/https%3A%2F%2Fi.ytimg.com%2Fvi%2FSfK3wKsH16U%2Fhqdefault.jpg)
Livret N 2-Apprenti au REP explications
La chambre de réflexion La mise en l'état de " ni nu ni vêtu " aux " Trois grands coups " à la porte de la Loge Exotérique et Ésotérique Histoire des logés Stuartistes et des loges londonie...
Présentation et résumé du Livret d'instruction de l'Apprenti N°2 sur les 10 prévus...
LIVRET N° 2 DE L’APPRENTI AU REP
Avertissement les 10 livrets de l'Apprenti doivent être abordés en présence du 2nd Surveillant qui aura pris la précaution d'en étudier le contenu préalablement à toute réunion d'instruction. Une vidéo d'accompagnement explique succinctement le contenu de ce livret. Nous avons traité dans ce N°2, 5 thématiques:
1/Chambre ou Cabinet de réflexion et ses décors symboliques et alchimiques
Nous quittons le Cabinet philosophique pour entrer dans le Cabinet de Réflexion -classification et signification des symboles (Pages 67-78 du livre de l’Apprenti)
(Pages 30 -34 du rituel)
3/ Les mots pour le dire : exotérique et ésotérique et franc-maçonnerie
4/ L’Histoire des loges Stuart en exil et des Loges londoniennes
(Lire Pages 26 -55 du Livre de l’Apprenti - faire un résumé)
1/ Le cabinet/ chambre de réflexion et ses décors symboliques et alchimiques (Pages 67-78 du Livre de l’Apprenti)
|
Ici le candidat a fini de rédiger son testament philosophique, démarre alors la seconde phase: |
Voici ce que nous indique le rituel d’initiation :
2 - Lorsque le candidat aura ainsi médité pendant ¼ d’heure environ dans ce cabinet, le frère Maître des Cérémonies viendra lui bander les yeux et le conduira en cet état dans un autre cabinet obscur dénommé
Chambre de réflexion ►►►
Commenter grace au mythe de Thésée, Ariane et le Minotaure :
1/L’indiscutable relation entre le féminin et le masculin pour tuer l’animal en soi (connais toi toi-même).
2/ Tuer le taureau pour voir la Lumière en soi.
3/ L’intérêt du fil qui représente la lien entre Ariane et Thésée et le retour au Principe Adamique : Unité du masculin et féminin en Adam dans le Jardin d’Eden. Le Fil représente la reliance à ce qui nous manque, et à notre état originaire.
CHAMBRE DE REFLEXION - VOYAGE INTERIEUR
Caput mortem et Éléments:
La Chambre de Réflexion est tendue de noir.
Prévoir cela largement avant la tenue de répétition les symboles cycliques de la destinée de la mort et de la régénération élémentaire : Tableau avec : V.I.T.R.I.O.L cruche d’eau, pain, sel, soufre, mercure, sablier ,1 bougie qui doit être allumée, un crâne, (caput mortem), 1 Poignard (pour combattre le minotaure?), si c’est un futur Frère, La nappe noire, 1 Tartan Ecossais (fait d'abscisses et d'ordonnées, qui est aussi un symbole clanique en Ecosse); 1 Quenouille avec du fil (Un axe - sous entendu "axis Mundi", avec du fil enroulé autour - sous entendu le fil de la reliance à sa moitié qui est aussi dans ce cas le fil de la vie) à la place du poignard si c’est une future Sœur.
Quand le Maître des Cérémonies aura introduit le candidat dans la Chambre de Réflexion, il s’en retirera et fermera la porte derrière lui.
|
Constatons la prise en compte de ce qui est extérieur et exotérique et intérieur et ésotérique. Le seuil et la question du « dehors et du dedans » est un point important de la réflexion initiatique. |
Dans le même temps le Maître des Cérémonies confie le testament au Frère Terrible qui le transperce et de la pointe de l’épée l’apporte au Vénérable.
3- Puis, de l’extérieur :
Le Maître des Cérémonies - Monsieur, je vous prie de retirer le bandeau qui vous voile les yeux.
Le Maître des Cérémonies marque un temps de silence.
Le Maître des Cérémonies - Monsieur, (Madame), je vous demande de bien vouloir me donner votre parole que dès que je vous apporterai l’ordre du Vénérable de vous rebander les yeux, vous le ferez ?
Le Candidat (devra répondre affirmativement)
Il est important que le Maître des Cérémonies lui dise clairement ce qu’il doit répondre, pour le tranquilliser.
Lorsque ledit Candidat se sera retiré le bandeau, le Frère Maître des Cérémonies toujours de l’extérieur de la Chambre de réflexion lui dira :
|
Commenter ci-dessous la transposition entre l’objet symbolique et le néant d’ici-bas On sonde la conscience et on consulte le cœur !: |
Le Maître des Cérémonies - Monsieur, (Madame), le lieu où vous vous trouvez et les objets qui se présentent à votre vue doivent vous suggérer des réflexions sérieuses sur le néant des choses d’ici-bas. Vous devez donc, avant d’achever le pas que vous allez bientôt faire, sonder votre conscience et consulter les dispositions de votre cœur. Si vous ne vous sentez pas pénétré d’une ferme résolution de renoncer pour toujours à vos penchants et à vos passions déréglés, vous pouvez encore vous retirer, et alors ne persistez pas à vouloir entrer dans un Ordre qui exige de ses membres une entière abnégation de leur volonté, et l’horreur la plus profonde pour le Vice.
Le Maître des Cérémonies fait silence, laissant le Candidat à ses réflexions.
Puis le Maître des Cérémonies l’interrompt de temps en temps par des questions portant toujours sur la morale commune et la gravité de la démarche qu’il a entamée.
|
Commenter cette volonté de progression à partir du constat ci-dessous: |
Le Maître des Cérémonies - Monsieur, l’initiation, s’adresse aux esprits inquiets, à ceux que ne satisfait pas ce qu’ils ont pu apprendre. Il faut être mécontent de soi-même, de son savoir et de sa sagesse, pour aspirer à mieux.
