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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 00:00

 

Les quatre Saints couronnés - Ars Quatuor Coronatorum

Première légende du métier de l’ère chrétienne.

Relaté Regius1390

La légende opérative ou le respect de l'engagement et du devoir jusqu'au sacrifice avant la légende d'Hiram.

Sancti Quattuor Coronati

"Voici comment sont appelés ces quatre sculpteurs tailleurs de pierre,

La légende qui les concerne est parvenue jusqu’à nous par de nombreuses voies de transmission parfois nébuleuses.

L’histoire de ces ouvriers martyrs, victimes de leur foi chrétienne et de leur savoir-faire devenu savoir-être opératif, anime le quotidien des carrières de pierre à l’époque du moyen-âge.

La période la plus ancienne donnant naissance à cette légende de métier se situe vers l’an 287 ou 298 voire même 300 ou 310. Dans tous les cas 354 au plus tard.

Quatres couronnés vers 1500

 

Le récit de Leurs vies n’a laissé que très peu de traces écrites et nous pouvons en quelques lignes faire une esquisse rapide de leur existence parmi les maîtres bâtisseurs du début de notre ère chrétienne.

Les légendes de transmissions verbales ont donné lieu à des variantes. On en connaît principalement trois… comme l’âge de l’apprenti…

Prenons la version la plus répandue[1][1] : la légende des quatre couronnés se situe en Pannonie au IVème siècle sous le règne de l’empereur romain d’orient nommé : Dioclétien.

Un texte en latin rédigé par Porphyrius employé au cadastre, nous conte l'histoire de quatre tailleurs de pierre chrétiens Simpronianus, Claudius, Nicotratus, et Castorius, puis plus tard un cinquième ouvrier nommé Simplicius se convertira et ralliera le groupe.

Ces Sculpteurs très habiles attirèrent l’attention de l'empereur, qui les remarqua et leur demanda de réaliser une statue du Dieu Esculape, le dieu de la médecine en mythologie romaine.

Malheureusement pour eux, ils refusèrent, car ce dieu païen était soupçonné d'incarner les puissances démoniaques de la Rome antique. Esculape était en effet représenté avec un bâton en forme d'axe et un ou deux serpents entrelacés. Le serpent, fût-il médicinal, représentait pour les chrétiens la tentation du récit de la Genèse, mais aussi le pouvoir de la vie et de la mort. Pour les premiers chrétiens, ce pouvoir n'était donné qu'a Dieu.

.esculape

Ils furent jugés et condamnés à mort; enfermés, vivant dans un cercueil de plomb que l'on précipita dans le Danube.

Les cercueils au nombre de cinq furent repêchés après six semaines, soit 42 jours plus tard par un fidèle chrétien appelé Nicodème.

Ce repêchage n’est pas sans rappeler le mythe Osirien du démembrement du corps jeté dans le Nil qui fut repêché par Isis et réuni à nouveau. Rassemblons, ce qui est épars, mes frères…

Pourquoi un tel châtiment ? Pourquoi un cercueil en plomb immergé ? Un élément purificateur pour l’eau peut-être ? Et la matière choisie : le plomb symbolisant la base de tout travail de transformation spirituel et alchimique, mais aussi pour le cercueil la retraite, la solitude, l’isolement…

Nous pouvons voir à ces trois aspects cercueil, plomb et eau, un système symbolique commun, et dans la descente et la remontée à la surface une vérité initiatique : Le cercueil est le réceptacle de l’homme en supplice. Rien ne peut sortir de cette boîte, ni le corps physique, ni l’esprit, ni l’âme. Le plomb est le symbole suspendu au bout du fil et qui s’enfonce comme le cercueil inexorablement vers les profondeurs abyssales, soit le centre de la Terre, le Nadir. Cette plongée au centre du liquide amniotique danubien et cet enfermement dans le plomb n’est pas sans rappeler notre tentative de plonger en nous même par l’acronyme V.I.T.R.I.O.L.

