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31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 17:35

L’acclamation écossaise : Sémiotique élargie de la geste acclamative commune :

Dans la suite de notre première partie, il convient d’entrevoir dans l’acclamation écossaise autre chose qu’un mot à traduire. Nous tenterons d'élargir notre champ exploratoire. Sans doute l’acclamation possède bien plus qu’un sens, ce serait une essence qui se dérobe à la relation du signifiant et du signifié, trop subjective et falsifiable et sujette à contresens. Dans cette seconde partie, nous éclairerons moins l’onomatopée que l’intention ontologique du groupe acclamant. Nous reprendrons certains des thèmes déjà abordés en première partie pour une approche complémentaire en vue d'alimenter le débat.

1/ L’acclamation est un cri de joie, d'approbation, d'enthousiasme collectif …

…pour saluer ou approuver publiquement une personne, une œuvre, une nouvelle, associée à une posture corporelle. Ici on acclame en regardant le centre de la loge ou le Vénérable Maître qui incarnent tous les deux l’œuvre à accomplir en relation avec l’origine, la lumière, etc. L’acclamation n’est pas en franc-maçonnerie qu’un pseudo-mot répété trois fois, c’est une communication langagière verbale et non verbale touchant à l’essence. C’est aussi une posture et des gestes qui expriment une tension collective et un expire collectif du souffle.

L’acclamation est donc un cri, un souffle touchant à l’essence. C’est célébration mise en scène par une posture, une gestuelle en regard d’un centre ontologique unificateur du clan.

Mais auparavant il faut étudier le schéma régulateur de la communication du maçon en loge. Le rituel maçonnique organise un écrin contextuel et co-textuel pour porter l’essence de l’acclamation.

a/ Le schéma régulateur co-texte et contexte

La ritualisation gestuelle va réguler le niveau de langage en faisant sortir les excès langagiers et les postures inadéquates. L’objectif serait d’obtenir un haut niveau d’expression et une régulation des comportements. L’acclamation dite écossaise va favoriser une mise en état particulière de l’émetteur et du récepteur qui est le franc-maçon en loge. Nous noterons que cette mise en état particulière se retrouve chez le franc-maçon dans sa vie profane comme un acquit. Cette « mise en l’état » débouche dans une attitude de « grande écoute ». Il s’agit d’une posture langagière d’écoute et de synthèse qui sera propice à l’art du compromis et à la structuration symbolique de la pensée. C’est une méthode de communication langagière qui permet d’extraire l’essence du langage par la médiation de la représentation symbolique associant le verbe, la posture et le geste. Pour arriver à créer une unité de représentation mentale dans le groupe, il faut évacuer une partie de l’affect qui pourrait faire échec à l’accès au centre-origine. Il faut purifier nos facultés cognitives.

La communication langagière verbale, pseudo verbale et non verbale[1] du franc maçon est la suivante :

  • l’affect va se retrouver régulé par le contexte symbolique de la loge (1) considérée comme non-lieu et non-temps profane et modèle d’harmonie et d’ordre.
  • Les représentations mentales individuelles et communes qui y sont associées (2) sont significatives d’une reliance à un « plus haut ». La sémiotisation spécifique « in situe »(3) va engendrer deux modes expressifs :
    • a/ l’élaboration d’un discours verbal de type symbolique (4) établissant un pont entre le sens et l’essence
    • b/ doublé et renforcé d’une posture et d’une gestuelle régulatrice de l’affect (5) telle que : la mise à l’ordre, le salut, les salutations, le protocole de prise de parole, utilisation de formules rituelles, invocations, prières... Ce sous ensemble constituant un co-texte solidaire de la gestuelle, etc..

La posture et la gestuelle du langage non verbal vont agir sur la modulation verbale et la cognition : par la mise à l’ordre[2] préalable à l’acclamation, la gorge sera tenue et cadrée. Ce langage parallèle induit une régulation affective et impacte la représentation mentale. On serait tenté de dire que la geste maçonnique et le rituel, conditionnent l’affect et le registre de l’imagerie mentale.

L’énoncé du discours, l’intervention verbale du franc-maçon ainsi contextualisées et régulées vont influencer le domaine dans lequel s’exerceront ses capacités cognitives en faisant remonter le discours dans le registre du symbole et de l’essence. La régulation du discours, son énonciation, est induite par le contexte de la loge et le co-texte du rituel, de la gestuelle et de la demande de prise de parole. Le redoublement co-textuel et contextuel du sens permettra de cheminer vers l’essence.