Le Maître des Cérémonies fait silence, laissant le candidat à ses réflexions. Silence
On a fait remarquer que le Maître des Cérémonies doit prendre le temps d’appuyer ses interventions auprès du profane par des silences longs. Très important pour la mise en condition.
|
Ce passage est capital, vous le commenterez tout au long de votre vie maçonnique ! Il introduit des notions alchimiques qui font échos a ce que nous avons trouvé dans la chambre ou cabinet de réflexion. Il se fonde sur l’association nécessaire du Noir et du Blanc : Le Blanc à besoin du Noir pour être désiré et exister. La dynamique de vie repose sur l’opposition qui devient complémentaire…C'est aussi la dynamique polarisante puis unifiante de l'initiation. Pour atteindre la Lumière il faut la chercher et se perfectionner dans la vertu !: |
Le Maître des Cérémonies - Monsieur, (Madame) tout bois n’est pas bon à faire un mercure, toute roche ne fournit pas une pierre convenable aux constructeurs, tout aspirant à l’initiation n’est pas initiable. Pour demander à devenir Franc-Maçon, il faut désirer la Lumière. Or, nous ne désirons que ce qui nous manque, il est donc nécessaire de se sentir dans les ténèbres pour éprouver le besoin d’en sortir. Cette remarque est plus importante qu’il ne semble au premier abord, car celui qui croit posséder la vérité ne songe pas à la chercher, de même que, juste satisfait de sa vertu, il néglige son perfectionnement moral.
Le Maître des Cérémonies fait silence, laissant le Candidat à ses réflexions.
Silence
Explications à développer –
Le bois représente la matière première en matière alchimique, l'humain en état brut. Le mercure symbolise l'esprit pur, la connaissance supérieure ou la transformation spirituelle. La phrase signifie que l'on ne peut pas simplement prendre n'importe quel individu (le bois) pour le transformer en un être spirituellement éveillé (le mercure). Il faut que la matière première ait des qualités intrinsèques, une certaine disposition, pour que la transformation soit possible. En d'autres termes, tout le monde n'est pas prêt ou apte à recevoir et à assimiler les enseignements ésotériques.
La roche dans son état brut représente l'individu dans son état initial. La pierre convenable est la pierre cubique propre à s’associer aux autres pierres, par rapprochement il s’agit de l'initié qui a réalisé un travail sur lui-même. Pour que le processus initiatique fonctionne, l'aspirant doit posséder un certain potentiel, une volonté de se remettre en question et une capacité à être modelé. Si la roche est trop friable, trop impure ou trop fragile, elle ne pourra jamais devenir une pierre solide pour une construction collective.
La qualité et non de la quantité est le mot d’ordre du REP. Nous initions des individus qui, après enquêtes et passage sous le bandeau, semblent posséder les "qualifications" intérieures nécessaires pour entreprendre le voyage initiatique. Ces qualités incluent la volonté d’apprendre sur soi plutôt que de savoir en appliquant des recettes toutes prêtes, l'ouverture d'esprit, la curiosité, la sincérité de la démarche, et la capacité à travailler sur soi. L'initiation n'est pas une transmission passive de connaissances ; c'est un processus actif qui demande un engagement profond de l'aspirant. Si celui-ci n'est pas "initiable", c'est-à-dire prêt à recevoir et à comprendre les transmissions, alors l'initiation n'aura pas le résultat escompté.
- le désir est la force motrice de toute quête. On ne cherche pas à obtenir ce que l'on possède déjà. Le désir d'initiation ne peut donc naître que d'un sentiment de manque, d'une conscience que l'on ne détient pas encore la plénitude du savoir ou de la lumière.
- les "ténèbres" consiste en un état d'ignorance et de superficialité. C'est l'état du profane, qui vit dans le monde matériel sans chercher à en percer les mystères spirituels ou philosophiques. On n'est pas encore "parfait" ou "éclairé" d’où la dynamique de recherche.
- L'aspirant ne vient pas en franc-maçonnerie par curiosité ou pour obtenir des avantages sociaux. Il vient parce qu'il ressent intérieurement un vide, un manque de sens, une soif de vérité et de lumière. C'est cette reconnaissance des ténèbres en soi qui est la première étape du chemin.
Voici le tableau dans la chambre de réflexion Page 67-78 Livre de l’Apprenti :
|
Quels sont les symboles liés à l’Élan vital et au cycle de Vie/Mort/Renouveau ? Quel est l’objet symbole qui provoque le renouveau ? Quels sont les 3 principes alchimiques ? Que veut dire V.I.T.R.I.O.L ? Y-a-t-il un rapport avec l’introspection ? |
En plus du tableau le décors est le suivant : 1/ un bandeau, 2/ une nappe noire ou un Tartan écossais, 3 / un crâne, 4/ un poignard pour l’Homme ou Axe et fil enroulé pour la Femme 5/le tableau VITRIOL, , 6/ une bougie, 7/ une coupelle d’eau, du pain, 8 / du sel, du mercure, du soufre. 9/ une pantoufle gauche, 10/ une boite à métaux. 11/ prévoir le Tartan Ecossais de la loge.
4 –Fracas à la porte du Cabinet
Le Maître des Cérémonies après avoir laissé le Candidat réfléchir quelques instants, heurte ensuite avec fracas la porte du Cabinet de Réflexion.
« O ■ x O ! »
|
Le Consentement est obligatoire ! Lire Page 375 -382 Livre de l’Apprenti La sortie de la chambre de réflexion : Commenter ce qui se déroule jusqu'à la porte de la loge : Ne peut-on faire un rapprochement avec le mythe de la caverne socratique ? Le héros (vous) cherche à se départir des fausses vérités et idées préconçues représentées par les chaînes, pour marcher jusqu'à la sortie de la caverne et voir enfin la vraie Lumière (le soleil), puis transmettre cette bonne nouvelle aux autres ! |
Le Candidat - (demandera alors probablement le pourquoi de ce bruit.)
Le Maître des Cérémonies - Monsieur, (Madame), on vient vous chercher pour vous faire subir de violentes épreuves, physiques et morales. Êtes-vous encore disposé à les subir ?
Le Candidat
(Il devra répondre affirmativement) Oui Monsieur !
Le Maître des Cérémonies - Monsieur, (Madame), veuillez-vous bander les yeux et m’avertir quand cela sera fait.
Le Candidat– s’exécute
Le Maître des Cérémonies – Monsieur (Madame), je vous demande votre parole d’honneur que vous l’avez fait sérieusement et que vous ne pouvez rien voir ?
Le Candidat-
(Il devra répondre affirmativement) Oui Monsieur !
EXERCICE :
Rechercher dans le Livre de l’apprenti P 67-78 , la signification de chacun des éléments du tableau et de la Chambre ou Cabinet de réflexion en prenant soin de classifier ceux qui ont trait :
1 : à la vie et au cycle de vie/mort :
2 : aux prescriptions morales :
3 : aux principes alchimiques :
4 : aux mythes de complémentarité homme-femme et lesquels
5 : à l’appartenance
6 : à l’humilité
7 : à l’éveil
8 : à la connaissance de soi
9 : Pourquoi y a-t-il des points entre chaque lettre de l’acronyme V.I.T.R.I.O.L ?