L’eau du Danube[2][2] traverse et irrigue les contrées les plus fertiles de l’Europe, c’est un fleuve mythique et porteur dans ses brumes des plus fabuleuses légendes. Ainsi les corps l’âme et l’esprit des suppliciés baignent dans le fleuve nourricier de la terre et leur légende sera porté sur toutes les rives d’Europe. Les cercueils vont ainsi franchir symboliquement la ligne de partage des eaux entre ce qui est en haut et ce qui est en bas, par l’intervention de Nicomède.

Nicomède sera le passeur entre l’état inférieur de la recomposition de l’être supplicié et sa libération à l’air libre ou plus précisément à la lumière C’est lui qui fait le passage entre le supplice de nature mystique et le sacrifice de nature initiatique. Il rejoint par un pont les deux rives du Danube : le profane extérieur au sacré intérieur. L’ouverture du cercueil libère l’esprit et l’âme des suppliciés qui ont respecté leur engagement de plonger au plus profond d’eux-mêmes.

Le subtil se dégage de l’épais. C’est ici le but principal de tout croyant : accéder à plus haut, à un état supérieur à l’existence physique en se sacrifiant à son « devoir ». C’est un authentique combat pour la liberté de conscience qui mérite le respect. Le terme « devoir » est tout à la fois professionnel et initiatique, il associe respect, fidélité et liberté de conscience. Le sommet de la voie n’est pas dans la corporification de l’être ni dans la corruption des convictions, mais dans la libération de l’esprit prisonnier de ce corps de matière.

Les anciens pensaient que la forme de la pierre taillée reflète la beauté et la sagesse de l’esprit qui l’avait taillé pour les chrétiens ou de l’esprit prisonnier de cette pierre pour les Celtes. C’est aussi dans un registre différent, le sens préchrétien du sacrifice du Christ supplicié sur la croix, soit le passage de la matière à l’esprit. C’est à l’évidence une légende qui annonce celle d’Hiram.

Le culte romain des quatre couronnés, malgré ses différentes versions est attesté par les calendriers et par les livres liturgiques qui restent les seules sources à peu près fiables.

Après cet abominable crime, l’empereur retourne à Rome et ordonne que tous les soldats aillent au temple d’esculape pour encenser l’autel de ce dieu. Ce Dieu ne fut pas choisi par hasard.

Quatre officiers subalternes (corniculari, titre militaire), convertis au christianisme, ne voulurent pas obéir un Dieu au serpent tentateur qui convainquit Adam et Ève d’enfreindre la Loi Divine et de s’emparer du fruit de la connaissance. Pour ce refus ils furent également punis de mort, ce qui au plan initiatique leur ouvrent littéralement la voie de la connaissance. La voie de la connaissance est représentée classiquement par le centre de la croix.

Le martyr des cinq maçons est supposé avoir eu lieu le 8 novembre de l’année 298 et celui des quatre militaires, à une date proche, en l’an 300.

Au total neuf martyrs furent, suivant certaines légendes, inhumés dans une même sépulture.

C’est en 310 que le pape Melchiades donne à ces derniers le titre de quatuor coronati, sous lequel on les désigne dans les plus anciens missels et dans les formulaires de dévotion populaire, ainsi que les cinq autres martyrs qui figurent nominalement et sous le titre de saints martyrs.

Au VII siècle le pape Honorius 1° érigea sur le mont Coelius, l’une des sept montagnes de Rome qui deviendra le mont Saint-Jean, au moyen de matériaux provenant des ruines du temple de Diane, une basilique, à la mémoire des quatre martyrs.

En 848, les restes mortels des neufs martyrs Cinq tailleurs de pierres et quatre sous-officiers, furent transférés dans cet édifice des quatuors coronati.

L’église plusieurs fois reconstruite existe encore, elle porte le nom d’église des quattro incoronati.

C’est en partant d’Italie, que la renommée des quatuor coronati se répandit en Allemagne ou elle fut légende de métier et en France.

D’après le martyrologue de du Saussay, les corps des cinq maçons furent transportés de Rome a Toulouse, et les reliques de l’un d’eux, Saint Claude, sont relatés dans une bulle papale de 1049, comme reposant dans l’église de Maynal dans le Jura en Franche-Comté. Ainsi, commence en Europe le culte et le commerce des reliques.

