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25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 10:11

IIIème / Le travail évolutif du franc-maçon, esprit et humanisation :

Tous les rituels maçonniques s’organisent autour de deux centres d’intérêt : la célébration du centre par la recréation de l’état manifesté sur le plan terrestre, et la célébration des qualités évolutives et cognitives de l’homme. Dans son processus évolutif l’homme est observant de lui-même et s’interroge, il spécule entraînant son image dans des perspectives montantes et descendantes qui font son humanité grandissante jusqu'à obtenir une révélation. C’est ce que nous donne à voir la pierre cubique à pointe.

Tout nous laisse à penser qu’il y a dans le travail du franc maçon un aboutissement, qui passant par la construction préalable de soi, débouche sur une sorte de révélation.

Cette pointe de la pierre cubique à pointe « révèle » un centre caché et une tentative de détachement de la matérialité. Cette pointe est une apparition et reste un mystère.

La question se pose de la séparation de l’esprit et du corps. Si la question se pose lors de la mort, on rejoint alors l’image de cette hache qui pourfendant la matière pourtant parfaite, vient libérer l’esprit. Je pense que la question ne se pose pas pour le franc-maçon. Ce dernier muni de sa parcelle illuminatrice ne s’interroge que sur la perfection et le tutoiement de son plus haut spirituel. La mort ne serait qu’un reconditionnement de la matière, quant à la destinée de l’esprit et sa naissance ou renaissance il appartient au véritable mystère de la vie comme la part irréductible qui sublime et irrigue la saveur de notre passage. Résoudre ce problème revient à cesser de chercher. Cependant l’angoisse est si forte que l’homme élabora deux types de réponses sous le vocable résurrection : la première est éthique, elle se rapporte au redressement de l’âme dans le corps par l’effet de l’élan vital réveillé en réponse au mythe de la chute d’Adam, la seconde est l’idée du salut et de l’immortalité consolatrice soit de l’âme soit de l’esprit après la mort corporelle. Ces deux aspects semblent présents dans le rituel d’élévation ou d’exaltation du maître.

On comprend l’intérêt de se départir du schéma et du filtre corporel déformant pour avoir la vision totale. Nous souhaiterions avoir pour guide non plus l’étoile à cinq branches, typique de l’homme dans ses proportions, mais l’étoile à six branches ouvrant sur la totalité.

L’homme peut-il vraiment tenter le détachement ?

Si l’évolution de l’homme repose sur sa capacité à être plus éclairé par une conscience plus profonde et plus harmonieuse avec la nécessité biologique, pourra-t-il se détacher de sa propre contingence ? Pourra-t-il se départir du pentagramme pour intégrer l’hexagramme, ou devra-t-il être les deux (hexagramme pentalphique)?

La démarche rituelique du franc-maçon accompagne et devance ce mouvement par l’assimilation consciente et harmonisante de l’esprit-conscience. L’esprit éclairé favorise l’introspection comme la prospective dans un tout harmonieux et durable. C’est alors que l’esprit éveillé prend le dessus sur la matière qui reste un support, un appui. La contingence sera le point d’appui pour l’envol, elle ne nuit pas à la démarche maçonnique. C’est tout le sens de l’humanisation évolutive de l’homme, soit le contraire de l’involution qui donnerait au support la prééminence au détriment de l’esprit.

a/ De la métamorphose du regard à la transmutation de l’être.

La pierre née de la grande nature et travaillée par l’homme est donc l’objet d’une évolution et d’une transformation-transposition, à laquelle répond une métamorphose du regard. Pour mémoire de ce qui précède (précédente parution), la transformation est relative à l’acte sur la forme résultant d’un savoir-faire, la transposition est relative à l’interprétation de la forme dans un niveau de conscience toujours plus élevé. Donc à la forme plus évoluée comme la pierre cubique à pointe, correspond un niveau d’interprétation plus évolué. L’évolution, s’agissant de la forme et de son interprétation, s’analyse relativement à la notion d’harmonie de la matière et de l’esprit. Autrement dit la forme harmonieuse nous donne accès au niveau supérieur de la conscience. Cet accès est clairement une « révélation ». La révélation est l’accès à « un plus haut » conscient.

Qu’en est-il du regard du franc-maçon : on le dit métamorphosé. La meta-morphose s’appuie, une fois encore, sur la forme qui donne accès à l’interprétation à haut niveau de conscience. La pierre sert toujours d’appui pour l’élan spirituel et vital.

Résumons : transformation+transposition = métamorphose.

À ce stade si l’objet observé s’interprète dans in plus haut évocatoire et révélateur, il semble évident que l’observant subisse aussi une métamorphose. Son être entier sera impacté par la révélation du niveau de conscience plus élevé (la fameuse lumière illuminatrice du franc-maçon). On parlera de transmutation, de changement d’état.

Ce nouvel état n’est pas extérieur à nous même, mais on le représente volontiers comme éthérique ou purement spirituel. Cette représentation doit être ramenée aux potentialités naturelles de l’homme que certaines techniques prétendent réveiller. Une fois de plus il ne faut pas prendre les vessies pour des lanternes (inversion du sens) et considérer que ce voyage de la transmutation se déroulera en dehors de nos niveaux supérieurs de conscience. La représentation mentale peut sembler nous extraire de notre corporalité, mais réellement tout ce déroule dans une supra conscience. Si l’on admettait que par notre conscience la plus élevée nous accédions à des contrées hors de notre enveloppe charnelle, il faudrait admettre que la supraconscience fut en partage chez tous les humains suffisamment avancés dans l’éveil, ce qui reste une option intéressante sur laquelle nous reviendrons, en faisant un rapprochement avec le mundus imaginalis propre à la voie chevaleresque. En toute hypothèse, il s’agira du point de vue le plus élevé, comme si l’observant avait changé de plan.