10 : pourquoi dit-on que cette épreuve est celle de l’élément TERRE : LIEU DU RENOUVEAU OU DE LA REGENERATION? ( références à développer sur la Terre matricielle : grain de blé et germination/eau +lumière/ récolte avec la faux / farine et eau/pain/ cycle de la vie).
2/De la mise en l’état « Ni nu ni vêtu » jusqu’au « Trois grands coups » à la porte du temple – Entrée par la « Porte basse »
PREPARATION PHYSIQUE DU PROFANE
« Ni nu, ni vêtu »
Le Maître des Cérémonies pénètre dans la Chambre de réflexion (et fait porter au Vénérable le testament à lire en loge). Il se saisit du Candidat, le conduit jusqu’au parvis du Temple.
Avant de lui avoir fait quitter la Chambre de réflexion le Candidat aura été mis en l’état d’usage : Le Maître des Cérémonies lui aura fait retirer ses vêtements extérieurs, l’aura dépouillé de tout ce qui est métallique : bijoux, monnaie, etc.
|
Déstructuration des fausses apparences, retour à l’humilité, on est tous entré en FM de la même façon, c'est le principe d’égalité. Abandon des trop lourds métaux, intérieurs et extérieurs. On est nu c'est-à-dire dans l’état de Pierre brute, dans l’état adamique celui de l’innocence et de la sincérité comme nouveau-né: |
il lui aura découvert le genou droit en remontant la jambe du pantalon, abaissé le bas sur le soulier, lui aura mis le pied gauche en pantoufle, sorti le bras gauche hors de la chemise; l’ayant mis en cet état et mené devant la porte du Temple.
Si la Chambre de réflexion est exiguë, il faudra pour plus de confort que le Maître des Cérémonies prépare le candidat dehors (dans le couloir), les yeux bandés.
Pendant tout ce laps de temps, on aura ouvert la Loge, et le Maître des Cérémonies aura fait porter le testament par le Frère Terrible sur lequel le Candidat aura répondu aux 3 questions. Le FT aura transpercé de son épée les trois réponses pour signifier l'axe lumineux qui traverse les 3 plans de réponses. Il les apporte ainsi au Vénérable qui en donne lecture aux membres de la Loge. (Apres avoir relues ces 3 questions, quels sont ces 3 plans selon vous?)
Le Maître des Cérémonies tient en main le Candidat derrière la porte
LES 3 GRANDS COUPS à la porte du TEMPLE
Le Maître des Cérémonies :
Frappe trois grands coups à la porte du Temple. « O » « O » « O »
(forts en intensité et espacés irréguliers)
ATTENTION : Le Maître des Cérémonies qui tient en main le Candidat derrière la porte, frappe pour le compte de l’impétrant...
Le Frère Terrible – Frère (Sœur) 2nd Surveillant, annoncez au Vénérable qu’on frappe à la porte du Temple en Profane.
Le 2ème Surveillant – Frère (Sœur) 1er Surveillant, on frappe à la porte du Temple en Profane.
Le 1er Surveillant - Vénérable, on frappe à la porte du Temple en Profane.
Le Vénérable – Frère (Sœur) Terrible, voyez qui frappe ainsi à la porte du Temple et écartez tout Profane qui oserait venir troubler nos travaux.
|
Les trois coups sont portés côté extérieur et coté intérieur, comme l’état civil a un prononcé extérieur et une signification intérieure : qui suis-je vraiment en mon for intérieur? |
Le Frère Terrible frappe de l’intérieur du Temple en Apprenti :
« OOO »
Le Maître des Cérémonies de l’extérieur, lui répond de même :
« OOO »
Le Frère Terrible – Frère (Sœur) Maître des Cérémonies, pourquoi frappez-vous ainsi ?
|
Être admis à nos travaux : la loge est le lieu d’un travail de transformation ! |
Le Maître des Cérémonies - Annoncez au Vénérable que c’est un Profane qui demande la faveur d’être reçu Maçon et d’être admis à nos Travaux.
Le Frère Terrible -Vénérable c’est un Profane qui demande la faveur d’être reçu Maçon et d’être admis à nos Travaux.
ETAT CIVIL DU PROFANE LU CLAIREMENT
ATTENTION :
Toute cette partie aura été remplie EN AMONT, par le parrain, qui le jour de l’initiation remettra au Secrétaire et au V∴M∴, les renseignements.
Le parrain remettra 3 exemplaires
- 1 exemplaire au Frère Terrible
- 1 exemplaire au VM∴
- 1 exemplaire pour le compte rendu du Secrétaire
1. Le Vénérable - Frère Terrible, demandez à ce Profane son nom, ses prénoms, son âge, son lieu de naissance, qui étaient ses père et mère et sa religion.
Le Frère Terrible - Monsieur, (Madame), veuillez bien nous dire à haute et intelligible voix votre nom, vos prénoms, votre âge, votre lieu de naissance, qui était votre père et qui était votre mère, et quelle religion professez-vous ?
|
De l’extérieur profane et administratif |
Le Profane - Nom Prénoms
Âge Né à
Fils de Et de de religion
|
De l’intérieur sacré de la Loge, cela devint une identité à approfondir, en miroir ou en écho du milieu profane superficiel…La Loge devient alors l'image structurée de notre intériorité en quête de "lumière". |
Le Frère Terrible peut alors lire l’exemplaire que lui aura remis le parrain
Le Frère Secrétaire
Qui aura eu un exemplaire pourra inscrire les renseignements dans la planche consignant les Travaux du jour.
|
La loge est le lieu des mystères… que l'on ne peut rendre intelligibles à soi que si on développe une intention droite… |
2. Le Vénérable - Frère Terrible demandez à ce profane quel est le dessein qui l’amène parmi nous, s’il est mû par une intention pure ou si c’est par esprit de curiosité, et dans le but d’aller dévoiler nos mystères aux yeux des profanes ?
Le Frère Terrible - Monsieur, (Madame), quel est le dessein qui vous amène parmi nous ? Êtes-vous mû par une intention pure ou est-ce par esprit de curiosité, et dans le but d’aller ensuite dévoiler nos mystères aux yeux des profanes ?
Le Profane - Monsieur, (Madame), mes intentions sont droites, ce n’est pas la curiosité qui a guidé mes pas, mais le désir de m’instruire dans la voie des vertus morales.
|
Passage de la porte basse en rampant symbole d’humilité. En anthropologie ce passage du seuil de « l’enceinte sacrée » par la voie basse est synonyme d’accouchement à une nouvelle vie ou régénération de l'être … |
3. Le Vénérable - Frère Terrible, introduisez le Profane dans le temple et remettez-le aux Frères Surveillants.
- L’introduction se fait par la porte en rampant.
- Les 1er et le 2nd Surveillants se rapprochent de façon à tenir chacun le Profane par un bras.
