraham arrive en Égypte pour la première fois (il a probablement 30 ans environ)

Ainsi Abraham entrerait en Égypte « dans l’année [… plutôt la décennie si on se fie à la chronologie en dernières pages ? (Note du rédacteur)]identifiée comme le commencement du règne hyksos... ».

Nulle part les auteurs de l’A.T.  ne font d’allusion claire à la conquête de l’Égypte par les Asiatiques dont on sait qu’elle est intervenue entre les époques d’Abraham et de Moïse… ???

 

 

 

Le meurtre d’Hiram Abif - La momie de Sekenenrê Taâ II -

 

(p 210) Voici le récit de la découverte de la momie de Sekenenrê (son corps est actuellement au musée du Caire) :

«  Quand en juillet 1881, Emil Brugsh découvrit la momie du pharaon Ramsès II, un autre corps royal se trouvait dans la même cache, mais il était plus vieux que celui de Ramsès de quelque trois cents ans, et il se distinguait par son odeur particulièrement putride. D’après le cartouche, c’était le corps de Sekenenrê Taâ, un des souverains égyptiens de souche condamné à vivre loin au sud, à Thèbes, pendant la période hyksos. Même pour un œil de néophyte, il était évident que Sekenenrê avait connu une fin violente. Le milieu de son front avait été enfoncé… Un autre coup avait fracturé l’orbite de son œil droit, sa pommette droite et son nez. Un troisième avait été porté derrière son oreille gauche, fracassant son mastoïde et terminant sa course dans la première vertèbre du cou … Après son décès, il ne connu apparemment pas un sort meilleur, puisque son corps semble avoir été délaissé quelque temps avant d’être embaumé pour la momification. C’est de là que viennent l’odeur putride et les signes de premières décompositions.

Les témoignages égyptiens ne disent rien des circonstances de la mort de Sekenenrê, mais il est presque certain qu’il mourut des mains des hyksos/cananéens. »(Ian Wilson, The Exodus Enigma).

«  Les terribles blessures sur le crâne de Sekenenrê furent causées par deux hommes au moins, l’agressant avec une dague, une hache, une lance et peut-être une masse. »(Peter Clayton, Chronicle of the Pharaos).

 

(p 211-213) Chris et Rob rappellent « le récit du troisième degré maçonnique »(cf. p 212) ; en faisant abstraction de l’époque du roi Salomon où est évoqué le meurtre d’Hiram Abif, « tout concorde » : les blessures, deux agresseurs au moins (en fait trois), des outils comme armes possibles du meurtre, la décomposition du cadavre de Sekenenrê qui montre que les embaumeurs tardent à recevoir le corps du défunt… et le roi Sekénenrê est « le seul corps royal de l’ancienne Égypte à montrer des signes d’une mort violente ». C’est l’histoire d’un homme tué par trois coups, tandis qu’il aurait empêché « les hyksos de s’emparer des secrets des rois égyptiens ».

Le récit maçonnique parle aussi des assassins…

 

Les assassins d’Hiram Abif et leurs complices -

 

(p 213) Dans la légende maçonnique, les tueurs d’Hiram sont Jubelo, Jubela et Jubelum (appelés collectivement les Jubes - En anglais, Juwes), probablement « des inventions symboliques ».  Alors qui sont les vrais assassins ?

 

(p 213-215) La Bible indique que Joseph est le vizir du roi hyksos Apophis. Joseph peut-il ne pas être impliqué dans un complot pour arracher les secrets à Sekenenrê ?

La Bible, version du roi James, relate (dans la Genèse 49, 6) des paroles de Jacob/Israël mourant, alors qu’il médite sur les actions de ses fils, les têtes des 12 tribus d’Israël :

« O mon âme, n’entrez pas en leur secret ; qu’à leur assemblée, mon honneur ne s’unisse pas : car dans leur colère ils ont tué un homme, et par leur volonté ils ont fait s‘effondrer un mur »(Voir la version anglaise en page 214).

Ce meurtre n’est pas expliqué, mais il est suffisamment important pour être cité, sans donner le nom de la victime. De plus, « n’entrez-pas en leur secret » peut être rendu en français (anglais) moderne par : « vous n’êtes pas parvenu à obtenir leur secret » ; « l’effondrement d’un mur » serait la retombée des conséquences de ce crime dévastateur sur les coupables. Les deux frères et les futures tribus qui seraient « tenus pour responsables de ce meurtre inconnu sont Siméon et Lévi ».

 

(p 216-217) Vraisemblablement, le roi hyksos Apophis vieillissant aurait « bien l’intention d’avoir une après-vie égyptienne », mais il faut arracher « le secret » au roi de Thèbes. Joseph, son vizir et homme de confiance (il interprète les rêves d’Apophis) serait chargé de l’« entreprise ». Pour cette mission, Joseph se tournerait vers ses frères (Siméon, Lévi,…?) qui, rappelons-le, l’avaient vendu comme esclave des années auparavant. Ne doivent-ils pas payer cette « vieille dette » ? Les deux frères seraient allés à Thèbes ; ils auraient pris contact avec « un jeune prêtre royal du temple d’Amon-Rê, réputé ambitieux et facilement influençable » (que Chris et Rob baptisent Jubelo). Sekenenrê est assassiné, « le secret » est perdu pour toujours et une guerre est menée par Kamès(ou Kamose) et Ahmose, les fils du roi assassiné. Les hyksos sont expulsés d’Égypte pour toujours… « Oui, les murs certainement s’effondraient sur leurs têtes ! »

 

(p 218-220) Les secrets étant perdus, Kamès ne peut devenir Horus ; il ne peut être fait roi. Un prêtre aurait proposé « une solution extraordinairement brillante »(développée pages 218-219) au terme de laquelle le prêtre Jubelo,considéré comme « la manifestation de Seth », sera castré, enroulé vivant dans les bandages de la momification et placé dans un cercueil scellé. Une nouvelle cérémonie est conçue pour ressusciter le nouveau roi d’une mort symbolique. La cérémonie substituée raconte « l’histoire de la mort du dernier roi de la première Égypte et la renaissance de la nation avec le nouveau roi ». De même que Kamès se relève d’une mort symbolique, la nation renaît. La période qu’on appelle le Nouvel Empire va commencer et l’Égypte deviendra une fière nation.

 

La preuve physique - Une « momie » hors norme -

 

(p 221-223) L’histoire relatée précédemment est « scénarisée ». Le témoignage de la Bible est utilisé, mais pas seulement. Chris et Rob sont confrontés à une étrange momie répertoriée, celle d’un jeune homme trouvé à côté de Sekenenrê (cf. p 223) ; son corps momifié (bandages enlevés) manifeste « une expression d’agonie extrême » ; tous ses organes sont à leur place, le corps n’est pas embaumé ni momifié de façon usuelle ; contrairement à la coutume, ses bras ne sont pas disposés le long du corps ou croisés sur la poitrine, mais tendus vers le bas, les mains couvrant la région pubienne… l’homme est castré. Chris et Rob donnent d’autres détails sur le corps (p 222-223). La momie est dans un sarcophage blanc sans la moindre inscription. Les spécialistes considèrent qu’il s’agit d’un noble ou d’un membre du clergé ; ils estiment qu’il date de la XVIIIème dynastie qui commença  avec Ahmose, après la mort de son frère Kamès.

 

Ainsi, Chris et Rob confortent leurs certitudes d’avoir retrouvé « Hiram Abif », d’avoir découvert les circonstances de son meurtre, et d’avoir identifié l’un de ses assassins… 3.500 ans après les évènements.

 

La preuve maçonnique - L’incantation de Ma’at…, les « observances » esséniennes -

 

(p 224-225) Lors de la cérémonie du « 3ème degré » ou résurrection du Maître maçon, « les mots secrets sont murmurés à l’oreille du Frère nouvellement relevé (« ressuscité ») ». Ces mots incompréhensibles semblent composés de courtes syllabes dans le style des anciens Égyptiens. En disséquant les syllabes, Chris les traduit phonétiquement (cf. Conclusion p 235) et obtient les mots murmurés en loge ouverte : « Ma’at-neb-men-aa, Ma’at-ba-aa ». Les f.m. devraient reconnaître « ces mots et seront étonnés d’apprendre qu’il s’agit de pur égyptien ». La traduction serait : « Grand est le Maître de la F.M., Grand est l’Esprit de la F.M. », sachant que Ma’at est traduit par F.M. « car aucun terme moderne ne s’approche davantage [de ce] concept originel complexe ». Ma’at est « une attitude face à la vie qui [fusionne] les trois valeurs les plus importantes de l’humanité… la connaissance scientifique, la beauté artistique et la spiritualité théologique. C’est l’art de la maçonnerie ».

(p 226-227) Ces mots survivent dans la tradition et les traductions linguistiques  parce qu’ils seraient considérés comme « magiques » … La résurrection du nouveau candidat ne serait pas simplement symbolique… « On avait probablement perdu depuis longtemps leur sens originel à l’époque du roi Salomon ».

« L’incantation égyptienne - fossilisée - relative à Ma’at s’est transmise aux f.m. via deux longues traditions orales et une période d’hibernation sous le Temple d’Hérode ».

 

(p 227-228) Chris et Rob découvrent « d’autres connexions abondantes avec la F.M. … [dans] la structure du clergé et des hautes fonctions du Nouvel Empire... ». Exemples :

- Le 1er Prophète de la reine Hatchepsout est également le « Surveillant des Travaux ».

- Le 1er Prophète de Ptah est le « Maître Artisan » ou le « Maître Bâtisseur ».

Rappelons que la maçonnerie n’a pu copier ces appellations sur l’Égypte ancienne puisque l’égyptien ne sera traduit que postérieurement à la fondation de l’Art Royal.

Le rituel maçonnique fait référence à Hiram Abif, « Fils de la Veuve », sans explications. Une interprétation serait que Horus est conçu alors que sa mère est déjà veuve. Tous les rois d’Égypte ou Horus qui suivent seraient donc aussi « Fils de la Veuve », ce qui est particulièrement adapté pour Kamès, le fils d’Ahmose-Inhapi, veuve de Sekenenrế Taâ II.

(p 228) Pour terminer ce paragraphe, on retrouverait même des « observances » égyptiennes chez les ésseniens. Les prêtres égyptiens porteraient « exclusivement des robes blanches » et consacreraient « de longues périodes à se nettoyer et à se purifier ». Ils s’abstiendraient de relations sexuelles et seraient circoncis… ils respecteraient « des interdits relatifs à certaines nourritures… ». Ils utiliseraient « de l’eau de façon presque baptismale » et se serviraient « d’encens pour purifier leurs vêtements ». « Les observances des esséniens », fondateurs de l’Église de Jérusalem, sont véritablement anciennes.

 

Sekenenrê Taâ le Sans Peur

 

(p 229-230) Après l’assassinat de Sekenenrê Taâ II, roi légitime d’Égypte, Ahmose (successeur de Kamès) chasse Apepi II (successeur d’Apophis) avec son peuple hyksos  ; ne pouvant s’échapper par la mer, « pas moins de 240.000 familles  auraient… traversé les déserts du Sinaï et du Néguev », renvoyées « à Jérusalem ».

 

(p 229-231) « Le sans peur », tel est le qualificatif donné à Sekenenrê par les Égyptiens reconnaissants d’avoir protégé les plus grands secrets des Deux-Pays, face à la mort. Mais, c’est « un tournant très important dans la théologie égyptienne : le moment où les secrets du culte de l’étoile et de la magie du sacre royal furent perdus pour toujours... À partir de ce moment, les secrets originels montrant comment Isis avait ressuscité Osiris furent remplacés par des secrets substitués et aucun roi d’Égypte n’a plus jamais rejoint les étoiles… les gouvernants d’Égypte ne furent plus des rois. Ils devinrent simplement des pharaonsde l’égyptien Per-aa… qui signifie - grande maison - (à l’image des Etats-Unis d’Amérique qui, parfois, pour parler du pouvoir à leur tête, font référence à la Maison-Blanche plutôt qu’au Président lui-même) ».

- « En dépit de la perte des secrets », l’Égypte parvient à ressusciter brillamment et le Nouvel Empire est la dernière grande période pour l’Égypte. La mort et la résurrection conduisent à une renaissance qui permet « à la nation d’acquérir une nouvelle force et une nouvelle vigueur ».

 

(p 231) On a pu croire que l’histoire ritualisée d’Hiram Abif était « inventée pour éclairer des points symboliques importants », mais ce serait l’inverse : le symbolisme est extrait de la réalité historique (cf. p 228-229). Alors,...

- Pourquoi  se souvenir de Hiram Abif comme d’un bâtisseur, d’un architecte ? Parce que « Sekenenrê était le plus grand protecteur du Ma’at, le principe de vérité et de justice, que l’on représente comme posant les fondations droites et carrées d’un Temple ».

- Pourquoi Hiram Abif/Sekenenrê est-il associé au Temple du roi Salomon ? Chris et Rob établiront que les israélites reprennent cette histoire dramatique et l’appliquent à la maison royale de David pour « fournir une structure de secrets royaux » que leur nouvelle monarchie sans culture ne possède pas. Les juifs auraient effacé l’origine égyptienne de cette histoire, l’attribuant au plus grand moment de l’histoire de leur propre nation : la construction du Temple du roi Salomon. La vie de Salomon étant connue, le héros du récit ne pouvait être roi ; le rôle de l’architecte du Temple qui possède les secrets de la construction et la sagesse, a été créé et compris par tous… une résurrection pour Sekenenrê « le Sans Peur ».

 

(p 231-232) « Hiram Abif n’adorait pas Yahvé, mais le dieu-soleil Amon-Rê - le plus haut - …  la bible nous dit que, avant que les israélites adoptent le nom de Yahvé, ils faisaient référence au - dieu de nos pères - comme el elion - , un terme cananéen signifiant le - dieu le Très Haut »,ce qui ramène à l’histoire originelle égyptienne que les israélites ont emportée avec eux.Aujourd’hui, les f.m. se rencontrent symboliquement à midi au moment où le soleil est « le plus haut ».

 

(p 233-236) Chris et Rob font le point sur tout ce qu’ils on découvert depuis le début de leurs recherches. En réexaminant chaque maillon de leur théorie, ils sont confortés dans le fait de se trouver dans « une nouvelle perspective de l’histoire factuelle ». Ils veulent maintenant « comprendre comment la légende d’un roi égyptien tué par des proto-israélites se [transforme] en un évènement de l’histoire de la nouvelle nation des juifs » ?

Ce sont 1.500 ans qui séparent cet évènement du seul groupe ayant pu enterrer des éléments d’informations et de connaissance pour que les templiers les trouvent ; il faut donc « suivre la trace du judaïsme jusqu’à l’épanouissement des esséniens ». En Égypte, c’est de Moïse, « la plus grande légende de l’histoire du peuple juif », qu’il faut partir.

IX. La naissance du judaïsme

 

Moïse le législateur

 

(p 237) Est-il « possible d'établir la permanence d'une cérémonie de type maçonnique du Nouvel Empire égyptien jusqu'à l'époque de Jésus » ? L'unique source d'information serait l'A.T. et le rituel maçonnique.

 

(p 237-238) La Bible montre sans équivoque que la nation juive commence avec un homme nommé Moïse dont l'existence est peu douteuse. Moïse est lié à un exode d'esclaves asiatiques venant d'Égypte, postérieurement à l'expulsion des hyksos. Les sémites qui restent en Égypte (après le départ des hyksos), notamment les habirus, sont réduits en esclavage au cours des décennies 1560 et 1550 ; on retrouve des preuves de leurs travaux forcés (Werner Keller , The Bible as History, op. cit.). Ces proto-juifs parleraient le cananéen, vénéreraient des dieux égyptiens et élèveraient des monuments à Osiris, Ptah et Hator ; ils sont loin de « l'image populaire des nobles fidèles de Yahvé… implorant le dieu de leurs pères » (Peake's Commentary on the Bible, op. Cit.).

 

(p 239) Selon la Bible catholique romaine de Douai, le nom de Moïse viendrait « de l'égyptien signifiant – sauvé des eaux - », mais « Moïse » signifie simplement « né de ». Ce terme « Moïse » ou « Mosis » (ou encore « mose », « msès »,…) est associé normalement à un autre nom en préfixe, comme « Thoutmosis » (né de Thot), « Amenmosis » (né de Amen/Amon), « Ramsès » (né de Ra). Si la Bible de Douai « véhicule quelque vérité historique », il est possible que le nom complet de Moïse soit « Hapymosis »(né du Nil) ; ce serait plutôt le nom d'un dieu égyptien qui aurait été supprimé en tête du nom de Moïse, par Moïse lui-même ou par un scribe.

Le nom de Moïse/Mosis est un des rares mots de l'ancien égyptien qui nous est parvenu, sous sa forme hébraïque « Moshé » et sa forme arabe « Musa ».

 

(p 239-243) Il serait « imposible... de savoir dans quelle proportion l'histoire de Moïse est authentique ou romancée ». Voici quelques éléments analysés dans le livre de l'Exode :

- L'ordre de jeter tous les nouveau-nés israélites mâles dans le Nil (Exode 1, 22) ne peut être historique, car contraire au principe de Ma'at cher aux égyptiens, et... risqué pour la seule source d'eau qui serait devenue insalubre avec des milliers de cadavres en décomposition.

- L'épisode de la naissance de Moïse (trouvé dans un panier au bord du Nil par la fille du pharaon) est presque identique à celui de la naissance de Sargon  qui régna sur Babylone et Sumer quelques siècles avant Moïse (cf. comparaison  p 240). Pour Chris et Rob cette histoire aurait été créée au VIème s. avJC « pour adapter à la naissance de la nation juive le vieux thème d'une création  émergeant des eaux ». Cette histoire « explique… [aussi] comment un général de l'armée égyptienne, membre de la famille royale d'Égypte, devint le père fondateur du peuple juif ».

- La mère de Moïse « une femme de la maison Lévi », ferait partie des inventions tardives pour adapter l'histoire dans un ordre convenu. « Moïse avait dû être un prêtre donc un lévite ».

« Le livre de l'Exode montre … qu[e Moïse] est un assemblage de trois versions orales de l'histoire traditionnelle de la sortie d'Égypte ».  Après examen (p 242-243), Chris et Rob considèrent qu'il est « suffisant d'admettre qu'un membre d'un rang extrêmement élevé de la cour égyptienne était devenu le chef de quelques tribus qui deviendraient la nation des juifs ».

 

(p 244) Les actes des Apôtres 7, 22, disent que « Moïse fut instruit dans toute la sagesse des Égyptiens ». L'époque de Moïse serait celle du début du Nouvel Empire. Moïse, « membre majeur de la cour du pharaon », serait instruit des « secrets substitués »(qui auraient remplacé les secrets originels d'Osiris) et des « principes de résurrection reconstruits autour de la légende de Sekenenrê et de son sacrifice... [des] secrets du sacre, la plus haute expression du pouvoir et l'acquisition d'une marque de royauté ». Vraisemblablement « profondément » impressionné, « le jeune Moïse » emportera « le nouveau rite de passage secret nécessaire au sacre royal dans le nouveau pays d'Israël ». L'histoire du « roi qui fut perdu » aurait été transmise dans la lignée royale de David.

 

(p 244-245) « … le récit biblique de l'Exode montre... que le groupe conduit par Moïse [est]… égyptianisé et que le culte des divinités égyptiennes [est] la pratique courante ». Moïse reçoit les dix commandements sur des tablettes de pierre pour marquer la fondation d'un nouvel État. « Tout roi devait recevoir sa - charte royale - des dieux… preuve de sa capacité à gouverner… base de la loi et de l'ordre dans la nouvelle société ».

- Aujourd'hui nous sommes familiarisés avec l'écrit, mais au IIème millénaire avJC, le peuple ordinaire devait être « fasciné par le fait que des messages puissent surgir de simples marques dans la pierre », en l’occurrence des hiéroglyphes égyptiens… « Moïse n'aurait pas compris d'autre écriture… On sait que les Égyptiens appelaient les hiéroglyphes - les Paroles de Dieu - expression que l'on retrouvera souvent dans la Bible ».  

 

Le dieu de la guerre des montagnes du Sinaï - Moïse rencontre le dieu des madiânites -

 

(p 245) Ce sont Chris et Rob qui parlent :« … l'histoire de l'Exode nous horrifia…  Au lieu de la description d'un noble et grand peuple conquérant sa liberté et trouvant sa - Terre promise - , nous lisions un déconcertant catalogue de pratiques de démonologie primitive, de meurtres de masse, de viols, de vandalisme et de vols en tout genre. Concernant la naissance d'une nouvelle nation, nous avions le récit le plus ignominieux imaginable ».

 

(p 245-246) S'étant rendu coupable d'un meurtre en Égypte, Moïse qui est un « soldat » égyptien, s'enfuit vers l'Est et le Sinaï. Il est accueilli par les tribus madiânites (appelés aussi qénites, l’un des peuples cités par Genèse 15, 19 – cf. bas de page 262), épouse la fille du roi, Cipporah, et… rencontre le  dieu de ces tribus, « un dieu de la tempête et de la guerre dont le symbole [est] un motif en forme de crucifix [22] qu'ils arbor[ent] sur leurs fronts ». Ce signe sera plus tard « la marque de Yahvé Ce Dieu vivant dans les montagnes » avec lequel Moïse a des conversations, va inspirer « le thème central du Dieu des Juifs ».

 

(p 246-249) « De par son éducation égyptienne, Moïse [sait] que les dieux [ne sont] pas toujours supérieurs aux humains et que, si un homme [peut] obtenir le nom d'une divinité, il [peut avoir] un pouvoir sur celle-ci ». A la question sur son nom, le dieu madiânite répondrait : « Je suis celui qui est »(cf. p 246) ;Yahvé ou Jéhovah, prononciations hébraïques modernes de Dieu, serait « un titre issu de la réponse signifiant – Je suis - ».

Notons que la théologie et la magie étaient synonymes jusqu'à ce que l'homme sépare ces deux aspects du mysticisme. « Le concept d'un dieu des israélites vivant dans son arche n'est pas différent de celui d'un génie vivant dans une bouteille qui réalise les vœux de ses amis ... Aujourd'hui, nous séparons... les contes arabes des Mille et une Nuits et les histoires de la Bible, mais il ne fait aucun doute qu'ils ont une origine commune ».

 

(p 248-249) Selon la Bible Moïse retourne en Égypte pour libérer de l'esclavage la communauté habiru après avoir avoir infligé la misère et la mort sur l'Égypte en utilisant « les pouvoirs de son nouveau … dieu de la tempête ». Le nombre de personnes déplacées réellement au cours de l'Exode serait loin de ce que décrit la Bible ; Moïse conduirait « son peuple » vers le Sinaï et le campement madiânite où se trouve son beau-père, Jéthro. Moïse remonte sur la montagne sacrée pour rencontrer le dieu de la tempête ; ce dieu très exigeant accompagne ses demandes de menaces de lourdes représailles sur le peuple d'Israël en cas de non-respect de ses recommandations. Le nouveau dieu exige qu'« une arche totalement recouverte d'or » soit construite afin de résider parmi les israélites. Cette arche serait de style égyptien classique et il serait unanimement admis que les deux figures aux extrémités désignées comme des « chérubins » sont des sphinx ailés (lions à tête humaine). Le nouveau dieu ne semble pas impressionner  les israélites ; dès que Moïse est reparti sur sa montagne pour parler à Yahvé,  ils fondent un veau d'or ; cette effigie,vraisemblablement une représentation du dieu égyptien Apis, aurait contrarié le nouveau dieu… 3.000 « pécheurs » israélites sont tués sur l’exigence de ce « dieu de la guerre ».

 

Et les murs tombèrent -La « Terre Promise » -

 

(p 249-251) Quand les israélites prennent la route de leur « Terre Promise », « un seul obstacle se dresse, … la population indigène ». Le Deuteronome (version de Douai, chapitres 2 et 3) raconte comment le « peuple élu de Dieu » s'empare du pays de Canaan ; l'extrait en  p 250 raconte le pillage et la destruction de « soixante villes … sans parler d'innombrables petites villes... tuant… hommes, femmes, enfants. Ne laissant rien échapper. » … avec le soutien du « Seigneur notre Dieu ». Le « Seigneur » exprime aussi sa férocité envers son propre peuple dans les propos rapportés par le Deuteronome 8, 19-20 (cf. extrait p 251).

 

(p 251) Moïse meurtrier en Égypte, passe le restant de ses jours à tuer des « étrangers », parfois « ceux qui lui [font] confiance » ; « cet homme et sa vision de Dieu » sont-ils conciliables avec le Dieu des juifs et des chrétiens modernes ? Selon Chris et Rob, l'« image de Dieu se forme lentement jusqu'à devenir la personnification majeure idéalisée reflétant la moralité et les besoins du temps. Ce n'est pas tant ce Dieu qui a fait l'homme à Son image ; c'est plutôt l'homme qui continuellement remodèle Dieu à son image ».

 

La datation de l'Exode

 

(p 251-252) « De récentes fouilles archéologiques ont mis au jour les vestiges d'un grand nombre de villes et cités détruites. Celles-ci dateraient l'Exode de la fin de l'âge du bronze moyen, … quelque part entre l'expulsion des hyksos (1567 avJC - cf. chronologie en dernières pages de ces notes de lecture) et le milieu du XVème siècle avJC ».

1.500-1.450 serait la  période la plus probable de l'Exode.

- Ce serait la formation reçue en Égypte qui aurait donné à Moïse l'idée et la capacité de créer son propre dieu et d'établir une nouvelle nation, « face à de grandes difficultés » ; « ses méthodes cruelles » auraient été « la seule manière... de réussir », de mener son peuple qui devait être « très fruste », comparativement à son chef qui «...  fut instruit dans toute la sagesse  des Égyptiens ».

 

David  et Salomon  -Josué, Gédéon, Samuel et les autres...

 

(p 252-253) Sur les 12 tribus connues d’Israël, deux ou trois seulement seraient arrivées lors de l’Exode. A l’époque des Juges [23], les tribus de Siméon et Lévi auraient quasiment disparu et celle de Juda commencerait à être reconnue. Les tribus nomades habiru se sédentarisent peu à peu. Les cananéens survivants se fondent aux nouveaux venus et leur apprennent leurs techniques maîtrisées pendant des millénaires de société rurale.

 

(p 253-254) Le premier Juge serait « Josué [24] (Josuah), le célèbre chef de la bataille de Jéricho » (cf. p 263).

Yerubbaal [25] serait aussi un des plus anciens héros. Il change son nom en Gédéon [25] . Son nom originel, probablement cananéen, rendrait hommage au dieu Baal, preuve que Yahvé n’est pas si bien implanté comme l’A.T. veut le faire croire.

