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Livret N 1 - Apprenti auREP présentation et explications
Pourquoi entrer en FM? Le mystère , le secret, le sacré et le profane. Les 3 questions du testament, La geste de l'apprenti.
Livret de l’Apprenti N°1
(Voir vidéo associée, rien ne remplace une instruction en présentiel par le 2nd Sur\) Textes assemblés par Eric Romand. Ce livret ne doit être lu qu'après avoir expliqué le fonctionnement d'une Loge et d'une Grande Loge et la présentation des l'organigrammes).
Sommaire – Les Grandes Questions – Le cabinet philosophique
1/ Pourquoi rentrer en franc-maçonnerie ? Un intérêt pour le mystère : l’antique tradition des rites à Mystères… Pour le secret : comment définir le secret… Pour le Sacré : comment définir le Sacré en regard du Profane… Pour l’appartenance à un groupe humain ayant des valeurs communes : quelles sont les valeurs des francs-maçons… Comment définir la Tradition, comment définir le rite et les rituels, comment définir la règle commune liée aux rites et à la tradition ?
2/ Les Mots pour le dire :
Le Mystère, le Secret, le Sacre et le Profane
Cette rubrique a pour but de vous aider à définir des mots ou des expressions tout en répondant à votre curiosité pour la franc-maçonnerie.
3/ Les 3 grandes questions du cabinet philosophique
Pourquoi et pour qui un testament Philosophique ? Page 65 Livre de l’Apprenti
La force des trois questions de ce testament est de recouper les 3 Grandes questions existentielles, oubliées par l’homme du monde profane accaparé par la nécessité, la contingence et l’urgence.
4 / La geste de l’apprenti (p 42-43 du rituel)
La geste de l’apprenti comprend tous les gestes et paroles et attitudes de l’apprenti qui ont une signification en regard du rituel d’ouverture et de fermeture des travaux, lors de l’entrée ou la sortie rituelle de l’apprenti, lors du rituel d’initiation.
►2 Lectures : « le discours de l’Orateur » et « Des Parvis à l’entrée en loge ».
►TEST QCM
INTRODUCTION du Livret N°1 destiné aux Apprentis :
On n’entre pas par hasard en franc-maçonnerie !
Soit on a connu quelqu’un qui nous a cooptés en nous présentant ce qu’était la franc-maçonnerie, soit on s’interrogeait déjà sur cette organisation discrète et sur les pôles d’intérêts et les valeurs qu’elle porte et diffuse. Dans tous les cas, nous avons été enquêtés par trois francs-maçons et nous avons subi un « passage sous le bandeau » ou la loge dans son ensemble a pu se faire une opinion tant sur notre personnalité que sur la profondeur souvent hésitante de nos réponses. C'est donc sous le regard bienveillant de la loge rituellement constituée que nous avons été initié et intégré dans la "Chaîne d'Union". Quoiqu’il en soit, convenons qu’il y a bien une distance entre l’idée préconçue du profane que nous étions et le franc-maçon aguerri que nous sommes devenus. Pour un Apprenti tout juste entré dans cette honorable assemblée de « franc-maçon de tradition » bien des questions restent en suspens et le rôle du Second Surveillant et des Maitres, consiste justement à donner des axes de réflexion afin que chacun ait une opinion éclairée.
Répondre aux questions : Aucun apprenti ne doit « rester sur sa faim », mais chaque apprenti doit savoir que les réponses « techniques » résultent de la pratique et du rite et sont donc assez faciles à assimiler dans la forme, mais sur le fond elles impliquent aussi une interprétation symbolique profonde voir philosophique ou spirituelles. À ce stade l’interprétation devient personnelle et résulte d’un travail sur soi important. Tout ce que nous pourrons faire c’est vous ouvrir le chemin, la réponse étant en vous il faudra aller la chercher.
C’est pour cela que votre premier travail, très personnel, consistait et consistera tout au long de votre parcours maçonnique à tailler votre propre Pierre à l’aide d’outils adaptés, ici à votre grade on utilisera avec une méthode adaptée la Maillet et le Ciseau. Il faut donc plonger en soi pour connaitre la réponse « profonde ». Cette plongée en soi est bien représentée par le fil à plomb sur lequel nous reviendrons.
La Pierre brute est donc un miroir pour l’apprenti.
Cette dimension symbolique est trop souvent oubliée dans le monde profane, mais elle est sauvegardée et valorisée dans le monde initiatique.
L’expression commune à tous les maçons est de dire « Ici en Loge tout est SYMBOLE »
Se connaitre soi-même ! Semble être le but à atteindre de l’apprenti. Ceci nous rappelle ce qui était inscrit sur le fronton du Temple de Delphes le « Gnôthi Sauthon » qui veut dire « connais-toi toi-même »
À quoi servent les enquêtes ?
Informer les autres et se poser les premières questions sur soi-même à l’instant T.
Pourquoi un testament Philosophique ?
Le testament philosophique va bien plus loin qu’une simple enquête ou un passage sous le bandeau.
Les 3 Grandes questions existentielles. Quelles est l’intérêt de chaque question ?
Un testament destiné à qui ?
Des petites questions profanes aux Grandes Questions du cabinet philosophique
Dans le rituel d’initiation il y a une phase préalable qui consiste à vous faire entrer à l’heure dite dans un local les yeux bandés et à vous présenter ce qu’on appelle le Testament philosophique ou Testament maçonnique. Après la rédaction de votre testament dans le cabinet philosophique, vous entrerez dans un cabinet dit de réflexion que nous aborderons dans le second fascicule.
Avant d’aborder les 3 grandes questions du Testament, il convient de s’interroger sur les motivations qui vous ont poussées à entrer en franc-maçonnerie.
1/ Pourquoi rentrer en franc-maçonnerie ?
Voici un texte qui traite des faux semblants et mauvais prétextes qui pourraient inciter certains à entrer en franc-maçonnerie. Je précise que l’on peut entrer sous de mauvais prétexte et rapidement découvrir que la richesse de la franc-maçonnerie était ailleurs !!!
Nous justifions après coup notre entrée dans la franc-maçonnerie avec de grandes déclarations sur la morale, le goût du progrès, les grands sentiments et autres prétextes qui sonnent faux. Souvent ceci ne correspond pas à la vérité.
Nous sommes rentrés en FM car nous y connaissions quelqu'un qui nous inspirait confiance, mais aussi avec une curiosité faussement dissimulée. Certains recherchaient un carnet d’adresses et un relationnel, d’autres voulaient simplement ouvrir le champ des possibles en élargissant leur champ de vision. Voilà la réalité.
Les affairistes qui avaient dissimulé leurs vraies intentions sont partis ou ont accepté cette conversion du regard qui caractérise l’homme sur le chemin initiatique. Les autres, qui espéraient une micro-société élitiste infiltrée dans les arcanes du pouvoir, poursuivant des buts mystérieux et secrets, sont repartis bredouilles vers d’autres théories du complot.
Les raisons qui nous font rester en franc-maçonnerie sont souvent différentes de celles qui nous ont fait frapper à la porte.
Avant d’aborder les motivations qui font que l’on reste en franc-maçonnerie (II,) cette planche décrit par un contre-pied, les raisons qui nous incitent à y entrer (I).
I/ Pourquoi entrer en Franc-Maçonnerie
Il y a maintenant quelques années que je suis parmi vous et j’ai voulu faire un point sur les fondamentaux de « ma » maçonnerie. Pourquoi faire ce constat ? Tout simplement pour ne pas oublier le pourquoi je suis rentré en Franc- Maçonnerie. Je ne voudrais pas l’occulter un jour, donc réviser ne peut être que bénéfique.
Ce que je vais développer devant vous mes F :. n’est pas le comment rentrer en F :.M :. mais le pourquoi.
Je suis franc-maçon, a dit un F.:, parce qu’un jour j’ai frappé à la porte du Temple et on m’a ouvert. J’ai ensuite demandé la Lumière et on me l’a accordée ou plus exactement on m’a donné les outils nécessaires pour la rechercher. J’ai donc été initié, c’est-à-dire que j’ai accepté de me soumettre à un ensemble de rites d’initiation qui m’ont permis d’entrer dans la fraternité maçonnique.
Peut-être avant de mieux préciser le pourquoi on devient maçon, je vais définir 10 raisons ou commandements pour ne pas vouloir devenir Franc Maçon :
1. Vous avez déjà beaucoup trop d’amis.
Les amis vous causent plus d’ennuis que de bien-être en vous invitant constamment aux évènements sociaux, en s’enquérant au sujet de la santé de votre famille et de votre vie personnelle, et en vous offrant leur sagesse et leurs conseils. Vous ne pouvez pas vous imaginer en avoir plus. Parfois un homme doit juste être seul.
