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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 19:42

 

le centre et sa manifestation par le rayonL’Agarttha ou le centre du monde

Du Centre et des centres :

Si les mythes sont éternels, c’est qu’ils fondent une réalité « cachée ». Cette réalité cachée que nous cherchons dans le monde n’est nulle part ailleurs que dans les tréfonds de notre conscience, soit notre centre individuel. Il se fait que les centres subissent entre eux un phénomène d’attraction reliante, du plus récent au plus originaire. C’est pour cette raison que, par notre conscience « éclairée » de l’absolu individuel, nous sommes irrémédiablement fascinés et attirés par l’archétype du centre absolu et universel. Ce centre absolu est par définition invisible et ineffable surnaturel, il ne peut être perçu, ressenti ou évoqué que comme un centre spirituel qui s’interpose entre le visible et concret et l’invisible. Le centre spirituel va alors s’habiller de chair pour animer sa part réelle ou légendaire et entrer ainsi dans l’histoire et la mémoire des hommes. Le Centre est lié l’histoire de l’évolution de la conscience éclairée de l’homme, à sa période nomade et à sa fixation sédentaire.

Le réel pour l’homme est reflété par les miroirs des niveaux inférieurs et supérieurs de notre conscience qui pour des raisons liées à l’harmonie, à l’équilibre et à la paix doivent s’aligner dans un même axe. L’homme lui-même cherche à être relié et aligné avec un centre qui lui semble directeur, comme une autorité supérieure et surplombante, source des trois pouvoirs et de la manifestation du réel et de la vie. Ce désir de reliance sera une vérité précieuse qui devra être protégée de toute profanation : le sacré va naître avec l’idée d’un centre qui révèle, ou qui illumine la conscience. Le sacré fera que le centre tout en étant matérialisé sera inatteignable et protégé et c’est donc par la procession, la prière et les incantations, le sacrifice les offrandes puis l’encens que l’on tentera de se relier. Le temple deviendra le lieu de l’hébergement matériel du « Centre », de son animation psychique et spirituelle. L’image du temple sera donc le lieu de l’initiation au secret de la construction du Sacré en l’homme. Schématiquement le centre concret de spiritualité dans lequel ou vers lequel on se dirige ne serait qu’un centre secondaire relié a un centre principal (par exemple : la loge maçonnique est reliée au Temple de Salomon,  l’église est reliée au Saint-Siège et à Jérusalem,  la mosquée est reliée à la Mecque). Cette reliance se caractérise par l’Orientation du temple ou de l’église. L’Orientation indique la direction du centre principal auquel on se réfère qui lui-même est peut être relié a un autre centre principal plus primordial qui représente alors le principe de l’UNITÉ. Plus qu’une direction sur un plan donné, « l’orient » d’un lieu maçonnique ou le « zénith » indique le gisement géodésique du lieu sous la voûte étoilée et en regard du lever du soleil-lumière. L’Orient absolu ou primordial serait alors cette Agarttha point de rencontre initial entre un axe venu d’un plan supérieur « spirituel » et un plan « humain » et concret. C’est techniquement le lieu de communication entre la terre et le ciel, plus précisément entre le céleste le terrestre et le subterrestre. Cette mise en trois dimensions du centre par l’axe nous renvoie à la montagne sacrée, à l’arbre de la connaissance au centre du paradis, au lieu originel par excellence. Les montagnes sacrées sont tout autant réelles que mythiques, car nous sommes plutôt dans la représentation mentale d’un point de contact qui se matérialise en une réalité historique « réinventée » en tous lieux : nous pouvons citer le mont Scion, le mont Moriah, le mont Hérédon, le mont Meru, et le Golgotha, etc. C’est aussi le lieu d’événement majeur au plan de la reliance religieuse ou d’établissement de temples de nouveaux cultes qui eux-mêmes sont rebâtis sur d’anciens temples. Ces points de contact matérialisent une haute spiritualité qui ne peut prendre forme et signifiance que dans notre imaginaire. Ici c’est le travail du grand géomètre qui nous dit que ce désir de trouver le centre matériel est issu de la représentation mentale d’un plan spirituel situé à un niveau « supérieur » à partir d’un point original indéterminable innommable et non représentable concrètement. Autrement dit ce désir de centre concret n’est que la matérialisation de la transcendance et la détermination concrète d’une voie d’accès. En géométrie sacrée le point qui donne naissance au cercle est celui d’où la lumière surgit du milieu des ténèbres. Pour l’Ancienne Loi ce centre sera le Lieu du Temple qui une fois détruit se transportera dans le Livre, pour la Nouvelle loi ce sera l’homme comme ultime terre sainte réceptacle de la lumière. La cause sera entendue par les maçons lors que le temple spirituel sera démantelé et détruit plusieurs fois.

