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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 19:39

Le M\de Cérém\dirige et la cérémonie, en veillant à son bon déroulement, en canalisant l'entrée de la loge et en y maintenant le bon ordre.

 

Habillé d'un décor avec sautoir qui représente en son centre une canne. Il est nommé à chaque nouvelle année maçonnique par le V\\

       

        Comme Hermès et Moïse, il porte le bâton de commandement ou canne.

 

        Ce bâton représente l’axe du monde qui soutient le ciel, tout en reposant sur la terre, mais aussi l’axe qui relie le céleste et le terrestre. Il représente l’autorité matérielle et spirituelle, la maîtrise des énergies célestes et terrestres. Il est le trait d’union entre ces deux forces, comme objet permettant d’accomplir les miracles du ciel sur la terre parce qu'il touche le ciel par un bout, et la terre par l’autre.

 

        Tout comme cet autre puissant symbole de la Vie et de la Verticalité, l’Arbre, qui met en communication les trois niveaux du cosmos, le souterrain à travers ses racines, la surface à travers son tronc, et les hauteurs à travers ses branches, la canne établit un rapport entre la terre et le ciel à travers l’Homme.

 

 

        Il la tient fermement dans sa main droite, et ses coups sont synchronisés de façon naturelle avec chaque troisième pas.

 

        Le M\de Cérém\ en marche nous rappelle que, tout comme le pèlerin sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, si on n’avance pas, on n’atteindrait pas notre but.

 

        Le F\M\ a besoin d’être activement animé par la pensée et le sentiment de son but de lumière pour se mettre effectivement en mouvement. Et ici, cela veut dire se mettre en mouvement intérieur, effectuer le pèlerinage de l’attention, s’orienter et ne plus avoir ni pensées ni émotions ordinaires, mais chercher a être toujours plus proche de son Être et de celui de ses FF\ car Le M\ de Cérém\, qui est en fait le Maître des Rituels, a un rôle important dans le bon fonctionnement de la Loge, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel. Il relie les deux plans permettant aux FF\ de passer avec aisance de l’un à l’autre. Le M\ de Cérém\est aussi assisté du   F\Terr\qui garde l’épée relevée, connaît l'ordre universel et recueille l'énergie nécessaire à la défense de l'harmonie de la fraternité.

 

        Il veille à ce que la Loge soit prête pour les cérémonies, aussi bien que pour les tenues régulières.

        Il introduit les Officiers et les FF\ lors des entrées rituelles, et intervient lorsque l’ordre supérieur l’exige.

 

        Il connaît l’ordre cosmique ou sa représentation géographique sur terre, projetée à l’intérieur du Temple, il règle les déplacements dans le corps de la Loge en veillant à la prédominance de l’ordre universel.

        Il est la représentation des lois divines et le garant de l’ordre maçonnique. Il est libre de ses pulsions émotionnelles, libre de ses idées, libre de son corps pour exécuter avec conscience les gestes justes qui correspondent à l’harmonie éternelle et qui ont été codifiés au rituel. Lors de ses déplacements en Loge, le   M\de Cérém\ est conscient de ses pieds et du sol, du mouvement de ses jambes, concrètement et symboliquement. Il devient conscient de l’énergie qui circule dans son corps et de l’être qui l’habite.

 

        Tous les déplacements en Loge devraient être exécutés avec la conscience de l’être ou la vigilance nécessaire à éveiller cette conscience.

        Le M\de Cérém\est le symbole de l’ordre cosmique et maçonnique qu’il respecte et illustre dans ses manifestations au sein de la Loge.

        Il assiste le V\M\pour que la descente de la lumière respecte cet ordre. Tout comme l’aveugle qui frappe le sol devant lui avec sa canne, Le M\de Cérém\fait de même quand il avance en Loge.

 

Il est aussi un guide qui a la sagesse de savoir qu’il est aveugle et a besoin pour avancer vers la lumière, en plus de ses deux jambes, d’un troisième support, sa canne.

