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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 23:11

2 / Les 22 lames du tarot Oswald Wirth.

Avant-propos

Cette planche concerne le taro d’Oswald Wirth. Dans une première partie, nous avons vu le tarot dans son ensemble. Je vais vous parler, aujourd'hui, des 22 lames du Tarot et leurs rapports avec la loge maçonnique, ou pour être plus précis, leurs rapports avec l’initiation maçonnique. Pour appréhender ces 22 lames il faut imaginer qu’elles racontent l’histoire de la progression initiatique. Chaque image représente un archétype tel qu’il pouvait être décrit au moyen âge. À l’instar du tableau de loge qui est une image du monde selon le grade qu’il représente, les lames du tarot représentent l’image de l’homme selon son avancée dans la voie initiatique. Nous pouvons comprendre les 22 lames du tarot comme un guide qui raconte les étapes de la vie et plus particulièrement les étapes de l’initiation. Dans la première partie nous avons abordé la classification en roue du Tarot par O.W. ce qui lui confère une notion de cycle. Nous avons démontré la présence des 4 éléments et des 4 points cardinaux dans 4 degrés hiérarchiques imagés (ou couleurs), représentés par ce que l’on appelle les hiéroglyphes du Tarot que sont les bâtons, les coupes, les épées, et les cercles ou deniers. Puis, cette roue du tarot divisée en deux et mise à plat a démontré une échelle montante et une échelle descendante des 22 lames, et de liens aériens entre les cartes. Nous avons vu les trois septénaires esprits, âme, corps qui sont la colonne vertébrale du Tarot. Et pour finir, nous avons mis en évidence les rapports avec l’arbre de vie des Séphirot de la cabale. Pour aborder cette dernière partie, il nous faut en vérité parler des 20 lames du Tarot, car Le fou (arcane sans nombre, à laquelle on attribue le 0) et le monde (arcane 21) sont à considérer en dehors de cette suite logique. Réduit à 20, la loi qui régit cet ensemble est le quartenaire et les 5 étapes de l’initiation comme l’explique J.Behaeghel dans son ouvrage: voyage au cœur du symbole (éd. Rocher). La quaternité (Q), la verticalisation (V), l’inversion (I), la transmutation (T) et les portes (P).Dernier élément dont je n’ai pas parlé dans la première partie, les couleurs (bleu, vert, rouge, jaune) des personnages et des décors des tarots, qui viennent compléter la symbolique numérale. On parle de croix des couleurs — J.Behaeghel voyage au cœur du symbole (éd. Rocher) – bleu ou noir au nord, vert à l’occident, rouge au midi et jaune à l’orient. Nous avons vu aussi que chaque lame repose sur un nombre, une image, un nom, une lettre hébraïque et des couleurs. L’ensemble compose une multitude d’éléments qui interagissent entre eux afin de révéler un symbole complet. Tout n’est pas descriptible, et une fois les symboles expliqués, libre à chacun d’interpréter et de ressentir chaque carte. J’ai choisi de présenter les tarots en partant du bateleur 1. Maintenant, entrons dans le détail des arcanes.

La Quaternité (Q) : 1 Bateleur / 2 Papesse / 3 Impératrice / 4 Empereur

1 – Le Bateleur

Nombre : 1 Élément : Air

Lettre hébraïque : aleph א – Le bœuf (unité)

Sephirot : KETHER (la couronne)

Classification : Préparation – actif – esprit de l’esprit – principe d’intelligence individuelle Son pendant : le fou 0 (sujet, point de départ)

Description et interprétation : La table sur laquelle reposent la coupe, l’épée et le denier est composée de trois pieds les trois piliers du monde objectif (soufre, sel, mercure) (O.W.) *(Lorsque j’utilise un passage du livre de référence le Tarot imagier du moyen âge, je le note (O.W.)), le jeune homme compose certainement le quatrième. Nous retrouvons cette analogie dans les trois colonnes autour du pavé mosaïque. Dans sa main il tient une baguette, ce qui permet de lui conférer l’appellation de mage. Il maîtrise ainsi les 4 éléments (denier, épée, coupe, bâton) qu’il a certainement affrontés dans des épreuves. Nous remarquons son chapeau en forme de 8 couché. C’est le signe bien connu de l’infini, mais aussi le parcours elliptique du soleil. Son costume est à dominante rouge ce qui le place immanquablement dans le domaine de l’action. Sa position permet de capter, avec la main gauche, l’énergie cosmique avec sa baguette (axe vertical) et de la transmettre avec la main droite au denier, accumulateur des énergies, sur lequel est dessinée une croix templière, représentant les 4 points cardinaux ou encore selon O.W. les quatre verbes — savoir, oser, vouloir, se taire – (O.W.). Son doigt désigne le centre de la croix que R. Guenon désigne dans symbolisme de la croix comme vide – non manifesté et que l’on droit interpréter par le centre de nous-mêmes. Les pieds en angle droit finissent de conférer au bateleur le titre d’apprenti. La quintessence du corps-habit est représentée par les 5 boutons qui ferment l’habit du bateleur. Cette description est à mettre en concordance avec le nombre 1, et Aleph : unité de toutes choses. Expert du quaternaire, le bateleur et le médiateur entre le fou – seul voyageur du tarot — et le monde — but du voyage.

