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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 18:24

Comment définir la Kabbale ? En tant que tradition orale (enseignement transmis de génération à génération sous forme de récits, de légendes, ...), la kabbale est probablement aussi lointaine que la date de rédaction du Pentateuque (recueil des cinq premiers livres de la Bible). Si l'on considère que les textes ayant inspiré les volumes les plus anciens du Pentateuque (la Genèse en particulier) ont été rédigés au IXème ou Xème siècle avant Jésus-Christ, la kabbale orale aurait donc 3000 ans. En tant que tradition écrite, la kabbale voit le jour en plein Moyen-âge. Le Bahir (sefer ha bahir - "Livre de la Clarté") est considéré comme le tout premier écrit appartenant à la littérature de la kabbale. Cet ouvrage apparaît en France au XIIème siècle après Jésus-Christ, la date précise de parution ainsi que son auteur sont inconnus. Le fleuron de la kabbale écrite reste le Zohar (sefer ha zohar, "Livre de la Splendeur") attribué à l'espagnol Moïse de Leon (XIIIème siècle)

Si l’on s’en tient à WP, Le mot « kabbale » (Qabalah en hébreu) signifie « réception » au sens le plus général, le terme est parfois interprété comme « tradition ». Le Kabbaliste est donc celui qui a reçu (de l'hébreu קיבל Qibel) la tradition (l’initiation).

Le mot Kabbale ne désigne pas un dogme, mais un courant à l'intérieur du judaïsme et un état d'esprit. Plus qu'une simple origine étymologique, "recevoir" est une clé de compréhension du processus de restauration.

C’est aussi un ensemble de spéculations métaphysiques sur Dieu, l'homme et l'univers, qui prend racine dans les traditions ésotériques juives.

Cette définition très académique ne rend pas bien compte de l'universalité de la Kabbale et de la richesse de l’ensemble des thèmes qu'elle aborde.

La kabbale est un outil d'aide à la compréhension du monde dans le sens qu'elle nous incite à en modifier notre perception que nous appelons "la réalité" malgré la subjectivité de notre perception. Pour ce faire, la Kabbale met à notre disposition un diagramme synthétique : l'Arbre des Sephiroth, des clés de lecture pour de multiples ouvrages et un foisonnement de concepts (degrés de significations, contractions, etc...).

La kabbale est un véritable traité ésotérique sur l’origine, la nature et les destinées du monde, qui suit mais aussi prolonge et interprète à sa façon la Bible.

La kabbale propose en outre des réponses aux questions essentielles concernant l'origine de l'univers, le devenir de l'homme et son rôle. C'est à la fois un extraordinaire outil de travail sur soi et un moyen puissant d'appréhender les autres systèmes de pensée. Cela peut rappeler certaines réflexions que nous avons eues dans le cabinet du même nom lors de notre initiation maçonnique.

Dans Morals And Dogma, Albert Pike(Américain, Elu Grand Commandeur en 1859 du rite Ecossais ancien et accepté et qui le resta pendant trente-deux ans, jusqu'à la fin de sa vie) déclare que la franc-maçonnerie est un produit de la kabbale de par ses origines ésotériques. Notamment le 32eme degré du rite écossais. Jusqu’en 1964, aux Etats- Unis la kabbale était remise au maçon qui arrivait au 14eme degré.

Morals and Dogma ou la Morale et le dogme a été décrit comme "une collection de trente-deux essais qui fournissent une justification philosophique pour les degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Il fournit une toile de fond pour les différents degrés du rite en donnant des leçons de religion comparée à l'histoire et la philosophie"

Le thème du kabbalisme a été en outre repris par nombre de nouveaux mouvements religieux, dont le « Centre de la Kabbale » qui connaît depuis les années 1980 une certaine notoriété auprès des personnalités du show-business, dont la très emblématique chanteuse Madonna. Toutefois ce mouvement est dénoncé comme imposture par les rabbins traditionalistes.

La Kabbale propose des réponses aux problèmes fondamentaux sans les éluder. Ainsi elle considère que le Néant et le Mal font partie intégrante de la création. Aucun sujet n'est vil à ses yeux : le doute, la souffrance, l'égoïsme, le sexe, le plaisir, nourrissent ses débats. La Kabbale contribue à briser les carcans de la pensée et de la morale (bien sûr pour cela elle construit d'autres carcans qu'elle incitera à détruire : la certitude est vue comme une erreur consentie- on parle alors de vérité relative - qu'il faudra piétiner comme on piétine les marches d'un escalier afin de s'élever).