- (p 254-255) Gédéon refuse la royauté d’Israël qui lui est pourtant offerte, car il considère que Yahvé est le roi au-dessus de tous. Néanmoins, l’autorité de Gédéon découlerait directement de Moïse, ce qui lui donne plus d’importance que  les autres Juges. « Homme influent et de pouvoir », il aurait eu 70 fils, dont Abimelek, le plus connu. Abimelek  devient roi, mais sa monarchie balbutiante est éphémère (il n’est pas considéré comme le 1er roi d’Israël) ; son temple fortifié (un « migdal ») dédié à Baal-Berit comporte « deux piliers sacrés de chaque côté de la porte Les piliers représenteraient.. la connexion avec Dieu et la stabilité du nouvel État », stabilité qui sera de courte durée. Cependant, « La connaissance des secrets de la maison et du sacre royaux [perdurerait] chez les Juges de la lignée de Gédéon ».

 

(p 255-256) À cette période, Jérusalem appartient encore à ses fondateurs, les Jébusites (ou Yebousiens). Le centre politico-religieux israélite est la ville de Silo (Shiloh), trente km au nord ; cette ville est détruite vers 1050 avJC lors de la guerre avec les philistins.

- L’histoire biblique de Samson [26] qui est un nazir (ou nazarite, c.à.d. un saint homme), raconte qu’il détruit 3.000 philistins en écartant leurs piliers gauche et droit, les faisant s’effondrer. L’histoire serait une métaphore sur le fait que Samson aurait sapé leur stabilité nationale (on retrouve le symbole des deux piliers).

- Samuel [27]  est un autre Juge important, mais aussi prophète, prêtre et « faiseur de rois » ; c’est « Samuel  qui [sacre] roi le benjaminite (de la tribu de Benjamin)Saül [28], lors d’une cérémonie privée » dont aucune description n’est donnée. « La relation entre Samuel et Saül est celle des pouvoirs jumeaux du prêtre et  du roi, les deux piliers d’une société harmonieuse s’unifiant pour créer la stabilité. Une tension [perturbe] rapidement cette relation… Samuel [commence] à regretter son choix ». Mais un  autre candidat à la royauté émerge de la principale tribu de Juda, c’est David [29], originaire de Bethléem… « un homme doté de grands talents, qu’il [exerce] d’abord comme courtisan, puis comme soldat et enfin comme homme d’État ».

 

(p 256-258) Dans le célèbre combat contre Goliath, le géant philistin  de Gat, le véritable vainqueur est Elhanân (2 Samuel 21, 19), originaire aussi de Bethléem. Cependant, David, loin d’être « un simple berger, ignorant des choses de la guerre », est « un grand soldat et politicien émérite ». Au moment où Saül cherche à le supprimer, il commence par servir dans les armées philistines contre Israël. Finalement Saül perd la vie et Samuel sacre David « son second roi » vers 1.000 avJC.

David unifie les tribus pour ne faire qu’un peuple ; comme l’Égypte, Israël est formé de deux pays, au Nord et au Sud, qui sont mis sous la gouverne d’un seul chef. Après avoir gouverné pendant 7 ans depuis Hébron, dans le Sud du pays de Juda, David établit la nouvelle capitale à Jérusalem, « sise entre les deux moitiés du royaume uni » ; il fait bâtir un palais et déplace la tente abritant l’Arche d’alliance et son autel vers le site d’un temple qu’il propose de construire à Yahvé. David chasse définitivement les philistins et prend le contrôle de tous les territoires s’étendant de l’Euphrate au golfe d’Aqaba ; il signe enfin un traité de paix avec Hiram, roi de Tyr. « Mais le comportement indiscipliné de David et de sa famille [ramène] bientôt l’instabilité » ; la Bible relate une sorte d’« épopée hollywoodienne » au bout de laquelle Salomon [30] , un des fils de David, est sacré roi par Sadok (ou Zadok, le grand prêtre) avec le soutien de David.

 

(p 258-259) Salomon épouse la fille du pharaon et reçoit en dot la ville stratégique de Gaza à la frontière égyptienne. Salomon a soif de grandeur ; il fait construire des ouvrages dans tout le pays, et, par-dessus tout, la maison de Yahvé, le Temple sacré.

- (p 259) Comme déjà évoqué, le Temple est « une construction relativement mineure », mais les plus beaux matériaux sont utilisés. Il se dresse au sommet d’une colline et son porche fait face à l’Est… Situé approximativement sur la ligne de partage des deux pays, les piliers Nord et Sud du porche représentent l’harmonie et l’équilibre du royaume uni. On retrouve  le concept égyptien de stabilité politique par l’unité. Boaz le pilier au Sud représente le pays de Juda et signifie la « force » ; Jakin se dresse au Nord et représente la terre d’Israël et symbolise l’« établissement ». Les deux réunis par le linteau de Yahvé créent une stabilité politique durable. Ce concept emprunté des égyptiens indiquerait que « la structure de la monarchie et de la théologie israélites n’ont pas encore perdu leurs anciennes origines ».

- (p 259-260) Le poids financier des travaux ordonnés par Salomon pèse de plus en plus sur le peuple. L’intérêt pour Yahvé qui n’est « rien de plus que le dieu israélite de la guerre », est relatif ; « d’autres dieux [sont] tenus en égale – voire en plus haute – estime », notamment le dieu Baal. Vers la fin de son règne, Salomon se serait même complètement détourné de Yahvé. « … de l’époque de Moïse jusqu’à celle de Salomon, Yahvé ne semble pas avoir beaucoup impressionné - son peuple élu - . Quand Salomon – roi réputé pour sa sagesse – [meurt], le pays n’[est] pas seulement quasiment en faillite, il [est] sans Dieu ».

 

(p 261-262) Roboam (Réhoboam), fils du roi Salomon, lui succède. L’unité des deux pays se disloque, et le royaume nordiste d’Israël n’a plus rien à faire avec Juda qu’il voit comme la source de ses problèmes.

« Pendant ce temps, au sein du groupe royal se [transmettent] les secrets de la cérémonie d’initiation par la résurrection et de rectitude morale fondée sur les principes de l’érection  d’un temple ». Ce concept est maintenant bien réel, comme le Temple de Jérusalem qui contient l’Arche et le Dieu.

 

- Tout au long de cette étape Chris et Rob n’ont pas trouvé de référence à un architecte du Temple de Salomon assassiné, mais les preuves s’accumulent pour confirmer le fait que « Moïse aurait emporté en Israël les deux piliers et la cérémonie de résurrection conjointe... il en aurait fait le secret de la Maison royale d’Israël ».

 

(p 262 et 264) Il paraît maintenant logique pour Chris et Rob de s’intéresser à l’étape suivante de l’histoire de la nation juive… notamment pour « découvrir comment et quand Sekennenrê [est] devenu Hiram Abif » ?

 

Nous aborderons la 3ème partie des notes de lecture de« La Clé d’Hiram » par C. Knight et R. Lomas – J’AI LU. dans une prochaine publication.

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Ci-dessous les renvois numérotés de 15 à 30

[15] (p 145) [Cataclysme (du grec kataklusmos = inondation) grand bouleversement, destruction causée par un phénomène naturel.

[16] (p 148) [Abraham : - De l’hébreu Abhraham… variante dialectale de Abhram « le père est exalté » ; la Genèse en fait « le père de la multitude des nations » - Le Petit Robert des Noms Propres. - Selon le Grand Dictionnaire de la Bible, étymologie incertaine. Forme typique de l’ancien ouest-sémitique du nom propre Ab(i)ram, il signifie probablement « le père est exalté ». Lors de l’établissement de l’alliance de Dieu avec Abram, le Seigneur change son nom en « Abraham », « père d’une multitude » de nations.]

 [17] (p 152) [ « hyksos » : - De l’égyptien heka-khase « chefs d’un pays étranger ». Nom donné par Manéthon à des envahisseurs asiatiques venus de l’Est, qui dominèrent l’Egypte de 1785 à 1580 avJC... - Le Petit Robert des Noms Propres. - Ce nom ne figure pas dans Le Grand Dictionnaire de la Bible (œcuménique)]

[18] (p 160-161) [ Osiris : L’histoire du mythe d’Osiris est essentiellement fondée sur le récit de Plutarque (1er s. apJC). Le mythe d’Osiris se serait développé pendant 3500 ans à partir de la période préhistorique de l’Egypte. Voici comment Osiris apparaîtrait : - « Hors des eaux primordiales du Noun (Nun) surgit … la colline de la Création. Sur elle se trouvait le Créateur Atoum – le Tout. Il commença par crier son nom, puis il modela le couple divin primordial : le principe mâle, Chou - l’Air (sec) – et e principe femelle, Tefnout, l’Humide. Après s’être créé lui-même et avoir engendré ses deux enfants, le Créateur pleura : de ses larmes tombées sur le sol naquirent les hommes… Puis Chou et Tefnout engendrèrent à leur tour un fils Geb - la Terre - et une fille Nout (Nut) – Geb et Nut, plus prolifiques, eurent deux fils (Osiris et Seth) et deux filles (Isis et Nephtys). A la naissance d’Osiris, une voix retentit dans le ciel, annonçant que le « Maître du Tout » venait à la lumière du jour. Seth épousa Nephtys tandis qu’Osiris épousait Isis… Seth régnait sur les déserts entourant la vallée du Nil, qui était le royaume d’ Osiris . Celui-ci libéra les égyptiens de leur grossièreté primitive… il… leur donna des lois et leur enseigna le culte des dieux. Isis leur montra comment faire du pain… » Page 79 / 86 Notes de lecture de Tha.°. Coq.°. « Ecossais de l'Hermione » (Déc. 2019). « La Clé d’Hiram » par Christophe Knight et Robert Lomas – J’AI LU - « Sous le Nouvel Empire (1550-1069 av. JC) … le culte d’Osiris s’unit à celui de Rê, et Osiris devint un dieu sauveur éclairé, guidant les homme vers l’immortalité. … » - « A la Basse Epoque (1069-332 avJC) son culte se répandit dans tout le bassin méditerranéen. Comme la figure rédemptrice du dieu égyptien dominait le monde antique, on se mit à honorer Isis comme Vierge primordiale, et leur fils - Horus l’Enfant - comme le Sauveur du monde. » (Cf. « Osiris » - Flammarion 2007 par Bojana Mojsov, égyptologue)].

[19] (p 160-161) [ Osiris et Isis : «De leur mystérieuse union naquit l’enfant Horus, venu au monde le jour du solstice d’hiver...». (Cf. « Osiris » - Flammarion 2007 par Bojana Mojsov, égyptologue]

[20] (p 183) [ l’hiéroglyphe égyptien qui désigne l’étoile du matin : (en page187) « L’hiéroglyphe égyptien pour l’étoile du matin et du soir était la même étoile à cinq branches utilisée pour représenter les cinq points de la confrérie du troisième degré maçonnique »]

[21] (p 184) [« ... l’étoile du matin, « Vénus »... : « Vénus, l’étoile à cinq branches » car « elle trace en huit ans dans la zodiaque une étoile à cinq branches… cette étoile a été parfaitement identifiée par les peuples anciens… En Mésopotamie, Vénus était représentée par une étoile à huit branches rappelant les huit années de son cycle. Chez les Aztèques, Questzalcoatl renaissant sous la forme de Vénus, étoile du matin, était représenté comme un personnage portant sur le visage le chiffre cinq, sous la forme de cinq gros points en quinconce. C’est ainsi qu’après sa mort à l’ouest il ressuscitait à l’est. Comme le tracé de l’étoile à cinq branches est en rapport avec le nombre d’or, Vénus est doublement symbole de beauté, par son éclat d’une part et par cette beauté issue des nombres et de la géométrie d’autre part ». (Les Cahiers de la Franc-Maçonnerie - FRANC-MACONNERIE ET ASTROLOGIE p 43-45 - Ed. Oxus 2014)].

[22] (p 245-246) [ « un dieu de la tempête et de la guerre dont le symbole était un motif en forme de crucifix... » : La croix de la crucifixion est en fait un tau, lettre grecque figurée en majuscule par « T » - Cf. conclusion du chap. IX p 262].

[23] (p 252-253) [l’époque des Juges : « La période des Juges » correspond à quelque centaines d’années où les tribus d’Isrraël existent indépendamment. Les Juges sont des « héros » (du grec hèros, demi-dieu) locaux, plus précisément des « sauveurs ». On les appelle des « Juges », parce qu’ils exécutent le « jugement de Dieu », « Son action en faveur de Son peuple ». Le juge a un pouvoir sur une ou plusieurs tribus, mais finalement peu d’autorité. Les rois sont divinement désignés, mais pas les Juges.]

[24] (p 253-254) [ « Josué(Josuah), le célèbre chef de la bataille de Jéricho » : - De l’hébreu Yehôshua « Yâh(wèh), sauve ! »… fils de Noun. Compagnon et homme de confiance de Moïse, qui en fait son successeur pour entrer en Canaan... - Le Petit Robert des Noms Propres. - Le Grand Dictionnaire de la Bible donne la même étymologie (avec toutefois plus de précision) et indique qu’il est de la tribu d’Ephraïm.]

[25] (p 253-254) [Yerubbaal serait aussi un des plus anciens héros. Il change son nom en Gédéon : - Yerubbaal de l’hébreu « Baal se défend » … ou « que Baal fasse grandir » (Le Grand Dictionnaire de la Bible) - Gédéon de l’hébreu « coupeur, tailleur » dans le sens « vaillant soldat », vainqueur des madianites et Juge d’Israël (XII-XIème s. avJC) - Cf. Récit biblique : Juges. VI-VIII - (Petit Robert des Noms Propres). On retrouve ces éléments dans Le Grand Dictionnaire de la Bible.]

[26] (p 255-256) [ Samson : - De l’hébreu Shimshôn, « celui de Shemesh, du Soleil » … juge d’Israël (Juges XIII-XVI). Consacré à Dieu (nazir)… il lutta contre les philistins, en tue mille avec une machoire d’âne… il renverse le temple de Dagon sur lui-même et sur les philistins - Le Petit Robert des Noms Propres. - Selon Le Grand Dictionnaire de la Bible, … juge d’Israël sur lequel le texte bibilique s’attarde le plus avant de parler de Samuel (Jg 13-16). Son nom, simson, dérive de l’hébreu semes, « soleil ». Certains spécialistes ont suggéré à partir de là un lien avec la mythologie du soleil, et ils ont rapproché les exploits de Samson avec les « douze travaux » de Gilgamesh ou d’Hercule… Un nom cananéen aussi commun que celui-ci devait être également employé en Israël. Page 80 / 86 Notes de lecture de Tha.°. Coq.°. « Ecossais de l'Hermione » (Déc. 2019). « La Clé d’Hiram » par Christophe Knight et Robert Lomas – J’AI LU

[27] (p 255-256) [Samuel est un autre Juge important, mais aussi prophète, prêtre et « faiseur de rois ». - Samuel vient de l’hébreu Shemû’él « son nom est Dieu »… Consacré à dieu dès sa naissance, il est rattaché au temple de Silo, puis se déplace dans différents sanctuaires et dirige le peuple. C’est lui qui instaure la royauté en consacrant Saül, puis David… - Le Petit Robert des Noms Propres. - Selon Le Grand Dictionnaire de la Bible, Samuel vient de l’hébreu … « (?) nom de Dieu »… Fils de d’Ammihoud, chef de la tribu de Siméon…]

[28] (p 255-256) [ Saül : De l’hébreu Shâ’ûl « demandé (à Dieu) ». Selon la Bible, premier roi d’Israël (situé vers 1030-1010 avJC)… - Le Petit Robert des Noms Propres. - Le Grand Dictionnaire de la Bible donne la même étymologie…]

[29] (p 255-256) [ David : De l’hébreu Dâwid ,… de dôd « amour ». Selon la Bible, roi de Juda, puis d’Israël (situé vers 1010-970 avJC). Fils de Jessé de Bethléem… - Le Petit Robert des Noms Propres. - Selon Le Grand Dictionnaire de la Bible, en hébreu dawid, parfois dawîd ; la racine et le sens du mot sont incertaines… Plus jeune des fils d’Isaï, de la tribu de Juda, et deuxième roi d’Israël »...]

[30] (p 256-258) [… Salomon , un des fils de David, est sacré roi par Sadok ... : - Salomon : Etymologie, « homme de paix » (en rapport avec sâlôm « prospérité ; paix » ou « restaurer, récompenser »). Roi d’Israël de 972 à 932 avJC, fils de David et de Bethsabée… Son règne marque l’apogée de la puissance d’Israël... - Le Petit Robert des Noms Propres. Le Grand dictionnaire de la Bible ne fait aucun rapport avec shalom et la racine sémitique slm. - La racine « S-L-M » est vocalisée shalom en hébreu et salam ou islam en arabe. Elle recouvre un champ sémantique étendu, comprenant bien-être, sécurité affective et plénitude spirituelle. « S-L-M » a une dimension morale et spirituelle, c'est une plénitude multiforme. Cependant, islam veut aussi dire soumission, être en paix avec plus fort que soi, avec Dieu… (Voir « Soumission » dans le Petit lexique des idées fausses sur les Religions de Odon Vallet).

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30 juin 2020 2 30 /06 /juin /2020 18:24

«  LA CLE D’HIRAM »

par  Christophe Knight et Robert Lomas (1997) - Editions J’AI LU -      

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Arnaud d’Apremont

1ère partie des notes de lecture (en 4 parties)

de Tha.°. Coq.°.  et Elth.°. Bia.°.R.°.L .°. «  Ecossais de l'Hermione  »

Avertissement: rien ne remplacera la lecture captivante de cet ouvrage, ce sont ici de simples notes pour vous orienter vers une lecture personnelle et approfondie de l'ouvrage.

 

« Passé le 3ème grade (degré en anglais), je me posais les mêmes questions que Christophe et Robert. Je dirais maintenant que tout Maître Maçon écossais devrait avoir lu « La Clé d’Hiram ». Le conditionnel est le mode de conjugaison que j’utiliserai souvent pour partager ici quelques connaissances avec vous mes SS.°. et mes FF.°. ». (Le F .°. Tha.°. Coq.°.)

 

(p 7) « Il n’est rien de caché qui ne sera connu, et rien de secret qui ne sortira à la lumière. Ce que je vous dis dans l’obscurité, dites-le en pleine lumière. Et ce que vous entendez dans un murmure, proclamez-le sur les toits ». (Yehoshua ben Joseph connu sous le nom de Jésus-Christ)

 

 

Table des matières des notes de lecture (divisée par nos soins en 4 parties) Nous abordons ici la 1er Partie de nos notes.

(La pagination est celle de l’édition « J’AI LU »  ; elle sert d’indexation  pour les paragraphes et les chapitres de ces notes)

 

1ère partie   

                                                                 

INTRODUCTION  p 9

 

I. Les secrets perdus de la Franc-Maçonnerie  p   11-36

 

II. La recherche commence  p  37

Quelle est l’origine de l’Ordre ? p  37

Le Temple du roi Salomon  p  42

 

III. Les chevaliers du Temple  p  48                                                                                       

Les débuts de l’Ordre des Pauvres Soldats du Christ et du Temple - Hugues de Payns - p  48 

Que cherchaient-t-ils ? p 52

La règle de l’Ordre - Le Concile de Troyes (31 janv. 1128) - p 54

Le sceau de l’Ordre p  59

Organisation de l’Ordre p 59

 

IV. La connexion gnostique (et les premiers censeurs chrétiens)   p 63

Les Evangiles gnostiques  p  3

La résurrection gnostique contre la mort spirituelle  p 66

 

V. Jésus-Christ : homme, dieu, mythe ou franc-maçon ?  p   74

Un enfantement virginal parmi d’autres p  74

Les principaux groupes de Jérusalem (au Ier siècle) - Saducéens, pharisiens et esséniens - p 87

Le témoignage incontournable des manuscrits de la Mer Morte - Qumran -  p 93

La famille de Jésus  p 98

La naissance d’une nouvelle religion - L’Empereur Constantin -   p 99

Vérité dans les hérésies  p 108

Un lien positif entre Jésus et les templiers  p 116

L’étoile des mandéens - Merica - p 122

L’étoile de l’Amérique  p 124

 

Chaque partie des notes de lecture, de la 1ère à la 4 ème partie, comporte  à la fin :

-  Une chronologie

- Des renvois à des notes complémentaires sur l’histoire, les étymologies, etc.

(ces renvois sont numérotés  de [1] à [14] pour la 1ère partie).

 

INTRODUCTION

 

(p 9) Les auteurs, spécialistes de l’histoire de la F.M. ont entrepris des recherches durant six années dans le but de mieux appréhender le rituel maçonnique, « ces étranges cérémonies secrètes ».

- Au centre de la tradition maçonnique se dresse Hiram Abif. Son assassinat raconté à chaque maçon a eu lieu il y a environ 3.000 ans, lors de l’érection du Temple par le roi Salomon. Hiram Abif est « une énigme absolue » ; il est architecte du roi Salomon et son horrible mort est décrite clairement dans l’histoire maçonnique mais n’est pas mentionnée dans l’Ancien Testament.

 

(p 9-10 et 4ème de couverture) Ils établissent un lien entre le rituel maçonnique et l’ancien rituel égyptien du sacre du roi vieux de 4000 ans. Ce rituel s’enrichit en suite d’une cérémonie de résurrection après l’assassinat d’un souverain autour de 1.570 avJC [1] (Cf. renvois en dernières pages). Antécédent direct de la F.M. moderne, ce rituel secret évoluant, jouerait un rôle dans l’édification de la nation hébraïque et dans l’évolution de la théologie juive.

 

 

I. Les secrets perdus de la Franc-Maçonnerie

 

(p 11 à 35) Pour des FFSS maîtres confirmés, la lecture de ces pages peut se limiter à la conclusion sur l’Art Royal.

 

(p 35-36) Voici quelques extraits de la conclusion :

 

Les éléments du rituel maçonnique ne peuvent pas être décrits comme ordinaires :

- Lors de l’initiation, un bandeau couvre les yeux du candidat ; celui-ci est dépouillé de  tout argent et objet métallique, et « on l’habille comme  un hérétique en route pour le gibet… Finalement, on lui dit que l’objet de son dernier grade est d’apprendre à mourir ! »

Le voyage des ténèbres vers la lumière est évidemment important…

La F.M. prétend être plus ancienne que la Toison d’Or… . Elle a pour but l’amour fraternel, la bienfaisance et la vérité. Le personnage central de la F.M. est  Hiram Abif, l’architecte du Temple du roi Salomon. Cet architecte est assassiné par trois de ses « propres hommes »… La légende ou le mythe [ou l ‘histoire ? (Note du rédacteur)] de ce meurtre, est la base de la mort symbolique du candidat, puis de sa résurrection [2] qui le transforme en Maître maçon, quand il est relevé de la tombe et que, « la lumineuse étoile du matin brille à l’horizon ».

 

D’où viennent des idées aussi étranges ? Comment se sont-elles développées et, pourquoi ? Telles sont les questions que posent Chris et Rob.

II. La recherche commence

 

Quelle est l’origine de l’ Ordre ?

 

(p 37) Il existe quantité de preuves montrant que l’Ordre se formalise lentement pendant plus de 300 ans avant l’établissement de la Grande Loge Unie d’Angleterre en 1717, date de fondation où l’existence de l’Ordre est publique. Chris et Rob décident d’étudier l’histoire possible de l’Art Royal avant qu’il « ne devienne public ».

 

(p 38) Trois théories « sérieuses » auraient été considérées par les historiens maçonniques.

 

Première théorie : La F.M. serait la création du roi Salomon. L’A.T. (Ancien Testament) étant la seule source, Chris et Rob ne vont pas plus loin à ce moment de leurs recherches.

 

Deuxième théorie : Les tailleurs de pierre médiévaux auraient développé l’Art Royal pour leur propre progrès moral. Les recherches rigoureuses de Chris et Rob n’ont pas permis de trouver la moindre preuve dans toute l’Angleterre  de l’existence d’une guilde de tailleurs de pierre médiévale. Cependant, il existe des témoignages d’existence de telles guildes dans de nombreux pays européens (Cf. Histoire de la franc-maçonnerie de Gould – Paris  1989). Aucune de ces guildes n’est « britannique »

- (p 39-40) La « théorie des tailleurs de pierre » qui développent l’Art royal ne résiste pas aux multiples raisons évoquées par Chris et Rob. La preuve définitive qui élimine cette théorie se trouverait dans les « Anciens Devoirs »(Old Charges), dont les plus anciens dateraient de la fin du XVème. Les Anciens Devoirs fournissent des règles de conduite  et de responsabilité aux f.m. , règles considérées comme reprises des codes de conduite des guildes médiévales de tailleurs de pierre. Un de ces devoirs stipule qu’ « aucun F.°. ne doit révéler le secret légitime d’un autre F.°. si cela peut lui coûter la vie et la propriété ». A l’époque médiévale, le seul secret maçonnique légitime qui entraîne automatiquement une telle peine si ce secret est découvert par l’État, est l’hérésie, crime contre l’église ne pouvant vraisemblablement pas être commis (ou pardonné) par de simples tailleurs de pierre chrétiens. Alors, pourquoi prévoir un tel motif de culpabilité de ces constructeurs de châteaux et de cathédrales ?

- (p 41) Ces règles n’auraient pas été créées  par de simples tailleurs de pierre, mais par un groupe en marge de la loi du pays. Un autre Devoir de la même époque évoque une ancienne mission particulièrement clandestine… la provision d’ « emploi » pour un F.°. en visite pendant  deux semaines, « terme au bout duquel il fallait lui donner de l’argent et le mettre sur la route de la loge suivante »… vraisemblablement un F.°. en fuite.

Rien  ne soutiendrait la « théorie des tailleurs de pierre », et beaucoup d’indices l’infirment…

- L’image centrale de la F.M. est la construction du Temple du roi Salomon, mais il n’existerait « aucun fil reliant les tailleurs de pierres médiévaux à cet événement ». Voici maintenant la…

 

(p 42) Troisième théorie :L’ordre des Pauvres Soldats du Christ et du Temple de Salomon (Chevaliers Templiers) a été fondé  environ 600 ans avant l’établissement de la Grande Loge Unie d’Angleterre. Peut-être existe-t-il une connexion de cet Ordre avec la F.M. ? L’Ordre disparaît brutalement en octobre 1307, et l’Art Royal apparaît formellement en 1717, soit une cassure de 410 ans qui a fait rejeter l’ hypothèse des Chevaliers Templiers.

- Mais, des éléments découverts récemment viennent renforcer cette hypothèse et les recherches de Chris et Rob ne permettraient plus d’avoir le moindre doute. Chris et Rob s’intéressent à la construction du Temple qui a donné son nom aux templiers et  son thème à la F.M..

