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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 23:20

Nous avons, dans notre précédente publication, souligné que la jonction entre terre et ciel ne pouvait se concevoir sans dimension spirituelle. La tour de Babel fut un échec, car son modèle était plus matériel et égotique que spirituel et universel. Le modèle à suivre semble être celui du songe, de la vision d’un lien entre le haut et le bas. Le songe et le rêve nous détachent de la matière pour mieux révéler un lien « essentiel ». Intuitivement, ce lien rêvé est le chemin de l’esprit qui nous relie au Tout. Ce chemin « essentiel » se matérialise dans l’édifice architectural comme dans la construction psychique de soi ou la construction spirituelle du temple intérieur. Dans les trois cas, représentants la Grande Nature, l’individu- groupe, le Tout métaphysique, le lien se caractérise par un élan tout à la fois vital, lumineux et spirituel.

Pour en comprendre le schéma, il faut traduire l’apparition de Jacob en une vision d’un ordonnancement sensé et graduel de l’aspiration vers un plus haut qui n’est pas sans rappeler cet appel ancestral de l’infini propre à l’homo erectus, vague souvenir d’un paradis perdu. Le sens profond, à la fois symbolique et théophanique de cet élan vital, sera signifié par la pierre dressée (ou redressée). La pierre redressée témoigne de la descente de l’esprit dans la matière et montre le chemin de l’élévation et du retour. Ici le maçon transformera la pierre en symbole, l’âge de pierre de l’humanité crée une présence dans la pierre que le franc-maçon va sublimer. ER

Dans une première partie nous aborderons l’outil-instrument de l’homme devenu passerelle symbolique par J.°.P.°.C.°., puis nous apporterons quelques commentaires sous l’angle du relèvement par l’esprit et la présence d’un chemin sublime par E.°.R.°.

1ere partie : de l’outil instrument à la passerelle symbolique par J.°.P.°.C.°.

L’échelle outil et instrument.

Le franc-maçon pratique aussi bien les outils que les instruments. Tous les deux servent à sa construction intérieure, ils contribuent à l’art et à l’opération !

L’échelle est un outil d’élévation composé de deux longs bois verticaux et des plus petits horizontaux.

L'échelle est très souvent employée dans l’idée de monter, mais implique sans le dire une descente ou plutôt un retour au point de départ. Grâce à elle, les pompiers peuvent atteindre une fenêtre et ainsi sauver une personne prisonnière des flammes par exemple. Elle est donc très utilisée par les organismes de secours et de sauvetage et on peut aussi l’utiliser à des fins psychiques et symboliques. Elle était également très prisée lors de sièges de châteaux, car elle permettait aux assaillants de pénétrer à l'intérieur en franchissant l’enceinte. L’échelle est donc une porte qui surmonte l’obstacle matériel ou la distance entre deux mondes. Certains soldats utilisaient des échelles mobiles appelées « échelle à corde » qui étaient plus facilement transportables et donc discrètes pour ne pas dire secrètes.

L'échelle doit être en parfait état pour être employée convenablement. Elle doit être positionnée avec une certaine inclinaison et elle doit disposer de toutes ses marches, car dans le cas contraire le résultat de son utilisation pourrait se révéler catastrophique. L’échelle nous rappelle les limites de l’exercice dans la verticalité. Sans inclinaison entre la terre et le ciel la chute est proche. L’inclinaison de l’échelle relate le point de vue humain est ses limites confrontées à la réalité. Même rêvée, l’établissement de l’échelle entre la terre et le ciel implique un rapport symboliquement triangulaire et graduel. L’échelle est donc l’instrumentum gradué d’un rapport triangulaire. Or nous savons que le nombre TROIS ouvre le chemin de l’esprit.

L’échelle est également une unité de mesure « physique ». Elle permet de mesurer l’intensité d'un séisme, la distance d'un point à un autre sur une carte. On peut aussi parler d’échelle humaine, mondiale, politique……... Même la sexualité a aussi son échelle ; celle de « Kinsey ».

L’échelle et l'homme.

L’échelle par son symbolisme extraordinaire avec un principe très simple, apporte un état de condition humaine d'une grande importance pour chacun d‘entre nous dans son parcours d’évolution spirituelle.