Ce plan dit supérieur du schéma général est donc surplombant et reste relié au plan humain par un axe. Le pied de cet axe est le centre du plan humain. C’est le sens de l’Agarttha.

 Ces plans sont donc multiples, superposés, mais tous alignés en regard d’un même axe. La représentation mentale étant le propre de l’homme, c’est pour cela que ces plans sont plus intérieurs que concrets. Le réel de l’homme comprend le concret et toute la représentation mentale conçue par l’homme depuis la nuit des temps. Le réel de l’homme est donc bien plus que le concret. C’est donc un ordonnancement intérieur qui se met en place par représentation symbolique autour d’un axe qui aligne parfaitement les mondes superposés. Trouver volontairement le centre de soi c’est trouver l’unité l’harmonie dans un rapport au tout, l’immobilité, le silence, l’alignement. Dans l’ordre humain, on regroupe ces qualités et états sous un seul vocable : la Sagesse elle-même issue d’une « Présence » en soi. C’est ici que la nouvelle Loi par l’incarnation de l’esprit va inaugurer la sacralité de toute personne humaine.

La représentation mentale en soi d’un centre absolu, c’est aussi l’origine de l’Ordre intérieur commune à toutes les voies initiatiques. Il  faut en rechercher l’explication dans le désir de reliance de l’homme en regard d’une autorité ou d’une causalité surplombante et primordiale. On trouve la clef de ce schéma archétypal dans la description biblique du jardin d’éden avec un arbre central qui est la « clef » qui permet d’avoir accès à tous les plans. Le jardin étant originel, il est donc circulaire autour de cet axe est manifesté la « présence » du divin qui relie Adam à Dieu. L’appropriation du secret de l’arbre-axe (ingestion du fruit) a fait chuter Adam dans la matière représentée par un carré inscrit dans le cercle premier. Le point de rencontre avec l’axe sur ce plan « carré » doit être recherché, car c’est par lui que l’homme espère remonter dans l’axe d’une réintégration au milieu du Paradis perdu.

Trouver ce point « central » dans le monde visible ou dans le monde intérieur, permet de se retrouver dans l’origine, le lieu de la sagesse ultime. Ce point serait le vrai centre, car il est dans l’axe de la chute originelle et oriente et commande la totalité du plan « humain ». C’est le point « O », l’Unité, le commencement. L’arbre de la connaissance est le point central du Paradis originel, il en est l’Orient absolu duquel partent les quatre fleuves du Paradis. Nous retrouverons les quatre fleuves irriguent et orienteront les quatre cotés du carré de la chute. L’homme reproduira l’arbre de la reliance et de la connaissance dans les arbres sacrés, mais aussi dans les « tracés de lumière », ces arbres de vie qui nous élèvent nous faisant passer de la matière à l’esprit.

La voie initiatique par une méthode graduelle permet d’entrevoir dans une vision intérieure la totalité des plans et architectures sacrées basées sur les lois de correspondance et la superposition des mondes.

Il ne faut pas voir dans l’Agarttha rêvée autre chose que l’essence d’une pensée archétypale qui réinvente le schéma des origines et de la création sur la base du désir secret de reliance. L’homme naît relié par un cordon ombilical, il veut vivre relié au sens de la vie, et mourir relié à l’essence de toutes créations. L’Agarttha est « La vision initiatique », le refuge de l’essence et du sens, l’origine de la Tradition et de la Sagesse.

