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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 21:00

Nous justifions après coup notre entrée dans la franc-maçonnerie avec de grandes déclarations sur la morale, le goût du progrès, les grands sentiments et autres prétextes qui sonnent faux. Souvent ceci ne correspond pas à la vérité.

Nous sommes rentrés en FM car nous y connaissions quelqu'un qui nous inspirait confiance, mais aussi avec une curiosité faussement dissimulée. Certains recherchaient un carnet d’adresses et un relationnel, d’autres voulaient simplement ouvrir le champ des possibles en élargissant leur champ de vison. Voilà la réalité.

Les affairistes qui avaient dissimulé leurs vraies intentions sont partis ou ont accepté cette conversion du regard qui caractérise l’homme sur le chemin initiatique. Les autres, qui espéraient une micro-société élitiste infiltrée dans les arcanes du pouvoir, poursuivant des buts mystérieux et secrets, sont repartis bredouilles vers d’autres théories du complot.

Les raisons qui nous font rester en franc-maçonnerie sont souvent différentes de celles qui nous ont fait frapper à la porte.

Avant d’aborder les motivations qui font que l’on reste en franc-maçonnerie (2,) cette planche décrit d’une manière inédite les raisons qui nous incitent à y entrer (1).

1)Pourquoi entrer en Franc Maçonnerie

    Il y a maintenant quelques années que je suis parmi vous et j’ai voulu faire un point sur les fondamentaux de « ma » maçonnerie. Pourquoi faire ce constat ? Tout simplement pour ne pas oublier le pourquoi je suis rentré en Franc- Maçonnerie. Je ne voudrais pas l’occulter un jour, donc réviser ne peut être que bénéfique.

Ce que je vais développer devant vous mes F :. n’est pas le comment rentrer en F :.M :.  mais le pourquoi.

Je suis franc-maçon, a dit un F.:, parce qu’un jour j’ai frappé à la porte du Temple et on m’a ouvert. J’ai ensuite demandé la Lumière et on me l’a accordée ou plus exactement on m’a donné les outils nécessaires pour la rechercher. J’ai donc été initié, c’est-à-dire que j’ai accepté de me soumettre à un ensemble de rites d’initiation qui m’ont permis d’entrer dans la fraternité maçonnique.

Peut-être avant de mieux préciser le pourquoi on devient maçon, je vais définir 10 raisons ou commandements pour ne pas  vouloir devenir Franc Maçon :

1. Vous avez déjà beaucoup trop d’amis.

Les amis vous causent plus d’ennuis que de bien-être en vous invitant constamment aux évènements sociaux, en s’enquérant au sujet de la santé de votre famille et de votre vie personnelle, et en vous offrant leur sagesse et leurs conseils. Vous ne pouvez pas vous imaginer en avoir plus. Parfois un homme doit juste être seul.

2. Vous aimez mentir, tricher et voler.

Profiter des autres est pour vous, une façon de vous hisser dans la société. Manipulateur, vous savez dire aux gens ce qu’ils veulent entendre, quitte à mentir. Cela vous a toujours été avantageux et la simple pensée de joindre une association qui exige de vous d’être droit et honnête dans tous vos rapports avec votre prochain est fondamentalement contraire à votre caractère.

3. Vous êtes un non conformiste.

Vous vous dites que l’homme libre que vous êtes ne peut respecter les règles édictées par les autres. Ainsi, vous ne pouvez suivre les règlements et le code d’éthique d’un groupe. Vous ne pouvez adhérer à une association qui limite son adhésion aux hommes bons et les encourage à vivre leurs vies aux niveaux les plus élevés de la morale. Cette action serait contraire à votre identité personnelle.

4. Vous êtes avaricieux.

Vous avez tellement travaillé pour posséder cet argent, que vous ne pouvez pas vous résoudre à dépenser un sou pour aider d’autres personnes. Ce sont tous des exploiteurs, ces vieillards, ces handicapés, ces veuves et ces démunis. Ils ne méritent ni temps, ni argent.

5. Vous êtes un fondamentaliste religieux et croyez que le dogme de votre foi est le seul véritable chemin de la vérité et du salut.

Vous croyez que votre premier devoir en ce monde est de convertir d’autres êtres humains en votre foi. Et que ceux qui n’y adhérant pas, sont voués à l’enfer.