        Puis le M\de Cérém\ , le F\ Terr\ ainsi que les FF\ premier et deuxième Surv\ aident le V\M\ à ouvrir la loge. Ce n'est pas simplement ouvrir le temple ou les FF\ sont rassemblés, mais plutôt ouvrir l'esprit et rassembler ce qui est épars pour en faire une unité.

 

        Ainsi ouvrir la loge, c'est procéder à notre ouverture d'esprit. Le rituel lui à pour but d’harmoniser les forces, de permettre une concentration vers un même objectif, de combler le fossé qui pourrait exister entre l’intérieur et l’extérieur.

 

L’enceinte une fois fermée devient un lieu consacré.

 

        C’est donc avant même le départ, une invitation pressante à cultiver le regard intérieur, à se connaître, soit même.

        Chaque FF\devient acteur, un acteur qui vit intensément son rôle. Entouré de mystère ; cette attitude agît sur la nature même de l’individu et son sens secret.

        Alors dans les parvis le M\de Cérém\invite au silence, avant "l’abandon des métaux".

 

        Petit aparté sur le symbolisme des métaux : il est bien évident que par métaux, nous parlons de ce à quoi nous sommes attachés dans le monde matériel comme des passions qui tentent sans cesse de nous asservir, c’est-à-dire les choses futiles, négatives et impermanentes. Là, ils ou elles, ne sont absolument plus nécessaires ni dans la loge, ni dans notre cœur.

        Cette invitation rituelle permet de passer d’un état extérieur à un état intérieur.

 

        Le M\de Cérém\gère l'attente, ménage l'énergie qu'il va ensuite contribuer à répartir sur les colonnes. Il va fixer le mouvement des FF\autour de l'axe vertical du zénith au nadir. Car la circulation empêche l'écart de l'axe central ou tout est un, provoque la concentration, favorise le silence intérieur et le travail auquel nous invite le V\M.\.

 

        Après un instant de silence, un coup de canne au sol, le M\de Cérém\appelle les App\et les invites à le suivre. Le coup de canne plonge les FF\dans une autre atmosphère, afin de les faire bénéficier de l’action qui va se dérouler. La musique prédispose l’esprit à la contemplation des choses divines.

        Lorsque l'on pénètre dans le temple, seule une faible lumière scintille et il est nécessaire d'avancer pour que cette petite flamme parvienne à un éclairage total.

 

        Il convient que la circulation dans le temple suit un sens déterminé. Les FF\sont obligés d’être conduits afin de ne pas s’éloigner de la voie, dans la crainte de s’égarer, de tomber dans l’abîme qui peut- être situé de tout côté.

Le sens est donné en considérant que le F\regarde l’Orient, car il vénère et cherche la lumière, le soleil naissant. En fait le temps profane ne compte plus. Car nous sommes dans un symbolisme solaire et aussi bien l’évocation de l’heure que l’orientation du temple, la disposition des FF\ la position des colonnes témoigne de l’observation du soleil. Notons d’abord que la porte du temple est placée à l’Occident, car le maçon vient des ténèbres, du monde profane pour venir vers l’O\, à la recherche de la lumière.

 

        À l’O\ se situe le paradis terrestre. Mais pour y parvenir, il faut passer entre les colonnes. Il ne faut pas oublier que l'atmosphère d'une loge est créée à partir d'actes rituels, d'objets symboliques disposés selon un ordre bien déterminé. Puis vient le tour des Comp\ qui siègent sur la colonne du midi, face aux App\. Ils se mêlent aux maîtres et se séparent des App\.

Enfin vient le tour des MM\, le F\Secr\, le F\Orat\, les FF\1er et 2ème

 

 Surv\ et le V\M\ en dernier. Le parvis demeurera convenablement éclairé par une bougie. Le M\de Cérém\accompagne les FF\dans leurs déplacements, ainsi que les FF\ visiteurs, de la colonne vers l’O\. Au sein de la loge, il est le seul à circuler et nul ne se déplace sans être accompagné par lui. Il porte les messages du F\Secr\au V\M\ allume les flambeaux à l’annonce faite par les trois lumières de la loge, le V\M\ et les deux FF\Surv\

       

 A l’Occident, de chaque côté de la porte de la loge, se trouvent les colonnes, appelées en initiales J\ et B\ chaque surveillant siège près d’une colonne.