L’apparent signifie toujours plus que le visible, or le centre a pour propriété d’être ressenti comme l’origine universelle de toutes choses. C’est ainsi que la plus haute montagne associe en son sein une caverne et une source dans un même axe, que la couronne de l’arbre sacré enserre dans ses racines la source de la vie. Le plus haut génère le plus bas, l’apparent le caché, l’exotérique l’ésotérique, etc. À partir d’un centre originaire se génère d’autres centres secondaires qui eux-mêmes se manifestent dans le même niveau de réalité ou sur des plans différents. La reliance est alors horizontale et verticale. Le centre-sommet ou la caverne-abîme s’associent naturellement au feu-conscience de l’homme, à l’eau - source de vie, à la terre - matricielle et à l’air qui porte le souffle des niveaux supérieurs. Le centre ordonne le monde comme la lumière chasse les ténèbres. C’est une lumière qui se répand partout dans l’humanité comme le feu prométhéen se répandit en chaque homme. Le centre illuminé de la conscience de l’homme est relié au centre du foyer tribal qui, lui-même, est relié à l’Olympe,  à la Terre Sainte à la Cité Sainte en général.

 On retrouve et réinvente ce grand schéma directeur du point de contact axial, dans la tradition des Rois Mages redéfinie par Bède la Vénérable. Trois Rois couronnés représentant les trois œuvres alchimiques et portant les trois signifiants de la relation de l’esprit et de la matière vont suivre une étoile indiquant un point de contact entre terre et ciel. Ils vont en ce nouveau centre apporter : l’or signifiant la relation royale matière-lumière,  l’encens sacerdotal signifiant l’animation de la médiation entre la terre et le ciel par l’homme-prêtre, la myrrhe sacerdotale signifiant l’onction qui réveille l’esprit en l’homme-prophète. Tous les trois vont contribuer à l’animation d’un centre spirituel fait « Homme ».

Venus de l’Orient ils convergent en suivant l’étoile vers le lieu souterrain d’où vient la lumière de l’esprit incarné. Ici un nouveau centre, un nouvel Orient se crée, duplication humaine d’un centre plus primordial. Ce centre primordial se dédouble sur le plan supérieur spirituel et sur le plan humain. Le Centre des centres se situe toujours dans un plan Supérieur inatteignable, quant au centre plus antérieur sur le plan humain et sa chronologie, ce sera en l’espèce celle du mont Ararat où échoua l’arche de Noé. La légende fit des trois Rois Mages les descendants des fils de Noé : Sam, Sem et Japhet. Il y a donc reliance des centres spirituels qui se dupliquent dans l’échelle du temps. Les Rois sont ici des médiateurs-archétypes entre la Terre et le Ciel, entre l’Orient d’où vient la lumière et l’Occident où réside la matière. Leurs présents attestent que la matière porte l’esprit en elle, comme le Fils du Père incarne l’Esprit. Les trois Rois en convergeant vers le centre de l’incarnation vont signifier les trois états constitutifs de l’Être. Il semble acquis que les centres spirituels inscrivent dans la conscience humaine l’alliance entre la terre et le ciel. Seul l’homme peut penser et rendre compte de cette médiation. Cette médiation mémorielle deviendra Tradition.

La mémoire de la reliance est une « tradition ». Le Centre des centres survit aux destructions et aux cycles. Il est donc la source de la Tradition, de la transmission, du rayonnement du fiat lux. Le schème du centre absolu représente la mémoire de ce qui fut, de ce qui est et sera, ce qui explique que tout mouvement initiatique entretient par le jeu des symboles et des mythes, un devoir de mémoire et les techniques ancestrales de représentation mentale. L’étude de l’Aggartha mythique ou réel sera un bon prétexte pour le démontrer.

Il n’est donc pas étonnant qu’au début du XXème siècle, l’espace blanc d’une carte pouvait être l’objet d’expéditions, d’explorations et de spéculations spirituelles : l’appel de l’Orient et de sa Tradition en fera une quête. On réveilla une contrée merveilleuse qui existait déjà en l’homme comme un souvenir, un refuge absolu pour les initiés, la source du Tout, le Centre des centres. Il ne faut pas voir dans l’affirmation d’auteurs remarquables une réalité substantielle, mais la verbalisation d’un ordonnancement du réel, une approche du réel qui repose sur l’expression sous-jacente, la représentation symbolique d’une structure absolue qui nous constitue et nous relie.

Trouver le Centre des centres tout comme reconstruire le Temple de Salomon détruit est plus cheminement en soi, une construction intérieure qu’une expédition dans la chaîne himalayenne ou une tentative de reconquête historique des lieux saints. Ce centre symbole de Sagesse et de Paix peut être partout et surtout en l’homme, car c’est l’homme qui le pense, le transporte et le vit dans un récit immémorial. Vivre cette « présence » en soi c’est être face au Principe.

Er.°. Rom.°.