6. Vous êtes un matérialiste ou un athée.

Vous ne pouvez pas concevoir qu’il existe une chose telle que Dieu, qu’il soit celui des religions ou celui de Spinoza. Ceux qui croient en Dieu sont stupides. Vous croyez que la pensée est le résultat de l’interaction entre les petits objets comme les atomes et que l’esprit ne peut exister sans la matière. Vous croyez que l’existence de l’homme se limite à sa vie sur la terre et que la vie elle-même n’a aucune signification.

7. Vous détestez la charte des droits et libertés et tout ce qui touche aux droits de l’homme.

Vous croyez que le monde fonctionnait beaucoup mieux quand les hommes étaient incultes, vivaient dans la crainte de la persécution religieuse, sous des monarchies et des dictatures. Vous ne croyez pas que tous les hommes naissent égaux, ni qu’ils ont le droit au bonheur et à la justice. Vous ne croyez pas aux principes de la justice, de liberté et d’égalité.

8. Vous êtes trop occupé.

Il y a tellement d’émissions de télé que vous devez regarder. Sans compter les jeux vidéo, l’Internet et tout ce qui occupe vos nombreux loisirs. En fait, votre précieux temps est complètement en dehors de votre contrôle et il est hors de question de prioriser vos activités permettant de vous engager dans des activités avec votre communauté, même si celles-ci ne sont que de quelques heures par mois.

9. Vous détestez tout ce qui touche à la tradition et à l’histoire.

Vous détestez l’histoire et tout ce qui touche aux traditions. Vous vous dites que nous sommes dans le monde moderne maintenant. Il n’y a rien d’intéressant et de gratifiant à vouloir la préservation de ces choses démodées, ces vieux bâtiments et surtout, toutes ces traditions orales.

Pourquoi voudriez-vous soutenir une cérémonie anachronique, périmée, et injustifiée qui depuis des siècles a survécu en conservant toujours le même objectif ?

Dans la société moderne, ceci est désuet et sans importance.

10. Vous ne trouvez aucune raison de vous améliorer.

Votre personnalité et votre caractère ne pourraient s’améliorer, vous êtes parfait. Si vous aviez à joindre la franc-maçonnerie, ça ne serait que pour enseigner aux autres les grandes techniques que vous avez développées, celles qui rendent votre personnalité si exemplaire.

Si vous avez répondu vrai à une seule de ces affirmations, alors effectivement vous n’avez rien à faire en maçonnerie.

Maintenant, il serait un peu facile de retourner toutes ces affirmations pour motiver une rentrée en maçonnerie.

Comme pour beaucoup, je suppose, mon entrée en Franc-Maçonnerie s’accompagnait d’interrogation.
Les premières Tenues m’ont laissé perplexe : c’est au nom du Grand Architecte de L’Univers que s’ouvrent et se ferment les travaux, j’avais entendu cette incantation pour la 1ere fois, le soir de mon  Initiation,  mais encore sous le choc de cette soirée inoubliable, je n’y ai pas trop fait attention. Aux Tenues suivantes j’ai écouté cette formule avec plus d’attention et je me suis demandé qui invoquait –on ainsi ?
Les livres à la disposition des Apprentis ne sont pas très loquaces. Avais-je trouvé une autre religion ?
La réponse que j’ai obtenue est que « Le Grand Architecte de l’Univers »  n’était pas un Dieu révélé, pas un objet de croyance, ni un dogme imposé, mais  un principe créateur, un symbole, une idée. Ici tout est symbole m’avait dit le Vénérable Maître le soir de mon Initiation. Le symbole dit « Goethe » transforme l’apparence en idée, l’idée en image. Le symbole contient donc l’idée, mais il n’est pas l’idée.  Aussi laisse- t-il la liberté d’évoquer la chose, le phénomène selon sa sensibilité, ses sentiments, ses convictions, voire ses doutes.


La Loge maçonnique est un lieu exceptionnel un lieu sacré, à l’abri du monde profane où des hommes libres et de bonne volonté peuvent se rencontrer, dialoguer, communiquer, rassembler des personnes différentes autour d’un même idéal. En Loge règne un esprit de tolérance, un humanisme, le seul qui permette à l’homme de se sentir tel qu’il est, dans toute l’acception du terme En Loge, le franc-maçon peut exprimer ses sentiments de fraternité, de camaraderie, d’amitié et les partager avec ses Frères et leur offrir le meilleur de lui-même. Au sein de l’Atelier maçonnique, il n’y pas de compétitions entre les Frères, pas d’enjeux financiers. Il y a une spiritualisation au sens large de toute chose,  et la méthode du symbolisme permet d’aller au fond des questions posées. Dans certains moments difficiles de notre vie, la Fraternité avec un grand F et le soutien des Frères  est un grand secours moral.