Pour cela, ils ont leur épée en main, et laissé leur maillet sur le plateau de leur charge.
|
Consentement renouvelé une fois de plus |
- Le Vénérable - Monsieur, (Madame), êtes-vous toujours dans la ferme résolution de vous faire recevoir Franc-Maçon ?
Le Profane - Oui, Monsieur/Madame
|
Mise en garde sur vos fausses certitudes et la morale biaisée ! |
- Le Vénérable - Nous ne pouvons pas vous admettre témérairement parmi nous sans avoir pris des renseignements sur votre moralité et les principes qui ont jusqu’ici guidé votre existence. Quelles garanties nous donnez-vous de votre discrétion et de la droiture de vos intention ? Et surtout qui vous a renseigné sur ce lieu ?
Le Profane - Doit se réclamer d’un membre de la Loge qui sera son parrain
(Ne pas oublier de dire au profane qu’il doit nommer son parrain)
Tous les Frères –Doivent attendre le signe du V∴M∴ pour crier tous ensemble :
Nous ne le connaissons pas !!!
|
Déstabilisation/ Trauma nécessaire/ Rupture avec le confort relationnel profane Avertissement : Violence trauma indispensable à l’acte initiatique. Pas d’initiation sans trauma lié aux épreuves a venir Consentement renouvelé pour la ( nombre) fois (veuillez surligner dans le rituel le nombre de consentements en comprenant votre demande écrite profane. |
- Le Vénérable - Monsieur, (Madame), votre démarche nous paraît bien hasardeuse ! Et surtout bien suspecte. Nous avons lieu de croire que vous n’êtes venu ici que pour surprendre nos secrets et d’en faire ensuite un objet de dérision. Pour suppléer au défaut de garanties que vous n’êtes pas en état de nous donner, nous pouvons nous assurer de vos principes et sonder les replis de votre cœur par des épreuves physiques et morales violentes auxquelles nous allons vous soumettre. C’est pourquoi, Monsieur, (Madame), persistez-vous toujours et vous sentez-vous la force de résister à ces épreuves que l’on vous prépare. ???
Le Profane
Oui, Monsieur /Madame
|
QUESTIONS 1 : surlignez les passages qui engagent à l’humilité et à la déstabilisation. 2 Pourquoi c’est le Maitre des Cérémonies qui frappe à la porte et non vous ? 3 : Lorsqu’est déclinée à l’extérieur puis à l’intérieur du temple l’identité complète et la filiation de l’impétrant qu’est-ce que cela signifie ? De quelle identité s’agit-il et dans quelle temporalité s’inscrit-elle, à l’extérieur et à l’intérieur de la loge ? 4 : le passage du seuil est-il un accouchement ? Où est la matrice ? Où est la LUMIERE ?
|
3 / Les mots pour le dire : Exotérisme et Ésotérisme
L'Exotérisme et l'Ésotérisme en Franc-Maçonnerie : Savoir et Connaissance
La franc-maçonnerie est une institution initiatique qui se distingue par une double nature, à la fois visible et cachée, accessible à tous et réservée à un petit nombre. Cette dualité se cristallise autour des concepts d'exotérisme et d'ésotérisme, qui structurent son fonctionnement, sa philosophie et sa transmission du savoir.
I - L'Exotérisme : interaction dans le réel, élaboration du sens commun organisationnel
L'exotérisme (du grec exôterikos, "extérieur") désigne la partie publique, apparente et facilement compréhensible
A/ La Morale et l'Éthique comportementale : L'exotérisme maçonnique est fondé sur un système de valeurs morales et éthiques universelles. Il prône des principes tels que la fraternité, la tolérance, la justice, la solidarité et le respect d'autrui. Ces valeurs sont souvent similaires à celles que l'on trouve dans de nombreuses philosophies ou religions.
B/ L'Organisation et le Fonctionnement des structures sociales : L'aspect exotérique comprend l'organisation administrative des loges, les rituels publics (comme les tenues blanches ouvertes aux profanes), les œuvres de bienfaisance, les publications officielles et les prises de position sur des sujets de société (laïcité, droits de l'homme, etc.).
3/ Le Recrutement et la Reconnaissance : Les critères d'admission (être une personne libre et de bonnes mœurs, par exemple) et la reconnaissance entre loges ou obédiences relèvent de l'exotérisme.
4/ Le Langage Symbolique Général de premier niveau: L'exotérisme utilise un langage symbolique que tout un chacun peut comprendre à un premier niveau. Par exemple rapporté à l’Homme, le maillet symbolise la volonté, le compas la justice et l'équerre la rectitude morale. Ces interprétations sont accessibles et ne nécessitent pas de connaissance initiatique pour être appréhendées.
II - L'Ésotérisme : intériorisation des effets, alchimie d’un réel profond et intérieur
L'ésotérisme (du grec esôterikos, "intérieur") représente la dimension cachée, secrète et spirituelle qui exige une participation active et une expérience vécue pour être compris. L’ésotérisme et la projection en soi dans notre athanor intérieur du symbole interprété dans la profondeur de la Tradition et de l’Être. Interprétation en essence ou anagogique, au-delà du sens commun, littéraire ou allégorique.
A/ La Voie Initiatique et la Voie intérieure : L'ésotérisme est indissociable de l'initiation. Il s'agit d'un voyage intérieur, d'une transformation de l'être. Ce n'est pas un savoir que l'on peut lire dans un livre, mais une expérience que l'on doit vivre à travers les rituels, les symboles et les mythes maçonniques. Ceci résulte d’une alchimie intérieure et de la connaissance des grands schèmes de la Tradition qui structure la Loge comme le Temple intérieur (Superposition du Sujet à initier, à l’Objet initiatique).
B/ Le Travail sur Soi : L'objectif de l'ésotérisme maçonnique est le "perfectionnement" de l'individu, symbolisé par la taille de la "pierre brute" pour en faire une "pierre cubique". Ce travail est une quête de connaissance de soi, une exploration des profondeurs de l'âme humaine et une recherche du sens de l'existence.
C/ Le Symbolisme Profond : L'ésotérisme s'appuie sur une lecture symbolique plus profonde et complexe que celle de l'exotérisme. Par exemple, le compas et l'équerre ne sont pas seulement des outils de mesure, mais représentent la dualité entre le spirituel et le matériel, l'idéal et la réalité. L'interprétation des symboles est personnelle et polysémique (plusieurs sens) et évolue avec le cheminement de l'initié.
D/ La Transmission Orale : L'essentiel de l'ésotérisme se transmet oralement, de maître à apprenti, par le biais des rituels et des instructions. C'est une tradition vivante, où les mots et les gestes ont une force performative et un impact qui dépasse le sens premier.