L’étude de notre F.°. Christophe M.°. dessine le contexte et les contours de l’Agarttha.

« Aucun sujet n’est à écarter, et un mythe, tel que celui de l’Agarttha, doit retenir notre attention. Il faut se mettre à la place des explorateurs du début du 20e siècle, de ces éclaireurs occidentaux de la recherche spirituelle et ésotérique qui se trouvaient face à un désert inexploré, pour comprendre leurs maladresses. À nous, voyageurs éclairés par un siècle d’évolution de la pensée spirituelle, de faire la part des choses, tout en rendant hommage à nos prédécesseurs.

Le premier de ces « explorateurs » qui m’a éveillé à ce sujet est Jean-Pierre Bayard qui, dans son ouvrage « l’occultisme », reprend cette légende hindoue évoquant un centre du monde, nommé Agarttha [P. 37 — J.P Bayard — l’occultisme — éd. Du Borrego]. La notion de centre du monde avait été développée par René Guénon dans l’ouvrage « le roi du monde » [le roi du monde — René Guénon — éd. Gallimard] (un ouvrage critiqué pour le choix des ouvrages auxquels Guénon se réfère, mais il faut y voir là certainement une manière d’ouvrir le lecteur à la notion de centre du monde qu’il a développé tout au long de son œuvre). Ce mythe oublié est réapparu au 20e siècle sous la plume de Saint-Yves D’Alveydre dans « mission de l’Inde en Europe » [mission de l’Inde en Europe, éd. Hachette BNF], écrit en 1886, mais publié après sa mort en 1910. Il aurait eu connaissance de ce centre spirituel par un maître Hindou. L’histoire, d’un lieu central, où est née et s’est développée la spiritualité mondiale, peut paraître, au premier abord, romanesque, mais d’autres personnes, avec des sources différentes, évoquent elles aussi cette légende, créant ainsi le trouble. C’est le cas de Ferdinand Ossendowski, qui a cherché de manière concrète l’Agarttha en 1920 et 1921 et a édité ses aventures en 1924 dans « bêtes, hommes, Dieux » [bêtes, hommes, Dieux – éd. Loupe]. René Guénon se sert de ses deux ouvrages comme point de départ de son essai — non pas pour démontrer leur véracité —, mais pour exposer des considérations supérieures qui dépassent les individualités, voire l’humanité. Les deux livres comportent des similitudes troublantes, mais l’origine différente des sources — Mongole pour Ossendowski, hindou pour D’Alveydre — laisse à penser qu’il n’y a pas eu plagiat. La différence la plus marquante est le nom donné à ce centre spirituel, Agharti pour l’origine mongole, Agarttha pour l’origine hindoue. De même, seul Ossendowski nomme le chef de la hiérarchie initiatique « roi du monde », alors que la version hindoue fait référence à une hiérarchie dirigée par le Brahâtmâ, qui représente un souverain pontife (qui relie par un pont le monde terrestre et spirituel). Ce « roi » est donc un souverain, exerçant le double pouvoir : royal et sacerdotal. Ce « double pouvoir » n’a pas été privilégié en occident, pourtant sa représentation existe avec les « Rois mages ». Ce gouvernement spirituel ne représente pas un personnage historique, mais un principe qui s’impose aux humains. Ce principe, se retrouve dans la tradition hindoue sous le nom de « Manu » (celui qui fait tourner la roue, représenté par la croix swastika), dans la tradition égyptienne sous « Mina » ou « Menes », dans la tradition grecque sous « Minos », etc. Ce principe de gouverneur spirituel du monde s’étalonne par rapport à notre monde et à ses cycles de vie et représente « l’archétype de l’homme, considéré en tant qu’être pensant (Mânava) ». [le roi du monde — René Guénon]. Enfin, il se manifeste dans ce centre spirituel terrestre, mais nous y reviendrons plus loin.

