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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 23:06
Mes Frères prenez place! (1ère Partie)

Mes Frères prenez place.

Le chemin initiatique déjà parcouru nous a appris que le Symbole est agissant, transcendant, et qu’il nourrit notre être autant que nous le nourrissons par notre travail effectué en loge. Depuis sa source primordiale il est à l’image de l’univers, en mouvement, en perpétuelle expansion.

L'article « La Loge Matrice Initiatique et Symbolique », faisait apparaitre une conception de la Loge, véritable athanor où par le processus d’initiation et par la re-création de l’univers qui s’y joue, chaque frère peut naître à la lumière et progresser sur son chemin initiatique. Toujours dans cet article il était envisagé la portée symbolique de l’injonction du V.°.M.°. aux Officiers et aux FF lorsqu’il leur est demandé de reprendre leur place.

A la lecture de cet article, on pressentait que cette approche pouvait à elle seule faire l’objet d’un travail. Effectivement tout étant calibré à sa juste mesure dans le rituel, celui-ci ne laisse rien au hasard ; on peut penser que cet ordre ne pouvait pas être qu’une simple injonction nous invitant à nous rassoir sur les colonnes.

Que signifie cette expression: « MES FRERES PRENEZ PLACE ».

On envisagera ce sujet selon le thème de la « double vue »chère à notre ordre initiatique. On traitera l'expression « prendre sa place » selon que l’on considère le travail des FF comme une démarche spirituelle individuelle et introspective ou comme une démarche spirituelle collective. On expliquera comment et en quoi elles se rejoignent.

La démarche spirituelle intérieure

Chaque FF vient en loge chercher les réponses aux questions qu’il se pose. Par le processus initiatique de dissolution-décomposition et recomposition de son être, il va pouvoir quêter sur son chemin intérieur.

Bien que le but initiatique soit commun à tous les initiés, ce chemin n’appartient qu’à lui-même et sera différent de celui de ses FF présents avec lui sur les colonnes en loge. (Je me demande parfois dans quelle mesure ce chemin de lumière ne serait pas commun à tous puisque tous les FF le suivent dans le même axe et dans le même sens de circulation : seul alors le point de vue de chaque FF diffèrerait…) (réponse chacun à son axe qui passe par l’ouverture de la fontanelle voir maitrise!)

Au 1er degré, chaque FF est dans le silence, siège sur la colonne du Nord car il ne peut soutenir une pleine lumière car il n’a pas encore atteint un niveau d’éveil spirituel suffisant pour la comprendre ; il se trouve ainsi en partie dans les ténèbres, mais pas complètement. En effet sa colonne est régie par la lune, astre symbolisant la réflexion. Il est comme elle non pas dans la passivité mais dans la réflexion : il reçoit par la lune la juste quantité de lumière assimilable à son niveau que cette dernière réfléchit elle-même du soleil, source traditionnelle du TOUT. Il observe, écoute et se tait, et dans le silence il commence à comprendre ou du moins à avoir l’intuition de ce qui passe en loge et donc dans son intériorité.

Par progression graduelle sur l’échelle symbolique et initiatique et selon la méthode maçonnique, il va pouvoir travailler sur lui-même et chercher à prendre place dans le grand TOUT. Pour cela, il va utiliser (dans l’axe de la lumière et autour de l’axe du monde universel) les outils qui seront les siens en fonction de son état d’avancement initiatique : à chaque étape franchie correspond un niveau d’éveil et de conscience différents.

Au 1er degré, son travail va consister d’abord à tailler sa propre pierre brute. Il exécute sous la vigilance du 2nd surveillant ce travail essentiellement avec le maillet, le ciseau et l’équerre. Il suit les recommandations de son maître et les applique. Le second surveillant symbolise le fil à plomb ; tout ce travail de dégrossissage de sa pierre brute correspond à la nécessité de sonder les tréfonds de son être à la recherche intuitive de son CENTRE. Son Monde et ses possibilités sont celles contenues dans le tableau de loge du 1er degré; Il peut ainsi cheminer vers la lumière avec trois pas effectués en ligne sur l’axe limité OUEST-EST. Reprendre sa place pour un FF apprenti, par exemple après une l’intervention d’un FF sur tel ou tel sujet, c’est après s’être mis en phase d’écoute active, méditer dans l’instant présent sur ce qu’il vient d’entendre non pas avec ses oreilles mais avec le cœur.

Vient enfin le moment où le l’apprenti devient compagnon.