Enfin le locuteur aura pour allocutaire non pas les Frères et Sœurs sur les colonnes, mais le Vénérable Maître littéralement « installé » dans la chaire de Salomon, au Debhir en surélévation du Hékal. Le contexte de l’énoncé est alors « orienté » vers la lumière qui se veut éclairante, et suivra un cheminement ascensionnel, comme indiqué par le geste du salut[3] vers l’axe associé à l’acclamation écossaise.

Le schéma régulateur trouve dans le cri triple associé à la posture de l’acclamation son fondement et son alignement axial[4] dans les trois niveaux : l’individuel, le groupe humain et la loge image du temple. La loge image du temple, reste donc le cadre structurant du schéma, lui-même soumis à la naissance de la lumière et donc du langage.

b/ Le cri de l’origine – retour au Centre.

La loge en ses qualités de « maison accueillant la lumière » ou lieu d’émergence de la « conscience éclairée » ou « temple des origines » va réguler les capacités cognitives en les développant au-delà du sens commun et induire une représentation mentale associée à l’essence. Pour détruire cet aspect induit du cadre directeur il faudrait détruire la symbolique de la loge antichambre du temple, en la réduisant dans un aspect secondaire quasi profane, lieu de rencontre où sévirait un simple entre soi.

Le cri qui mobilise les profondeurs du corps exprimerait tout simplement notre reliance consciente au centre du dispositif de la loge et au lieu « mythique et symbolique » d’où vient la lumière. L’acclamation est collective, rythmée et orientée.

L’objet de l’acclamation serait donc la lumière qui entre et s’installe dans la loge et dans nos corps, l’acclamation est donc situationnelle. Elle situe le maçon sur la périphérie du centre ou l’identifie aux postes et charges occupées, en regard d’un centre. Le son du cri fait le chemin en sens inverse de la Lumière rayonnante. Il remonte de la périphérie ou des colonnes vers la source du Verbe qui est aussi la source de la Lumière. À cet endroit il se « concentre » pour nous revenir plus fort et plus puissant tel un écho.

Cet aller-retour centrifuge et centripète, cet expire et cet inspire, établiraient une respiration symbolique entre le centre et la périphérie. L’unité du tout qui en résulte, ne fait qu’exprimer l’origine de la manifestation, le principe créateur de toutes choses s’il en existe et dans une mesure plus restreinte l’origine de la parole. Il y aurait donc un cheminement symbolique et métaphysique identique entre la lumière qui s’impose au milieu des ténèbres pour éclairer la conscience et le verbe créateur.

La Lumière source à pour périphérie la conscience éclairée de l’homme, le Verbe source aurait à sa périphérie la parole humaine reliée par le souffle. L’acclamation exprime et met en scène cette reliance originaire.

Cette Acclamation par trois fois est un ternaire collectif qui se retrouve dans les trois grades et les apprentis, voués au silence, y participent pour signifier leur appartenance au groupe. L’appartenance serait aussi corroborée une sémiotique non verbale : par la posture la manière de se vêtir considérée comme des marqueurs d’appartenance[5] et comme des marqueurs de relation[6], la gestuelle, etc, le tout renforcé et tous les codes de la communication langagière spécifique à la franc-maçonnerie.

L’acclamation est donc une communication quasi langagière : de mon point de vue, c’est moins un mot signifiant qui est porté collectivement, mais plutôt un paralangage. Ce paralangage s’associerait à une posture physique et une gestuelle précise interactive dans le ternaire suivant: le franc-maçon, le groupe et la loge qui est le lieu de l’exercice. Ce ternaire, cette interaction triangulaire, encadrerait la tenue et traverserait les individus en situation qui se retrouvent ainsi reliés. Ce ternaire traversant et rayonnant se retrouve dans l’ouverture comme dans la fermeture, et se répète à l’envi dans un rituel qui se fonde à chaque instant sur la symbolique du nombre trois. Ce serait symboliquement la lumière ou l’élan vital qui pénètre les trois niveaux de l’être par leurs centres : le corps en son nombril, l’âme par la cavité cardiaque et l’esprit par la cavité crânienne. C’est aussi l’effet recherché du mantra ou du dihkr que d’atteindre une forme d’illumination intérieure par un état de vide suivit d’un remplissage lumineux.

