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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 22:08

imagesCAG2EDQ0.jpgBases de l’engagement maçonnique à l’attention des apprentis. 

(Texte de synthèse introductif à « la méthode maçonnique », Janvier 6009.)°°°

 

Tout homme en vient tôt ou tard à se poser la question du sens de son existence.

Le propre du franc-maçon est de tenter d’y répondre avec un certain état d’esprit.

Face aux mystères de la vie, au sens donné à la mort, à la représentation philosophique et scientifique du monde, à l’écoute des mythes fondateurs et de la pensée orientale et occidentale, à la lecture des textes sacrés, c’est tout un univers de représentation mentale qui s’offre à nous. On en vient naturellement à vouloir éclaircir ses propres idées sur les interrogations fondamentales quelle soulève. Naturellement, ces questions fondamentales trouvent un écho dans la politique et le social et pose plus généralement le problème de la place de l’homme dans l’Univers.

Il s’agit là des grandes questions existentielles et ontologiques. L’engagement maçonnique est par nature initiatique et offre non pas une réponse unique à ces grandes questions, mais une méthode pour les approcher.

Sans aborder ici la méthode maçonnique que nous verrons plus loin, nous avons voulu dessiner les soubassements et les ressors de l’engagement maçonnique. Cet engagement repose sur la capacité que nous avons de voir au-delà des apparences. Un effort de synthèse  rend utilisable cette vision dans la construction de soi et du monde.

Nous abordons les thèmes suivants : Le mariage de la tradition et de la modernité, le nombrilisme de l’homme et le culte de l’avoir au détriment de l’être, la trace des mythes dans notre inconscient, les symboles et le sens du caché, l’analogie maçonnique. Le divin et la connaissance, la perte des repères traditionnels et le retour à la sagesse, les conquêtes de la démocratie, l’exemple des bâtisseurs, la vérité et l’idéal maçonnique ….Bref, l’ensemble de ces thématiques sont autant de fondements pour motiver un engagement sur la voie initiatique qui semble la seule à donner la vision globale. Si l’Homme est plus que l’homme, gardons-nous des théories qui pensent l’homme par l’homme et pour l’homme.

 

(…)

Tout historien, ethnologue ou scientifique a suivi un canevas structuré, basé sur la raison et la déduction logique pour tenter de répondre au sens de l’existence. Quelles que soient les avancées de ces disciplines universitaires, il convient à un moment ou à un autre de leur donnant une signification qui dépasse le simple constat scientifique. La science tout en libérant le raisonnement et en découvrant sans cesse de nouvelles frontières est incapable de répondre avec clarté aux aspirations d’un chercheur devenu « cherchant ».

Il est possible d’envisager désormais le progrès scientifique comme un facteur d’aggravation de la barbarie des hommes. Tout un paradoxe donc, qui déboussole l’honnête homme sûr de sa science !

 La montée en puissance de la science à pour corollaire historique l’effondrement des religions. Alors même que la modernité se croyait au sommet d’une montagne, l’homme s’aperçoit qu’il est au bord d’un gouffre existentiel et écologique.

Nous faisons le constat que la raison asservie à la seule rationalité et au positivisme nous installe dans un décor « métallique ».

 

En réalité, de nouveaux repères du positivisme apparaissent comme de nouveaux horizons ou de nouvelles promesses, mais ils sont changeants au fur et à mesure de l’évolution de la connaissance scientifique. En un certain sens, le progrès scientifique organise de lui-même une certaine instabilité. Les sables mouvants de la pensée moderne empêchent de bâtir la moindre cathédrale. Ainsi nos repères traditionnels, comme les mythes et les religions sont oubliés, car leurs interprétations nous paraissent moins séduisantes que la tentation des nouveaux horizons. Pourtant ils constituaient l’expression des archétypes de la pensée qui ont mis plusieurs millénaires à s’imposer comme des vérités à notre intuition. On peut dire que ces archétypes restent bien présents en nous, sédimentés dans les couches basses de notre intellect.

 

L’homme voulut être au centre du tout, oubliant sa faiblesse adamique et ne raisonnant qu’autour de son nouveau nombril.

Nous sommes partis à la conquête d’un nouvel eldorado, les poches vidées des pierres de fondation, l’esprit neuf, mais pauvre. Nous sommes devenus des dieux immatures qui ont jeté leurs livres sacrés dans les autodafés de la raison. Mais l’homme n’échappe pas à ce qui le constitue profondément : le sacré.