 

Le Temple [3] du roi Salomon

 

(p 42-43) « Au sens le plus large », 4 Temples [3] seraient associés au mont Moriah (cité de Jérusalem).

-  Le 1er Temple construit par le roi Salomon il y a 3.000 ans.

-  Le 2ème Temple apparaît dans une vision du prophète Ezéchiel durant la captivité des juifs à Babylone vers 570 avJC. Jamais concrètement construit, ce Temple aura un impact sur les croyances et écrits juifs qui passeront dans la croyance chrétienne.

-  Le 3ème Temple construit par Zorobbabel au VIème avJC après le retour des juifs de captivité.

Le 4ème Temple érigé par Hérode (à l’époque de JC), détruit par les romains en 70 apJC.

 

Le qualificatif de « sage » serait attribué au roi Salomon comme à tous les bâtisseurs et aux rois qui font construire durant les milliers d’années qui précédent le règne de Salomon. Les juifs n’ont pas de tradition architecturale, raison pour laquelle le Temple de Jérusalem est construit par des artisans empruntés à Hiram, roi phénicien de Tyr.

 

(p 44-45) Le rituel du degré de la Sainte Arche Royale (Holy Royal Arch traité au chap. XIII) montre aussi que Hiram de Tyr fournit les matières premières, tandis que Hiram Abif est l’architecte du Temple. Ce rituel mentionne queSalomon et les deux Hiram forment une loge importante et sont les seuls détenteurs conjoints des secrets d’un Maître maçon.

- Clarke et d’autres spécialistes considèrent que ce Temple est presque la copie conforme d’un temple sumérien érigé 1.000 ans plus tôt pour le dieu Ninurta, un petit bâtiment de la taille d’ « une église de village ordinaire anglaise ».

- Le Temple n’est pas construit pour être visité par des hommes comme le seraient une église, une synagogue ou une mosquée. Il est littéralement la Maison de Dieu, un lieu pour Yahvé seul. « Personne  ne peut... dire avec certitude s’il a ou non existé ».

 

(p 45-46) L’architecture du Temple est décrite. Son intérieur est vide, excepté le Sanctum Sanctorum où se trouve un coffre richement décoré en bois de Sethim (acacia), l’Arche d’Alliance qui renferme deux tablettes de pierre portant les 10 commandements et le dieu Yahvé lui-même. Au sommet de l’Arche se trouvent deux chérubins qui gardent le précieux contenu ; ces chérubins ne sont pas des enfants potelés avec des ailes déployées (Cf. peintres de la Renaissance). Ils sont de style égyptien, comme les figures représentées sur les murs et les sarcophages des pyramides.

« les deux piliers, Boaz et Jakin » se dressent devant la porte orientale du Temple.

 

Pourquoi les Templiers choisissent-ils leur nom en référence au Temple de Salomon ?

 

(p 47) L’idée selon laquelle l’Ordre peut venir de Salomon lui-même sous la forme d’une société secrète ininterrompue et cachée du monde, semble impossible. Il ne resterait qu’une origine plausible à étudier, les premiers chevaliers Templiers qui ont fouillé le site du dernier Temple. De plus, des connexions entre ces chevaliers et la maçonnerie sont évoquées par des écrivains.

III. Les chevaliers du Temple

 

Les débuts de l’Ordre  des Pauvres Soldats du Christ et du Temple - Hugues de Payns -

 

(p 48) La croix rouge sur la robe  blanche (ou le manteau blanc) n’est pas l’habit de tous les croisés, mais celui d’un groupe de moines guerriers : les chevaliers templiers. Pendant 200 ans, ils seront puissants ; leurs moyens dépasseront ceux de la plupart des rois ; leur aptitude au combat  sera légendaire et ils seront réputés pour leurs trésors… jusqu’à leur disgrâce le 13 oct. 1307.

Quel serait le lien entre cet Ordre médiéval disparu et les rituels maçonniques « modernes » ?

 

(p 49) Depuis le VIIème siècle, les musulmans gouvernent Jérusalem en bonne intelligence avec les juifs et les chrétiens. Fin du XIème, les turcs seldjoukides prennent le contrôle de Jérusalem et interdisent aux chrétiens de venir en pèlerinage. Les forces de la chrétienté se mobilisent ; les croisés massacrent les musulmans… les juifs meurent avec eux le 14 juin 1099.

(p 49 -50) Après la prise de Jérusalem, les chrétiens de toute l’Europe font le pèlerinage vers la Cité Sainte, un voyage long auquel il faut survivre. Les chevaliers hospitaliers créent une infrastructure  pour les besoins des pèlerins ; l’élément central est l’hostellerie Amalfi à Jérusalem. L’Ordre des Hospitaliers se développe rapidement ; le prieur ajoute « un bras militaire à son Ordre (« des chevaliers le rejoignent ») ; il change l’intitulé de l’Ordre en « Hôpital Saint-Jean-de-Jérusalem ». Ilreçoit la bénédiction pontificale en 1118 et une constitution formelle appelée « règle ».

(p 50) Cette même année, l’Ordre Hospitalier inspire probablement un noble de Champagne, Hugues de Payns(de Payens ou  encore de Payen, Hugo de Paganis en lat.) et huit autres chevaliers qui fondent l’Ordre non officiel desPauvres Soldats du Christ et du Temple de Jérusalem. Selon la « tradition », le roi Baudoin II, patriarche de Jérusalem, apporterait son soutien au nouvel Ordre.

 

(p 51) L’histoire officielle rapporte que, en 1118, ces neuf chevaliers débarquent de France et s’autoproclament« gardiens des routes du désert de Judée menant à Jérusalem ».

Cependant, Foucher de Chartres, chapelain de Baudoin II, ne mentionne pas ces chevaliers dans ses vastes chroniques couvrant les neuf premières années de l’existence de l’Ordre officieux. La plus ancienne preuve d’existence daterait de 1121, lorsque le comte de Foulques V d’Anjou se loge avec les templiers et leur laisse une annuité de trente livres.

De Payns reste 9 ans sur le site du Temple, puis retourne en Occident, peut-être pour recruter.

 

Que cherchaient-t-ils ?

 

(p 52) Il n’existe aucune preuve que les neuf chevaliers fondateurs de l’Ordre Templier accordent   leur protection aux pèlerins. Mais il existe une preuve décisive des fouilles qu’ils accomplissent sous les ruines du Temple d’Hérode. Le chercheur Graham Hancock utilise des commentaires de l’historien Gaétan Delaforge (Cf. « La Tradition Templière dans l’Age du Verseau ») et cite le rapport officiel d’un archéologue israélien qui établit ces fouilles.

(p 53-54) Le lieutenant Charles Wilson(Cf. « The Excavation of Jérusalem »)de la Royal Engineers dirige une expédition archéologique à Jérusalem « au tournant du siècle »(XIXème) ; il fouille profondément sous le Temple et exhume de nombreux objets « identifiés comme templiers ». Robert Brydon, archiviste templier et érudit basé en Ecosse a maintenant une bonne partie de ces objets sous sa garde.

Il est clair que les premiers templiers ont fouillé sous le Temple. Ont-ils vraiment trouvé quelque chose ? Pendant les fouilles, les chevaliers semblent modifier leur plan et, le voyage de Hugues de Payns vers l’ouest, en quête de nouvelles recrues, intervient quelques mois après la mort de  leur bienfaiteur, Baudoin II, en octobre 1126.

 

La règle de l’Ordre - Le Concile de Troyes (31 janv. 1128) -

 

(p 54-55) Sept chevaliers demeurent dans la Cité Sainte. Hugues de Payns part avec André de Montbard, « l’oncle du très jeune mais éminemment influent abbé de Clairvaux (le futur St Bernard) ». Impressionné par l’histoire de ces chevaliers qui reviennent de Jérusalem, Bernard attire l’attention du Pape Honorius II sur l’Ordre balbutiant ; il demande qu’une « règle » soit accordée au petit groupe de chevaliers qu’il a adopté. Cette constitution leur donnerait une légitimité et un statut au sein de l’Eglise ; elle est octroyée le 31 janvier 1128 par le concile de Troyes spécialement réuni. Les Templiers sont maintenant autant des moines que des chevaliers.

 

(p 55-56) Dans la « règle » qui est donnée, aucune mention n’est faite de la protection des pèlerins. Comment la seule raison de la création de l’Ordre pouvait avoir été « si totalement occultée » ?

Une fois admis chez les templiers, un « frère » ne possède plus que son épée dont il prend l’identité et qu’il dédie au service de l’Ordre. La tombe d’un Templier ne porte aucune inscription ; la pierre tombale est rectangulaire, gravée seulement de la forme de son épée.

 

(p 56-57) Dès l’octroi de sa règle, l’Ordre devient très prospère et influent. Deux ans après leur départ, Hugues de Payns et André de Montbard reviennent à Jérusalem. Leur réussite est exceptionnelle ; ils sont riches et accompagnés de 300 nobles recrues sous le commandement d’Hugues de Payns devenu Grand Maître d’un Ordre majeur.

Pour susciter un tel soutien, Hugues de Payns dut présenter quelque chose de très tangible.

Contrairement à la règle, Hugues de Payns serait resté marié à Catherine de Saint Clair, écossaise d’ascendance normande. Il établit le premier préceptorat templier hors de la Terre Sainte sur la terre de sa belle famille en Ecosse, un fait d’une grande importance pour la suite.

 

(p 57-58) Chris et Rob découvrent que, 10 ans après l’obtention de leur « règle latine » originelle, les Templiers se donnent unilatéralement une « règle française » pour remplacer l’ancienne. Il n’est toujours pas fait mention de la protection des pèlerins, mais Chris et Rob remarquent un changement de la base légale de l’Ordre :

- Dans la règle latine, une instruction se lit : « … en outre là où les chevaliers non excommuniés sont rassemblés vous devez aller ».

- Pour la règle française traduite et amendée, la même phrase devient : « … nous vous ordonnons d’aller là où les chevaliers excommuniés sont rassemblés », ce qui implique que les Templiers se trouvent hors de la loi vaticane.

Au regard de ce qu’on sait des Templiers, ce ne serait pas une erreur de traduction.

Le vendredi 13 octobre 1307, le pape et Philippe le Bel mettent « l’Ordre errant » à genoux.

 

Le sceau de l’Ordre

 

(p 59) Le premier sceau des templiers représente deux chevaliers chevauchant sur un même cheval. L’Ordre est prospère et ne manque pas de montures. Chris et Rob supposent que le sceau représente les deux degrés de chevaliers au sein de l’Ordre :

-  Ceux qui étaient les plus avancés et autorisés à partager le secret templier.

-  Ceux en retrait, à l’arrière, qui ne partagent pas ce secret.

 

Organisation de l’Ordre

 

(p 59-60) L’Ordre n’est pas composé que de chevaliers dont le vivier est la noblesse. Il existe deux classes inférieures à côté des « frères » de plein droit :

- Les sergents, recrutés dans ce qui serait aujourd’hui la « classe laborieuse » ; ils portent une croix rouge et leur manteau n’est pas blanc (signe de pureté) mais marron foncé. Ils occupent des fonctions subalternes de soutien…

- L’autre groupe comprend des ecclésiastiques. Ils portent la croix rouge sur un manteau vert et sont les seuls lettrés de l’Ordre. Ce sont des prêtres, chargés des communications ; ils utilisent parfois des codes complexes pour les écrits. Polyvalents, ils pratiquent les langue utiles à la mission (latin, arabe, hébreu, grec) ; ils sont aptes à lire les « textes » et porteraient des gants blancs...

 

La règle oblige à porter des culottes de mouton sous les vêtements extérieurs comme symbole d’innocence et de chasteté. Aujourd’hui les maçons mettent des tabliers blancs en peau d’agneau… Le baucent, étendard de combat des templiers, consiste en deux blocs verticaux blanc  et noir qui  reflètent le mouvement des ténèbres vers la lumière…

 

(p 61-62) Ces parallèles avec la F.M. ne sont pas des éléments de preuves. La question reste de savoir ce que les Templiers ont découvert pour avoir tant influencé leur développement.

IV. La connexion gnostique (et les premiers censeurs chrétiens)

 

(p 63) Au XXème s., les découvertes archéologiques les plus importantes sont :

- Les « manuscrits de la Mer Morte » trouvés dans des grottes du désert à Qumran, 35 km à l’Est de Jérusalem.

- Les nombreux « Evangiles gnostiques » découverts à Nag Hammadi en Haute-Egypte en 1947.

Il reste vraisemblablement bien des documents à découvrir. D’autres ont été exhumés et sont restés dans l’ombre. Les Templiers ont-ils trouvé de tels documents qu’ils ont dissimulés ?

La F.M. est souvent décrite comme « gnostique ». Chris et Rob commencent donc par la bibliothèque de Nag Hamadi, à la recherche d’indices sur ce que les Templiers auraient pu trouver.

 

Les Evangiles gnostiques

 

(p 64)Le mot « Gnose » vient du grec « gnosis » = « connaissance » ou « compréhension ».

La conscience de soi, la connaissance de la nature et des sciences naturelles, sont des chemins vers Dieu pour les gnostiques. La plupart des chrétiens gnostiques voient Jésus-Christ, non comme un dieu, mais comme l’homme qui éclaire ce chemin(Gautama Boudha et Mahomet sont perçus de la même façon par leurs fidèles).

 

(p 64-65) Les Evangiles gnostiques sont au moins aussi anciens que les Evangiles du N.T. (Nouveau Testament). Ecrits en copte sur 52 rouleaux de papyrus, ils datent de 350-400 apJC. La plupart sont des copies de travaux plus anciens de 300 ans. C’est par pur hasard que ces documents sont découverts. Le professeur Quispel de la fondation Jung à Zurich, constate qu’il s’agit de textes inconnus, enterrés 1600 ans plus tôt lors d’une période critique de la formation de l’Eglise catholique romaine. [ (Note du rédacteur ) Le 1er Concile a eu lieu à Nicée en 325 apJC ]

(p 66) La structure de l’Eglise catholique romaine a toujours été dépendante de l’éradication des idées contenues dans ces œuvres non canoniques ou apocryphes.

 

La résurrection gnostique contre la mort spirituelle.

 

(p 66) « Le Traité sur la résurrection », œuvre gnostique, décrit l’existence humaine ordinaire comme une mort spirituelle, alors que la résurrection serait le moment d’illumination où est révélé ce qui existerait. Comprendre cela, c’est devenir spirituellement vivant et « ressusciter d’entre les morts ». La même idée apparaît dans l’Evangile de Philippe qui se moque des « chrétiens ignorants qui prennent la résurrection au sens littéral » : « Ceux qui disent qu’ils vont d’abord mourir et ensuite ressusciter sont dans l’erreur ; ils doivent recevoir la résurrection de leur vivant. »ce qui rappellerait la cérémonie du 3ème degré maçonnique.

 

(p 67-68) L’Eglise gnostique appelle la conception littérale de la résurrection « la foi des fous » et cite la tradition secrète de l’enseignement de Jésus à ses disciples dans l’Evangile de Saint Matthieu (13, 11) : « il vous a été donné de connaître les mystères du Royaume des Cieux, mais à eux cela ne leur a pas été donné. »

 

(p 69) Dans l’Apocalypse de Pierre - gnostique - la prétention de l’Eglise « orthodoxe » (Eglise établie par Constantin) à l’autorité religieuse est sapée par un récit du Christ ressuscité qui explique à Pierre : 

« Ceux qui se donnent le nom d’évêque et de diacre et agissent comme s’ils avaient reçu leur autorité de Dieu sont en réalité des rivières à sec. Ils ne comprennent pas le mystère, et pourtant ils se vantent d’être les seuls détenteurs du mystère de la vérité. Ils ont mal interprété l’enseignement apostolique et ont fondé une initiation d’Eglise à la place de la vraie fraternité chrétienne ».

 

A la bibliothèque de l’université de Sheffield, Chris et Rob trouvent enfin un commentaire  de Elaine Pagels, spécialiste respectée du gnosticisme : « … l’enseignement orthodoxe sur la résurrection ... légitima une hiérarchie de personnes au travers de l’autorité desquelles toutes les autres devaient approcher Dieu. L’enseignement gnostique détruisait cet ordre. Il prétendait offrir à tout initié un moyen d’accès direct à Dieu dont les prêtres et les évêques eux-mêmes n’avaient peut-être pas connaissance. »(« The Gnostic Gospels »)

 

(p 70) La soif individuelle de connaissance sape l’autorité de l’Église « orthodoxe » et le groupe de chrétiens gnostiques est dénoncé comme hérétique pour des raisons politiques.

Ainsi, le concept de « gnose » - connaissance - s’oppose au concept de « foi ».

 

(p 70-72) Le rituel du 3ème degré maçonnique est très marqué par la « résurrection vivante » associée au récit d’un « meurtre... ». Les Evangiles gnostiques font aussi bien des références à la « résurrection vivante », mais Chris et Rob font d’autres rapprochements… on peut se reporter au livre.

 

(p 73) Les Evangiles gnostiques « renvoient de forts échos du rituel maçonnique ». Encouragés par ces découvertes, Chris et Rob décident d’approfondir leur connaissance de l’Eglise chrétienne primitive et considèrent « le caractère unique des affirmations de Jésus lui-même ».

V. Jésus-Christ  : homme, dieu, mythe ou franc-maçon  ?

 

Un enfantement virginal parmi d’autres

 

(p 74-76) « Les grandes lignes de l’histoire du Christ,… de son enfantement par une vierge dans un cadre humble jusqu’à sa mort sacrificielle pour sauver son peuple, … sont aussi anciennes que l’homme. … Il ne s’agit pas ici de ressemblance [4], mais d’une totale  « interchangeabilité » entre … « les figures religieuses majeures de nombreuses cultures ». Parmi ces figures, Gautama Bouddha,  …, Krishna, Zoroastre, Mithra, toutes antérieures au Christ (L’ouvrage donne plus de détails).

- L’histoire de Mithra, culte populaire dans l’Empire romain, est si proche de celle de Jésus, que les Pères de l’« orthodoxie » l’identifient comme l’œuvre du démon voulant parodier l’histoire du Christ. Le « mithraisme » est une ramification syrienne du culte perse  plus  ancien de Zoroastre ; il arrive en 67 avJC dans le monde romain. Sa doctrine inclut le baptême, un repas sacramentel, une croyance en l’immortalité, un dieu sauveur qui meurt et ressuscite pour servir de médiateur entre l’homme et Dieu, une résurrection, un jugement dernier, enfin un paradis et un enfer. Des bougies, de l’encens et des cloches sont utilisés dans les cérémonies. Les fidèles reconnaissent la divinité de l’empereur et sont tolérants vis-à-vis des autres cultes ; ils sont finalement absorbés par les chrétiens beaucoup moins tolérants.

 

(p 77) Le nom de « Jésus » vient de l’hébreu. L’adjonction du titre « Christ » est une traduction grecque de « messie »(messiah ou  mâshîah), terme hébreu/araméen signifiant « celui qui deviendra le roi légitime des juifs », loin du sens de « sauveur par la rédemption des péchés ».

** [Yehoshua signifie Yahvé sauve. « Jésus » est une forme grecque de Josué (Cf. Le Grand Dictionnaire de la Bilble)]

 

(p 78) Norman Cohen (Cf. « Cosmos, Chaos and the World to come ») décrit la situation quand il parle du messie :

« Il sera, tout au plus un grand chef militaire et un sage et juste dirigeant, guidé par Yahvé et mandaté par lui pour gouverner son peuple en Judée.

L’idée d’un sauveur transcendant à forme humaine, si importante dans le zoroastrisme et si centrale dans le christianisme, est totalement inconnue de la Bible hébraïque. »

 

(p 79-81) La Bible hébraïque précède l’’A.T., connu sous le nom de « Septante » [5] ou « LXX ». La bible hébraïque a été traduite en grec au IIIème s. avJC. 22 livres constitueraient le cœur de l’A.T. (Tanakh) [6] ; ils auraient été opportunément élargis par des écrivains chrétiens primitifs pour créer un A.T. « gonflé » avec les livres d’Esdras, de Judith et de Tobie, les deux Maccabées, le livre de la Sagesse, l’Ecclésiastique, Baruch, la prière de Manassé, et, à l’intérieur du livre de Daniel, le Cantique des Trois Jeunes Gens, l’histoire de Suzanne, et Bel et le Serpent. Les personnes qui auraient « bricolé  l’A.T. avec légèreté »  seraient aussi celles qui auraient assemblé le N.T. .

 

(p 81-82) A l’époque du Christ Jésus et de l’occupation de la Judée par les romains, « la politique » est « une matière théologique sérieuse », car la stabilité nationale dépend du jugement de Dieu. Mais nulle part dans l’A.T. il n’est prophétisé la venue d’un sauveur du monde. Les Juifs attendent l’émergence d’un chef qui sera un roi terrestre (un « sauveur » qui les libère de l’occupant romaine) sur le modèle de David. L’Eglise reconnaîtrait que les utilisations chrétienne et juive du terme « messie » n’ont rien en commun. Elle ne devrait donc pas utiliser l’A.T. comme source prouvant la venue de « son Christ ».

- La conception virginale de Jésus est un autre problème pour le courant « orthodoxe » chrétien. La conception issue de l’union dieu/femme est une condition indispensable dans les cultures moyen-orientales anciennes pour tous les dieux-hommes. La justification chrétienne est que Jésus lui-même s’attribue le titre de « Fils de Dieu », mais c’est un ancien titre dont hérite tout prétendant à la royauté. Depuis une époque antérieure aux pharaons, tous les rois ont fondé leur droit à régner sur le fait qu’ils descendent des dieux.

- (p 83) Le procès du Christ est un autre point embarrassant pour l’église « orthodoxe ». « Barabbas le meurtrier », aurait été libéré à la place du Christ lors de son procès. Cependant,  « Barabbas » signifie le fils du « père » [7],  en référence très probable à dieu le « Père ».

- Les premiers manuscrits de l’évangile de Matthieu (chapitre 27 verset 16) utilisent la désignation sous la forme complète : « Jésus Barabbas ». L’individu dont la foule demande la libération serait connu, comme le rapporterait l’Evangile, sous le nom de « Jésus fils de Dieu ». La première partie du nom est supprimée ultérieurement, ce qui permettrait d’éviter des questions gênantes pour l’Eglise. Depuis, il est accrédité que la foule a fait crucifier le Christ plutôt qu’un criminel, vilenie qui serait la cause de 2000 ans d’antisémitisme.

 

(p 84-86) Les Evangiles (N.T.) établissent que cet autre « fils de Dieu » est un rebelle et fanatique juif accusé de meurtre au cours d’une insurrection, accusation semblable à celle portée contre Jésus (Peake’s Commentary on the Bible). Ces similitudes font qu’il est difficile de savoir lequel est libéré.

 

(p 85-86) Considérant l’occupation romaine et la montée du nationalisme en Judée, Chris et Rob ont « une » [et non pas « deux » (Note du rédacteur)] hypothèse sur « la situation étrange rapportée par le N.T. ».

« Deux messies rivaux » ont pu émerger au sommet de leur popularité et être appelés Jésus car c’est le qualificatif donné au sauveur du peuple juif. Afin d’endiguer l’agitation, ces personnages messianiques sont arrêtés, peut-être l’un sous le nom de « Jésus roi des Juifs » et l’autre « Jésus fils de Dieu ». La situation politique devient explosive et Ponce Pilate laisse le choix à la foule pour libérer le « messie royal » ou le « messie sacerdotal ». Cette émergence simultanée de deux messies s’expliquerait peut-être par … l’obligation traditionnelle d’avoir deux messies œuvrant pour la victoire de Yahvé et de son peuple : un « messie royal » de la tribu de Juda, la lignée de David, serait rejoint par un « messie sacerdotal » de la tribu de Lévi. Les deux messies sont arrêtés et accusés d’appeler à l’insurrection. Le Jésus de la lignée royale meurt sur la croix, l’autre est libéré.

- (p 87) Chris et Rob posent la question : « Qui est qui ? ». Selon la croyance « orthodoxe », Jésus est le fils de Dieu. Mais Jésus, né de Marie, prétend être « messie » car issu de la lignée royale de David, cette ascendance étant fondée sur la généalogie de Joseph époux de Marie (premiers versets du N.T.). Cependant, Joseph n’est pas le père de Jésus qui ne peut donc être un messie royal. Sa mère est connue comme une parente de Jean le Baptiste qui est un lévite. Jésus doit donc bien avoir un peu de sang lévite lui-même. Ce ne serait donc pas lui qui serait mort sur la croix. Il y aurait un « vice évident  dans l’histoire chrétienne du messie ». Selon Chris et Rob, la situation réelle deviendra claire « après la résolution d’une énigme maçonnique plus profonde... ».

 

Les principaux groupes de Jérusalem (au Ier siècle) - Saducéens, pharisiens et esséniens -

 

(p 88) Les sadducéens constituent la bureaucratie sacerdotale et aristocratique de Jérusalem. On les appellerait maintenant les « collabos » de l’occupant romain. Ils ne sont « probablement pas très différents  des classes dirigeantes dans la plupart des pays à quelque époque que ce soit ».

(p 88-89) Les pharisiensne sont pas des prêtres mais se vouent à l’application de la Loi « en permanence, et dans tous les événements de la vie ». Ce sont eux qui donnent « les repères du judaïsme orthodoxe moderne ». C’est ainsi qu’aujourd’hui, parmi toutes les prescriptions de la Torah, le livre de la Loi juive, « l’allumage de feux »  est interdit le jour du sabbat.

 

(p 89-91) Les esséniens 

- « On ne peut plus aujourd’hui douter que les auteurs des manuscrits de la Mer Morte que nous appelons… la communauté de Qumran, sont des esséniens ». Ces écrits disent qu’on appartient à la communauté par un engagement individuel, et non par la naissance ; le fondateur sacerdotal désigné  comme le « Maître de Justice » est l’intermédiaire par lequel est établie une « nouvelle alliance », forme ultime de la parfaite union entre le peuple d’Israël et son Dieu. Mais cette alliance est réservée à la seule communauté qui respecte infailliblement les 613 commandements de la Loi. 

- « Les manuscrits de la Mer Morte décrivent un groupe ayant les mêmes conceptions du monde, la même terminologie particulière et précisément les mêmes croyances eschatologiques (attente de l’apocalypse [8]...) que l’Eglise de Jérusalem ».

- Le professeur Robert Eisenman démontre que, vers les 4ème-5ème décennies du Ier s., le chef de la communauté de Qumran est Jacques le Juste, frère de Jésus, que l’Eglise accepte comme 1er évêque de Jérusalem (ce qui est aussi confirmé par le professeur Phillip Davies). En fait, pendant les trois dernières décennies de son existence, la communauté de Qumran était l’Eglise de Jérusalem. Ainsi,...