 

Nous savons en franc-maçonnerie qu’avant de prononcer un mot il faut apprendre à l’épeler. C’est le stade de l’apprentissage des mots sacrés. Que se passe-t-il avant l’étape de l’épellation ?

N’y a-t-il pas quelque chose qui précède la parole humaine et qui soit fondateur de l’humanité ?

Le cri de naissance est d’abord un souffle.

c/ Le souffle originaire devient cri :

Avant l’étape de la lettre formée, nommée, prononcée et tracée, il y a le souffle qui sort de l’intérieur de soi pour former un son, un phonème. Je proposerai de partir de ce souffle venu de l’intérieur de soi qui est mis en partage au sein de la tribu rassemblée autour du foyer central. Il ne faut pas seulement partir du sens du mot qui a pu être déformé au cours des âges. Notons que sans ce souffle venu de l’intérieur il n’y aurait ni lettre prononcée[7], ni syllabe, ni mot.

Nous pouvons dire que c’est par ce souffle intérieur que nous animons le langage et ce serait par ce souffle premier, animateur, que nous serions en capacité de nommer les choses et les êtres.

Est-ce un hasard si ce souffle venu de l’intérieur nous permet symboliquement d’évoquer le divin. C’est un juste retour aux origines : le Nom du Divin, comme la Parole des origines, sont symboliquement liées au souffle premier sur la face des eaux (« Le souffle d'Elohîms planait sur les faces des eaux. »(Genèse 1.2 ~ Traduction André Chouraqui). On pense aussi au souffle insufflé dans l’homme premier fait de terre et d’eau[8]. En loge le souffle s’inscrit dans un aller-retour triangulaire entre soi, les autres et le centre originel protégé par le temple.

Fut-il humain ou divin, pris dans son sens fluidique ou dans son essence « ontologique » le souffle[9] est symboliquement l’âme qui donne vie.

Tentons, dans la mesure du possible, de remonter à la source du souffle qui donne la vie et le sens.

2 / Du sens à l’essence :

Vouloir révéler une essence à pseudo-mot « houzza » résulterait moins de l’étymologie que de tenter de constater la mise en commun d’un souffle dans un but ontologique. Cet objectif reste difficile à démontrer. Il nous suffit de constater la manière d’exécuter le rituel de l’acclamation et de le vivre de l’intérieur pour être sensibilisé son essence. L’essence se définirait par ce qui constitue l’acclamation le cri-souffle originaire. L’essence d’un mot ou d’une onomatopée s’oppose au tropisme des sens multiples voir opposés. L’essence n’est pas soumise à la contingence, elle s’affirme comme une évidence.

Dans « De l’interprétation », Aristote construit sur le couple onoma, rhéma, « nom, verbe » le constitutif du logos. Les traductions et les commentaires médiévaux, en latin, introduisent la dictio « le mot » comme terme générique regroupant nomen et verbum. Lavoisier accordait aux mots savants une capacité heuristique. Rien qu’à les entendre ou le lire, nous sommes invités à tirer d’eux leurs propriétés, d’où la célèbre formule « celui qui connaît le mot connaît la chose, car ils sont tous nés des origines du logos »[10] et donc du verbe. Nous y répondons ainsi : « Qui connaît l’acclamation pour l’avoir vécue connaît aussi son essence ».

a/ La force du Houzza

Les mots auraient une âme constituant le sens caché et une essence. La découverte du sens caché et de l’essence du mot est l’un des objets de la recherche maçonnique.