Pour nous faire une idée, voici la présentation de l’Agarttha qu’en fait Saint-Yves D’Alveydre dans son livre [mission de l’Inde en Europe], avec quelques commentaires :

« Où est l’Agarttha ? Dans quel lieu précis et où réside-t-elle ? Par quelle route, à travers quels peuples faut-il marcher pour y pénétrer ? À cette question que ne manqueront pas de se poser les diplomates et les gens de guerre, il ne me convient pas de répondre plus que je vais le faire, tant que l’entente synarchique n’est pas faite ou tout au moins signée. Mais, comme je sais que, dans leur compétition mutuelle à travers toute l’Asie, certaines puissances frôlent, sans s’en douter, ce territoire sacré, comme je sais qu’au moment d’un conflit possible leur armée devrait forcément soit y passer, soit le côtoyer, c’est par humanité pour les peuples européens, comme pour l’Agarttha elle-même, que je ne crains pas de poursuivre la divulgation que j’ai commencée. »

L’Agarttha est décrit comme un lieu réel, qui se trouve quelque part en Asie. Il est évoqué ici la convoitise qu’un tel lieu sacré pourrait susciter. Cela s’est vérifié lors de la Seconde Guerre mondiale ; le IIIe Reich a effectué des recherches dans le désert de Gobi, sans succès, d’après ce récit. Pourquoi un tel intérêt ? Comme il en est le sujet dans « le Roi du monde », ce centre spirituel terrestre est associé à un pouvoir absolu, un gouvernement dont le modèle d’autorité a fondé nos sociétés occidentales, appelé synarchie. La conquête de centre spirituel pourrait donner un pouvoir supérieur. Nous sommes dans le même concept que la recherche de l’arche d’alliance, ou du Graal.

« Qu’il suffise à mes lecteurs de savoir que, dans certaines régions de l’Himalaya, parmi 22 temples représentant les 22 les arcanes d’Hermès et les 22 lettres de 22 lettres de certains alphabets sacrés, l’Agarttha forme le zéro mystique, l’introuvable. ».

Nous retrouvons là la description de l’alphabet hébraïque, que j’ai développé précédemment, et qui est à associer au tarot ou encore à la Kabbale. Il s’agit ni plus ni moins d’une description de l’organisation qui s’est imposée à la pensée humaine universelle et qui nous préserve du chaos. Il remonte en parlant du zéro mystique, à l’unité primordiale. Zéro donnant l’idée d’un lieu caché, invisible aux yeux des non-initiés.

 « Le zéro, c’est-à-dire tout ou rien, tout par l’unité harmonique, rien sans elle, tout par la synarchie, rien par l’anarchie. »

Agarttha signifie : insaisissable à la violence, inaccessible à l’anarchie.

« Le territoire sacré de l’Agarttha et indépendant, synarchiquement organisé et composé d’une population s’élevant à un chiffre de près de vingt millions d’âmes. La construction de la famille, avec égalité des sexes au foyer, l’organisation de la commune, du canton et des circonscriptions allant de la province au gouvernement central, conserve encore dans toute leur pureté l’empreinte du génie celtique de Ram greffées sur la divine sagesse des institutions de Manou. »

Ces dernières explications font penser à la vision de « La république » de Platon.

Brahâtmâ

Selon Saint-Yves D’Alveydre, le gouvernement spirituel de l’Agarttha est, en fait, composé de trois principes. Ce chiffre de trois est représenté par le Brahâtmâ (souverain pontife, support des âmes dans l’esprit de Dieu), « associé à ses assesseurs : le Maâtma (représentant l’Âme universelle) et le Mahânga (symbole de toute l’organisation matérielle du Cosmos » [le roi du monde — René Guénon — éd. Gallimard] Organisation que l’on retrouve dans la tradition occidentale avec âme, corps, esprit ou encore, père, fils, Saint-Esprit, force, sagesse et beauté, etc.

Selon Ossendowski, le premier, « le Brahâtmâ règne sur ces trois mondes et a pour mission de parler face à face à Dieu » ; le Maâtma « connaît les évènements de l’avenir » ; le Mahânga « dirige les causes de ces évènements » [bêtes, hommes, Dieux — éd. Loupe].

Nous pouvons parler donc de « trois rois du monde » dont l’action des deux premiers donne accès à Dieu au troisième. Cet aspect des choses peut-être représenté par le triangle initiatique. L’analogie avec ces trois rois et les trois rois mages est frappante. Rappelons-nous des cadeaux offerts au nouveau-né : l’or — symbole du pouvoir du roi dont la représentation alchimique est un point central entouré d’un cercle ; l’encens — lui conférant le pouvoir sacerdotal ; la myrrhe — symbole de la mort et de la fonction de Prophète.

 

                                                               Le symbole de l’or. 

 

Ce centre du monde existe-t-il toujours ?

Ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il n’est pas connu du commun des mortels et, s’il existe, son emplacement est préservé par quelques initiés — un gouvernement spirituel. Il faut sortir de l’idée de la matérialisation de ce lieu, et comprendre ce qu’évoque la notion de centre du monde.

Certains centres spirituels nous sont connus. Le premier d’entre eux est Jérusalem. La ville est mentionnée par les Égyptiens au 20e siècle av. J.-C., soit depuis 4000 ans. Son premier nom « Urushalimu » provient de « uru » — ville, fondation — et du nom culte de Shalem qui y était alors pratiqué par le peuple cananéen. Shalem a donné le mot Shalom en Hébreux et Salaam en arabe, qui veut dire paix, mais aussi par extension, le « salut » fraternel. Son nom signifie donc « ville de paix », et il est à souligner que nous retombons exactement sur la définition de l’Agarttha. (Petit aparté : vous remarquerez l’antinomie de ce nom avec l’histoire de cette ville convoitée et disputée par les hommes depuis des siècles.) Cela met en reflet les mots de Saint-Yves D’Alveydre qui met en garde l’humanité de la découverte du centre du monde sans, au préalable, avoir obtenu une synarchie, une paix mondiale harmonieuse. Jérusalem, centre spirituel, mais plus précisément lieu du temple de Salomon érigé pour recueillir la présence réelle de la divinité, et don la manifestation est toujours associée à une « lumière ». Les autres centres spirituels sont Rome et Antioche pour les catholiques ; Lhassa (Tibet), Lumbini (Népal) pour les bouddhistes ; Memphis, Thèbes, Le Caire, pour les Égyptiens antiques ; Constantinople (Istanbul), Alexandrie, Aksoum en Éthiopie (lieu qui abriterait l’arche d’alliance) pour les Orthodoxes ; le mont Athos (en Grèce), Athènes et Olympie pour les Grecs antiques ; la Mecque, Médine et Jérusalem pour les musulmans ; Jérusalem, et Bethléem (ville d’origine du roi David) pour les Juifs, etc. Parmi tous ces centres, lequel pourrait être l’Agarttha ? Bien difficile d’y répondre... René Guénon cite Lhassa, Rome et Jérusalem, non pas pour leurs localisations, mais pour leurs organisations primitives qui ressemblent à la description de l’Agarttha. Il n’est pas inconcevable que ce centre du monde se soit déplacé et suive un cheminement terrestre selon les forces spirituelles du moment, et par cette observation, Memphis et Thèbes à l’époque égyptienne antique ont pu accueillir ce centre spirituel. Il est plus probable que ces centres connus ne soient que des superpositions de l’Agarttha, point zéro de ces centres du monde. Il faut ajouter, pour être complet, l’aspect souterrain de ce centre spirituel initial qui rejoint en cela le mythe de la caverne. Ce qui est intéressant d’observer dans ce détail est sa portée symbolique. Un centre spirituel souterrain est à relier avec l’idée d’une spiritualité intérieure, le symbole du cœur, du centre perdu que l’on doit aller chercher au fond de soi…

Conclusion

Il apparaît que dans toutes les traditions spirituelles, la notion de centre du monde est constante, de même que la tripartition du monde, ou encore d’une lumière divine originelle. Ces traditions/religions ne sont que des adaptations à la tradition primordiale dont la source hindoue est certainement très proche. Ce que développera René Guénon tout au long de son œuvre.

Et nous, que faisons-nous dans ce temple, tournant autour du tapis de loge et de son pavé mosaïque ? Que représente le fil à plomb au centre de la voûte étoilée ? Les trois degrés initiatiques ont-ils un rapport avec les trois gouverneurs spirituels du monde ? Je ne vous dévoile rien, tout juste, peut-être, je vous ouvre les yeux. Je reviens au fil à plomb qui n’est qu’une représentation de plus de l’Agarttha, de l’Axis Mundi (axe du monde), du centre spirituel, du point zéro, de l’unité primordiale. Nous ne savons plus où il se trouve, car nous avons perdu son origine. Nous sommes d’éternels exilés, à sa recherche, et je dirais « bien heureusement », car, sans recherche, point de questionnement, sans questionnement, point de dépassement de soi même, sans quête, point de Graal.

Oui, je vous l’assure, chercher est une chance. »

Chris.°. MAR.°. — RL « Les Cherchants écossais » — à l’O.°. d’Hyères

 

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