Ayant dégrossi sa pierre brute, il en parachève la taille afin qu’elle soit exploitable dans la construction de son temple intérieur. Son tableau de loge, l’imago mundi du 2nd degré lui permet dorénavant d’atteindre un nouveau niveau de conscience. Il ne suit plus le chemin de la lumière de façon uniquement axiale mais cette fois-ci il découvre le plan en pouvant chasser un pas du côté de la colonne du midi. Il a acquis une certaine technique et même s’il reste sous l’œil bienveillant du FF 1er surveillant, il est autorisé à travailler sur le chantier de midi à minuit. Dorénavant il s’émancipe, prend conscience de ses possibilités et arrive à conceptualiser le résultat final vers lequel il doit tendre.

Il prend part aux travaux en siégeant sur la colonne du septentrion et reçoit cette fois ci la pleine lumière : à midi, baigné par la lumière du soleil qui est au zénith, il ne dégage pratiquement pas d’ombre, il est au sommet de son art. Sous l’égide du FF 2nd surveillant, il va approcher à nouveau la notion de verticalité, mais non pas cette fois ci pour sonder le tréfonds de son être et vérifier qu’il est dans le bon axe. Cette fois ci grâce au niveau, il va devoir comprendre quelle est sa place en se situant sur la ligne de foi de cet outil : il va déterminer comment sa spiritualité va interagir avec sa propre vie.

Ses maîtres lui ont enseigné la géométrie ; l’étude de cette discipline lui permet de reconnaitre en toute chose matérielle du monde manifesté l’art du trait du créateur, sa trace et son signe. Par effet miroir, il va géométriser à son tour son esprit pour faire en sorte que son œuvre soit également une œuvre de l’esprit : ainsi le compas et l’équerre se croisent ils à ce moment là ! Il va être guidé sur Son parcours initiatique par l’étoile à cinq branches qui pointe à l’horizon et lui permet d’aller vers sa lumière intérieure à la recherche de son centre. Ainsi, par l’étoile à cinq branches, il découvre comme dit précédemment la géométrie mais aussi la beauté, l’harmonie des formes à travers le nombre d’or : il devient alors créatif et toujours par le jeu du miroir de ce qui est en haut sur ce qui est en bas, il va se retrouver tel l’homme de Vitruve à la place du « G » au sein de l’étoile flamboyante pour rayonner par lui-même. Il va reprendre sa place dans le grand œuvre. "Il y a certes, le compagnon qui sait se situer sur le grand chantier du temple à construire et qualifier son acte "d’œuvre de l’esprit", mais il y a désormais son double inclusivement associé à l’étoile. Le compagnon s’identifie à l’étoile qui guide ses pas, c’est un point capital. Désormais il est à l’œuvre sur terre et avec l’aide du ciel ! Nous pouvons donc affirmer que la place du compagnon est prise matériellement sur les colonnes en loge et sur le chantier, mais aussi en fonction d’un ailleurs céleste".

Reprendre sa place lorsque l’on est compagnon, c’est donc être dans une construction de soi dans la place qui est la sienne "dans un dispositif qui épouse la terre, lieu de matière et le ciel lieu d’esprit. Le soi maçonnique est un rapport d’un moi renouvelé en regard de l’axe terre-ciel".

Toujours du point de vue de l’œuvre individuelle, il est à noter que chacun a sa place et son rôle à jouer en loge, qui est le chantier préparatif à la construction du temple intérieur de chacun. Après une mise à l’ordre où chacun se met en position de verticalité, d’écoute active ou bien encore après l’intervention d’un FF sur les colonnes, chaque FF reprend ensuite sa place en son rang, grade ou qualité. Ainsi chaque FF reprend sa place selon qu’il est apprenti, compagnon, maître, officier ou encore VM. « C’est donc le principe d’ordonnancement du chaos autour de la célébration de la lumière ! Il semble qu’une volonté soit à l’œuvre par le truchement du rituel, une sorte de logos venu d’en haut qui s’impose naturellement à la collectivité comme à l’individu ».

Bien évidemment, si la construction de son temple intérieur est une œuvre en partie individuelle, elle est également une œuvre collective. Le temple est autant en moi que je suis en lui. " Il y a donc une véritable relation entre le temple et l’intériorité du compagnon. Nous pressentons alors les potentialités transformatrices des rituels bien vécus sur les individus. "

Prendre sa place, une œuvre collective

J’ai tout à l’heure mentionné les charges et fonctions de certains FF officiers ou du VM en loge. Au-delà de la fonction de chacun d’entre eux, il faut en envisager le résultat du point de vue de leur charge et de leur œuvre collective qui peut être symbolisée par l’hexagramme : les FF maitre de cérémonie, FF trésorier et le FF terrible forment une triangulation descendante alors que le VM et les FF 1er et 2nd surveillants forment une triangulation montante. Ainsi le monde de matière et le monde spirituel sont ils entrelacés, indiquant comme il a été enseigné par Hermès : « tout ce qui est en bas est comme tout ce qui est en haut pour faire les miracles d’une seule chose ». Ces officiers à travers leur charge et l’énergie qu’ils transmettent à l’ensemble des FF de l’atelier permettent d’envisager la tri-unité et faire en sorte que le microcosme (l’être )et le macrocosme (l’univers) se confondent en l’esprit.