Les archétypes de notre pensée nous ont rattrapés. Le souvenir de l’acquis de nos ancêtres, sous une forme floue et à peine lisible, s’impose à nous comme un fleuve souterrain qui sourd dans les tréfonds de notre être. Il nous faut retrouver les clefs de lectures symboliques qui redonneront du sens aux hiéroglyphes, un peu comme le sourcier avec sa baguette retrouve le chemin de l’eau. Les Francs-Maçons, possèdent une des clefs qui nous ouvre les symboles. Cette clef de lecture repose sur l’analogie fondée sur la raison et l’intuition du sacré. Pour relier ces deux colonnes ou ces deux rives de l’intelligence, il faut une voûte ou un pont. Le pont et la voûte ne tiennent que par la clef de voûte. L’analogie est la clef de voûte de la synthèse maçonnique. La clef de voûte est posée de haut en bas, elle est cette fameuse pierre venue du ciel pour unir. Cette clef  ouvre la porte du ciel.

Voilà le constat.

 

Dieu au sens générique n’est pas mort, pas plus que son double maçonnique le Grand Architecte de l’Univers, ou grand horloger des cycles. Sa présence tutélaire s’impose dans un processus d’individuation soumis à la loi des cycles.

Notre liberté de pensée et ses modalités d’expression sont les plus grandes conquêtes de la démocratie. C’est par ce biais, alors même que le sentiment d’appartenance à une religion diminue dans le monde occidental, que nous avons œuvré avec d’autres à cette recherche en dehors de tous dogmes. L’Occident contrairement à une idée fort répandue, n’a pas laissé errer ses "cherchant" uniquement dans la satisfaction matérielle de ses besoins. L’accouchement révolutionnaire du Siècle des lumières, construit une image de l’homme universel, dans une aspiration d’unité microcosmique, avec de belles avancées œcuméniques telles que les Constitutions d’Anderson. Ces Constitutions seront redoublées d’un idéal républicain retraduit dans un signal laïc modéré. La révolution privilégie la fonction raisonnante et rationnelle à l’intuition du cœur comprise au sens de la tradition.

L’individu libéré prend le dessus. La course à l’avoir lui fait perdre la profondeur de l’être et sa mise en perspective macrocosmique. Le mouvement romantique sera une tentative pour renouer avec l’inexplicable et le déraisonnable. À cette nouvelle religion de l’avoir, s’associait le doute irréductible de la fin des temps et de la mort. Cette échéance ultime permit dès la renaissance de préserver une dimension métaphysique et initiatique dissimulée dans quelques chapelles de la connaissance. Lesdites chapelles telles des ruisseaux se jetteront dans le fleuve de la franc-maçonnerie.

 

La perfection dans l’accumulation matérielle et comptable se substitua à la perfection dans la vérité de l’être. C’est le règne de la quantité qui prévalait. Nulle place pour le rêve. Il s’agissait de donner la priorité à l’économie scientifique comme facteur de progrès social. L’individu s’inscrivant dans ce progrès devait trouver une réalisation individuelle. Cette réalisation matérielle et sociale devait rejaillir sur la sphère collective de la société.

Ainsi, c’est l’ensemble sociétal qui devait bénéficier de l’enrichissement individuel. Du moins, l’Occident voulait y croire comme à une nouvelle religion.

Cette belle chimère fut un échec, car la richesse intérieure ne s’achète pas. Seule la spiritualité répond à l’angoisse du dernier passage.

 

Perdant ses repères traditionnels, en se débarrassant de l’emprise du pouvoir spirituel, l’Occident développe l’autonomie de la pensée. Cette nouvelle liberté entraîna un cortège contestable de sectes à caractère mercantile, mais aussi un système cartésien dont le moins qu’on puisse dire est qu’il inversa les polarités de la réalisation individuelle. La réalisation passait par l’individu en dehors du religieux.

Le paysage devient alors incohérent, les grands repères fondateurs se perdent et l’homme erre dans un long couloir ponctué de nombreuses portes. Toutes indiquent une sortie sur la vérité et aucune ne tient ses promesses. Il lui reste le sentiment d’appartenance à une ethnie, à un groupe comme seul repère en dehors de l’argent.