2 – La Papesse

Nombre : 2

Élément : Eau

Lettre hébraïque : beth : ב – La maison (vie intérieure) Sephirot : C’HOCMAH (sagesse)

Classification : Préparation – intermédiaire – âme de l’esprit – l’esprit en présence du mystère – divers aspects de la vérité Son pendant : le monde 21 (perception de l’inconnu)

Description et interprétation : Premier personnage assis sur un trône, elle est en position d’écoute et de méditation de manière hiératique, tout comme on doit l’être en loge. Elle tient dans sa main droite le livre des secrets dont les clefs — l’une d’argent et l’autre d’or — se trouvent dans sa main gauche. Il s’agit du principe de l’ésotérisme, elle incarne le verbe muet du livre que l’on doit avaler pour le comprendre. La Papesse a contrario du Pape est symbole de la spiritualité lunaire et ésotérique. Elle porte un voile surmonté de deux rangées de pierres précieuses et d’un croissant montant. Il s’agit du voile d’Isis (qui veut dire « le trône »), rideau des apparences au-delà duquel il faut savoir discerner la réalité. Isis, déesse mère, qui plus tard sera représentée en Europe par les vierges noires. Les deux autres ornements font référence à la philosophie occulte et l’hermétisme. Sorti de l’unité (bateleur 1) la papesse (2) aborde le binaire représenté par les deux colonnes J et B qui se trouvent derrière le trône et qui sont de couleur Rouge et Bleu — Midi et Nord. Entre ces deux colonnes est tendu un rideau dont les contours sont en mouvement et que l’on doit soulever pour entrer en loge. C’est une allégorie de l’abandon des métaux, du passage du monde profane au monde sacré. La papesse vêtue principalement de rouge est dans l’action malgré son immobilité. Elle est dans l’action de l’esprit sur la matière, chemin que se doivent d’emprunter les initiés. Sur son ventre une croix de Saint-André additionné de croix secondaires renseigne sur le pouvoir de la papesse de révéler l’occulte. Sur la droite apparaît un pavé mosaïque dont le sens de la loi des contrastes est bien connu parmi nous. Son trône laisse apparaître un Sphinx qui pose les questions existentielles, d’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? Enfin elle pose son pied droit sur un coussin, détail qui permet de dire que nous sommes bien en présence de Cassiopée souveraine noire – d’où l’allusion aux vierges noires. Elle réunit les trois mondes subterrestre, terrestre et céleste. Isis ne confie la clef des mystères qu’à ses fils – enfants de la veuve – dignes de connaître ses mystères (O.W.). La papesse incarnant la sagesse est le premier pilier de loge que nous rencontrons dans le Tarot.

3 – L’impératrice

Nombre : 3

Élément : Feu

Lettre hébraïque : gimel : ג – Le chameau (la synthèse de la dualité)

Sephirot : BINAH (L’intelligence ou La compréhension)

Classification : Préparation – passif – corps de l’esprit – le principe spirituel source de pensée et de vie – l’idée par rapport à l’entendement

Son pendant : le jugement 20 (assimilation de ce qui est hors de soi)

Description et interprétation : Vierge immaculée des chrétiens elle est mi- femme, mi- ange. Elle pose un pied sur un croissant tourné vers le bas, ce qui lui donne une position de domination sur le sublunaire. Elle est solaire, en référence au cadran (solaire) composé de douze étoiles (dont neuf visibles) qui auréolent sa tête et qui rappelle aussi le zodiaque. Elle se montre de face, en position hiératique, exprimant l’immuabilité des choses. En Reine du Ciel, elle est parée d’ailes argentées et porte dans sa main gauche un sceptre dominateur surmonté d’un monde et d’une croix. Dans sa main droite un blason de pourpre à une aigle d’argent, emblème de l’âme sublimée au sein de la spiritualité (O.W.). À sa gauche, une fleur de lys vient rappeler la pureté de son idéal. Elle est la révélation de la tri-unité. La couleur dominante bleue la relie au rôle de grande prêtresse. Le rouge du haut de sa tunique rappelle son activité intérieure d’où jaillit son intelligence. Le 3 est le nombre de l’apprenti, à ce stade il atteint un premier idéal depuis son passage dans le cabinet de réflexion et des profondeurs de la terre. Un premier pas vers l’élévation.

4 – L’empereur

Nombre : 4

Élément : Terre

Lettre hébraïque : dalet : ד – La porte (le monde matériel créé)

Sephirot : C’HESED (la miséricorde ou la compassion)

Classification : Préparation – actif – esprit de l’âme – la lumière créatrice – l’idée par rapport à l’entendement Son pendant : le soleil 19

Description et interprétation : L’empereur, est assis sur un trône cubique en or dont l’aigle noir représenté dessus est l’opposé du blason que porte l’impératrice. Incarné, l’oiseau noir est désormais prisonnier de sa matérialité. Représenté de profil, l’empereur tient son bras à l’équerre ce qui avec son corps forme un triangle. Il croise ses jambes (action) et porte à sa main le globe du monde qui représente plus exactement l’âme du monde (O.W.). Dans sa main droite, il porte un sceptre massif qui comporte à sa base un croissant lunaire — signe de domination de ce qui est instable (lunaire) — et se terminant en fleur de Lys, qui évoque un triangle descendant. L’empereur incarne ce qui est concret, le pouvoir terrestre, le prince de ce monde qui anime et gouverne les êtres qu’il a créés. C’est le père, le Grand Architecte de l’univers dont le trône n’est autre que la pierre cubique ou pierre philosophale, qui a comme avantage de ne pas pouvoir être renversée et d’être à la base de toute construction (O.W.). Son idéal de miséricorde fait de lui un gouverneur juste et bon. Il est associé à Hercule héros qui a obtenu après ses 12 travaux les pommes d’or du jardin des Hespérides, fruit du savoir initiatique. À ses pieds, la rose qui a commencé à naître chez le bateleur s’épanouit. L’empereur ferme la marche de la quaternité, et sa raison d’être est de s’inscrire dans le carré. Il doit harmoniser le visible afin qu’il puisse un jour devenir le reflet de l’invisible (J. Bahaeghel).