L’Initiation engage le franc-maçon à développer sa connaissance, à revoir sa manière de penser, de réfléchir, sa manière de vivre où tout au moins essayer de se transformer, de passer du « profane au maçon» qui maîtrise ses passions. Tailler et polir la Pierre Brute que nous sommes, symbole de l’homme, pour l’insérer harmonieusement dans l’édifice commun.
Il ne faut pas perdre de vue que c’est dans la Loge que tout commence. Nous ne sommes pas entrés en franc-maçonnerie par goût de l’érudition, mais pour nous changer. Méthode de réflexion et non-école de pensée, l’initiation Maçonnique ne dispense aucun enseignement doctrinal où dogmatique, n’impose aucune idée toute faite. C’est le franc-maçon lui-même avec l’aide de ses Frères qui accomplit son approche de la vérité, cette vérité qui appartient à ceux qui la cherchent, et non à ceux qui prétendent l’avoir trouvée. Nul ne saurait se dire Franc-Maçon, s’il ne cherche pas, s’il n’entreprend pas de se transformer.  C’est ce que nous tentons de faire nous qui nous réunissons dans nos Loges, en observant le Rituel.
Dans notre Rituel tout nous pousse à prendre des décisions, nous donne un état d’esprit d’homme responsable, d’homme d’avenir. Le Rituel est avant un tout un outil, probablement le plus élaboré nous faisant à chaque fois tenter de bâtir un Temple. Nous sommes pierres et le Rituel nous permet de rendre ces pierres plus conformes à leur intégration dans la construction du Temple.   Le but de la Franc-Maçonnerie est que le franc-maçon s’améliore lui-même et par là améliore  les autres, c’est un travail de groupe donc de la Loge.
En fin de Tenue, nous formons la Chaîne d’Union. La Chaîne D’union est un des points forts de notre Rituel, elle est le moment d’une intense communion affective, la Chaîne d’Union exprime notre concept de Fraternité et notre concept d’amour, lesquels sont au centre de notre vie de franc-maçon.
 « Formons de nos mains qui s’enlacent une chaîne d’amour » dit la chanson maçonnique «  Ce n’est qu’un revoir mes Frères. »
Je rends hommage à mon Frère Dominique qui m’a amené à la porte du Temple. Je l’en remercie sincèrement, ainsi que tous les Frères qui m’ont épaulé et aidé. 
Je fais un retour sur moi-même, de l’homme que j’étais quand j’ai dit ma volonté d’être maçon » me suis-je amélioré ? Seuls mes Frères peuvent le dire.
Je crois avoir appris par le silence de mon apprentissage, mais aussi après, à écouter les autres, et à me maîtriser.
 L’Initiation a été forte et impressionnante au moment où je l’ai reçue. Mais c’est avec le recul que je m’aperçois que petit à petit je me suis transformé. Comment ? comment cela s’est-il fait ? Par quelle alchimie ? Être Maître de son œuvre. J’ai compris que j’étais en train de construire mon Temple intérieur c’est-à-dire : MON MOI. L’Initiation m’a permis d’entrer et de marcher sur un chemin qui me conduit à moi-même, et de créer cette dynamique qui fera qu’un jour un Profane se demandera pourquoi je suis comme cela ? Quelle est la raison de ce changement, de cette transformation ?   Qu’il se dise à son tour : je veux être maçon. Alors une partie de mon œuvre sera accomplie : je rayonne !! J’ai la lumière en moi, je peux la transmettre.
Pour conclure, je cite ces strophes d’un poème :

Le bandeau est tombé tu as vu la Lumière
Ici commence un long chemin
Que chacun d’entre nous doit suivre à sa manière
En taillant chaque jour la pierre de ses mains

C’est le long chemin vers soi-même
La pierre brute à dégrossir
Pour l’ésotérique baptême
Ou le vieil homme doit mourir  

C’est le long chemin qui rassemble
Ceux qu’un même idéal unit
Bâtir un monde où règne ensemble

Sagesse et Beauté et Force
(j’ai modifié le dernier vers afin de le cadrer avec notre rite.)

 R.°.L.°. La Lumière écossaise à l'O.°.d'Ollioules

Par :Thi :. Vei :.