Donc transformation+transposition=métamorphose du regard + transmutation de l’être dans état de conscience plus élevé.

Revenons au schéma de la pierre cubique à pointe qui fait partie de la méthode initiatique maçonnique.

Le passage de la trans-formation à la meta-morphose de la vision à pour pivot la trans-position qui est un changement de monde par la représentation mentale. Il y a clairement un rapport d’identification entre l’objet et le sujet, associée à un transport dans un plus bas comme dans un plus haut de l’image mentale. Le rapport et le transport sont deux éléments conceptuels et matériels et intuitifs qui vont intéresser la démarche spéculative pour la faire aboutir sur l’immensité de territoriale de la révélation. Nous entendons la révélation comme une révélation à soi, à sa propre conscience éclairée au-delà de la contingence, soit une conscience directrice et surplombante qui produit dans le domaine de la perfection humaine les vertus cardinales et dans le domaine idéal les vertus théologales. En passant dans le territoire de la révélation, nous quittons la spéculation. Nous ne pouvons plus que contempler l’image découverte en nous. Continuer à spéculer face à la révélation de la conscience la plus haute, rend insaisissable l’absolu. Un esprit absolu n’est ni pensable ni imaginable. Cette constatation nous renvoie au divin lui aussi insaisissable, non représentable et innommable comme en ont décidé certaines religions.

b/ L’observant-spéculant face à la révélation, forme et déformation.

Le symbole prend tout son sens dans une lecture de soi en miroir.

Le franc-maçon devient lui-même l’objet de l’observation : « la pierre objet » se confond au « sujet observant ». Donc l’objet pierre cubique devenue pierre cubique à pointe est l’homme dans son potentiel évolutif passant du microcosme au macrocosme. Toute observation spéculante implique le sujet observant en l’objet observé. Les deux, sujet et objet, sont indissociables de la même spéculation, ce qui nous fait dire que l’homme spéculant génère par sa présence une vision transformée, voir déformée d’une réalité.

Aucune réalité ne peut se dissocier de la présence de l’observateur. Donc la pierre cubique à pointe dans ses trois niveaux de langage n’a de sens sans l’homme. Il en est de même du Temple et du Divin. Le regard de l’observant donne une tonalité différente à la description de l’objet suivant son propre niveau d’éveil. Donc l’absolu ne peut exister dans le regard de celui qui le décrit, ou du moins l’absolu ne peut être extérieur à la conscience de l’homme. Cet absolu n’est alors qu’une perception un point de vue relatif. Donc il perd sa qualité et devient inatteignable..

Le seul moyen de défaire l’influence du regard sur l’objet est de couvrir ce regard. C’est le sens le plus appuyé de l’initiation que de bander les yeux de l’impétrant ou de lui protéger les yeux derrière une main ou un masque, une voilette, etc. Ce qui est ici recherché c’est la vision sans observant, soit une vision totale au-delà du sujet observant… Il faut donc trouver un autre « observant » qui ne soit ni spéculant, ni dirimant pour l’objet et sa vision. Ce nouvel observant ne peut être que l’esprit dans ses facultés les plus hautes et les plus lumineuses. Il se trouve que cet esprit dans sa situation la plus lumineuse nous a toujours accompagné mais ne s’est pas toujours révélé à nous. Il ne se révèle à nous dans la méthode maçonnique qu’a l’issue d’une pérégrination spéculative sur nous-mêmes, qui aboutit à la révélation d’une présence lumineuse en nous.

Ce nouvel observant non spéculant que nous cherchons en nous est peut-être « la présence » en notre for intérieur. Cette présence n’est pas visible au regard spéculant, elle est littéralement une « vue de l’esprit » dans son sens non péjoratif. C’est pour certains la fameuse parcelle de lumière divine ! Dieu ne spécule pas il se révèle ou se théophanise.

c/ la présence illuminatrice

Comment outrepasser la présence déformante de l’observant ? C’est impossible, à moins que l’observant ne soit qu’un support pour la présence, ou plutôt que la présence (alias la lumière) se soit installée dans le centre profond de l’observant et y sommeille jusqu’a son Réveil-Eveil.

La vision serait alors révélation lorsqu’elle ferait appelle à la « présence en soi ». Ainsi nous ne pouvons voir qu’en nous-mêmes, et pour ce qui nous est extérieur nous ne pouvons que percevoir la traduction « déformée » que fait l’observant des formes couleurs sensations, etc. Nous n’avons de vision directe qu’en nous même et relativement à cette lumière intérieure qui est présence. C’est par cette vision intérieure que nous pouvons rétablir la déformation due à la présence de l’observant face à l’objet. L’initié pour voir doit transiter par sa lumière intérieure, appelée centre ou présence. Ainsi cette lumière intérieure qui est le centre de la pierre cubique se projette et éclaire la vision de soi et du monde, c’est la pointe de la pierre cubique a pointe.

J’insiste sur cette notion de « présence lumineuse » en soi qui est d’une certaine façon une paire de lunettes pour mieux voir. Cette « présence » est une conscience évoluée qui entraîne la vision symbolique ou le don de double vue du franc maçon et qui tend vers la vision totale de soi et du monde. Cette vision totale n’est plus spéculante, elle est révélée comme la pointe révèle le centre de la pierre cubique à pointe. Cette conscience évoluée ou supra conscience qui est cette présence lumineuse en soi, inspire l’harmonie, la complémentarité de l’Alpha et de l’Oméga, et donc le sens de la vie. Ceci se traduit par l’humanisation grandissante de l’homme qui n’est autre que la valorisation en soi, de cette présence que nous qualifierions de lumineuse.