La verticalisation (V) : 5 Pape / 6 L’amoureux / 7 le chariot / 8 La justice

5 – Le Pape

Nombre : 5

Élément : Air

Lettre hébraïque : he : ה — le louange (les cinq sens, le souffle)

Sephirot : GEBURAH (Le bon jugement ou la rigueur)

Classification : Préparation — intermédiaire – âme de l’âme — quadruple source des convictions humaines — divers aspects de la vérité

Son pendant : La Lune 18 (illumination spirituelle)

Description et interprétation : il porte le nom et tous les attributs du souverain pontife. Rien n’échappe aux yeux bleus de ce personnage à la fois indulgent et rigoureux. Il s’adresse aux deux catégories de fidèles. Il y a celui qui regarde le pape les bras étendus laissant penser qu’il a compris les mystères sans pour autant accepter le dogme aveuglément, et il y a celui qui baisse la tête couvrant son visage en signe d’humilité devant son incompréhension spirituelle et acceptant le dogme. Une nouvelle fois (après la papesse) derrière le trône se trouve les deux colonnes J et B, mais cette fois-ci des colonnes de couleur verte signifiant une tradition bien vivante à l’image de celle de la nature. Devant cet auditoire contraire, le pape doit adapter son discours pour concilier ces opposés. Il est placé au centre d’un quaternaire matérialisé par les deux fidèles et les deux colonnes. Il suppose être le centre de la croix, le G du compagnon au centre de l’étoile flamboyante. Avec le chiffre 5, il représente l’homme médiateur entre Dieu et l’univers. Le pape est ganté de blanc, symbole que nous connaissons bien, indiquant que les mains ne se souillent jamais au contact des affaires temporelles (O.W.) des gants surmontés de croix bleues, couleur de l’âme. Sa tiare imposante à trois étages lui confère un pouvoir spirituel sur les trois plans, subterrestre, terrestre et céleste. Enfin il porte dans sa main gauche un sceptre surmonté d’une croix à triple traverse captant l’énergie du ciel qu’il restitue de sa main droite en bénissant les deux fidèles. Ce sceptre à 7 points, symbole de la perfection, rappelle l’arbre des séphirot. L’union du pape 5 et de la papesse 2 donne le 7. Il enclenche le processus de verticalisation du compagnon.

6 – L’amoureux

Nombre : 6

Élément : Eau

Lettre hébraïque : vav : ו — le crochet ou clou (ce qui lie les choses entre-elles)

Sephirot : TIPHERETH (La beauté)

Classification : Transition — passif – corps de l’âme —

Son pendant : Les étoiles 17 (détermination des actes)

Description et interprétation : voici l’apprenti subissant les épreuves d’augmentation de salaire. Après être passé par le pape 5, il entreprend ses voyages du compagnon encadré par deux femmes entre lesquelles il devra choisir : la papesse femme lunaire ou l’impératrice femme solaire. L’ange protecteur inscrit dans un rayon céleste s’apprête à décocher une flèche descendante, symbole du rayon de lumière fertilisant, matérialisant la verticalité. Ce mouvement dans cet arcane d’eau évoque la rencontre entre la lumière céleste et l’eau terrestre tout comme l’évoque le sceau de Salomon composé d’un triangle ascendant et d’un autre triangle descendant. Le six représente le chiffre de la création du monde et dont la valeur secrète (1+2+3+4+5+6=21) évoque le monde. Ce compagnon hésite entre deux chemins, incertitude qui est évoquée dans son costume alternant le rouge et vert (activité / vitalité). C’est, pour ce bateleur qui a déjà avancé sur le chemin, le moment de se déterminer et de choisir l’abnégation, l’amour inconditionnel au point de s’effacer. L’amoureux incarnant la beauté est le second pilier de loge que nous rencontrons dans le Tarot.

7 – Le chariot

Nombre : 7

Élément : Feu

Lettre hébraïque : zayin : ז — le glaive (le libre arbitre)

Sephirot : NETSAH (L’éternité – triomphe, victoire)

Classification : Application — actif – esprit du corps — quadruple source des convictions humaines – résultats de l’activité humaine

Son pendant : La maison Dieu 16 (l’intelligence aux prises avec la matière)

Description et interprétation : Le jeune homme conquérant qui se trouve sur un char est la synthèse du bateleur, de l’empereur et de l’amoureux. Assis dans un chariot-trône en mouvement (mais qui reste cubique), voilà l’amoureux maîtrisant son destin. Le chariot est orné d’un signe égyptien, un globe ailé qui a pour symbolique la sublimation de la matière et l’ascension de l’âme. Au-dessous se trouve un autre symbole antique qui représente la relation entre les principes masculin et féminin. Il faut comprendre que l’action du ciel sur la terre passe par l’union du haut et du bas. La vitalité de cette carte est accentuée par les rayons rouges des roues, seul lien avec la terre. Le chariot est surmonté d’un baldaquin de couleur azur étoilé. Cela doit indiquer que ce ciel est protecteur, mais que la montée est arrêtée par ce même abri. De manière discrète, le symbole du soleil est présent au centre des 6 étoiles du baldaquin. Nous voilà en présence de la représentation du septénaire. Le ciel en baldaquin est porté par 4 montants, les deux premiers jaunes les deux du fond verts. La position centrale du conducteur le place au centre de la croix, protégé par une solide cuirasse à dominante rouge où sont dessinés trois équerres et cinq clous d’or. Rouge pour l’activité, l’équerre qui signifie le besoin de rectitude pour celui qui désormais prend en main les rênes de sa vie et cinq clous qui rappellent les cinq boutons du bateleur et la nécessité de dominer les 4 éléments par la quintessence. La domination de ce qui croît et de ce qui décroît est symbolisée par les deux lunes à visage qu’il porte sur les épaules. Sa couronne faite de trois pentagrammes d’or lui confère un pouvoir élargi et s’oppose aux trois points inférieurs protecteurs de sa cuirasse, endroit qui évoque les bas instincts de l’être inférieur. Son commandement est personnifié par un sceptre terminé de plusieurs sphères engendrées les unes des autres, mettant en avant le principe de germination. Il faut y voir une analogie à l’utilisation du maillet en loge sous la voûte étoilée, comme peut le personnifier ce baldaquin étoilé. Si l’on ajoute le fait que le chariot dans lequel le personnage se trouve ressemble à l’hôtel du vénérable de loge, à la triple équerre qu’il porte sur le torse et qui lui accorde l’art de capter les énergies contraires, nous pouvons dire que nous sommes en présence du Vénérable Maître. Ajoutons les deux personnages qui semblent tirer le chariot qui sont en vérité la personnification des deux énergies de J et B. Ce triomphateur sous l’œil solaire d’Hélios réalise l’œuvre septénaire unissant le quartenaire inférieur et le ternaire supérieur.