… le vocabulaire qumranien pénètre le monde chrétien qui n’en comprend pas le sens.

- (p 92) George Wesley Buchanan observe :

« Quand on rapporte que Jésus a dit – Mon royaume n’est pas de ce monde – (Evangile de Jean 18, 36), il ne veut pas dire qu’il se trouvait dans le ciel. Dans l’Evangile de Jean, tous les individus sont divisés en deux groupes : 1/ Ceux du monde et,  2/ Ceux qui ne sont pas du monde. Ceux qui ne sont pas de ce monde incluaient Jésus et ses fidèles qui croyaient en lui. Ils vivaient sur terre. Ils n’étaient pas dans le ciel, mais ils n’étaient pas païens. Ils appartenaient à l’- Eglise - en contraste avec le - monde - . Le - monde - incluait tous les païens et ceux qui refusaient de croire en lui. » (Jésus : The King and His Kindom)

- (p 93) Le mot araméen  rendu en grec avec le sens de « royaume » signifie plus précisément « la terre d’Israêl gouvernée selon la loi mosaïque »(Loi reçue par Moïse). La référence à « la venue du Royaume des cieux » signifie que « le temps est proche où nous renverrons les occupants étrangers… hors de Judée et où nous reviendrons à une stricte observance des lois juives [9] ».

Quand les termes « Royaume des Cieux » et « Royaume de Dieu » sont adoptés par les chrétiens, ils y voient béatement un paradis où les bons se rendent après leur mort...

 

Le témoignage incontournable des manuscrits de la Mer Morte - Qumran -

 

(p 93-95) L’interprétation des manuscrits est dirigée par un groupe catholique. Les chercheurs indépendants (John Allegro, Edmund Wilson, ...) auraient des difficultés d’accès aux documents ; ils perçoivent de la part des chercheurs catholiques une volonté de séparer la communauté de Qumran du christianisme primitif, en dépit des évidences d’identité. Le père de Vaux soutient que « la communauté de Qumran est totalement différente des chrétiens primitifs » et que, Jean-Baptiste, « si proche des enseignements de la communauté », n’est qu’un « précurseur du christianisme ». Mais, « comme le N.T. montre que Jean-Baptiste » est « un personnage central  dans  la formation du ministère de Jésus, une telle connexion estdifficile à remettre en cause ».  En fait, le père de Vaux et son équipe déformeraient les faits pour prouver que la communauté de Qumran et l’Eglise hiérosolymite [10]  ne sont pas reliées. « Cette idée est aujourd’hui obsolète ».

 

(p 95-96) La petite communauté de qumran [11]est très hiérarchisée. Le Gardien ou Grand Maître est tout en haut ; parmi les êtres « inférieurs », se trouvent les hommes mariés, ou pire,... les femmes. L’appartenance à la communauté commence par « un large cercle extérieur » jusqu’à un « sanctum intérieur ». L’initiation aux plus hauts échelons réclame des vœux de secret qui incluent des menaces de châtiments terribles et réels en cas de trahison. Les qumraniens portent des robes blanches, prononcent des vœux de pauvreté et  posséderaient des connaissances secrètes. Tel est le groupe révolutionnaire auquel Jésus appartiendrait, au cœur de la révolte juive qui finalement entraîne une nouvelle fois la destruction de Jérusalem et de son Temple.

*

*    *

(p 96) Quand les Templiers fouillent les ruines du Temple d’Hérode, ils ne peuvent trouver que ce qui aurait été caché entre les 1ères années du Ier siècle et l’an 70, date de destruction du Temple.

Le Rouleau de cuivre, effectivement gravé sur des feuilles de cuivre et trouvé à  Qumran, raconte comment la communauté dissimule ses trésors et ses écrits sous le Temple avant 70, ce que les Templiers auraient découvert. Si la communauté de Qumran et l’Eglise de Jérusalem forment une même entité, les Templiers auraient trouvé des documents chrétiens les plus purs possibles, bien plus importants que les Evangiles synoptiques.

 

(p 97) Les esséniens de Qumran, les chevaliers templiers et la F.M. se retrouvent dans la reconstruction mystique et physique du Temple du roi Salomon. Ce n’est pas une coïncidence ni une manipulation, car « la Grande Loge d’Angleterre et ses enseignements relatifs à la construction d’un Temple… précèdent de plus de 200 ans la découverte des manuscrits de la mer Morte ».

(p 97-98) Le christianisme gnostique, le Nouveau Testament et la F.M. font référence à des « pierres d’angle » qu’on retrouve dans les textes qumraniens. Eisenman et Wise font entre autres cette remarque à propos des liens entre les manuscrits et le christianisme (Cf. texte p 97).

Outre la « pierre d’angle », « l’utilisation du « concept de fondation a des accents familiers ».

 

La famille de Jésus

 

(p 98-99) L’Eglise rechigne à débattre sur le fait que Jésus avait des frères et probablement des sœurs. Pourtant, leur existence est quasi-universellement admise, et depuis longtemps. Ya’acov (Jacob ou encore Jacques dans les versions grecques de la Bible), jeune frère de Jésus, lui survit d’environ 30 ans et sera « responsable de la préservation de ses enseignements authentiques pour qu’ils puissent triompher au milieu de circonstances incroyables ».

 

La naissance d’une nouvelle religion - L’Empereur Constantin -

 

(p 100-101) L’Eglise Primitive de Jérusam est balayée par la guerre contre Rome. A partir de 70, le christianisme s’éloigne de ses origines juives. A Rome, la légende de Romulus et Rémus est reprise avec « deux nouveaux dieux inférieurs… St Pierre et Paul ». L’ « anniversaire » du dieu solaire Sol tombe le 25 décembre et on décide que ce sera aussi le jour de la naissance de Jésus. Le sabbat est déplacé du samedi au jour du dieu-soleil, le dimanche (en anglais sunday, le jour du soleil). Le symbole du soleil se retrouve sur les têtes des représentations de divinités ou de saints sous la forme du halo ou auréole. Pour les citoyens de l’empire romain, la nouvelle religion est « familière et rassurante » ; ils peuvent même demander de l’aideà un Dieu maintenant unique. Le christianisme devient «  un culte de rituels plutôt que d’idées » et « le contrôle politique » prend « le dessus…  ».

(p101-103) Le christianisme fournit à Rome le moyen d’établir une puissance politique sans équivalent, fondée sur des masses peu éduquées qui se voient offrir une meilleure vie après la mort si elles respectent les commandements de l’Eglise. Thomas Hobbes, philosophe et penseur politique du XVIIème exprime la situation :

« La papauté n’est rien d’autre que le fantôme de l’Empire romain défunt, sur la tombe duquel elle trône ».(Thomas Hobbes, Léviathan)

- L’Empire romain est en déclin et se fragmente. Constantin veut reprendre le contrôle. Après l’élimination de son rival Licinius, empereur  de la « partie orientale », il devient l’unique empereur avec le total soutien du culte du Christ, de plus en plus influent. Constantin sent probablement que ce culte doit se développer encore pour maintenir l’ordre et la cohésion, car trop de religions sont encore actives, même dans son armée ; les chrétiens se disputent entre eux, menaçant d’éclater en différents cultes. C’est pourquoi Constantin réunit le premier Concile international des chrétiens, le 20 mai 325 à Nicée(aujourd’hui Iznik en Turquie) pour établir une seule conception officielle du culte chrétien et de leur prophète juif Jésus-Christ. Il fait venir  « des chefs de l’Eglise  de tous les coins de l’ancien monde... ». Les chrétien sont de loin la secte la plus voyante de l’empire et le concile se transforme en parlement du fait du nouvel empire unifié. L’évènement est superbement mis en scène ; Constantin siège au centre avec les évêques autour de lui ; il imprègne de son autorité toutes les discussions et « se positionne comme le Christ - présent - avec ses disciples autour de lui ».

 

(p 104) Constantin s’intéresse principalement au Dieu des chrétiens  qu’il voit comme une manifestation de son propre dieu solaire [12], et à la figure de Jésus-Christ qu’il voit comme un messie juif, exactement comme lui-même serait dans son esprit, le « messie impérial ». Le roi juif a échoué, Constantin réussit…

 

(p 104-106) Le résultat du concile est le « credo de Nicée » qui cherche à réconcilier les divergences  entre les factions et à éviter les « gouffres doctrinaux sur le point de séparer l’Eglise d’Orient et l’Eglise d’Occident ». Arius, un prêtre d’Alexandrie et Athanase un autre alexandrin s’opposent sur la « divinité de Jésus ». Après un vote, Arius perd et son nom est associé à l’ « hérésie arienne ».

 

(p 106) L’hérésie [13] devient tout ce qui n’est pas conforme à ce que dit l’empereur ; elle est considérée comme l’œuvre du diable (celui qui crée la division). De nombreuses Ecritures sont mises hors la loi ; elles sont dissociées des croyances chrétiennes avec l’étiquette « gnostique ».

 

(p 107-108) Constantin accomplit un travail phénoménal pour s’emparer de la théologie juive. Il est l’architecte de l’Eglise, mais ne devient jamais chrétien. L’impératrice Hélène, sa mère, vraisemblablement convertie, fait identifier et repérer tous les sites saints par une église ou un sanctuaire ; la recherche s’étend aux objets saints. Tout semble avoir été « retrouvé »… 300 ans après les évènements et 250 ans après la destruction de Jérusalem. Chris et Rob ne peuvent s’empêcher de penser que Hélène a trouvé ce qu’elle voulait trouver. Quand la famille impériale voit la valeur pratique du christianisme, elle s’intègre dans la célébration publique des légendes du nouveau culte.

 

Vérité dans les hérésies

 

(p 108-109) L’Eglise romaine primitive détruit tout ce qui ne suit pas son dogme au point que, jusque vers le milieu du XXème s., on ne sait presque rien de Jésus-Christ, l’ « homme » qui est le personnage central de la principale religion du monde occidental.

Flavius Josèphe, l’historien des juifs du Ier siècle, ne mentionne apparemment pas Jésus-Christ (sauf dans le Josèphe slavoniqe récemment découvert, à voir plus loin…). La presque totale absence de référence à Jésus serait « due aux ciseaux des censeurs » car l’Eglise romanisée supprime toute preuve qui représente « son Sauveur » comme un mortel et non comme un dieu.

Les chrétiens auraient brûlé la bibliothèque d’Alexandrie en Egypte parce qu’elle renfermait quantité d’informations sur la véritable Eglise de Jérusalem. La plus grande collection de textes anciens au monde a été ainsi anéantie. Néanmoins, toute trace ne pouvait disparaître, d’où l’importance des Evangiles Gnostiques et des manuscrits de la Mer Morte, et même des écrits des Pères fondateurs de l’Eglise officielle qui jettent une lumière... sur ce qu’ils cherchent à détruire.

 

(p 109-113) Certains ouvrages échappent aux censeurs.

-  Chris et Rob citent Clément d’Alexandrie, principal penseur chrétien du IIème s., considéré cependant comme plutôt gnostique. On se reporte à une de ses lettres (reproduite pages 109 à 112) où Chris et Rob trouvent la référence à un Evangile et à une cérémonie secrets, cérémonie dirigée par Jésus lui-même. Peu de doutes subsistent sur cette lettre par la ressemblance entre les références au « jeune homme nu à l’exception d’un drap de lin » et l’incident au moment de l’arrestation de Jésus à Gethsémani que décrit Marc dans son Evangile (14, 51-52) :

« Un jeune homme le suivait, n’ayant pour tout vêtement qu’un drap de lin autour de son corps nu. Et on s’empara de lui. Mais lui, laissa tomber le drap, s’enfuit nu ».

-  (p 113-114) Au vu de cette lettre, Chris et Rob consultent d’autres écrits de Clément dont : « Les Mystères de la foi à ne pas divulguer à tous ». Un passage suggère l’existence d’une tradition secrète en partie présente dans le N.T. ; loin des « paraboles évidentes », ils considèrent « les parties les plus étranges de l’histoire de Jésus-Christ… prises au pied de la lettre par les chrétiens modernes » : la transformation par Jésus-Christ de l’eau en vin, la résurrection des morts,… « Derrière les actes impossibles évoqués, y aurait-il un message crypté ? »

-  (p 114-116) Dans une œuvre attribuée à Hippolyte, un autre chrétien du IIème s., « La Réfutation de toutes les hérésies », Chris et Rob découvrent des récits relatifs aux « naasséniens », une secte hérétique dont les croyances remonteraient à Jacques, le frère du Seigneur. Le texte reproduit page 115 fait référence aux plus anciens mystères de l’humanité détenus par les Egyptiens (après les Phrygiens). Le terme « naasséniens » serait une autre forme de « nazôréens », les fidèles originels de Jésus qui constituent l’Eglise de Jérusalem. Le mode de vie de cette « secte » s’accorde sur bien des points avec celui de la communauté de Qumran.

Le passage cité page 115 serait de caractère nettement maçonnique. Pour identifier une connexion il faudra découvrir le degré de « Royal Arch »(Chevalier de l’Arche Royale)...

 

Un lien positif entre Jésus et les templiers

 

(p 116-117) Originellement, Jésus et ses fidèles sont appelés « nazôréens » (ou nazaréens). Jésus se voit donner ce qualificatif dans Matthieu (2, 23) : « Il vint s’établir dans une ville appelée Nazareth ; pour que s’accomplît l’oracle des prophètes :  il sera appelé Nazôréen. »

Ceci est unpassage sans doute ajouté à une date ultérieure, car Jésus est-il obligé, suivant l’oracle de prophètes disparus, d’aller à Nazareth, ville dont aucune source ne donnerait l’existence au Ier siècle, notamment les registres très précis de l’empire romain ? Etant « appelé Nazôréen », Jésus est désigné comme un membre de la secte nazôréenne et non comme issu de la ville « de Nazareth », affirmation du N.T..

 

(p 117-119) Lors d’une plongée dans la Mer Rouge, Chris apprend que l’endroit où il vient de rencontrer tant de zooplancton et de poissons (suite à l’éclosion annuelle de spores du corail) s’appelle  « Ras Nasrani », « Ras » signifiant « tête » ou « pointe » et « Nasrani »... « une grande quantité de petits poissons ». Peu après, au monastère de Ste Catherine, Chris apprend que « nasrani » est  « le mot arabe normal désignant les fidèles du grand prophète appelé Jésus ».

 

  (p 119) Le terme « nasrani » est-il en rapport avec le « pêcheur d’hommes »,

« qualificatif » donné à Jésus par l’Eglise ? … ou avec l’ancienne association

du prêtre et du poisson ? … ou encore avec les fréquentes ablutions des

esséniens ? Les nazôréens marquent leurs lieux sacrés avec deux arcs qui

forment le célèbre signe du poisson, et le symbole de l’organisation  est

originellement un poisson, pas une croix. Pierre et Jean, peut-être des membres de haut rang de la secte nazôréenne auraient été appelés « pêcheurs... à cause de leur activité de recrutement ».

 

(p 120) La communauté de Qumran est dans le secteur de la Mer Morte, mer qui n’a « pas vraiment de poissons », ce qui rend l’hypothèse de Chris et Rob très plausible. Le N.T. aurait déplacé l’origine de ces « pêcheurs » vers la mer poissonneuse de Galilée (lac de Tibériade), ce qui est prosaïquement cohérent.

Ultérieurement, des chercheurs et spécialistes (Epiphane, Lidzbarski,…) montreront que l’adjectif grec « nazôraios » est utilisé très tôt par les étrangers pour désigner ceux qui finiront par être connus comme des « chrétiens ». Jésus serait un simple membre de la secte, plutôt qu’un fondateur.

 

Conclusions de Chris et Rob :Jésus ne vient pas de la ville de Nazareth. Il appartient à la secte des nazôréens qui se considèrent certainement comme des « poissons ».

 

( p120-122) Chris et Rob découvrent que la secte nazôréenne n’aurait pas disparu et survivrait dans le Sud de l’Irak, « comme une partie de la plus grande secte mandéenne ». Leur héritage religieux remonterait à Yahia Yuhana, connu sous le nom de Jean-Baptiste ! Arkon Daraul écrit  : « Les mandéens, petite mais opiniâtre communauté demeurant en Irak, suivent une ancienne forme de gnosticisme et pratiquent l’initiation, l’extase et quelques rituels qui, a-t-on dit, ressemblent à ceux des francs-maçons ».(Secret Societies)

Aujourd’hui, les mandéens appelleraient leurs prêtres « nazôréens » . Leur nom découle du mot « manda » ou « connaissance secrète ». Ils utilisent une poignée de main rituelle appelée « kushta » = « rectitude, exécution de choses justes ». Quand leurs initiés sont rituellement morts, ils récitent une prière silencieuse. « De la même manière, les mots les plus secrets de la maçonnerie sont... murmurés dans l’oreille d’un candidat Maître maçon quand il se relève de la tombe... ». Selon les mandéens, Jésus aurait trahi les secrets qui lui auraient été confiés...

 

L’étoile des mandéens - Merica -

 

(p 122-123) Selon Flavius Josèphe, les esséniens croient que les bonnes âmes habitent au-delà de l’océan, une terre idyllique vers l’Ouest, parfois vers le Nord, croyance partagée par de nombreuses cultures, des juifs aux grecs et aux celtes. Les mandéens croient que les habitants de cette terre lointaine sont si purs que les yeux mortels ne peuvent les voir. Cet endroit serait marqué par une étoile, « Merica »,de l’autre côté de l’océan. Serait-ce A-Merica ? L’étoile du matin est importante pour les nazôréens et, l’étoile du soir ou étoile de l’Ouest est le même corps céleste, la planète Vénus. Nous verrons que les Etats Unis d’Amérique seront créés sur des principes maçonniques…

 

(p 123) L’étoile du matin est celle vers laquelle tout Maître maçon qui vient d’être « relevé » doit tourner les yeux. Dans le rituel de clôture de la tenue, le V. M. interroge les 1er et 2nd Surveillants :

- Frère 1er Surveillant, où dirigez-vous vos pas ?

- Vers l ‘occident, Vénérable Maître.

- Frère 2nd Surveillant, pourquoi quittez-vous l’orient pour aller vers l’occident ?

- En quête de ce qui fut perdu, Vénérable Maître.

- Frère 1er Surveillant, qu’est-ce qui fut perdu ?

- Les secrets authentiques d’un Maître maçon, Vénérable Maître.

Ces « connexions » peuvent être des « coïncidences », mais cela fait beaucoup de coïncidences.

 

L’étoile de l’Amérique

 

(p 124-125) Les mandéens sont les descendants directs des nazôréens, le même groupe que les Qumraniens. La terre mystique sise sous l’étoile « Merica » pourrait bien avoir été mentionnée dans les écrits secrets que les Qumraniens enterrent sous le temple d’Hérode. Ces manuscrits que les Templiers auraient trouvés, ont pu les informer de l’existence d’un pays merveilleux, de l’autre côté de l’océan. Les templiers ont-ils été « en quête d’une terre sise sous l’étoile du soir... Mérica ? » [14]

- Les navires templiers sont construits pour résister à toutes sortes de conditions, y compris les tempêtes du Golfe de Gascogne. Les techniques de navigation  utilisant boussole, compas et cartes astrologiques, sont « loin d’être rudimentaires ». Si les templiers ont connaissance du pays de l’étoile Mérica, ils sont aussi motivés pour trouver le Nouveau Monde et quitter l’Ancien afin de survivre quand leur Ordre est dénoncé comme hérétique en 1307. Arborant leur étendard de combat naval (un crâne et des os croisés), ils auraient trouvé le Nouveau Monde 185 ans avant Colomb. Reste à trouver les preuves directes de cette idée qui a beaucoup de signification.

 

(p 126-127) Continuant les recherches, Chris et Rob se rendent en Ecosse, au village de Roslin et à la chapelle de Rosslyn, quelques miles au Sud d’Edimbourg. Lors de visites précédentes dans la région, Chris et Rob avaient constaté la présence de nombreuses tombes templières et maçonniques ; ce pays a été important pour le développement de la F.M..

La chapelle de Rosslynest liée à l’histoire de la famille Sinclair. Elle a été réalisée en 1486 par William Sinclair. « Tout l’édifice est décoré intérieurement de motifs à significations maçonniques… et botaniques » ; parmi les plantes figurées, on trouve des cactus aloès et des épis de maïs. Ces plantes du Nouveau Monde  sont supposées inconnues à l’époque. Même si Colomb avait trouvé  ces végétaux lors de son premier voyage entre 1492 et 1494, la chapelle de Rosslyn avait été achevée six ans plus tôt.

 

(p 129) Les décors intérieurs de la chapelle de Rosslyn sont très chargés, avec de  nombreuses manifestations de l’ « homme vert », le personnage celtique symbole de fertilité, noyées dans la « végétation » des motifs botaniques. La chapelle de Rosslyn est un endroit remarquable et magique. Elle relie le christianisme à l’ancien folklore celtique et à la F.M. templière.

*

*      *

 

(p 129-130) Selon Chris et Rob, il s’agit maintenant de comprendre les nazôréens en  remontant aussi loin que possible dans le temps pour découvrir où [et comment (note du rédacteur)]  les éléments de la religion juive étaient initialement apparus. De plus, même si les rituels de la F.M. ont pu avoir été inventés par les qumraniens, Chris et Rob pensent qu’ils sont  plus anciens.

 

 

Nous renvoyons nos lecteurs à la chronologie  page 576 de l'ouvrage.

Renvois aux notes complémentaires (histoire, étymologies,…) numérotés  de [1] à [14]

 

[1]  (p 9-10)  [1.570 avJC... : Datations « avant ou après Jésus Christ », « avant ou après notre ère » ?

Chris et Rob se réfèrent systématiquement à « … notre ère ». La chronologie qu’ils donnent en dernières page indique la naissance de J.C. en l’an 6 avant notre ère. Mais « rien ne permet de dater et de localiser avec précision la naissance de Jésus qui n’est évoquée que dans les deux seuls évangiles de Luc et de Matthieu. Pour eux, Jésus est né sous Hérode, mort quatre ans avant le début de l’ère chrétienne, en 750 selon le calendrier romain (depuis la fondation de Rome). Mais à partir de là, les repères se brouillent. Selon Luc – et lui seul -, la naissance de Jésus a lieu lors d’un déplacement de ses parents à Bethléem - dont Joseph son père, est originaire – pour cause de recensement ordonné par Quirinius, gouverneur de Syrie. Or depuis l’historien Flavius Josèphe (Ier siècle de notre ère), on sait que le recensement  a eu lieu en l’an 6 ou 7 … après le début de l’ère chrétienne !

Jésus est-il né en l’an 4 avant… Jésus Christ ou en l’an 6 ou 7  après lui ? La première hypothèse est de loin la plus fiable, car la référence à Hérode figure chez les deux Evangélistes. La seconde reste cependant troublante. Si l’on en croit le récit de Matthieu, le roi Hérode a appris par des mages la naissance d’un nouveau roi des juifs et aurait fait massacrer tous les petits garçons âgés de moins de 2 ans. Hélas les historiens ne disposent d’aucune trace écrite confirmant à cette date, sous un règne pourtant familier d’actes de cruauté, la réalité de massacres d’enfants à Bethléem » (Henri Tinco – Le monde des Religions nov. déc. 2019).

Pour ces notes de lecture, la datation « avJC » ou « apJC a été adoptée dans un but de simplification.]

 

[2] (p 35-36)[résurrection, du verbe ressusciter qui vient du latin resuscitare - « réveiller » mais aussi « relever » (Dict. Etymologique de la langue française). La résurrection évoquée n’est pas celle du Dogme catholique, mais le fait de renaître en tant qu’initié, par exemple comme F.°.M.°. ou comme membre de la communauté essénienne dont Jésus est vraisemblablement issu. Dans une cérémonie maçonnique, l’initié est « relevé » quand il devient Maître Maçon. La cérémonie du relèvement est emblématique de l’« Art Royal », autre nom de la F.°.M.°..]

 

[3](p 42-43) [Le Temple … : « L’ESPACE SACRE. LE TEMPLE ET LE CIEL – Le mot temple est un terme astronomique. Il vient du latin -templum - qui signifie cercle d’observation. L’évolution de la langue en fit l’édifice sacré où se pratiquait l’observation du ciel, puis un lieu de culte. Son rôle était de relier l’homme au ciel. Il était donc symboliquement construit à l’image du ciel, comme l’affirme au XIIIème s. avJC l’inscription placée sur le parvis du temple de Ramsès II : - ce temple est à l’image du ciel en toute ses dispositions - ... »

(Les Cahiers de la Franc-Maçonnerie - FRANC-MACONNERIE ET ASTROLOGIE (p 31-32) – Ed. Oxus 2014)]

 

[4] (p 74-76) [Un enfantement virginal parmi d’autres… Il ne s’agit pas ici de ressemblance :

Pour la « ressemblance », rappelons ici le mythe d’Isis et d’Osiris : « A la Basse Epoque (1069-332 av. JC)Comme la figure rédemptrice du dieu égyptien (Osiris) dominait le monde antique, on se mit à honorer Isis comme Vierge primordiale, et leur fils - Horus l’Enfant - comme le Sauveur du monde. » - « Osiris » Flammarion 2007 par Bojana Mojsov, égyptologue - (Note du rédacteur)]

 

[5] (p 79-81) [« Septante » ou « Soixante-dix », parce que la légende veut que soixante-dix savants soient venus de Jérusalem à Alexandrie et auraient travaillé indépendamment pour produire des traductions identiques. En réalité, ces traductions s’échelonnent sur plus d’un siècle.]

 

[6] (p 79-81) [« Tanakh » : La Bible hébraïque ou Tanakh se compose de 24 livres divisés en  3 parties : La Torah ou Loi, les Prophètes et les Ecrits. Elle aurait été mise en forme entre les VIII et VIIème s. avJC ; les derniers écrits dateraient du IVème s. avJC après le retour des exilés de Babylone. Le texte définitif est élaboré entre 70 et 110 apJC. Elle a été traduite en grec au IIIème s. avJC pour prendre le nom de Septante. Au Ier et IIème s. apJC, la Bible chrétienne ou Vulgate est organisée en deux parties : l’A.T. et le N.T. traduits en latin par St Jérôme au Vème s.. Elle est officialisée au Concile de Trente en 1546 (Note du rédacteur d’après le site du Service Biblique Evangile et Vie – SBEV -)]

 

[7] (p 83) [« Barabbas » signifie le fils du « père » : Le Petit Robert des Noms Propre donne aussi cette étymologie araméenne : « fils (bar) du père (abba) ». Pour Le Grand Dictionnaire  de la Bible (œcuménique), « Barrabas » est un nom patronymique : « fils de Abba »]

 

[8](p 89-91)[« … les... croyances eschatologiques (attente de l’apocalypse) »

apocalypse : Au sens moderne, c. à d. « fin du monde » (ou fin d’un monde), et non au sens grec traditionnel de « révélation »]

 

[9] (p 93) [«... une stricte observance des lois juives » :

Pour les religieux, Yahvé a abandonné son peuple dans les malheurs parce que la Loi de Moïse n’est pas respectée.]