       

 Les chandeliers toujours associés au ternaire Soleil, Lune, V\M\.M. La lumière artificielle fige les choses, la bougie les anime. À la lueur des bougies, tout se met à vivre. Le moi intérieur sonde tout et s’ouvre à l’intégralité de l’arc-en-ciel du réel. Il balaie toutes les couleurs pour ne voir que le noir le plus sombre au blanc le plus pur. Elle suppose d’abord un élargissement du regard. On se focalise sur la voûte céleste tout en gardant les pieds sur terre. La bougie est un puissant symbole ; on y trouve le feu, symbole d’énergie, puis la flamme qui monte symbole d’élévation spirituelle (regardée depuis toujours comme le symbole de l’âme, de la purification).

 

        L’atelier s’éclaire progressivement pour atteindre sa pleine illumination lors de la troisième lumière. On allume le delta. Après s’être croisés, les deux FF\Surv\vont remonter vers l’Orient, vers la lumière. Les deux FF\Surv\éclairés à l’Orient par le V\M\réfléchissent la lumière à chacun des FF\.

        A  l’O\ brille l’étoile flamboyante qui porte en son centre la lettre G, fortement éclairée. Dans la loge les individualités qui y évoluent, s’effacent devant le temple qui s’érige peu à peu. L’égrégore de la Loge s’établit alors, et vibre d’une puissance spirituelle intense qui se transfère dans l’âme des FF\. C’est le moment le plus fort du rituel ou chacun réalise intérieurement la Connaissance jusqu’à son degré le plus élevé. Les travaux se déroulent.

 

        Arrive la fermeture des travaux. Le M\de Cérém\et F\Terr.: passent pour recueillir les oboles et faire circuler le « Sac aux Propositions » en même temps que le « Tronc de laVeuve». Enfin ils se placent devant chaque lumière d'ordre, pour les éteindre aux ordres du V\M\. Le tableau de loge est recouvert. Le V\M\ quitte le plateau suivi par tout les FF\.; À la sortie le M\de Cérém\ et le F\ Terr\ se font face pour une dernière fois. Sur les parvis le M\de Cérém\ frappe un coup de canne au sol « Mes FF\un instant de silence avant la reprise de nos métaux » … C’est le moment où il faut se remémorer les travaux de la tenue, en garder l’essentiel pour renouveler notre regard sur le monde et l’éventail des possibles. Dernier coup de canne, nous sommes dans les parvis, la tenue est terminée.

 

 

 

\

 

 

Dom\Par\

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 19:31

Orateur vient d’orator, oro, parler. Tout bon dictionnaire indiquera que c’est celui qui compose, qui prononce des discours, des ouvrages d’éloquence. Même si cela n’a pas de rapport direct avec le rôle de l’officier en Loge, on ne peut évoquer l’orateur sans citer Saint Augustin « L'orateur pense et la parole suit », comme  Cicéron bien évidemment « Les orateurs élèvent la voix quand ils manquent d'arguments ».

 

        Au moyen-âge, l’orateur, est celui qui prie ou supplie. C'est aussi celui qui est envoyé par le pape auprès d'un souverain étranger, puis l’expression désignera tout prêtre ou prélat envoyant aux rois et princes des messages de prières.

" Le verbe relié au Verbe. "

   

L’art de l’Orateur

 

Les mots, la langue et les paroles ont une incapacité à saisir ce qui est vraiment. L’étirement du langage et la perte du sens nous ont obligés il y a fort longtemps à épeler plutôt qu’à prononcer. C’est cette prudence qui nous conduit à doter la loge d’un officier spécialisé dans l’art oratoire, comme d’autres le seraient dans le polissage de la pierre.

 

L'ORATEUR est placé à la gauche du Vénérable au Debhir. Sur son plateau se trouvent la Constitution et les Règlements, son bijou est le Livre ouvert comme les tables de la Loi. À l’Orient, il se situe sous le Soleil, symbole de la Règle toute puissante et de l’esprit. Il doit donc éclairer les zones d’ombre sans imposer un point de vue ou une opinion partisane.