8 – La justice

Nombre : 8

Élément : Terre

Lettre hébraïque : het : ח – La Barriere (séparation entre deux choses)

Sephirot : HOD (la réverbération, la gloire, la loi immuable des choses)

Classification : Application — intermédiaire – âme du corps — la lumière créatrice – applications de l’énergie

Son pendant : Le diable 15 (organisation et gouvernement des forces)

Description et interprétation : La verticalisation de l’être se termine par l’arcane de la justice. Le lien entre la justice terrestre et céleste est incarné par l’épée à double tranchant que pointe le personnage assis de face sur un trône. Cette justice nous introduit dans le temple entre les deux colonnes J et B que nous retrouvons encore une fois. Ce personnage rappelle de manière flagrante le frère terrible (ou couvreur) en loge. La balance est là pour équilibrer la matière et l’esprit, un peu à la manière de la plume du Maât égyptien venant peser les actes de la vie d’un défunt. Il faut voir dans cette carte le début du second septénaire, force incontournable du tarot, qui après l’esprit du 1er septénaire, nous fait entrer dans celui se rapportant à l’âme. Cette jeune femme qui tient la balance de la justice fait suite, dans les sujets féminins, à l’impératrice. Elle a conservé sa tunique azur et rouge, mais elle a perdu ses ailes et vieillissantes, le statut de Reine du Ciel. Elle est désormais dans le domaine de l’action terrestre. Son siège massif n’est pas en mouvement. Les deux colonnes J et B sont ornées de demi-cercles surmontés d’un mamelon qui laisse penser à un sein nourricier fécondateur. En haut des colonnes deux coquilles que l’on peut apparenter à deux grenades en coupe transversale laissant apparaitre les multiples grains fécondateurs de la loge. Double de l’empereur 4, la justice 8 est l’allié du souverain, car la force sans la justice n’est rien. Tout comme l’empereur la justice porte un collier tressé, un maillon vient souder ces deux arcanes. La coiffe rayonnante de la justice est ornée d’un signe solaire rappelant le rôle coordinateur de cet astre dont le huit est l’emblème. Le glaive que tient, sans forcer, la justice est à interpréter comme la fatalité qui frappera un jour ou l’autre celui qui enfreint les lois de la nature et qui ne respecte pas l’équilibre de la balance qui pèse nos actes. Cet aspect solaire peut le relier au frère orateur qui dans la loge est le garant du respect des lois. C’est pour finir la représentation de l’augmentation de salaire acquise par le bon ouvrier.

L’inversion (I) : 9 L’ermite / 10 La roue de la fortune / 11 La force / 12 Le pendu

9 – L’ermite

Nombre : 9

Élément : Air

Lettre hébraïque : tet : ט — Le bouclier (introspection)

Sephirot : JESOD (Le fondement, la base)

Classification : Application — passif – corps du corps — le principe spirituel source de pensée et de vie – applications de l’énergie

Son pendant : La tempérance 14 (relation de l’individu avec l’ambiance)

Description et interprétation : Première carte de la phase d’inversion, l’ermite est à l’image du maître de cérémonie en loge, il est le maître du temps et porteur de lumière. Il tient une lampe à moitié dissimulée dans les plis de son manteau. Il faut comprendre qu’il ne la montre qu’aux seuls initiés qui ont le don de double vision et qui peuvent percevoir cette lumière intérieure que chaque franc maçon a reçu le jour de son initiation. Ce vieil homme qui connaît le nombre 9 – nombre de l’arbre de vie — semble faire demi-tour et ressemble énormément au fou (plus jeune), seul autre personnage à porter le bâton du cherchant. Le symbole de ce vieux sage allant à la rencontre du Fou est celui de la transmission du flambeau. Armé d’un bambou à 7 nœuds, il sonde prudemment le sol et rencontre le serpent de l’égotisme qu’il ignore. Au contraire du pape qui s’adresse aux foules, ce vieux sage s’adresse aux initiés, à l’intériorité de toutes choses. Ce personnage ressemble à Diogène, qui ne possédait qu’une lanterne et un bâton à la recherche d’un homme, soit un vrai homme. L’Ermite incarne l’être en recherche intérieure détaché de toutes vanités. Maître secret, il travaille dans l’invisible pour conditionner le devenir en gestation (O.W.). Souvent comparé à Chronos, sa lanterne peut être comparée au sablier du temps.