 

[10] (p 93-95) [ Eglise hiérosolymite :

Eglise hiérosolymite ou Primitive de Jérusalem.  

- Hiérosolymite vient de «  hierosoluma », nom grec de Jérusalem dans le N.T. ; il signifie « originaire de Jérusalem ».

- Parmi les étymologies possibles du nom de Jérusalem, on trouve le terme assyrien de « urusalim » avec « uru » = « fondation » et « salim » référence à la divinité cananéenne « slm » (terme aussi hébraïque) ; le sens du nom serait donc « fondation de Shalem ». L’évolution de la pensée juive aurait fait associer « Shalem » à l’idée de « paix », en hébreu « salom » - Extrait du Grand Dictionnaire de la Bible]

 

[11] (p 95-96) [« La petite communauté de qumran, … peut-être moins de 200 personnes ». Il n’y aurait pas plus de 4000 esséniens au total à l’époque de Jésus]

 

[12] (p 104) [Constantin et son dieu solaire : Il est admis que Constantin est un fidèle du culte du « Sol Invictus » (Soleil Invaincu) dont il est le « grand prêtre. »]

 

[13] (p 106) [hérésie  vient du grec hairesis - « action de choisir, de préférer » - … action qui serait ici contraire à la doctrine issue du concile de Nicée. L’hérésie sera la justification de répressions d’une terrible cruauté qui ne permettent plus de « choisir » ou de « préférer », pas plus dans le domaine temporel que spirituel (Note du rédacteur)]

 

[14] (p 124-125) [« Les templiers ont-ils été « en quête d’une terre sise sous l’étoile du soir... Mérica ? » :

Les trois caravelles de Christophe Colomb  auraient été ornées de la croix pattée des Templiers. Colomb avait épousé la fille d’un ancien Grand Maître de l’Ordre du Christ, qui, au Portugal, avait pris la suite de l’Ordre du Temple. D’autres grands navigateurs comme Vasco de Gamma et Henri le Navigateur étaient eux-mêmes Chevaliers du Christ ; le dernier cité étant  même Grand Maître.]

 

 

 

 

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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 19:56

Ce qui suit est un PowerPoint en 18 diapos qui suppose une connaissance préalable et suffisante du symbolisme du grade.

Il est à l'usage des S S.°. car il nécessite bien des commentaires... 

Nous abordons ici les dynamiques cachées établies sur le couple "opposant/composant". Ces dynamiques à l'oeuvre dans l'image mémorielle du grade, justifient les combinatoires de signes qui donneront les "objets symboliques" puis les "appareils symboliques" .

L'opposant  apporte sa richesse différenciée dans une composition ou assemblage vertueux. La différence ou le rejet devient alors complémentarité ce qui permet la construction, la composition d'un objet symbolique doué d'une intention "orientée" vers la Lumière.

L'apprentissage du langage symbolique est donc fondé sur des relations dynamiques, directement liées aux opposants/composants. Ce langage passe par la "LECTIO" d'un réel sacré et séparé contenu entre Terre (Équerre) et Ciel (Compas).

Cette lectio s'organise sous trois aspects spécifiques liés au cotexte (1), au contexte (2) et au phénomène ressenti en soi(3): 

1/ à l'intentionnalité "lumineuse" du rituel, depuis le cabinet de réflexion ,

2/ au cadre général du récit de la construction du Temple c'est la ligne d'horizon des actes positifs,

3/ à la transformation de soi, en superposition de la taille de la pierre, c'est ici toute la transparence spirituelle du réel, telle que ressentie, sans rationalité autre que le double sentiment "d’œuvrer" et d'appartenance à une communauté "Oeuvrière" .

Il y a donc une corrélation entre l'opératif expérimental et l’opérant en soi par une orthodoxie de la triangulation montante et lumineuse (ORA) d'une part, et une orthopraxie descendante dans la matière et en soi (LABORA) d'autre part. Les deux aspects sont indissociables et constituent l'initiation au réel.

Je tiens à disposition le document ci-joint et les commentaires nécessaires, sur demande après tuilage...

E.°.R.°.

 

Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points
Le Tableau de Loge des Apprentis, instruction en 18 Points

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26 avril 2020 7 26 /04 /avril /2020 22:02

Les enjeux des dynamiques symboliques.

Sans intention dégagée de la rituélie et des décors de la Loge et sans « Orientation » lumineuse du sens de lecture des symboles, il est impossible de progresser collectivement vers un langage symbolique commun. Cependant suivant la nature du rite et la pratique du rituel, l’intention peut se réduire à une dimension moralisante (Rite Standard d’Écosse) ou tendre jusqu'à une forme théosophique (Rite Écossais Rectifié). Le Rite Ecossais Primitif autorise par ses origines stuartistes et chevaleresques toutes les variations liées à la Tradition. Rappelons à toutes fins utiles que le Roi Stuart est dit « Salomon sur Terre ».

Pour interpréter et comprendre la structure profonde du réel et découvrir ses arcanes , on utilise le symbolisme constructif, celui des bâtisseurs du Temple. Le Temple est défini comme la maison du divin sur terre, autrement dit comme l’endroit le plus sacré et le plus lumineux, permettant la communication entre la Terre et le Ciel. Donc l’accès au symbolisme constructif induit une pratique de la reliance lumineuse entre la Terre et le Ciel.

Si nous taillons notre pierre, ce n’est pas uniquement pour nous connaitre nous-mêmes, mais aussi pour faire des tombeaux pour les vices et les temples à la vertu.

Le temple de la vertu (dimension éthique et immanente) et le temple de la lumière (dimension métaphysique et transcendante) ont ceci de commun c’est qu’ils instaurent la lumière comme principe illuminateur de la conscience. Il s’agit  de prôner la conscience éclairée en toutes matières.

Le principe illuminateur de la conscience est donc ce qui est issu au plan phénoménal du contenu de la loge.

Ce contenu est inaccessible au profane, car il est le produit 1/ du contexte analogiquement ritualisé de la loge, 2/ de ses décors symboliques, 3/ du groupe qui surdétermine, 4/ les épreuves et 5/ pratiques hermétiques, 6/ pratiques verbales et gestuelles du récipiendaire.

C’est cet ensemble conjugué dans le vécu intime du maçon qui fait le secret de l’initiation.

C’est cet ensemble conjugué  et animé au plan symbolique par 3 dynamiques que nous allons étudier :

L’activité et la progression initiatique du franc-maçon reposent sur le ravissement de l’homme à son état contextuel ordinaire vers un état lumineux et profond de perception du réel dans un milieu séparé.

Je dénombre au moins trois dynamiques à l’œuvre dans la démarche initiatique.

Les trois dynamiques sont :

  • La dynamique du franchissement (prométhéisme)
  • La dynamique de la triangulation des opposants en « composants » (dionysisme)
  • La dynamique de la reliance (hermésisme)

On peut résumer ces trois dynamiques en une seule : le mouvement initiatique est généré par une dynamique générale de triangulation : à partir de deux points connus sur un plan donné, on établit un troisième point à atteindre ou à suivre dans un plan supérieur.

La relation entre les objets symboliques qui meublent le paysage maçonnique au nom de cette dynamique peut être étudiée

  • sous l’angle de la relation causale (relation et interaction fondées sur une cause et produisant des effets), ou
  • sous l’angle de l’intériorisation  donnant à la dynamique une présence et une action en soi. Cette présence en soi du symbole est de nature phénoménologique et s’abstrait en partie de la logique causale.

 Nous avons deux intelligences qui œuvrent en matière initiatique,

  • l’intelligence du logicien rationaliste  qui s’attachera au côté opératif du symbolisme constructif et
  • l’approche phénoménologique du réel qui s’attache à l’aspect opérant en soi des combinatoires symboliques. Cette dernière approche est appelée intelligence du cœur, car fondée sur le « réel ressenti ».

Ces deux intelligences participent aux représentations mentales que nous avons de la réalité. L’initiation est une perception du réel profond qui donne à l’observateur un rôle non neutre dans la production du réel.

L’intelligence du cœur nous permet d’investir le non rationnel par "incorporation symbolique" :

On notera que dans le rituel et la légende du grade, le passage entre les deux perceptions du réel se fera par métonymies successives  entraînant des substitutions syntaxiques et sémantiques qui aboutiront généralement à une métaphore. C’est ainsi « tailler sa pierre » deviendra « apprendre à se connaitre » et « tendre vers la perfection » (quasi-métonymie).

L’homme se substitue à la Pierre brute  donc l’apprenti est une pierre brute !!! (Métaphores + Syllogismes) donc le temple de lumière est fait de pierres vivantes, donc l’Homme est le temple,  donc la Lumière est en l’Homme, etc.

Le cadrage de la représentation mentale sera étalonné sur un rituel fait d’images iconiques (Tableau de loge…), de rythmes, de la geste verbale et non verbale qui vont fonder la communauté initiatique.

Nous pouvons donc dire que les trois dynamiques à l’œuvre dans l’initiation maçonnique sont quasi-métonymiques et métaphoriques.

L’initiation artisanale et une initiation à la réalité profonde qui permet d’explorer les structures cachées des formes et des êtres par l’apprentissage des dynamiques qui œuvrent à la représentation d’un réel profond.

I / La dynamique du franchissement

Cette dynamique repose sur la présence d’un seuil et d’un gardien du seuil:

La loge pour le profane vu de l’extérieur se caractérise en 10 points :

Approche des dynamiques symboliques à l’œuvre dans la Loge maçonnique par E.°.R.°.

Lieu SÉPARÉ AYANT UN DOUBLE ASPECT EXTÉRIEUR ET INTÉRIEUR/ Contenant  et contenu mystérieux.

La loge est donc un lieu « séparé » du monde ordinaire, un contenant emblématique, au contenu « secret », « sacré » par son évocation du GADLU et « réservé » de par son langage , par ses rites mémoriels et par ses combinatoires de symboles. Ce lieu est animé et légitimé par le sentiment d’appartenance de ses membres aux sagesses antiques et à une reliance à plus haut.

Sans sentiment d’appartenance et donc sans séparation du monde ordinaire, l’initiation perd son caractère exclusif et sacré et devient un simple processus culturel.

A /  Accès au secret du contenu de la loge.

Le secret est lié l’initiation de ses membres et à leur capacité à entretenir individuellement et collectivement, l’intérêt pour les notions de Vérité de Lumière et de Connaissance, mais aussi d’Unité et d’Universalité. On résume ce secret par notre capacité à percevoir la Lumière. Pour y parvenir il faut modifier notre perception du réel par un « réapprentissage » linguistique symbolique et rituélique.

B / Méthode de franchissement du visible simple au visible profond

Il existe une méthode de franchissement qui permet de passer de l’extérieur à l’intérieur, du monde profane au monde éclairé :

Il convient tout d’abord de répondre à la question du gardien du seuil qui demande : Qui es-tu ?

La réponse figure dans le testament. Le testament philosophique oblige l’impétrant à s’inscrire et se situer dans une triple perspective, c'est-à-dire sur 3 PLANS « SUPERPOSABLES » :

1/ en regard du Divin

2/ en regard de la Grande Nature et

3/ en regard de l’Homme

Ces trois questions philosophiques résonnent dans les trois coups portés à la porte du Temple, la triple batterie, les trois voyages dans la loge, les trois coups portés à la pierre brute, la triple voie ou le trépas (trois pas). Ce sont aussi les trois cavités de l’être qui sont sondées : le Corps de matière formant l’homme, le Cœur pour l’élan vital et la Grande Nature et l’Esprit pour le concept du divin.

Réapprendre à percevoir le réel « élémentaire » dans la chair.

L’initiation est en soi une réinitialisation élémentaire de la réalité en « éprouvant » le corps, l’âme et l’esprit.

A : la Terre,  B : l’Eau, C : l’Air, et  D : le Feu,

L’accès aux niveaux supérieurs de l’interprétation symbolique passe par l’apprentissage d’un réel profond. C’est l’approche symbolique qui permet par analogie de décrire et développer différents niveaux d’interprétation du réel. C’est le symbole qui permet de passer d’un plan de lecture du réel à l’autre. Cette possibilité fonctionne à travers des lois d’analogie et des tables de correspondances qui ne sont rien d’autre que la transformation de l’objet signifiant et objet signifié dans plusieurs niveaux de réalité.

« Il n’y a pas de plus grande initiation que la perception de la réalité » d’après Robert Ambelain 1985, simplement il faut comprendre que le réel issu d’une méthode maçonnique ou initiatique est toujours plus profond que la simple apparence. La réalité est une phénomène ressenti, une réalité en soi dotée d’une immanence et une transcendance. C’est ici que se situe le secret et le sacré, dans la profondeur du réel, dans la capacité de ce réel à nous définir au monde et à nous relier à plus haut... Donc le réel profond est, selon Patrick Leterme, une combinatoire de symboles tirés du réel,  traduits sur des plans différents.

Il y a donc dans le champ de la conscience plusieurs plans superposés que nous devons explorer.

 

C / La RÉALITÉ de la Loge et sa clef d’orientation et d’équilibre

Tout passage dans un univers autre, implique la recherche d’une nouvelle clef de lecture permettant la transformation et la transposition.

Cette clef est révélée dans les dimensions de la loge et dans le catéchisme de l’apprenti. L’étendue infinie de la loge est donnée par ses axes qui sont sa structure « invisible ». Cette structure invisible guide tous actes de construction ou de transformations matérielles et spirituelles, mais aussi la verbalisation et la geste du grade considéré.

La clef donne les dimensions qui permettent tous les franchissements de niveaux (transposition, nouveau point de vue) et la reliance à la Lumière, mais aussi les lois de correspondances: « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas » Hermès Trismégiste.

Cette clef doit permettre les permutations et substitutions sémantiques et syntaxiques et favoriser la métaphore (transposition sémantique), et autoriser l’établissement de tables de correspondances.

Les 6 directions de la loge sont : le plan cardinal traversé par un axe, soit une croix tridimensionnelle servant plusieurs plans :

Approche des dynamiques symboliques à l’œuvre dans la Loge maçonnique par E.°.R.°.

Cette croix est très proche du Chrisme bien connu du christianisme  repris par Charlemagne dans sa signature. Il s’associe au Christ et symbolise l’incarnation de la Lumière descendante. Elle se retrouve aussi dans la croisée d’ogives avec au centre une pierre du dôme…

Approche des dynamiques symboliques à l’œuvre dans la Loge maçonnique par E.°.R.°.

Cette croix tridimensionnelle tend vers l’infini et l’incommensurable (Omega) et vers l’unité originale, le Centre des centres (Alpha).

Ci-dessous la clef nous permet les transpositions nécessaires au parcours initiatique dans les 3 plans.

Approche des dynamiques symboliques à l’œuvre dans la Loge maçonnique par E.°.R.°.

II / Dynamique de triangulation axiale

Les dualités et opposants apparents transformés en composants et complémentaires.

A/ Polarité et dualité

La loge s’appuie sur des objets symboliques différents ou opposés que l’on va rendre complémentaires.  

Sur quoi repose la dynamique interne à la Loge ? Sur une combinatoire symbolique triangulaire. Tout mouvement nait d’une tension bipolaire ou duale. Les deux pôles sont opposés et pourtant ils composent la base du mouvement. Si le mouvement suit un cheminement axial vers la lumière, à l’égal des trois pas de l’apprenti alignés vers l’Orient, alors il faut déterminer la base bipolaire ou duale de cette triangulation axiale.

Entrons en Loge et constatons comment s’établit la dynamique de l’initiation :

Elle s’établit par contraste entre une vision profane faite d’apparences inertes et une vision éclairée faite de synthèse constructive. Nous allons confronter deux réalités, la première statique  sans complémentarités clairement établies, et la seconde dynamisante, complémentaire, transformatrice et éclairée.

B/ Une marche axiale

Pour qu’une loge soit un «lieu très éclairé », il y faut une orientation et une perspective. Cette orientation fixe un point à atteindre et exclut les autres directions. L’orientation dans la loge est cardinale et axiale suivant une croix tridimensionnelle  ce qui est le schéma de base de toute architecture sacrée, élaborée en regard de la naissance de la Lumière. Ainsi, notre mouvement ira vers l’Orient et ses objets symboliques.

Il y a donc une dynamique de progression que nous retrouvons dans les pas de l'apprenti. Face à une diversité d’objets ayant des fonctions ou des apparences différentes  nous devons rechercher leur point de jonction « orienté ».

Nous progressons vers la lumière et ce qui la protège. Le Temple protège et héberge la Présence divine synonyme de Lumière. Donc la dynamique de triangulation dans la loge doit tendre vers la lumière ou les objets symboliques qui la contiennent. Ici l’objet au niveau de l’apprenti est « sa pierre » qui doit être taillée pour être assemblée dans la construction du futur Temple. La dynamique de construction oblige à voir dans les objets présents en loge ou sur le Tableau de Loge une combinaison de leurs actions ou fonctions pour atteindre la perfection dans la taille d'une pierre porteuse de la Lumière. La pierre parfaite est l’unité de base, constitutive du Temple et suit la même triangulation axiale donnant à la fois un objet parfait (contenant) d’une lumière parfaite (contenu), c’est la sommation: la forme et la lumière sont superposables dans un même axe de perfection.

 

                C/ Une combinatoire lumineuse et SOMMATION

Résumons la triangulation lumineuse : la marche vers la lumière est soutenue par une dynamique symbolique. La dynamique est fondée sur une série d’oppositions ou dualités apparentes. Ces oppositions de lieux, de couleurs ou d’usages, dans les outils et instruments, grâce à l’intention rituelique et à l’orientation du sens, vont se résoudre en complémentarité donnant naissance à un troisième terme « lumineux ».

La transformation des « opposants inertes» d’un point de vue profane en « composants dynamiques » passe par la combinaison de leurs actions symboliques. Cette réassociation des apparences résulte d’un point de vue constructif.

L’objet symbolique en loge se prête à la combinaison.

 Chaque objet est en interaction permanente avec les autres (voir sur le Tableau de loge).

L’objet symbolique en loge est indissociable de la  combinatoire de langage auquel il appartient (celle de l’apprenti, celle du compagnon, etc.). Ce langage est intentionné par l’objectif à atteindre appelé objet contenant « méta symbolique » (ici le Temple à bâtir !) et un contenu essentiel et inatteignable (la Schekinah ou la Lumière). La relation entre l’objet méta symbolique et son contenant lumineux opérant en soi  est la SOMMATION. La Sommation est une relation entre le signifiant, contenant méta symbolique et le signifié « essentiel ». Cette relation est dictée par:

1/ la dynamique du symbolisme constructif, sa finalité (construire un Temple pour accueillir la Lumière),

2/ par l’intention rituélique (faire naître la Lumière en soi),

3/ par la surdétermination du groupe (confirmer le bien-fondé et la réalité « phénoménale » de la démarche).

Ainsi l’objet symbolique sorti de sa combinatoire et du contexte séparé et sacré de la loge perd toute efficacité phénoménale et par conséquent sa dimension « essentielle » pour retomber dans un contexte culturel exotérique.

Sommation et triangulations montante et descendante

Sommation et triangulations montante et descendante

D/ Inventaire des dualités-différences et oppositions dynamisantes

Les objets présents en Loge sont dédoublés en opposants apparents ou en symétrie, mais qui par l’apprentissage d’un réel profond et le truchement du rituel vont produire un troisième terme dans l’axe de la Lumière. Cette production triangulaire sera double : l’une pointe en haut sera un objet symbolique essentiel ou signifié en essence, l’autre pointe en bas restera dans la loge en qualité d’objet concret porteur de lumière, soit un contenant-signifiant.

Les opposants simples : Ce sont par exemple les cases noires et blanches apparemment opposées qui entrent en relation dynamique,  produisant un troisième terme polysémique le Pavé Mosaïque. Il représente en sommet bas un plan calibré  porteur du trait de la manifestation, en sommet haut le nombre d’or générateur des tracés de lumière.

Les opposants symétriques : Les deux colonnes de part et d’autre de l’entrée et donc opposées symétriquement,  et par leur dynamique composée vont constituer la base d’un triangle dont le sommet « ici bas », c'est-à-dire dans la loge,  est  le Saint des saints, et en sommet haut l’hexagramme ou le triangle lumineux.

Les opposants fonctionnels : Le maillet de bois pour frapper et le ciseau de bronze pour tailler, diffèrent dans leur nature et fonction. Ils vont s’unir dans la même action transformatrice de la matière et produire le sommet « ici bas » dans la loge une forme parfaite, et le chef-d’œuvre lumineux (œuvre de l’esprit) en sommet haut.

Les opposants axiaux : Le fil à plomb et le niveau diffèrent quant à leur fonction et vont s’unir dans la même croix tridimensionnelle. La Clef de construction orthonormée dans la Loge (sommet bas) et centre des centres, sommet haut.

Les opposants cycliques : La Lune gestative et réflexive qui s’oppose apparemment au Soleil rayonnant et par complémentarité triangule l’épée flamboyante dans la loge et l’étoile immuable au centre de l’Orient,

etc.

Approche des dynamiques symboliques à l’œuvre dans la Loge maçonnique par E.°.R.°.

C’est la sommation qui justifie les lois de correspondances vécues en soi comme une réalité, la sommation est une verticalisation phénoménale du réel vécu en Loge.

La triangulation permet de faire d’une dualité une union par un changement d’état et de plan.

D/ L’effet miroir  et sommation:

Comment ça marche  avec les outils du bâtisseur pour un apprenti ?

L’apprenti lors de son initiation fait son premier travail en frappant par trois fois la pierre brute par le maillet et le ciseau. L’acte de bâtir par intériorisation de l’objet symbolique va faire du franc-maçon un acteur et bâtisseur en société comme un bâtisseur en esprit. Ce qui est perçu en loge doit rejaillir dans le vécu.

Nous voyons l’objet symbolique comme un signe complexe, permettant des combinaisons à multiples niveaux d’interprétation, jusqu'à l’essence c'est-à-dire jusqu’à la transparence de toute forme représentée.

Approche des dynamiques symboliques à l’œuvre dans la Loge maçonnique par E.°.R.°.

La sommation est le produit analogique du processus opératif dans la matière dicté par l’intention rituélique et la volonté du groupe. C’est un ressenti individuel et collectif, opérant une transformation de notre vision du réel.

La sommation est le sommet hermétique de la triangulation d’un objet symbolique (ici la pierre brute) par la pensée (la tête), la volonté (le maillet) et l’action séparatiste (ciseau)

En résumé pour l’artifex, la sommation est la face « opérante » et mentale de l’opération sur la matière. Cela implique qu’une pierre se taille toute à la fois extérieurement qu’intérieurement en soi.

triangulations et sommation

triangulations et sommation

On notera que le schéma géométrique « Pensée Volonté Action Opératif-opération » suit le même schéma que les pas du Maître franchissant le catafalque. Ce schéma est la base rudimentaire d’un arbre de vie ou arbre de connaissance, en allant du fondement à la couronne…et inversement.

3 Effets miroirs : sommations entre l’objet et soi.

3 effets miroirs: sommation entre l'objet et soi

3 effets miroirs: sommation entre l'objet et soi

III / Dynamique de reliance à la Lumière.

Superposition  des Contenants sacrés.

 

Comment passer d’un monde à l’autre ?

L’objet symbolique est par sa nature propre métonymique et métaphorique, l’objet métasymbolique l’est aussi !

 

S’il existe une dynamique de franchissement, c’est qu’il existe deux rives ou un dehors et un dedans !

S’il existe une dynamique de triangulation des opposants en composants axiaux, c’est qu’il existe une superposition de plans de progression qui devraient aboutir à la représentation d’un « objet méta-symbolique ».

Cet objet contenant la Lumière est à la fois ultime dans la progression initiatique, et originaire, source primordiale ou archétypale recouvrant toutes les sous-déterminations.

L’objet méta symbolique : les objets méta symboliques résultent de combinatoires d’objets symboliques qui les servent. L’objet méta symbolique est un signifiant ultime dans la voie traditionnelle concernée. Son signifié est une vision en « essence » puissamment évocatrice.

Le signifié essentiel est toujours phénoménal c'est-à-dire qu’il donne à voir quelque chose qui se détermine par le ressenti de celui qui reçoit l’information et qui oeuvre à la représentation mentale du réel.

Exemple d’objets méta symboliques, situés au sommet dans leur voie initiatique déterminant le réel profond des initiés :

La Jérusalem céleste pour la voie sacerdotale (Pontifex) (néotestamentaire) ou la Shekinah (vétérotestamentaire).

L’Arche d’Alliance contenue dans le Temple pour la voie artisanale (Artifex) avec la filière de la pierre, celle du bois (l’acacia et le cèdre) et de la forge (le boiteux)

Le Graal et le Golgotha pour la voie chevaleresque (Rex)

 L’objet méta symbolique est donc l’aboutissement d’un processus graduel qui démarre pour l’artifex, à la Pierre brute et aux Cèdres du Liban pour construire le Temple de Salomon et garder l’Arche. L’objet meta symbolique donne une intention au rituel et aux légendes de grade.

C’est une remontée du Terrestre au Céleste. Cela implique la notion de pluralité d’espaces séparés à différents niveaux. Chaque niveau tente de reproduire le même objet, de manière plus ou moins dégradé, car plus éloigné de la source originelle.

Exemple : l’Homme et la Pierre Cubique à Pointe sont une sous-détermination du Temple, car leur forme parfaite est portée par la même structure essentielle… C’est ainsi qu’ils sont (Homme, Pierre Cubique à Pointe et Temple) parfaitement superposables, car procédant du même dessin et plan divin.

L’objet méta symbolique permet « d’orienter », de donner une perspective, un horizon aux combinatoires symboliques de la filière concernée : ici le symbolisme des bâtisseurs du Temple. D’un point de vue phénoménologique la légende du grade accentue et structure l’intentionnalité dans le ressenti. Dans la voie artisanale, tous les outils, instruments et objets symboliques dans l’enceinte séparée et sacrée de la loge ont une relation au céleste via le Temple. La reliance au céleste est fonction finale d’une loge de bâtisseur, la fonction première étant de transformer la matière et les hommes. L’homme deviendra pierre vivante du Temple.  