Les francs-maçons se réclamant de l’humanisme social doivent apprendre cette importante notion de « présence illuminatrice » synonyme de supra conscience directrice au plan éthique, d’autant que sans l’exclure, elle peut se définir sur un strict plan psychique sans passer par une quelconque religion.

Cette présence illuminatrice ne serait-elle pas le résidu du Verbe en nous ?

d/ Le symbole de perfection « révèle » sans spéculation.

L’homme de manière intuitive confondra le tout à lui-même assez naturellement, car « la présence » est en rapport avec son véhicule corporel et la compréhension du tout. Ceci nous donnera de nombreuses tentatives de description de l’élan vital symboliquement présent dans la pierre cubique à pointe. Ces tentatives d’explications se feront sur le mode éthique et métaphysique. Nous aurons de nombreux symboles axiaux tels que : le temple, l’arbre (Ydgagsil ou séphirotique), le caducée d’hermès et ses deux serpents, jusqu’au mât de cocagne dans nos traditions villageoises qui n’est qu’une interprétation dégradée du symbolisme axial (voir notre étude sur l’axis mundi).

Ce symbolisme axial sera filtré et digéré par l’anthropomorphisme rappelant ainsi que l’absolu qui est l’intemporel, que l’on dégrade dans sa traduction humaine par l’éternel et par l’immortalité, est une production de la spiritualité de l’homme.

Le sommet du symbolisme axial sera atteint par la croix sur laquelle on crucifie le Christ. Ainsi le schéma corporel de l’homme qui serait la mesure de toutes choses selon Protagoras, est sanctifié dans un plus haut conjuguant à la fois le sens tridimensionnel de la croix que nous retrouvons dans le cube, mais aussi la transposition du corps et de l’esprit du Christ dans un ailleurs et dans un autre état. Cet autre état fait appel à un état spirituel élevé, il le révèle sans autre forme pour le polluer. Ce n’est que l’interprétation et la justification dogmatique qui va abîmer le sens de cette révélation en cristallisant la spéculation dans une explication peu convaincante.

Lors de cet évènement majeur et fondateur de la conscience supérieure (crucifixion du Christ en croix), on peut y voir l’évidence, la révélation d’une présence lumineuse en chaque homme, véritable ressort de la vie, plutôt que continuer à spéculer en prenant le symbole pour vérité autonome. Le symbole (crucifixion sur la croix) n’est pas autonome il se rapporte toujours à notre psyché, il ne peut donc être sujet d’idolâtrie, il doit rester objet support pour comprendre l’évolution de l’humanisation. Ce qui est immortel dans l’image du Christ sur la croix c’est son accomplissement. Cet accomplissement et potentiellement présent en nous et ne demande qu’a se réveiller. L’exemple symbolique de l’accomplissement du Christ est depuis lors transmis de génération en génération. L’accomplissement de soi dans l’exemple donné par le Nouveau Testament consiste au réveil de l’esprit en l’homme et dans sa part animatrice du corps ; appelée « âme ».

L’âme animatrice est ressort de vie, le verbe incarné qui allume la vie. Il n’y a de résurrection que dans le réveil d’une âme harmonisatrice oubliée, au profit de la contingence matérielle qui est l’aspect métallique en franc-maçonnerie. Cette résurrection est faite du vivant de l’homme. C’est finalement ce que propose la légende d’Hiram au nouveau maître : être pleinement en harmonie en corps et en esprit en relevant, en redressant, en réveillant une âme endormie dans la matérialité.

e/ De l’immortalité anthropomorphe à l’intemporalité. Problème de la survie par la transmission.

Face à l’angoisse de la mort totale, l’homme « anthropomorphise » l’image, la représentation mentale de sa survie.

Il s’engage dans l’idée d’une récompense ou d’une rétribution. C’est ici l’héritage de la période mythique qui organise et récompense et rétribution. Ce schéma corporel traduit en tripartition de l’Être suppose que quelque partie reste éternelle. C’est l’immortalité de l’âme qui dans l’expression Chrétienne s’en va rejoindre Dieu comme récompense éternelle ou le diable comme punition éternelle. Dans les deux cas dans une éternité impossible, car simplement intemporelle. On retrouve un autre schéma dans l’explication hindoue : l’âme réapparaît incessamment dans un cycle « normé » jusqu'à l’union éternelle dans le Nirvana. Voilà les plus beaux exemples de l’anthropomorphisme du divin. Mais l’homme même réfugié dans son plus haut niveau de conscience, dans sa lumière illuminatrice, ne sait rien de la vie après la mort. Pour l’initié véritable ce n’est plus sa préoccupation, car il n’est plus angoissé et n’a plus besoin de se raconter la suite : il est pleinement ce qu’il est, c'est-à-dire vivant. Ce qui se passe après n’a de sens que pour ceux qui restent dans l’angoisse, c'est-à-dire leurs proches ou leurs Frères. Ceci restera mystère incompressible pour tout un chacun.