 

Il est le Maître du dévoilement. Sa mission est double, dire la loi, comme une évidence et non comme une connivence, en dévoiler les arcannes en instruisant ses Frères, et enfin parler en leur nom dans les grands moments et en concluant leurs travaux.

 

Sa fonction éclairante au plan réglementaire fait le pendant de la passivité lunaire du secrétaire. Ce dernier réfléchit la lumière du soleil dans son action de transcrire fidèlement la mémoire.

 

Ce rôle magnifique et solaire ne rentre-t-il pas en concurrence avec celui du Vénérable maître ?

Oui, c’est une évidence, seulement c’est au Vénérable que revient de faire naître et préserver l’égrégore en Loge. Or l’égrégore naît sous couvert d’un rituel fidèlement exécuté, de la conjugaison habile de la sagesse de la beauté et de la force dans la parole et dans l’action. C’est au Vénérable qu’il revient d’exercer cette conjugaison et c’est à l’orateur d’incarner la conscience de la Loge.

 

Face à l’égrégore naissant, il est important que l’Orateur par sa liberté de parole ne vienne briser l’effort de tous. Sa parole ne brise pas elle solidifie et averti. Il fait œuvre de synthèse et doit être dans le sillage du Vénérable Maître. Il est moins important de relever une petite erreur qui est rectifiable par la suite que de gêner la poésie de la triple voie et la montée en puissance des influx spirituels.

 

L’Orateur ne doit pas jouer les Cassandres. 

 

On le présente comme le garant de la règle et donc du caractère régulier de la tenue. Il doit prendre en compte les coutumes, traditions et usages de l'Ordre. Son rôle s’accentue en dehors du domaine réglementaire, car il est celui qui, dans les moments importants de la vie de la loge, la représente en s'exprimant au nom de tous les frères. Le voilà donc, moins censeur réglementaire que porte-parole d’une assemblée de Frères. Il parle pour instruire et incarne la pensée de la loge et son miroir .

 

Il prononce le discours de bienvenue au nouvel apprenti. C’est un moment fort pour le nouveau Frère. La réception, les passages de grade, les célébrations d’anniversaires ou les oraisons funèbres sont autant d’exercices ou il doit démontrer une capacité à mettre en perspective l’évènement dans la continuité initiatique. Cette position particulière le confirme comme le frère institutionnel, et on se demande jusqu'à quel point ce rôle solaire risque d’empiéter sur l’envergure jupitérienne d’un Vénérable Maître en chaire.

 

Il est censé soulager le V. :M. : dans ses tâches réglementaires, rappelle discrètement le règlement est le gardien de la Loi, de l’orthopraxie, de la rigueur. Il intervient si le V. :M. : laisse faire une mauvaise exécution du rituel. Son tact doit être exemplaire il ne peut se poser en censeur de la loge, et il s’adresse au Vénérable pour les rappels qu’il pourrait faire, ses références et niveaux d’intervention sont variés.

 

La véritable fonction de l’orateur reste attachée à l’idée d’une régularité qui n’est pas toujours aisée de pratiquer. La Maçonnerie est régulière – conforme à la Règle, donc – lorsqu’elle applique avec soin les textes universels qui unissent tous les francs-maçons de la terre.

 

Quelles sont les règles applicables ?

Au niveau national les Loges se regroupent au sein d’un organisme spécial nommé « Grande Loge ». Celle-ci se construit sur des « Grandes Constitutions » et des Règlements généraux de la Grande Loge. Ils concernent son fonctionnement ainsi que celui des Loges sous son obédience.

Au niveau local, chaque Loge vit au rythme de ses règlements particuliers qui en traitent toutes les spécificités comme le nombre des Tenues, les modalités d’élection des officiers dignitaires, les critères  d’admission d’un nouveau Frère et la procédure à y appliquer, etc.