Ce qui nous intéresse dans le sacrifice des tailleurs et des Quatre militaires, c’est l’association dans un même sort de la voie initiatique artisanale, et de la voie initiatique militaire ou chevaleresque. Ces deux voies sont authentiques et se complètent en tant que voie initiatiques.

Par cet assemblage le mythe transporte une information précieuse : les quatre premiers tailleurs furent rejoints par un cinquième selon l’histoire. Ceci veut dire que l’homme sur le chemin des petits mystères doit dépasser le cap géométrique du quatre pour atteindre le cinq. Pour le compagnon bâtisseur, cela indique que l’étoile à cinq branches doit être tracée pour trouver l’image harmonieuse de soi. Cette harmonie intérieure est le point central de pierre taillée. Ce point central, ce cœur, se représente par la pointe de la pyramide surmontant la pierre. La mort sacrificielle est cette hache qui vient fendre le corps de matière pour en faire sortir l’esprit. La pierre ainsi éclatée fait apparaître l’étoile à cinq branches.

C’est ici le terme du cycle des petits mystères qui du cabinet de réflexion à donné la co-naissance des éléments constitutifs et dispersés de soi, jusqu'à la connaissance de soi. En effet la co-naissance est littéralement la naissance « à côté de soi » c'est-à-dire revivre sa naissance par les quatre éléments, alors que l’étoile à cinq branches caractérise la « connaissance de soi » par son centre unificateur.

Cette partie centrale ne peut être lue par le profane, car elle vit cachée au cœur de la pierre. Sa libération marque la fin du périple des petits mystères qui aboutira à la naissance d’un nouveau cycle : celui des grands mystères. Ce sera, pour les francs-maçons, le mythe d’Hiram qui viendra illustrer cette « re-naissance » dans une autre dimension et sur un autre axe.

La présence des quatre sous officiers qui seront eux aussi sacrifiés, complète l’idée de « fin » par la projection du corps vers la mort physique avec pour corollaire la vie spirituelle.

Dans l’esprit de la légende, le sacrifice des maçons et des militaires se confondent dans la mort.

Pour naître, il faut mourir.

Finalement nous avons le sentiment que le sacrifice devait aller jusqu’à son terme. Ce terme semblait souhaité par les victimes, au nom d’une fidélité au devoir. La finalité de ce devoir est de se trouver dans la proximité du divin. C’est ce qui ressort de l’Ancien Devoir catholique le Régius de 1390 :

« Mais eux demeuraient ferme dans la loi du Christ,
Et dans leur métier sans compromis »
.

« Plus cruellement il les punissait,
Plus ils se réjouissaient dans la grâce de Dieu,

Alors quand il vit qu'il ne pouvait plus rien,
Il les laissait alors aller à la mort; »

L’initiation militaire, c’est l’usage de son corps dans un combat jusqu'à la victoire. La mort physique devient une victoire de l’esprit libéré. C’est le « sens de l’engagement » du militaire ou de l’art martial. C’est en parallèle aussi le « sens du devoir » ultime du maçon. La vie comme la mort sont conjuguées au quotidien.

Le savoir-faire du maçon trouve son équivalent dans la connaissance des armes et de leurs utilisations jusqu'à ce qu’elle porte un nom. Le tailleur fait corps avec son maillet et son ciseau comme le chevalier fait corps avec son arme. Le militaire est donc enterré avec son arme.

Ainsi les quatre militaires projettent leur corps aux quatre arêtes de la pyramide de la pierre cubique à pointe. C’est une projection jusqu'à sa pointe sommitale qu’ils touchent de leur tête. Le conjointement des quatre arrêtes fait l’élévation du centre de la pierre dans le feu de l’ascendance. C’est le sens ésotérique des pierres à feu… C’est ce sens profond que nous trouvons parfois représenté par cette couronne sur la tête des saints qui donne aussi l’auréole ou la flamme au-dessus de la tête. On trouve aussi la représentation du saint avec couronne et petite flamme.

Cette pyramide « couronne » littéralement le cube de l’art royal représenté lui-même par les quatre tailleurs à chaque angle et le cinquième non visible, comme il se doit, au centre du cube. Le carré et donc surmonté du triangle !