La tentation est forte de vouloir se survivre est d’attacher une potentialité immortelle à une fraction de son être. On va affirmer que le corps va ressusciter, que l’âme va survivre dans un ailleurs, que l’esprit est immortel, car il ne nous est pas acquis, etc. Il faut donc exister au-delà de notre temporalité. Nous répondons ainsi facilement à notre angoisse de la mort. En acceptant ce détour de l’immortalité du corps, de l’âme ou de l’esprit nous concédons que le divin s’opère en nous en puissance extérieure à nous et donc exogène, car c’est lui qui décide et qui concède cette faculté d’immortalité. Je pense que ce point peut être revu de manière endogène en se fondant sur la « révélation à soi ». La révélation à soi caractérise le divin en-soi. Inutile de chercher à l’extérieur ce que nous avons en nous. Finalement le Divin appartiendrait à la conscience de l’homme qui ne sait pas le trouver. L’habitude animiste de considérer la puissance divine comme extérieure à soi reste forte. Remarquons que de considérer le divin de manière endogène ne rend ni les prières ni les invocations caduques. Au contraire on comprend alors que tout ce qui fut imaginé comme extérieur à soi n’était qu’une production anthropomorphisé de notre intériorité et que nous pouvons désormais en considérer l’efficacité en fonction de nos mécanismes psychiques. Donc les anges, les médiateurs célestes, les théurges et les occultistes, conservent leur utilité d’un point de vue endogène.

La franc-maçonnerie hérite de l’anthropomorphisme dans ses rituels, elle en fait même une étoile à cinq branches…. Tous les symboles maçonniques ont une application éthique à la mesure de l’homme et sont un miroir. La voie maçonnique considère la lumière de l’esprit en tout homme comme une donnée éclairante et humanisante. Au terme de la vie, ce qui subsiste de par la légende d’Hiram c’est l’idée du comportement éthique comme symbole de perfection. Le relèvement du maçon par les cinq points de la maîtrise nous engage à croire à notre tour au relèvement d’une sorte de maître intérieur. Ce relèvement est de même nature que l’apparition de la pointe sur une pierre cubique ou le relèvement de Bethel par Jacob. C’est au centre de soi que tout se déroule. C’est l’âme que l’on réveille et l’esprit qui se déploie. Nous en revenons à cette idée d’une présence en soi qui se réveille et se relève. Évidemment on fait immédiatement la corrélation avec le mythe de la chute Adamique dont le « relèvement » en nous, rend le retour dans l’axe possible après purification.

L’homme se parfait par son humanisation qui est l’harmonie du corps et de l’esprit.

Il n’y a pas d’humanisation sans fraternité, car c’est dans l’autre que nous voyons l’homme.

La fraternité induit la communauté d’esprit.

La communauté se fonde sur l’héritage des valeurs et le partage des expériences communes.

Donc l’humanisation, la fraternité, la communauté se construisent autour d’une pierre de fondation qui est le point d’appui de la transmission archétypale devenue « tradition ». La transmission- tradition relie le présent au passé essentiel. La tradition effectivement transmise est l’exercice collectif qui consiste à sauvegarder dans une organisation éthique et métaphysique les deux notions de « transformation » et de « transposition » indispensables à la représentation mentale. Ainsi la tradition de la transmission se fait par symboles et mythes, mis en situation et vécu dans l’intime par leurs potentialités représentatives. C’est l’expérience initiatique.

L’expérience initiatique de la transmission traditionnelle ne peut se faire sans fraternité. Le Frère transmettra à son prochain les techniques et les valeurs et les fameux « mots, signes et attouchements » qui ne sont autre chose que des diminutifs du Verbe (Logos) de l’Évangile de Jean, et qui feront de lui un homme plus humain que son aîné, détenteur à son tour de la conscience toujours plus éclairée. C’est le principe de l’évolution humanisante où l’esprit universel prend le dessus sur la matérialité égotique. Hors cette transmission à un lien avec la notion d’éternité qui n’est en réalité qu’intemporalité. Cette intemporalité n’est-elle pas le « non-lieu » de la Loge maçonnique ? La lumière métaphysique déclinée en Verbe – Verbalisation humaine de la pensée totale, ne réside pas dans un endroit donné qui soit extérieur à l’homme. Le Non-Lieu Métaphysique à son équivalent dans la totalité rayonnante et englobant d’une psyché illuminée. C’est à l’intérieur de la psyché que s’élabore le passage du microcosme au macrocosme, de l’endogène à l’exogène, de l’éthique au métaphysique. Avoir conscience du Verbe en soi, considéré comme une simple trace de nos origines ou comme une potentialité en sommeil, revient a admettre une « Présence » en soi.

L’éternité est insaisissable, car l’homme est mortel. La seule chose qu’on est sûr de faire vivre après notre mort c’est notre transmission, notre savoir-faire et notre savoir-être. La transmission (traditionnelle) remonte à la nuit des temps et nous survit comme moteur de l’évolution de l’homme. Elle est par « les mots, signes et attouchements » plus qu’un simple mimétisme ou une simple imitation, elle nait en nous, car elle y sommeillait. Ce que nous « révèle » la transmission ritualisée c’est l’intemporel plutôt que l’éternel.

Sous l’influence animiste, le profane cherche à se maintenir en éternité pour une fraction de lui-même qui s’en va rejoindre un ailleurs exogène qui est aussi un censeur, l’initié se fonde en intemporalité qui est une notion non-humaine, par sa nature insaisissable et purement endogène. Ainsi la réalisation de soi comme le salut de l’homme passent par la découverte en soi de sa supraconscience directrice et l’acceptation du mystère.