Pour comprendre la remontée « essentielle » du symbolisme initiatique, nous prendrons un exemple facile basé sur la kabbale hébraïque : Abram devient Abraham à la suite d’une rencontre avec le divin provocant la naissance d’une vocation. Le divin lui confie une mission. Le H devient la marque de cette rencontre et de son changement d’état. D’homme il devient Prophète il accède à un niveau supérieur de perception du réel, il connaît l’essence des choses et de la vie. Le « Hé » hébraïque est la lettre du souffle de vie[11]. « C’est le mode de communication entre les différents niveaux de l’âme, regroupant les cinq principes (Hé a une valeur de 5) : Nefesh, Roua’h, Neshamah, H’ayah, Yeh’idah.. »

Pour mieux comprendre le passage du sens à l’essence il faut revenir à l’épisode relaté dans la Génèse 14/18 : « Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin: il était sacrificateur du Dieu Très-Haut. 19Il bénit Abram, et dit: Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre!…et Abram lui donna la dîme de tout ». Il y a ici une gestuelle de transmission entre le Prêtre Roi ou Roi Sage[12] de Salem (qui est la ville de paix autrement dit le centre immobile et éternel)) et Abram, Melchisédech qui n’a ni père ni mère ( autrement dit, il est dans l'axe originel), qui est de tous les temps, est porteur d’une conscience spirituelle universelle la plus avancée. Cette geste se rapporte à l’essence et se traduit dans la transformation du nom du bénéficiaire.

Ce qu’illustre le pain et le vin dans cet épisode biblique, c’est la « transformation » du sens en essence. En apportant le pain et le vin à Abram, Melchisédech lui fait connaître non pas la nourriture substantielle, mais la nourriture essentielle. Le vin est à considérer ici comme l’essence de la vie, la part intérieure de l’être, l’esprit en soi. Cette approche « essentielle » sera reprise dans la Cène que reproduisent intentionnellement certains grades chevaleresques.

L’aboutissement de cette approche essentielle sera illustré par le rajout du Hé au nom d’Abram et Saraï : avant l’acceptation totale de leur vocation d’être le père et la mère d’une nouvelle nation et fondateurs du monothéisme, ils avaient un nom. Le premier s’appelait Abram et la seconde Saraï. Élohim leur donne un autre nom, à Abram il ajoute un après le Rech et à Saraï il supprime le Yod pour lui substituer un autre .[13]

Les deux personnages clés de la Bible, une fois leur « conversion » opérée, se voient pourvus d’un Hé qui marque la présence du souffle divin du Tétragramme dans leur nom.

S’agissant de la lumière-esprit en l’homme nous pourrions tenter le même raisonnement avec la lettre latine X pour ChristChrist »), celui-ci issu de la lettre grecque Χ, l’initiale du grec ancien Χριστός, Christós (« Christ »). La lettre signe devient le mot qui lui-même devient symbole et touche directement à son essence. On retrouvera ce X dans la croix de Saint-André. Avec ce X il est question de recevoir l’esprit en soi, d’en avoir la vocation ou la perception. Jésus devient Christ.

L’essence du souffle, de la lumière ou de l’esprit, est liée chez l'homme à la vocation qui se démontre par des actes positifs qui vont jusqu’au sacrifice. Pour définir l’essence d’un mot ou d’une expression à caractère spirituel, il faut donc tenir compte du texte, de la geste et du rituel qui ont pour fonction d’établir une reliance par des niveaux de langages supérieurs[14].

L’acclamation reprendrait une geste de transmission désignant le centre à partir de la périphérie et réactivant par la voix et le geste l’écho du centre créateur, c'est du moins une hypothèse à évaluer.

b / La remontée maçonnique, du sens à l’essence du souffle

Ainsi nous remontons l’arbre maçonnique qui va d’un pseudo mot au sens puis à l’essence. Nous avons vu que la loge est le lieu hors du temps et de l’espace profane, où se recrée à chaque tenue le monde. Plus précisément c’est le lieu où l’on célèbre l’arrivée de la lumière ordonnatrice au milieu des ténèbres. Ce serait donc le lieu de la conscience première de l’humanité, soit une vision en essence qui précède les sens multiples qui en découleront. L’essence précède le sens comme la lumière éclaire le monde. Pour l’homme, l’essence procède d’une vision illuminative[15] , qualifiée d’éblouissante ou de splendeur[16], « que le regard ne peut soutenir ». Celle-ci est sans description possible, le sens quant à lui découle d’une représentation mentale qui transpose en soi « le visible ». Le visible qui fait sens est décrypté en l’homme, qu'en est-il de l'essence? Le passage du sens à l’essence dépendrait du niveau de perception.

Le souffle tel que défini précédemment (le H du Hé dans houzza) se retrouverait avec plusieurs approches. Les plus communes font du souffle un élément naturel comme l’air circulant qui favorise les combinaisons des autres éléments: l’eau, la terre et le feu. Les quatre éléments et leurs associations multiples sont la base constitutive d’une combinatoire de langage symbolique « élémentaire » impliquant les 5 sens.