La Kabbale accorde les contraires apparents en dévoilant les paradoxes et en proposant de les résoudre. Des notions aussi éloignées que celles de forme et de force, de raison et de foi, d'inertie et de mouvement s'interpénètrent et prennent leur sens dans leur complémentarité, dans leur interchangeabilité, et non dans leur stricte opposition.

Cette notion s'illustre parfaitement dans l'Arbre des Sephiroth (l’arbre de vie) où des ensembles de symboles très divers sont reliés entre eux. La kabbale ne montre pas seulement l'aspect illusoire de la dualité mais lui accorde un rôle crucial : la dualité est le moteur de l'expansion de notre conscience, un puissant facteur de progrès. L'homme ne marche que parce que les forces de frottement s'opposent à sa marche, sans ces obstacles sous les semelles, il glisserait sur place.

Après ces généralités nous allons rentrer dans le vif du sujet par l’approche de l’arbre séphirotique ou l’arbre des Sephiroth (sans s car c’est un nom pluriel)

La Kabbale (aperçu)

Les Sephiroth (en hébreu ספירות) sont les 10 puissances créatrices listées par la Kabbale dans son approche mystique du mystère de la Création. Chaque Sephira est l'émanation d'une énergie du Dieu Créateur. Ces puissances divines manifestent dans la création du monde fini le Pouvoir Suprême de l'Infini. Les traités de Kabbale présentent souvent les Sephiroth sous la forme d'un Arbre de Vie.

Les sephiroth, littéralement "émanations", "numérations" ou encore "nombres", sont les étapes, les épreuves, les champs de conscience, les forces en action dans la réalité perçue.

L'Arbre en comporte 10, schématisées par des cercles. La figure ci-dessus montre la disposition usuelle des sephiroth ce sont les nœuds d’intersection des ‘sentiers’.

Il faut noter que l'apparente verticalité de l'Arbre ne préjuge pas de la supériorité de telle ou telle séphire. (En hébreu, "sephiroth" est un pluriel du genre féminin. Au singulier, on emploiera le mot "sephirah" ou "séphire").

Après les sephiroth nous voyons les ‘sentiers’ qui relient les sephitroth entre eux et qui représentent leurs différentes interactions.

Ils peuvent être perçus soit comme des combinaisons de forces, soit comme des zones de transition ou encore des canaux ou des chemins.

Voici quelque chose qui va nous rappeler quelque chose : nous avons 3 piliers sur notre arbre de vie :

  • La colonne de droite (en hébreu, kav yamin) est dominée par Chokhmah. C'est Yakhin ou Jakin la blanche, le pilier de la force, des tendances masculines. Les Sephiroth de ce pilier (Chokhmah, Chesed, Netzach) correspondent à des états actifs. Ce pilier est dominé par les principes actifs, de construction, de kinétique.
  • La colonne de gauche (en hébreu, kav smol) est dominée par Binah. C'est Boaz la noire, le pilier de la forme, des aspects féminins. Les Sephiroth de ce pilier (Binah, Geburah, Hod) correspondent à des états de structure passifs. Ce pilier est dominé par les symboliques passives de statique, de destruction.
  • La colonne centrale est dominée par Kether, et est appelée le pilier de l'équilibre, ou de la conscience. Les Sephiroth de ce pilier (Kether, Tipheret, Yesod et Malkuth) traduisent un équilibre entre force et forme, mâle et femelle, action et structure : ils correspondent à des états de conscience équilibrée.

Il n'y a aucune discontinuité entre les chemins qui sillonnent l'Arbre. Ainsi les Sephiroth elles-mêmes font partie du parcours initiatique de l'Arbre. En ce sens, la Kabbale considère qu'il existe 32 sentiers : les 10 Sephiroth plus les 22 voies qui les relient.

Il est préférable de représenter les sentiers par des canaux et non pas par de simples lignes ténues. Cela permet d'introduire dans l'Arbre la notion d'écoulement, de flux alimentant notre réalité.