L’homme mortel par sa nature ne peut accéder à l’immortalité, mais il pourrait « connaître » l’intemporalité. Nous devons nous interroger sur ce qui est intemporel dans la méthode maçonnique. Le lieu consacré est lui-même hors du temps et hors de l’espace profane. Donc la loge est une cavité, un athanor qui est situé dans un ailleurs indéfini (gisement et influence exogène faisant état d’une force divine extérieure à soit) ou que l’on fonde au ciel de son psychisme (gisement et influence endogène faisant état du divin en soi considéré comme un niveau de supra conscience, soit une conscience très éclairée) . En réalité l’homme va utiliser les deux sources qui se répondent en miroir pour asseoir sa spiritualité, de même que pour se rassurer il va anthropomorphiser l’image d’une puissance divine, par exemple en représentant Dieu tout puissant assis sur un nuage ! En positionnant le divin sur un nuage ou lui donne une source dominante à soi, exogène à soi et éternelle. Cette imagerie ne peut être prise pour réalité sinon elle perdrait sa qualité de miroir du for intérieur. Cette imagerie naïve ne peut que souligner symboliquement l’intemporalité dominante et spirituelle du divin en-soi. Le problème est que cette image par vulgarisation du discours et cristallisation du dogme est prise pour idole-réalité, soit une inversion vaniteuse du sens que nous avons déjà étudiée à propos du symbole. Le symbole et son imagerie « révélée » doivent rester un miroir signifiant, mais le signifié est en soi, dans les hauteurs surplombantes de la psyché.

f / fraternité : l’altérité révélatrice

Rien en dehors de l’héritage matériel et spirituel, à recevoir ou à transmettre, ne semble perdurer. Et pourtant, si l’éternité résolue en intemporalité repose sur la transmission et le devoir de mémoire que l’on partage avec ceux qui ont fait l’effort, quelque chose se perpétue dans l’Œuvre à accomplir qui est bien plus que dans l’Esperance de la survie de l’âme.

L’œuvre est un miroir qui serait dressé, montrant le sens de l’œuvre accomplie ou à accomplir. Cette œuvre à continuer nous met en relation avec les concepteurs et ses exécutants d’hier. Ce que nous transmettons c’est l’intention d’œuvrer en esprit sur la matière, le chef d’œuvre est la prolongation matérielle et symbolique de l’intention. L’intention est de faire ressortir l’esprit de la matière, pas pour l’en extraire définitivement, mais plutôt pour affirmer la présence en l’homme d’essences spiritueuses. C’est le sens profond de la démarche maçonnique qui va décliner cette intention en prolongations morales et éthiques par le biais des vertus (cardinales puis théologales.) Mais ces vertus ne sont que des prolongations qui dessinent la forme sociale et la foi en la vie. Ces vertus seront agissantes sur le plan de l’exemplarité comportementale et permettent le chemin vers la prise de conscience du plus haut en soi. C’est une rectification-purification qui s’opère au contact de l’autre. Il n’y a pas de rectification sans contact, sans rencontre, sans altérité-miroir, sans fraternité, sans charité ni bienfaisance. Dans mon frère je rencontre ce reflet de lumière en partage qui est l’essence spirituelle de l’homme.

L’exemplarité de l’image-symbole porte autre chose que des considérations morales qui ne sont que des prolongations d’une intention lumineuse. L’âme animatrice de nos frères du passé entrerait en résonnance avec l’âme du maçon contemporain, de même l’esprit « éclairé » qui présidait à la pensée traduite en volonté et en action opérative, entre en concordance avec l’esprit qui préside à la pensée du maçon d’aujourd’hui. Donc une part « éclairante », imaginaire, mais signifiante, reste présente dans la succession de nos glorieux anciens disparus de corps. Nous en retrouvons la trace. Mais en vérité ce qui est mis en évidence dans cette chaîne de transmission ce n’est pas le caractère éternel du sens, mais l’intemporalité de ce dernier. Dans ce cas dire que l’âme ou l’esprit sont immortels dans certaines religions, revient à dire que l’essence de l’homme est hors du temps, insaisissable. La part spirituelle de ce qui nous est transmis ne révèle que l’intemporel. L’intemporel ne s’explique pas, il est induit dans la représentation mentale portée dans les hauts de la conscience. Pour cette raison, il faudra alors admettre qu’il existe un mystère à la vie qui ne peut être résolu par l’intellect.

La "présence" des FF passés à l’Orient Éternel et cités dans la chaîne d’union nous rappelle la valeur de la mémoire du chemin accompli et de ce qu’il faut faire au nom du Devoir de transmission. Ainsi la valeur de l’éternité insaisissable pour l’homme mortel se résorbe en intemporalité saisi sans intellect par le franc-maçon. N’est-il pas remarquable que la loge se dise réunie dans un lieu « hors du temps ». Le Templum lui-même était dessiné dans le ciel, à l’écart de la contingence temporelle. (Voir notre étude « Loge maçonnique ou Temple maçonnique, » « Temple et Contemplation » sur ce blog)

La mémoire collective sous-tendue par les archétypes induisant le savoir-être est le véritable lieu de la survie du maçon passé à l’Orient Éternel. L’Orient Éternel est en vérité la Lumière Intemporelle. La mémoire est aussi un ressort qui pousse le franc-maçon vers sa perfection en humanité. La Foi est la confiance en l’homme en sa conscience illuminatrice et son devenir, l’Esperance est la participation éventuelle à la mémoire collective dans le lieu consacré de la Loge et enfin la Charité sera la bienfaisance maïeutique accordée à son Frère, véritable réceptacle de la mémoire traditionnelle et détenteur lui aussi de cette parcelle de supraconscience illuminatrice.

Finalement dans sa phase la plus achevée, c'est-à-dire à l’issue de son évolution (comme la PCAP qui provient de la pierre brute) le symbole se « révèle » en soi, sans qu’il ait lieu à spéculations sur l’objet même.

La PCAP est donc le symbole d’une perfection qui se « révèle » l’invisible en soi.

g/ Rendre visible l’invisible.

Cette pierre est comme toutes les pierres travaillées, un fantastique outil de projection mentale.

Mais revenons sur l’inversion du symbole : si la signification du symbole dépend de l’observateur, le risque est que le symbole soit considéré comme entité.