 

En référence à la tradition et à la continuité historique de celle-ci, il peut rechercher des textes plus anciens et à défaut de les appliquer, s’y référer en appui de son appréciation. La régularité va plus loin que la simple et vague « tradition » ; elle s’inscrit dans la lettre et dans l’esprit des landmarks qui se veulent intangibles depuis un millénaire. La régularité fait appel à une règle donc à un ordre initiatique qui va bien plus loin qu’une interprétation à géométrie variable. C’est ici que se situe la difficulté de la tâche.

 

Si la régularité est universelle, l’Orateur doit dépasser la problématique des différences de sensibilité propres aux lieux et aux époques.

 

L’Orateur doit veiller que la règle soit mise en application d’une manière sérieuse et rigoureuse, mais ce n’est pas tant l’application de la lettre qui fera problème, mais plutôt l’esprit de celle-ci. Il y a tout un monde entre la lecture d’une règle ou d’un usage et sa mise en pratique. Le lien se fait en fonction de l’état d’esprit de celui qui se charge de l’interprétation.

 

Il peut conduire des recherches dans les différentes sédimentations de textes réglementaires anciens. Sa plus ancienne référence est le  Régius, cet ancien devoir de 1390 qui ouvre la voie documentaire à une maçonnerie opérative fondée sur un canevas initiatique et traditionnel dont toutes les loges contemporaines peuvent se réclamer. S’il utilise cette source comme fondement réglementaire même partiel il s’expose au problème de l’objectivité. Comment faire pour en avoir une interprétation adaptable à une situation contemporaine ? Son point de vue doit-il être doctrinaire ? Si oui, il est probable qu’il finisse par imposer un point de vue partisan, ou du moins insuffisamment éclairé.

 

Les Landmarks peuvent être une source de difficulté d’interprétation : quel est le texte de référence, il y en a plusieurs, la liste est elle adaptée aux usages de la loge ?

 

Il en est de même avec la règle des trois B…

Quelle est donc la marge d’adaptation (s’il en existe) entre la lettre et l’esprit. Finalement la parole de l’orateur doit faire ce lien permanent et cohérent entre la lettre et l’esprit. C’est son ouverture d’esprit qui comme l’ouverture du compas, l’aidera a surmonter ces obstacles. On voit que son domaine d’investigation réglementaire peut dépasser les Grandes Constitutions, les règlements de la loge ou les règlements généraux de la Grande Loge. Les sources sont multiples et foisonnantes et parfois contradictoires. Il est face à un mille-feuille qui incarne la régularité. Comment ne pas y perdre son latin.

 

 Face à la difficulté d’appréciation, il est nécessaire de prendre du recul. Paradoxalement à force de détachement, ce qui doit être son attitude normale, on finit parfois par tout simplement s’éloigner du sujet, au point d’en refuser l’implication intellectuelle.

 

Sa fonction lui impose de rester lucide pour présenter la synthèse des travaux. À ce titre, il propose des « conclusions » que le Vénérable Maître fait adopter. L'Orateur élabore et prononce des discours dans les occasions solennelles. Les discours doivent être lus et agréés auparavant par le V. : M. :, c’est du moins la règle qui s’applique dans de nombreuses loges pour éviter tous errements dans le déroulement d’une tenue. L'Orateur est certainement un contrepoids à l’autoritarisme exagéré d’un Vénérable, cependant il ne doit rien lire en Loge sans avoir le consentement et l'approbation du V. M, alors même que son pouvoir est grand : Il prend la parole quand bon lui semble, sans devoir en demander permission au Vénérable Maître – ainsi que doivent le faire tous les autres Frères. En Effet, éclairer n’est ni imposer, ni décider.

 

L’arbitrage n’est pas de son ressort, il relève de chaque Frère si le sujet est personnel, et du Vénérable, s’il est collectif.

Lorsque l'Orateur est absent, le V. :M. : le fait toujours remplacer par un Frère de la Loge à son choix, de sorte que dans les travaux maçonniques, cette place ne soit jamais inoccupée.