2. Vous aimez mentir, tricher et voler.
Profiter des autres est pour vous, une façon de vous hisser dans la société. Manipulateur, vous savez dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, quitte à mentir. Cela vous a toujours été avantageux et la simple pensée de joindre une association qui exige de vous d’être droit et honnête dans tous vos rapports avec votre prochain est fondamentalement contraire à votre caractère.
3. Vous êtes un non conformiste.
Vous vous dites que l’homme libre que vous êtes ne peut respecter les règles édictées par les autres. Ainsi, vous ne pouvez suivre les règlements et le code d’éthique d’un groupe. Vous ne pouvez adhérer à une association qui limite son adhésion aux hommes bons et les encourage à vivre leurs vies aux niveaux les plus élevés de la morale. Cette action serait contraire à votre identité personnelle.
4. Vous êtes avaricieux.
Vous avez tellement travaillé pour posséder cet argent, que vous ne pouvez pas vous résoudre à dépenser un sou pour aider d’autres personnes. Ce sont tous des exploiteurs, ces vieillards, ces handicapés, ces veuves et ces démunis. Ils ne méritent ni temps ni argent.
5. Vous êtes un fondamentaliste religieux et croyez que le dogme de votre foi est le seul véritable chemin de la vérité et du salut.
Vous croyez que votre premier devoir en ce monde est de convertir d’autres êtres humains en votre foi. Et que ceux qui n’y adhérant pas, sont voués à l’enfer.
6. Vous êtes un matérialiste ou un athée.
Vous ne pouvez pas concevoir qu’il existe une chose telle que Dieu, qu’il soit celui des religions ou celui de Spinoza. Ceux qui croient en Dieu sont stupides. Vous croyez que la pensée est le résultat de l’interaction entre les petits objets comme les atomes et que l’esprit ne peut exister sans la matière. Vous croyez que l’existence de l’homme se limite à sa vie sur la terre et que la vie elle-même n’a aucune signification.
7. Vous détestez la charte des droits et libertés et tout ce qui touche aux droits de l’homme.
Vous croyez que le monde fonctionnait beaucoup mieux quand les hommes étaient incultes, vivaient dans la crainte de la persécution religieuse, sous des monarchies et des dictatures. Vous ne croyez pas que tous les hommes naissent égaux, ni qu’ils ont le droit au bonheur et à la justice. Vous ne croyez pas aux principes de la justice, de liberté et d’égalité.
8. Vous êtes trop occupé.
Il y a tellement d’émissions de télévision que vous devez regarder. Sans compter les jeux vidéo, l’Internet et tout ce qui occupe vos nombreux loisirs. En fait, votre précieux temps est complètement en dehors de votre contrôle et il est hors de question de prioriser vos activités permettant de vous engager dans des activités avec votre communauté, même si celles-ci ne sont que de quelques heures par mois.
9. Vous détestez tout ce qui touche à la tradition et à l’histoire.
Vous détestez l’histoire et tout ce qui touche aux traditions. Vous vous dites que nous sommes dans le monde moderne maintenant. Il n’y a rien d’intéressant et de gratifiant à vouloir la préservation de ces choses démodées, ces vieux bâtiments et surtout, toutes ces traditions orales.
Pourquoi voudriez-vous soutenir une cérémonie anachronique, périmée, et injustifiée qui depuis des siècles a survécu en conservant toujours le même objectif ?
Dans la société moderne, ceci est désuet et sans importance.
10. Vous ne trouvez aucune raison de vous améliorer.
Votre personnalité et votre caractère ne pourraient s’améliorer, vous êtes parfait. Si vous aviez à joindre la franc-maçonnerie, ça ne serait que pour enseigner aux autres les grandes techniques que vous avez développées, celles qui rendent votre personnalité si exemplaire.
Si vous avez répondu vrai à une seule de ces affirmations, alors effectivement vous n’avez rien à faire en maçonnerie.
Maintenant, il serait un peu facile de retourner toutes ces affirmations pour motiver une rentrée en maçonnerie.
II/ Pourquoi rester en Franc-maçonnerie ? Comme pour beaucoup, je suppose, mon entrée en Franc-Maçonnerie s’accompagnait d’interrogations.
Les premières Tenues m’ont laissé perplexe : c’est au nom du Grand Architecte de L’Univers que s’ouvrent et se ferment les travaux, j’avais entendu cette incantation pour la 1ere fois, le soir de mon Initiation, mais encore sous le choc de cette soirée inoubliable, je n’y ai pas trop fait attention. Aux Tenues suivantes j’ai écouté cette formule avec plus d’attention et je me suis demandé qui invoquait –on ainsi ?
Les livres à la disposition des Apprentis ne sont pas très loquaces.
Avais-je trouvé une autre religion ?
La réponse que j’ai obtenue est que « Le Grand Architecte de l’Univers » n’était pas un Dieu révélé, pas un objet de croyance, ni un dogme imposé, mais un principe créateur, un symbole, une idée.
Ici tout est symbole m’avait dit le Vénérable Maître le soir de mon Initiation. Le symbole dit « Goethe » transforme l’apparence en idée, l’idée en image. Le symbole contient donc l’idée, mais il n’est pas l’idée. Aussi laisse- t-il la liberté d’évoquer la chose, le phénomène selon sa sensibilité, ses sentiments, ses convictions, voire ses doutes.
La Loge maçonnique est un lieu exceptionnel un lieu sacré, à l’abri du monde profane où des hommes libres et de bonne volonté peuvent se rencontrer, dialoguer, communiquer, rassembler des personnes différentes autour d’un même idéal. En Loge règnent un esprit de tolérance, un humanisme, le seul qui permette à l’homme de se sentir tel qu’il est, dans toute l’acception du terme. En Loge, le franc-maçon peut exprimer ses sentiments de fraternité, de camaraderie, d’amitié et les partager avec ses Frères et leur offrir le meilleur de lui-même. Au sein de l’Atelier maçonnique, il n’y a pas de compétitions entre les Frères, pas d’enjeux financiers. Il y a une spiritualisation au sens large de toute chose, et la méthode du symbolisme permet d’aller au fond des questions posées. Dans certains moments difficiles de notre vie, la Fraternité avec un grand F et le soutien des Frères est un grand secours moral.
L’Initiation engage le franc-maçon à développer sa connaissance, à revoir sa manière de penser, de réfléchir, sa manière de vivre où tout au moins essayer de se transformer, de passer du « profane au maçon» qui maîtrise ses passions. Tailler et polir la Pierre Brute que nous sommes, symbole de l’homme, pour l’insérer harmonieusement dans l’édifice commun.
Il ne faut pas perdre de vue que c’est dans la Loge que tout commence. Nous ne sommes pas entrés en franc-maçonnerie par goût de l’érudition, mais pour nous changer. Méthode de réflexion et non-école de pensée, l’initiation maçonnique ne dispense aucun enseignement doctrinal ou dogmatique, n’impose aucune idée toute faite. C’est le franc-maçon lui-même avec l’aide de ses Frères qui accomplit son approche de la vérité, cette vérité qui appartient à ceux qui la cherchent, et non à ceux qui prétendent l’avoir trouvée. Nul ne saurait se dire franc-maçon, s’il ne cherche pas, s’il n’entreprend pas de se transformer. C’est ce que nous tentons de faire nous qui nous réunissons dans nos Loges, en observant le Rituel.
Dans notre Rituel tout nous pousse à prendre des décisions, nous donne un état d’esprit d’homme responsable, d’homme d’avenir. Le Rituel est avant un tout un outil, probablement le plus élaboré nous faisant à chaque fois tenter de bâtir un Temple. Nous sommes pierres et le Rituel nous permet de rendre ces pierres plus conformes à leur intégration dans la construction du Temple. Le but de la Franc-Maçonnerie est que le franc-maçon s’améliore lui-même et par là améliore les autres, c’est un travail de groupe donc de la Loge.
En fin de Tenue, nous formons la Chaîne d’Union. La Chaîne D’union est un des points forts de notre Rituel, elle est le moment d’une intense communion affective, la Chaîne d’Union exprime notre concept de Fraternité et notre concept d’amour, lesquels sont au centre de notre vie de franc-maçon.
« Formons de nos mains qui s’enlacent une chaîne d’amour » dit la chanson maçonnique « Ce n’est qu’un revoir mes Frères. »
Je rends hommage à mon Parrain qui m’a amené à la porte du Temple. Je l’en remercie sincèrement, ainsi que tous les Frères et Soeurs qui m’ont épaulé et aidé.
Je fais un retour sur moi-même, de l’homme que j’étais quand j’ai dit ma volonté d’être maçon » me suis-je amélioré ? Seuls mes Frères et Soeurs peuvent le dire.
Je crois avoir appris par le silence de mon apprentissage, mais aussi après, à écouter les autres, et à me maîtriser.