Selon la tradition mystique et la croyance antique, en passant par la renaissance qui n'est pas sans similitude avec notre époque, l' homme qui vit sur terre, le terrien qui rêve d'extraterrestres ou d'ange gardien , d’une entité quelconque, ce terrien-là ne fait que passer.

Si l'homme rêve de créature venue d’un autre monde ou vivant dans une autre dimension, peut-être qu’il se sent à l’étroit dans ce monde, peut-être qu’il cherche une espérance au travers d’une autre issue quelque part au milieu de cet univers qui est le sien.

Nos lointains ancêtres ressentaient les mêmes angoisses : celles de la naissance de l’univers et celles de l’après-vie. C'est pourquoi nous trouvons dans les mythes et les symboles de l’antiquité, plusieurs interrogations qui sont aussi les nôtres. Le père de la psychanalyse Sigmund Freud et d'autres ne n’y sont pas trompés : c’est dans la richesse des mythes et des symboles de l’humanité qu’ils ont trouvé les plus belles représentations archétypales de ce qu’ils ont nommé les complexes. L’échelle cristallise l’idée d’un divin sis dans un plus haut qu’il faut rejoindre et donc suppose pour certains un plus bas où l’homme a chuté. L’échelle semble liée symboliquement à un Paradis perdu comme le mythique Âge d’Or de l’humanité.

L’échelle de Jacob !

Quand nous entendons échelle, certains font le rapprochement avec le « songe de Jacob ».

Jacob quitta Bersabée et s'en alla vers Haran. Il atteignit un certain lieu et s’y arrêta pour la nuit, car le soleil était couché.

Prenant une pierre, pour en faire son chevet il se coucha en ce lieu. Il eut un songe, voilà qu'une échelle se dressait depuis la terre et son sommet touchait le ciel. Les anges y montaient et descendaient (Genèse, paragraphe 28 texte 10 à 12).

Selon l’explication du Midrach (ensemble d'analyse des textes en Hébreux) cette échelle comporte quatre paliers.

Maïmonide (Rabin) y reconnaît une ascension en quatre étapes. Les termes du récit biblique font allusion aux quatre stades que la pensée doit franchir pour parvenir jusqu’à Dieu. «Et voici, une échelle était dressée sur la terre». Ici, l’échelle désigne le lien et les rapports des différents êtres de l’Univers.

«Elle (l’échelle) était debout, dressée sur la terre». Elle désigne le monde terrestre, le monde des perceptions et de l’expérience d’où émane toute connaissance.

«Et son sommet atteignait le ciel». Cela nous enseigne que la connaissance progresse à partir du monde sensible vers le monde des êtres saints et des sphères supérieures.

«Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient». Allusion au monde suprasensible des anges, où la connaissance pénètre plus avant.

Le quatrième et dernier échelon de l’évolution (spirituelle) représente le but de la connaissance et de la prière en même temps. « Et voici, Dieu se tenait au-dessus »

Sans en tirer aucune conclusion, les anges montant et descendant le long de l'échelle dans la vision de Jacob nous font penser à certains témoignages contemporains sur la vision d’extraterrestres montant et descendant d'une soucoupe. Ce récit dont la rédaction date d'environ 800 ans avant notre ère, s’inspire bien de mythes et légendes pour certains et vérités pour d'autres. Quoiqu’il en soit ces anges sont sur un plan psychique la figuration de pensées typifiées.

Essayons maintenant de comprendre ce que signifie cette vision de l’échelle de Jacob sachant que dans la bible, tout récit a valeur de symboles, pour certains et de vérités pour d'autres.

Les personnages sont mythiques puis historiques. Ils nous apportent une expérience philosophique ou psychologique.

Étymologiquement, le mot « échelle » provient d'une racine indo-européenne, « skander », qui signifiait tout simplement « monter ».

On retrouve cette même racine d abord dans « scander », bien sûr, verbe dont le sens est de marquer un vers ou une syllabe pour donner un rythme de chant.

Mais on la trouve également dans scandale qui a été utilisé primitivement pour traduire l'hébreu « miksol », obstacle ou « ce qui fait trébucher ». D’où l’idée de chute associée dans la verbalisation de « dégradation » de l’échelle. Ici l’échelle se justifie pour échapper a la destinée et pour conjoindre la providence.