2)Pourquoi rester en franc-maçonnerie ?

Si on reste en franc-maçonnerie, c’est parce que l’histoire de la connaissance de soi et du monde ne s’est jamais achevée. Nous persistons sur le chemin de la connaissance en franchissant différentes frontières.

Je résumerais mon envie de rester par la phrase suivante :

« Je suis un maçon libre, avec une vue haute qui tend vers l’universel. Tels l’arbre et le Temple je célèbre la lumière d’un centre fondé sur l’harmonie des correspondances. Je reste aux côtés de mes frères qui privilégient l’être à l’avoir, participant activement au chantier de l’humanisation de l’homme. »

La franc-maçonnerie spirituelle et traditionnelle est riche de sa diversité et s’adresse à de nombreuses sensibilités. Elle n’est composée que de femmes et d’hommes qui sont des bonnes mères et de bons pères de famille et qui pensent que l’homme est perfectible, son moteur intime n’étant pas fondé sur l’argent ou la lutte des classes. Ils n’ont pas l’impression de détenir la vérité puisse qu’ils la cherchent en entamant le long périple d’un pèlerin libre, sans dogme ni subordination à un gourou ou à une idéologie.

 Il existe en l’homme libre un rapport secret au sacré et à l’intemporel qui ne relève pas d’une révélation faite au café du commerce ou d’une perfusion religieuse. L’homme à en lui des frontières qu’il nous faut découvrir. Nous sommes donc dans le domaine mystérieux de l’intime qui se dessine progressivement à celui qui veut tenter l’expérience initiatique.

« Avec une vue haute »

La franc-maçonnerie intéresse ceux qui pensent que l’homme fait partie d’un tout qui le dépasse. Le franc-maçon tente de percevoir le tout dans les différents mondes qui l’entourent.

Il a des devoirs envers lui-même, ce qui suppose une connaissance de soi, envers sa famille ce qui le situe dans la transmission et dans la mémoire, envers la société qu’il tente d’améliorer et envers l’univers qu’il tente de comprendre dans sa naissance et son devenir.

Cette prise de conscience graduelle découle non pas d’une simple réflexion écologique globale ou religieuse, mais d’une expérience initiatique qui donne ce que l’on appelle le don de « double vue ». On traduit cela par regard neuf et sans préjugés : je vois l’homme pour lui-même et pour son entourage, mais je le restitue aussitôt dans un grand tout qui par certains cotés n’est accessible qu’au regard averti capable d’établir un jeu subtil de correspondance.

Je ne peux me contenter de penser que l’homme demeura à tout jamais esclave de son inconscient. Alors il ne pourrait voir au-delà de la compréhension de son asservissement. Ce serait une vue basse et partielle !

Il faut simplement reprendre l’initiative avec une vision nouvelle d’un soi relié à la totalité. Ce serait la vue haute et globale, parfois appelée vérité.

Apprendre modestement à se connaître semble la première démarche, mais pour qu'elle soit aboutie et riche de promesses il faut mourir à ses propres certitudes et tenter de recomposer avec méthode notre être. C’est ici la preuve qu’il ne s’agit pas d’une simple exploration du subconscient. On y passe sans y rester.  Le Gnôthi sauton n’est pas une doctrine de l’enfermement en soi.

La méthode maçonnique repose sur une base matérielle et intérieure pour embrasser une dimension spirituelle et céleste qui surpasse la psychologie. Afin d’éviter tout dérapage et la stagnation dans les fractions infernales de l’être, je peux compter sur la fraternité attentive de ceux qui me précèdent sur le chemin.

« Qui tend vers l’universel »

Quoi qu'il en soit nous restons en franc-maçonnerie pour une certaine idée que nous avons du monde, de la fraternité des hommes et de l’harmonie de l’univers. L’idée de fraternité ne peut dans une société initiatique se détacher de la tradition. La tradition c’est non pas se qui nous asservi au passé, mais ce qui nous relie à l’universalité. Cette universalité fut l’objectif des encyclopédistes et des humanistes du Siècle des Lumières. C’est dans ce siècle que la franc-maçonnerie de la spéculation s’est développée. Ainsi aussi bien Anderson, Desaguliers,  le chevalier Ramsay, Le baron de la Tierce, les Stuarts et les Hanovres défendaient cette idée, avec peut-être des arrières pensées politiques…

Je vais tenter d’expliquer ce qu’est la tradition initiante sans parler du temple de Salomon que je connais sans l’avoir jamais vu :

La tradition est la transmission de la grande histoire du monde manifesté par le principe qui transparaît dans le jeu ancestral des symboles, des mythes et des rites. Cette tradition est initiante lorsqu’elle se traduit par une explication universelle qui se double d’une expérience vécue physiquement et intérieurement, inférant une double vision et donc une métamorphose du regard.