De ce qui précède, il semblerait que la pierre cubique à pointe soit une image cristallisée de l’esprit présent au sein de la matière...... Peut-on affirmer que partout où la matière est présente l’esprit l’est aussi ?

Il n’y a pas d’œuvre sans lumière pour l’éclairer, or la manifestation-différentiation telle que nous la lisons dans la Genèse est bien une Œuvre de l’esprit Divin, soit un Verbe créateur et ordonnateur. Il serait normal que la matière porte la trace de cet instant, et la vocation de l’initié est d’en rejoindre l’essence par le symbole.


Ainsi on peut facilement illustrer par la PCAP le schéma fondamental et axial qui relie l’immanence à la transcendance. Le cherchant, va alors s’interroger sur le lien de causalité entre la création, l’esprit et la matière ! Ce lien se manifeste dans le schéma spirituel de la PCAP.

Ici tout enchaînement de questions aboutira à un cheminement initiatique qui passe par le travail sur soi:

h/ Le travail , la sueur et la lumière.
"Le schéma volumétrique de la PCAP est-il « transposable » en deux dimensions?

Oui, il l’est de fait dans le tablier qui est une loi de perfection par le travail pour tout maçon.

Le tablier est le symbole de la transposition par la chute dans un domaine inférieur en spiritualité.

« Le tablier » est une table où se projette la perfection de la PCAP.

Une table ou tablier est un plan à 2 dimensions.

Mais la perte d’une dimension est toujours une chute dans un plan inférieur : c’est la chute d’Adam qui devra gagner sa vie à la sueur de son front.

Selon un certain point de vue, l’androgyne ou l’Andros total, va se diviser dans la matière : l’Adam –Esprit (soleil) et l’Adam-imaginaire (lune) à l’origine, soit Isch et Ischa dans une même entité, a perdu une dimension, la verticalité, fil de l’esprit pur.

Mais Adam dans cette chute s’est dédoublé en male spirituel et solaire (isch) et femelle imaginaire et lunaire (Ischa), en contraste et complémentarité. La vision est donc née de la différenciation entre esprit et imaginaire. La lumière (visuelle) distingua les contrastes et les formes du monde de la chute qui fut le monde de la matière. Il y a scission de l’unité initiale en deux complémentaires distinctes, c’est la caractéristique étymologique du symbolum. Chacune des deux moitiés a vocation à se retrouver unie à l’autre, tant en matière, en imaginaire et en esprit.

Mais « il n’y a pas de symbole sans lumière pour l’éclairer ». La lumière ontologique qui fit naître la différenciation est donc le fil conducteur pour remonter dans l’axe à l’intérieur de soi.

La perte du paradis depuis la chute d’Adam, est ainsi associée au fardeau qu'est le travail, malédiction de l'homme déchu. C’est donc le travail de la matière qui « éprouve » le corps de chair, afin de démontrer la capacité de l’homme par sa lumière intérieure à se perfectionner jusqu’au chef d’œuvre. Le chef d’œuvre (pierre cubique à pointe) est une manière de se réaliser à l’image de l’esprit, soit une manière de mimer la remontée vers la lumière de l’origine. Nous voulons tous retrouver ce paradis perdu.

Cette chair doit se protéger par le tablier de la corruption par la matière, car la chair serait incarnée de la lumière et du souffle du divin. Ici on veut souligner que la corruption de la chair passe par l’amoindrissement de l’esprit en soi. Le « travail » ne vise ni l’accumulation ni le nombre, mais la qualité en esprit et dans la chair. Le travail est une volonté qui recherche l’harmonie vitale et spirituelle, qui arbitre le besoin et promeut le désir d’élévation. Le tablier nous porte au travail et nous protège de la matérialisation de la chair.

C’est ici la représentation du tablier d’agneau qui évoque le travail innocent et la tâche à accomplir, ou plutôt le détachement à accomplir pour le retour. Cette représentation ne peut s’exonérer d’une organisation sur base carrée (la matière) et suivant un centre (c’est la bavette abaissée), ou une pointe guide étoilée (bavette relevée).

La bavette relevée renvoie à une notion haute en désignant non plus le centre du plan, mais l’origine axiale de la lumière qui éclaire le plan. Le tablier marque symboliquement l’origine de la lumière et sa descente dans la matière. Il est le travail de création associant matière par le carré long 4 et l’esprit par le triangle 3, soir les 6 jours de la création plus le jour du repos.


" L’homme s'est-il approprié l'image de la PCAP dans sa tenure de Maçon? » Oui, car depuis la chute il cessa d’être jardinier ou berger de l’Éden pour revêtir la tenure qui est à l’image de la PCAP. Cette tenure est un tablier-labora, mais aussi une table-loi, une table ou est tracé le chemin vers la remontée dans l’axe. Le franc-maçon spéculatif travaille moins sur la finalité de la forme que sur la lumière ontologique; la hache nous libère de la forme.

Le travail difficile sur cette pierre doit nous affranchir de la forme en la sublimant.

i/ Lien de causalité : transcendance ou immanence ?
Après avoir étudié la cause et l’effet dans la précédente publication, il nous reste à situer le franc-maçon dans le lien de causalité :

"Cependant, se pose la question de la modélisation de la pierre cubique à pointe: peut-on rattacher son image tridimensionnelle aux archétypes qui suggèrent l'élévation, la progression ou l'exaltation?" Oui, car l’idée même de l’exaltation n’emporte pas le désir assimilé au besoin du multiple et de l’avoir : il s’agit de l’essence de la vie, à l’instar de la lumière qui éclaire le trait et le plan de l’architecte.