L'ésotérisme est le moteur de la franc-maçonnerie en tant qu'ordre initiatique. Il fournit le cadre et les outils pour la quête spirituelle et la transformation personnelle de ses membres. C'est ce qui distingue la franc-maçonnerie d'une simple association philosophique ou d'un club philanthropique.
4/ L’Histoire des loges Stuart en exil et des Loges londoniennes
(Lire Pages 26 -55 du Livre de l’Apprenti - faire un résumé d’une page !)
Les Racines Multiples de la Franc-Maçonnerie
La franc-maçonnerie est un "arbre vénérable" aux racines profondes et variées, symbolisant ses origines diverses de la franc-maçonnerie. Elle est le fruit d'une confluence de dimensions mythiques, opératives, aristocratiques et philosophiques. Nous tenterons de brosser un tableau succinct de ses racines.
Les Racines Mythiques et la Tradition Primordiale
Toute société dite « initiatique » désire se relier aux traditions immémoriales, conférant crédibilité et prestige à son message. Il est entendu que bien souvent les preuves historiques font défaut, mais le but de ce passé mythique, est de se relier à l'origine des temps (« in illio tempore »). Les opératifs et spéculatifs se rattachent ainsi à des images archétypales tel le Temple de Salomon, permettant de s’intégrer dans une chaine de transmission proche de la "Tradition primordiale". Ce qui est très ancien est peu discuté et permet de « posséder légitiment » un accès aux symboles dits « universels ». Dans sa pratique rituelle la franc-maçonnerie fait appel aux grands mythe antiques (Mithra, Osiris, Éleusis, Thésée et Ariane), en les teintant de pythagorisme et de Gnose, voire d’une moraline de bon aloi. L’intérêt du mythe c’est qu’il met en œuvre des archétypes réutilisable dans les temps modernes par le truchement du Principe d’analogie* et des lois de correspondances*. (*définition dans le livretN°4)
Les Racines Opératives et la Transition vers le Spéculatif
L'émergence de la franc-maçonnerie spéculative s'explique par plusieurs théories. La théorie de la transition (Harry Carr) suggère qu'au XVIIe siècle, les loges écossaises ont admis des non-artisans ("maçons acceptés") comme Robert Moray et Elias Ashmole (membres de la Royal Society), pour leur influence, assurant ainsi la survie du "Craft"(le métier). Cette "perméabilité opportuniste" en Écosse a initié un changement fondamental. D'autres théories évoquent un simple emprunt des symboles opératifs ou l'existence de loges non-opératives pro-Stuart dès le XVIIe siècle. Un double phénomène de transition et d’emprunt est actuellement admis. Le "modèle du bâtisseur du Temple" est resté central, le métier de la pierre ayant développé un "savoir-faire" et un "savoir-être" associés à un "grand dessein" : la construction du Temple de Salomon. Les Statuts de William Schaw (1598-1599) en Écosse ont rappelé la nécessité d’entretenir le lien mémoriel et le "devoir de mémoire" par la mnémotechnie et le système de question-réponse. Les confréries médiévales ont laissé des traces de "savoir-faire" et "savoir-être", associant la perfection de l'ouvrage à celle de l'ouvrier. Les "Old Charges" (Régius 1599, Cooke 1610) décrivent l'art initiatique de la géométrie et la naissance du "maçon libre et de bonnes mœurs". Le "savoir-faire" a progressivement évolué vers un "savoir-être de nature pseudo-aristocratique ou philosophique", rendant la maçonnerie attractive aux élites. L'écrit s'est imposé, formalisant les rituels opératifs. Les maçons acceptés ont transmis les secrets comme le "mot de maçon", le tuilage, le pas, la batterie, et les colonnes J-B, d'origine écossaise. Des manuscrits (Édimbourg 1696, Sloane 1700, Dunfries 1710) ont fixé des notions clés comme la "loge juste et parfaite", influençant le futur rituel moderne anglais et français.
Les Racines Aristocratiques et l'Impulsion Universaliste
L'aristocratie intellectuelle, ayant récupéré le symbolisme opératif, privilégiait les réunions "entre soi", s'inscrivant dans la tradition anglaise des clubs de solidarité. Les premières loges de 1717 cherchaient à s'unir pour l'entraide, le métier étant conservé pour sa force spéculative. L'intelligentsia, cultivant sciences expérimentales et hermétiques (comme Newton), visait un universalisme encyclopédique. Robert Boyle assigna à la Royal Society (1662) la mission de découvrir "la véritable nature de l’œuvre de Dieu". Cette préoccupation se retrouvera dans les rites maçonniques où Dieu devient le Grand Architecte de l'Univers, réconciliant factions religieuses et raison ("religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord, laissant à chacun ses propres opinions"). Cette démarche fut aussi politique : unir les factions anglaises et assurer la supériorité culturelle des Hanovre sur les Stuarts et la France. Des membres de la Royal Society participèrent à la création de la Grande Loge spéculative de Londres (1717), dont les Constitutions d'Anderson (1723) formalisent l'emprunt du matériel opératif. Le maçon spéculatif travaille la matière brute symboliquement, allégorie de la perfectibilité humaine.
Le Mixage Anglo-Écossais et l'Émergence de l'Écossisme en France
Un "mixage" des théories de transition et d'emprunt est probable, car un lien réel avec la racine opérative et un "chaînage ancestral" sont jugés indispensables à la légitimité initiatique de la franc-maçonnerie. Sans cela, elle se réduirait à un simple "club philosophique". La motivation des loges fut d'abord le rassemblement de gentilshommes partageant une culture et un idéal universaliste, puis l'intrigue politique et le mystère. En France, la franc-maçonnerie se développe avec les exilés Stuart et les commerçants, notamment via la Mère-loge Écossaise de Marseille (1751). Ces loges revendiquaient une filiation écossaise, offrant une alternative à la Grande Loge de Londres et au futur Grand Orient français. Le REP témoigne de cette pensée "écossaise" Stuartiste, mêlant rites "modernes" et "anciens". Les Mère-loges françaises, souveraines, développent des hauts grades sans ingérence administrative, rattachant leur filiation (de désir) à l'Écosse. De nombreux hauts grades "écossais" se répandent en France (Bordeaux, Lyon, Marseille), qualifiés d'"écossais" par le souvenir du "mot de maçon" écossais, l'implantation Stuartiste et la lutte pour l'indépendance Ecossaise face à l’ennemi « Anglais » (perfide Albion). L'"Écossisme" désigne la prolifération de grades post-Maître, prolongeant la légende d'Hiram en reprenant par les grades d’exil l’histoire des Stuarts exilés sur le continent. Cette prolifération est motivée par une quête d'indépendance et une expérience initiatique plus profonde, intégrant des influences hermétiques, alchimiques, chevaleresques et gnostiques. Le REP actuel reflète cette richesse avec la légende d'Hiram, l'idéal chevaleresque (Chevalier de Saint-André) et la recherche ontologique (Écuyer Novice, Chevalier du Temple). Jusqu'en 1760, plus de 200 hauts grades foisonnaient en France, avant que les "régulateurs" du Grand Orient avec l’intervention de Roëttiers de Montaleau en les classant en 4 familles d'ordres en 1784 et bientôt 5.