La représentation statuaire positionne quatre tailleurs aux quatre angles de la chasse "ouverte", le cinquième est invisible, mais forme l’axe, lieu d’élaboration du tout et de la manifestation. Le toit surmontant la chasse du fait de son éclatement sera représenté en triangle ou en pyramide ouverte. La pointe du haut correspondra l’axe du bas.

Quatres couronnés-FirenzeOrsanmichele03[1]

Ainsi les 5 sacrifiés et les 4 forment la pierre cubique à pointe dans les quatre arêtes montantes et dans l'axe.

Le nom des quatre couronnés était souvent donné à des groupes de métiers concernant l’art de bâtir, réunis en une seule corporation comprenant sculpteur, tailleur de pierre, maçon et autres.

En résumé, la légende des martyrs couronnés appuie la conclusion que les « quatre » furent les saints patrons de la partie la plus importante des métiers de la construction, durant la splendeur de la maçonnerie opérative médiévale et jusqu’à sa période de déclin.

L’affiliation aux saints patrons par les métiers est un mariage de l’organisation au mythe fondateur, par delà l’église. Cette fusion porte et justifie sous l’œil des béatifiés l’honorabilité et l’ancienneté de l’association des tailleurs de pierre. Cette légitimité immémoriale par l’ancienneté de la légende devient de "droit divin". Elle permet et donne une assise morale à l’édiction de règles de métiers qui du coup profitent de la légitimité du saint. Ainsi les quatre saints deviennent médiateurs célestes pour toute la profession.

 

La priorité de ce travail n’est pas de prouver et de confirmer l’exactitude des recherches déjà tant exploitées, mais de retenir le caractère symbolique de ces fidèles croyants et pratiquants du début du christianisme qui comme nous, francs-maçons et au-delà de l'exotérisme religieux, n’ont pas renoncés à leur liberté de conscience. On peut se sacrifier pour la liberté de penser, nos aînés nous l’on démontré voici 70 ans.

De nos jours plusieurs ouvrages maçonniques donnent en référence la légende des quatre corniculaires. Ces quatre sacrifiés sont représentés aux quatre angles du lieu d’élaboration des plans de l’édifice. C’est le lieu de la naissance de la forme. Ils constituent les quatre angles de l’édifice opératif. Cette conception se transporte jusque dans les règles du métier. Les quatre angles sont conçus comme un mode d’emploi corporatif et comprennent 4 parties.

-1) Le maître maçon dirige le chantier et il est à ce titre, responsable devant le seigneur du lieu.

-2) Il gère le personnel et le trésor pour les renvoyer « comptant » leur salaire. Il doit se comporter honorablement avec les autres ouvriers qui sont les apprentis et les compagnons.

-3) Un enseignement du Code du travail pour réguler les relations et la création d’un certain nombre d’articles moraux que nous retrouverons dans la Banhutte germanique, le Régius de 1390 et le Cooke de 1410.

-4) Enfin, une dernière partie porte sur l’assistance aux assemblées régionales, preuves d’une organisation dépassant les murs de la loge opérative.

Que dire de plus … nous reconnaissons bien nos repères maçonniques :

Suivant les versions iconographiques, Claudius est représenté avec une équerre pour la matière, Nicostratus un compas pour la mesure et l’esprit, Castorius une règle et livre ouvert, la règle étant le diminutif de la loi sacré figurant dans le livre exotérique, et Symphorius un niveau et un sceptre, le niveau pour l’égalité et la différence de niveaux (haut et bas) traversés par le sceptre du pouvoir royal à qui l’on doit allégeance. Le sceptre se divise donc en deux parties, la terrestre avec la canne axiale du compagnon et le céleste avec l’épée flamboyante qui remplace les deux doigts tendus vers le ciel. Ces deux parties forment un tout sceptral regroupant le haut et le bas dans la filière initiatique de l’art royal. (On trouve aussi la truelle et le livre fermé, le livre et la règle, l’équerre, le maillet et le ciseau)

Voilà pour moi une toute petite partie de notre salaire…juste pour quelques heures de labeurs… sur cette planche à retracer la découverte des origines opératives de la lumière. J’en conclus que les corporations et les loges maçonniques opératives par le choix de leurs saints patrons épousaient une connaissance initiatique sous-jacente. C’était leurs connaissances mythiques secrètes dans l’art royal, qui venait en appui de leur secret de métiers.