10 – La roue de la fortune

Nombre : 10

Élément : Eau

Lettre hébraïque : yod : י — La main (la transmission, la croissance)

Sephirot : MALCUT (le Royaume qui ramène la multitude à l’unité)

Classification : Application — actif – esprit de l’esprit — l’esprit en présence du mystère – résultats de l’activité humaine

Son pendant : La mort 13 (inversion du destin)

Description et interprétation : Cette carte est composée d’une roue à double jante rouge (activité) jante bleue (vérité immortalité) activée par une manivelle centrale (dans d’autres Tarots, elle est maniée par un ange) et 8 rayons dont 7 visibles. Deux animaux fantasmagoriques sont entraînés dans son mouvement, inverse aux aiguilles d’une montre. Cela confirme que nous sommes dans une dynamique d’inversion. Le premier animal montant, un Hermanubis, représente les forces du bien. Il tient dans sa main un caducée de Mercure, emblème des énergies positives. Le second est un monstre Typhonien armé d’un trident. Il représente les forces destructrices que nous pouvons développer dans l’existence. Tous deux représentent les solstices des saisons, été, hivers, le temps qui passe. Nous sommes dans la représentation du mythe de l’éternel retour, le voyage vers le centre des centres qui est le but ultime de l’initiation. En arbitre se tient au sommet de la roue un sphinx ailé immobile qui, comme la justice, tient dans sa main un glaive pour trancher les actes excessifs. Sur son front se trouve le symbole du souffre. Il représente l’individualité de chaque être. Ce sphinx incarne également les quatre symboles des quatre évangiles – tête homme ange saint-Mathieu, griffes Lion, ailes d’aigle et corps du taureau. En numérologie, le 10 fait référence à la Tétraktys pythagoricienne recélant l’ensemble des connaissances, le temporel et l’intemporel, la totalité des nombres. Quelle folie de vouloir inverser le cours du temps ! C’est pourtant en s’insurgent contre le cours des choses que l’on parvient à atteindre le centre. L’ensemble flotte sur un océan agité qui représente les turpitudes de l’existence, porté par deux barques – l’une rouge activité, l’une verte sensibilité – d’où sortent deux serpents représentant la fécondité male — femelle, formant un 8 – qui fait penser au signe de l’infini qui, dans ce cas, a la sens de l’ouroboros (serpent qui se mange la queue) et des cycles de la vie. Ce pilier qui semble sortir des eaux venant du subterrestre, montant vers le ciel, porte l’axe du temps — à mettre en comparaison avec l’axis mundi que l’on connait en loge.

11 – La force

Nombre : 11

Élément : Feu

Lettre hébraïque : kaf : כ — la paume de la main (la force stabilisée)

Sephirot : MALCUT (le Royaume qui ramène la multitude à l’unité)

Classification : Application — intermédiaire – âme de l’esprit – principe d’intelligence individuelle

Son pendant : Le pendu 12 (objectif, résultat final)

Description et interprétation : On aurait pu appeler cette carte la Femme-Lion ou la force équilibrée. On y découvre une femme ouvrant sans difficulté la gueule d’un lion, les mains nues. Tout comme le bateleur elle porte un couvre-chef en forme de 8 couché, représentant l’infini, ce qui lui confère à elle aussi un don de magicienne opérant dans le domaine cardiaque. Carte d’inversion symbolique, cette femme qui paraît faible domine le Lion, symbole de la force, sans lui faire de mal ; les pouvoirs sont inversés. Sa force a été acquise par l’intelligence et l’amour, elle dompte le Lion par la force de l’amour qu’elle lui transmet par contagion et qui annihile son animalité. Le Lion quant à lui est un animal solaire ayant avalé l’astre, en lui ouvrant la gueule la force fait régurgiter au Lion un soleil transmuté. C’est l’initiatrice de l’homme, l’impératrice, et la justice réunie, ayant acquise, en plus de l’intelligence, la sagesse. Elle porte l’addition des couleurs d’habits des personnages féminins rencontrées jusque-là bleu, rouge, vert, (papesse, impératrice, justice) et possède en plus le jaune Divin. Adition du 5 — humain, et du 6 — divin, elle renvoie au pentagramme (5) dans le sceau de Salomon (6). La force est le second pilier de loge que nous rencontrons dans le Tarot. Pour terminer, cette lame achève la première partie du Tarot en 22 lames, elle ponctue l’initiation active dite masculine ou dorienne (O.W.).

12 – Le pendu

Nombre : 12

Élément : Terre

Lettre hébraïque : lamed : ל – L’aiguillon ou le bâton (le grand œuvre, enseigner) Sephirot : JESOD (Le fondement, la base)

Classification : mise en œuvre – passif – corps de l’esprit – principe d’intelligence individuelle

Son pendant : La force 11 (objectif, résultat final)

Description et interprétation : Cet arcane, l’une des plus intéressantes au niveau initiatique, représente le renoncement à soi pour le bien du grand œuvre. Le caractère d’inversion est, visuellement, pour cette dernière carte du quaternaire de l’inversion, très explicite. Un jeune homme est suspendu par un pied. Ses jambes forment une équerre, un 4, une croix. L’ensemble de la figure rappelle le signe alchimique de l’accomplissement du grand œuvre renversement de l’idéogramme du Souffre. Le gibet auquel il est pendu est porté par deux colonnes - J et B - qui cette fois-ci ressemblent à deux arbres morts à 6 noueux saignants (2 x 6 = 12), deux arbres de vie. Le tout ressemble à une porte. Toute la symbolique du 12 est totalisée dans cette lame (Jérusalem céleste aux 12 portes, les douze anges, les arbres de vie qui donnent leurs fruits douze fois de l’an… — J. Le pendu marche dans le ciel attaché à une poutre jaune, donc d’essence divine, et il a la tête en direction de la terre. Cela incarne à merveille la citation ce qui est en haut est comme ce qui est en bas… Il porte deux bourses – soleil or, lune argent, - qui sèment sur le sol – une nouvelle allégorie à l’abandon des métaux et au renoncement des bas instincts humains. Son apparente immobilité n’est pas passive, c’est tout le contraire. Cette carte incarne l’aboutissement de l’initiation dorique et la base (ou le début) de l’initiation passive ou mystique dite féminine ou ionienne (O.W.). Son habit arlequin ressemble à celui de l’amoureux, mais cette fois rouge et blanc pour l’activité et la pureté. Cet homme est bel et bien actif, mais pour découvrir les secrets de l’initiation il faut inverser son point de vue, aller au-delà des apparences, l’incarnation du grade de maître… Sur sa tunique deux croissants – l’un blanc l’autre rouge, sont dessinés côté jambes. Ces croissants rappellent ceux que porte le chariot triomphateur sur les épaules, ceux-ci se rapportant à l’humilité et à l’intuition. Ses deux boutons blancs et quatre boutons rouges évoquent la papesse et l’empereur et explique que le pendu maîtrise à la fois sa part mystique et son côté démiurge.