 

L’Orateur signale son opposition de la manière suivante : «Vénérable Maître, je ne peux permettre que la Loge exprime son suffrage sur ce point. Il y a une contradiction grave avec la loi maçonnique. » S'il se produit une incompatibilité grave entre un document ancien faisant force de loi et un règlement moderne, l'Orateur doit proposer que le Vénérable Maître désigne une commission chargée de statuer sur ce problème en vue d'harmoniser le texte non conforme ou irrégulier. Il doit intervenir dans le respect des intentions du Vénérable. Il ne doit pas par son orgueil rompre l’égrégore. Le Verbe lui est prêté et non donné, dans un esprit de sagesse et d’amour.

 

Enfin et pour conclure, l’orateur est un apport du génie français du Siècle des lumières, cette fonction nouvelle n’existait pas dans la maçonnerie anglo-saxonne. C’est donc une modernisation des usages que d’introduire une telle innovation, un paradoxe ! C’est vers 1739 qu’on relève que Ramsay est Grand Orateur et à ce titre élabore son fameux discours. C’est donc sous un aspect protocolaire, lié au morceau d’architecture et procédural, lié à la pratique de la règle qu’est introduite l’orthodoxie propre à la tradition.

 

L’Orateur est maître de la règle, de l’écoute et du verbe. Pour autant, il reste soumis à l’œuvre qui se bâtit sous la direction du Maître de loge, c’est à cette condition qu’il incarne la conscience de la loge

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 19:17

Dep uis Adam et Eve      nous savons que les        paires d’opposées sont               des complémentarités     irréductibles à leur seul  état et porteuses de         fondations       aux  innombrables  modalités        de fonctionnement dans         l’ordre humain et bien plus au-delà. C’est donc un état d’esprit novateur et universel dépassant la vision microcosmique qui doit guider nos pas.

 

        En effet, par excès de prudence, les points de vue développés sont bien souvent parcellaires et insuffisants dans leurs propres domaines d’investigation.

Nous tenterons délibérément de nous affranchir d’une réserve et prendrons volontairement la voie la plus difficile qui, de l’interprétation des symboles, peut nous mener sur les terres de la métaphysique.

Symboles omniprésents avec l’équerre et le compas dans la Franc-Maçonnerie spéculative, le pavé mosaïque mérite des explications graduées et progressives pour en comprendre le sens ésotérique et initiatique. C’est avant tout un symbole architectural de la loge. Associé au ciel et à la corde à nœuds, le pavé mosaïque définit les contours d’une loge qui pour respecter les abaques doit avoir la forme d’un carré long, socle de fondation de la loge, au sens propre comme au sens figuré.

 

        C’est probablement le symbole qui recoupe le mieux la totalité des autres symboles présents sur le tableau de loges et dans la loge elle-même.

        Compte tenu de sa situation, nous pouvons dire qu’il est le lieu de la création et de la différenciation, ce qui confirme sa dimension universelle. Il assume à lui seul le passage de la potentialité à la réalisation devenant ainsi réceptacle symbolique de l’espace manifesté.

 

        Pour l’Occident, il est porteur par sa forme et sa construction de la presque totalité du symbolisme ésotérique chrétien et au-delà encore. Le pavé mosaïque se campe en générateur de vie par le jeu actif et dynamisant des polarités. Il offre un troisième terme unificateur et probablement ontologique, l’idée de ternaire justifiant le principe de fraternité ou si on préfère d’altérité

.

        Étudier le pavé mosaïque oblige a un large balayage que nous ne pouvons entreprendre à titre exhaustif, assurés que nous sommes que le défi sera relevé par d’autres cherchant, pour lesquels notre action se bornera à indiquer le chemin et accessoirement à offrir les précieux secrets qu’il recèle.

 

Tout commence par le refus des apparences profanes. C’est ici que doit porter l’essentiel de l’effort de compréhension, jusqu'à produire les fruits qui, nous le souhaitons, mûriront dans l’intimité réflexive de chacun. Plus loin que l’apparence trompeuse, sans nier l’évidence pour autant, telle doit être la devise du « cherchant ». Pour reprendre la fameuse remarque de René Guénon sur la méthode d’approche et d’interprétation des figures symboliques, « il est à peine besoin de rappeler que ce qui est opposition à un certain niveau devient complémentaire à un autre niveau, de sorte que le même symbolisme est également applicable à l'une et à l'autre ». Pour aller plus loin, au-delà des apparences, il est important de pouvoir démontrer le caractère universel d’un symbole et de pousser les investigations et les rapprochements hors le monde Occidental, étant persuadé que l’universalité découle d’une tradition primordiale réelle ou légendaire. Les notions de juxtaposition et d’enchevêtrement nous rapprochement de l’Orient.