La Cristallisation des Rites et les Dynamiques "Anciens" versus "Modernes"
Dès 1760, des "régulateurs" furent élaborés par la Grande Loge et le Grand Orient pour ordonner les hauts grades, le système "moderne" français prédominant pour les trois premiers degrés. Un conflit majeur opposa les "Modernes" anglais (1717) aux "Anciens" (Écossais et Irlandais catholiques, 1751), non pas tant pour la "déchristianisation des rituels" que pour le mauvais accueil des maçons irlandais et écossais (roturiers et artisans) par les loges anglaises (élitistes et aristocratiques). Laurence Dermott joua un rôle clé dans la cristallisation de cette opposition, menant à l'Union de 1813 et la création de la Grande Loge Unie d'Angleterre, où les "Anciens" semblent avoir prévalu (le Rite Émulation est qualifié d'"ancien"). La GLUA imposera des "Landmarks" en 1929 pour la reconnaissance internationale. Malgré l'implantation initiale de loges régimentaires Stuartistes "anciennes" en France (1688) seront pleinement continentales adoptant pour partie la rituélie moderne. En effet la France resta fidèle aux rituels "modernes", inspirés des constitutions d'Anderson (1723, 1738) et à la traduction du Baron de La Tierce (1742).
Le développement Continental et le Génie Français
La France, sous Louis XIV, accueillit dès 1688 environ 50 000 exilés Stuart (écossais, irlandais, anglais), dont des nobles et chevaliers, Jacques II résidant à Saint-Germain-en-Laye. Robert Ambelain "réveilla" le Rite Écossais Primitif (REP) en 1985, s'appuyant sur des transmissions et un état de la Grande Loge de France (Futur GO) reconnaissant la loge Stuartiste "La Bonne Foi" à Saint-Germain-en-Laye des 1688, regroupant des partisans Stuart comme le Chevalier de Ramsay. Il s’agissait de francs-maçons officiers et bas-officiers partisans du roi Jacques II en France. Ambelain la qualifia de "Mère Loge Stuartiste" liée à la mythique Mère Loge d'Hérédom de Kilwinning. Le rite "écossais" du "mot de maçon", issu des Statuts de Schaw, fut la source d’inspiration du rite moderne de la Grande Loge de Londres (1717) et fut pratiqué en deux grades par les exilés à Saint-Germain-en-Laye. Le "Early Grand Scottish Rite" désigne l'adaptation des rituels opératifs aux maçons acceptés. La chronologie des premières loges militaires françaises est controversée (ex: loge "la Parfaite Égalité" du Walsh Infanterie, 1688, antériorité contestée pour "La Bonne Foi"). Ces rites "primitifs" étaient probablement irlandais et écossais, se développant en mode "francisé" moderne. Le terme "primitif" désigne des rituels "anciens" adaptés ou imités des opératifs, pratiqués en deux degrés jusqu'à l'apparition du grade de Maître (1730-40). L'absence de preuves écrites laisse cependant des incertitudes sur ces premières implantations. Des historiens comme Étienne Gout et André Combes suggèrent des fondations par des militaires et nobles irlandais dès 1725-1726 à Paris (taverne "Louis d'argent"). Les rituels d'exil étaient probablement écossais de type "ancien", la "francisation" sur base "moderne" (Constitutions 1723-1737) venant après cette première vague. Le rite moderne fut dominant en France, adapté avec des influences "anciennes" écossaises et irlandaises. La première Grande Loge de France fut créée en 1728 par le duc de Wharton, partisan Stuartiste. Les trois premiers Grands Maîtres sont des stuartistes convaincus. Le rite dit "moderne" fut l’axe de développement du REP, du Rite Écossais Philosophique, du Rite Écossais Rectifié, de Misraïm et des rites égyptiens. Seule "La Parfaite Union de Namur" fut un rite "ancien" direct de la Grande Loge d'Écosse. Un rite "écossais" en France n'implique pas toujours une pratique ancienne ou un lien historique direct avec l'Écosse. L'adaptation "à la française" fut dominante, comme le REP et la Mère loge de Marseille (1751) qui mêlaient rituélie moderne et éléments anciens (piliers, acclamation « Houzza »). La Mère Loge Écossaise d’Avignon (1774) et la Mère Loge Écossaise de France (Saint-Jean d’Écosse du Contrat Social) furent cruciales pour le Rite Écossais Philosophique et le futur REAA (1804). Le lien à l'Écosse réside plus dans le mythe et le sens initiatique antérieur à 1717 que dans le formalisme. La forme écossaise se fondit dans le moderne jusqu'au retour du rite "ancien" avec le REAA en 1804 (via Charleston, USA). Ce système, enrichi par l'influence irlandaise aux Amériques, revint avec 33 degrés et des premiers degrés marqués par les "anciens".
Ainsi, le double mixage des filières (transition/emprunt, modernes/anciens) fut enrichi du "génie français" inspiré du Siècle des Lumières et produira l'Écossisme. La France, par sa diversité rituelle, est la "fille aînée de la franc-maçonnerie".
Conclusion
L'analyse des origines de la franc-maçonnerie révèle une institution aux racines complexes et entrelacées, puisant dans des traditions mythiques, des pratiques opératives et des aspirations aristocratiques/intellectuelles. Les racines mythiques, via la Loi d'analogie, confèrent une légitimité initiatique intemporelle. Les racines opératives ont fourni le cadre symbolique et structurel, évoluant du "savoir-faire" au "savoir-être" par un processus pragmatique d’une pseudo-transition. Les racines aristocratiques ont apporté l'élan universaliste et des motivations politiques, faisant de la maçonnerie un creuset pour les idéaux des Lumières et la réconciliation après la période des luttes partisanes. En France, un "mixage" créatif des influences anglo-écossaises a mené à une "francisation" dynamique et à l'émergence de l'Écossisme, caractérisé par une prolifération de hauts grades et une quête d'autonomie et de profondeur initiatique. Les conflits "Anciens" vs. "Modernes" ont façonné l'orthodoxie, mais la France a maintenu une diversité rituelle unique. En somme, la franc-maçonnerie est le produit d'une confluence de forces historiques, sociales, philosophiques et politiques. Le Rite Écossais Primitif incarne cette synthèse, héritier des premières loges régimentaires écossaises et irlandaises qui ont mêlé pratiques "modernes" et "anciennes". Cette richesse d'origines et d'adaptations explique sa persistance et sa diversité, faisant de la France un acteur central de son histoire.
https://www.ecossaisdesaintjean.org/2025/08/les-racines-multiples-de-la-franc-maconnerie.html
5 / le catéchisme de l’Apprenti présentation et classification des 36 Questions-Réponses en 3 groupes
Présentation générale - utilité - finalité - Devoir de mémoire
Le catéchisme de l'apprenti franc-maçon est un document fondamental qui est lu à l’issue du processus d’initiation. Il remplit plusieurs fonctions, en particulier par sa structure de questions-réponses. Il est de coutume de l’apprendre par cœur, ou plus précisément « par le cœur » car l’initiation est au cœur de soi.
