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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 22:58

1694.S-1-.jpgLa litanie[1] des 12 S

(…)

Le S est une lettre qui est d’abord un signe.

 

Il résume les 12 lacs d’amour de la corde à nœuds. Il ne fait pas le retour sur lui-même complet, car il ne se suffit pas à lui-même. Il est interdépendant des autres S de la litanie. Si on parle de litanie des 12 S (3 fois 4) c’est pour mieux souligner l’absence criante et lancinante du treizième nœud. Le treizième nœud clôture le douzième espace, et démarre le premier.

Le S est un nœud dénoué qui prend alors le sens d’un mot. Dans la corde à nœuds qui cercle les murailles du temple, le treizième nœud est rompu pour laisser le passage à l’Ouest. Le treizième nœud et le treizième S sont la porte d’accès. Pour franchir cette porte il faut prononcer un mot au grade de compagnon, et faire le signe[2].

 

images-7--copie-1.jpgIl y a une logique intégrative qui repose sur la correspondance entre la corde à nœuds, située sur le sommet des murailles et la chaîne d’union autour du pavé mosaïque. Franchir la porte d’Occident, à l’endroit de la rupture du treizième nœud puis se tenir entre les colonnes, revient à devenir le treizième nœud. La frontière franchie nous devenons un maillon de la chaîne d’union. La recherche de critères spécifiques de l’initiation maçonnique aboutie, avec un certain bonheur, à 12 mots commençants par S, qui, pour eux-mêmes ou pour les combinaisons qu’ils nous proposent, recouvrent un domaine de définition donnant aux deux premiers degrés un aperçu suffisant pour appréhender les petits mystères.

Pour nous les 12 S sont les 12 « stations[3] » du pèlerinage symbolique du compagnon.

 

On peut synthétiser ces critères autour des 12 S. Ces mots sont interagissant et recouvrent l’espace matériel du temple (sacré, spirituel, symbolique), l’attitude du maçon (secret, serment, silence), l’état du maçon (soi, solitude, solidarité) et le but à atteindre (sacrifice, servir, sagesse). Ici les mots prennent la plénitude de leur sens dans leurs combinaisons transversales. Ainsi on relève que le silence est en rapport avec le secret et le sacré, que le soi interagit avec le sacrifice et le silence, etc.… :

 

-      Sacré ou consacré, dois être le lieu où se déroulent les rituels. Ce lieu est appelé Temple, et la sacralité peut être comprise au-delà du sens religieux ou laïc.

 

-      Spirituelle doit être la recherche, c’est la quête de l’esprit, tel le compas dominant l’équerre.

 

-      Symbolique doit être le langage dans le but d’animer l’intelligence du cœur.

 

-      Secret est le ressenti. C’est le domaine de l’intime. Il qualifie le lieu et l’instruction ésotérique dont les effets sont personnels et incommunicables.

 

-      Serment doit être rituellement prononcé, il scelle l’engagement sur la voie initiatique et inaugure le silence et le secret.

 

-      Silencieux doit être l’apprenti pour éveiller son écoute de lui-même et de l’autre.

 

-      Soi doit être reconquis, face à l’égo, par la plongée dans les profondeurs de l’être, pour y faire une place à l’autre en se connaissant soi-même. Se rendre maître de soi, dans l’acceptation de l’autre.

 

-      Solitude du parcours, chacun son chemin, il n’y a pas de dogme pour cheminer.

 

-      Solidarité de la fraternité, compense la solitude. La franc-maçonnerie est un lieu de fraternité et d’épaulement dans la découverte du soi.

 

 

-      Sacrifice de soi reste le but final, pour mieux renaître.

 

-      Servir l’autre et s’oublier.

 

-      Sagesse dans le corps, l’âme et l’esprit, pour préparer l’ultime initiation.

 

 Le treizième S ne peut être divulgué ici. Il est commun à tous les rites maçonniques, qui n’abandonnent pas le compagnon au travail solitaire dans les entrailles de la Terre.

Il est typique du grade de compagnon[4]. 

Est-ce un hasard s’il vient achever le travail de la matière et la connaissance de soi par la rencontre de l’autre ? Est-ce un hasard si sa prononciation est si particulière au point d’être discriminante pour lui même ? Est-ce un hasard s’il permet le passage d’une frontière ?

Finalement, le treizième S boucle la corde à treize nœuds et finalise le S en lac d’amour, soit un retour sur soi, pour mieux poursuivre le chemin.

 

Le treizième nœud de la corde est donc le compagnon. Il fait la jonction. Sa présence transforme la corde à nœud en Ouroboros[5], symbole des cycles du recommencement et du retour sur soi, de l’indifférencié qui absorbe et digère la dualité et les couples d’opposés[6].

  Chaque S renvoie au suivant et inversement dans une suite perpétuelle, comme chaque noeuds de la corde est partie et totalité de celle-ci.

 

Pour conclure, il nous semble que cette litanie renforce et complète l’enseignement des arts libéraux, des maximes et ordres d’architecture. Elle donne l’interaction circulaire et panoramique nécessaire pour recouvrir le microcosme du compagnon. Elle ouvre une perspective ascendante en bouclant le parcours de l’espace plan du compagnon. Elle le renvoie à la découverte d’un centre omphalique, d’un axis mundi au cœur de la loge, où la verticalité ascensionnelle est une voie d’accès au macrocosme. 

(…)

24

En complément à cette interprétation maçonnique, la lettre S doit être rapprochée de la ligne sinusoïdale de partage de la figure universelle du Yin et du Yang.

 

En réalité le S aun mouvement enveloppant qui tourne autour de deux axes l'un blanc et l'autre noir. Cette observation nous fait revenir à une globalité cyclique dans laquelle se fondent et disparaissent les oppositions. L'opposition est un motif de contournement par le tracé tout en étant constitutif de la figure. Donc de l'opposition apparente naît la synthèse et son cycle de renouvellement. Il n'y aurait pas de cycle sans opposition "apparente" qui n'est au plan supérieur qu'une complémentarité.

On comprend comment se forme le noeud de la corde à noeud dont le S n'est qu'une expression synthétique.

 

Les symboles maçonnique dépassent le plan terrestre et la linéarité du pas de l'apprenti pour dans le ciel s'élever dans une signification circulaire et cyclique. Ainsi le pavé mosaïque trouve un écho dans la corde à noeuds. Le changement de plan qu'autorise le rapprochement des symboles, scelle l'union de la terre et du ciel pour celui qui sait lire. 

Eric R.:

 



[1]              Le propre d’une litanie est d’être une prière circulaire et répétitive, tels un chapelet, un rosaire.

[2]                          Le nœud, le S, le signe et le mot, recoupent les quatre dimensions du symbole.

[3]              Le terme « station » n’est pas celui du chemin de croix dans son sens religieux, il reprend néanmoins l’idée d’une halte intellectuelle sur le chemin pour méditer sur le sens profond du mot.

[4]              Le mot de passe est S……….. et toute la difficulté consiste dans sa prononciation. Si et est juste elle permet le franchissement du fleuve, qui est d’abord une frontière intérieure, pour rejoindre la fraternité.

[5]             Ouroboros est représenté sous la forme d’un serpent qui se mord la queue, indiquant que ce qui est revient à ce qu’il fût. Constatons que le mot serpent commence par un S et que c’est ce même serpent qui vient boucler la ceinture de notre tablier de maçon.

[6]              Telles les cases noires et blanches du pavé mosaïque qui doivent être lues par le filtre de la corde à nœuds.

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Published by écossaisdesaintjean - dans MORCEAUX D'ARCHITECTURE

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