Le souffle possèderait une définition plus avancée dans la combinatoire « élémentaire », dans l’idée d’une puissance animatrice de la vie. Le souffle nous l’avons dit, serait suivant la tradition,  à l’origine du monde et de la vie. D’un point de vue traditionnel, il s’associe au Principe. Le sens commun du souffle serait la vie qui est l’animation des combinaisons élémentaires formelles, donc l’essence du souffle serait la dimension ontologique de la création et de la vie.

Le souffle joue un grand rôle dans les rituels chamaniques et dans tous les systèmes initiatiques. On reprend le sens et l’essence du souffle dans l’épreuve élémentaire de l’air. Les "éléments" dans le rituel d'initiation sont réappropriés et réordonnancés au niveau de leur sens originel qui est le cadre essentiel. On reprend aussi l'élément air dans une version plus évoluée celle de la transmission du souffle de celui qui donne à celui qui reçoit (dernier souffle de l’architecte, connaissance transmise au Maître par l’essence du souffle, parole perdue et retrouvée ou réinventée non à partir du sens ordinaire du mot, mais de son essence fondatrice, etc…).

Nous définirions l’essence comme quelque chose de caché qu’il s’agit de découvrir au-delà du sens banal. Cette essence serait le produit d'une distillation, d’une rectification, d’une purification des substances étrangères. La franc-maçonnerie dans sa communication langagière, non verbale, au-delà de la phase symbolique, installerait une sémiotique de l’essence. Rappelons qu’au plan symbolique et métaphysique, c'est l’essence qui fait lien entre le sens et le Principe Universel.

3 / Essence du souffle et la célébration du centre ontologique en partage.

Avant qu’elle ne se transforme en expression latine d’un « vivat » ou en frontispice républicain, l’acclamation fut à l’origine l’équivalent d’un cri de ralliement d’un clan, la marque identitaire de ceux qui ont un point de convergence en commun et qui s’expriment dans un accent commun et puissant, dans des couleurs et des tracés communs (tartan, tatouages, totems, couleurs, tableau de loge et décorum armoirié, étendard …). C'est une hypothèse qui mérite d'être étudiée.

Le clan s’entend naturellement dans l’esprit écossais et nous renvoie aux structures primitives des groupes d’hommes revendiquant une identité collective « formés » en cercles réunis autour d’un foyer commun. En loge chaque membre prête serment le bras droit tendu vers la Bible ouverte à l’évangile selon saint Jean. C’est l’Évangile de la lumière et du verbe premier, soit le souffle premier, la source. C’est à nouveau ce bras droit qui sera tendu lors de l’acclamation vers le centre de la loge indiquant la source première sur un plan donné, celui du Hékal. L’Évangile de la lumière selon saint Jean et le centre du Hékal se superposent en un centre commun.

a / L’identité collective est une appartenance qui s’exprime en sens et en essences.

Les Stuarts en exil devaient affirmer leur identité et leur revendication. Le sentiment d’appartenance ne se raffermit que pour ceux qui entretiennent la mémoire du centre et du retour. (Au plan symbolique et dans une certaine proportion, l’exil des Stuarts est à rapprocher de l’exil des Hébreux à Babylone. On retrouve ici un emprunt,un mimétisme historique assez courant dans la royauté soucieuse de légitimité pseudo-historique). L’acclamation serait une mémoire vivante, voire nostalgique du centre originel[17], une raison d’être qui pourrait devenir nostalgique.

Par mimétisme pseudo historique, l’acclamation écossaise est la mise en application du psaume 137 qui allie le geste (le bras droit) la parole (la langue) et surtout la mémoire (face à l’oubli) d’un centre spirituel : Jérusalem.

Ce désir de réintégrer le centre s’exprime en langages essentiels, mais aussi en images et intentions telle la reconquête du trône « royal » des 4 royaumes (Écosse, Angleterre, Irlande, et France[18]) par Jacques II Stuart et ses successeurs.