On la retrouve encore dans « escalier » et « escalade ». Ainsi, ce qu’illustre symboliquement le songe de Jacob, c'est que l'évolution ou la montée et la descente des anges ne sont possibles pour l’homme que si l'échelle ou le squelette d'après son étymologie (c'est-à-dire la colonne vertébrale dont on relève aisément l'analogie avec l'échelle), est posée sur la terre ferme en bas et reliée au ciel en haut. (Malkout-Kether)

En d’autres termes, il faut que les énergies d'en haut et celles d'en bas circulent sans cesse le long de la colonne vertébrale sans qu'aucun « miksol » ou obstacle ne s’y dressent, au risque de faire trébucher l'homme sur le chemin de son évolution. Le terme évolution lui-même s’oppose à l’involution grâce à « l’élan vital » qui donne la force d’âme pour gravir l’échelle.

Nous sommes ici dans une représentation symbolique totalement similaire à celle véhiculée par la « kundalini » des hindous, ou force du serpent, dont le siège se trouve en bas de la colonne vertébrale.

Rêver d'une échelle, c'est faire un songe d'une grande portée symbolique qu'il faut interpréter comme un avertissement nous indiquant qu’il faut que les énergies vitales et primordiales, montantes et descendantes, puissent circuler librement en soi.

Il nous faut garder à l’esprit qu’en elles, se trouvent notre pouvoir de régénération et notre perspective d'élévation spirituelle (notion d’élan vital). Ceci s’oppose à la perspective de dégradation dans la matière (notion de chute).

L'échelle, symbole maçonnique.

Atteindre le monde divin par une échelle qui sert de passerelle entre le ciel et la terre.

L'homme de chair peut se fondre en un être spirituel par sa progression. C’est cette progression que l’apprenti va vivre en accédant aux différents degrés grâce à son travail de construction de son temple intérieur. Cette progression peut se faire en montant comme en descendant.

Le pavé mosaïque par sa composition graphique de ligne entre les axes verticaux et horizontaux nous fait penser à des échelles portées sur le plan qui ne demande qu'a être élevé.

Le chemin de la pierre brute à la pierre polie nous mène dans une ascension progressive en montant chaque palier "en essence". À chaque degré d’avancement, nous progressons sur le chemin de l’initié. (J.°.P.°.C.°.)

Commentaires sous l’angle du relèvement par l’esprit. Par E.°.R.°.

2eme Partie : L’échelle ou le chemin sublime – Le songe de Jacob – l’ouverture au ciel.

Suivant les représentations graphiques, l’échelle est établie de la terre au ciel en qualité de voie graduelle d’accès au ciel. On la voit aussi partir du ventre de Jacob jusqu’au ciel, représentant les états inférieurs de l’être et les états supérieurs détachés de la matière.

Il s’agit par l’image de l’échelle de souligner un « état d’être »graduel. Cet accès à un état est aussi un accès à un lieu d’essence détaché de la substance. La relation entre le haut et le bas en forme de rêve ou de songe, revient à reconnaître le chemin qui sépare le Je du Soi, soit la nature spirituelle d’une présence en soi. Ainsi la relation de haut en bas devient celle de l’intérieur à l’extérieur. Cette « présence » au cœur de soi est la Shekinah. Cette Shekinah loge le lieu sacré en soi, on l’appelle souvent « étincelle divine ». Elle sera le lien entre le haut et le bas et prendra la forme archétypale et rêvée d’une échelle, d’un arbre d’un axe, d’un fil, d’un rayon, etc.

Au plan psychique on analyse l’échelle comme un rapport graduel en le plus bas « accidentel » (la chute) et le plus haut « essentiel » (l’Âge d’Or ou le Paradis). Le rapport graduel recouvre alors l’idée de réintégration ou d’ascension.

On remarque le dédoublement des lisses qui laissent entendre une partie montante et une partie descendante comme les deux colonnes de la loge en regard de la lumière solsticiale ; c’est pour cette raison qu’il est inutile, dans le symbolisme de l’échelle de Jacob, d’établir une échelle montante et une contre-échelle descendante. Il semble évident que l’échelle monte vers une lumière de nature spirituelle. Nous constatons la présence de degrés qui, analogiquement avec l’état de songe de Jacob, indiquent que celui-ci n’est pas dans un rêve, mais dans une demi-réalité, comme l’échelle qui est appuyée sur la réalité de la terre et en appui rêvé dans le ciel. Le songe est un état de « l'entre-deux », comme l’échelle se situe dans l'entre-deux séparant le principe et la manifestation !