L’Initiation a été forte et impressionnante au moment où je l’ai reçue. Mais c’est avec le recul que je m’aperçois que petit à petit je me suis transformé. Comment ? comment cela s’est-il fait ? Par quelle alchimie ? Être Maître de son œuvre. J’ai compris que j’étais en train de construire mon Temple intérieur c’est-à-dire : MON MOI. L’Initiation m’a permis d’entrer et de marcher sur un chemin qui me conduit à moi-même, et de créer cette dynamique qui fera qu’un jour un Profane se demandera pourquoi je suis comme cela ? Quelle est la raison de ce changement, de cette transformation ? Qu’il se dise à son tour : je veux être maçon. Alors une partie de mon œuvre sera accomplie : je rayonne !! J’ai la lumière en moi, je peux la transmettre.
Pour conclure, je cite ces strophes d’un poème :
Le bandeau est tombé tu as vu la Lumière
Ici commence un long chemin
Que chacun d’entre nous doit suivre à sa manière
En taillant chaque jour la pierre de ses mains
C’est le long chemin vers soi-même
La pierre brute à dégrossir
Pour l’ésotérique baptême
Ou le vieil homme doit mourir
C’est le long chemin qui rassemble
Ceux qu’un même idéal unit
Bâtir un monde où règne ensemble
Sagesse, Beauté et Force
(j’ai modifié le dernier vers afin de le cadrer avec notre rite.)
R.°.L.°. La Lumière écossaise à l'O.°.d'Ollioules
Par :Thi :. Vei :.
En écho à ce texte, nous aborderons en fin d’apprentissage la question : « Pourquoi rester en franc-maçonnerie »
Le Mystère, le Secret, le Sacre et le Profane
Cette rubrique a pour but de vous aider à définir des mots ou des expressions tout en répondant à votre curiosité pour la franc-maçonnerie.
Finalement l’intérêt pour la franc-maçonnerie lorsque l’on est profane résulte d’une série de questions :
Un intérêt pour le mystère : l’antique tradition des rites à Mystères…
La notion de mystère en franc-maçonnerie ne se définit pas par un secret à révéler, mais plutôt comme une expérience personnelle, un cheminement initiatique que chacun doit parcourir pour lui-même. C'est une distinction fondamentale qui la différencie de la simple "société secrète".
Voici les points clés pour comprendre cette notion :
1/ Le mystère de l'initiation : Le véritable "mystère" maçonnique réside dans le processus initiatique lui-même. C'est un cheminement intérieur, symbolique et ritualisé, qui a pour but la transformation de l'individu. Ce chemin ne peut être raconté ou expliqué, il doit être vécu pour être compris. Les signes, mots et attouchements propres à chaque degré ne sont que des supports extérieurs à ce travail intime.
2/ La quête de la vérité : Le mystère est lié à la recherche de la vérité. Le franc-maçon ne détient pas la vérité, il la cherche. Cette quête est un effort continu, un travail sur soi-même, et le mystère est ce qui se dévoile progressivement à celui qui s'y consacre. La connaissance n'est pas un don, mais le fruit d'une volonté et d'un effort personnels.
3/ La discrétion, et non le secret : La franc-maçonnerie se présente aujourd'hui comme une société "discrète" plutôt que "secrète". Les symboles, les rituels et les textes sont largement accessibles au public. Cependant, la discrétion est une attitude qui protège l'expérience intérieure du maçon, tout en préservant le lien fraternel. Le seul "secret" qui ne peut être divulgué est celui de l'appartenance d'un frère ou d'une sœur sans leur consentement, par mesure de prudence et de sécurité.
4/ Une référence aux "mystères antiques" : La notion de mystère maçonnique trouve ses racines dans les écoles de mystères de l'Antiquité, comme les mystères d'Éleusis. Ces écoles ne révélaient pas un savoir caché, mais proposaient un enseignement ésotérique (c'est-à-dire destiné à être reçu de l'intérieur) par le biais de rites et de symboles. La franc-maçonnerie s'inscrit dans cette lignée, considérant l'homme comme porteur en lui-même de la "parole perdue" qu'il doit redécouvrir.
5/ Le mystère des symboles : Les symboles maçonniques (équerre, compas, etc.) ne sont pas des objets de dévotion, mais des outils de réflexion. Leur sens n'est pas figé, il évolue avec le travail personnel de l'initié. Le mystère est alors l'interprétation subjective et profonde que chacun fait de ces symboles, et leur capacité à éclairer sa propre vie.
Le mystère en franc-maçonnerie est une invitation à un voyage intérieur, un processus de développement personnel et spirituel qui se vit plus qu'il ne se comprend, et se transmet par l'expérience plutôt que par les mots.
Pour le secret : comment définir le secret… La notion de secret en franc-maçonnerie est souvent mal comprise et fait l'objet de nombreux fantasmes. Pour la définir correctement, il faut la distinguer du secret au sens de "chose cachée" et la lier à un cadre initiatique et personnel.
Approche du secret maçonnique en 5 points:
1. Le secret de l'initiation : C'est le secret le plus fondamental. Il ne s'agit pas d'une vérité absolue ou d'une information que l'on pourrait révéler, mais de l'expérience vécue par chaque maçon. L'initiation est un voyage intérieur, symbolique et ritualisé, qui ne peut être ni décrit ni expliqué à une personne qui ne l'a pas vécue. C'est un secret qui n'est pas "racontable" car il dépend de la conscience et de la perception de chacun. C'est ce qui est découvert sur soi-même, sur le monde et sur l'humanité au cours du parcours maçonnique.
2. Le secret des signes, mots et attouchements : Ces éléments, qui servaient autrefois de moyens de reconnaissance entre les maçons opératifs sur les chantiers, ont une valeur symbolique et initiatique. Bien qu'ils aient été divulgués depuis longtemps et soient facilement trouvables, ils ne prennent sens que dans le contexte du rituel et de l'initiation. Les connaître sans avoir vécu le processus ne permet pas d'en saisir la portée.
3. Le secret de l'appartenance : C'est un secret de discrétion et de respect de la vie privée. Il est interdit à un franc-maçon de révéler l'appartenance d'un autre membre sans son consentement. Cette règle vise à protéger les individus, car les francs-maçons ont souvent été victimes de préjugés, d'amalgames et de persécutions au fil de l'histoire. Cette discrétion est une question de sécurité personnelle et professionnelle.
4. La discrétion plutôt que le secret : Aujourd'hui, de nombreux francs-maçons préfèrent parler de "discrétion" plutôt que de "secret". La franc-maçonnerie n'est pas une organisation secrète au sens où ses membres, ses objectifs et ses principes sont connus. De nombreux ouvrages, reportages et sites internet décrivent ses rites et ses symboles. La discrétion est une attitude qui permet aux francs-maçons de travailler en toute sérénité, loin des polémiques, et de préserver un espace de liberté de parole à l'intérieur de la loge, où les opinions peuvent être exprimées sans crainte de jugement extérieur.
5. Quel autre secret voyez-vous ? Une perception plus profonde du réel
Le secret en franc-maçonnerie est principalement un secret intime et personnel lié au cheminement initiatique.
Pour le Sacré : comment définir le Sacré en regard du Profane ?… La définition du Sacré en regard du Profane est une notion commune à de nombreuses traditions spirituelles, religieuses et initiatiques, dont la franc-maçonnerie. C’est deux états de conscience ou de perception du monde qui se définissent l'un par l'autre et non pas l’un sans l’autre.
Le Profane
Étymologiquement, le mot "profane" vient du latin pro fanum, qui signifie "devant le temple". C'est ce qui est en dehors du lieu sacré, en dehors de la sphère du culte. Par extension, le profane désigne :
1/ Le monde ordinaire et quotidien : C'est le monde des activités utilitaires, des préoccupations matérielles, des relations sociales et des contingences temporelles.
2/ Ce qui n'est pas consacré : C'est le domaine du banal, du commun, de l'éphémère, par opposition à ce qui est mis à part et investi d'un sens supérieur.
3/ L'état d'ignorance ou de non-initiation : Dans un contexte initiatique comme la franc-maçonnerie, le "profane" est celui qui n'a pas encore reçu l'initiation. Il vit dans le monde extérieur, avec ses valeurs et ses modes de pensée, sans avoir accédé à la dimension symbolique et spirituelle de la Loge.
Le Sacré
Le Sacré (du latin sacer, "consacré, dédié") est ce qui est mis à part, séparé du monde profane. C'est un domaine de l'existence qui, bien que pouvant se manifester dans le monde sensible, est perçu comme relevant d'une autre dimension. Le Sacré se définit par plusieurs caractéristiques :
1/ La séparation : Le Sacré est radicalement distinct du Profane. Cette séparation peut être physique (un temple, une Loge) ou symbolique (un moment de prière, un rituel).