L’identité clanique « verbale » est le propre des Scots ou des Pictes et de toute tribu, car le sens donné au mot leur est commun et inconnu des étrangers qui en ignorent la prononciation et l’accent spécifique[19] . Le tuilage est alors de mise pour démontrer son appartenance, ledit tuilage se fait dans la prononciation spécifique au clan et par la main droite dans la bonne compréhension du psaume 137. Le bon geste et la bonne prononciation sont des codes d’appartenance.

b / Le langage en essence serait l’approche ultime du langage initiatique

L’expression des mots sacrés de grades, des mots de passe ont leur sens et leur essence.

La preuve que les mots sacrés de la franc-maçonnerie seraient « essence » et non pas uniquement sens, c’est qu’ils ont tous un rapport direct ou indirect avec les différents noms du divin ou le divin en général via la Bible. Aucun récit ou légende de grade traditionnelle n’y fait exception. La franc-maçonnerie exprimerait un cheminement par étape vers la lumière. C'est un chemin de spiritualité: chaque étape est une progression dans la verbalisation de la lumière en essence.

Dans l’échelle prométhéenne et hermétique, il s’agira d’une ascension vers la lumière. Notons que le mot se double d’un signe, d’un geste, d’une attitude qui « porte » vers l’essence.

Le domaine initiatique porte et transmet l’idée du souffle. Le mot aurait une essence qui est trop souvent oubliée. Le mot n’est-il pas en premier un souffle ?

Alors la chose représentée dans l’acclamation est tout simplement le clan auquel on appartient, et l’essence du mot se rapporte à l’histoire même de la reliance du clan à un centre mythique. Au REP cette reliance se fait par le mont Hérédom.

c / Le vécu « essentiel »

Le souffle devient mot signifiant avec un signifié classique intervenant par le langage non verbal (gestuelle, posture) et qui intègre physiquement le mot-souffle « en-soi » le rendant opérant.

Le maçon fait l’expérience de l’essence, il est alors le mot, il l’incarne et par ce simple fait va perdre son sens extérieur multiple.  Le mot « acclamé » deviendrait l’essence de l’homme, c’est-à-dire son sens intérieur et secret. Houzza(i) collectif est aussi l’essence de l’homme en relation avec le centre exprimant l’origine unique et commune.

Le couple « signifié-concept et signifiant-image acoustique » implique une intériorisation qui va construire la formation d’un égrégore sur un plan horizontal. L’acclamation a donc un effet par le sens sur le plan, c'est-à-dire dans l’expérience commune et le sentiment d’appartenance, mais le sens s’arrête à ce sentiment. Dans cette hypothèse, le relais est pris par l’essence une fois conçue en chaque maçon la notion d’axe et de centre. Le centre n’a pas un sens comme simple point géométrique, il est symboliquement essence de toute chose et tout être. C’est donc sur ce point central que le sens s’efface au profit de l’essence.

Dans l’acclamation, il y aurait littéralement une transposition du souffle, du geste et de la posture vers le centre qui est l’« essence » du cercle. C’est le trajet de la prononciation « extérieure » la plus haute à la représentation « intérieure » la plus puissante qui nous permet d’appréhender l’essence. C’est littéralement une incorporation de l’essence collective qui passe par l’audition du mot clanique. Or il se trouve que le centre est par nature invisible et sans dimension, il faut donc lui donner une apparence extérieure qui soit un point de ralliement ! C’est ici l’utilité de la geste acclamative collective. Pas de centre sans loge ni maçons.

Conclusion :

Toute la démarche initiatique tendrait vers le principe d’unité qui est à la fois la source et la fin de toutes choses.

L’acclamation tendrait vers ce même centre « essentiel ». Le franc-maçon se référera à l’étoile qu’il suivra comme le signe « apparent » de cette origine et fin. L’étoile restera inatteignable, mais autorise par son rayonnement le monde des formes géométriques : cercle, triangle, carré, utilisées pour la construction du temple en carré long. Ce carré long constitue l’archétype de la réalisation de l’homme dans son rapport au divin. La construction du temple concrétise une spiritualité descendante autour d’un centre lumineux.

De cette origine « vitale » célébrée par l’acclamation, ce serait toute la chaîne de la tradition primordiale et sa transmission qui trouverait sa raison d’être. Le rituel initiatique ne fait qu’illustrer par diverses étapes, cette concentration des sens verbaux et non verbaux en essence. Ainsi les sens dérivés de l’acclamation s’originent, selon cette hypothèse, dans l’innommable et l’indéfinissable en passant par l’étape de l’élan vital. Ce qui se dégage, c’est ce désir de reliance ontologique. L’acclamation ne serait alors que la remémoration d’un ordonnancement originel, l’aboutissement de « ordo ab chaos », un paradis perdu... la question reste posée.