La reliance céleste est  bien représentée en loge par la voûte étoilée, la Lune et le Soleil, l’Étoile flamboyante,  les colonnes solsticiales, etc.

Superposition des contenants sacrés

Superposition des contenants sacrés

Homothétie des formes contenantes de contenu sacré ou reliquaire (poupées russes)

Le contenant n’est sacré qu’en vertu de son contenu supposé, suggéré et souvent invisible. Ainsi le Contenu "essentiel " est une "réalité révélée" et vécu comme phénomène ultime de la sommation.

Faisons l’inventaire des contenants sacrés contenant la Lumière :

  • La Loge contenant les outils pour construire le Temple
  • Le Temple de Salomon contenant l’arche d’Alliance
  • L’Arche d’Alliance contenant les Tables de la Loi
  • Les Tables de la Loi contenant l’éthique et la métaphysique de l’homme
  • L’Homme (créé à l’image de son auteur Divin) qui contient une enveloppe corporelle, un cœur et une boite d’os qui deviennent des contenants de l’éthique et de la métaphysique des Tables de la Loi : le corps de matière, l’âme animatrice et l’esprit lumineux
  • L’arche de Noé suit le même principe avec son contenu sacré fait de la diversité des espèces issues de la volonté créatrice divine.
  • Le Graal reliquaire qui contient le sang du Christ, incarnation de la Lumière

Donc tout contenant est sacré par le contenu qui établit une relation « symbolique », une reliance directe ou indirecte au divin ou à la Lumière céleste.

La loge est le lieu de la reliance  par son contenu : le VLS, le nom du Divin, l’Étoile flamboyante ou l’Hexagramme et par l’intention de bâtir  l’objet méta symbolique du Temple !

Par conséquent l’axe de réalisation de soi qui se fait en réalisant le Chef d’œuvre, induit un axe de reliance, car le Temple, la Loge et l’Arche d’Alliance et les 3 réceptacles de l’Homme font l’alliance entre la Terre et le Ciel.

En résumé pour l’apprenti :

La Pierre brute  véritable Pierre vivante est le démarrage d’une transformation en soi (miroir – sommation - métaphore)

On frappe la pierre brute par trois coups (orthopraxie) pour faire état de ses cavités secrètes et les « éveiller » à une Lumière plus originelle (3 quasi-métonymies 3 coups-traumas = 3 cavités)

le 1er coup en résonance avec le corps (activation de l’État Corporel)

Le 2eme avec le Cœur (État d’Âme)

Le 3eme avec l’Esprit (État d’Esprit)

L’intervention initiatique sur ses 3 états à pour fonction d’éveiller et harmoniser  les centres (thérapeutique) et de les aligner dans une reliance à plus haut.

Sorti de la caverne, l’homme se dresse face à la Lumière pour illuminer ses trois centres réceptacles: corporel, vital et spirituel.

E.°.R.°.

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28 février 2020 5 28 /02 /février /2020 09:59

Un Roi de la lignée Stuart était surnommé par l'aristocratie bienveillante et partisane de "Roi Salomon" ou "Salomon d'Ecosse". Cette appellation(1) de "Roi maçon" se faisait moins en regard de leur qualité de roi bâtisseur, organisateur du métier ou d'ordonnateur de la justice, qu'en revendication d'un titre de  "droit divin" dans la lignée des rois David. C'est cette revendication vétérotestamentaire en plus de leur catholicisme qui mena certains à la décapitation.

Salomon en sa qualité de Roi doit s'adjoindre deux lieutenants capables de mener à bien sa mission "divine " sur terre. Nous sommes dans le schéma  de tripartition classique défini par Georges Dumézil et René Guenon (2), inspirés par les fonctions traditionnelles de l'hindouisme des trois voies initiatiques: la voie du Brâhmane / sacerdotale des Oratores (Salomon-Sagesse), la voie Kshatria / Militaire des Bellatores  (Hiram de Tyr- Force), et la voie artisanale Vaishya / laboratores (Hiram Abi - Beauté). Cette triangulation est "ascensionnelle" ou verticalisante au sens ou elle tire sa légitimité d'une dévolution divine. Cette dévolution est celle tirée de 1 Roi 5 (3) qui est la volonté d'un Dieu architecte dessinant les Plans du Temple. C'est donc par la Légende "architecturée" du grade du Maître que l'on restaure cette idée de mission venue d'en haut au sein d'une maçonnerie continentale en déliquescence. C'est la figure de Salomon et de ses deux sapiteurs Hiram de Tyr et Hiram Abi qui vont diffuser trois idées typiquement stuartistes sous couvert du Devoir: la mission du bâtisseur d'une maison pour le divin, l'idée de roi de droit divin, l'exil et la restauration de l'ordre divin (destruction du Temple/reconstruction) face à l'usurpateur hanovrien. C'est la triangulation stuartiste de la restauration du trône qui se superpose à la dévolution divine au sein même de la Légende et de ses développements ultérieurs.

Pour donner plus d'appui à cette triple prétention, à partir du XVIIIe siècle, la vie et la mort d'Hiram seront organisées comme une réédition des modèles connus touchant à la révélation, on pense à la révélation liée au sacrifice du Christ. Mais si Salomon est dans la lignée des Rois David,  Hiram n'est pas le fils de l'Homme, il est l'un des fils d'une veuve de la tribu de Nephtali. Il est celui qui lit les Plans divins et les met en Oeuvre, il est celui qui détient de Salomon la Parole organisatrice du chantier et donne le sel qui permet au souffre des compagnons de s'associer au mercure des Maîtres. Il est l'alchimiste de la construction du Temple-athanor dont la finalité recroise la Pierre philosophale.

La révélation s'apprécie ici non pas dans sa dimension religieuse impliquant une croyance hors de toute rationalité, mais comme un phénomène touchant à la fois au désir d'éternité de l'homme  relativement à sa fin. Ces deux bornes éternité et finitude se retrouvent dans toutes les notions de "transmission" initiatique  dont le Roi se dit garant, car favorisant la stabilité de l'ordre établi tout en offrant une perspective dans l'au-delà. La démarche initiatique ayant pour fonction principale de transmettre des visions s'associant aux sagesses, il semblait normal que le franchissement de la finitude corporelle puisse déboucher dans une prolongation spirituelle de l'homme. Quoi de plus approprié que de faire intervenir l'acteur majeur chargé de construire une maison pour la Présence du divin parmi les Hommes. Le récit est bien plus qu'une légende, car il touche à la dimension divine. L'homme va se sacrifier pour le Devoir, pour la Règle du métier, pour la Loi qu'il sert et pour les Plans divins qu'il met en Oeuvre. Il est certain que le sacrifice d'Hiram fait partie intégrante de l'Oeuvre initiatique à accomplir. La construction du Temple n'est pas seulement extérieure, elle est intérieure. Nous devons voir la geste d'Hiram comme un phénomène , une scène qu'on nous donne à voir et qui doit révéler quelque chose en nous. Le phénomène se déploie en nous et devient une réalité intime. La chose révélée se soustrait à la relation causale en inversant le sens moral en sens utile. C'est ainsi que le crime  sera plus utile qu’infâme. Infâme pour le compagnon et utile pour le maître et pour la révélation du Temple intérieur. Qui dit Temple dit "porte d'accès",  sans doute s'agit-il de la porte d'accès à la chambre du Milieu, notion très intérieure s'il en est. Donc nous pouvons aborder cette légende hors du cadre rationnel et moralisateur, trop minimal en regard de l'enjeu pour un Maître. En effet il y a deux discours dans ce récit, le premier est relatif aux Petits mystères s'adresse au compagnon récipiendaire, il s'agit d'un fratricide vétérotestamentaire. Le second est relatif aux Grands mystères et s'adresse à celui qui a pratiqué le relèvement intérieur après le triple trauma du corps, de l'âme et de l'esprit, il s'agit dans cette approche plus intérieure d'un parricide néotestamentaire. Ces trois grands coups précédant la chute du "Maître" et son relèvement "intérieur", font écho aux trois grands coups de l'impétrant à la porte du Temple pour y recevoir la Lumière.

La geste d'Hiram   enrichie par sa légende devient un mythe initiatique qui porte le rituel maçonnique. Pour la plupart des versions,  Hiram fut assassiné à la fin des travaux du Temple (vers 1570 avant notre ère) par trois compagnons pour avoir refusé de leur donner la parole secrète des maîtres. La franc-maçonnerie reconnaît en Hiram un Maître architecte, sous représentation du divin architecte. La légende d’Hiram présente des variations d’un Rite à l’autre, mais on constate une structure commune aux différents rites, accentuée par une déclinaison de triangulations axiales et lumineuses.

 

Légende D’HIRAM au REP

Nous étudierons la légende d’Hiram sous trois aspects « phénoménaux » comprenant trois ternaires agissants et lumineux en soi et un binaire destructeur favorisant la métamorphose (la chaire quitte les os) et le recul en soi. Ce double mouvement ayant la Lumière pour horizon sera qualifié d’anamorphose. Le phénomène d’anamorphose est à rapprocher de la notion de catabase et d’anabase du Compagnon devenu Maître que nous avons décrit dans nos précédentes études. Nous proposons le développement phénoménologique suivant:

1/ L’œuvre : le but, les moyens et l’organisation ternaire de son essence, Triangle montant.

2/ Transmission symbolique et initiatique. 

3 / Anamorphose en deux temps:

3a/  le point de vue des 3 compagnons transgresseurs dans cette structure graduelle, aspect binaire "insensé". (Ternaire ascendant inversé - chute - catabase du compagnon)

3b/ le point de vue des Maîtres dans la régénérescence de la Parole et la conservation de l’œuvre. (Ternaire ascendant restauré, essence du grade revélée, changement de plan). 

Il est entendu que le changement de point de vue et de plan dans la même cérémonie, produira sur le récipiendaire une métamorphose de ce qui est vu et ressenti, c'est l'anamorphose du Maître.

1 : L’œuvre,  le But et les moyens pour exécuter les Plans divins

Le Ternaire agissant dans l’Alliance, Unité et alliance des trois voies initiatiques dans la mise en œuvre des plans divins donnés à David :

 Après la mort de David, son fils Salomon étant monté sur le trône d’Israël et voulant travailler à l’élévation du Temple de Jérusalem, écrivit à Hiram roi de Tyr, qui adorait comme lui le Dieu d’Israël, et lui envoya des ambassadeurs afin de faire alliance avec lui.

Les Moyens tirés des 3 règnes, animal, végétal minéral:

Il lui demanda des bois propres à la construction du Temple. Hiram de Tyr donna son accord à Salomon et lui promit tous les bois, pierres et matériaux nécessaires. Les bois furent coupés dans les forêts du Liban, et les pierres furent taillées dans les carrières de Tyr. A cet ouvrage Salomon employait trente mille ouvriers, et les faisait relever tous les quatre mois par trente mille autres. La nourriture de ces ouvriers était payée par Salomon ainsi que leur entretien.

Le Maître architecte spécialiste de l’alliage et de l’architecture :

Hiram de Tyr, désireux de concourir par tous les moyens possibles à l’élévation de cet édifice immortel, envoya vers Salomon un ouvrier, fameux dans le travail de toutes sortes de métaux et très instruit en Architecture. Il se nommait Hiram Abif, il était le fils d’un Tyrien nommé Ur et de sa veuve issu de la tribu de Nephtali.

Légende d'Hiram - Anamorphose du Maître

2 : La transmission et l’organisation symbolique et initiatique :

 Ternaire initiatique

La transmission des plans divins et de l’influx spirituel

Salomon le constitua son maître architecte et lui communiqua ses projets et ses plans, le nommant de plus inspecteur général de tous les ouvriers du Temple.

L’organisation graduelle de la mise en « Œuvre » par les verbalisations les signes et les lieux initiatiques (colonnes)

Hiram les divisa alors en trois classes, celle des Apprentis, celle des Compagnons et celle des Maîtres. Il donna à chaque classe un Signe, un Attouchement et un Mot pour pouvoir reconnaître les ouvriers et les payer ensuite selon leur mérite. Il nomma et désigna ensuite les lieux où il devait les passer en revue et leur remettre leur paiement à la fin de la sixième journée.

Topographie verticalisante de la symbolique des nombres totémiques par réduction 

Les Apprentis qui étaient au nombre de soixante-dix mille étaient payés à la colonne J.  (Nombre 7 extérieur au Temple)

Les Compagnons étaient au nombre de quatre-vingt mille, et ils étaient payés à la colonne B. Ces deux colonnes, ainsi que vous le savez, avaient été élevées sur le parvis du futur Temple. (Nombre 8 extérieur au Temple) 7+8 =15=3 (nombre symbolique de l’apprenti) X 5 (nombre symbolique du compagnon)

Les Maîtres, au nombre de trois mille six cent soixante, recevaient leur salaire dans (3+6+6=15 ; Nombre 15 ici intérieur au Temple nombre secret des Maîtres somme des dimensions de la croix tridimensionnelle)la Chambre du Milieu de la Loge érigée sur le chantier.

Ternaire délégué sur le chantier garant des classes et de l’ordre

Tels étaient les engagements que cet homme illustre avait pris pour payer les ouvriers, mais comme il n’aurait pu subvenir à tout, Salomon lui donna deux adjoints qui portaient le nom de Surveillant, le premier était proposé pour payer les Compagnons et le second pour payer les Apprentis. Ils avaient également l’inspection sur les ouvriers chargés de la police du chantier, comme d’accommoder les différents qui pouvaient naître entre eux.

 

Légende d'Hiram - Anamorphose du Maître

3/ Anamorphose

3a : : Le point de vue des Compagnons, adombrement crépusculaire de l’œuvre

Triangulation du sel-

Transgression de l’ordonnancement des grades par un ternaire inversé (cupide)

Mobile du Parricide et du fratricide : le langage sacré,  la geste du sel-salaire

Il se trouva que trois Compagnons, mécontents des salaires qu’ils recevaient, imaginèrent de demander à Hiram le Signe, l’Attouchement et le Mot des Maîtres, et se proposèrent de l’obtenir de gré ou de force.

Le sixième jour la veille au soir du septième jour réservé au repos du Divin

Hiram avait coutume à la fin de chaque semaine de faire une revue générale de tous les ouvrages en cours.

Triangulation des portes d’accès au secret qui est dans l’Oeuvre

L’embuscade aux 3 sorties de l’œuvre à bâtir, adombrement de l’Œuvre, les compagnons n’entrent pas dans l’Oeuvre :

Les trois scélérats attendirent donc que les ouvriers fussent sortis. Ils allèrent se poster, l’un à la porte de l’Orient, l’autre à celle du Midi, et le troisième à la porte de l’Occident.

Les trois coups portés au « Chef de l’œuvre », les trois portes, les trois instruments et outils dévoyés de l’Œuvre (contresens et non-sens dans l’usage sacré des outils)

Hiram ayant fait sa ronde habituelle et allant se retirer, se présenta à la porte de l’Occident, et le Compagnon qui s’y trouvait lui demanda le Signe, l’Attouchement et le Mot des Maîtres. Hiram s’y refusa et lui promit de les lui accorder lorsqu’il aurait mérité de passer Maître. Le Compagnon persistant toujours à les lui demander et voyant qu’il ne pouvait les obtenir, lui frappa la tête avec une règle, ce qui l’étourdit. (La règle est ici la Loi dévoyée)

Le Très Respectable frappe le front du Postulant d’un coup de Maillet : O

Le Très Respectable - Revenu à lui, Hiram tenta de s’échapper par la porte du Midi, mais il y trouva le second de ces scélérats, qui lui fit les mêmes demandes, qu’il refusa également. Ce que voyant, ce Compagnon employa alors les menaces, ne produisant sur Hiram aucun effet. Transporté de colère devant ce refus, il frappa Hiram d’un coup de Marteau sur la tête, ce qui le blessa dangereusement. (Le marteau est celui du forgeron, c'est l'outil "métallique" par excellence.)

Le Très Respectable frappe le front du Postulant d’un second coup de Maillet :O

Le Très Respectable - Hiram s’enfuit vers la porte de l’Orient où il eut beaucoup de peine à parvenir. Il y rencontra le troisième des assassins, qui le menaça de le tuer s’il lui refusait les Signe, Mot et Attouchement des Maîtres. Hiram lui fit la même réponse qu’aux deux autres, lui déclarant qu’il ne pouvait les lui accorder de cette manière, que seule son application au travail pourrait un jour lui mériter ce grade, et qu’alors lui Hiram les lui donnerait volontiers. Mécontent de cette réponse, le misérable insista par la force pour lui arracher les secrets des Maîtres, mais Hiram continua de les lui refuser avec la plus grande fermeté. Alors le misérable le terrassa d’un coup de levier sur le crâne. (Le levier est la puissance démultipliée, ici la puissance d'adombrer.)

Le Très Respectable frappe le front du Postulant d’un troisième coup de Maillet O

et fait silence quelques instants.

Triangulation des portes pour passer "au-delà".

Morale et enseignement du sacrifice d’Hiram et de la chute des compagnons

Le Très Respectable - C’est ainsi que le plus respectable de tous les Maçons aima mieux perdre la vie que de communiquer le secret des Maîtres à des Compagnons indignes de le recevoir. (Hiérarchisation des plans).

Enterrement profane sur une montagne sacrée, passage de la triangulation lumineuse au binaire adombré. (La pointe axiale et lumineuse du triangle disparue, il ne reste que le binaire de base, c'est l'adombrement de la chute -catabase, ou triangle pointe en bas.).

Comme il était encore jour, les trois assassins n’osaient le sortir du Temple; ils le dissimulèrent sous quelques lourdes pierres, et lorsque la nuit fut venue ils le transportèrent sur le mont Hébron, où ils l’enterrèrent à proximité d’un acacia. (Fin de l'épisode compagnonnique, je précise que le Mont Hebron et l'endroit ou sont enterrés Abraham et certains patriarches, nous sommes ici dans le point final de l'Ancien Testament. Va suivre avec l'épisode des Maîtres une nouvelle ère, celle de l'incarnation de la Lumière...).

Légende d'Hiram - Anamorphose du Maître

3b : Le point de vue phénoménal des Maitres : recherche de l’influx spirituel et de l’incarnation de la Lumière par le sacrifice

Le But - Retrouver Hiram « mort ou vif » pour finir la construction du Temple :

 - c’est retrouver la Lumière pour lire les Plans et achever le Temple pour les Maitres,

- c’est aussi retrouver le salaire c'est-à-dire le sel pour stabiliser le soufre expansif centrifuge du compagnon et le mercure dissolvant centripète du maître!

Sept jours s’étant écoulés  et Salomon ne voyant plus paraître Hiram, fit cesser les travaux du Temple et ordonna des recherches afin de savoir ce qui était advenu au Maître d’oeuvre. Mais ne recevant toujours pas de nouvelles, il rendit un édit par lequel il déclarait qu’aucun ouvrier ne serait payé avant que l’on eut retrouvé Hiram mort ou vif.

Les  Moyens : une quête en 3X3 pour les trois sorties et les trois mauvais compagnons

Il ordonna alors à neuf Maîtres de s’informer auprès de tous les Maîtres, Compagnons et Apprentis s’ils n’auraient quelque indice de la disparition d ‘ Hiram.

Ces neuf Maîtres exécutèrent ce que Salomon avait prescrit en questionnant ici et là quelques Compagnons, car ils soupçonnaient ceux de ce grade d’avoir assassiné Hiram pour en obtenir le Mot de Maître. Mais ce qui les confirma davantage en leurs soupçons, ce fut qu’ayant visité toutes les Loges où demeuraient les Maçons par nombre séparé, ils constatèrent que trois Compagnons avaient disparu.

Régénération de « la Parole » à partir du corps reliquaire (le sel retrouvé permet de fixer l’œuvre en stabilisant l’action du soufre et du mercure dans le Temple athanor)

La méthode de régénération un ternaire au cube et le 9eme jour sur le mont des patriarches lieu ou est enterré Abraham

De concert avec les neuf Maîtres, Salomon décida que si on découvrait le corps d’Hiram, le premier mot (Parole première renouvelée !) qu’ils prononceraient serait celui dont on se servirait par la suite pour distinguer les Maîtres des Compagnons, et que le Signe et l’Attouchement seraient également changés. Les neuf Maîtres après avoir fouillé très minutieusement tous les recoins du Temple se divisèrent en trois groupes de trois. (3 au cube)

Trois sortirent par la porte d’Occident, et trois par celle du Midi, et trois par celle d’Orient, avec la décision de ne pas revenir, qu’ils n’eussent quelque nouvelle d’Hiram. Ils eurent attention en faisant cette perquisition de ne s’éloigner les uns des autres que de la portée de la voix. Après avoir cherché pendant huit jours inlassablement, ils parvinrent le neuvième sur le mont Hébron. (Le 9 annonce un changement de cycle et de plan!)

La sépulture sous l’acacia

L’un d’eux, harassé de fatigue, se reposa sur le sol, mais sentant que la terre s’affaissait sous lui, il constata qu’elle avait été récemment remué, ce qui le surprit d’autant plus que cet endroit était, comme ses environs, inculte, graveleux et stérile. Il appela les autres Maîtres et s’étant assurés que quelqu’un y pouvait être enterré, sans plus avant ils résolurent d’en instruire le roi Salomon, mais pour mieux retrouver l’emplacement à leur retour, ils coupèrent une branche de l’acacia qui se trouvait à peu de distance, et ils la plantèrent sur le lieu où ils se proposaient de faire une fouille au retour. Ayant rendu compte à Salomon de leur découverte, ce prince les engagea à y retourner, et à creuser l’endroit ainsi repéré.

La découverte phénoménale d’Hiram du corps à la relique : anamorphose et révélation d’une transmission post mortem

 - Les neuf Maîtres retournèrent sur le mont Hébron et commencèrent à fouiller la terre. Ils reconnurent alors que c’était bien le cadavre d’Hiram qui y était dissimulé.

(Le catéchisme nous donne les dimensions de la sépulture, synthèse de la croix tridimensionnelle : « Trois pieds cube ».)

Tous portèrent alors sur la poitrine la main droite, et tenant la gauche tendue en signe de douleur et d’horreur, comme si on voulait éloigner une vision odieuse. Ensuite l’un d’eux prît le petit doigt du cadavre et prononça le Mot JAKIN; le second prit le pouce du cadavre et prononça le Mot BOZ, et le doigt lui resta dans la main. Le troisième Maître le prit par le poignet, et sentant qu’il se séparait du bras il dit simplement : « MAK BENAH » La chair quitte les os...

Réintégration du corps dans le Temple : nouveau mot, nouveau paradigme passage du binaire profane au ternaire sacré, restauration de la Lumière intérieure.

Étant ainsi convenus que ce dernier mot prononcé serait dorénavant celui des Maîtres, ils achevèrent d’exhumer le corps d’Hiram pour lui rendre les derniers devoirs. Ils le transportèrent dans le temple décidé par Salomon, où il le fit inhumer dans un tombeau où s’élèverait plus tard le Saint des Saints. (Le catéchisme nous donne sa dimension de Trois pieds de largeur, Cinq de profondeur et Sept de longueur- le maître intérieur jusqu'alors replié sur lui-même (3X3X3 position fœtale) se déplie en soi).

Renaissance de la  triangulation lumineuse - Lumière intérieure éternelle et incorruptible comme l’Or.

Il y fit incruster un médaillon en or portant un triangle où était gravé le Mot nouveau des Maîtres: Mak Benâh. C’est en souvenir de cela que les Maîtres Maçons portent les gants blancs malgré leur chagrin, afin de proclamer qu’ils sont innocents de la mort du Maître Hiram. (Instruction du grade : M . A. K . B. N . H. Que signifie ce mot? Fils de la Putréfaction ou Fils du M.. mort (exactement: Il vit dans le Fils).

Que voulez-vous dire par cette définition? Que c’est du compost hermétique Universel que l’Architecte dégage l’ultime ferment Spirituel.)

Frère Compagnon, vous venez de constater par ce récit qu’un Maçon doit préférer la mort (qui conduit au déploiement du maître intérieur) plutôt que trahir son serment de fidélité et de silence (plutôt que de rester en position fœtale).

Légende d'Hiram - Anamorphose du Maître

Point de vue de Compagnon

Quelle est la position du récipiendaire du grade.

En sa qualité de compagnon, il vit le récit du grade comme un compagnon. Tout compagnon intègre la transgression par son pas de côté. Il est donc au premier chef concerné par la transgression de ses frères. En sa qualité de récipiendaire il est tout au long du récit situé dans la loge en contrepoint des trois mauvais compagnons. Ainsi il entre par son observation participative en coparticipant de la transgression.

Il est donc intégré en sa qualité de récipiendaire compagnon, au schéma tridimensionnel de la geste du grade. Il se situe précisément au Nord, là où il n’y a pas de porte de sortie. Les trois mauvais compagnons occupent les autres portes. Ainsi le plan d’exercice compagnonnique est complètement occupé dans ses axes cardinaux, laissant au centre une intersection qui sera occupée par le corps d’Hiram ou son catafalque qu’il faudra franchir. Ce centre est le noyau phénoménal, la source de la légende et sa finalité. C'est par ce centre appelé "Milieu" que tout commence et tout se transmet, c'est le but même de l’initiation du grade, une mise en scène phénoménale, sans causalité rationnelle et donnant une révélation intuitive.

Point de vue du Maître

Le Maître n’est pas dans le même conditionnement que le compagnon, il a franchi la fosse.

Il va au secours d’Hiram dans le but de retrouver le secret du sacré, appelé Parole perdue, qui permettra le fameux changement de Plan de lire le plan Divin et finir la construction du Temple en soi.

Pour le Maître, la mort ouvre sur autre chose sur un ailleurs « divin » qu’on préfère à la vie. C’est le Devoir de l’architecte que de montrer la direction de la vraie porte d’accès à la chambre du Milieu. Cette porte n’est pas sur le même plan que celles barrées par les trois mauvais compagnons, c’est une porte intérieure qui accède au Centre des centres, en soi...

La légende et le mythe associée à une geste sémiotique sont de bons moyens pour créer un événement complexe, un phénomène qui saisi le récipiendaire participant en le faisant changer de paradigme, ou d'horizon . Désormais d'une revendication salariale nous passons à l'éternité par le sacrifice. Le concept n'est donc plus efficient pour faire un lien de causalité raisonnable dans une situation aussi paradoxale. 

Si le concept seul ne suffit plus c'est l'intuition qui prend le relais pour accepter que la parole substituée est une transmission post-mortem ou reliquaire. La légende d'Hiram ne peut se déployer que dans le for intérieur du récipiendaire, ce vécu sera surdéterminé par le groupe des maîtres. Ceci justifie le relèvement vécu physiquement et intuitivement par le récipiendaire et la chambre du Milieu spécialement réunie.