2/ L'interdiction et le respect : Le Sacré est souvent associé à des interdits (des "tabous" au sens sociologique) qui le protègent de la banalisation et de la souillure du profane. Il inspire un sentiment de révérence, de respect et parfois de crainte. C’est le Frère Terrible qui interdit l’accès du temple aux profanes.
4/ La transcendance : Le Sacré renvoie à un ordre supérieur, divin ou spirituel, qui dépasse le monde ordinaire. C'est un contact avec ce qui est perçu comme éternel, absolu ou fondamental.
5/ Le centre et l'axe du monde : Le lieu sacré est souvent considéré comme un "centre du monde", un point de jonction entre le ciel et la terre, le profane et le sacré. La Loge maçonnique, par sa structure et son symbolisme, est une représentation de cet espace sacré.
La dialectique du Sacré et du Profane
Le Sacré et le Profane ne sont pas des notions figées, mais une dualité dynamique :
1/ Une opposition structurante : Comme l'a montré le sociologue Émile Durkheim, la distinction entre le Sacré et le Profane est au cœur de toute vie religieuse et sociale. C'est cette opposition entre le sacré et le profane qui crée du lien social et donne du sens.
2/ Le passage de l'un à l'autre : Le cheminement spirituel est souvent le passage du Profane au Sacré. Les rituels, les rites de passage et les cérémonies (comme l'initiation en franc-maçonnerie) sont les outils qui permettent de franchir cette frontière et d'accéder à l'espace sacré.
3/ Le regard : Le Sacré n'est pas tant une chose en soi qu'un "regard" porté sur le monde. Un objet peut être profane, mais il peut devenir sacré par un acte de consécration, par l'intention qui y est mise, ou par sa place dans un rituel.
En franc-maçonnerie, la Loge est cet espace sacré où le maçon se dépouille de ses préoccupations profanes pour se consacrer au travail symbolique et à la quête intérieure. Le voyage du Profane au Sacré est donc celui de l'initié qui, en entrant dans le Temple, quitte le monde extérieur profane pour se reconnecter à une dimension plus profonde de son être, de la fraternité et de l'humanité, voir du divin.
►Faire votre recherche personnelle sur la notion grecque de « MétanoÏa »…
Le terme grec métanoïa signifie « changement de vue » ou « changement de regard » qui voit la pensée transformer le regard sur le réel, dans la profondeur . Pour René Guenon il s’agit d’une conversion du regard sur soi et le monde.
3/ Les 3 grandes questions du cabinet philosophique
Pourquoi et pour qui un testament Philosophique ? Complète la Page 65 Livre de l’Apprenti
La force des trois questions de ce testament est de recouper les 3 Grandes questions existentielles quelque peu abandonnées par l’homme du monde profane plongé qu’il était dans la nécessité et l’urgence.
Quel est l’intérêt de chaque question ? Chaque question recoupe les trois niveaux de perception qui relient le réel contingent à une infinité ou a incommensurable divin, naturel ou humain.
Un testament destiné à qui ? Un testament est destiné normalement à ses héritiers, ici il permet de faire le point au moment de quitter le monde profane. On donne au vieil homme « profane » les nouvelles perspectives qui vont constituer les préoccupations du nouvel homme.
►Question 1/3
Monsieur, Madame,
Considérant que la philosophie amène à concevoir, et l'observation à admettre l'existence probable d'une intelligence à l'œuvre dans tout l'univers, Intelligence dont la lumière élémentaire est probablement la première manifestation tangible, et l'agent créateur et organisateur de la matière Universelle.
Considérant que cette Intelligence Universelle ordonne et conduit cet Univers vers une finalité dont les lointaines perspectives dépassent la faible intelligence humaine, quels sont, selon vous, les devoirs de l'Homme envers cette intelligence que les religions humaines nomment Dieu, que les pythagoriciens précisaient sous le vocable de « Dieu qui géométrise », et que, par cela même, la Franc - Maçonnerie dénomme « Le Grand Architecte de l'Univers » ?
(En résumé : Monsieur quels sont, selon vous, les devoirs de l'Homme envers cette Intelligence Universelle ?)
1/ Nous abordons ici les devoirs liés au respect de toutes formes de spiritualité : Le Grand Architecte de l'Univers (GADLU) est assimilé à l’Être Suprême, guide et source d'ordre mais aussi au Dieu qui géométrise des pythagoriciens répondant de l’harmonie des sphères et des lois universelles. La Spiritualité est une caractéristique constitutive de l’homme.
2/ Il faut identifier les devoirs de l'Homme envers le GADLU tels qu'ils sont suggérés dans les rituels et les principes maçonniques, notamment en termes de moralité (Tables de la Loi par exemple), de justice (respect constitutionnel des religions et de liberté de conscience) et de perfectionnement personnel (comprendre la démarche spirituelle pour s’améliorer). Cependant, le respect de la spiritualité ne pourra jamais amoindrir ou nier l’humanisation de l’homme, le respect de ses droits et la promotion de ses devoirs.
3/ L’homme étant lui-même issue de cette même matière universelle ou lumière première, l’ouverture de sa conscience et la quête de connaissance de soi ("Gnothi Seauton») seraient un préalable pour découvrir les lois universelles. Pour les anciens, l’Homme est un petit univers (Microcosme) semblable au grand univers (Macrocosme) et dans la plupart des livres sacrés, ils procèdent tous deux de la même puissance créatrice qui est la perfection même.
L’Homme et l’Univers sont assujettis aux mêmes lois créatrices, vouloir les connaitre et un devoir. Le rôle du premier travail sur soi symbolisé par le travail sur la Pierre Brute, renvoie à la compréhension de la relation entre la matière universelle et l’acte transformateur de soi. L’intelligence suprême en sa qualité de source créatrice est reconnue par la pratique des franc-maçon qui l’honore symboliquement en tâchant de se rapprocher de la perfection sur tous les plans. Ainsi est pose l'action de perfection l'Homme dans le monde, notamment en ce qui concerne la fraternité et la contribution à un monde meilleur.
►Question 2/3
Monsieur, Madame,
Considérant que la Tradition Hermétique ancienne et la Science moderne enseignent que la vie réside très réellement au sein des trois règnes de la Nature : minéral, végétal et animal, de l'infiniment petit à l'infiniment grand.
Considérant qu'il est hautement probable que la Nature équilibre au mieux du plan Universel et de ses diverses finalités les manifestations vitales en présence, quels sont, selon vous, les devoirs de l'Homme envers l'Univers ?
(En résumé : Monsieur, Madame, quels sont, selon vous, les devoirs de l'Homme envers la Nature et l’Univers ?)
Ici est posée une vision du monde où la vie est présente dans tous les règnes de la Nature Universelle, du minéral à l'animal. Il suggère également que la nature elle-même cherche un équilibre harmonieux. Dans cette optique, les devoirs de l'homme, et plus spécifiquement du franc-maçon, envers l'Univers seront une écologie de l’action et peuvent être perçus en trois devoirs :
1/ Le devoir de respect et d'humilité face à l’incommensurable.
Si la vie et l’élan vital sont partout, l'homme n'est qu'une partie dépendante d'un tout immense et complexe. Le devoir premier est donc de cultiver le respect pour toutes les formes de vie, aussi petites soient-elles, car la survie même de l’homme en dépend. Cela implique de faire preuve d'humilité face aux forces de la nature et de l'Univers qui sont interconnectées. L’homme destructeur d’autrefois étant au centre d’un tout servile, il doit désormais se mettre au service de cette grande Nature protectrice de l’élan vital et de ses interconnexions.
2/ Le devoir de protection et de préservation
Reconnaître que la nature "équilibre au mieux" les manifestations vitales impose une responsabilité de ne pas perturber cet équilibre de manière irréfléchie. Le devoir de l'homme et du franc-maçon est de protéger et de préserver cet équilibre. Cela se traduit par la lutte contre la destruction de l'environnement, la pollution et toute forme d'exploitation irresponsable. Il s'agit de veiller à ce que nos actions ne nuisent pas à l'harmonie et à la pérennité de la vie dans les trois règnes.
3/ Le devoir de connaissance et de compréhension
La franc-maçonnerie, prône la recherche de la vérité, encourage l'étude et la compréhension des lois de l'Univers. Le devoir est de chercher à mieux comprendre ces "manifestations vitales" et comment elles s'articulent. Cela passe par la science moderne, mais aussi par une réflexion philosophique et spirituelle. L'homme et le franc-maçon doivent s'efforcer de devenir des "bâtisseurs" conscients, capables d'agir en accord avec les lois universelles plutôt qu'en opposition avec elles.