Le retour à la spiritualité ne pouvait se faire que dans la cellule primitive de la transmission de la connaissance : la tribu, sous sa forme modernisée. Cette cellule de base de l’imaginaire transmis restera un refuge pour s’abreuver aux mamelles du chamanisme et du pressentiment. Finalement l’homme n’a de soif que pour la superposition de la réalité au monde imaginé. L’imaginaire qui ne fait appel qu’à la potentialité humaine ne fait rêver personne. L’ouverture sur le divin ou à minima sur la spiritualité semble incontournable. Elle devient un moteur bien plus puissant que la satisfaction temporaire des besoins. C’est la différence entre le désir et le besoin.

 

Le vrai sage en rupture avec l’avoir, n’avait plus voie au chapitre. Les travers de l’individu enrichi se mariaient au goût de la puissance et du pouvoir. Cela nous conduisait tout naturellement aux vices de l’excès d’une minorité conquérante et prédatrice, face à un prolétariat réduit à son animalité première : la survie !  Les castes sociales et traditionnelles furent supplantées par les classes sociales. Désormais, une classe sociale supérieure, née du dieu argent, dominait le reste de la société. L’ancien système traditionnel fondé sur la complémentarité des castes devient obsolète. Son essence philosophique n’était plus apte à répondre aux attentes matérialistes associées au sentiment de liberté.

L’individu s’affirme avec la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen établie en 1789.

Le libéralisme s’associa à l’individualisme dans l’espérance de jours meilleurs. C’est donc le besoin d’avoir qui justifiait l’émergence de l’être et non pas l’être qui préexistait à toutes autres considérations. L’illusion d’une réussite possible annihilait toutes espérances pour l’être dans sa réalisation profonde. L’homme devait se résoudre à avancer sur un chemin qui n’était pas celui de sa vraisemblance.

La modernité de l’avoir et de l’amélioration de la condition de l’homme, par la réalisation économique, n’a pas su marier les fruits de la raison scientifique à l’intuition de la tradition métaphysique. L’homme moderne s’enticha d’une idole, d’un veau d’or qui ni de près ni de loin correspondait à l’ancienne tradition. C’est ainsi qu’il s’enchaîna lui-même à sa propre cupidité fondée sur l’apparence.

 

Quid de l’antique salut de son âme, ou de sa réalisation spirituelle ?

Cette vieille notion non économique s’était transformée insidieusement en abnégation pour le dieu Argent et réussite sociale. Pouvoir et avoir étaient partis liés.

En Occident, la trame de la chrétienté est la seule qui soit durablement enracinée reprenant le vieux fond encore efficace des mythes et lieux sacrés de l’ancienne tradition. C’est elle qui a forgé la morale et les lois. C’est aussi la religion qui, par ses fondements traditionnels, à donné des valeurs, parfois contraignantes, mais fondées sur l’amour du prochain et donc sur la fraternité.

Ces valeurs morales sont la colonne vertébrale de toutes les sociétés modernes. L’ancien enseignement n’était pas celui de l’argent dont la sonorité métallique était à fuir, bien au contraire. C’était celui de la réalisation de l’être détaché des valeurs matérielles et des pouvoirs. La pauvreté et le détachement étaient un gage de sagesse.

À défaut de pauvreté, le détachement matériel fait du franc-maçon, l’égal ami du riche et du pauvre, pourvu qu’ils soient vertueux. Ainsi le franc-maçon tente conformément à son esprit de synthèse de joindre les deux attitudes distinctes et de les marier. Mais à s’oublier soi-même ne risque-t-on pas d’être asservi à plus puissant que soi ?

C’était le point faible de la tradition. Elle maintenait statu quo social pour le plus grand profit d’une noblesse. Ce point faible, les confréries de métier l’avaient bien remarqué et les tailleurs de pierre furent les premiers à conquérir leur liberté de circulation et d’organisation en maintenant leur héritage traditionnel. Cette organisation au moyen-âge se fit sur deux axes :

-    les confréries ancêtres des syndicats défendaient l’individu,

- les corporations et les loges de chantier gardaient et transmettaient le secret professionnel et du tour de main.

Les 100 cathédrales et basiliques construites démontrent le mariage parfait de l’émancipation de l’homme et la culture de la Tradition.

 

La Tradition se marie avec la modernité, la raison avec l’intelligence du cœur.

D’un couple d’opposés on peut faire naître un troisième terme, supérieur en quantité et en qualité, à la simple addition des deux premiers.

Ce travail de synthèse est la base de la mentalité du franc-maçon. Les opératifs nous ont monté l’exemple à suivre.