E.°.R.°.

Article en construction dernière retouche le 01/03/2020...

1: L’appellation " Salomon", "Salomon d'Ecosse" ou "Roi maçon" voir Marsha Keith Schuchard restoring the Temple of Vision Chap IV et David Taillades HiRaM p 53 Éd Dervy. On notera que que la fonction royale emporte l'art du Trait , de la géométrie sacrée et que nombre de roi Charlemagne notamment se situent dans la lignée de David.

2: Sur la Tri fonctionnalité Georges Dumézil: Les Dieux indo-européens, Presses universitaires de France, 1952. Relire René Guénon 

3: 1 Roi 5 , Salomon intervient à la place de son père David  et dans (1 Chroniques 28:19) "Tout cela à été écrit de la main de l’Éternel qui m'en à donné l'intelligence" déclare David lorsqu'il donne à son fils Salomon les Plans avec mission de les mettre en oeuvre.

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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 23:08

L’infini, l’au-delà, et la franc-maçonnerie.

Initiation maçonnique aux changements des plans.

Nous naviguerons dans l’insondable, entre les infiniment grands et les au-delàs, dans le nadir de l’enfer et le zénith de la Lumière des croyances, mais avant d’aborder ces notions nous ramènerons toutes ses perceptions à la réalité. Cette réalité est celle de l’homme qui pense l’incommensurable par ses propres sens, proportions et angoisses.

Nous poserons notre analyse maçonnique de ces deux principes sous couvert du réel vécu ou ressenti, c’est-à-dire de ce que l’homme ressent comme vécu dans son être. Il s’agit donc d’accepter le caractère phénoménologique[i] de l’infini et de l’au-delà.

L’homme ne perçoit le réel qu’autant que ses sens et son imagination lui permettent d’en dépasser les limites. Or traiter de l’infini ou de l’au-delà c’est outrepasser les limites de ce qui se montre, il s’agit dans les deux cas de faire une incursion dans ce qui est perçu ou ressenti au-delà du visible !

Vous ne verrez jamais ni l’infini ni l’au-delà, vous les représenterez en fonction d’acquis culturels et philosophiques : si l'infini est la contrepartie du fini, l’au-delà serait la contrepartie de l’ici et maintenant. Nous avons un principe de symétrie en miroir entre le visible et l’invisible. C’est aussi l’objet de notre rapport au réel dans toutes ses dimensions qui est ainsi posé.

Le questionnement de l’infini et de l’au-delà en termes de représentations mentales nous permettra de postuler que « l’infini par son incommensurable étendue, fût-il mathématique et rationnel, est la porte d’entrée dans l’au-delà par le changement d’état[ii] qu’il suscite ». (Postulat1).

I — L’infini ou « le Principe de non limitation »

1 / Le mélange historique des mathématiques et de l’ontologie via l’hermétisme traditionnel :

L’infini à une double acception qui provient de l’époque où les mathématiques, la métaphysique et la théologique étaient liées dans une même rhétorique : l’infini se définirait doublement comme une quantité sans limites, mais c’est aussi une qualité, une des puissances du divin. Cette double approche quantitative et qualitative continue d’exister dans l’inconscient collectif et s’associe facilement avec le symbolisme axial auquel les francs-maçons sont formés.

Les premiers Grecs à qualifier l’infini dans une proximité divine seront les néo-platoniciens avec la notion de « Bien au-delà de l’essence », c’est-à-dire un infini surplombant les multiplicités de la contingence. La Bible dans l’Ancien Testament introduit aussi l’unicité du divin, inconnaissable et inatteignable. Cette approche herméneutique de l’infini sera confirmée par l’En Sof de la kabbale qui littéralement veut dire l’in-fini : splendeur au-delà de ce qui se conçoit.

L’infini d’Aristote n’était pas l’infini des modernes. Pour Aristote le ciel, la cosmologie était un monde fini doté d’étoiles fixes, puis l’organisation géocentrique de Ptolémée et ses épicycles dominera, avec une Terre centre de l’univers et sept planètes. L’antique géocentrisme sera remis en cause progressivement, suite à l’apport de l’Héliocentrisme copernicien de 1543. En 1600, Giordano Bruno sera brûlé sur un bûcher par l’inquisition pour avoir contesté le géocentrisme, introduisant le principe de pluralité de galaxies, il sera le philosophe de l’infinité. Galilée sera condamné par l’église pour avoir soutenu la thèse copernicienne en 1633. Pour Descartes père du doute méthodique, Leibniz auteur de calcul infinitésimal avec Newton, voir Kant, l’infini de Dieu est en rapport direct avec l’infini spatial et l’infini temporel ou cyclique : c’est le principe de non-limitation qui affecte le divin et le monde. Blaise Pascal en 1670 tentera une approche géométrique du « hors limite » : « Dieu est une sphère infinie, dont le centre est partout et la circonférence nulle part »

2/L’infini et la transcendance.

On voit donc se dessiner à partir de « l’infini attribut divin », l’idée de transcendance divine qui est sans limites par nature. Il s’agit pour Anselme de Canterbury de « l’Être tel qu’on n’en saurait concevoir de plus grand ». L’infini est donc lié au divin qui ne se limite pas et qui n’est pas mesurable. Donc pour nos anciens mathématiciens, l’infini conserve une dimension irréelle et initiatique proche de l’ontologie. L’infini constituait un attribut divin et source d’interrogation par l’irrationalité de sa suite c’est-à-dire par l’impossibilité de lui donner une limite. 

À cette transcendance de l’infini, Descartes répondra par l’infinie volonté libre de l’homme, puis Hegel poussera cette infinie volonté jusqu’au concept dangereux d’homme libre et de surhomme quasi égal du divin.

Enfin Spinoza conclura que l’infini du monde et donc des mathématiques et l’infini de Dieu ne font qu’un : Dieu est un « être absolument infini ».

Nous voyons donc se dessiner un infini à plusieurs significations conceptuelles. Quoiqu’il en soit la transcendance admet par principe le changement de plan, induisant une verticalisation du langage jusqu’à l’innommable ou l’imprononçable nom de Dieu…

3/ Autonomie des infinis mathématiques

Pour autant, la mathématique se libère de la métaphysique en finalisant son objet, mais il est reconnu que le mathématicien Cantor Georg en 1870, sur la base de la théorie des ensembles et de la notion d’appartenance, sépare nettement l’infini opératoire des mathématiques,  de l’infini conceptuel de la métaphysique.

Je cite seulement 3 exemples de découverte des infinis mathématiques :

1/au plan mathématique les Grecs par Zénon d’Elée, déjà affirmaient que toute droite est sécable en une infinité de points (cet exemple concernant la ligne s'adresse au pas de l'apprenti).

2/le deuxième apport à l’infini mathématique nous intéresse au premier plan. Il est en rapport direct avec le pavé mosaïque et les cases carrées qui le composent, mais aussi avec le carré long et son hypoténuse. Ce fut la « découverte », de l’irrationalité de la diagonale du carré d’Euclide  √2 ou de 5 pour l’hypoténuse du carré long. C’est aussi le cas du nombre π bien connu des compagnons, et le nombre « e ». L’irrationalité est sans rapport de proportion avec les nombres entiers, c’est le lieu sans forme distincte, sans ombre, sans étendue , non mesurable. C’est un multiple sans fin dans ses décimales : c’est un changement d’état en regard d’un rapport naturel au nombre! (cet exemple concernant le plan s'adresse au pas du compagnon).

3/Le Passage à la limite dans le calcul infinitésimal de Leibniz impliquant un changement d’état d’une suite de valeur qui tendrait vers l’infini dans un corps donné. La valeur du corps étudié valant un sa division par les parties qui le constituent et ceci portée à l’infini provoque un quatum c’est-à-dire une différence en deux valeurs de la suite qui s’évanouit. Ainsi pour un corps en mouvement cela se traduit par la continuité imperceptible du mouvement dans une constatation relevant de l’imaginaire et non de l’expérience. Donc à l'absence de limite mathématique l’expérience constate l’existence d’une borne marquant la fin du mouvement…(cet exemple concernant les trois dimensions et le temps s'adresse à la geste du maître).

Les mathématiques s’émancipent du divin et font apparaître des catégories d’infini : on dira que si les nombres irrationnels sont infinis, que les nombres rationnels le sont aussi, mais que les irrationnels sont encore plus étendus que les rationnels. On instaure par cette remarque une variation d’étendue dans l’infini mathématique, une relativité de la notion d’infini qui sans être une limitation de l’infini le catégorise. L’infini catégorisé perd son antique statut ontologique.

Par son initiation graduelle, la franc-maçonnerie valide cette catégorisation des infinis mais va fournir le moyen de redonner à ces infinis catégoriels une métaphysique commune par la double notion de de Lumière et de Parole inatteignables... 

 

[i] Nous placerons le réel comme « le donné » porté aux cinq sens de l’homme comme une base sur laquelle l’homme réfléchi et déduit, imagine et espère.

[ii] Le changement d’état est le propre du changement de plan.

II — L’infini et l’éternité de l’homme --------------------------

1 / Finitude de l’homme et désir d’au-delà

Notre temps à vivre est limité d’un point de vue corporel, il s’oppose donc à l’idée d’infini si ce n’est à considérer les recompositions cycliques comme synonymes d’infini permettant d’accéder à l’au-delà. On peut élaborer 4 concepts majeurs qui autorisent ou pas notre continuité :

 la mutualisation de l’au-delà par la perpétuation de « l’homme esprit » en sa tribu avec le culte des ancêtres proche de l’animisme tribal, le culte des reliques ou du génome.  Ici le divin est en toutes choses et en tout être dans une dévolution successorale, la tribu ou le clan par le jeu de la mémoire collective et l’action du chaman, sont garant de la survie et du lien dans l’au-delà.

confondant l’esprit humain perpétuellement lié à la Grande Nature dans un panthéisme celtique des esprits des forets ou un monisme déiste résumé par la formule « Un le Tout ».

la perpétuation de « l’homme esprit » séparé de la matière installant un dualisme transcendant de type théiste, ici le divin est séparé de sa création, l’esprit retourne auprès du Père, on distingue l’En Haut et l’ici bas.

la métempsychose translatant une âme dans une suite de corps ou de végétaux (Platon et Pythagore y font référence, c’est aussi la loi du karma de l’hindouisme donnant un au-delà transitoire ou le gilgoul de la kabbale.).

Nous avons donc au moins 4 types d’au-delà générés par le désir de continuité de l’Homme.

Remarquons à quel point l’infini post mortem et l’au-delà se complètent si l’on considère l’infini des cycles de vie et de mort qui provoque un passage par l’autre monde. À l'angoissante finitude on imagine et propose une continuité linéaire ou cyclique dans un ailleurs, un autre plan.

 

  2/ L’infini des cycles, la lemniscate, l’ouroboros

L’infini linéaire est effrayant, car il sort de l’entendement humain. L’homme lui préfère l’infini des cycles, celui de l’éternel retour, selon Anaxagore de Clazomènes (Vème Siècle av. J.-C.) « Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau… »…

L’infini est l’impossible représentation de l’inatteignable que l’on cantonne à l’Ouroboros ou la Lemniscate.

Ouroboros d’origine égyptienne, il est l’attribut du Chronos grec. Il sera utilisé par les alchimistes sur le thème de la régénération et par les chrétiens pour illustrer la parole du Christ « je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin ». Ce serpent qui s’auto génère et se consomme, est une puissance vitale identique à l’œuf cosmique.  Il présente un Univers fini dans sa présentation, mais infini quant à son cycle et sa régénération. Ce symbole devient aussi symbole de la connaissance des cycles.

La Lemniscate est une évolution du cycle éternel avec l’adoption d’un double effet miroir. Le 8 parfaitement cyclique et symétrique qui nous renvoie à la définition protoscientifique de l’infini cyclique, ou du rythme éternel. Il a été inventé par le mathématicien John Wallis en 1655. Sa forme est proche du ruban de Möebus. Une lemniscate (un ruban) est une courbe plane ayant la forme d’un 8, soit un ouroboros symétriquement recroisé sur lui-même. On y constate une seconde symétrie par inversion du plan de circulation sur le ruban que l’on parcourt dessus puis dessous. Cette figure rassemble les trois axes et six directions.

Il s’agit donc d’un ruban identique aux phylactères indispensables aux rituels de consécration des églises qui se recroisent en son double milieu marqués par les deux équinoxes (le jour, égale la nuit par deux fois dans l’année). Donc ce qui est mesurable sur la figure en 8 de ce symbole est le point de rencontre en X du ruban soit sur un plan zodiacal, le point médian deux fois dans l’année, de la voûte céleste montante et descendante en regard de l’horizon terrestre. Cette égalité entre jour et nuit est située au point de focale du X qui crée à la fois la symétrie, l’inversion et l’axe immobile.

3/ L’infini métaphysique est un non-temps et un non-lieu qui échappe aux notions mathématiques.

En métaphysique l’infini n’est pas une donnée de calcul ou de cycle, il s’en détache définitivement par son irréductibilité et son non-conditionnement, L’Infini appartient aux états supérieurs de l’Être et se confond avec la Possibilité Universelle. Cette notion échappe à l’hypothèse mathématique. Ainsi cet infini contient aussi la non-possibilité. L’infini du point de vue de l’Être est à la fois l’être et ne non être, le crée, l’incréé. Cet infini ne se réduit à aucun qualificatif.

L’infini métaphysique rejoint l’illimitation de l’Absolu ou du Nom divin imprononçable non représentable. Ces trois notions ni ne se déterminent, ni se définissent à peine de les réduire. Cet infini métaphysique est souvent représenté par le centre du cercle ou le point d’intersection des trois axes et six directions. En loge comme dans la métaphysique, ce point qui génère la totalité « des causes et des étants » est non situable ou symboliquement évoqué dans le lieu séparé de la loge (qui est un non-lieu !) affectée d’un non-temps dit temps sacré « de midi à minuit ». Ce temps sacré englobe les heures du temps, de l’éternité et du non-temps. L’infini métaphysique est donc lié à l’autre monde, appelé "au-delà" ou "arrière monde" pour certains.

     4/ L’infini en loge renvoie aux frontières de l’incommensurable.

L’infini est sur un plan symbolique « illimité » par son absolu, mais c’est aussi une  limite infranchissable par l’entendement de l’homme. Cet infini marque ici une frontière entre ce qui est l’horizon humain, l’horizon du plan solaro-terrestre et l’entrée dans l’espace céleste et sur céleste. Trois plans d’entendement (humain, solaro-terrestre, céleste) produisent trois infinis frontaliers. Cet inatteignable semble réservé aux dieux, ou aux grands initiés seuls capables d’intuition intellectuelle pure appelée "Connaissance". La "Connaissance" permettait le franchissement de l’infini par l’établissement de ponts ou d’échelles. Les ponts et échelles relient les plans entre eux, mais aussi raccordent les infinis en un seul incommensurable. (Échelle de Jacob)

Sur un plan symbolique et maçonnique nous trouvons l’infini dans les las d’amour de la corde à nœuds qui ceint la limite supérieure du temple. L’origine de ce symbole est due aux cordes à nœuds que l’on trouvait encerclant le blason des veuves. Donc le las d’amour est le nœud qui lie la veuve au mari passé à l’Orient éternel. Nous autres maçons nous sommes aussi "fils et filles de la Veuve" en souvenir d’Hiram. Bien plus encore, cette marque de veuvage signifie la ligne de partage entre le créé et l’incréé : ce passage suppose la mort du corps assujetti au temps et au lieu. Or nous savons que le passage d’Hiram dans un autre état nous renvoi à l’état inconditionné de l’Être, et donc aux perspectives rassurantes de l’éternité succédant le processus corporel de mort. C’est la mort qui a appris aux hommes à parler (Marcel Mauss). La mort suscite la culture traditionnelle du passage et de la métamorphose (au sens métaphysique).

La métamorphose accompagne la représentation de l’éternité : l’extinction de l’état corporel et avènement d’état spirituel dans un au-delà. Le lien entre "l'ici et maintenant" et "l'au-delà" se fera par l'interface de la relique porteuse d'influx. La relique est un résidu mémoriel de la meta-morphose. C’est l’enseignement de la geste hiramique du troisième grade (Voir l'étude en rituelie comparée réalisée par la loge de recherche "Auld Alliance" de Besançon: "Les Tableau de Loge des Maîtres").

Globalement la méthode maçonnique organise un triple cheminement vers l’infini, mettant sans doute inconsciemment en œuvre la maxime de Goethe « Si tu veux progresser vers l’infini, explore le fini dans toutes les directions ». En effet, nos passages initiatiques se font d’un état à l’autre lorsqu’ils tendent vers l’infini. Ainsi l’apprenti chemine sur la ligne sans fin vers la lumière d’un Orient inatteignable puis fait une traversée, un changement d’état en Compagnon. Ce dernier chemine sur le Plan vers l'inatteignable étoile du berger (Vénus), puis subit une ultime métamorphose pour cheminer dans l’axe et les dimensions hors du Plan d’exercice des vivants, dans un plérôme sans fin... dans un au-delà. Donc l’entrée dans l’au-delà passe par l’infini humain synonyme d’Éternité !!!

Chaque changement d’état passe par le franchissement d’un horizon qui dans l’état antérieur tendait vers l’infini et l’au-delà. 

Chaque changement d’état implique de nouveaux référentiels de nouveau mot de passe et de nouveau mots sacrés…

Nous confirmons notre premier postulat qui est que l’infini est un horizon infranchissable à notre entendement, si ce n’est par un changement d’état. Le changement d’état (métamorphose) permet un changement de plan. Le changement de plan ultime ou transitoire est l’au-delà.

III — Les « Au-delàs » et l’éternité de l’Homme

Ce qui ne peut être vu, car trop loin ou inaccessible tel que l’infini ou l’au-delà, peut toutefois être imaginé ou représenté. Cependant l’homme ne peut représenter le monde invisible qu’à l’aune de ce qui lui est accessible et relevant du semblable. C’est ici tout l’art de la fonction analogique qui trouve à s’exprimer. C’est le cas par exemple la ceinture zodiacale de la Voie lactée qui est sectionnée en 12 « petits animaux [i]» (traduction de Zodiaque). Autres images : le divin qui est symboliquement anthropomorphisé par les FM en GADLU, c’est le Paradis céleste ou la Jérusalem céleste, icône paysagée géométrisée par l’Ancien Testament, c’est l’Enfer de Dante  (1495) et les 9 cercles de l’Enfer illustrant les vices humains (les non baptisés, les coupables de luxure, de gourmandise, d’avarice, de colère, d’hérésie, de violence, de tromperie, de trahison avec Lucifer…).

On envisage l’au-delà comme un autre monde dans lequel se pense notre continuité, hors de notre vue ici-bas. On trouve trois approches de l’au-delà : le monde du néant, le monde des morts et le monde des dieux. Autrement dit, franchir l'horizon du visible marqué par l’infini, suppose un changement d’état : nous sommes morts, mais nous nous prolongeons en âme ou en esprit dans l’au-delà. (Confirmation de Postulat 1) - ici l’éternité et un infini humain !)

Notre second postulat, miroir du premier, est de dire que "l’au-delà est une mise en scène de l’infini "temporel" après la mort corporelle, un exutoire à la finitude de l’Homme. C’est le continuum constitutif de la notion d’éternité qui se substitue à l’infini (Postulat 2) – ici d’un point de vue humain, l’infini est un continuum temporel appelé éternité.

Se pose le problème de l’âme et de sa destinée dans l’au-delà (1) de la territorialisation de cet au-delà et de la ritualisation du passage (2) et enfin l’au-delà se conçoit comme le domaine du Néant colonisé ou ordonné par les Dieux ou le Dieu (3)

1/ L’Âme et sa destinée

De l’âme et des âmes

La transition est donc trouvée pour parler de l’Au-delà qui pose le principe rassurant de la vie après la mort en un lieu ou espace dédié et séparé du monde des vivants. Pour les vivants l’au-delà est rassurant, il jugule les angoisses.

Si L’Au-delà établit une sorte de continuum post-mortem ou de renaissance après notre disparition, elle pose avant toute chose le problème de « l’autre monde ». La Vie est « inclusive » d’une conception de la mort. Le corporel peut disparaître sans que l’être se dissipe. L’âme ou son équivalent permet une continuité dans un monde « éternel » lieu espéré d’une béatitude.

La destinée de l’âme est un enjeu comportemental pour les Vivants, l’au-delà permet de retrouver les conséquences bonnes ou mauvaises de nos actes dans l’ici bas : ainsi servir le divin de son mieux (actes de bienfaisance) est récompensé dans l’au-delà.

Selon vos croyances, l’âme (ou l’esprit) étant une étincelle d’origine divine, elle possède un caractère d’éternité et de félicité sous certaines conditions de pratique comportementale (c’est le principe de « rétribution »). Finalement on thésaurise les bonnes actions pour s’assurer un au-delà merveilleux qui peut aller jusqu’à la résurrection de morts accédant ainsi à la vie éternelle.

Il y a deux au-delàs, l’au-delà personnel lié au comportement en serviteur d’une déité et celui qui est collectif lié à la fin des temps. Le premier est la continuité de la mort personnelle, le second est la continuité après la fin des temps messianiques. On organise ainsi une vie après la vie à deux niveaux microcosmiques (éthique) et macrocosmiques (métaphysique).

2/ Territoires de l’au-delà et ritualisation

Ce désir d’éternité est marqué par des rites qui guérissent ses angoisses. L’homme est un animal doté des rites funéraires. Il enterre ses morts dans un état de préparation particulier pour aider le défunt à franchir une frontière et garder un rapport avec les disparus. La mort n’est pas un tabou dès lors que les civilisations lui donnent un territoire fut-il transitoire.

Cette notion de territoire pour l’au-delà est une constante universelle.

            A  / Ce qui est tabou n’est plus la mort, mais le territoire dédié aux disparus. Pour franchir le tabou, c’est-à-dire l’entrée dans l’autre monde il faudra un rituel, des mots de passe ou des gestes appropriés qui ouvrent le passage, il faudra donc des passeurs et des gardiens du seuil. Ce territoire est protégé par les Tabous et des règles. On ne doit pas y manger de nourriture qui est la nourriture des morts et les morts peuvent venir nous visiter (C’est le cas avec le Sid irlandais; la fête celtique de Samain au 1er Novembre marque une frontière perméable permettant la visite des morts dans l’ici bas. L’au-delà est aussi une situation topographique : c’est dans la montagne, dans un Cairn, un tumulus ou au-delà des eaux). Chez les Tunguz de Sibérie, le pays des morts est au Nord, seuls les chamans peuvent y voyager.

 L’au-delà des Anciens Mystères se situent dans un sub terrestre (l’Hadès grec, lé Shéol hébraïque) ou tout au plus dans une contrée située sur le plan terrestre. En ce monde souterrain, on y enterre les défunts avec les attributs de leur vie passée comme en atteste le mobilier funéraire, c’est la tradition assyro-babylonienne, le Seol vétérotestamentaire…

 Il y a toujours une frontière à passer pour atteindre l’au-delà, un fleuve tel que l’Achéron, le Cocyte, le Styx par exemple avec un passeur tel que Charon, ou pour les Égyptiens tout un protocole complexe qui divise l’âme en deux parties, une restant dans le tombeau l’autre effectue un cheminement dans au-delà. Pour l’Égypte comme pour les chrétiens du moyen-âge se développe la pesée des âmes ou le jugement dernier pour les actes du défunt lors de son passage terrestre. On trouve alors dans cet au-delà des subdivisions territoriales (voir « La divine comédie » de Dante).

      B / L’au-delà intérieur et mystique est un territoire né de notre représentation mentale. Il appartient à notre topographie neurologique, zones du cerveau qui installent l’humanisation de l’homme par la conscience de la valeur de la vie. Cette humanisation s’étaye par le besoin de croire dans la promesse d’un au-delà. Au plan initiatique nous sommes dans les voies d'actions, dans un mésotérisme fait de prières, d'invocations pour établir le lien entre le visible et l'invisible. Cette représentation mentale est située entre l’exotérisme et l'ésotérisme. Croyance et prières déclenchent un processus de satisfaction par libération d’hormones du réconfort, situation plus facile à vivre que la béance du doute. D’une manière générale, l’au-delà est le territoire des trépassés ou des « occis », c’est l’histoire de l’homme post mortem. C’est dans l’écriture des textes sacrés que se reflète l’au-delà et que le cortège des prières s'y réfère. La Bible fait l’histoire de l’autre monde en faisant projet d’ouvrir une voie sur l’au-delà humain. Cet au-delà est lié au besoin de croire et à l’influence culturelle dans laquelle nous vivons. Le besoin de croire s’associe au besoin de répondre aux questions existentielles. Les croyants objectivent l’au-delà en territoire des morts en relation avec le divin. L’au-delà est donc une donnée mystique d'espérance liée à la conscience éthique et religieuse d’un groupe humain préoccupé notamment par son continuum de l’ici-bas vers l’au-delà. L'au-delà organise puissamment la structure éthique de nos sociétés.

3/ Le territoire des « Occis » est désirable et redoutable :

C’est parfois un pays de cocagne, projection idéalisée du monde terrestre : on le trouve dans le mazdéisme, chez les Amérindiens des plaines, dans le paradis musulman qui est un désert inversé, verdoyant, et riche. Les morts dans la tradition Tuguz continuent à chasser dans la steppe comme dans le monde des vivants.

C’est le lieu du passage entre deux états : la métempsycose est spécifique aux croyances hindouiste et bouddhiste, qui situent le devenir de l’âme via un au-delà incrémental. La considération temporelle est impactée par les migrations des âmes.

C’est enfin un monde idéalisé, celui de la félicité : la Jérusalem Céleste et les résurrections caractérisent les religions du Livre… ou le Nirvana du continent indien, valant extinction des passions ou libération du cycle des réincarnations. Le comportement du chef du vivant est encore pris en compte.

3/Monde du Néant et des Dieux

Cet au-delà est classé en trois catégories au moins :

a/Le monde de type olympien fait de Dieux anthropomorphisés agissant sur le destin des hommes

b/ Le monde dualiste du dieu unique séparé de l’homme, dieu personnel chrétien, ou impersonnel inconnaissable des juifs, séparé ou pas de sa création.

c/ Le monde de la grande Nature héberge la puissance déiste et moniste ou panthéiste.

Je laisse à chacun le soin de peupler ce monde en fonction de ses convictions.

 

[i] Les petits animaux du Zodiaque sont bien plus à portée de flèche et donc à portée d’homme que les étoiles elles-mêmes.

 IV — Mise en scène de l’infini et l’au-delà en loge  

Nous relevons 6 aspects liant l’infini et l’au-delà en loge.