4/ Le devoir d'équilibre personnel ou connaissance de soi
Le texte mentionne l'équilibre universel. L'homme, et le franc-maçon en particulier, doit d'abord rechercher cet équilibre en lui-même. En alignant ses actions, ses pensées et ses sentiments avec les principes de la nature et de la morale, il peut espérer contribuer positivement à l'équilibre plus vaste de l'Univers. Le travail sur soi, au cœur de la démarche maçonnique, devient alors une contribution directe au bien-être de l'ensemble.
►Question 3/3
Monsieur, Madame,
Considérant qu'il est également hautement probable que l'Homme est sur le globe, par son intelligence, par sa raison, et par ses possibilités matérielles indéniables, le reflet de cette Intelligence Universelle à l'œuvre dans tout l‘Univers, considérant également que chaque individualité humaine n'est, finalement et de même, que le reflet amenuisé de la collectivité humaine totale, dénommée l'Humanité, quels sont, selon vous, les devoirs de l'Homme envers lui-même d'abord, et envers l'Humanité ?
(En résumé : Monsieur, Madame, quels sont, selon vous, les devoirs de l'Homme envers lui-même et l'Humanité)
Dans ce cadre de pensée, les devoirs de l'homme, en particulier dans la perspective maçonnique, se répartissent en deux catégories : envers lui-même et envers l'humanité.
1/ Devoirs envers soi-même: Puisque l'homme est considéré comme le reflet de l'Intelligence Universelle, son premier devoir est de prendre soin de cette étincelle de divin en lui. Cela signifie qu'il doit s'efforcer de développer son intelligence et sa raison, de cultiver ses capacités morales et spirituelles. Le devoir est de ne pas se contenter d'être, mais de devenir une version meilleure de soi-même.
Cela se traduit par le "travail sur soi", qui est au cœur de la démarche maçonnique. L'homme doit polir sa "pierre brute", c'est-à-dire ses imperfections, pour devenir une pierre taillée capable de s'intégrer harmonieusement dans le temple de l'humanité. Ce travail personnel inclut l'introspection, l'étude, l'apprentissage continu et la recherche de la vérité.
2/ Devoirs envers l'humanité : Si chaque individu est le reflet de la collectivité humaine, alors le devoir envers soi-même est inséparable du devoir envers l'humanité. En se perfectionnant, l'individu contribue à l'élévation de toute l'humanité. Chaque progrès personnel est un pas en avant pour la collectivité.
Le devoir est de mettre son intelligence et sa raison au service des autres. Cela signifie agir avec bienveillance et fraternité, chercher à améliorer la société et à œuvrer pour le bien commun. Il s'agit de construire un monde plus juste, plus équilibré et plus harmonieux.
Cela inclut également le devoir de transmettre le savoir et les valeurs que l'on a acquises. L'homme doit être une source d'inspiration et d'aide pour les autres, contribuant ainsi à l'avancement de l'humanité dans son ensemble. En fin de compte, le franc-maçon voit le travail individuel comme un moyen de servir la communauté humaine, de participer activement à la construction d'un idéal de progrès et de fraternité universelle.
Une fois rédigé, ce testament philosophique est transporté en loge : le Frère Terrible transperce de son épée les trois feuilles comme un axe qui traverse trois mondes : le monde Humain (question 3), le monde de la Grande Nature (Question 2), et le monde Divin (Question 1).
Les trois mondes traversés par l’axe de l’épée qui représente symboliquement le DEVOIR, passe de la porte d’Occident à l’Orient sur l’autel du VM qui lit vos réponses à l’aune du DEVOIR dans les 3 plans superposés.
Il est intéressant de commenter cette transposition symbolique pour avoir conscience de la véritable portée de ce qui se passe en loge comparativement à ce qui se passe dans le monde profane. Ici c’est toute la puissance symbolique du testament qui prend forme.
4 : La geste de l’apprenti (page 42-43 du rituel)
La geste de l’apprenti comprend tous les gestes et paroles et attitudes de l’apprenti qui ont une signification en regard du rituel d’ouverture et de fermeture des travaux, lors de l’entrée ou la sortie rituelle de l’apprenti, lors du rituel d’initiation.
Le geste et une expression non verbale, c'est-à-dire qu’il veut dire quelque chose de symbolique. Il peut aussi s’accompagner d’une parole qu’il vient renforcer ou souligner.
Voici ce qui vous a été transmis lors de votre initiation.
Il vous appartient à l’aide de votre second surveillant ou de votre parrain de connaitre la geste complète de l’apprenti et de la commenter.
Voici l’extrait du rituel d’initiation ou l’on vous transmet les éléments de la geste de l’apprenti qui vous permettent de vous faire reconnaitre :
Le Maître des Cérémonies conduit le nouveau Frère hors du Temple,
Il lui fait reprendre ses vêtements, lui restitue ses bijoux et tout ce qui est métallique (commentez), et le ramène dans le Temple auprès du trône.
Il reparaît accompagné par le Maître des Cérémonies jusqu’au pied de l’Orient.
Transmission des modalités d’appartenance : REMISE DU TABLIER ET DES GANTS- Gestes et mots de reconnaissance (les images sont disponibles dans le rituel)
Le Vénérable descend de l’Orient,
Ceint le nouveau Frère du Tablier blanc des Apprentis, (pourquoi selon vous ce tablier est blanc ?) lui enseigne les Mots, signes et attouchements de reconnaissance, lui remet 2 paires de gants blancs ; une pour lui et une autre destinée à celle de ses relations qu’il estime le plus pour sa valeur morale et son intelligence (Pourquoi selon vous ce dédoublement ?). Le Vénérable remonte à l’Orient après lui avoir donné l’accolade (droite puis gauche).
19. Le Vénérable - Frère Maître des Cérémonies, veuillez conduire notre nouveau Frère auprès des 2nd et 1er Surveillants, afin qu’il se fasse reconnaître d’eux par les Mots et les Attouchements habituels. Vous lui enseignerez ensuite la marche rituelle de l’Apprenti et la symbolique des Outils de ce grade, appliquée à la pierre brute.
► L’attouchement : (le répéter)
►Le signe d’ordre/pénal ou guttural : Par l’Équerre, le Niveau et la Perpendiculaire «je préférerais avoir la gorge coupée, à révéler les secrets des Maçons.» (Le faire et apprendre par cœur l’expression !)
►D. Donnez-moi la parole ? R. Je ne dois ni lire ni écrire ! Je ne puis qu’épeler, dites-moi la première lettre, je vous dirai la seconde ….
J :.**** (le faire par cœur)
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►Les Pas (les répéter voir illustrations) |
DISCOURS DE L’ORATEUR (lecture)
« Mon Frère, Bienvenu dans la Lumière.
Après maintes épreuves que vous avez passées avec succès, vous venez d’être intégré à la plus ancienne et la plus authentique structure initiatique de l’Occident. La franc-maçonnerie vous a ouvert la porte d’une de ses loges. Elle vous a aussi ouvert les portes sur l’initiation.
L’initiation est le point de départ d’un long chemin.
L’initiation a pour objectif de transmettre une connaissance à l’aide de rites composés de symboles, de mots et de gestes touchant l’inconscient et amorçant une transformation intime que l’initié se devra de poursuivre. Il faudra donc apprendre un nouveau langage et de nouveaux codes. C’est donc pour vous une nouvelle naissance, l’entrée dans un Nouveau Monde.
La franc-maçonnerie est en effet porteuse de messages fondés sur la sagesse et la fraternité dont les origines sont immémoriales. Ces messages se traduisent par une attitude « d’esprit ». Depuis deux mille ans, la fraternité et l’amour désintéressé animent notre culture occidentale, depuis mille ans les Loges opératives se transmettent des secrets fondateurs de la science des sages, et depuis 400 ans la franc-maçonnerie écossaise travaille à préserver et transmettre les secrets de la réalisation de l’homme véritable.
Sachez que le Rite Ecossais Primitif que nous pratiquons fut implanté sur le continent en 1688 avec les loges régimentaires écossaises et irlandaises suivant l’exil de Jacques II Stuart à Saint-Germain-en-Laye. Les origines écossaises et surtout stuartistes du rite, mythiquement préservé au-delà du mur d’Adrien, mirent cette initiation maçonnique à l’abri des modes et des révolutions philosophiques. Même s'il s'est adapté au milieu dans lequel il évoluait, il est resté un réceptacle et un conservatoire, historique et parfois archaïque, de l’ancienne sagesse.
La Loge qui vous reçoit ce soir ne se préoccupe ni de politique ni de religion partisane. Elle n’est pas un club, ni une bourse du travail ou un lieu de privilèges ou de passe-droits. Il n’existe pas dans la franc-maçonnerie du Rite Ecossais Primitif de dogme religieux imposé. Dieu est mis pour le Grand Architecte de l’Univers, ce qui sur un plan métaphysique signifie le Principe ou la puissance créatrice.
Notre travail consiste à parfaire notre Être, ce qui nous conduit à la découverte du sacré.