La numérotation des éléments de l'Arbre n'est pas arbitraire. Elle correspond à une succession de forces qui s'équilibrent jusqu'à la 10ème et ultime séphirah. L'ordre des sephiroth montre que l'Arbre est en fait inversé : la première sephirah, associée à la racine de l'Arbre, est située en haut tandis que la dixième sephirah, liée au sommet, se trouve en bas. La numération des sentiers correspond aux étapes de construction de l'Arbre. Elle schématise les ajustements et les équilibrages nécessaires au déploiement complet de l'Arbre.

Nous voyons sur les images précédentes la numérotation non arbitraire des sephiroth ainsi que des sentiers. Sur la représentation à droite nous avons les noms sephiroth

Sans même connaître les attributs des sephiroth, il est déjà possible de les relier entre elles, en suivant l'ordre des chiffres qui leur sont associés.

Cette opération fait apparaître une figure connue sous le nom d'éclair fulgurant. Elle symbolise l'étincelle divine engendrant l'univers. Une analogie intéressante peut être celle du précipité : dans une solution chimique, l'adjonction d'une certaine substance ou l'effet d'un influx électrique fait apparaître une matière dense (la dixième séphire).

Il y a trois lignes qui apparaissent derrière la première séphirah et qui représentent les trois voiles du non-manifesté. Cet éclair pourrait nous faire penser à l’épée flamboyante présente sur le plateau du vénérable. En effet dans « flamboyante » le nom indique un rapport avec la foudre ou l’éclair. Le rôle dévolu au Vénérable Maître est de créer un espace sacré où pourra se vivre l’initiation, ainsi que de pouvoir préserver cet espace. À cet effet, le Vénérable Maître dispose de l’Épée Flamboyante pour transmettre l’énergie créatrice de l’Orient éternel. Le mot qui, traduit de l’Hébreu, qualifie la lame de « l’épée flamboyante » est le verbe « se tourner, changer ». Il s’agit donc d’une épée qui tourne, qui s’agite, d’où son caractère dit flamboyant. En effet, cette racine hébraïque montre que l’épée flamboie parce qu’elle est le feu elle-même et parce qu’elle réfléchit la lumière solaire d’où elle se charge. Le double tranchant de la lame a entre autre cette fonction : celle de porter le feu de la création pour donner vie à l’initié. Il y a bien entendu d’autres fonctions de cette épée mais nous ne traiterons pas de cela aujourd’hui : ce n’est pas notre propos.

Revenons donc à notre arbre dont j’ai reporté plus haut les différents noms des séphiroth. Je vais vous donner la signification synthétique de chaque sephirah. Toutefois la multiplicité des significations des sephiroth, suivant le plan sur lequel on se situe (macrocosmique ou microcosmique), se reflète dans la diversité des noms et des symboles associés à chaque sephirah. C’est donc une signification vraiment synthétique que je vous livre :

  • Kether qui signifie Couronne, symbolise le point primordial, la vaste contenance, la tête blanche, l'existence des existences, l’homme primordial.
  • Chokmah qui signifie Sagesse, symbolise le père suprême, le yod, le tétragramme, le débordement.
  • Binah : qui signifie Compréhension, la mère sombre, la mère stérile, la mère lumineuse, la mère féconde, le trône, la grande mer
  • Chesed : la Miséricorde bienveillance, amour, majesté
  • Geburah : la Sévérité La justice, la force, la rigueur
  • Tiphereth : la Beauté l'équilibre, la moindre contenance, le roi, le fils, l'homme
  • Netza'h : la Victoire fermeté, puissance, synthèse
  • Hod : la Gloire
  • Yesod : le Fondement,la fondation, le trésor des images
  • Malkuth : le Royaume, Kallah [la fiancée] , le seuil, le seuil de la mort, le seuil des larmes, le seuil du jardin d'Eden, la Shekinah, la mère inférieure, la reine, la vierge…

Voici dans ces vraiment très grandes lignes la base théorique de la Kabbale. Je voudrais juste préciser un point :

pour différencier le MACROCOSME (l'univers) du MICROCOSME (l'homme), l'Arbre pivote sur son axe : ainsi Chokmah échange sa place avec Binah, Chesed avec Geburah, Netza'h avec Hod, les quatre autres sephiroth eux ne bougent pas. Ce basculement de l'arbre sur son axe est une illustration du principe d'inversion. C’est un effet miroir puisque la bascule n’est pas horizontale mais verticale.