Le maçon en taillant sa pierre doit découvrir sa propre intériorité tout en cherchant à avoir une conscience haute dans la compréhension des forces et des signes de la nature auxquelles il est assujetti. Il en résulte la nécessité de marier la force et la sagesse de manière harmonieuse. C’est le jeu des complémentarités, le mariage se fait par le truchement de la méthode analogique qui va chercher les significations au-delà des apparences. La ressemblance et l’apparentement est traité sous un angle anagogique.

Rassembler ce qui est épars est une base de raisonnement du franc-maçon. La diversité des raisonnements et des sensibilités trouve leur synthèse dans l’athanor maçonnique.  

 Ainsi, la place du maçon dans ses devoirs envers la société, sa famille et lui-même, ne l’entraîne pas dans une hérésie sociétale. Bien au contraire, l’idée défendue se résume ainsi : « Il faut changer son regard sur le monde avant de vouloir changer le monde ». Sans être révolutionnaire, il se veut réformateur des iniquités sans rien abandonner de la tradition qui le relie à une totalité. C’est en vertu de cette totalité qu’il sera apte à fonder des raisonnements de circonstance qui valorisent l’Homme dans l’Univers.

Ce travail de synthèse, car c’est un effort tant physique que psychique, doit d’abord changer le regard du maçon et par rayonnement changer la société. Pour changer son regard, il faut faire un pas vers la connaissance qui se distingue du savoir.

 

L’originalité de la franc-maçonnerie est de mettre en place une méthode pédagogique qui repose sur l’interprétation des symboles. Cette capacité à interpréter développe le ressenti de l’être. C’est le premier pas vers la connaissance de soi. Les symboles sont des représentations imagées qui trouvent leurs origines par correspondances analogiques. Ces correspondances font apparaître dans notre esprit un objet, une fonction, une situation, un caractère, invisible à l’esprit rationnel. Sous le voile des symboles, c’est le sens caché qui apparaît, sorti de l’ombre de la rationalité apparente.

Pour résumer, le symbolisme est une expression de l’âme. Il est aussi l’expression d’une réalité totale et racinaire. La profondeur des racines du symbole est sans limites. Elle envahit les soubassements de la réalité apparente. Ce sont ces racines qui sont à l’origine des fruits. Les fruits sont l’être né au monde. Pour comprendre le fruit, il faut imaginer les racines.

Les francs-maçons fondent leur pédagogie sur le symbolisme constructif en référence aux outils traditionnels des tailleurs de pierre, mais aussi sur l’image biblique de la construction et destruction du Temple de Salomon. Cette base ainsi définie est augmentée des apports de l’antique Égypte et de la philosophie grecque pythagoricienne et socratique. Ces bases traditionnelles sont corroborées par toutes les autres traditions quelques en soient les origines.

L’accès au sens caché est aussi l’accès aux mystères de la franc-maçonnerie. C’est aussi le fondement de l’initiation maçonnique. Le franc-maçon est un initié sur la voie de la Tradition, sur le chemin secret intime et personnel de la connaissance de soi. Cette recherche de « l’en dedans » de l’être qui brise l’écorce des apparences est la définition même de l’ésotérisme. Aller au cœur de soi c’est aller au cœur du monde. Le noyau du fruit est comme les racines de l’arbre.

 

C’est le chemin qui importe et non le but à atteindre, car ce dernier est inaccessible par son éloignement. Il doit rester un but plutôt qu’une fin. En réalité, le maçon reste un cherchant permanent, tant et si bien que l’on peut affirmer que l’état de cherchant devient un but, et la connaissance de soi et du monde une fin.

C’est par la métamorphose de son regard qu’il accède à des vérités supérieures. Pour signifier le changement de son regard, il y a un point de départ, un commencement qui est fondateur dans son parcours maçonnique : ce sont les épreuves initiatiques qui aboutissent à la vision de la lumière. Le sens profond des épreuves est de mettre l’homme dans ses sens redécouverts au contact des quatre éléments, en harmonie avec la nature, ce qui présuppose l’harmonie des trois entités constituant l’homme, le corps, l’esprit et l’âme, ou plus simplement le corps, l’esprit et le cœur.

La force harmonisante vient d’en haut comme la lumière et implique un vrai travail sur soi. Cette lumière ésotérique naît de la conjonction du regard extérieur et intérieur.