« L’arbre le Temple et l’Homme »

Lorsque je vois un homme assis au pied d’un arbre je ne peux m’empêcher de penser au lien ancestral qui nous lie  à la nature, à ce que l’arbre depuis Adam et Ève peut représenter, ce qu’il incarna comme divinité celtique, ce qu’en fit Saint Louis et enfin celui que j’ai planté écolier en CE2. Son pouvoir de représentation est sans limite, arbre de la connaissance, du bien et du mal, arbre de vie, arbre du milieu, centre du paradis céleste ou terrestre, l’arbre de justice, la grande nature à défendre, arbre à palabre, etc.… Le maçon spiritualiste comme le maçon humaniste et social se retrouvent pour défendre l’arbre. Pour interpréter l’arbre, on ne peut se contenter d’interroger son subconscient, il  faut aller plus haut et en dehors de soi-même par l’expérience.

Donc l’arbre dans la forêt, comme le temple de Salomon, possède plusieurs significations étagées dans les mondes de la conscience, de l’expérience et de l’inconscient et au surplus, telle une cathédrale au milieu de la multitude, l’arbre fait la médiation entre la terre et le ciel. Ce dernier schéma abandonne la dictature de l’inconscient pour s’adresser à quelque chose de supérieur que nous pourrions appeler une supraconscience. L’homme n’est plus le centre de l’univers, il est un élément qui veut participer de ce centre, ce qui est différent. Cette participation au centre se fait par différentes modalités rituéliques au sein du temple maçonnique, toutes reliées à la notion de lumière. Lumière et centre vont devenir synonymes sur un plan métaphysique.

 Je découvre que les ramures visibles sont en relation avec les racines invisibles par le tronc qui sourd d’une puissance secrète et que la vie découle de la lumière qui par les racines et le jeu mystérieux de la sève, va recomposer les éléments souterrains obscurs en feuilles vertes baignées de soleil.

Symboliquement l’arbre axial est puissant d’autre chose qu’une simple valeur économique ou biologique.

J’accède ainsi par un symbole polysémique, traditionnel et universel, à une vérité qui est que la vie provient du désir d’énergie et de lumière.

« La célébration d’un centre lumineux »

Ainsi l’arbre comme l’homme debout, semblent devoir leur vie terrestre à une quête lumineuse. Cette lumière pour l’homme peut être conçue avec une dimension spirituelle qui se cache sous l’aspect physique. La vie pour l’homme depuis la nuit des temps, trouve son origine dans autre chose qu’une complexe mutation moléculaire. C’est le conte et le mythe qui meublaient nos veillées jusqu’au XIXème siècle en non une base chimico physique, ni la sélection darwinienne. C’est ainsi notre conscience s’est éveillée aux mystères de la nature et à la dimension sacrée reliant le bas et le haut. La dimension sacrée et l’histoire de la naissance du monde et de l’homme fut transmises par oralité entre les civilisations successives puis consignées par gravure sur des tablettes d’argile ou par écriture dans les livres de sagesse. Les constitutions des hommes ou des grandes loges ne sont que des dérivées organisationnelles et morales de ces grandes explications ontologiques. On y explique comment les sociétés ou les francs-maçons s’organisent autour de ce qui finalement est une résurgence du foyer lumineux des origines. On y agence la relation entre un centre du pouvoir et une périphérie démocratique. Autrefois celui qui détenait le pouvoir se disait de droit divin, aujourd’hui l’électeur tel Prométhée s’est emparé de cette relation au divin par l’acte démiurgique partagé de l’élection. La transmission successorale propre aux rois et au sang s’est transféré dans la périphérie citoyenne qui par l’élection refonde périodiquement la légitimité sacrée et républicaine d’un centre lumineux. Le modèle traditionnel se reproduit sous divers aspects, c’est toujours à partir d’un centre que tourne la roue. Les francs-maçons ont tenté de conserver dans la loge un centre lumineux en la personne du Maître de la Loge doté de l’épée flamboyante  de l’autorité spirituelle et de son maillet signifiant son pouvoir temporel.