La transmutation (T) : 13 – la mort / 14 la tempérance / 15 Le diable / 16 La maison Dieu

13 –

Nombre : 13

Élément : Air

Lettre hébraïque : mem : מ – les eaux (ce qui est à la fois révélé et caché)

Sephirot : HOD (la réverbération, la gloire, la loi immuable des choses)

Classification : mise en œuvre – actif – esprit de l’âme – l’esprit en présence du mystère – résultats de l’activité humaine

Son pendant : La roue de la fortune 10 (inversion du destin)

Description et interprétation : L’arcane sans nom, ou la mort est la carte la plus fantasmagorique du tarot. Elle fait peur, mais pourtant son sens profond doit être interprété de manière positive. Le fait qu’elle ne soit pas nommée doit éveiller notre attention. Elle ne représente pas réellement la mort, mais l’être imparfait, débarrassé de ses défauts, qui doit renaître. Le véritable sens de l’initiation, car c’est au travers de la mort que l’on reçoit la vraie lumière (J. Bhaeghel). Ce squelette coupe sur un sol noir des têtes, des mains et des pieds avec une faux au manche rouge feu. C’est l’œuvre au noir des alchimistes, la transmutation des corps de chair en corps de lumière. Cette carte rappelle certainement à chacun d’entre nous le passage dans le cabinet de réflexion où notre corps profane s’est putréfié. Contrairement aux autres Tarots, dans le tarot maçonnique d’O.W. le squelette fauche à gauche, ce qui permet de superposer la lettre hébraïque mem : מ sur le squelette (Comme chaque lettre dans toutes les autres arcanes). Détail important le squelette n’est pas blanc, mais couleur chair, la tête royale – pouvoir éternel - et la tête féminine, semblent vivantes, les mains et les pieds sortent de terre encore en mouvement. Cet ensemble de symboles vient rappeler que la mort n’est pas une fin en soi, car elle n’est que transitoire et que la vie continue. Cette carte se rattache aussi à la légende d’Hiram… et à la mort initiatique conduisant à la maîtrise.

14 – La tempérance

Nombre : 14

Élément : Eau

Lettre hébraïque : nun : נ — le serpent ou le poisson (la fructification)

Sephirot : NETSAH (L’éternité – triomphe, victoire)

Classification : mise en œuvre – intermédiaire – âme de l’âme - le principe spirituel source de pensée et de vie – applications de l’énergie

Son pendant : L’ermite 9 (relation de l’individu avec l’ambiance)

Description et interprétation : La mort n’est pas une fin puisque le tarot continu. Seconde carte de la transmutation, la tempérance représente un être androgyne ailé, transférant un fluide d’un vase d’argent vers un vase d’or sans en perdre une goutte. C’est une belle allégorie de la phrase de Lavoisier : rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme. C’est aussi une représentation facile à interpréter de la transmutation de l’eau terrestre en eau céleste. C’est la réactivation de l’être par la purification de l’eau. Ses ailes rappellent l’impératrice, mais cet ange se rapporte à l’archange Raphaël qui a refusé de suivre Lucifer (Diable 15). Il porte sur le front un signe solaire qui peut se rapporter au troisième œil. On attribue à cet arcane toutes les symboliques liées à l’eau : baptême, régénération, ablutions, On retrouve la rose du bateleur et de l’empereur qui commence à décliner. Le 14 évoque les 14 stations du chemin de croix ou encore les 14 morceaux d’Osiris dont Isis est à la recherche. Cette arcane rassemble ce qui est épars, recompose l’arcane sans nom qui a abandonné sa chair.

15 – Le diable

Nombre : 15

Élément : Feu

Lettre hébraïque : samech : ס – l’appui (soutien, squelette)

Sephirot : TIPHERETH (La beauté)

Classification : mise en œuvre – passif – corps de l’âme — la lumière créatrice – applications de l’énergie

Son pendant : La justice 8 (organisation et gouvernement des forces)

Description et interprétation : Un diable, juché sur un cube tient une épée de lumière. À la fois homme et femme – le symbole de l’hermaphrodite cache son sexe – Si le diable est le diviseur matière esprit, il est aussi l’androgyne de la manifestation, reliant en lui l’humanité et l’angélité (il est ailé) dans un espace temporel (J. Bhaeghel). C’est le Baphomet des templiers, mi-bouc, mi-femme. Il incarne l’égoïsme qui nous pousse à tout ramener à soi pour survivre, à notre sexualité nécessaire pour nous reproduire, à l’impulsivité, attitudes innées et nécessaires, mais dont nous devons maîtriser l’équilibre pour être en harmonie. Une animalité indispensable pour vivre, mais qui, mal domestiquée, nous aliène. Cette aliénation est représentée par les deux diablotins – satyre et faunesse – enchaînés au piédestal du diable. Le principe de l’esclavage est représenté par le circuit de fluide positif qui est récolté par le satyre levant le bras vers le diable, transmis par le lien qui le relie à la faunesse, qui elle-même la retransmet en touchant le sabot du diable. Ce diable est composé des quatre éléments et possède sur son front un pentagramme blanc qui appelle à la volonté pure afin de surmonter les passions. Sa tête de bouc, rouge feu, et ses cornes jaunes qui puisent dans les forces divines, compose un second pentagramme, mais inversé. Par radiation et encadré par ses ailes noires, un troisième pentagramme compose un triple pentagramme qui renvoie cette carte vers une action bienfaisante, trois fois homme (3 x 5 = 15), pour peu que l’on parvienne à contenir ses passions. Il est écrit sur ses bras la formule alchimique - Solve – Coagula. Cette formule Solve - Coagula est le Ying et le Yang occidental, la formule du grand œuvre, la représentation du bien et du mal.