1/ Le catéchisme sert de manuel d'instruction pour les apprentis. Le système de questions-réponses n'est pas seulement un moyen d'apprentissage intellectuel, mais aussi un outil mnémotechnique puissant qui permet de mieux comprendre l’initiation vécue. Toute sa force repose sur le rythme des questions-réponses « rythmés » et sur la représentation mentale séquencée qui en découle.
2/ Le catéchisme présente les principes, symboles, rituels et devoirs de l'Apprenti, mais aussi des concept comme celui de la Lumière. C'est une feuille de route pour le cheminement de l'initié. Il permet d'établir une base commune de connaissances et de vocabulaire au sein du Rite.
3 / Son utilité mémorielle, conceptuelle et linguistique : En mémorisant les réponses, l'Apprenti s'approprie progressivement le langage symbolique de la Franc-maçonnerie. C'est un "devoir de mémoire" au sens où il doit se souvenir et pouvoir restituer ces connaissances, non pas pour un examen, mais pour pouvoir interagir et progresser dans le Rite.
4/ Le Devoir de mémoire, autrefois servant les secrets du métiers tel que le tour de main de l’artisan, ne se limite pas seulement à mémorisation du catéchisme. Il intègre les mythes « fondateurs » et l’histoire de la franc-maçonnerie. Il s'agit également de se souvenir de l'engagement initial, des promesses faites et du chemin parcouru (voir la notion de Serment), des Maîtres illustres du passé. Le Devoir devient mémoire vivante au sens ou il est incorporé dans la geste qui se traduit par les pas, les signes, les mots de passe et mots sacrés, considérés comme immuables. Ce Devoir et son respect doit guider les actions et les pensées du franc-maçon au quotidien.
5/ Finalité et énoncé des principes communs mémorisés
Le catéchisme, bien que spécifique au Rite Écossais Primitif, met en lumière des principes qui sont souvent communs à tous les francs-maçons. Ces principes moraux qui découlent du processus initiatique et se traduisent dans une démarche comportementale, philosophique, morale et gestuelles.
Ces principes (fraternité, tolérance, recherche de la vérité, travail sur soi, etc.) constituent l'éthique maçonnique. Ils permettent aux membres de différents Rites et Loges de se reconnaître et de partager des valeurs fondamentales, au-delà des particularités de leur Rite. Le catéchisme, même s’ils diffèrent d’un rite à l’autre, participe globalement à la formation d'une identité maçonnique commune.
C'est en se remémorant les principes fondateurs que le franc-maçon peut rester fidèle à son idéal et continuer son travail de perfectionnement.
Il s’agit de faciliter la mémorisation (utilité mémorielle) de principes communs à tous les francs-maçons. Cette mémorisation transmise (devoir de mémoire) est une étape, une base commune pour l’intégration dans le Rite, qui a pour finalité de guider l'individu vers la connaissance de soi pour une vie plus juste, plus « vraie » et plus fraternelle.
Ci-après nous classifions les 36 répliques suivants trois groupes :
- 1 Le parcours initiatique de l’initié
- 2 La reconnaissance de l’apprenti par le groupe
- 3 La loge et sa structure d’accueil
INSTRUCTION DU GRADE D’APPRENTI en 36 points (6X6)
Nomenclature des répliques selon la définition de l’objet : (1)Le parcours, (2) la reconnaissance, (3) la loge
Rappel; le cathechisme est à connaître « par le cœur » (Devoir de Mémoire et Tuilage).
Le Vénérable pose la première question et Le 1er Surveillant lui donne la réponse.
(2) ►La Reconnaissance :Qualification du franc-maçon Libre, vainqueur vertueux, maitre de lui-même : on est reconnu en fonction de nos efforts vertueux
1/ Le Vénérable : Frère 1er Surveillant, êtes-vous Maçon ?
1er Surveillant : Mes Frères me reconnaissent pour tel.
2/ D. Qu’est-ce qu’un Maçon ?
R. C’est un homme libre, également ami du pauvre et du riche, s’ils sont vertueux. (On le dit « libre et de bonne mœurs »)
3/ D. Que venons-nous faire en Loge ?
R. Vaincre nos passions, soumettre nos volontés, et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie.
(3)►La Loge : Nature de la loge juste et parfaite : règne du 3/5/7
4/ D. Où avez-vous été reçu ?
R. Dans une Loge juste et parfaite.
5/ D. Que faut-il pour qu’une Loge soit juste et parfaite ?
R. Trois la gouvernent, cinq la composent et sept la rendent juste et parfaite.
6/ D. Depuis quand êtes-vous Maçon ?
R. Depuis que j’ai reçu la Lumière.
7/ D. A quoi reconnaîtrai-je que vous êtes Maçon ?
R. A mes signes, paroles et attouchement.
8/ D. Comment se font les signes de Maçon ?
R. Par équerre, niveau et perpendiculaire.
9/ D. Donnez-moi le signe d’Apprenti ?
R. (On le donne).
10/D. Que signifie ce signe ?
R. Que je préférerais avoir la gorge coupée, à révéler les secrets des Maçons.
11/ D. Frère Second, donnez l’attouchement au Frère Premier Surveillant.
(Il en est ainsi fait)
R. Le Frère 1er Surveillant- Il est juste, Très Vénérable.
12/ D. Donnez-moi la parole ?
R. Je ne dois ni lire, ni écrire ; je ne puis qu’épeler, dites-moi la première lettre, je vous dirai la seconde….J…A….
13/ D. Que signifie ce mot ?
R. Ma force est en Dieu ; c’était le nom d’une colonne d’airain placée au Septentrion du Temple de Salomon, auprès de laquelle les Apprentis recevaient leur salaire.
14/ D. Donnez-moi le mot de passe d’Apprenti ?
R. Il n’y en a pas.
15/ D. Pourquoi ?