Notre travail de recherche ne finit jamais, nous francs-maçons du « Primigenius more majorem » nous réfutons tout empereur dictateur à l'image de Dioclétien. Nous n’avons d’autres certitudes que nos questions.

 

(…)

 

Extrait du Régius de 1390, traduction tirée des archives "instructions du 1er degré R.°.L.°.EDSJ" sur la notion de "Devoir" :

 

"Prions maintenant Dieu tout-puissant,
Et sa mère Marie la radieuse,
Afin que nous puissions garder ces articles,
Et les points tous ensembles,
Comme le firent les quatre saints martyrs,
Qui dans ce métier furent tenus en grand honneur,
Ils étaient d’aussi bons maçons qu'on puisse trouver sur la terre,
Sculpteurs et imagiers ils étaient de même,
Car c'étaient des ouvriers d'élite,
L'empereur les tenait en grande estime;
Il désira qu'ils taillent une statue
Qu'on vénérera en son honneur.
En son temps il possédait de tels monuments,
Pour détourner le peuple de la loi du Christ

 

Mais eux demeuraient ferme dans la loi du Christ,
Et dans leur métier sans compromis
.
Ils aimaient bien Dieu pour son enseignement.
Et s'étaient voués à son service pour toujours.
En ce temps-là ils furent des hommes de vérité,
Et vécurent droitement en la loi de Dieu;
Ils n'entendaient pas tailler des idoles,
Quelques bénéfices qu'ils puissent en retirer,
Ni prendre cette idole pour leur Dieu,
Ils refusèrent de le faire, malgré son courroux;
Car ils ne voulaient pas renier leur vraie foi,
Et croire en sa fausse loi,
L'empereur les fit arrêter promptement,
Et les mit dans un profond cachot;
Plus cruellement il les punissait,
Plus ils se réjouissaient dans la grâce de Dieu,

Alors quand il vit qu'il ne pouvait plus rien,
Il les laissait alors aller à la mort;
Celui qui voudra, trouvera dans le Livre
De la légende des saints,
Les noms des quatre couronnés.
Leur suite est bien connue, Le huitième jour après la Toussaint.

 

(...)

 

V :.M :. Joe :.pra :. Tenue du 09 janvier 6013à l’O :. De st Maximin la Ste baume.

 

[1] [1]  Selon la version de Jacques de Voraigne : Les quatre couronnés furent Sévère, Séverin, Carpophore et Victorin qui, par l’ordre de Dioclétien, furent fouettés à coups d'escourgées de plomb jusqu'à ce qu'ils en moururent. D'abord leurs noms furent inconnus, mais longtemps après Dieu les révéla. On décida donc que leur mémoire serait honorée sous les noms de cinq autres martyrs, Claude, Castorius, Symphorien, Nicostrate et Simplicien, qui souffrirent deux ans après eux. Or, ces derniers martyrs étaient d'habiles sculpteurs qui ayant refusé à Dioclétien de sculpter une idole, et de sacrifier aux dieux, furent mis vivants, par ordre de cet empereur, dans des caisses de plomb et précipités dans la mer vers l’an du Seigneur 287. Le pape Melchiade ordonna d'honorer sous les noms de ces cinq martyrs les quatre précédents qu'il fit appeler les quatre couronnés, avant que l’on découvrît leurs noms; et l’usage en a toujours prévalu, même quand on eut su comment ils se nommaient réellement.

  [2] [2] Une autre version dit que les cercueils furent jetés à la mer ; une autre précise qu’ils furent suppliciés avec des scorpions (équivalent symbolique de la couronne d’épines, de la pointe de la lance ou de l’épée, mais aussi des crochets du serpent d'Esculape!) et leurs corps jetés aux chiens (symbole de fidélité) qui durant « cinq » jours restèrent à leurs pieds sans les dévorer, symbolisant le respect l’œuvre alchimique et de l'opération en cours.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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