16 – La maison Dieu

Nombre : 16

Élément : Terre Lettre hébraïque : ayin : ע – l’œil (la révélation des secrets)

Sephirot : GEBURAH (Le jugement ou la rigueur)

Classification : mise en œuvre – actif – esprit du corps — quadruple source des convictions humaines – résultats de l’activité humaine

Son pendant : Le chariot 7 (l’intelligence aux prises avec la matière)

Description et interprétation : Dernière carte de la transmutation, elle est aussi le premier édifice que nous rencontrons dans le tarot. Cette tour de Babel représente la vanité ou la faute de l’homme et la chute originelle. Cette carte rappelle l’axis mundi, mais aussi l’athanor des alchimistes. Un éclair divin vient découronner la tour de l’orgueil. Cette explosion divine envoie deux personnages face contre terre. C’est certainement une allégorie pour signifier que la puissance ne réside pas dans le pouvoir (couronne), mais se trouve à l’intérieur de la terre. C’est la représentation imagée de la formule V.I.T.R.I.O.L. C’est le retour à la terre qui est décrit dans cette carte. Il s’agit d’un édifice à sensibilité humaine, car couleur chair. Le personnage couronné jeté à terre forme la lettre ayin : ע qui signifie la révélation des secrets. Cela vient enseigner que tout ne peut pas être matérialisé. Cette carte rappelle aussi l’œuvre des mauvais ouvriers et la légende d’Hiram…

Les portes (P) : 17 Les étoiles / 18 La Lune / 19 Le Soleil / 20 Le jugement

17 – Les étoiles

Nombre : 17

Élément : Air

Lettre hébraïque : pe : פ – la bouche (l’expression, la transmission par l’expérience)

Sephirot : C’HESED (la miséricorde ou la compassion)

Classification : Transition — intermédiaire – âme du corps —

Son pendant : L’amoureux 6 (détermination des actes)

Description et interprétation : Première porte du Tarot elle est la porte de lumière ou de l’air. Une femme nue dont la beauté est éternelle se présente sans aucun accessoire et verse dans les eaux primordiales sa matérialité. Tous les artifices sont devenus superflus, car elle incarne l’être de lumière. Dans le ciel se trouvent plusieurs étoiles dont la polaire qui fixe le ciel. C’est Vénus représentée par huit rayons or (divin) et un rayonnement vert (vie terrestre). Huit rayons comme huit étoiles. Vénus et deux étoiles bleues à 8 losanges forment un triangle qui peut être rapproché à la lune, au soleil, et à l’hexagramme à l’orient. Les autres étoiles jaunes sont attribuées à Mercure, Mars, Jupiter et Saturne. Enfin, la dernière étoile bleue, placée juste au-dessus de la tête de l’Ève originelle est notre bonne étoile personnelle. Nous avons tous une mission divine à accomplir, mais nous l’occultons et restons dans les ténèbres, car nous confondons mission et plaisir. L’accomplissement du grand œuvre n’est pas obligatoirement synonyme de distraction. Ces étoiles nous guident à travers nos rêves et nous rassurent quand nous cherchons une réponse. On retrouve les deux vases d’or et d’argent de la tempérance. Le liquide du vase d’or est brûlant, vivificateur de l’eau stagnante (O.W.) le liquide du vase d’argent arrose les terres arides pour la fertiliser. Cette action permet à la rose, butinée par un papillon, d’éclore. Cela permet également de faire pousser un acacia, emblème de l’immortalité, car son bois est imputrescible… Les étoiles représentent la lumière qui brille dans la nuit et qui guide les maîtres à la recherche de leur maître Hiram disparu…

18 - La lune

Nombre : 18

Élément : Eau

Lettre hébraïque : tsade : צ - hameçon ou harpon (prise de conscience pour accéder à un niveau supérieur)

Sephirot : BINAH (L’intelligence ou La compréhension)

Classification : étude — passif – corps du corps — quadruple source des convictions humaines — divers aspects de la vérité

Son pendant : Le pape 5

Description et interprétation : La porte de la lune ou des mystères ouvre sur l’invisible. Nous sommes en pleine dualité. Lune cyclique qui meurt et renaît, sous deux tours, et deux chiens. Elle est, après les étoiles, le second emblème de la nuit du tarot. C’est le symbole de la réflexion qui doit nous éclairer sur les fausses idées. La lune rayonne sur deux tours protégées par deux chiens – un blanc (pureté des idéaux) un noir (terre) – entre lesquelles se dessine un chemin qui mène au soleil. Les deux tours, remparts humains (brique chair - couronnes royales) différentes de la maison dieu, incarnent la limite, la frontière zodiacale du tropique, au-delà de laquelle il ne faut pas s’aventurer. Les chiens sont les défenseurs des régions interdites. Une mare accueille un homard (ou crabe) géant qui agit par soustraction, c’est-à-dire qu’il retire le néfaste plutôt que de révéler le positif. Cette lame nous alerte sur les dérives liées à l’imagination débordante que symbolise la lune, imagination représentée par les gouttes jaunes, vertes et rouges, ondes transmises par l’astre. Attention de ne pas s’enliser dans le marais où le homard dévore toutes les impuretés de l’âme. La lune est un astre symbolique omniprésent dans la loge maçonnique trônant au-dessus du F :. Secrétaire. Éclairés par la lune, les enfants de la veuve sont à la recherche des restes du maître, tout comme les Isis étaient à la recherche des restes d’Osiris…

19 – Le Soleil

Nombre : 19

Élément : Feu

Lettre hébraïque : qof : ק — nuque (la communauté, l’amour de la vie, le redressement de la tête vers les cieux)

Sephirot : C’HOCMAH (sagesse)

Classification : étude — actif – la lumière créatrice – l’idée par rapport à l’entendement