C’est donc une causalité à la fois transcendante et immanente que veut nous démontrer la PCAP. Si elle n’était qu’immanente, il ne s’agirait que d’une Pierre Cubique où le centre aurait une face en projection, c'est-à-dire un visage. Si elle n’était que transcendante, il ne s’agirait que d’une étoile visible. Ici avec la PCAP nous avons deux étoiles, l’une cachée au cœur de la matière et l’autre dans un zénith imaginaire assimilé à l’incommensurable. Le FM doit faire le lien axial, le pont entre la Terre appréciée dans son centre en soi (dieu nommé) et l’immensité céleste perçue comme apex innommable.

Inversement on peut passer de l’innommable au nommable parle Verbe, mais il faut pour cela changer d’alliance et admettre l’Esprit-Saint, ou accepter l’ajout d’une lettre dans le nom !!!

La Pierre Cubique à Pointe semble enjoindre immanence et transcendance en l’homme lui-même.

j/ La nécessaire purification
Pour recevoir le plein effet de la cause, il faut avoir un regard pur.

La cristallisation peut-elle être conduite jusqu'au diamant?

Oui nous pouvons être diamant dans notre matérialité passagère.

La PCAP marque un passage ultime dans l’état de matière.

L’état matériel poussé jusque dans son cœur semble faire apparaître quelque chose d’immatériel qui relève de l’esprit. Nous sommes à la frontière (ce qui est le propre du 9), à la limite de la substance d’une pierre cubique, c’est à dire dans l’essence même de ce que nous sommes ou serions.

Ce que nous sommes ou serions est la potentialité. La pointe organise une jonction entre l’esprit et la matière, entre l’unique et le multiple. La pointe signifie la potentialité de l’être jusqu'à l’envol, le détachement de la matière.

Mais cette jonction suit un processus de purification pour le cherchant.

Pour l’homme, depuis les temps immémoriaux, la matérialisation de la forme est symboliquement, une pensée divine qui se manifeste. C’est le triptyque: Pensée : pensée divine, Volonté :volonté de l’Esprit Saint, Action : manifestation, différentiation et incarnation.

La vie est un élan qui associe la matière, le souffle et l’esprit.

Le diamant serait donc l’état de celui qui par purifications successives, nées de l’alchimie spirituelle aurait atteint la réalisation de la pierre philosophale ou le salut de l’âme.

Mais attention le diamant reste matière, il n’est pas esprit bien que son état corresponde à la purification la plus absolue dans l’état matériel. Au-delà de cette étape, nous passons dans un autre état, celui de l’esprit.

k/ Le point de contact et le compendium.

La PCAP est la partie inférieure d’un sablier qui se remplit d’essence.

Nous conclurons en suggérant que le symbolisme de la taille sommitale de la matière permet d’atteindre un sommet invisible dans le seul domaine de l’esprit.

C’est donc une représentation du point de contact avec l’invisible présence de l’esprit-essence.

Ainsi on peut s’interroger sur la permanence de cette « présence » spirituelle et notre capacité à la percevoir. C’est le niveau de conscience et de lucidité toujours plus élevées qui caractérise l’évolution de l’homme. Il désire harmoniser son état corporel et son état spirituel. La cubique à pointe en est une illustration…

Ce point sommital semble être le lieu de la récompense dans l’acte de bâtir le chef-d’œuvre.

Il n’y a pas de plus haute perfection dans l’acte issu de la pensée que l’affinage de la pointe.

Cette PCAP à pour pendant symétrique la pierre sommitale ou pierre du dôme ou encore clef de voûte. Le positionnement de cette dernière se faisant du ciel vers la terre. C’est la pierre de fondement (yesod) qui par élévation devient pierre du couronnement (kether) Cette image de la verticalité divine, rejoint la tradition du couronnement cher aux Stuarts qui furent couronnés debout ou assis sur un trône « prenant appui » sur la fameuse pierre du destin (pierre de Scone, voir notre étude sur l’histoire du REP).

Nous retiendrons que bâtir c’est se construire soi-même dans l’esprit autant que dans la matière. Donc nous tendons vers un niveau toujours plus élevé de conscience spirituelle. Outre la métaphysique se confortent l’éthique, l’altruisme purificateur et la pratique maçonnique des vertus cardinales et théologales. La lucidité conduit la recherche de l’essence dans tous les domaines de l’homme : une conscience anthropologique et la découverte de l’unité dans la diversité ; mais aussi une conscience écologique; une conscience civique, une conscience spirituelle qui est la lumière en soi.

Cette tension vers l’esprit est une foi en l’essence, un ressort vital pour l’homme et une certitude pour l’initié en devenir.

Le compendium de la Pierre Cubique à Pointe vaut pour un éloignement définitif des ténèbres de l’infra conscience. Ici s’installe de manière effective une représentation mentale résumant la tension de l’homme vers le plus haut en lui, le plus subtil dans sa chair et le plus lumineux dans son cœur.

Ainsi la Pierre Cubique à Pointe fait achopper l’aveugle sur le chemin. Elle est à la fois celle qui est rejetée par le profane, celle qui interroge le cherchant, et surtout ce diamant qui éclaire notre conscience d’homme qui retrouve le centre en soi ; pour certains elle demeure la clef de voûte d’un hymne à la lumière.

E.°.R.°.

Ce sont ici quelques points qui mettent en appétit le cherchant, la planche qui suivra se propose par un certain détour de lever le voile d’autres aspects de la pierre cubique à pointe ....

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La pierre cubique à pointe, pierre de vie.

Extrait par B.°.P.°.

« C'est un sujet où un livre n'y suffirait pas tellement il est vaste !


N'oublions pas le tracé au compas et le passage à l'équerre.