 

        Il convient de comparer le pavé mosaïque aux cases juxtaposées, avec son grand frère Oriental, la figure du Yin-yang où le noir et le blanc sont enchevêtrés. C’est une ligne sinueuse qui semble séparer les valeurs et chacune d’elle héberge une partie de l’autre comme dans un îlot circulaire.

        C’est ici que l’enchevêtrement par interpénétration se distingue de la juxtaposition des deux carrés blanc et noir. La juxtaposition occidentale ne devient inséparable que par la cohérence harmonieuse de l’ensemble du pavé, construit sur des bases symboliques qu’il conviendra d’étudier. On peut considérer toutefois que l’enchevêtrement se fait par bandes qui tout en étant juxtaposées, se superposent alternativement au point de former un tressage ou une trame. Ce qui suppose que sous chaque case réside une autre case de valeur complémentaire.

 

        Nous démontrons qu’il n’est point besoin d’accentuer la dualité dans l’interprétation de la figure au risque de faire fausse route, l’antagone n’étant pas l’opposition, mais la complémentarité créatrice.

        Pour autant nous n’écartons pas le point de vue manichéen et ses développements, mais nous expliquerons les limites de ce type de raisonnement.

 

        La juxtaposition du blanc et du noir représente naturellement la lumière et les ténèbres, le jour et la nuit, et par suite, toutes les paires d'opposés ou de complémentaires. Un exact équivalent du symbole extrême-oriental du Yin et du Yang. Un rapprochement sera tenté en faisant un parallèle entre Orient et Occident et les points respectifs d’inflexion dans la pensée symbolique. L’universalisme du pavé mosaïque est parfaitement résumé par ce passage du Tao to King : « Accorder le corps et l’âme afin qu’ils voguent à l’unisson et ne se séparent pas. Tel est le chemin de la mystérieuse perfection. »

 

Le corps et l’âme se retrouvent dans un même voyage, une barque solaire perdue sur les eaux du Nil où la seule certitude est de se jeter dans une grande mer intérieure, dont les limites extrêmes, sont les colonnes d’Hercules dont on sait qu’au-delà règne le chaos et l’inconnu. Des replis de la croûte terrestre surgissent les monstres qui peuplent notre intériorité et que l’initié muni de sa lumière va tenter de combattre. Seul face au dragon intérieur que d'aucuns ont qualifié de Minotaure il vaincra tel Saint Georges terrassant le dragon.
 

        Le pavé mosaïque est l’un des symboles qui permet à l’apprenti au compagnon et au maître de se construire et de comprendre le sens initiatique de leur démarche. Son universalité explique sa présence sur les trois tableaux de loges dans la plupart des rites. Une place de choix lui est réservée au centre du temple maçonnique ; elle se justifie moins par les sens linguistiques de son nom que par sa construction même : il s’agit d’une part d’un assemblage d'équerres qui implique ainsi la multiplication des angles droits et d’autre part l’illustration de l’ambivalence du maçon par l’alternance du blanc et du noir.

  

      La question de l’origine sémitique du pavé mosaïque et la référence "Hiramique" qui remonte aux constitutions d’Anderson restent discutées quant à leur légitimité et à leur sens premier. Pour autant il semble évident que le pavé du temple est depuis toujours un socle d’élévation et en tant que tel, de nature sacrée. Cette idée est corroborée par le manuscrit Dunfries 4 de 1710 qui institue dans ses obligations générales : « Primo, vous servirez le vrai Dieu et observerez ses préceptes en général et particulièrement les dix commandements remis à Moise sur le mont Sinaï ainsi que vous les trouvez exposés en entier sur le pavé du temple. » On peut légitimement s’interroger sur l’assimilation qui est faite entre le pavé du temple et une éventuelle planche à tracer ! Idée que nous reprendrons dans nos développements ultérieurs.