R. Parce que je venais du monde profane où nul ne pouvait me le donner.
16/ D. Pourquoi vous êtes-vous fait recevoir Maçon ?
R. Parce que j’étais dans les ténèbres et que j’ai désiré voir la Lumière.
17/ D. Qui vous a présenté en Loge ?
R. Un ami vertueux que j’ai ensuite reconnu pour Frère.
18/ D. Dans quel état étiez-vous quand on vous a présenté en Loge ?
R. Ni nu, ni vêtu, mais dépourvu de tous métaux.
19/D. Pourquoi dans cet état ?
R. Ni nu, ni vêtu, pour nous représenter l’état d’innocence, et pour nous rappeler que la vertu n’a pas besoin d’ornements ; dépourvu de tous métaux, parce qu’ils sont l’emblème et souvent l’occasion des vices que le Maçon doit éviter.
20/ D. Comment avez-vous été introduit en Loge ?
R. Par trois grands coups.
21/ D. Que signifient ces trois coups ?
R. Demandez, vous recevrez ; Cherchez, vous trouverez ; Frappez, et l’on vous ouvrira.
22/ D. Que vous ont produit ces trois coups ?
R. Un Expert qui m’a demandé mon nom, mes prénoms, mon âge, mon pays et si c’était bien ma volonté d’être reçu Maçon.
23/ D. Qu’a fait de vous le Frère Expert dit Frère Terrible ?
R. Il m’a introduit en Loge entre les deux Surveillants, et m’a fait voyager, comme un Apprenti Maçon doit le faire, afin de me faire connaître les difficultés qu’on rencontre pour devenir Maçon.
(1)►Le Parcours : La réception corporelle à l’équerre et au compas
24/ D. Que vous est-il arrivé ensuite ?
R. Le Maître de la Loge m’a, du consentement unanime de tous les Frères, reçu Maçon.
25/ D. Comment vous a-t-il reçu ?
R. Avec toutes les formalités requises.
26/ D. Quelles sont ces formalités ?
R. J’avais le genou droit nu sur l’équerre, la main droite sur le livre, de la gauche, je tenais un compas ouvert en équerre, la pointe appuyée sur la mamelle gauche qui était nue.
(1)►L’obligation et le secret par serment
27/ D. Qu’avez-vous fait dans cette posture ?
R. J’ai prêté l’obligation de garder les secrets de l’Ordre.
(3)►La Loge : TOPOLOGIE ternaire cyclique et ordonné de la Loge :
Vision illuminée de l’ordre céleste et solsticial dupliqué en loge pour organiser le cycle travail et du repos.
28/ D. Qu’avez-vous vu lorsqu’on vous a donné la Lumière ?
R. J’ai vu le Soleil, la Lune, et le Maître de la Loge.
29/D. Quel rapport peut-il y avoir entre ces Astres et le Maître de la Loge ?
R. Comme le Soleil préside au jour, et la Lune à la nuit, le Maître de la Loge préside à la Loge pour l’éclairer.
30/ D. Où se tient le Maître de Loge ?
R. A l’Orient.
31/ D. Pourquoi ?
R. De même que le Soleil se lève à l’Orient pour ouvrir la carrière du jour, ainsi le Maître de Loge se tient à l’Orient pour ouvrir la Loge, éclairer les travaux et mettre les ouvriers en œuvre.
32/ D. Où se tiennent les Surveillants ?
R. A l’Occident.
33/ D. Pourquoi ?
R. Pour aider le Vénérable dans ces travaux, payer les ouvriers et les renvoyer contents.
34/D. Où se tiennent les Apprentis ?
R. Au Septentrion, parce qu’ils ne peuvent soutenir qu’une faible lumière.
(3)►La Loge : Nature solsticiale de la loge
35/ D. Comment s’appelle votre Loge ?
R. La Loge de Saint-Jean.
(2)►Identité ternaire et reconnaissance : j‘ai 3 ans
36/ D. Quel âge avez-vous ?
R. Trois ans, Vénérable.
Recomposition en 3 thématiques du catéchisme
1/ Parcours de l’impétrant :
►Candidature - Motivation lumineuse du franc-maçon : passer des ténèbres à la Lumière
►Préparation et État adamique ou originel purifié, allégé des pesanteurs métalliques.
►Introduction aux ternaires initiatiques : 3 grands coups/ Demandez Cherchez, Frappez/ Identification civile/ 3 officiers/ 3 voyages.
►La réception corporelle à l’équerre et au compas.
►L’obligation et le secret par serment
2/ Être reconnu par les Frères et les Soeurs
►Qualification du franc-maçon Libre, vainqueur vertueux, maitre de lui-même : on est reconnu en fonction de nos efforts vertueux
►Comment reconnaitre celui qui est franc-maçon : par la GESTE Initiatique. Le signe et le Mot. On est reconnu par notre geste commune.
►Identité ternaire : j‘ai 3 ans
3/ La loge
►Nature de la loge juste et parfaite : règne du 3 / 5 / 7
►TOPOLOGIE ternaire cyclique et ordonné de la Loge :
Vision illuminée de l’ordre céleste et solsticial dupliqué en loge pour organiser le cycle travail et du repos.
►Nature solsticiale de la loge
Nous voyons par cette classification que l’impétrant cherche à s’intégrer au groupe "fraternel" et à la loge "réceptacle de la tradition des cycles et de la Lumière".
Cette double intégration lui permet d’être reconnu par le groupe et d’être l’une des pierres vivantes de la Loge.
Cette double agrégation est la phase ultime de l’initiation individuelle dans un cadre collectif : le Sujet se superpose au groupe pour s’y fondre par un langage commun, comme il se superposera à l’objet symbolique pour s’y identifier, qu’il s’agisse de la Pierre brute ou de la Loge
Conclusion :
En matière initiatique il y a constamment fusion entre le Sujet et l’Objet symbolique, dans un rapport très clair d’apprentissage par identification. Ici nous avons traité à travers la présentation thématique du catéchisme, la fusion de l’individu au groupe et à la loge en confondant le sujet à l’objet. Nous ferons le même exercice au moment du premier travail de l’apprenti sur la Pierre brute... à suivre!
[Retrouvez les thèmes : "La chambre de réflexion (ou cabinet de réflexion)" Page 67-78 Livre de l’Apprenti et "Le catéchisme de l'Apprenti" Page 136, nous reviendrons sur cette thématique dans d'autres livrets...]
ECOSSAIS DE SAINT JEAN/image%2F0934275%2F20251207%2Fob_100e41_img-0246.jpeg)
/image%2F0934275%2F20140218%2Fob_f7c544_cabinet-de-reflexion-2.jpg)
/image%2F0934275%2F20251207%2Fob_1e4d5b_livre-de-l-apprenti-rep-couverture-im.jpeg)