Le franc-maçon par l’initiation entreprend de faire rayonner le centre relatif en lui-même en le mettant en résonance avec un centre absolu.

L’arbre et la lumière sont une simple illustration du don de double vue qui repose sur la découverte des mécanismes de représentation mentale. C’est ce qu’on appelle le symbolisme. Les mythes ainsi que les rituels en sont les applications socialement ordonnées pour les premiers et graduellement progressives pour les seconds. Ils reposent sur l’oralité et une mise en œuvre qui intériorise l’expérience initiatique. Nous pouvons « appliquer » ce double principe de représentation mentale aussi bien à la définition de la lumière et à son accès intime et spirituel que dans la lecture par la voie(voix) intérieure de n’importe quel texte sacré. Cette voie intérieure passera notamment par l’expérience initiatique de l’épellation qui permet de se mettre en résonance avec les mots sacrés, ou par le tracer « en soi » du tableau de loge et pour finir par l’apprentissage de la planche à tracer. La craie qui crisse sur l’ardoise n’est que le reflet de la lumière intérieure balbutiante. Le maillet et le ciseau n’expriment une forme que dans la pensée devenue volonté agissante. Le ciseau incise la matière entre l’ombre et la lumière. La forme née à la lumière physique par la lumière spirituelle.

« L’harmonie des correspondances »

Nous dépassons ainsi la lecture religieuse ou sociale d’une explication exotérique (qui découle de l’apparence) en recherchant les signifiants ésotériques (au-delà des apparences). La recherche ésotérique ne nie pas la relation de cause à effet, mais ne se borne pas à décrire la crête de la vague en fonction du vent ou du courant. Elle recherche le rôle non apparent de la lune et ce que le phénomène des marées apporta à la vie sur terre. Elle se permet de décrire la Lune dans tous ses états symboliques et mythiques pour en déduire un lien arrimé à l’imaginaire traditionnel ancestral. La crête d’une vague n’est qu’un épiphénomène de quelque chose de plus grand. La face cachée de la lune est donc symbolique, mythique et métaphysique! En un mot ésotérique.

J’en conclurais que la grande explication symbolique vient relier le phénomène à une totalité sans doute produit d’un Principe « lumineux ». L’ontologie fonde pour partie le sens de la vie.

Partant de cet exercice, on comprend que l’homme à une aptitude à une représentation « surjacente » (et pas seulement sous-jacente comme l’affirme le dictat de l’inconscient) et symbolique par le jeu des correspondances entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, entre l’apparent et le caché, entre immanence et la transcendance. Cette interrogation symbolique participe à son humanisation du cherchant par l’élévation de l’esprit.

« Le chantier de l’humanisation »

Le positivisme et le matérialisme ont banni temporairement notre langage sacré, simplement parce que certains n’ont pas compris qu’il existait aussi un sacré « laïque » dépassant la croyance asservie et que la grande mémoire des peuples avait dans son ADN symbolique tous les épisodes de la manifestation. Les nouvelles technologies par la « réalité augmentée » à laquelle succédera la « réalité rêvée » restaurent ce grand mythe des temps premiers démontrant s’il en était besoin qu’aucune dictature idéologique n’empêchera la recherche d’un paradis perdu, preuve que les marges de progression sont importantes.

Nous pouvons faire des progrès sur la voie de l’humanisation de l’homme en lui restituant sa dimension sacrée fut elle laïque. Les progrès très relatifs de la science sont à relire à l’aune de cette capacité à être plus homme universel qu’animal âpre au gain ou à un faux bien-être. L’homme véritable s’extrait de la contingence, l’homme réalisé dépasse son conditionnement intellectuel et social. Il est de notre devoir d’exiger que le progrès matériel ne se passe point d’une éthique et d’une élévation spirituelle.

« Le franc-maçon privilégie l’être à l’avoir. »

Un franc-maçon s’efforce de voir au-delà des apparences et embrasse le monde en franchissant des frontières intérieures. Il finit par rayonner de cette force tranquille qui fait de lui celui qui entend et qui voit.  En aucun cas la franc-maçonnerie ne confine à une observation passive d’un centre immobile. Elle suggère l’élévation de l’âme et le perfectionnement actif par la voie citoyenne.

Je suis rentré en FM comme les autres et j’y suis resté à cause de l’arbre universel que j’ai planté enfant et qui à grandi en moi, sous l’œil bienveillant de mes frères sur le chemin de la lumière.  

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