Vous aurez également noté que dans l’arbre sephirotique nous retrouvons les noms de nos 3 colonnettes : Sagesse, Beauté et Force

Robert Ambelain dans son ouvrage la Kabbale Pratique, avait découpé son étude en 2 parties : Les éléments doctrinaux et les éléments opératifs. Dans les 1ers il décrivait l’origine, la genèse, les éléments métaphysiques et les « existences » divines notamment les séphirots dans les cinq mondes.

Dans la 2eme partie il rentrait dans la partie pratique de la mise en œuvre de la Kabbale. Il indiquait tout ce qui devait être fait et su pour œuvrer opérativement.

Bien que Robert Ambelain fut passionné d’ésotérisme, pour autant peut on dire que la kabbale a une influence directe sur la Franc-Maçonnerie ? Si l’on s’en tient à certains auteurs, rien n’est moins sûr. Tout d’abord pour la bonne et simple raison que les juifs ne furent admis dans les loges que bien tardivement. Le corps spirituel de la Franc Maçonnerie était déjà établi et qu’en plus on ne peut pénétrer la kabbale sans un bagage religieux adéquat ce qui était loin d’être le cas pour la plupart des frères au 18eme.

Quels peuvent être alors les similitudes entre la Kabbale ou le judaisme et la FM ?

Certains auteurs ont trouvé au contraire bien des points communs :

Tout d’abord la valeur du travail, on sait que le maçon est invité à travailler sur lui-même, à polir continuellement sa pierre, à se perfectionner lui-même avant de chercher à améliorer le monde. La symbolique maçonnique, avec les outils du constructeur et le tablier, témoigne de cette orientation primordiale. Le judaïsme connaît lui aussi cette valorisation du travail, qui prend évidemment sa source dans la Torah. Avant même d’être chassé du jardin d’Eden et de devoir travailler à la sueur de son front, Adam devait déjà entretenir le jardin.

Il en découle une foi commune en la perfectibilité de l’homme. La franc-maçonnerie constitue de ce fait une utopie de la modernité, elle pense ou espère que l’homme peut s’améliorer et améliorer le monde. Elle y tend mais l’Homme (j’ai mis une majuscule pour l’homme en général) peut-il vraiment aller uniquement vers le bien ? Il doit y avoir beaucoup de facteurs convergents pour que l’Homme tende vers le bien et s’y tienne.

Un point à rapprocher entre la FM et le judaisme serait l’absence de Dogme. La franc- maçonnerie ne propose ni n’impose aucun dogme. Elle a même érigé en dogme cette aversion pour le dogme !! On est dans le cas « il est interdit d’interdire ». N’ayant pas de doctrine la FM est donc une méthode d’appréhension de soi et du monde.

Par contre quelque chose de plus intéressant permet de faire un lien entre les deux disciplines : La kabbale associe à chaque lettre une valeur numérique donc chaque mot à sa propre valeur numérique qui correspond à la somme des valeurs numériques de chaque lettre. Cette vraie valeur des mots est à l’origine de l’importance de l’épellation dans le rite maçonnique. Cela ne nous rappelle t-il pas quelque chose ?

Pour conclure j’avoue que le parallèle qu’il peut y avoir entre la Kabbale et la Franc Maçonnerie est difficile à cerner pour plusieurs raisons, si l’on s’en tient à certains auteurs que je cite plus haut, la kabbale ne peut être à l’origine ou avoir participé à la création de la FM. Pourtant après avoir lu ce j’ai lu sur le sujet, rien n’est moins sûr ! Il y a vraiment beaucoup de similitudes, d’autant que certains prétendent que la Kabbale serait d’origine Egyptienne et serait même à l’origine des templiers et des Rosi-Cruciens. Donc est-ce au 18eme et 19eme que la FM a puisé dans la Kabbale ou est-ce bien antérieurement que le rapprochement a été fait ? Peut être nous pouvons y voir un cheminement commun aux traditions authentiques. Pour se faire la meilleure idée, il est bon de lire ou relire la kabbale en ayant en arrière pensée notre rituel et là, la lumière jaillit. En ce qui me concerne j’ai l’intime conviction que la Kabbale et la Franc-maçonnerie sont intiment liées du fait de leur caractère authentiquement traditionnel.