Son pendant : l’empereur 4 (illumination spirituelle)

Description et interprétation : La porte du feu spirituel. Le couple Lune Soleil est l’emblème des cycles. Ces deux cartes incarnent également la dualité décrite sous la forme des jumeaux que l’on retrouve sous différentes formes tout au long du tarot. La pleine lumière fait suite aux ténèbres et révèle la réalité des choses. Après toutes les épreuves rencontrées, tous les obstacles surmontés, voilà enfin la possibilité de retrouver l’Éden manifesté dans notre société humaine. L’apprenti a gravi les échelons, a taillé sa pierre pour l’insérer dans le mur dressé derrière les deux jumeaux, hommes-femmes, enfants du soleil, formant une chaîne d’union au centre d’une mandorle. Ce mur représente la frontière entre le visible et l’invisible. Les gouttelettes d’or que reçoivent les deux personnages incarnent l’or philosophique des initiés. Nous sommes en présence de l’Adam et de l’Ève qui ont réparé la faute originelle et s’apprêtent à revivre un nouvel âge d’or. L’enseignement qu’ils ont reçus a fait changer leur point de vu. Ils ne travaillent plus par punition, mais pour leur accomplissent, l’élévation volontaire. En loge, le soleil trône au-dessus du F :. Orateur qui illumine par son discours les travaux de la loge.

20 – Le Jugement

Nombre : 20

Élément : Terre Lettre hébraïque : resh : ר — tête (humilité, sommet de la vie)

Sephirot : KETHER (la couronne)

Classification : étude — intermédiaire – le principe spirituel source de pensée et de vie — – l’idée par rapport à l’entendement

Son pendant : L’impératrice 3 (assimilation de ce qui est hors de soi)

Description et interprétation : La porte de la Terre. Voici en fin de tarot la représentation du cabinet de réflexion sous terre d’où le profane va renaître après avoir été confronté aux 4 éléments. Un ange ailé de vert (vie spirituelle), ayant sur le front un emblème solaire, sonne une trompette d’or jetant sur 3 personnages en prière des ondes positives (tout comme la lune et le soleil). Un drapeau avec une croix d’or est accroché à l’instrument divin. Elle sépare en 4 carrés le drapeau qui représente une quadruple pierre philosophale. Cet ange est inscrit dans une nuée vaporeuse qui masque la réalité de l’ange pour laisser libre court à l’imagination et l’intelligence humaine qui est ainsi transcendée. Cet arcane renvoie aux sept trompettes de l’apocalypse qui réveillent les morts. Les deux personnages coupés en deux représentent la dualité père-mère qui, en permettant la résurrection de l’être un le fils, permettent la libération de l’esprit. Ce personnage qui ressuscite est le bateleur ayant persévéré dans son initiation pour obtenir le grade de maître. Pour posséder en esprit et vérité ce grade suprême, il faut être deux fois mort et trois fois né (O.W.). Ainsi l’initié s’approche de l’idéal d’un esprit au plus proche de la perfection divine.

Le Fou

Nombre : 0

Élément : aucun élément

Lettre hébraïque : shin : ש — dent (trois dents eau, air, feu – but de la vie, liberté)

Classification : étude — principe d’intelligence individuelle

Son pendant : Le bateleur 1 (sujet, point de départ)

Description et interprétation : Cette carte pose un dilemme. Ce personnage qui erre sans fin qui est-il ? Le fait qu’il ne porte pas de numéro est une première indication. Il se promène parmi tous les arcanes, il voyage dans le tarot à l’aide d’un bâton, mais au contraire de l’ermite qui s’en sert pour sonder le sol, il n’a aucune fonction pour lui. Le tarot d’O.W. ajoute comme indication la lettre hébraïque. Le shin : ש n’est pas la dernière lettre de l’alphabet, elle est placée en 21. Cet homme habillé de manière incohérente et bariolé, avance coûte que coûte, et même le lynx blanc qui lui mord la jambe ne l’empêchera de pérégriner. Au bout de son bâton bleu, un ballot contient toutes les imbécilités et les « a priori » que l’on peut dire et avoir. Cependant il y a un espoir pour lui, car la rose n’est pas fanée et sa ceinture d’or à 12 points laisse penser qu’il peut apprendre au contact de chaque lame du tarot vers lesquelles il va à la rencontre. Il est possible qu’il doive parcourir plusieurs fois le chemin pour atteindre son but.

21 – Le monde

Nombre : 21

Élément : les 4 éléments

Lettre hébraïque : tav : ת — signe, marque, lettre (l’aboutissement dans la totalité)

Classification : étude — passif – l’esprit en présence du mystère — divers aspects de la vérité

Son pendant : La papesse 2 (perception de l’inconnu)

Description et interprétation : c’est la carte de la synthèse par excellence, de la manifestation de la totalité : le monde. Nous retrouvons une jeune femme nue qui manie des baguettes magiques. Elle est inscrite de manière centrale dans une couronne de laurier célébrant la victoire. Autour de ce cercle ou mandorle, on retrouve le tétramorphe regroupant Saint-Mathieu, l’aigle, le taureau et le lion, les quatre vivants de la vision d’Ezéquiel. Cette carte est une roue de la Fortune puissance 10 qui représente la totalité de l’initiation, le monde parfait idéalisé, le quaternaire transcendé.

Conclusion

La richesse du Tarot est un livre muet qui ouvre à une compréhension des symboles de l’initiation. À chacun de se l’approprier pour en retirer un enseignement. Ce travail est loin d’être terminé, je me suis seulement attaché à expliquer de manière simple les principales lignes de ce livre de Sagesse. Ne serait-ce qu’en numérologie ou en ce qui concerne les rapports avec la légende d’Hiram il y aurait encore beaucoup à dire…

15 juin 2015 – Ecossais de Saint-Jean à l’Orient d’Hyères

Chr :. MAR :.

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