1/ Les rituels et décors de la franc-maçonnerie traditionnelle symbolisent ces grandes questions philosophiques et ontologiques de l’infini et de l’au-delà en les domestiquant : le rituel est une mise en scène, une orthopraxie géométrique fondée sur la croix tridimensionnelle composée d’un centre ou "milieu" et de trois axes tendant vers l’infini.

2/ Nous avons en premier lieu la Lumière ou l’étincelle divine qui éclaire notre conscience d’une finitude corporelle dans un continuum qui nous dépasse.

3/ Nous avons les gardiens du seuil authentiques passeurs de frontières, doté d’épées flamboyantes ou pas.

 4/ L’infini des las d’amour marquant la frontière ou les horizons de la ceinture zodiacale, séparant les plans solaro-terrestre et céleste, avec les points de fusion et de retournement. Ces points animent les cycles de la lumière solaire et son reflet sublunaire «  intériorisé » à l’homme, et enfin la Lumière céleste.

5/L’infini de l’irrationnelle racine carrée de 2 ou de 5 nées de l’hypoténuse du carré de 1 sur 1 du pavé mosaïque ou l’hypoténuse du carré long , donnant notamment la proportion dorée sur le plan solaro-terrestre.

6/Enfin et surtout, l’anthropomorphisme divin associé au GADLU, Grand Géomètre et donc Grand Mathématicien de l’Univers dessinant un orbe soumis à la question de l’infini par la puissance multiple d’un point aussi original qu’ontologique.

L’infini et l’au-delà sont présents dans le parcours initiatique. À savoir le parcours sur la ligne infinie de l’apprenti puis sur le plan infini du compagnon et enfin dans l’axe infini du maître. Ces infinis successifs nous renvoient aux métamorphoses graduelles de l’être et de notre conscience. Chaque passage de l’infini « initiatique » est une mort à l’état passé et une renaissance dans des « au-delàs » ou plans successifs !

La rituélie maçonnique valide l’infini et l’au-delà en changement d'horizon et donc de plans.

Je résume avec 3 postulats.

1/l’infini synonyme au plan phénoménologique d’éternité, est la porte d’entrée dans l’au-delà initiatique.

2/La métamorphose est le signe d’un changement d’état ou de paradigme donnant une nouvelle ligne d'horizon.

3/Nous avons dans notre initiation 3 paradigmes qui impliquent une métamorphose symbolique suivant l’isomorphisme évolutif pierre / homme: 

l’apprenti de la pierre brute et la ligne qui tend vers l’infini Orient (paradigme de la lumière naissante et de la forme évolutive).

le compagnon de la pierre cubique et le plan d’exercice (paradigme de l’autre soi et de la perfection sans fin).

le maître de la clef de voûte de l’édifice donnant accès aux plans célestes par un axe (paradigme de la Lumière éternelle, immanente en soi,  ou descendant en soi et donc transcendante).

 3 états géométriques tendant vers l’infini,

3 états formels établissant un « continuum de rupture » : La pierre brute, pierre cubique puis pierre cubique à pointe sont trois états qui vont de l’informe, à la forme parfaite vers la "non-forme". La "non-forme" est représentée par l’extrême pointe axiale de la pierre cubique à pointe ou par la clef de voûte du Temple, véritable point insaisissable où passe la Lumière axiale.  

3 états initiatiques portant trois au-delàs « lumineux » : la lumière cyclique de l’Orient infini pour l’apprenti, la lumière cyclique de Vénus inatteignable pour le compagnon voyageur et la lumière infiniment immobile de l’étoile du Nord pour le Maître. 3 quêtes réunies en un seul "non-lieu" et "non-temps" représenté par la Loge. 

Nous avons donc les outils et instruments symboliques en loge qui nous permettent de régler au plan métaphysique toutes les équations, même celles que nos amis mathématiciens n’ont pas encore solutionnées. Nous solutionnons d’un point de vue phénoménologique, le passage d’un infini à l’autre par un "continuum de rupture" ou changement d'horizon. La rupture se délivre via un trauma corporel ou cognitif (poignard sur le cœur, bandeau, corde au cou, traversée d'une rive à l'autre, prononciation juste, mort minée par des coups et un reversement, relèvement, etc.).

Le trauma exprime le changement d’état lorsque l’on tente d’approcher l’infini ou l'horizon ultime. Cette métamorphose graduelle sanctionne le passage d’une perspective d’infini à une autre. Cette sorte de « transfini » est une manière d’apprendre le passage ultime dans l’au-delà.

(Version provisoire, article en construction.)

 E.°.R.°.

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30 décembre 2019 1 30 /12 /décembre /2019 22:14

Rappel des études précédentes concernant la théorie du symbole, le ternaire axial et l’étude symbolique des Tableaux de loge :

Le symbolisme axial trouve à s’exprimer dans un ternaire qui dans les tableaux de loge établit une combinatoire d’objets symboliques favorisant une interprétation essentielle du symbole.
Pour concevoir simplement ce ternaire axial on associe deux objets symboliques d’apparences opposées sur un plan donné pour en découvrir un troisième qui fera figure d'une synthèse, donnant accès à plusieurs niveaux de lecture et donc plusieurs plans.

Le modèle de base en référence dans tous les rites maçonniques étudiés est le Pavé dit « mosaïque » qui est issu de l’opposition apparente et dynamisante d’une case noire et d’une case blanche !

L’opposition se convertit en complémentarité dans un objet symbolique polysémique qui élève la réflexion (le pavé unifie les contraires !).

La finalité de l’élévation du sens sera atteinte lorsque la forme disparaîtra au profit de son évocation ou de sa relique : c’est ce que nous voyons se produire au grade de Maître lorsque « la chair quitte les os ». C’est ici que la polysémie cesse. Le sens fait place à l’essence de la relique.
Cet exercice de représentation mentale découle d’une triangulation axiale. À partir de deux objets symboliques opposés ou symétriques, un troisième terme apparaît. L’ensemble ainsi constitué s’appelle « appareil symbolique opératif » dès lors que son action se situe principalement sur la matière, la forme, l’environnement. Pour le franc-maçon il s’agira par l'action rendue complémentaire des outils, de tailler sa pierre en vue de bâtir, de célébrer ou d’atteindre  « quelque chose qui le dépasse ».
La contrepartie de cette action réelle sur la forme sera l’action sur soi, psychique par nature,  provocant un dessillement du regard, un regard plus profond sur le réel. Cette action en miroir n’est pas opérative au sens de l'appareil de production des formes. Cette action en soi sera qualifiée d'action « opérante » pour la distinguer, tout en faisant référence à sa nature conceptuelle et psychique. Nous approcherons ce second type de ternaire axial sous l’appellation « module symbolique opérant ». 
Notons pour l'instant: c’est à partir du module opérant que nous obtenons trois effets  sur soi, en relation avec la voie intérieure : 
-      le premier est psychique et participe de la construction et de la connaissance de soi, 
-      le second est  conceptuel et débouche sur l’abstraction, sur une métaphysique, 
-   le troisième est spirituel, situant l’être dans sa dimension ontologique et répondant aux angoisses ultimes et peut déboucher dans la sensation mystique (intelligence du cœur). 
Nous ne traitons dans ce chapitre V que des appareils symboliques opératifs qui sont la suite de notre théorie sur les symboles en lieu séparé et sacré. Les modules opérants font l’objet d’une étude complète dans « Les Tableaux de Loge des Maîtres » de la RL Auld Alliance à l’O.°. de Besançon de la GLSREP. Cet ouvrage collectif et inter obédientiel fait l’étude de 8 tableaux de loge de Maîtres dans différents rites, 321 pages, disponible par correspondance sur l’adresse du blog.


Sur l’exemple du Pavé mosaïque nous tirons au moins six paires d’oppositions symboliques à partir d’assemblage d’objets figurant sur les Tableaux de loge. 
 Ces 6 associations dynamisant le ternaire axial  sont :Maillet et Ciseau et toutes les paires d'outils et instruments tenus en main , Colonne du Septentrion et du Midi, en haut et en bas, l’intérieur et l’extérieur ou le contenu et le contenant , Lumière et pénombre, silence et verbalisation (épellation), mais il en existe d’autres. 
Ces 6 paires axiales font naître  3 classes d’appareils symboliques opératifs qui concourent à trois fonctions traditionnelles: séparatiste (chevaleresque - l'épée), transformatrice (artisanale - outils et instruments), lectrice (sacerdotale - Verbe et Lumière):
1/ l’architecture séparatiste du Tableau de loge et de la Loge  et du Temple. 
2/ l'appareil de production des formes par triangulation des outils et de l'objet à "transformer", 
3/ les appareils de lecture du sens et de l'essence, prémices du Verbe-Parole et prémices de la Lumière dans le Temple ou la Loge. C'est la verticalisation du langage qui est instauré.
On peut établir une autre classification, mais pour les deux premiers grades les 6 paires axiales et les  3 classes d’appareils semblent pédagogiques. L’enjeu reste la transformation du regard sur le réel et l’être en prenant pour exemple le miroir de l’imago templi.

V - Appareillage symbolique « Opératif »


L’appareillage symbolique de la transformation de l’apparence ou de la vision consiste en un assemblage d’objets symboliques relatifs :
-    à la construction d’un Temple séparé du monde profane, 
-    aux outils qui par leur nature et leurs actions prolongeant la pensée de l’homme, vont bâtir une reliance du terrestre au céleste,
-  à la lecture du Verbe sacré (fut-il géométrique ou alphabétique) ou de la Lumière du Ciel, le tout dans un contenant séparé et sacralisé. 
Cette association d’objets liés à l’art de bâtir le sacré, "relie" le Verbe et la Lumière aux outils de la transformation. Le support de base de notre représentation mentale reste l’image du Temple à bâtir. Ce support qui est le tableau de loge est conforté par les légendes de grades.  

L’outil revêt alors une dimension céleste incarnée par le GADLU tenant à main droite le Compas et à main gauche l'Equerre.
L’architecture du Tableau de Loge de l’apprenti est une imago templi  constituée de 6 appareillages symboliques opératifs (au 1er et 2nd grade). Ils ont pour effet de rappeler les stades formels et graduels de la transformation en milieu initiatique. 


Nous allons tenter d’illustrer concrètement ces 6 appareils opératifs par une synthèse des 3 Tableaux de Loge d’apprenti :
-   un ancien tableau du REAA qui date des années 1960 de la RL « X », 
-   le Tableau du REAA de la GLDF, 
-   le Tableau du Rite Ecossais Primitif de la GLSREP. 

 

Appareillages symboliques opératifs (théorie du symbole, chap V)

Les 6 appareils symboliques opératifs  au REAA et REP.

Ces appareils se complètent mutuellement et interagissent.

1 / L’entrée architecturée  dans un lieu « séparé », « ordonné » et  axial .

1-1) Nous avons 4 appareils architecturaux formés d’assemblages objets symboliques opératifs qui se caractérisent par leur tendance séparatiste :

a : l’accès par les 3 marches et le pavé mosaïque en perspective, traduisant une différence de niveaux entre le profane et le sacré. Le pavé, c’est le plan normatif de l’exercice où s’exerce l’art de tracer au sol, l'art d'élever le plan, et l'art bâtir au grade considéré. La base triangulaire du pavé réside dans la couleur noire et blanche des cases,

b : deux colonnes avec chapiteaux et grenades  forment un autre appareillage marqueur d’une séparation et d’une appartenance, car les colonnes sont marqueurs totémiques et frontière à la fois.La base triangulaire des colonnes réside dans leurs positions Nord Sud,

c : une double porte formant le portique sur le Tableau de loge GLDF, entrée simple au REP et pour la RL « X ». Ici on marque une différence entre ce qui est intérieur et extérieur. La base triangulaire de la porte réside dans le côté intérieur de la porte et son côté extérieur "articulé" par un axe de rotation,

d : l’enceinte architecturée et la ou les portes cardinales établissent une séparation du profane, marquent la différence entre le contenant et le contenu. La corde à nœuds marque une séparation entre le plan solaro-terrestre, intérieur au Temple et le céleste. La base triangulaire de l'enceinte comme de la corde à 12 espaces, c'est le contraste entre le sens indéfini et le sens "Orienté" ou verticalisé . C'est donc le passage entre l'exotérisme et le mésotérique (sens cachés des formes symboliques, signifiant polysémique, voies d'actions) et du mésotérique  à l'ésotérisme (en rapport avec l'essence, signifiant spirituel ou essentiel ). Il n'y a rien d'occulte ici, ce n'est qu'une "ouverture d'esprit", une aptitude à la représentation mentale en essence en trois étapes.

1-2) L’apport des 4 appareils architecturaux:

- Permettre l’hébergement des trois points de vue des trois grades et trois types de représentation graphique dans une même image : vue plane, vue en perspective, vue en élévation axiale.

- Encadrer l’entrée dans un lieu réservé. Réservé car il s’agit par interpolation de faire le vide en soi et par extrapolation d’entrer dans le Temple de la reliance.

1-3) Agencement des appareils

 le TDL de la GLDF pose un appareillage quasi complet (pavé, colonnes marches, portique avec double porte fermée et fronton triangulé).

 Pour le Tableau de la R.°.L.°. X,  le jeu de la transformation avec des outils se fait en partie à l’extérieur du Temple, sur les parvis, car lors de la construction du Temple, on ne devait entendre aucun bruit métallique, seule est admise au-delà des colonnes la Pierre cubique à pointe et la Table à tracer des maîtres et instruments silencieux. Nous sommes ici dans une maçonnerie des parvis à la différence du REP. Ce dernier situe l’acte transformateur et son contrôle dans l’enceinte de la Loge, de plus le Pavé mosaïque est représenté à l'intérieur à la loge,  triangulé à son tour par " Sagesse Force Beauté ".

Les 4 Appareils architecturaux

Les 4 Appareils architecturaux

On notera la place du Pavé mosaïque :

- devant les marches pour la RL « X », donc extérieur,

- hors le dispositif séparé de la loge pour le TDL GLDF, donc extérieur

- conçu comme une Table de réalisation dynamisante et intérieure, doublement encadrée par les instruments des porteurs de maillet et par les petites lumières S.°.B.°.F.°. dites « lumières d’ordonnancement » (du chaos) pour le REP.

L’ordonnancement du plan d’exercice commun aux trois TDL résulte a minima de :

a /l’entrée séparatiste et surélevée de trois marches

b/de la trame du pavé    

c/ des colonnes axiales totémiques.

2  /Appareil de transformation par combinaison d’outils et instruments autour de la pierre.

- Au 1er et 2e degré : le maillet et le ciseau qui ont des finalités propres (percussion et arrachement) vont se retrouver unis par la volonté de transformer la Pierre brute. Ce ternaire constitue un appareil de transformation « Maillet, Ciseau, Pierre à transformer ».

 - Prenons les outils et instruments qui participent à la phase de   transformation,  ce sont ceux de la « formation » (assemblage des pierres) et « de l’élévation »  qui outre le maillet et le ciseau sont par exemple :

                  + le Levier, la Règle et la Pierre à ajuster,

                  + la Perpendiculaire et le Niveau et la Pierre à ajuster,

                  + l’Équerre le Compas et la Pierre à calibrer.

Ces ternaires « forment » le futur Temple. Leurs associations dynamisantes  mettent en œuvre le « plan » divin par la pensée la volonté et l'action de l'Homme.

À chaque fois nous avons une Pierre qui sera retaillée en vue de son placement parfait dans l’édifice. Il y a donc une « élévation » du signifié symbolique par un savoir-faire et une évolution de la forme en vue de construire une Œuvre de l’esprit, appelé au sens propre « chef-d’œuvre collectif ». Ce chef-d’œuvre suit le modèle de la croix tridimensionnelle conforme as schème du ternaire axial.

Enfin la Pierre cubique à pointe est considérée comme un aboutissement dans la construction de soi (interpolation) et la clef de voûte de l’Œuvre (extrapolation).  Le tableau est donc un miroir de soi et en soi, il va permettre le travail d’interpolation symbolique : le maçon devient l’outil ou l’instrument qui le construisent : c’est le principe de l’auto transformation par incorporation de la charge symbolique d'une combinaison d'objets symboliques : l’outil opératif pour une œuvre collective à bâtir, deviendra opérant en soi pour celui qui se l’approprie.

Étapes de la taille et structure secrète de la pierre.

Étapes de la taille et structure secrète de la pierre.

(L’appareillage d’une pierre taillée dans un mur du Temple oblige à concevoir la destination de l’une et l’autre. Il en est de même pour l’Homme. C’est un processus de transformation et d’identification suivant une intention, un plan divin ou pas).

L’Homme est transformable ou perfectible (image de la pierre brute/taillée). La pierre prendra sa place dans le Temple comme l’homme dans la société idéale.  Il (l'Homme) devient alors Pierre de fondement, son processus de transformation passera à un autre stade plus vaste et plus élevé. La transformation deviendra metanoïa.

 

Appareillages symboliques opératifs (théorie du symbole, chap V)

3 / Les appareils de lecture

L’apprentissage de la lecture sacrée  :

En plus des 4 appareils d’architecture agissants dans les trois dimensions et six directions, et de l'appareil de transformation, nous avons deux appareils de lecture sacrée

         -  J, B et la Bible dotés du Compas et de l'Équerre associant la géométrie sacrée et le lettre,

      - la Table à tracer qui est à la fois l’appareil de lecture de la géométrie sacrée et combinatoire de l’alphabet maçonnique.

Combinatoires:

- géométrique via la Table à tracer, en sa qualité de table d’exercice des maîtres. On notera que le pavé mosaïque est une table à tracer doté d'unité de mesure contenue entre abscisses et ordonnées,

- numérique par le carré de trois sur trois cases dont le produit en X, vertical et horizontal, reste unique et constant,

- alphabétique en sa qualité de cryptographie des lettres et pour sa distinction des consonnes et des voyelles dans l’alphabet hébraïque.

Cette double figure des deux X + de la Table à tracer issue d'un carré de neuf cases , organise une relation entre le haut et le bas avec pour centre l’homme. C’est donc la traduction cryptographiée de l’hexagramme pentalphique qui organise l’immanence et la transcendance. L’exercice de triangulation montant et descendant se retrouve dans l’épigraphie des colonnes et du VLS étudiés dans notre précédent article.

Le Volume de la Loi Sacrée est surmonté d’un Compas et d’une Équerre, les lettres B et J sur les colonnes axiales ouvrent à l’apprentissage de la lecture sacrée entre  terre et ciel.

La lecture des mots sacrés et mots de passe permettent de lire en soi et en essence: il s'agit de percevoir le sacré au-delà du sens commun, afin de bâtir un Temple en soi tout en célébrant la « Présence » c’est-à-dire l’innommable et l’imprononçable. La Triangulation du mot sacré par deux lettres J et B, générant une suite de lettres épelées, "forme" la verticalisation du langage. C’est une interpolation de la lettre tracée par elle-même : cette épellation met en relation la Terre (base de la colonne - Équerre) et le Ciel (Chapiteau – Compas). C’est entre le Compas et l’Équerre de la géométrie sacrée que l’on pourra lire l’écriture sacrée. Avec les appareils de lecture, nous tendons vers un changement de niveau : on abandonne l’épellation pour aller dans le Verbe, la prière, ou à minima l’invocation...

Polarisation symbolique des signes et tracés de la Parole.

Polarisation symbolique des signes et tracés de la Parole.

 

  4 / Une relation Terre Ciel « éclairée » par les cycles :

 L’apprentissage de la Lumière.

Le Plan solaro-terrestre est le terrain d’exercice de l’apprenti et du compagnon. Il doit être orienté.

Cet appareil d’orientation répond à la question: d’où vient la Lumière ?

Nous avons deux sources ou plutôt une source vitale marquée par le soleil levant et son reflet nocturne lorsque le soleil disparaît à notre vue.

L’orientation est marquée par l’entrée à l’Occident porte des Hommes,  flanquée des colonnes solsticiales et avec comme perspectives à l'Orient et au Zénith, les lois des cycles lunaires, solaires et célestes. Ces cycles sont marqués par le reflet lunaire, les fenêtres solaires, les colonnes solsticiales et l’axis mundi.. L’orientation est donc tridimensionnelle auquel s'ajoutent le temps, le mouvement et le renouvellement.

Une corde à nœuds dotée de trois nœuds plats en forme de 8 relie le Céleste et le Terrestre. C'est une frontière. On notera que le TDL GLDF est composé de 12 espaces  formant la limite extérieure et céleste du Tableau et que celui de la R.°.L.°. X se compose de trois nœuds enserrant de manière souple le céleste et le terrestre via les colonnes. L’enveloppement du Ciel et de la Terre  diffère de l’aspect rectiligne et frontalier des cordes à nœuds des veuves ou houppe dentelée des Tableaux du REAA et REP.

Cette corde à nœuds est une frontière reliante entre l’espace solaro-terrestre et l’espace céleste au même titre que le mur de l’enceinte du Temple ou de la loge au  REP sépare le profane et le sacré. 

L'éclairage des cycles sur notre perception du réel

L'éclairage des cycles sur notre perception du réel

5 /Une relation Terre Ciel « éclairante »

Cette partie permet de faire la transition des "appareils opératifs" vers les "modules opérants". Cette transition se fait par une clef. Cette clef permet de mettre en rapport la Lumière avec les deux natures de l'Homme.

La clef de lecture du Tableau intervient pour la partie visible et invisible du symbole : un Triangle rayonnant avec un œil, ou hexagramme centré du nom divin.

Ce triangle est équilatéral à  3x60 degrés. Le Tableau du REAA de la GL fait parfois apparaître un fronton en Triangle isocèle de 90 degrés d’angle sommital 2x45 degrés latéralement. Au REP nous avons deux triangles équilatéraux superposés et entrelacés l'un ascendant l'autre descendant...

La triangulation est la clef générale de lecture des Tableaux de loge. Cette clef universelle organise la lecture triangulée et axiale des symboles avec une conscience « éclairée » qui dépasse les apparences. Hors la conscience est une notion interne à l'homme qui lui permet de structurer "par triangulation" sa représentation mentale dans ses dimensions psychiques, éthiques et métaphysiques. C’est ce que nous devrons expliquer dans le développement qui concerne les "modules opérants".

 

Clef du ternaire axial

Clef du ternaire axial

La Lumière rayonnante, ou devrait-on dire "flamboyante", dans son acception spirituelle, est représentée par le triangle montant, figuré dans l’Orient du Tableau comme de la Loge. Cette Lumière se diffuse, relayée par le V.°.M.°. et son Épée flamboyante, comme elle le sera en l’Homme, relayée par sa conscience « éclairée » et la Parole retrouvée...

Les "modules opérants" font l’objet d’une étude complète parue dans       « Les Tableaux de Loge des Maîtres » de la R.°.L.°. Auld Alliance à  l’O.°. de Besançon (GLSREP). Cet ouvrage collectif et inter-obédientiel fait une rituélie comparée de 8 Tableaux de loge de Maîtres, 321 pages, disponible par correspondance sur l’adresse du blog.

E.°.R.°.

Rituelie comparée sur 8 Tableaux de loge des Maîtres

Rituelie comparée sur 8 Tableaux de loge des Maîtres

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30 novembre 2019 6 30 /11 /novembre /2019 17:07

Le cadre général de l'étude du symbole dans le cadre maçonnique, nous conduit à poursuivre notre étude sur le ternaire axial, le Tableau de loge et la loge.

IV / Dynamique symbolique des colonnes.

Les Tableaux de loge et la loge participent du même ternaire axial que nous avons précédemment défini comme "la base d’une progression initiatique par le biais d’une combinatoire d’objets symboliques".

1/ Ternaire axial et Imago Mundi

En appliquant l’approche du ternaire axial à l’imago mundi du Tableau nous pouvons dégager une approche méthodique du symbolisme constructif lié à la voie artisanale. Cette approche méthodique consubstantielle du rituel, semble s’adapter particulièrement au milieu initiatique. Le ternaire axial est une méthode de progression et de navigation dans l’univers polysémique des symboles. La polysémie n’est que la résultante des différents niveaux de langage qui peut plonger le béotien dans la confusion. Il est donc important d’enseigner l’usage de cet instrument permettant une combinatoire symbolique qui ordonne et élève un point de vue polystratique. A une strate ou Plan correspondrait un sens. L'élévation du sens au delà des limites du réel, aboutirait à l'essence. 

Donc ce ternaire axial appliqué au Tableau de loge et à la loge, constituerait l’instrument permettant la progression et la navigation dans les différents plans de la représentation mentale, autrement dit, un extraordinaire outil de lecture profonde du réel. Le ternaire axial est à la fois une boussole « orientée » et un sextant!

2/ Navigation dans les Plans

La navigation instrumentale née du ternaire axial, porte tout d’abord une progression sur le plan d’exercice du grade considéré, mais aussi permet l’accès aux plans supérieurs et inférieurs de la représentation mentale. Sur le plan d’exercice, c’est toujours une progression vers plus de Lumière qui se traduit par un mouvement « Orienté », une marche vers l’Orient. Sur le plan supérieur, c’est l’accès à un « Milieu » surélevé dans un ailleurs baigné d’une lumière plus spirituelle que psychique. Vers un plan inférieur, c’est une descente aux tréfonds de soi, vers les plans inférieurs de l’être, jusqu’à la rencontre du « souffle » qui précède une remontée axiale dans le plérôme.

Nous pressentons à quel point l’instrument de navigation issu du ternaire axial, vient compléter à merveille la structure absolue que nous avions identifiée dans nos précédentes études de "la croix tridimensionnelle".

Si le ternaire axial repose sur une opposition duale qui génère une dynamique aboutissant à un troisième terme faisant figure de synthèse, c’est pour mettre en relief un double effet entre « midi et minuit »:

  • une progression lumineuse en soi (Midi solaire) et
  • une verticalisation du parcours (Minuit céleste).

La progression sera potentiellement axiale (d’où l’expression «ternaire axial») et s’exprimera dans les trois niveaux traditionnels de l’être qui sont le corps, l’âme et l’esprit :

1/ le plan corporel de l’action sur le milieu et en soi ;

2/ l’insertion du psychique dans le plan fraternel et collectif,

3/ l’ouverture au plan spirituel, divin ou panthéiste de la relation au Tout ou à l’Unique.

3/ Universalité du ternaire axial

Ce ternaire axial s’appliquera aussi bien à la combinatoire symbolique du Tableau de loge qu’à la geste initiatique de l’apprenti éclairant son for intérieur, à l’altérité compagnonnique de l’autre-soi sur le plan d’exercice du réel et enfin, à la légende d’Hiram avec l’accès à une certaine chambre toute spirituelle. Ce ternaire axial est donc l’instrument de la représentation mentale établissant des correspondances.