Le soin est laissé à chacun des frères ou sœurs d’exprimer le sacré qu’ils découvrent en eux de la façon qu’ils souhaitent. Il est vrai que la relation au sacré est induite par la marche qui sera la vôtre vers la lumière. Très rapidement vous concevrez que la recherche sur la connaissance de vous-même et du monde ne pourra se défaire des grandes questions qui motivent votre entrée chez nous. Il s’agit du sens de votre vie, de la nature de notre univers, du destin qui sera le vôtre par-delà la mort et de ce que vous serez à même de transmettre à vos successeurs avant de disparaître.
Ici nous travaillons à la connaissance de nous-mêmes et de nos frères dans un cadre collectif et protecteur de la loge.
La Connaissance de nous-même, nous tentons de la reprendre à partir de ses bases élémentaires. C’est en partie le sens des épreuves que vous avez vécues : l’épreuve de la terre, l’épreuve de l’eau, l’épreuve de l’air et l’épreuve du feu.
À chaque fois vous étiez en voyage vers l’inconnu. Ces voyages les yeux bandés vous ont appris à faire confiance à des frères que vous ne connaissiez pas. Ils vous ont littéralement mis sur la voie intime, en touchant vos émotions, la psyché profonde, et en vous faisant découvrir le sens caché des éléments rencontrés.
L’initiation vous transforme et transmet réellement un contenu caché que vous mettrez un certain temps à découvrir.
Cette voie est votre voie. Elle est unique elle n’appartient qu’a vous. C’est une voie d’effort et d’étude, de recherche et de doute. En un mot, vous êtes sur la voie de votre intériorité.
Les doutes font partie de la connaissance de soi et du monde et nous serons là pour vous aider. C’est en effet la force d’une fraternité que d’aider l’un des siens dans la difficulté.
Ce soir, après avoir demandé puis cherché , vous avez frappé à notre porte avec opiniâtreté et courage et nous vous avons ouvert nos bras.
Vous avez fait l’objet de vérifications par trois frères pour savoir si vous étiez « initiable » c’est-à-dire « libre et de bonnes mœurs » et digne de recevoir en dépôt cette sagesse traditionnelle. Après un séjour dans les entrailles de la Terre et 3 voyages symboliques à travers les éléments, vous avez reçu un éblouissement qui n’a pas atteint uniquement votre rétine. Nous savons que cette Lumière est rentrée dans les tréfonds de votre cœur, à la pointe du compas et à la force du Maillet. Vous avez donc reçu la lumière jusqu’au centre le plus intime de votre Être. C’est pour cette raison que, chercheur de Lumière, vous faites désormais trois pas rectilignes et ordonnés dans l’axe Est-Ouest d’une lumière solaire source de vie.
Tous ceux qui vous précèdent ont aussi reçu cette Lumière illuminatrice de l’Être. Ainsi vous avez ce point commun avec les frères qui vous entourent, mais aussi ceux du passé.
Cette Lumière que vous avez intériorisée, fait de vous un cherchant sur le chemin de la vérité. La recherche de la vérité conduit à distinguer apparence et vérité.
Ce soir vous intégrez la longue chaîne des initiés qui depuis l’antiquité se transmettent les secrets de l’interprétation symbolique des signes et des mots. Ces secrets sont des clefs vous permettront de lire au-delà du sens commun et de voir au-delà des apparences.
Vous êtes désormais un nouvel homme qui s’est débarrassé de ses vieux oripeaux pour mettre un Tablier d’Apprenti et entreprendre le premier travail sur la pierre brute. Le travail sur cette pierre est une image symbolique de votre état brut. Ce travail se fait avec un Maillet, un Ciseau, des Gants blancs et un Tablier en peau.
Pour faire grandir votre esprit, vous ferez transpirer votre corps. Le travail se fait donc sur un plan matériel qui est votre présence régulière à nos côtés et sur un plan intellectuel qui est l’envie de chercher en soi et en partage.
Ce qui importe, c’est qu’une graine fut semée ce soir. Notre espoir est qu’elle germe dans une bonne terre bien travaillée.
Le travail intérieur et la Lumière sont indispensables à la germination et à la production des fruits.
Donc notre transmission ne pourrait se faire par le simple intellect, car elle s’adresserait alors à une faculté qui ne correspond pas à la dimension du psychisme rattaché au sacré. On ne devient pas franc-maçon par correspondance, il faut s’engager en corps en âme et en esprit.
Il faut donc un vrai travail sur soi pour percevoir les profondeurs des symboles et des rites.
D’une manière implicite, l’initiation nous dit que l’inconscient, l’imaginaire auquel s’adressent les rites n’est rien d’autre que le sentiment du sacré. La quête du sacré reste de tout temps et dans toutes les civilisations, une constante d’humanisation de l’espèce humaine.
Il est alors facile de comprendre que de tels rites initiatiques ont existé depuis des millénaires. Ils furent utilisés dans les différentes religions, cultures pour transmettre des connaissances secrètes et sacrées.
Rien d’autre, pas même les systèmes politiques ou les religions, ne résistent mieux à l’épreuve du temps que la tradition initiatique. Si la Tradition a survécu jusqu'à nous c’est que son contenu symbolique, mythique et rituelique a une grande valeur.
Ici tout est symbole.
Le langage initiatique est un sur-langage fondé sur les mythes et les symboles.
Le symbole réuni plus qu’il ne divise, car il est universel. Ce contenu symbolique exprime les plus hauts niveaux d’humanisation de l’homme. Étymologiquement, le symbole est une tesselle, que l’on casse en deux de telle manière que le rapprochement des deux morceaux détenus par deux personnes différentes constitue un moyen de reconnaissance. Il est donc nécessaire de partager les questionnements pour réunir les interprétations et faire éclore le sens sacré.
En prêtant serment sur la Bible le Compas et l’Equerre vous faites partie de la famille des francs-maçons de tradition.
La Bible est notre livre sacré exprimant une haute sagesse traditionnelle, l’équerre est l’outil de vérification des angles représentant la terre et donc la matière et le compas est l’instrument de vérification des mesures représentant le ciel et donc l’esprit.
Votre serment fut donc produit sur la lumière du livre Saint, la matière concrète et l’esprit.
C’est en taillant votre pierre brute que vous découvrirez les relations et affinités entre ces trois symboles.
Vous êtes désormais membre à part entière de cette chaîne et donc responsable de sa transmission aux générations futures. Le serment de secret et fidélité pris sur l’Évangile de Jean ouvert au chapitre de la lumière lie tous ceux qui sont présents ce soir. Votre libre arbitre fera que vous poursuivrez ou abandonnerez cette voie. Sachez que vous êtes aussi indispensable que tous les frères ici présents aux destinées de cette loge. Nous compterons donc sur votre assiduité aux travaux de cette loge et nous ferons notre devoir de maçon en vous transmettant le dépôt sacré que nous avons reçu.
Vous êtes réduit au silence en loge et au secret à l’extérieur. Ceci est un paradoxe pour les franc-maçons qui fondent leurs serments et ouvrent leurs travaux sous l’égide de l’Évangile de Saint-Jean qui commence par : « au commencement il y a la parole », la parole étant synonyme de lumière illuminatrice. Il faut admettre que pour recevoir cette parole des temps premiers il faut faire taire le tumulte en soi.
Sur la Colonne du septentrion avec l’assistance de votre Second Surveillant, vous apprendrez à vous imprégner du rite et des symboles. C’est une épreuve supplémentaire qui vous est imposée dans le but de développer l’écoute et cette réflexion intérieure et qui va éclairer votre introspection.
Il faudra apprendre à accepter la différence de l’autre tout en restant soi-même. Il faut voir en l’autre plus la complémentarité que l’opposition. Recevoir la parole de l’autre, c’est l’occasion de se débarrasser de ses préjugés et de cette lourde armure de ténèbres qui loin de vous sauvegarder, vous enfonce dans les sables mouvants des idées préconçues et des stéréotypes. Ne pas accepter les stéréotypes, c'est rechercher un troisième terme à une simple alternative. Vous rechercherez ce qui unit le noir et le blanc, plutôt que ce qui les oppose. Le binaire et le ternaire seront désormais votre sujet de recherche.
Le Secret concerne votre initiation et notre appartenance commune à la franc-maçonnerie. Sachez que le secret de cette initiation est par définition incommunicable, car le vécu profond de l’initiation est inexprimable. Il ne peut être décrit que dans le cadre d’une simple impression et non pas comme une recette de fabrication. Il appartient à votre intimité et ce ressenti est exclusif.
Votre initiation est donc une expérience unique et non comparable à celle de vos frères. Trahir le secret revient à se trahir soit même et à renier sa parole et son engagement. C’est le sens du signe guttural qui offre votre intégrité spirituelle et corporelle en gage de votre honneur. Se renier, c’est disloquer son Être.