Si le corps de matière s’endort, l’esprit s’éveille « libéré » de son emprise.

C’est un état de conscience intermédiaire qui tend vers l’éveil de l’esprit, en correspondance avec l’endormissement du corps, qui mûrit au fur et à mesure de degrés montants. L’échelle est donc une mesure d’exaltation de l’esprit et non pas du corps. Le corps s’abandonne au repos de la pierre bientôt « dressée », alors que l’esprit prend son envol, ce qui explique les ailes des anges…

L’objet, le trait d’union de l’échelle, fait la part de ce qui est terrestre et céleste. C’est un pont entre deux rives, celle d’en bas et celle d’en haut. Mais ici ce n’est pas un fleuve synonyme de matière qui est traversé, c’est l’air, la nuée symbole d’esprit. Cette intermédiation par l’esprit ne peut s’effectuer qu’avec une chair docile. La chair endormie, l’homme en quête d’éveil lumineux est en présence d’anges montants et descendants. Nous démontrerions que le symbolisme de l’échelle de Jacob de la Genèse répond aux critères de la lumière incarnée qui sous-tend la totalité du Nouveau Testament, et fait écho au prologue de Saint Jean.

Nous sommes en présence des messagers célestes propres aux religions du livre. L’ange est à la fois un messager du divin (et donc de l’Esprit) et l’expression du dédoublement de l’être (l’ange gardien) ; mais c’est aussi sur un plan psychique une pensée sublime. Ainsi en voyant les anges monter et descendre, transparaît l’expression sublimée d’une supraconscience qui, dans l’état de songe de Jacob, donne l’image du « directeur » de conscience. Ces pensées sublimes appartiennent à Jacob comme à tout un chacun, mais elles s’originent dans un plus haut. Ce plus haut peut s’analyser comme l’endroit du Divin ou plus simplement comme une supraconscience surplombante et totalisante. C’est un réservoir d’images archétypales commun à toute l’humanité. Le mouvement alternatif des messagers ailés sont une « formalisation psychique » des lois de correspondances entre « ce qui est en haut et ce qui est en bas ».

Cette direction de conscience provenant d’en haut est au plan psychique, ce qu’on appelle dans l’ordre humain le surconscient exigeant, celui qui dirige l’homme vers la lumière. Pour s’extraire à notre tour des limites étriquées de la psychologie, nous utiliserons le terme métaphysique de « supraconscience » qui a l’avantage de s’appliquer à l’Homme et au Tout.

À l’opposé de la supraconscience nous avons « l’infraconscience », que l’on appelle dans l’ordre humain, le subconscient. Ce dernier dans sa dictature du besoin enferme l’être dans la matérialité de l’avoir, du besoin insatisfait devenu désir qui est ici figurée par la pierre. Cette pierre plutôt que d’être laissée en « l’état brut » sera « dressée » par Jacob, symbolisant que l’éveil passe par le redressement. Ainsi on l’appellera pierre dressée « Bethel ».

Ointe, elle sera lieu de culte, mixant le désir vital et le désir d’un ailleurs. Elle devient borne, séparant le monde pétrifié et brut, rendu à un état de régression animale, du monde vitalisé par une lumière propre à la conscience de l’homme. Cette pierre sera pierre d’envol.

La pierre par l’action volontaire et inspirée de l’homme est changeante : elle peut être brute, dressée (bethel-menhir) ou taillée en perfection (pierre cubique) et gravée en glyphes (tables de la loi, cathédrale). Sa transformation marque un changement d’état qui recouvre les trois états, le naturel, l’humain et le divin. La pierre est un mercure principiel qui parcourt les trois mondes, elle est comme le mercure des alchimistes un lien unificateur. On la retrouve au cœur de soi dans la pierre philosophale. Nous sommes la carrière du cherchant et c’est en nous que la pierre doit être relevé(VITRIOL), c’est ce que signifie le relèvement du maître intérieur au REP. C’est l’œuvre d’une vie maçonnique.