 

 ER

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 23:50

Traditionnelle question, souvent posée à   contresens, il nous a paru   judicieux en publiant   cette revue et gérant un  site qui rencontre un vif   succès, de rappeler  quelque vérités sur ce sujet. Le secret maçonnique par nature initiatique, ne se confond pas avec la prudente discrétion de nos assemblées qui sont en rapport direct avec notre histoire.

 

        C’est la première réflexion que nous avons entendue lorsque, la cérémonie de fondation passée, j’annonçais aux agapes notre intention de communiquer avec internet. Bien entendu, il n’est pas question ici de révéler les secrets de la Franc-Maçonnerie dans la mesure ou ceux-ci n’existent que dans le for intérieur de chacun des maçons et que par définition il est incommunicable. Il suffit de fréquenter les bonnes librairies et les rayons de supermarché pour avoir communication des rituels de n’importe quel rite.

  

        La notion de secret maçonnique n’est pas en rapport direct avec l’écrit.

 

 Le secret est incommunicable, car le rite doit se vivre pour en ressentir les effets qui n’ont rien à voir avec l’intelligence dialectique, mais qui au contraire réveille cette fameuse intelligence du cœur, du ressenti, du vécu, qui active en nous des espaces insoupçonnés peu accessibles aux non-initiés. C’est cette quête et ses effets subtils et profonds que l’on appelle « initiation ». Cette initiation se transmet oralement dans un cadre rituelique précis et rigoureux, et dans un lieu spécialement consacré. Elle est transmise par ceux qui l’ont reçue, et met en jeu des facultés sensitives et intuitives souvent endormies dans les replis obscurs de l’être. L’initiation est donc une lumière éclairante.

 

        Les mots écrits, seuls, ne peuvent en aucun cas provoquer les mêmes effets, d’autant que tout écrit reste soumis à la contingence. La verbalisation rituelique dans un cadre consacré dépasse le cadre de la contingence, voire même de la manifestation. Être initié c’est commencer une aventure qui s’analyse comme le début d’un chemin. Ce chemin est sans fin, ce qui compte ce n’est sûrement pas le but qu’on atteindra un jour peut-être, mais c’est le chemin pour ce qu’il est et pour ce qu’on en fait. Ce parcours sur le chemin fait naître en nous un « Nouvel Homme ».

 

        L’initiation maçonnique nous ramène à des rites ancestraux qui ont toujours existé et qui nous relient avec force et puissance à tous les initiés sur le chemin qui nous ont précédés. Chacun de nous à son propre chemin qui est peut-être différent du voisin, mais qui atteint de toute façon le même but : se connaître soi-même pour mieux comprendre l’autre et par cette altérité commencer une œuvre de perfection. C’est ce qu’on appelle « bâtir son temple intérieur ». C’est tout ce que peut vous proposer la Franc-Maçonnerie initiatique et traditionnelle, vous n’y trouverez aucun avantage, ni aucun passe-droit. Vous y passerez du temps en étant assidu au tenues deux fois par mois, car il n’y a pas de maçon sans Loge et pas de Loge sans maçon. On ne devient pas maçon par une simple piqûre du jour au lendemain, c’est un travail permanent qui est en réalité un vrai bonheur.       

 

Découvrir en soi des espaces en jachères qu’il faut mettre en culture, fascine tous ceux qui y sont venus, aussi bien ceux qui venaient chez nous avec de mauvaises raisons que ceux qui étaient animés d’un quête intérieure de nature spirituelle, ou plus simplement ceux qui cherchent à se réaliser. Il s’agit de conquérir de « nouveaux territoires ». Voilà ce qu’il en est du secret maçonnique, secret, car personne n’est en mesure de le divulguer sans le dénaturer. Plus qu’un secret c’est une richesse intérieure que développe l’initié.

        Ce trésor si précieux ne peut se voir ni se lire, il se ressent, il se vit.

 

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