La force harmonisante ainsi développée va permettre à chacun de faire le lien entre la terre et le ciel, avec l’homme pour trait d’union. Cette médiation axiale de l’homme réunifie la matière et l’esprit en lui, il devient fils de la terre et du ciel, c'est-à-dire « fils de la lumière ». Ce mariage de la matière et de l’esprit est représenté en franc-maçonnerie par la superposition et l’entrelacement de l’équerre et du compas.

C’est enfin le passage du moi au soi, source de sagesse et d’apaisement qui nous resitue dans le vaste ensemble macrocosmique.

C’est ici que se produit la métamorphose du regard. C’est dans cette mise en harmonie que peut commencer le dévoilement des mystères et du sacré.

Le travail sur soi est favorisé par les rituels joués en loges dans un espace clôt et couvert. Les rituels sont des réceptacles de la sagesse maçonnique. Ils agissent par les effets répétitifs redoublés par leurs significations ésotériques. Ils organisent une mise en réceptivité du franc-maçon qui lui permet de s’abstraire de l’espace et du temps profane. C’est une sacralisation de l’espace de la loge où le franc maçon tente de mettre en relation et en harmonie ce qui le constitue et ce qui l’entoure. Le microcosme de l’homme rejoint alors de macrocosme de l’univers  recrée en loge. Il communique alors avec son être profond dans un ordonnancement cosmogonique recréé durant la tenue.

Le mythe est un facteur essentiel à l’initiation maçonnique. Il raconte une histoire cosmogonique qui semble avoir toujours existé par delà les civilisations et les cultures. Comme tel il est une composante structurelle de la pensée humaine. Jung fait  du mythe un archétype de la pensée. Ce retour aux origines légendaires est une base de recherche et de la réflexion maçonnique. Le mythe transcende les différences culturelles et religieuses en une source commune et primitive. C’est la base même de la tradition primordiale à laquelle chacun dans sa différence peut se raccorder. C’est aussi le fondement même d’une vérité universelle et archétypale qui dépasse la simple raison et qui s’adresse au ressenti profond de chacun.

 

Cette vérité se veut universelle par sa nature même. Elle touche à l’être relié au cosmos suivant en cela l’enseignement des religions et de la tradition. En ce sens, la vérité devient vision et représentation dans la sphère de « l’imaginal » chère à Henri Corbin. On dépasse l’humanisme dans ses effets réducteurs, pour aller vers un dimensionnement qui outrepasse les questions de croyances et qui ne met pas l’homme uniquement au centre des préoccupations d’un quelconque progrès. Au contraire, le concept de vérité associé à la lumière replace l’homme dans un vaste ensemble cohérent et sacré. Disons que l’amélioration de la condition humaine est une préoccupation de base pour le franc-maçon, mais pas une fin en soi et son action porte au-delà d’un simple humanisme bienveillant. Il s’agit principalement de se construire soi-même avant d’intervenir sur son environnement.

Nous sommes ce que nous faisons, c’est pour cette raison qu’il est important « d’être » avant de faire. De même que le rayonnement du franc-maçon dans la société suppose qu’il se forme lui-même avant de prétendre changer les autres, il y a un commencement à tout et une méthode à respecter. Cette méthode nous la connaissons, elle repose sur une volonté inscrite dans la matière. Mais rien ne s’élabore sans plan, sans Loi et sans règle. Plan divin pour certains et engagement social pour d’autres.

L’acte sur soi et le monde repose sur un schéma appelé idéal maçonnique. Pour l’architecte, toute idée s’appuie sur un plan préalable à sa réalisation ; pour faire le plan, il nous faut une règle pour la mesure et un compas pour manifester la volonté. Il s’agit d’établir les plans puis les fondations avant de bâtir les premiers murs. Dans tous les cas, le travail repose sur la lecture des textes de sagesse, expressions du sacré qui éveillent l’esprit. La pratique de la méditation, l’écriture sous forme de planches et l’examen de conscience donnera la « mesure » de soi.

Au final l’initié doit appliquer ce qu’il a appris. C’est son engagement de faire le lien entre le haut et le bas, entre la matière et l’esprit et de rassembler ce qui semble épars.

La méthode maçonnique repose sur cet esprit de synthèse qui unit les premiers antagonismes en tendant vers une Unité ontologique que nous rêvons d’embrasser. C’est donc un engagement spirituel qui trouve un écho au plan social. Ainsi l’esprit commande l’action suivant un principe d’harmonie.

(…)

Eric R.°.

 

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Published by écossaisdesaintjean - dans MORCEAUX D'ARCHITECTURE

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