Le pseudo mot ainsi prononcé dans le souffle du groupe en communion (égrégore) est « magie-image » en partage, car agissant sur la perception commune. (Image commune intériorisée et partagée passe parfois par une magie invocatoire ou évocatoire en groupe. Tout ceci n'est qu'affaire de représentation mentale "collective").

Cette approche mentalement « imagée » et physiquement « mimée » vaudrait plus particulièrement dans deux cas, celui de l’acclamation écossaise et celui de la parole perdue du « maître ». Il y a un parallèle à faire entre l’essence immortelle du mot qui est transmis dans le dernier souffle d’Hiram et la renaissance en esprit ou l’idée de résurrection en esprit. Ce chemin de l’esprit serait aussi celui de l’essence. L’essence du souffle vital, fût-il clanique, outrepasserait l’allégorie ou le symbole lié au mot.

Dans ces deux cas nous aurions l’élaboration d’une « tradition » du « souffle vécu », avec une transmission par une chaîne verticale de celui qui meurt (dernier souffle) à celui qui recompose le mot, le revivifie, voir le réinvente (nouveau souffle) tout en conservant malgré tout son essence non verbale (parole perdue et retrouvée suivant les rituels). À cette transmission par la griffe post mortem (chaînage vertical descendant dans le foyer central du clan) suit la transmission entre vifs dans une chaîne d’union circulaire et concentrique, de bouche à oreille (chaînage horizontal d’appartenance clanique) : c’est le plan ou sévit le sens. Le vivant clanique se retrouve dans le chaînage de l’immémorial. La verticalité « essentielle » de l’axe terre-ciel et l’horizontalité intelligible du plan s’unissent en un point central : c’est ici que se dessinerait la structure « essentielle » de la loge, la structure absolue.

D'un certain point de vue, l’acclamation dite « écossaise » révèle cette structure absolue en même temps qu’elle illustre le passage du sens à l’essence.

Er.°.Rom.°.

(Nous remercions pour leur fidélité, les 182 310 lecteurs du blog ecossaisdesaintjean.org de l'année 2016)

 

 

 

[1] Nous adaptons à la franc-maçonnerie et à la communication en loge, les travaux de J. Cosnier et A.Brossard : « communication non verbale, co-texte ou contexte ? » in « La communication non verbale » chez Delachaux et Niestlé-Paris 1984. Page 26.

[2] La mise à l’ordre implique que le franc-maçon soit silencieux, immobile et aligné en regard de l’axe terre ciel qu’il incarne en sa qualité de médiateur.

[3] Ce geste se fait après les trois répétitions d’un claquement de main équivalant à un triple bravo en rythme, suivi du bras droit tendu en direction du centre de la loge puis enfin le Houzza(é) répété haut et fort a l’unisson par trois fois.

[4] Il ne s’agirait pas d’une synchronicité au sens linguistique, mais bien d’une diachornicité qui plutôt que de rechercher la pseudo-étymologie du « houzza » préfère définir le sens à partir de l’essence dans le contexte et le co-texte de la loge. On procède à l’ envers, par une ascension qui décolle du centre de l’homme et de l’éthique pour s’installer dans la métaphysique. Cette ascension dans l’axe nous permet de contextualiser la descente de l’essence dans le sens et donc de comprendre la structuration de la loge, mais aussi le passage du Verbe créateur à la Parole. La structure de la loge est bâtie autour d’un centre commun qui se superpose au groupe et au centre de chaque maçon. La superposition des centres est alors diachronique, permettant la remontée d’une communication langagière et non verbale vers l’essence même du langage. L’essence s’incarne dans le maçon qui prononce et mime le triple « Houzza(é) » scandé dans les trois niveaux de la descente ou de la remontée en imitation de l’arrivée de la parole au milieu des hommes.

[5] Les marqueurs d’appartenances sont ici la tenue portée par les francs-maçons et leurs positionnements sur les colonnes.