La résurrection est littéralement un « redressement » en grec, comme le « relèvement » d’Hiram au 3ème degré ou la sortie du tombeau de Lazare. Ce relèvement n’est pas celui de l’âme animatrice du corps, ni du corps de matière, mais celui de l’esprit. C’est donc littéralement le redressement de l’esprit de Jacob qui s’est produit, comme celui du maître maçon dans l’épisode Hiramique, ou celui de Lazare. Ceci veut dire que l’on est capable de quitter les états inférieurs de l’être, ceux qui nous tiennent par la vanité et par l’ego. Il faut considérer que de « l’enfer » du l’infra conscience, nous passons à l’illumination de la supra conscience. C’est tout simplement le fait de se rendre compte que l’on peut quitter graduellement un état de matérialité pour accéder à un état de spiritualité.

Le franc-maçon pratique cette discipline du redressement par le « relèvement »par la griffe du maître qui est ni plus ni moins l’application du Shin à la parole perdue. Au tableau de loge, ce phénomène est représenté « matériellement » par la pierre cubique à pointe souvent surmontée d’une hache. Celle-ci vient briser la matière pour en faire apparaître l’essence représentée par la pointe sommitale elle-même image d’un centre en soi qui s’élève ou de redresse. La pointe de cette pierre cubique, est une hypostasie de l’élévation du cœur de la matière, à son tour le centre est une hypostasie de l’exaltation de l’esprit. C’est aussi le double sens du pseudo relèvement du corps.

Donc cette pierre est dressée vers le ciel comme « Bethel », elle devient maison de Dieu comme le temple et comme sa première lettre qui est Beth est signifie maison. Cette pierre reçoit la tête de Jacob et par analogie « reçoit » la lumière devenue l’essence « ointe » au milieu de la substance.

La pierre dressée est donc potentiellement immanente, mais aussi transcendante dans son inversion en qualité de clef de voûte ou pierre du dôme. Cette pierre devient, dans sa mise en place, du haut vers le bas la « pierre du ciel », celle qui sera la pierre noire de la Kaaba ou l’Émeraude du porteur de lumière.

Le pendant de la « pierre dressée » est la « pierre tombée ».

C’est la pierre tombée du ciel en référence à la chute de l’homme dans la matière depuis la faute adamique. Le pendant se traduit dans l’échelle par la deuxième lisse, le premier état serait la descente de l’esprit dans la matière en regard du prologue de Saint Jean, le second serait la remontée de l’esprit.

Dans cette relation entre la pierre et le sommet de l’échelle, c’est la terre et le ciel, la matière et l’esprit qui apparaissent et par analogie le chemin possible de la réintégration de l’homme dans la lumière divine. Pour Jacob, il semble a priori que cette lumière divine est celle de l’esprit en soi. Pour l’atteindre, il faut graduellement expier, purifier sa matière première, c'est-à-dire sa vanité égotique. C’est à partir de cet aperçu psychique (la lumière en soi) que par analogie nous pouvons établir un point de vue immanent (première lisse) auquel répond un point de vue transcendant (deuxième lisse). Ces deux points de vue sont réunis (barreau) une seule en même projection imaginative à double sens. Ainsi par l’échelle « imaginée ou songée et dessinée » nous pratiquons une union hypostasiée de la matière et de l’esprit. Traduite en l’homme, l’image d’une échelle de l’entre-deux révèle l’idée de sa double nature humaine et divine.

Le franc-maçon doit par la pratique rituelique des grades de son rite, pouvoir établir une mise en contact entre le haut et le bas en lui. Outre l’intention, et la pensée réalisatrice, il lui faut de la force pour harmoniser son haut et son bas, de la sagesse pour maîtriser son ego.

L’échelle ouvre le ciel, elle est donc le chemin de la réalisation de l’être. Elle symbolise la possibilité d’un élan de l’esprit, d’une joie intérieure à considérer la vie comme potentiellement lumineuse et céleste par le sublime en soi. Elle offre à l’esprit un rôle directeur dans le désir d’être vivant dans un monde qui n’oublie pas le ciel de l’esprit.

Pour le franc-maçon, la progression sur le chemin du plan s’accompagne d’une élévation graduelle dans l’axe, soit l’accès, vécu à l’intérieur de soi, aux mondes supérieurs. Sa progression se fera en essence. On passera ainsi dans une succession de plans correspondants à différents états de l’être.

C’est ainsi que l’ouverture du ciel par l’échelle, révèle l’essence qui donne un sens à l'éthique et une métaphysique à la vie.

E.°.R.°.

l'Echelle de Jacob

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