Au terme de cette approche, nous avons plus de questions posées que de réponses. apportées.

Nous voyons sur les images précédentes la numérotation non arbitraire des sephiroth ainsi que des sentiers. Sur la représentation à droite nous avons les noms sephiroth

Sans même connaître les attributs des sephiroth, il est déjà possible de les relier entre elles, en suivant l'ordre des chiffres qui leur sont associés.

Cette opération fait apparaître une figure connue sous le nom d'éclair fulgurant. Elle symbolise l'étincelle divine engendrant l'univers. Une analogie intéressante peut être celle du précipité : dans une solution chimique, l'adjonction d'une certaine substance ou l'effet d'un influx électrique fait apparaître une matière dense (la dixième séphire).

Il y a trois lignes qui apparaissent derrière la première séphirah et qui représentent les trois voiles du non-manifesté. Cet éclair pourrait nous faire penser à l’épée flamboyante présente sur le plateau du vénérable. En effet dans « flamboyante » le nom indique un rapport avec la foudre ou l’éclair. Le rôle dévolu au Vénérable Maître est de créer un espace sacré où pourra se vivre l’initiation, ainsi que de pouvoir préserver cet espace. À cet effet, le Vénérable Maître dispose de l’Épée Flamboyante pour transmettre l’énergie créatrice de l’Orient éternel. Le mot qui, traduit de l’Hébreu, qualifie la lame de « l’épée flamboyante » est le verbe « se tourner, changer ». Il s’agit donc d’une épée qui tourne, qui s’agite, d’où son caractère dit flamboyant. En effet, cette racine hébraïque montre que l’épée flamboie parce qu’elle est le feu elle-même et parce qu’elle réfléchit la lumière solaire d’où elle se charge. Le double tranchant de la lame a entre autre cette fonction : celle de porter le feu de la création pour donner vie à l’initié. Il y a bien entendu d’autres fonctions de cette épée mais nous ne traiterons pas de cela aujourd’hui : ce n’est pas notre propos.

Revenons donc à notre arbre dont j’ai reporté plus haut les différents noms des séphiroth. Je vais vous donner la signification synthétique de chaque sephirah. Toutefois la multiplicité des significations des sephiroth, suivant le plan sur lequel on se situe (macrocosmique ou microcosmique), se reflète dans la diversité des noms et des symboles associés à chaque sephirah. C’est donc une signification vraiment synthétique que je vous livre :

  • Kether qui signifie Couronne, symbolise le point primordial, la vaste contenance, la tête blanche, l'existence des existences, l’homme primordial.
  • Chokmah qui signifie Sagesse, symbolise le père suprême, le yod, le tétragramme, le débordement.
  • Binah : qui signifie Compréhension, la mère sombre, la mère stérile, la mère lumineuse, la mère féconde, le trône, la grande mer
  • Chesed : la Miséricorde bienveillance, amour, majesté
  • Geburah : la Sévérité La justice, la force, la rigueur
  • Tiphereth : la Beauté l'équilibre, la moindre contenance, le roi, le fils, l'homme
  • Netza'h : la Victoire fermeté, puissance, synthèse
  • Hod : la Gloire
  • Yesod : le Fondement,la fondation, le trésor des images
  • Malkuth : le Royaume, Kallah [la fiancée] , le seuil, le seuil de la mort, le seuil des larmes, le seuil du jardin d'Eden, la Shekinah, la mère inférieure, la reine, la vierge…

Voici dans ces vraiment très grandes lignes la base théorique de la Kabbale. Je voudrais juste préciser un point :

pour différencier le MACROCOSME (l'univers) du MICROCOSME (l'homme), l'Arbre pivote sur son axe : ainsi Chokmah échange sa place avec Binah, Chesed avec Geburah, Netza'h avec Hod, les quatre autres sephiroth eux ne bougent pas. Ce basculement de l'arbre sur son axe est une illustration du principe d'inversion. C’est un effet miroir puisque la bascule n’est pas horizontale mais verticale.