[6] Les marqueurs de situation seaient ici les grades signifiés par les couleurs des tabliers et par les fonctions représentées par les postes occupés et les insignes portés

[7] C’est la raison pour laquelle le maçon ne sait ni lire ni écrire, il ne sait qu’épeler.

[8] " Rouah Elohim " ... le souffle de Dieu. La Bible de Jérusalem utilise le terme de " vent " pour traduire " rouah ".Mais il est plus courant de lire " l'Esprit de Dieu " (traductions Segond, Sefarim, T.O.B. ou version du Semeur). Le terme grec " pneuma " utilisé dans la traduction des Septante désigne à la fois le souffle et l'esprit. N'est-ce pas ce souffle de Dieu qui va susciter la vie ? ... ce " souffle de vie " que Dieu décide ensuite d'anéantir en Genèse 6.17 : « Je vais faire venir le déluge d’eaux sur la terre, pour détruire toute chair ayant souffle (rouah) de vie sous le ciel. » (Traduction Segond)Puis Dieu se ravise : « Ils entrèrent dans l’arche auprès de Noé, deux à deux, de toute chair ayant souffle (rouah) de vie. » (Genèse 7.15) Sur le souffle dans l’homme : Genèse 2-7 « L'Eternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l'homme devint un être vivant. » dans le sens démiurgique, le poète Hésiode dans sa théogonie nous révèle que la mission confiée à Prométhée était de donner un souffle de vie à chaque créature, celle de son frère de les armer (griffes, défenses, crocs…)

 

[9] Nous retrouvons la notion de souffle dans les grades capitulaires du REP

[10] http://www.accordphilo.com/article-les-sens-du-mot-l-essence-du-mot-100434996.html

[11] Les premiers pictogrammes représentant le , figuraient un homme en prière, les bras levés vers le ciel en signe d'adoration ou de joie. On peut donc supposer que le rôle profond du , soit d'exprimer un cri de joie rituel, poussé vers tout ce qui dépasse et terrifie les créatures. Ceci expliquerait que le en tant que cri spontané, n'ait pas d'étymologie précise (voir : http://www.alephbeth.net).

[12] Melki veut dire Roi, sedek Sage.

[13] Dans ce sens lire http://www.alephbeth.net qui est notre référence pour ce passage.

[14] Voir notre étude sur « l’extension du domaine du réel »

[15] La vision illuminative pourrait se rapporter à la conscience éclairée originelle, le sens est alors une dérivée contingente de l’essence. L’acclamation célèbrerait cette essence, prémices au langage et à la nomination des choses et des êtres.

[16] Voir dans ce sens les rituels suivant les rites, du Maître Parfait Écossais (Éditions du Maçon) et du Maître Secret, etc.

[17] Le célèbre psaume 137 n’évoque-t-il pas la nostalgie des exilés (qui sont des « excentrés ») pour leur patrie perdue et ainsi leur appartenance à un centre spirituel ? « Comment chanterions-nous l’hymne de l’Éternel en terre étrangère ? Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite me refuse son service, que ma langue s’attache à mon palais si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au-dessus de toutes mes joies ! », répondent les captifs à leurs geôliers babyloniens qui leur demandent de jouer sur leurs harpes des chants d’Israël. La paralysie de la langue et du bras droit signifiant la perte de la raison d’être, de la parole et de l’agir, soit une perte de « l’Orient ».

[18] « Jacques le Second par la grâce de Dieu, roi d'Angleterre, d'Écosse, de France et d'Irlande, défenseur de la Foi ». Tels sont ses titres, sachant que depuis Charles III les souverains Anglais revendiquent le trône de France. Celle-ci resta symbolique. Du reste on notera que cette revendication est plus mythique comme la légende des 4 royaumes irlandais dont le cinquième n’existait que par période. Ce cinquième royaume tiré de la légende était au centre des centres, le milieu rayonnant des quatre autres. Les souverains Écossais devaient se faire couronner sur la pierre de Scone dont la légende dit qu’elle venait d’Irlande.

[19] Voir sur la prononciation le mot schibboleth dans le Livre des Juges 12:4-6. Les Giléadites utilisent ce terme pour distinguer leurs ennemis Éphraïmites parmi les fuyards. Les Éphraïmites se trompant sur la façon de prononcer la lettre sin’, ils trahissaient leur non-appartenance au clan.

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