Aux bons soins de votre Second Surveillant et de tous les frères ici présents, mon Frère je souhaite que votre première tenue reste gravée à tout jamais dans votre esprit.
Sachez que ce soir vous avez fait revivre en chacun de nous une grande émotion fraternelle et que votre présence nous enrichit et contribue à la construction de notre temple intérieur.
Bienvenue sur le chantier de la Pierre Brute : Que le Maillet par sa frappe exprime votre volonté agissante et que le Ciseau par son tranchant imprime à la matière la silhouette de votre beauté intérieure. »
DES PARVIS À L’ENTRÉE EN LOGE
La lumière naissante. (lecture)
(Ma première assemblée après mon initiation)
Après avoir signé le cahier de présence en indiquant la loge d’appartenance et éventuellement l’obédience, débute un intense moment de concentration.
L’ensemble des frères en tenue (gants, tablier, sautoirs) font silence sur les parvis. Il est interdit de parler et de fumer on coupe les téléphones portables. Ils sont en arc de cercle autour d’un cierge BLANC brille symboliquement dans les ténèbres[1]. Le Vénérable Maître est flanqué de ses deux surveillants qui, ainsi que tous les Frères, font silence. Ils regardent la flamme de la bougie qui vacille dans la pénombre. Le vacillement témoigne de la présence d’un souffle. Ce moment est marqué par le coup de canne du Maître des Cérémonies qui annonce :
« Mes FF.°., un instant de silence pour l’abandon de nos métaux ».
C’est un moment où chacun imprègne son intériorité de cette lumière. La lumière doit chasser les pensées et occuper tout l’espace cérébral dans ses moindres replis, le cœur et le corps. Paradoxalement cette lumière est commune à tous, mais elle entre en chacun sous un point de vue qui est personnel. Ce point de vue personnel varie en fonction de l’avancement initiatique de chacun. C’est le sens même de l’initiation personnelle dans un cadre collectif : une même lumière « incorporée » ou interprétée différemment par chacun. Chacun des frères va faire son entrée dans la Lumière en sortant des ténèbres.
Cette Lumière est une promesse pour l’esprit en soi. Cette flamme expulse de notre conscience les idées, les conflits, les oppositions binaires et profanes. Les métaux de la vanité et de la cupidité sont abandonnés à la porte du Temple.
Les FF réunis sur les parvis sont invités à entrer dans le temple et donc dans la Lumière. Cette démarche oblige à un processus de purification intérieure pour marquer sa distance à la fois avec les tourments du quotidien, mais aussi avec la partie de nous-mêmes qui est affectée par l’aspect profane de l’instant. On œuvre dans une sacralité du lieu et de l’instant et pour obtenir un résultat satisfaisant encore faut-il se détacher de la contingence. Pour une plus grande efficacité, on requiert le silence intérieur qui permet d’évacuer les chuchotements de la pensée. C’est le moment de faire le vide et de se laisser emporter par le rituel. L’Ancien Testament fait allusion à la construction du temple de Salomon ; sans bruits métalliques, les pierres étaient parfaitement taillées à l’extérieur.
L’abandon des métaux, c’est à la fois l’abandon des armes, des pièces de monnaie représentant la corruption des intentions, et la purification des éléments que nous avons récupérés du cabinet de réflexion et qui nous constituent littéralement. Peut-on être constitué d’éléments viciés ? Ce n’est pas souhaitable.
Le parcours initiatique que nous avons vécu sur la base des quatre voyages était une purification par les quatre éléments. A-t-on conservé cette pureté du premier jour, au moment d’entrer en Loge ? Rien n’est moins sûr.
Dans toutes les civilisations et religions, les adeptes entrent dans l’enceinte consacrée en tâchant de ne pas emporter à l’intérieur d’éléments impurs.
Cette expression fut introduite en Franc-maçonnerie sous l’influence des hermétistes et alchimistes du XVIIIème siècle. Elle signifie qu’il est nécessaire de se purifier, de « rectifier » son état premier. Il s’agit de se débarrasser de ce qu’il y a de plus inférieur dans le domaine subtil, soit les bas-fonds « infra corporels » de notre monde et qui seraient susceptibles d’empêcher la transmission de l’influence spirituelle.
On qualifie de métallique une attitude ou un propos profane qui tendrait à corrompre la pureté de l’initié. Les métaux sont ici synonymes du chaos ou des ténèbres qui aveuglent l’homme dans sa capacité à percevoir la Lumière.
On entre en franc-maçonnerie en même temps que l’on entre dans le temple en franchissant le « pas de la porte[2] ».
Cette Porte est l’expression du système binaire qui effectue la synthèse axiale. Le binaire s’exprime par les deux faces, externe et interne, la synthèse en est faite dans l’articulation verticale de l’axe des gonds. Si le secret de l’ouverture de la Porte est dans la clef des lettres et des mots, le mystère de la Porte et son unité symbolique résident dans le gond. Donc c’est l’axe qui relie la terre au ciel, la matière et l’esprit, la substance et l’essence. C’est l’articulation commune et cachée qu’il faut rechercher dans toute opposition apparente. C’est ici l’un des secrets des maçons : un troisième terme vient couronner la complémentarité de l’extériorité et de l’intériorité.
L’entrée du Temple de lumière se fait par l’Ouest que les anciens qualifiaient de Porte des hommes. Mais l’Ouest est le miroir imparfait de l’Est.
Les hommes se sont redressés en observant la course du soleil et des étoiles qui racontent l’histoire et le cycle des temps.
La Lumière s’associe au redressement des corps et à l’élan de l’esprit en passant par la porte basse.
Cette Porte matérialise le franchissement d’une limite qui nous fait passer du profane au sacré. Elle signifie que nous entrons dans le domaine de la Lumière éternellement renaissante par l’Est. L’Orient devient symbole de renaissance, d’espérance et de vérité.
La démarche « active » de l’initié est de progresser vers l’Orient appelé aussi porte des Dieux. Pour les anciens, l’interprétation de la chute d’Adam[3], précipité dans l’univers matériel suite à la faute originelle, fait que chaque homme n’a de cesse de renouer avec son paradis originel, celui d’avant la chute. L’initié va mettre en œuvre tous les moyens dont il peut disposer pour atteindre l’autre porte, celle de l’Orient. Cette Porte appelée porte étroite serait donc sur un plan symbolique celle des Dieux. Sur un plan plus humaniste, nous dirons qu’il s’agit de la Porte de la vérité qui illumine l’homme dans son humanisation que l’on veut toujours plus grande.
Ce parcours difficile sera structuré sur le modèle de la Loge et des colonnes solsticiales, il sera aussi progressif, graduel et cyclique comme les trois grades de la franc-maçonnerie. L’Apprenti devra se livrer à un véritable travail pour progresser sur le chemin de l’Orient. Symboliquement le chemin de l’Orient est celui du retour vers le Paradis perdu pour certains, de la Lumière ontologique pour d’autres. C’est aussi la volonté de sortir de l’empire de la matérialité et de l’image du monde représentée par le Tableau de Loge[4] posé sur le Pavé Mosaïque. L’initié tentera de quitter la manifestation pour atteindre un jour peut-être, des contrées plus spirituelles ou plus éclairées du côté de l’Orient.
Les « mots-clefs » du franchissement
La grande question est de savoir ce que la porte est censée délimiter. Assurément un intérieur et un extérieur.
Il faut avoir des mots-clefs pour entrer par une porte. En franc-maçonnerie c’est par « Trois Grands Coups » et par la déclinaison de mon identité que l’ouverture me fut donnée. Les trois expressions constituent la clef actionnant la serrure : Chercher Demander et Frapper. Ces mots-clefs caractérisent l’état du cherchant volontaire et opiniâtre, désirant la lumière.
Il faut donc chercher, demander et frapper pour faire ouvrir cette porte sur la lumière.
Cette porte forme une frontière vue de l’intérieur, flanquée de deux Colonnes, telles les colonnes d’Hercule qui marquent le franchissement de deux mers, Mare Nostrum, et une autre mer inconnue. Notre Mare Nostrun devient l’espace intérieur de la loge, lieu d’échange et de partage et d’union entre les fils de la Lumière et les enfants de la Veuve. C’est ici que se tisse, sur la trame de l’indicible, un paysage reliant la conscience éclairée (le Soleil, la Loi morale et le Devoir) à l'inconscience collective et individuelle (la Lune, la gestation, l'imaginaire). La mort et la renaissance semblent nécessaires au cycle de la réalisation de soi. La réalisation de l'initié se fait par le conjointement du moi au soi.