Vous aurez également noté que dans l’arbre sephirotique nous retrouvons les noms de nos 3 colonnettes : Sagesse, Beauté et Force

Robert Ambelain dans son ouvrage la Kabbale Pratique, avait découpé son étude en 2 parties : Les éléments doctrinaux et les éléments opératifs. Dans les 1ers il décrivait l’origine, la genèse, les éléments métaphysiques et les « existences » divines notamment les séphirots dans les cinq mondes.

Dans la 2eme partie il rentrait dans la partie pratique de la mise en œuvre de la Kabbale. Il indiquait tout ce qui devait être fait et su pour œuvrer opérativement.

Bien que Robert Ambelain fut passionné d’ésotérisme, pour autant peut on dire que la kabbale a une influence directe sur la Franc-Maçonnerie ? Si l’on s’en tient à certains auteurs, rien n’est moins sûr. Tout d’abord pour la bonne et simple raison que les juifs ne furent admis dans les loges que bien tardivement. Le corps spirituel de la Franc Maçonnerie était déjà établi et qu’en plus on ne peut pénétrer la kabbale sans un bagage religieux adéquat ce qui était loin d’être le cas pour la plupart des frères au 18eme.

Quels peuvent être alors les similitudes entre la Kabbale ou le judaisme et la FM ?

Certains auteurs ont trouvé au contraire bien des points communs :

Tout d’abord la valeur du travail, on sait que le maçon est invité à travailler sur lui-même, à polir continuellement sa pierre, à se perfectionner lui-même avant de chercher à améliorer le monde. La symbolique maçonnique, avec les outils du constructeur et le tablier, témoigne de cette orientation primordiale. Le judaïsme connaît lui aussi cette valorisation du travail, qui prend évidemment sa source dans la Torah. Avant même d’être chassé du jardin d’Eden et de devoir travailler à la sueur de son front, Adam devait déjà entretenir le jardin.

Il en découle une foi commune en la perfectibilité de l’homme. La franc-maçonnerie constitue de ce fait une utopie de la modernité, elle pense ou espère que l’homme peut s’améliorer et améliorer le monde. Elle y tend mais l’Homme (j’ai mis une majuscule pour l’homme en général) peut-il vraiment aller uniquement vers le bien ? Il doit y avoir beaucoup de facteurs convergents pour que l’Homme tende vers le bien et s’y tienne.

Un point à rapprocher entre la FM et le judaisme est l’absence de Dogme. La franc- maçonnerie ne propose ni n’impose aucun dogme. Elle a même érigé en dogme cette aversion pour le dogme !! On est dans le cas « il est interdit d’interdire ». N’ayant pas de doctrine la FM est donc une méthode d’appréhension de soi et du monde.

Par contre quelque chose de plus intéressant permet de faire un lien entre les deux discipline : La kabbale associe à chaque lettre une valeur numérique donc chaque mot à sa propre valeur numérique qui correspond à la somme des valeurs numériques de chaque lettre. Cette vraie valeur des mots est à l’origine de l’importance de l’épellation dans le rite maçonnique. Cela ne nous rappelle t-il pas quelque chose ?

Pour conclure j’avoue que le parallèle qu’il peut y avoir entre la Kabbale et la Franc Maçonnerie est difficile à cerner pour plusieurs raisons, si l’on s’en tient à certains auteurs que je cite plus haut, la kabbale ne peut être à l’origine ou avoir participé à la création de la FM. Pourtant après avoir lu ce j’ai lu sur le sujet, rien n’est moins sûr ! Il y a vraiment beaucoup de similitudes, d’autant que certains prétendent que la Kabbale serait d’origine Egyptienne et serait même à l’origine des templiers et des Rosi-Cruciens. Donc est-ce au 18eme et 19eme que la FM a puisé dans la Kabbale ou est-ce bien antérieurement que le rapprochement a été fait ? Peut être nous pouvons y voir un cheminement commun. Pour se faire la meilleure idée, il est bon de comprendre la kabbale en ayant en arrière pensée notre rituel et là, la lumière jaillit. En ce qui me concerne j’ai l’intime conviction que la Kabbale et la Franc-maçonnerie sont intiment liées. (...)

 

Chris.°. Mart.°.  RL "Les Ecossais de Saint Jean" à l'O.°. de HYERES.

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