Je pourrai parler des six directions représentant les qualités à équarrir

sagesse richesse, rigueur, vie, consécration, et paix, dont le tout fait une croix qui si on

replis ses pans forme en tout un carré.

La pierre cubique à pointe a neuf faces elle, trois de plus que la pierre de l'apprenti.

Mais il y a plus …

Le pyramidion serait-il une illustration de l'utilisation de la diagonale par les bâtisseurs?

Formant l'élément crucial rejoignant la clé de voûte des cathédrales point central de toute construction, à noter qu'il manque le pyramidion d'or sur

la pyramide de Guizèh ...Pourquoi?

 

La pierre on peut la voir sur sa surface, qu'il nous faut aplanir

par la taille qui se fait toujours dans le sens se la cristallisation

pour éviter les entailles, et pourrait se blesser, c'est pour cela que nous portons

un tablier, qui est plus large pour l'apprenti et est fait en peau qui recouvre

notre taille, notre sexe , et dont la boucle qui est au niveau du sacrum est elle est

en forme de serpent, un peu comme la Kundalini, le serpent lié au cycle vie: mort et renaissance.

Le terme aroum dans le livre des proverbes désigne le sage, le rusé.

 

 

Regardons les droites qui formes le tablier, les croisements sont sur des points significatifs du corps humain , on peut faire une approche énergétique ou d'acupuncture, ça se rejoint .

Les ramifications nerveuses et les canaux lymphatiques ont une grande importance, faites une recherche sur le nerf honteux, par exemple.

La forces énergétique, que l'on peut appeler fluide passe par

l'éros , le désir , l'appétence qu'il faut contrôler par le souffle et la concentration,

pour que cette énergie lovée se déploie tel un ressort le long

du tronc cérébrospinal au lieu de rester libidinale.

La pierre cubique à pointe est un passage d'une élaboration à une autre

Passage à une élévation représentée par le triangle pointant vers le haut.

Elle est l'achèvement du travail de compagnon, qui a poli son carré, elle a le carré

long, pour corps et le triangle équilatéral pour tête qui est la pointe vers les cieux.

 

On peut la voir de l’intérieur, d'une façon tridimensionnelle, neuf faces

intérieures. Un triangle intérieur.

 

En imaginant des droits partants de ses côtés qui se rejoignent

toutes en deux axes principaux un au-dessus du carré long et l'autre au milieu.

 

On peut tracer des droites du centre des faces aussi , le centre sera le même.

On peut faire le rapprochement avec l'homme son sacrum et

et son crâne ou boîte à os .

Ne frappe-t-on pas sur notre pierre cubique lors d'une augmentation?

 

Jacq a dit ma tête est la boîte , mes dents sont les os, mes cheveux sont

le poil, ma langue est la clé.

Le verbe prend toute son importance dans ce passage, et

l'on comprend que chaque parole ne doit en aucune manière

être prononcée sans passer par la pesée de l'esprit.

La prière prononcée agit comme un moteur pour le déploiement

énergétique.

 

La parole est l'élément clé de la création elle a été donnée à l'homme.

 

Le Sacrum quant à lui ou est lové une force principielle , énergie

que l'on retrouve en toute chose que cela soit en haut ou en bas

cette énergie élévatrice qui doit par différents degrés

se diriger vers la porte d'or , pour mener à la décorporalisation.

Je vous invite à lire voyage autour de ma chambre.

On peut faire un rapprochement avec le fameux bâton d'Hermès,

car cette force est bifide , masculine et féminine, l'homme

aboutit est hermaphrodite, il a trouvé son assiette son juste équilibre

sans en prendre son identité , mais en la surpassant de son étant d'origine

incomplet car inachevé sans travail sur soi, l'ida cherche désespérément son

pingala, la femme et l'homme cherche leur ombre .

 

Les séphiroths se retrouvent aussi à l'intérieur de la pierre cubique à pointe

ces dix émanations de forces créatrices.

On retrouve le chiffre dix .

La pierre cubique a neuf angles, une base et son sommet en pointe.

Nous sommes sur nos pieds et l'énergie circule de nos pieds au sommet de notre tête

en partant de la terre passant par le feu l'eau et l'air.

Le corps dégage de la chaleur, nous sommes composés d'eau, de minéraux,

et l'air que l'on respire nous est vital.

L'œuvrant doit apprendre à voir les choses de l'intérieur , rien n'est

figé tout se meut c'est un peut comme du fractal.

Le souffle permet un changement d'état de conscience, c'est par son contrôle

que l'on peut peu à peu voir différents plans qui autrefois

nous étaient inconnus.

En transcendant la vision profane pour une vision du coeur

on peut ainsi voir et interpréter la nature dans ce qu'elle a de plus caché son essence.

 

On nomme la pierre cubique à pointe pierre diamant aussi.

 

Dicton compagnonnique:

Le point qui va dans le cercle - qui va dans le carré - et qui va dans le triangle -
Tu connais ce point - alors tout va bien - tu ne le connais pas - alors tout est vain !

Cherchons notre centre!

Pour finir une petite citation de Kipling:
« N’est-il pas amusant
Que princes et rois
Que clowns cabriolant
Dans la sciure de bois
Que gens ordinaires comme vous et moi
Soit des constructeurs devant l’éternité.
A tous sont échus des outils
Un livre de Loi, une pierre informe.
Pourtant avant que ne s’achève
Le fleuve de leur vie
Par leurs soins, cette pierre informe
Sera devenue ouvrage vacillant
Ou pur diamant. »

B.°.P.°.

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Published by écossaisdesaintjean - dans MORCEAUX D'ARCHITECTURE

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