La frontière intérieure
Ces frontières symboliques, on ne les connaît plus lorsque l’on est à l’intérieur. Le maçon admis à l’intérieur du temple est un profane « affranchi » de la porte. Cela veut dire que le maçon a passé en conscience un cap, une frontière à l’intérieur de lui-même. Donc la frontière est intériorisée en nous comme le phénomène initiatique lui-même. Ceux qui parlent du passage de la porte du temple comme d’une épreuve extérieure sont dans l’erreur. Ils n’ont toujours pas compris ce que le bandeau posé sur les yeux implique dans une vision intérieure en soi[5]. Paradoxalement, la frontière entre le monde profane et le monde de l’initié est purement intérieure et non matérialisable. Sa matérialisation ne résulte que de conventions iconographiques et rituéliques assistant la mémoire[6] et l’affect dans le travail intérieur. L’abandon des métaux et le travail du couvreur tendant à vérifier que la Loge est à couvert sont de nature aussi intérieure que la Porte de notre temple.
La convention est parlante et s’inscrit dans un rituel cardiaque ; ce n’est plus sur un plan visuel, extérieur et profane que nous devons parler de la Porte. Cette Porte à l’évidence donne accès à une cavité cardiaque qu’on peut reconnaître sur un plan symbolique et spirituel si l'on est initié. L’intelligence du cœur « humanise » la rigoureuse efficacité méthodique du rituel. Les cœurs à l’unisson des maillets, des gestes et des mots font raisonner la profondeur signifiante des origines. Ramenée à la raison terrestre et à la course du Soleil, la vie vibre et s’étalonne entre les portes zodiacales et solsticiales sous l’égide du dieu Janus[7]. C’est ainsi qu’entrent en résonnance le cycle céleste, le cycle terrestre et le cycle cardiaque. Symboliquement en franchissant la Porte du Temple, j’entre dans ces trois cavités qui seront synchronisées et mises à l’ordre par le rituel.
Ce double point de vue, extérieur et intérieur, nous le retrouvons dans la configuration de la porte où l’on retrouve une face extérieure et une face intérieure ; ainsi, tout est résumé. Un même objet projette deux visions. La face extérieure représente la vision exotérique ou profane, équivalente à ce qui apparaît à l’œil comme une lecture morale que l’on peut faire d’un livre sacré, telle la Bible ; la porte ouverte et le livre ouvert symbolisent la lecture à tous (et donc au profane). En revanche, le livre fermé comme la porte fermée sont cette fois-ci le symbole de l’interprétation ésotérique, réservée aux seuls initiés ; ainsi la vision intérieure ou ésotérique du même texte ou du même objet devient alors un symbole initiatique. À chaque fois que nous pénétrons dans un bâtiment sacré, il faut en tant qu’initié avoir les deux lectures.
Les travaux ouverts en loge impliquent la couverture de celle-ci aux regards profanes. Les travaux s’associent à l’ouverture de la Bible protégée du regard extérieur. Le message de sagesse peut être perçu par les Frères adeptes de la lecture intérieure et ésotérique.
Au R.E.P., le symbole de l’ouverture de la porte basse[8] est comme un accouchement, et le petit enfant se relève vers la lumière qui règne en loge. Sortant du cabinet de réflexion, le néophyte vient des ténèbres.
C’est la tradition maçonnique des portes-solsticiales. Le temple de Salomon qui nous sert de modèle était inversé, la porte d’entrée étant située au levant. La question à poser est : à quoi servait le Temple de Salomon et à quoi sert le temple maçonnique ? Le Temple de Salomon était la maison de Dieu. Une fois par an, le grand prêtre venait prononcer son nom qui est imprononçable par le commun des mortels. Nous, simples maçons, sommes des hommes et passons modestement par la porte qui nous est destinée, celle de l’Ouest.
Entrant dans le Temple, nous sommes dans l’axe de la Lumière de la vie. Notre objectif est de marcher vers la lumière du soleil levant. Le Temple maçonnique est une sorte de caverne cosmique. C’est un peu comme un four, un athanor qui reçoit l’apport psychique et la matière de chacun d’entre nous. La Loge devient alors une matrice pour la Lumière qu’elle célèbre et donc symboliquement pour l’Esprit.
Nous cherchons à nous purifier par l’abandon de nos scories. L’Apprenti qui a voyagé s’est reconstitué un corps composé des quatre éléments tirés du Cabinet de Réflexion et réordonné par le réveil des sens.
En franchissant cette porte du Temple, l’homme désirant la lumière franchit une « enceinte » sacrée. La Franc-Maçonnerie propose un espace sacré dédié notamment à la recomposition lumineuse de soi. Cette recomposition s’effectue hors du temps et hors de toutes contingences, ce qui permet de renaître à la Lumière des origines. En franchissant la porte de l’enceinte nous n’avons plus d’obstacle entre le corps et l’esprit, entre le visible et l’invisible. Le symbole devient le reflet de l’invisible dans un espace sacré représentant l’image du monde en miniature. Nous en retrouvons la représentation mnémotechnique sur le tableau de loge. Ce monde est orienté dans les six directions de l’espace comme le monde concret. L’un et l’autre se confondent au regard éveillé. On dit que le franc-maçon est un initié sur le chemin lorsqu’il est capable de rapprocher l’espace sacré de l’espace quotidien.
Et après ?
Puisque franchissant la Porte, nous marchons en direction de la Lumière, notre objectif est donc d’aller au-delà de l’Orient. Nous voulons franchir la Porte de l’Orient Éternel. Il semblerait que ceux qui ont réussi à atteindre cet espace ne sont plus corporellement présents, c’est peut-être l’abandon de la vêture corporelle et le triomphe de l’Esprit.
Nous ne savons pas combien de portes nous devrons franchir dans notre vie maçonnique, mais il est probable que la première franchie, tout devient plus lumineux.
(La porte symbolise le passage d’un état de conscience ou d’éveil à un autre, c’est aussi le passage de l’ombre à la lumière.)
QCM N°1
A/ Quel âge avez-vous ?
1 : J’ai mon âge civil
2 : Trois ans
3 : Six ans
B/ Les pas de l’apprenti commencent du pied ?
1 : gauche
2 : droit
3 : à pieds joints
C/ Le Secret de l’initiation ne peut être divulgué :
1 : parce que c’est interdit
2 : parce qu’il est fait de codes indéchiffrables au profane
3 : parce qu’il relève de l’expérience intérieure à chacun et à ce titre incommunicable
D/ Le testament philosophique permet de répondre à 3 questions sur les devoirs de l’homme portant sur :
1 : L’éducation de l’Homme, la finitude de l’homme, et son devenir dans l’au-delà
2 : Les droits de l’homme et du citoyen, la liberté syndicale, et le PACS
3 : les devoirs envers l’Intelligence suprême, envers l’Univers et la Nature, envers l’Homme et l’Humanité
E/ À quoi sert le testament philosophique :
1 : à léguer tout ce que je possède à mes enfants
2 : à mieux connaitre celui qui entre en franc-maçonnerie
3 : à me connaitre moi-même en me posant les grandes questions
F/ Que représente l’épée du Frère Terrible lorsqu’elle traverse les 3 Réponses au testament philosophique ? 1 : la Vérité 2 : le Devoir, 3 : une Épée
[1] « La Ténèbre » est la source ontologique inconnaissable de la Lumière du monde, invisible aux yeux de l’homme. Elle est inaccessible à l’esprit humain quant à son étendue et sa transcendance, on ne peut la représenter. À ne pas confondre avec « les ténèbres » qui refusent la lumière, synonyme de Chaos, qui entourent l’homme aveuglé par les fausses lueurs suscitées par son égotisme et son matérialisme.
[2] Le franchissement du pas de porte implique la notion de pas, ceux de l’apprenti.
[3] Adam et Ève sont, selon la Genèse, les premiers êtres humains sur la terre. Ils vécurent dans le jardin d'Éden. Ils furent chassés par Dieu de ce merveilleux jardin, car ils mangèrent du fruit défendu, cueilli sur l’arbre de la connaissance.
[4] Chaque tableau de loge contient la clef d’accès au tableau du grade suivant.
[5] Il en est de même s’agissant du réveil intérieur des sens lors des voyages initiatiques.
[6] Le devoir de mémoire institué par les Statuts de Schaw de 1599 fait obligation de transmission mnémotechnique par le truchement des questions-réponses apprises par cœur et des symboles visuels tracés à la craie.
[7] Janus est le Dieu des portes il a un double visage pour une double lecture intérieure et extérieure. S’agissant des portes solsticiales, Janus se rapproche de Saint Jean l’évangéliste et de Saint Jean Baptiste.
[8] Il est d’usage dans certaines loges d’aménager la fraction inférieure de la porte du temple en porte basse, à défaut on fait courber le corps de l’impétrant à son passage du seuil passant un linteau fictif, de sorte qu’il se redresse à l’intérieur du temple.
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