Si la démarche initiatique du maçon est individuelle, elle ne peut se faire qu’avec le soutien de l’ensemble de ses FF. Ainsi, toujours par l’effet miroir, il va observer les compléments apportés ou les différences de point de vue énoncées par les autres FF sur les colonnes en vue d’enrichir son propre point de vue. Il va avec le FF avec qui il échange devenir Symbole : tour à tour chacun sera signifiant ou signifié.

Quelque soit son état d’avancement spirituel et son niveau d’éveil, chaque FF va par son état d’être et son état d’Esprit enrichir d’énergie positive le pot commun de tous les FF et alimenter l’Egrégore.

Ainsi, l’Egrégore, cette énergie positive et bienfaitrice sera le résultat de cet assemblement d’êtres en une Unité, un être collectif : elle se manifestera dès lors pendant la chaîne d’union.

Toujours dans le cadre de l’œuvre collective, le concours de chaque FF va produire la notion de Fraternité.

Si l’égrégore se manifeste dans l’espace et le temps sacrés de la loge, la fraternité, elle, se manifeste dès les parvis et dans le monde profane : peut être est elle le rayonnement de l’égrégore ? D’ailleurs nous ressentons tous avec le Cœur cette joie lorsque nous rencontrons dans le monde profane un FF et que nous nous reconnaissons comme tels. D’un illustre inconnu, par les mots paroles et attouchements il devient notre F.°.. De quelqu’un d’avec qui nous pouvons avoir des opinions et des centres d’intérêt différents, nous nous retrouvons, en tant qu’initiés sur le chemin, en une filiation spirituelle commune : nous avons la même racine.

En effet, si je bâtis mon temple intérieur, j’œuvre également avec mes FF la perspective de la construction du temple de l’humanité. Reprendre sa place dans ce cas de figure, c’est reprendre sa place en tant que pierre à l’édifice commun bâti par tous les maçons vivants, futurs ou passés à l’orient éternel : Je suis à la fois une pierre taillée qui s’insère dans l’édifice et le maillon d’une chaine initiatique traditionnelle qui va là encore se manifester lors de la chaîne d’union.

Complémentarité des œuvres individuelles et collectives

Bien évidemment cette faculté de double vue, matérielle et spirituelle, terrestre et céleste, individuelle et collective, sur laquelle j’ai basée mon travail est une notion finalement unitaire, rassemblant deux notions différentes mais complémentaires : Il n’y à pas un travail de cheminement intérieur OU un travail de cheminement collectif : il y à UN travail de cheminement tout simplement. « La finalité de ce travail se qualifie donc sous deux points de vue ayant un seul objectif : accéder par l’éveil spirituel à une plus grande humanisation de l’homme, qui fera de nouveau de lui un fils de la lumière. »

Dans l’édification de ce temple d’Esprit, chacun de nous représente comme je l’ai dit une pierre polie qui PREND SA PLACE dans la construction. Si d’avance je ne respectais pas les plans tracés et que je mettais les pierres taillées dans n’importe quel ordre, le temple s’effondrerait ! « Nous devons donc respecter les plans de construction du Temple élaborés dans un plus haut inaccessible au même titre que les Tables de la Loi ,et tenter de déchiffrer l’écriture et les signes du Grand Architecte ».

Mais nous mes FF savons que chaque pierre est unique, « elle possède sa marque sa signature qui l’identifie compagnon qui lui a donné forme individuelle et destin collectif. Ainsi dans l'édifice qui se veut maison du divin (temple de Salomon), le compagnon conjoint sa volonté participative à une destinée collective et à une providence». Chacune ne peut prendre sa place qu’à un seul endroit, ce qui fait que l’édifice est d’équerre et d’aplomb « conformément aux plans de l’architecte! »

D.°.D.°. RL « Les Ecossais de Saint Jean »

Suit une 2ème Partie à la prochaine parution.

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Published by écossaisdesaintjean - dans MORCEAUX D'ARCHITECTURE

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